Les petits graphiques de monsieur Lenglet et autres détournements de la démocratie

Cette semaine, comme des millions d’autres sans doute, j’ai regardé les deux émissions de “Des Paroles et Des actes”, où le larbin® Pujadas et ses valets interrogeaient les dix candidats à la présidence de la République.

Je ne souhaite pas revenir dans le détail des interventions de chacun, qui a déjà largement été fait dans la presse par des gens payés pour ça, et qui ont donc plus de temps que moi.

On peut simplement dire que seul Poutou a crevé l’écran, que Mélenchon et Cheminade, chacun dans leur genre, ont été très bons. Même si Cheminade est aussi bon en finance qu’il est un scientiste aveugle, un peu comme Claude Allègre. Qu’Eva Joly va faire un score indigne de ses qualités. Ses attaques contre ce grand délinquant financier de Sarkozy sont courageuses. EELV ne la mérite pas. Que Hollande et Bayrou ont été égaux à eux-mêmes : Hollande a été lisse, gérant tranquillement son énorme avance sans donner prise à une critique exagérée ; Bayrou toujours aussi chiant, aussi prévisible qu’une “vierge à l’enfant” poussiéreuse dans une vieille église béarnaise. Que Dupont-Aignan, qui a pourtant de bien meilleures idées que Bayrou, n’arrive pas à convaincre. Que Le Pen ou Arthaud, même s’ils sont bons sur certains sujets (j’y reviendrai) transpirent la haine et la hargne. Et que le pire de tous a été de loin Sarkozy, ce que tout le monde a pu constater, sauf à avoir les œillères d’un “jeune pop”.

Non, je voulais plutôt détailler la mécanique infernale qui permet, sous des apparences de démocratie, de totalement la dévoyer.

Résumons la situation : nous sommes à huit jours du premier tour, et les jeux sont déjà faits depuis longtemps ! Sauf Trafalgar certes toujours possible, on sait que le premier tour sacrera Hollande et Sarkozy (dans quel ordre on ne sait pas et à vrai dire on s’en fout un peu…) et qu’au second Hollande écrasera Sarkozy. C’est écrit, et il en sera ainsi.

Ah oui, mais enfin, on n’a pas encore voté ? C’est tout de même l’électeur qui décide, hein, dans l’isoloir personne ne m’oblige à mettre tel ou tel bulletin dans l’enveloppe !

C’est effectivement l’illusion savamment entretenue.

Pourtant, à y regarder de plus près, ce n’est pas si simple.

Comparons par exemple à une compétition visant à désigner le mec qui court le plus vite. Ça existe, d’ailleurs. Tu mets les gars derrière une ligne de départ, tu leur donnes le signal, ils courent comme des abrutis, et le premier qui franchit la ligne a gagné. Tu présélectionnes sur des résultats chronométrés, et seuls les meilleurs sont en finale. Bien sûr le résultat peut être biaisé par le dopage ou par un gars qui fait exprès de perdre parce qu’une société de paris en ligne située à Malte et appartenant à un pote de Sarko le paie pour ça. Mais à part ces petits désagréments, il peut y avoir autant de commentaires dans la presse spécialisée, autant de reportages sur l’entraînement de machin ou la dernière compétition de bidule, il peut y avoir autant de sondages ou de paris en ligne que tu veux, ce sont les meilleurs qui se retrouvent sur la ligne de départ, et c’est celui qui courra le plus vite qui gagnera à l’arrivée.

Les élections, ça n’a rien à voir. Rien du tout. D’abord, si on devait désigner objectivement les deux personnes les plus aptes à présider la France parmi 45 millions (à vue de nez) d’éligibles, qui peut croire que c’est Hollande et Sarkozy qui seraient choisis ? C’est ridicule.

Pour avoir une chance d’être élu, il faut être un politicard professionnel, appartenir à un puissant parti politique, avoir grenouillé à tous les postes du pouvoir pendant des décennies, et être soutenu par “la main invisible du marché”, et ses agents que sont les médias, qui seuls permettent d’accéder à la notoriété.

La vérité elle est là : ce sont les médias qui votent à votre place. Ce sont eux qui vous disent qui vous connaîtrez ou qui vous ignorerez. Qui est sérieux et qui ne l’est pas. Très peu de gens votent en lisant des programmes qui ne sont de toute façon que des catalogues publicitaires. On vote en se fiant à son intuition, et celle ci peut être d’une pertinence très variable en fonction notamment de sa culture politique. Et certains candidats sont très forts pour brouiller les pistes et réussir à faire voter pour eux des électeurs qui n’y ont pourtant aucun intérêt.

Par exemple je comprends très bien qu’on puisse voter Sarkozy. Si on se moque totalement de son bilan désastreux, son comportement insupportable, si on est par exemple notaire ou pharmacien avec un gros patrimoine que l’on cherche à faire fructifier et à faire échapper à l’impôt, et si on ne s’intéresse qu’à sa gueule en se foutant comme d’une guigne du sort des plus défavorisés de la population ; alors il est effectivement compréhensible de voter Sarkozy. Mais vous en conviendrez, ça risque d’être numériquement très insuffisant pour qu’il soit élu.

Par contre, si on est jeune sans grande qualification, intérimaire au chômage, et qu’on vote Sarkozy, parce qu’on a été hypnotisé par son baratin de créateur d’emploi, de sauveur d’Europe ou de protecteur des faibles contre les délinquants basanés et les fraudeurs sociaux (basanés aussi, forcément), on est le prototype du crocodile qui va voter pour le maroquinier, et même tenter de faire en sorte que ses camarades crocos fassent de même. Et ceux-là sont plus nombreux que les pharmaciens replets.

Pour se présenter, il faut être adoubé par 500 maires de France. Exercice très difficile, qui ne peut être réussi que par un tout petit nombre. Surtout lorsque les dirigeants des grands partis interdisent à leurs adhérents de donner leur signature à d’autres qu’eux. Seuls les représentants déjà connus de partis politiques peuvent passer l’obstacle. Combien de recalés avaient un projet original ou intéressant ? On ne le saura jamais.

Et si d’aventure un Cheminade passait l’obstacle, on ne sait trop comment, les médias sauraient s’occuper de lui

Reprenons. Nous avons 10 candidats. Un peu comme dans une course à pied. Sauf que derrière la ligne de départ, ceux-là ne sont pas tous égaux, loin de là !

Dans les dernières semaines avant l’élection, des règles à peu près strictes sont mises en place pour garantir une égalité parfaite de temps de parole entre les candidats. Fort bien, même si de nombreux médias le déplorent !

Mais avant ? C’est simple, ça fait 5 ans que Sarkozy envahit écrans, radios et papier pour faire parler de lui, en bien ou en mal. Hollande, ça fait un an qu’il a été adoubé par la presse comme son concurrent le plus sérieux. Bayrou est un éternel outsider qui ne ressort que tous les 5 ans, Marine Le Pen est là pour troubler le jeu et pimenter la campagne, et cette année, Mélenchon a réussi à s’inviter dans le deuxième peloton. Ces cinq-là, tout le monde ou presque les connaît. Eva Joly est un peu connue aussi, mais il a été décidé qu’elle était ridicule. Dupont-Aignan et Arthaud, seuls les initiés connaissent, Poutou est inconnu, et Cheminade je n’en parle même pas.

En jouant sur leur seule notoriété, les médias font un tri des candidats en 3 catégories : les petits, les moyens, et les grands. La règle, c’est que seuls les grands peuvent gagner. Et même si Mélenchon l’a fait grâce à son talent (et parce qu’il n’a pas été jugé dangereux par les donneurs d’ordres des médias), il est très difficile de changer de catégorie.

Dans une course à pied, la notoriété n’intervient pas. Dans la présidentielle, c’est la chose la plus importante

Si on avait appliqué à Poutou le même traitement médiatique qu’à Hollande ou à Sarkozy, il serait peut-être lui aussi à plus de 20% dans les sondages truqués…

Tiens, parlons-en des sondages. D’abord pour noter que les instituts qui les réalisent sont pour la plupart proches des milieux de l’argent et (ce qui n’est pas incompatible, bien au contraire) des amis de Sarkozy… Ils ont la possibilité de “redresser” (comprendre “bidouiller”) les données brutes des résultats qu’ils récoltent sans devoir l’expliquer à qui que ce soit. Entre le pifomètre et la corruption, tout est possible. Un indice peut mettre la puce à l’oreille : il y a peu, certains sondeurs mettaient non seulement Sarkozy en tête au premier tour, mais avec 30% des suffrages, tout proche des 31 de son score de 2007. Qui peut croire des balivernes pareilles ? Il suffit de discuter autour de soi (et pas seulement dans le petit milieu de la blogo-twittosphère de gauche, je parle des “vrais gens”, de votre boulot, de vos voisins, de vos connaissances, de votre famille…) pour constater que plus personne ne peut le voir en peinture et que ces 30% sont simplement impossibles.

L’intérêt du bidonnage, c’est que les sondages, c’est un peu comme le fameux “Top 50” : un système de prophétie autoréalisatrice. Si ces sondages avaient donné depuis un an Cheminade à 25 ou 30% au premier tour, pensez-vous qu’il aurait fait 0 à l’arrivée ? Invité dans tous les médias, respecté, on aurait pu en faire un candidat convenable. Ne pas lui demander de comparer Obama et Hitler ou de parler des Martiens, mais lui demander comment il compte faire baisser le chômage ou la délinquance.

Ehontément rehausser le score de Sarkozy, cela lui assure quelques points de plus. Et accessoirement, cela maintient un semblant de suspense frelaté, gage de vente de journaux et (surtout) de publicité.

S’y ajoutent les commentaires des journalistes dominants, les seuls habilités à interroger les candidats. Les nouveaux chiens de garde. Les Pujadas, Chazal, Ferrari, Chabot, Elkabbach, Aphatie, Nay, Duhamel, Mougeotte, Joffrin, Barbier, Denisot et j’en oublie. Par leur omniprésence médiatique et leurs commentaires centrés sur l’aptitude de tel ou tel à se conformer à la doxa libérale, ils orientent l’opinion de l’électeur aussi sûrement que les barrières qui conduisent les bœufs à l’abattoir.

Non non, je n’ai pas oublié Franz Olivier Giesbert dans la liste. Son numéro de fin d’émission restera dans les mémoires, dans un genre différent mais au même titre que la couverture de l’affaire Mérah par les chaînes d’info, comme l’un des moments les plus sombres de toute la mémoire du “journalisme”. Ce grand bourgeois, qui s’honore de se goberger à la table des puissants prétend ainsi mieux les connaître, et ne comprend pas que celui puisse poser le moindre problème de distance par rapport à son sujet. La fortune qu’il retire de son métier lui ôte bien évidemment tout sens critique. Et pourtant ce jeudi soir, il s’est débarrassé de tout scrupule, de toute retenue, pour offrir un spectacle répugnant, tartiné de morgue et de mépris pour tous ceux qui oseraient contester l’évidence du duel des deux clones que sont Hollande et Sarkozy. Ces mœurs me répugnent habituellement mais si par extraordinaire FOG devait être tondu le 6 mai au soir à la Bastille, je ne suis pas certain de pouvoir réprimer un sourire mauvais.

Grâce à cette influence, les “grands candidats” peuvent aussi imposer leurs désirs aux médias. C’est ainsi qu’il n’y aura pas de débat entre les candidats avant le premier tour. L’émission a consisté en une espèce de défilé où tous ont débité leur bréviaire à la queue-leu-leu.

On comprend évidemment qu’il s’agit de préserver les favoris désignés, qui n’ont que des coups à prendre. Surtout pas prendre le risque d’être amené hors des sentiers battus par un de ces “petits candidats” mal élevés qui ne comprennent rien aux codes, comme par exemple cette “norvégienne d’apparence française” avec ses lunettes rouges, devenues vertes…

Malgré tout, cette organisation a l’avantage inédit depuis cinq ans de remettre chacun à égalité, le temps de deux soirées. Sarkozy, qui d’ordinaire parade devant une cour apeurée dans une émission sur mesure dans laquelle il peut à l’abri de toute surprise raconter ses bobards sur plusieurs chaînes pendant deux heures devant des millions de téléspectateurs, s’est ici trouvé coincé entre Cheminade et Arthaud. Quinze minutes, pas une de plus, lui qui a tant l’habitude d’obtenir tout le rab qu’il souhaite.

Autant le dire tout net, si on ne doit retenir qu’une chose de cette émission, c’est bien le naufrage de Sarkozy et la victoire parallèle de Hollande. Des journalistes curieusement décomplexés, qui ont compris que Sarko était bien fini, se sont permis de lui mordre les mollets comme à n’importe quel manant. Incrédule, Sarkozy, si appliqué depuis un an ou deux à mettre en avant sa maîtrise et sa stature (arf) présidentielle, n’a pu que gesticuler, éructer et s’énerver comme le mauvais candidat qu’il est. Placé face à son bilan apocalyptique, il est de plus sommé de répondre aux attaques d’Eva Joly… Il n’a pu faire mieux que du sous-Giscard dans l’affaire des diam’s, opposer un démenti “catégorique et méprisant”.

Il est important de rappeler que la clique sarkozyste (Copé, Woerth, Takieddine, Hortefeux, Guéant…) est accusée de financement frauduleux de la campagne de Balladur en 1995, ce qui a conduit à l’attentat de Karachi (14 morts) ; de financement par Kadhafi de sa campagne de 2007 ; de fraude fiscale et de financement frauduleux par les enveloppes de Bettencourt, et de financement douteux de son appartement de Neuilly. Rien que ça ! On dirait du Chirac ou du Tapie de la grande époque. Avec donc 14 morts en plus…


Dans l’émission de Pujadas, il y a une séquence qui me hérisse particulièrement : celle de la leçon d’économie libérale infligée par le professeur Lenglet.

Lenglet n’est évidemment pas professeur. [EDIT 15/04 pan sur le bec ! On me chuchote dans l’oreillette qu’il fut jadis prof de français… Cela explique qu’il fasse toujours comme s’il avait des élèves devant lui]  Il est journaliste économique, ce métier de charlatans, de perroquets toujours intarissables quand il s’agit de commenter le passé, mais incapables de prédire l’avenir, ce qui ne les empêche pas de reprendre en boucle les mantras libéraux “il faut diminuer les déficits publics, il faut baisser le coût du travail, il faut que la France soit concurrentielle par rapport à la Chine…”.

Lenglet est directeur de la chaîne de télé “BFM Business” (rien que le nom m’amuse), après avoir usé ses costards dans tous les torche-cul de “journaux économiques” que la France a pu compter : “L’expansion”, “Les Echos”, “La Tribune”… Ces magazines de propagande patronale et financière, qui ne s’intéressent qu’à la Bourse, aux résultats des entreprises, et aux stratégies qu’elles mettent en œuvre pour les améliorer et faire la guerre à leurs concurrents. Un prisme particulièrement réducteur qui glorifie patrons et actionnaires, tout en ignorant et en méprisant les gueux qui font pourtant tourner l’économie.

Lenglet a développé un gimmick insupportable, mais qui semble plaire : il se travestit en professeur, et montre à ses élèves des graphiques de son cru qu’il leur demande de commenter, n’hésitant pas à leur taper sur les doigts si la réponse ne lui sied point.

Ce procédé est particulièrement pervers. Dans l’inconscient, le professeur représente l’autorité, et il détient forcément la vérité qu’il tente d’enseigner à son élève dévoué. Les graphiques rajoutent encore à cette autorité. Si c’est écrit et dessiné ainsi, c’est forcément vrai.

Or un graphique n’est que la représentation imagée de chiffres. Et les chiffres, malgré tout le respect que mon caractère cartésien leur porte, ça peut être tout ou n’importe quoi. Si le chiffre est faux, le graphique l’est tout autant. Ainsi, les chiffres du chômage sont complètement sous-estimés par des procédés lamentables, toute courbe représentant ces chiffres sera donc nulle et non avenue.

Il arrive aussi que le problème soit complexe, et qu’il faille fouiller pour trouver les bons chiffres. C’est ce qui est arrivé à Lenglet jeudi soir face à Philippe Poutou (rencontre improbable que Thomas Legrand a idéalement décrite le lendemain matin sur France Inter comme celle de “Lady Gaga avec Benoît XVI“…)

Et même si les chiffres sont justes, rien que le fait d’employer certains et pas d’autres permet encore de pervertir la représentation d’une situation. Il en est d’incontestables (2+2=4, l’accélération d’un corps en chute libre dans le vide est de 9.81m/s2, la charge électrique d’un électron est de 1.6x10-19 coulomb, la vitesse indépassable d’une particule est celle de la lumière, soit un peu moins de 300000 km/s… etc)

Au contraire, si on veut mettre en avant le côté positif de notre économie capitaliste et libérale, on peut dessiner le graphique de la fortune de Monsieur Arnault ou de Madame Bettencourt, le patrimoine de Monsieur Sarkozy, ou encore le bonus de Monsieur Levy (PDG de Publicis). Mais si pour décrire la même situation, on fait des histogrammes avec les (vrais) chiffres du chômage, les repas aux restos du cœur, le nombre de foyers qui vivent sous le seuil de pauvreté, le nombre de morts dans la rue, de suicides au travail…etc… Il est à craindre que l’impression ne soit pas exactement la même.

Lenglet, lui, se moque de contingences aussi basses. Il se complaît dans les hautes sphères un peu abstraites de la macroéconomie. Et surtout il a choisi son camp, et délivre aux candidats un brevet de soumission aux dogmes libéraux.

Et lorsqu’il sort de ses graphiques pour argumenter comme il l’a fait hier contre Marine Le Pen, on touche à l’abjection, à la pure saloperie.
Je ne suis pas suspect d’admiration à l’égard de Marine Le Pen. Son programme n’est que l’agrégation improbable et incohérente de la haine xénophobe avec toutes les protestations populaires, en suivant l’air du temps, quitte à dire le contraire de ce qu’elle disait quelques années avant. En économie, beaucoup n’y ont vu que du feu, mais on est passé en quelques années du libéralisme reagano-thatchérien à du quasi gauchisme. Bien fol qui s’y fie ! Bref.

Marine Le Pen a été dans cette émission la seule, avec Cheminade, à évoquer clairement la rupture de 1973 et l’empêchement de la Banque de France d’émettre de la monnaie, qui conduit les états à se livrer pieds et poings liés aux banksters.

[Sur Twitter, on m’a reproché de ne pas signaler que Mélenchon et Dupont-Aignan disent la même chose. Oui, mais sur Twitter on n’a que 140 caractères, et je ne parlais que de l’émission “Des Paroles et des actes”, où Mélenchon a bien évoqué la possibilité par la BCE de prêter aux États à 0%, mais n’a rien dit des 1700 milliards du boulet que l’on traîne. Dans son programme, il propose de l’auditer, ce qui est bien le moins.]

Marine Le Pen, sortie de ses habituelles vindictes contre les zétrangers, les zimmigrés, les zassistés, avait décidé de parler de la dette, de son caractère indu, et de la part des intérêts indûment payés aux banksters depuis 1973. Elle affirme que sur les 1700 milliards de la dette française actuelle (600 milliards de plus lors du quinquennat de Sarkozy, on ne le rappellera jamais assez) 1400 milliards représenteraient les seuls intérêts payés aux banksters depuis l’interdiction faite aux banques centrales nationales de créer de la monnaie.

Ce point devrait à mon sens être une des clés de la campagne. Il ne l’est évidemment pas, on préfère parler de Halal et de permis de conduire, ça fait moins mal à la tête.

Parler de la loi de 1973 à Lenglet, ça lui fait un peu le même effet que lorsque la reine d’Angleterre trouve un caca d’oiseau dans son assiette à dessert®. Il se braque, et crache tout son mépris en répliquant que les seuls pays qui ont gardé un tel système sont l’Iran, Cuba et le Venezuela (qui sont autant de gros mots dans la bouche de tous les Lenglet du monde)

Image de prévisualisation YouTube

Là où il n’a rien compris, à moins qu’il fasse semblant de ne rien comprendre, c’est qu’il ne s’agit absolument pas de “planche à billets”, comme le font outrageusement les Etats-Unis (ou le Zimbabwe, le pays où l’inflation a atteint des niveaux stratosphériques, genre 10 millions de % par an !). Je l’ai déjà écrit plusieurs fois, mais je préfère répéter. Quelle différence y-a-t-il entre un emprunt fait à un bankster privé à des taux allant de 2 à plus de 30% et un emprunt à un taux proche de 0 fait à une banque centrale ? Et ceci naturellement si l’emprunt est remboursé ?

La planche à billets, ça consiste à tout payer en monnaie de singe. Imaginez que vous alliez au premier garage Ferrari venu, que le vendeur vous demande 200 000 euros, que vous sortiez votre imprimante de poche et lui disiez “Attends, je les imprime”. Voilà ce qu’est la planche à billets.
En l’occurrence, il ne s’agit pas du tout de ça ! Il s’agit pour une banque centrale d’imprimer les billets (ou plutôt de créer informatiquement une ligne de crédit). Actuellement, elle donne cet argent à une banque privée qui vous fait signer un contrat selon lequel vous devez les rendre à telle échéance avec force intérêts. Ce qu’il faudrait faire, c’est court-circuiter la banque privée parasitaire, et signer le contrat directement avec la Banque Centrale, avec le cas échéant quelques intérêts pour payer les fonctionnaires qui y travaillent. Alors qu’avec la banque privée, vous devez parfois rendre considérablement plus que vous n’avez emprunté. Dans les deux cas, une fois l’argent restitué, il est virtuellement détruit. Pas d’inflation.

Tu entends, Lenglet ? Pas d’inflation.

Et ce que dit Marine Le Pen, ce que le Front de Gauche a également dit ici ou là, c’est que le montant de la dette française actuelle, 1700 milliards d’euros, est du même ordre que le montant total des intérêts payés aux banksters. En d’autre termes, cette prétendue “dette” que les banksters nous réclament de manière de plus en plus menaçante, n’est que le fruit d’un acte de trahison de la part de nos politiciens depuis près de 40 ans. De tous ceux qui ont exercé le pouvoir, de tous ceux qui ont voté les traités européens, qu’ils fussent de droite ou de “Gauche”.

1700 milliards, c’est 68000 euros par ménage français. Imaginez qu’un beau matin le RAID défonce votre porte et vous somme de remettre à Monsieur Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs (qui a empoché plus de 16 millions de dollars en 2011 ou à un de ses collègues et vous réclame 68000 euros ! Eh bien c’est en gros ce qui va se passer, sauf que vous êtes sans doute trop pauvre pour donner 68000 euros comme ça d’un coup… Alors c’est pas grave, on va changer vos lois, et les 68000 euros, on va vous les reprendre “à la grecque” en impôts, taxes, baisses de salaires, baisses de prestations sociales, baisses d’indemnités chômage, suppression de fonctionnaires et de services publics…

Tant pis, je vais, une fois n’est pas coutume, dire du bien de Marine Le Pen. Mais son allégorie sous forme de casse tête pour expliquer que pour trouver une solution à un problème insoluble, il faut parfois sortir du cadre, du carcan idéologique ou économique qu’on s’impose ou se laisse imposer, était tout simplement parfaite. Je l’ai d’ailleurs dit plusieurs fois.

“Ah, mais non ! Ca va pas se passer comme ça ! Je vais voter pour un mec de Gauche, et il ne se laissera pas faire !”

T’as qu’à croire ! Déjà, comme je l’ai expliqué, le système électoral est biaisé pour que seuls ceux qui ne changeront rien aient une chance d’être élus. Et si jamais le suffrage universel accouchait d’un coucou assez fou pour prétendre s’échapper du carcan, on le remplacerait vite fait, dans un mépris total de toute démocratie, et sur l’air de TINA, par un cyborg à l’ADN de bankster, comme cela s’est fait en Grèce avec Papademos et en Italie avec Monti.

Et puis, en quoi François Hollande serait-il “de Gauche” ? La question vaut bien sûr pour d’autres, comme Jospin… Socrates au Portugal, Zapatero en Espagne, Blair puis Brown en Grande Bretagne, Schroeder en Allemagne, Prodi en Italie, Papandreou en Grèce… Parce qu’il l’ont dit ? Parce qu’ils appartiennent à un parti plus ou moins “socialiste” qui se réclame de la gauche ?

Hollande n’a pas encore gouverné. Mais tous les autres se sont distingués par une soumission totale à toutes les règles ultralibérales, à la finance internationale, au capitalisme sans frontières. Tous. Tous ont appliqué les diktats libéraux, à commencer par la “baisse de la dépense publique” ou l’ouverture des frontières aux marchandises et aux capitaux. Tous. Tous ont appauvri leurs peuples et enrichi une poignée de requins qui tirent les ficelles du système et doivent bien se marrer en allant voir ces braves gens aller mettre un bulletin dans l’urne.

Dans son dernier film  (que vous pouvez comme je l’ai fait financer de quelques euros, puisqu’il est ignoré de tous les médias), l’indispensable Pierre Carles revient sur le sujet de ce billet, la construction du duel Sarko/Hollande, et en particulier de la candidature “socialiste”, notant que Hollande sort du même moule (HEC/ Sciences Po) que DSK, qu’il a remplacé au pied levé.

Hollande a dû aller rassurer la City sur le fait qu’il était beaucoup moins de gauche qu’il ne voulait le faire croire, et que ces braves gens n’avaient donc rien à craindre de lui.

Plus significatif encore, ce scoop donné vendredi par un journaliste américain sur France Inter, selon lequel Hollande inquiétait l’administration américaine, notamment à cause de la montée de Mélenchon et de la présence possible de ministres communistes dans le futur gouvernement français. (Les communistes sont en effet connus depuis les années 1980 par leur motivation à servir de faire-valoir dans des gouvernements libéraux.) Le journaliste raconte alors que pour rassurer les amerloques, Moscovici (futur premier ministre ou des affaires étrangères ?) et Le Drian (futur ministre de la défense) ont dû aller eux aussi expliquer qu’ils n’avaient pas la moindre intention de changer l’ordre établi.

Dès le lundi 7 mai, la finance internationale va prendre contact avec Hollande, tapoter sur sa montre d’un air agacé, et lui dire : “bon, qu’est-ce que tu comptes supprimer ou privatiser pour tenir notre calendrier de remboursement de ta dette, là ?”. Lui va rosir comme il le fait si bien, bredouiller un peu, et répondre “oui oui, tout de suite, naturellement”…

Avant d’aller nous expliquer qu’il ne peut pas faire ceci ou ça, et qu’en revanche il est navré de devoir faire ceci ou ça, mais c’est la crise, n’est-ce pas, c’est la faute à Sarkozy, et puis on n’a pas le choix… etc… etc”. Et ça va durer cinq ans…
J’ai fait long, il est temps de conclure.

A mon sens, il y avait quatre enjeux majeurs à cette élection :

1) Une urgence institutionnelle.

Cela passe par ce qu’on appelle de manière générique par une “sixième République”, une assemblée constituante idéalement tirée au sort (selon les préceptes d’Etienne Chouard), et dont le but serait de rendre le pouvoir au peuple et d’empêcher qu’une clique arrogante, omnipotente et corrompue ne confisque le pouvoir. C’est le point le plus important, car sans lui, aucun des autres n’est possible.

2) Une urgence financière.

Auditer la dette, et en refuser la partie indue, qui en constitue sans doute la quasi totalité. Cela permettrait rapidement de remettre le budget du pays à flot, et de nous rendre les Services Publics qu’on nous a volés, avant de mettre en place des mesures novatrices (Salaire maximum, fiscalité juste, revenu inconditionnel…)

2bis) Une urgence écologique.

En plus du réchauffement climatique et de la pollution, l’arrivée du “Peak Everything”, confirmée par la dernière étude du “Club de Rome” (j’y reviendrai en détail un autre jour) promettent le chaos total sur terre vers 2030. Cela ne nous laisse plus guère de temps pour révolutionner totalement notre mode de vie. Il en va de la survie de l’espèce humaine. Rien que ça.

2ter) Une urgence sociale.

Ça, tout le monde en est conscient. Certains, comme Arlette Laguiller Nathalie Arthaud, ne parlent que de ça, oubliant tout le reste. C’est pourtant à Lutte Ouvrière que j’emprunte cet exemple qui en dit long, la grève des esclaves du Campanile de Suresnes : tout est résumé là-dedans. Alors qu’une structure utile comme un hôtel devrait pouvoir faire vivre honnêtement des dizaines de personnes, ce sont les seuls actionnaires de la chaîne, gras comme des loukoums avec leur costard, leur fauteuil en cuir et leurs gros cigares, qui pompent la totalité des richesses générées. Ce sont les mêmes qui réclament (et obtiennent) des “baisses de charges” pour leurs entreprises d’exploitation, et des baisses d’impôts pour leur fortune personnelle. Pendant que des esclaves “musulmanes d’apparence” se cassent le dos et les genoux, payées en dessous du SMIC (mais comment est-ce possible, merde !) sans pouvoir vivre décemment, tout en se faisant traiter d’assistées, de feignasses, et de bouffeuses de viande Halal par les hordes xénophobes des Sarkozy et Le Pen. Vie de merde.

 

Je confirme donc mon choix d’aller voter Mélenchon le 22. Non seulement c’est le plus talentueux (et de très loin), mais c’est le seul à avoir un programme sérieux et cohérent (qui prend en compte une bonne partie des remarques faites ici), et la possibilité de faire un score honorable susceptible de propager ses idées après l’élection. Ceci n’empêche pas de nombreuses zones d’ombre, de nombreux doutes, qui ne seront levés que le jour il aura le pouvoir, à l’épreuve du feu, face aux banksters. Et déjà dans son attitude entre les deux tours.

Au second tour ? Malgré l’enthousiasme un peu surfait des mélenchonnistes à ce sujet, malgré le probable surgonflage des sondages de Sarko, il est peu probable que nous échappions au duel annoncé. Dans l’état actuel des choses, mêmes les amis sondeurs du nain ne peuvent plus cacher l’ampleur inédite (si on excepte 2002) de la berezina qui l’attend. Dans ces conditions, je ne vois pas au nom de quel renoncement je m’abaisserais à aller déposer dans l’urne le 6 mai le bulletin de quelqu’un dont on n’a strictement rien à attendre, et dont on est au contraire certains qu’il va trahir avec le cynisme le plus absolu tous les idéaux de Gauche.

Si jamais le nain nous sortait de son costard un coup de Jarnac d’entre deux tours, une manœuvre improbable autant que désespérée qu’il réserve au cas où il n’ait plus aucune autre chance de s’en tirer, et que cette manœuvre portait ses fruits, je pourrais encore sortir ma pince à linge et mes gants pour me servir du bulletin Hollande comme d’un désherbant systémique ou d’une chimiothérapie, le genre de truc dangereux que l’on n’utilise qu’en ultime recours, quand tout le reste a échoué, en étant parfaitement conscient des dégâts qu’il provoque.

117 thoughts on “Les petits graphiques de monsieur Lenglet et autres détournements de la démocratie

  1. A 15% dans les sondages, le vote Mélenchon vaut la peine d’autant plus que Le Pen semble devoir faire un assez mauvais score. Et l’enjeu de la campagne est de savoir ce que vaut Mélenchon parce que c’est la démocratie qui est en jeu ces cinq prochaines années. Pour se livrer à un massacre social et gagner celles de 2017, les élites doivent se déchaîner. J’ai l’impression que presque personne n’a conscience de cela.

    Comment faire pour savoir si Mélenchon est sincère ou pas?

  2. “C’est effectivement l’illusion savamment entretenue.”

    J’ai fait ce même constat il y a longtemps, même depuis si cela c’est aggravé. Par contre, joint à mon aversion pour tout plébiscite, il m’a conduit à l’abstentionnisme.

    “…désigner le mec qui court le plus vite”

    Il faut courir très vite pour rester sur place, c’est le syndrome de la Reine rouge de Lewis Carroll.  Même si avec Mimolette ou le Cuistre ce ne sera pas du “sur place” mais une régression certaine.

     

  3. Bonjour,

     

    BVA a publié un sondage il y a quelques jours ( Mélenchon est le candidat qui incarne le mieux le changement ).

    On y trouve que Mélenchon dispose de 34% (13% «certainement» et 21% «probablement»), tandis que Sarkozy ne serait qu’à 33% (21+12).

    Que peut-on en conclure ? Pas grand chose, comme pour la plupart des sondages… Néanmoins, autant Sarkozy est sans doute largement sur-estimé, autant Mélenchon est peut-être fortement sous-estimé dans les autres sondages, puisque dans celui-ci il précède même Sarkozy. Ce qui n’aurait rien d’étonnant…

    Donc non, ce n’est pas forcément cousu d’avance ! D’autant que le succès des diverses manifestations de Mélenchon est absolument énorme, même si la journaille n’en parle guère.

  4. Complétement raccord avec les 3 derniers paragraphes.

    Partant du postulat que les sondages sont truqués….on pourrait ptête avoir une sacrée surprise sur le score de ce gus là.

    Le truc qui me perturbe le plus actuellement c’est le choix de l’abstention ou de vote blanc alors que la moindre des choses c’est de remercier très très vivement Sarko. Il s’est tout de même copieusement (lui et sa clique) gavé sur le dos de tous, nous, nos parents, nos enfants, nos amis, nos voisins, nos entourages… et a y être sur les Grecs aussi.    Puissions nous être suffisamment nombreux pour le faire gicler très très loin et qu’il aille se terrer a batifoler au milieu des siens et de son amas de soussou.

    J’ai quelques heures de vol et je me suis souvent abstenue pour des présidentielles mais là, pas question. Je remettrai s’il le faut la même pince a linge qui m’a fait voter Chirac mais ne veut en aucun cas avoir fait parti de l’immobilisme blasé qui ferait rester Sarko.

    Mélenchon dénonce la dette odieuse et propose l’usage du référendum… 2 choses qui semblent plus qu’utiles.

    • Je comprends très bien qu’on aille mettre un dernier coup de talon à Sarko le 6 mars…

      Mais bon, troquer Sarkozy contre un Hollande qui escroque les gens en ce disant “de gauche” et qui ne va revenir sur quasiment aucune “réforme” et au contraire les accentuer sous la pression des banksters…

      • Ben on est d’accord…..d’où ma dernière phrase :

        Mélenchon dénonce la dette odieuse et propose l’usage du référendum… 2 choses qui semblent plus qu’utiles.

        L’utilisation de la pince a linge serait a destination de Hollande, ce que je ferai uniquement pour assurer le départ de Sarko. Et en pensant aux législatives.

  5. Excellent, SuperNo !!!

    @Jardidi : aucun moyen de savoir si Mélenchon est sincère ou pas… mais la question a peu d’importance puisqu’il ne sera pas au second tour.. ce qui importe, c’est de montrer qu’on est d’accord avec son discours…. d’autant plus que le risque  ”21 avril 2002”  au soir du 22 avril 2012 semble bel et bien éliminé. 

    @Wuwei : oh ! comme l’abstention me tente de plus en plus !!! Je n’ai pas (encore) pu m’y résoudre… et, là, le 22 avril, quelqu’un qui dit (presque) tout ce que j’ai envie de voir réalisé va me faire me déplacer afin de voter pour lui… sans illusions… juste pour m’exprimer… un peu comme lorsqu’on manifeste, ou signe une pétition, ou fait grève… quant au 6 mai… il ne faudra pas beaucoup insister pour (enfin ?) décider de m’abstenir.

    • Miha,

      Ne penses tu pas qu’en t’abstenant, si ce qui vient derrière, selon le winner, est carrément insupportable, genre que  l’on passe dans la même trappe que les Grecs, tu pourras te permettre de dire qu’il y a quand même un fichu grand malaise. Moi je me dirai “merde ! si tous les abstentionnistes avaient bougé ce jour là, on en serait pas forcément là !” et en plus j’aurai même pas a geindre n’ayant pas voulu m’exprimer.

      Je ne dis pas que Mélenchon est royalement notre sauveur..juste qu’il est le plus près..mais surtout le seul a parler de la dette odieuse (et c’est bien vrai) et de l’utilisation du référendum (et c’est bien la moindre des choses dans une pseudo démocratie).

      Et au final; admettons qu’il y ait de nouveau enfumage et qu’on suive les Grecs…j’espère qu’on sera plus réactifs.

    • Non, Mélenchon ne sera pas au second tour mais il devrait avoir beaucoup de députés, suffisamment, pour pouvoir empêcher ou pas le PS de se livrer à une monstruosité. Et sa sincérité et sa force de caractère sont donc concrètement importantes.

      • Heu… Les législatives c’est une autre paire de manches ! C’est une chose de voter pour un tribun charismatique comme Mélenchon, c’en est une autre de voter pour un pâle apparatchik  PCF qui sans Mélenchon serait resté aux 1% qu’il mérite…

  6. Au risque de te décevoir Super, tu ne seras pas ministre des sciences avec 9,81 m/s2 dans le _vide_…

    Pour le reste, il y a tellement à faire et si peu de volonté de changer que même les plus motivés comme JLM n’iraient pas bien loin car il ne faut pas sous-estimer la _réaction_.

  7. il ne faut pas sous-estimer la _réaction_.

    Aucun doute la dessus. Mais…. ne rien faire ?? ben merde non !  de plus les législatives arrivent juste aprés…. donc il y a un moyen de court circuitage…… si Sainte Mollesse passe. Ne rien faire est une infamie.

    Beaucoup d’entre vous et moi également avons remarqué le bien fondé des idées d’Etienne Chouerd. Il est quand même question de l’avis du (des) peuples par référendum….. que Mélenchon soit de cet avis ça donne une bouffée d’air nan ??  Vaudrait peut être mieux rester de ce coté que de laisser la porte grande ouverte a la force obscure.

     

  8. Je crois qu’encore une fois je suis d’accord avec tout ce que j’ai lu ici. Inquiétant pour moi, je moutonne de plus en plus sur ce site…

    Un truc sinon m’a frappé, en y repensant : NDA, Le Pen, Cheminade, Mélenchon, Artaud et Poutou sont complètement d’accord sur le diagnostic concernant l’économie actuelle. Et leurs argument sont, à mon sens, inattaquables (je parle bien du diagnostic, pas des solutions). Et j’ai l’impression qu’aucun des trois “grands” ne saurait justifier leurs choix face à eux. Et que donc c’est pour ça qu’on refuse tout débat. Et que donc c’est pour ça que les grands journalistes hurlent depuis des semaines contre l’égalité du temps de parole, scandale démocratique gnagnagnagna. J’ai vraiment cette impression, que plus de la moitié des candidats ont conscience qu’on part dans le mur, mais que le rôle des media est de faire le maximum pour qu’on ne s’en rende pas compte.

  9. En regardant la photo de Lenglet en tête de cet article j’ai été frappé par sa ressemblance avec le type complétement allumé qui prédit la fin du monde en agitant une cloche dans Tintin et “l’Etoile mystérieuse”…! Il faudra penser à lui pour le rôle…

  10. Bonjour à tous,

    Hier, à Marseille plages, on était 120 000 à crier : RÉSISTONS, PRÉSIDONS, des vieux, des jeunes, des moins jeunes, des familles avec enfants, des gens partout, tous unis derrière le Front de Gauche et son porte parole :-)

    Un grand moment de solidarité citoyenne :-)

    ps : encore un excellent billet SuperNo, je fais suivre…

  11. Un exemple de plus pour illustrer ton billet, celui de Dupont-Aignan (pour qui je n’ai pas plus de sympathie que ça) vendredi dernier sur canal, où l’on voit le vrai visage de ces gens-là, la morgue des Denisot et d’Apathie ainsi que le rictus de la gourde de service (pardon pour les gourdes) Arianne Massenet.

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/524478-video-dupont-aignan-au-grand-journal-un-clash-qui-reveille-enfin-l-emission.html

    En revanche, là où je ne te suis pas c’est le dernier choix de voter avec une pince à linge pour Hollande. Je l’ai fait en 2002. En 2007, avec Ségolène qui faisait le pied de grue en bas de l’immeuble de Bayrou…

    Ma petite analyse vaut ce qu’elle vaut, mais je pense que Sarkozy ou Hollande c’est pareil, nous aurons la même politique de droite, avec plus ou moins de violence selon l’élu ou le réélu. Je voterai Mélenchon au premier tour en espérant très fortement qu’il y sera au 2ème mais je crois savoir que le vote Mélenchon sera utile également parce que juste derrière, il y a des législatives et là, si nous sommes malins, Hollande va avoir quelques soucis à se faire avec les députés du Front de gauche. Comme toi, je reste prudent sur les vrais motivations et intentions de Mélenchon, on s’est tellement fait avoir, mais il reste mon seul choix, il est vrai qu’il est très bon et qu’il fait rêver. Et Dieu sait qu’on a besoin de rêver. Au deuxième tour je me déplacerai et collerai dos à dos les bulletins Hollande et Sarkozy.

    • Poutou a été excellent lors de cette émission (même si il a été un peu désarçonné par le graphique faussé de Lenglet), il a d’ailleurs été applaudi spontanément à la fin de sa prestation (du jamais vu dans cette émission).

      Il est la preuve qu’un “amateur” motivé apprend très vite.

      Le Poutou pataud du début s’est transformé en un Poutou pertinent.

      Ce que dit Etienne Chouard aussi d’ailleurs :  donnez une “mission” à un amateur et il s’en tirera aussi bien voire mieux qu’un “expert”.

      Vive le tirage au sort !

  12. ”” Il s’agit pour une banque centrale d’imprimer les billets (ou plutôt de créer informatiquement une ligne de crédit).
    Actuellement, elle donne cet argent à une banque privée qui vous fait signer un contrat selon lequel vous devez les rendre
    à telle échéance avec force intérêts. Ce qu’il faudrait faire, c’est court-circuiter la banque privée parasitaire, et signer
    le contrat directement avec la Banque Centrale, avec le cas échéant quelques intérêts pour payer les fonctionnaires
    qui y travaillent. Alors qu’avec la banque privée, vous devez parfois rendre considérablement plus que vous n’avez emprunté.
    Dans les deux cas, une fois l’argent restitué, il est virtuellement détruit. Pas d’inflation. “”

    Non il y a une méconnaissance du mécanisme de création monétaire par une banque centrale aujourd’hui. Tu as lu les mauvais blogs qui racontent la légende de la création monétaire ex-nihilo qui fait la joie des conspirationnistes. Je suis ravi, SuperNo, de te renvoyer au livre de Paul Jorion, “L’argent mode d’emploi”, qui détruit complètement ce tissu de mensonges qu’est le mythe de la création monétaire ex-nihilo qui est une fabulation qui en réalité arrange les banques.
    En effet, les banques préfèrent que les gens croient qu’elles peuvent créer de l’argent à volonté et que les gens soient révoltés par cela, pour cacher un scandale en réalité encore plus grand : qu’une banque est potentiellement en situation de faillite perpétuelle.

    Les banques aiment à faire courir la légende comme quoi elles peuvent cloner l’argent par des opérations d’écriture dont
    elles auraient mystérieusement le pouvoir.

    Ceci est totalement faux comme l’explique Jorion. Premièrement parce que si l’argent pouvait être créé à volonté, cela ne respecterait pas le principe de conservation des quantités, et tout émetteur de monnaie créée ex-nihilo serait assimilable à un faux-monnayeur.

    Une écriture est un enregistrement d’une transaction. Si elle reflète la réalité, c’est que cette écriture est juste. Sinon elle est fausse, mais rien de plus. L’écriture ne crée pas de monnaie.
    Ensuite, c’est par le procédé de la TITRISATION, c’est-à-dire de la monétisation de créances privées que les banques sous forme d’obligations refourguées aux infvestisseurs (aux mêmes banques !!) que de l’argent est émis, avec en contrepartie des paiements d’intérets sur ces obligations. Je te renvoie au livre de Jorion pour les détails. En fait, la titrisation, les obligations et les dettes souveraines, ça revient à utiliser aujourd’hui le produit des richesses créées demain.
    Ce processus est extrêmement pervers. Ca peut durer comme ça 10 ans, 15 ans (en Argentine, les cycles sont de 15 ans), ou bien plus, mais au final, ceci revient à gonfler un énorme matelas de dettes non remboursables (parce que la croissance prévue pour créer la contrepartie de richesse réelle équivalente n’est jamais au rendez-vous, évidemment), mais au final ça s’écroule cycliquement, quand plus personne ne veut acheter des obligations dont on sait qu’elles ne seront pas remboursées. Et a ce moment là, il y a un effondrement des masses monétaires et des chaines de dettes qui sont destructrices.

    Tout ça pour dire qu’en réalité, la prospérité relative des pays occidentaux est plus due au mécanisme de création monétaire (on a les moyens d’émettre de la pseudo-richesse) qu’au développement économique des entreprises.
    En réalité si les USA ou la France sont modernes aujourd’hui, c’est parce qu’on a déjà dépensé l’argent des richesses sensées être créées dans les 80 prochaines années. Et un moment donné, pouf, le système s’écroule : on ne peut pas s’endetter plus.

    Donc il y a bien un problème lié à la création monétaire, mais ce n’est pas celui de la création ex-nihilo qui n’est qu’une fable conspirationniste que les banquiers maintiennent avec le plus garnd bonheur, mais à cause du processus de titrisation.

    Donc je le redis, pour les personnes intéressées par ces questions monétaires, je vous supplie de lire cette bible qu’est le livre de Paul Jorion l’argent mode d’emploi, qui est PASSIONNANT.

    • Heu… Je n’ai pas écrit qu’une banque privée pouvait créer autant d’argent qu’elle le voulait ! Je connais bien les principes de ratios de solvabilité, la titrisation (Michael Lewis : the big short) …

      C’est la banque centrale qui “crée” l’argent et le reprête. Soit directement à un état, soit à une banque privée parasitaire qui va à son tour le prêter à un état (comme tout récemment 5.74% à l’Espagne). Et c’est l’obligation scélérate d’utiliser le parasite qui a généré la quasi totalité de la dette, c’est la principale chose à retenir.

      Ceci dit, je vais lire le bouquin de Jorion…

  13. Je rajoute un truc sur l’écriture : si les banque spouvaient en un jeu d’écritures créer de la monnaie, elles n’auraient aucun problème de solvabilité ou de liquidité. Hors c’est le cas, puisque la FED et la BCE sont obligées de titriser des créances par centaines de milliards pour pouvoir maintenir les banques à flot et éviter un écroulement systémique (pour rappel, il y a une une titrisation de près de 1000 milliards en deux fois ces derniers mois pour sauver le système bancaire européen).

  14. et oui Caramelo,  et ces mêmes banques se sont dépêchées de se débarrasser d’une partie de leurs actifs toxiques auprès de la BCE… et après se sont empressées de placer le reste de ces milliards empruntés à la BCE, au lieu les d’injecter dans l’économie réelle… les banques attisent donc bien le feu de la crise !

    Paul Jorion a raison et avec lui plusieurs autres “économistes atterrés” : Changer d’économie nos propositions pour 2012 paru aux éditions Les Liens qui Libèrent.

  15. Encore un super billet, merci Superno !
    Ca doit faire 6 mois que j’ai découvert ton blog (grâce à Marianne2) et depuis je me régale. Bon moi c’est simple, j’ai voté par conviction non en 2005 et je suis banalement de gauche donc ce sera Front de Gauche au 1er tour et Hollande au 2nd (sauf si Mélenchon est au 2nd tour, mais pour ça il faudrait que tous les déçus de Sarko s’abstiennent…). Tu remarqueras que j’ai encore un peu de mal à te suivre sur ton éventuelle abstention au 2nd tour car pour moi même si tout porte à croire que Sarko va se prendre une tannée, je préfère quand même assurer le coup histoire de pas avoir de regrets au cas où la “France silencieuse” (dixit l’UMP) ouvrirait trop sa gueule dans l’isoloir…
    Note que je ne me fais aucune illusion sur Hollande ou sur le PS qui à quelques faire-valoirs près (Montebourg, Filoche) n’a plus de socialiste que le nom. Mais bon quitte à me faire mettre, je préfère que ce soit avec de la vaseline (Hollande) plutôt qu’avec du gravier (Sarkozy). Après chacun ses goûts, je ne discute pas…

  16. La création monétaire est le parallèle de la croissance, plus on créer de la richesse réelle ou supposée comme telle, plus il faut de monnaie pour s’échanger ces richesses.il y a des gardes fous, les réserves fractionnaires qui sont l’épargne des banques.Mais une banque a un bilan et même si l’argent est créé à partir de pas grand chose, d’une reconnaissance de dette, cet argent une fois créé doit être remboursé, il est bien réel, pour la banque comme pour l’emprunteur.Ce qui veut bien dire que les banques prennent des risques en créant de la monnaie et si plus personne ne rembourse elles font faillite.En général les banques ne font pas faillite car elles ont les biens en gage ! Sauf que quand elles se mettent pour toucher toujours plus d’intérêts à prêter à n’importe qui n’importe quoi, il y a tellement de gages en vente que tout s’écroule, les gages ne valent plus rien.C’est la crise.Les réserves fractionnaires ce sont les dépôts des gens, ils doivent donc pouvoir toujours les reprendre, un genre d’étalon.Dans une banque centrale, je ne vois pas pourquoi on aurait besoin de dépôt, l’important c’est que l’argent créé revienne, sous forme d’ impôts.le bilan de la banque centrale s’équilibre sur le temps d’emprunt et rebelotte.C’est l’outil d’une nation pour son développement et on se l’ait fait voler par les banquiers privés.Je suis d’accord avec Superno la dette est déjà remboursée puisqu’on paye des intérêts et qu’on ne devrait pas le faire.Le fait qu’à l’émission en question quatres candidats mettent le doigt la dessus me réjouit, les quatre guignols de France 2 ont vite changé de sujet ou pour lenglet baratiné vite fait qqes sottises.On se demande vraiment par qui sont payés ces gens? Autre chose, lenglet a sorti un graphique sur la croissance du pib face à dupont aignan et il a sorti deux pays soumis eux aussi sur leur monnaie à l’intérêt des banquiers privés, d’ailleurs ce système d’escrocs est issu de ces deux pays.Dans l’ordre angleterre puis état-unis puis europe, de corruption en corruption.Car plus ils “collonisent” de territoires plus ils sont puissants et corrupteurs.Et notre vaillant NDA n’a pas manqué de parler des autres pays qui eux ont une croissance insolente et qui eux ne sont pas avec la monnaie euro, ils ont donc une banque centrale libre et bienveillante.Lenglet est donc comme tous les autres experts et spécialistes du petit écran un escroc du système.Je pense que mélenchon a ses chances, je vais allé voter et j’irai mm au dépouillement vérifier qu’il n’y a pas de triche.Faut se motiver.Si les choses venaient à mal tourner dans les urnes, pour reprendre le pouvoir il y a un truc qui à l’air pas mal c’est la manif massive avec chacun une casserole et une cuillère en bois ( boule quiès obligatoires ), des millions de gens qui tapent en mm tps, déjà les antagonistes se font dessus et ensuite ils prennent leurs jambes à leurs cous.A essayer, me semble que c’est une technique islandaise.http://www.youtube.com/watch?v=8c1bDfONcPk

  17. Bonjour Superno,

    Encore un excellent billet qu’il faudrait joindre à la propagande électorale que nous recevrons tous dans notre boîte aux lettres!

    J’étais à Marseille samedi et c’était très impressionnant!!! Il y avait beaucoup de monde et les gens se prenaient à rêver d’un second tour Hollande / FdG!

    Un rassemblement joyeux, métissé et un discours magnifique de JLM qui séduit de plus en plus de monde (je pense aux enfants d’immigrés : cf la réaction de Jamel Debbouze sur Twitter).

    Je pense qu’il peut progresser aux alentours des 18-19 % et comme je ne peux pas croire que Sarkozy fasse plus de 20-22 %… (en comparaison avec le raz de marée de 2002), ce serait dommage que quelques abstentionnistes nous fassent louper un 21 avril à l’envers!!!

  18. @superno, Oui,oui, même le discours est identique finalement…C’est une vraie caricature vivante ce type…! Comme on m’a emprunté l’Etoile Mystérieuse je ne sais plus si ce personnage avait un nom dans la bande dessinée : ce serait un joli surnom pour Lenglet !

    @ miha, comme toi j’ai été fappé par Poutou et, moi aussi je pense que l’amateurisme en matière de politique c’est moins grave (beaucoup moins grave) que tout ces professionnels de l’agiotage, du népotismeet de la prévarication…! et de toute les incroyables combines dont ils sont capables…!

    Vive Chouard !

  19. C’est Maastricht qui interdit à la BCE et aux banques centrales de prêter directement, sinon :

    “D’autre part, la loi de 1973 n’interdit pas toute forme de financement public par la Banque de France. Un autre de ses articles dispose que l’Etat peut toujours obtenir des avances et des prêts auprès de celle-ci, via des conventions approuvées par le Parlement.”

    “Est-il possible d’abroger la loi de 1973 ? Non, car… c’est déjà fait. L’intégralité du texte a été abrogée en 1994, dans le cadre de l’application du traité de Maastricht. Ce dernier reprend toutefois l’interdiction en son article 104 : «Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres […] d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux […] administrations centrales des États membres».”

    http://www.liberation.fr/economie/2012/04/13/7-questions-sur-la-loi-de-1973_811520

  20. http://www.marianne2.fr/Incroyable-la-France-laisse-Francfort-speculer-sur-sa-dette-_a216960.html

    Opération retour à l’envoyeur — à diffuser largement

    Notre président va bientôt nous envoyer à tous une “lettre au peuple français” pour “célébrer son amour du pays et livrer sa vision de la France de demain”.
    Olivier Besancenot, en facteur averti, propose à tous ceux qu…i le désirent de tout simplement retourner cette lettre à l’envoyeur. Il ne faut pas l’ouvrir, rajouter dessus la mention “RETOUR À L’ENVOYEUR” (on peut aussi rajouter un motif du genre “refusé”) puis poster le tout sans l’affranchir.
    UN GESTE SIMPLE QUI FAIT PLAISIR !

  21. Si les journalistes disent vrai, alors c’est affirmé :
    Pas question d’entrer dans un gouvernement socialiste. Au Parti de gauche comme au Parti communiste français, “personne n’ira au gouvernement ou alors des renégats” comme Robert Hue, assure Jean-Luc Mélenchon.
    On saura s’en souvenir et à quoi s’en tenir le moment venu…
    Il a par ailleurs ajouté que : Le Front de gauche va continuer et avant 10 ans, il sera au pouvoir.

    Sur le premier tour :
    La facho blonde serait aux alentours de 15%.
    Le facho en version miniature serait à 26%, on n’en croit rien, et vu les conneries qu’il sort les unes à la suite des autres, on peut imaginer qu’une partie des abrutis se retournent vers le F-Haine, et un peu vers Bayrou ou Hollande.
    Le Front de Gauche serait à 17% dans le “meilleur” des sondages. Prenons l’hypothèse supplémentaire que ce score reste encore légèrement sous-estimé, et qu’une petite frange d’électeurs lâchent Hollande et qu’une autre se décide dans les derniers jours pour le FdG.
    Il y a donc une possibilité que ces 3 là se retrouvent dans un mouchoir de poche. La probabilité est faible mais non nulle. Si c’est vraiment plausible, alors Sarkö et son entourage le savent mieux que tous. Et alors, il faut s’attendre à des surprises d’ici dimanche.

    Si jamais il devait y avoir un véritable coup de Jarnac, je me demande encore si je ne vais pas finir plus pur que les plus purs pour le second tour : les Français veulent aller vers le pire, alors allons-y, choisissez celui que vous voulez, moi je reste chez moi avec ma pince à linge. Mais que les choses soient claires et que les profils sortent du bois !

  22. Je viens de visionner les deux émissions “des paroles et des actes”. J’ai pas appris grand chose sur le programme des candidats. J’ai par contre, comme miha, trouvé que le “moitié-débile” philippe Poutou, du moins c’est ainsi que les journalistes ont voulu nous le présenter (ben, normal, il est pas avocat, c’est juste un ouvrier, donc forcément, il ne peut être que débile), a plutôt pris une grosse assurance devant les caméras, et commence à avoir une niaque dont certains à “gauche” feraient bien de s’inspirer.

    Comme à leur habitude, les journalistes ont été fidèles à eux mêmes, bien donneurs de leçons, bien irrespectueux avec la plupart des candidats (notamment incapables de laisser un candidat dérouler convenablement un raisonnement sans les interrompre 10 fois, ce qui ne facilite pas la clarté du discours).

    Spécial dédicace, tout de même pour cette émission, à l’excellent FOG ! Comment cette sous merde de journaliste à la con, n’en connaissant pas plus que moi en économie, peut se permettre de juger des capacités d’une N. Arthaud à enseigner ? Comment même peut-il se permettre d’en parler sans que ça provoque un scandale immédiat ? Ca, c’est une vraie question. Quand à la fatuité et la condescendance dont il a fait preuve à l’égard de la plupart des candidats… Alors là, c’est carrément la quatrième dimension. Je ne comprend même pas comment on a pu ne pas censurer des paroles qui crachent à ce point à la gueule de la démocratie. Ce type est à enfermer d’urgence !

  23. Les sondages sont truqués? “ Ils ont la possibilité de “redresser” (comprendre “bidouiller”) les données brutes des résultats qu’ils récoltent sans devoir l’expliquer à qui que ce soit. Entre le pifomètre et la corruption, tout est possible”  On n’en voit pas l’intérêt et l’on peut se demander sur quelle base scientifique s’appuie cette remise en question des sondages. Le pifomètre, justement, ou les conversations au Café du Commerce?  ”Qui peut croire des balivernes pareilles ? Il suffit de discuter autour de soi (et pas seulement dans le petit milieu de la blogo-twittosphère de gauche, je parle des “vrais gens”, de votre boulot, de vos voisins, de vos connaissances, de votre famille…)…”  ”L’intérêt du bidonnage, c’est que les sondages, c’est un peu comme le fameux “Top 50” : un système de prophétie autoréalisatrice.”  Ok, c’est une appréciation personnelle et non une démonstration scientifique, véritablement.

    SuperNo écrit également: “La vérité elle est là : ce sont les médias qui votent à votre place. Ce sont eux qui vous disent qui vous connaîtrez ou qui vous ignorerez. Qui est sérieux et qui ne l’est pas”

    Ces remarques me font sourire tant elles relèvent d’idées toute faites. La vérité -s’il y en a une - est que personne en France ne veut ou n’a pu remettre en question le mode de gestion capitaliste de notre système économique, et qu’à l’époque où nous ne reprochions pas aux médias, qui se limitaient essentiellement à la presse et à la radio, d’être à la botte des milieux d’argent, où nous reconnaissions aux journaux en particulier (qui avaient une plus grande diffusion que maintenant) une certaine indépendance, dans les années d’après guerre jusqu’à l’aube des années 70, avant que des sondages ne soient publiés tous les quatre matins, le système capitaliste était florissant. Nous placions De Gaulle au pouvoir et un PCF à 25% dans les urnes, pas dans les sondages, n’incitait pas à prendre le pouvoir et faisait plutôt voter De Gaulle que Mitterrand.

    En 1968, quand nous étions dans une situation insurrectionnelle - une vraie qui n’avait rien à voir avec la formule Mélenchoniste “l’insurrection civique - où le pouvoir gaulliste vacillait sur ses bases, le PCF a-t-il encouragé les ouvriers à travers la CGT à se joindre au mouvement étudiant pour instaurer une nouvelle société ? Non : ils ont cherché des augmentations de salaires dans les accords de Grenelle. La droite a alors repris la main. Et pourtant le PCF était fort à cette époque !  Qu’en pensaient alors les militants de l’OCI, dont le camarade Mélenchon était ? Pour les trotskistes de l’OCI, le PCF, (qui forme actuellement le gros des troupes du Front de gauche), avait trahi le mouvement ouvrier, lui avait volé sa victoire, et de fait, la droite est revenue renforcée au Parlement. Ont suivi après la démission du général de Gaulle en 1969, les élections de Pompidou et Giscard d’Estaing.

    Le PCF, ferment de base du Front de gauche, toujours très haut dans les urnes, ne donnait toujours aucun espoir de conquête du pouvoir pour la classe ouvrière. Il a fallu attendre le Programme commun et son alliance avec le PS pour voir revenir des ministres PCF au gouvernement depuis 1945. Par la suite, le PCF a toujours été un allié du PS. Mélenchon mène avec le Front de gauche une campagne électorale qui a recours à la même rhétorique que le PCF d’avant 1981, quand il accusait systématiquement le PS de traîtrise, comme si son seul souci était que dans l’espoir de faire battre Hollande, il pourrait reconstituer à gauche une force d’opposition dans laquelle le PCF se dissoudrait complètement jusqu’à disparition : ce fameux Front de gauche, parti à part entière, équivalent des Allemands de “Die Linke”.

    Bref, tout cela pour remettre en question l’analyse de SuperNo sur l’influence des médias et des sondages qui nous conduiraient à voter toujours dans le même sens, et dissiper l’illusion sur les prétendues qualités révolutionnaires du Front de Gauche et de sa ridicule “insurrection civique”. Faut-il rappeler qu’une insurrection est un soulèvement populaire, révolutionnaire qui vise à renverser le pouvoir? Mélenchon et son Front de Gauche s’inscrit parfaitement dans la logique de nos institutions et nous appelle à aller voter de façon pacifique et disciplinée avec en vue de réformer le système toujours dans un cadre d’économie capitaliste, une variante en fait , plus radicale dans le discours que dans ce qui est réalisable, de ce que propose  Hollande et le le PS.

    SuperNo a déjà évolué car il est décidé à aller voter Mélenchon au premier tour et peut être même Hollande au second tour s’il y a un risque que Sarkozy repasse. (Ah, ce n’est donc plus la même chose).  En effet, il est peut être temps d’en finir avec ces sobriquets absurdes et moqueurs (Flanby; Mimolette etc) dignes de cour de récré d’école maternelle dont on affuble Hollande et qui lui ont été attribués au passage par ses amis du PS, ces fortiches qui n’ont pas été fichus de l’empêcher d’être à la tête du PS des années durant et de se faire désigner comme candidat du PS à la présidentielle.

    Les médias n’ont pas choisi Hollande, plus qu’il n’ auraint choisi Fabius ou Aubry (soutiens affirmés par avance de DSK ) et la remise en question de la qualité d’homme de gauche de Hollande comme de tout candidat du PS ne date pas d’aujourd’hui. C’est une quasi tradition au PCF qui se trouve maintenant être la forêt que cache l’arbre Mélenchon qui de ce point de vue nous rappelle le Marchais de la belle époque, celui qui faisait tout pour faire trébucher la gauche quand elle était sur le point de gagner en 1978, par exemple.

    A l’époque du Programme commun, en 1978, quand la gauche avait la prise du pouvoir à portée de main aux élections législatives, Marchais a remis en cause l’accord sur des points qui font penser au niveau, aujourd’hui, des remarques faites à la suite des déclarations de Hollande au “Guardian”. Il a tenté de remettre ça en 1981, mais entre-temps, il avait soutenu l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, trouvé le bilan de l’URSS globalement positif, et cette fois là, les sympathisants communistes en ont eu ras-le-bol et ont voté Mitterrand. Ce fut le commencement de la chute du PCF.

    Ces discussions oiseuses que l’on peut lire jusque dans certains posts ici même me font hausser les épaules tant elles n’ont rien de nouveau. Le problème n’est pas au second tour de voter Hollande avec l’espoir de voir s’instaurer la  politique préconisée par Mélenchon, celle de la vraie gauche comme disent certains ici sans rire, mais de voter, si l’on se classe à gauche , pour le candidat estampillé de gauche. En tant qu’électeur de gauche notre but est d’envoyer le message que nous voulons pas d’une politique de droite sarkozyste mais que nous voulons une société fondée sur des principes d’égalité sociale plus justes. ( On n’a pas à se sentir coupable si l’on pas la société que l’on rêve ou si l’on se sent trahi par un gouvernement de gauche qui n’aurait pas tenu sa parole) Dans quel cadre économique? Le seul que je connaisse qui s’oppose au mode de gestion capitaliste est le mode de gestions communiste, collectiviste qui jusqu’à présent n’a pu se mettre en place qu’avec des révolution,s comme en Russie et en Chine et nous voyons actuellement ce qu’il en est.

    Donc inutile de se faire d’illusions. Nous resterons dans le cadre d’une économie capitaliste même dans le cas improbable d’un Mélenchon au pouvoir. Ou alors pour ceux qui suivent Nathalie Arthaud l’autre alternative est le soulèvement général, la révolution, bref un changement qui pour Poutou ou Arthaud ne peut pas se réaliser autrement que par un mouvement de masse révolutionnaire: there’s no other alternative, is there?

     

    • Oui maitre, Bien maitre !

      Ton discours est tellemement bien formaté, tellement dépourvu de toute imagination ou réflexion personnelle qu’il aurait pu être écrit par n’importe quel journaliste “de gauche” C’est navrant de platitude, conventionnel au possible, très librement adapté de l’histoire récente.

      Va faire ton devoir civique dimanche, et surtout n’oublie pas de voter utile, bien comme on te le demande à la télé.

  24. Ce sera donc Hollande le futur président,un personnage falot que l’histoire ne retiendra que comme étant le” succès damné” du regrettable Dsk,dont on retrouve autour de l’heureux élu quelques marques de fabrique incontournables Mosco,M.Touraine,Valls.On ne se fera pas d’illusion sur cette fine équipe qui montrera bien vite la couleur rose bleutée d’une poliitique de droite.Perso,bien que ségoléniste(un brin en perte de vitesse je l’avoue) je ne voterai pas Hollande ni au premier ni au deuxième tour.L’histoire nous a prouvé que mitterrand nous a floués avec fabius en 84 (lequel fabius est à l’origine du programme de Hollande) que Jospin nous a roulés dans la francine en 97. Les socialistes vont gagner ici parce que les français ne veulent plus de sarkozy .Quand Flamby ose comparer 2012 à 1981,il y a des coups de pieds occultes qui se perdent.
    Reste -à part Poutou,Arthaud-JL Mélenchon qui constitue l’actuel et futur recours mais sans lui donner un blanc-seing;ses accointances avec la franc-maçonnerie, qui n’est plus qu’une bande d’affairistes ambitieux,avec des hommes proches de l’actuel président ,devraient nous rendre méfiants.Il ne sera réeellement crédible que s’il refuse d’aller au gouvernement de Hollande,lui ou ses amis du front de gauche.Le contraire constituerait une trahison et je ne crois pas qu’il puisse se le permettre.Un soutien à distance sans critique serait tout ausi malvenu.Pour beaucoup de français-au moins quinze pour cent des votants dimanche prochain,c’est l’homme de l’avenir.Essayons d’y croire,mais la politique apporte plus de déceptions que de satisfactions.

    • Un ségoléniste qui s’apprête à voter Mélenchon et qui serait déçu si ce dernier figurait dans un gouvernement Hollande alors qu’il dit depuis le début qu’il n’irait pas. Où faut il rire?

    • Il ne sera réeellement crédible que s’il refuse d’aller au gouvernement de Hollande,lui ou ses amis du front de gauche

      En ce qui concerne Mélenchon, il l’a déclaré tellement clairement qu’il ne peut pas aller au gouvernement de Hollande…

      Quant à ses “amis” du front de gauche, j’en suis moins certaine :  le PC n’est pas aussi clair sur le sujet.. méfiance… ceci dit, j’apprécie MG Buffet, je ne la vise pas.

      On les voit se pavaner (pour certains et dans quelques localités) en oubliant que s’ils n’avaient pas, avec réticence, rejoint Mélenchon, ils se trouveraient avec leur candidat André Chassaigne au même point que LO ou NPA pour les intentions de vote, voire moins.

      Lleur parti était tout simplement moribond… les voilà maintenant tout fiers et redevenus (toujours pour certains et dans quelques localités) “donneurs de leçon” et imbuvables.

      Comme ils ont exigé, en gage de leur ralliement au front de gauche, d’être présents dans beaucoup de crisconscriptions pour les législatives, voter pour un de ces “matamores” ne va pas être évident, même si on veut soutenir Mélenchon dans son opposition au futur gouvernement via l’assemblée nationale.

  25. Excellent billet,SuperNo,jusqu’au dernier paragraphe.Car le problème est là : après nous avoir expliqué,et de façon très convaincante,que les règles étaient faussées dès le départ et que cette élection n’avait en fait aucune valeur,tu conclus en disant que tu voteras pour Mélenchon parce que ceci ou cela..Non,il ne faut voter pour personne,ni au premier ni au second tour.Cette élection est une farce,et il faut changer les règles.Voter pour Machin ou Truc c’est accepter les règles.La pince à linge sur le nez c’est de la guignolade,seul le résultat restera..Mélenchon est un démagogue(talentueux,certes!) qui ne veut pas gouverner avec Hollande mais qui a gouverné avec Jospin,n’a rien dit du record de privatisations et  n’a pas démissionné quand Jospin et Fabius ont bradé les services publics à Barcelone.Ah oui mais aujourd’hui il est applaudi par Jamel Debbouze et Marie-Georges Buffet.Sacrées références (Debbouze,qui affirme que l’islam est présent en France depuis plus de 2000 ans).Du coup l’appui du Marsupilami lui est sans doute acquis aussi,mais çà ne suffira sans doute pas.

    Autre chose que je ne supporte plus : parler du “nain” ou du “nabot” à propos de Sarkozy.Il y a suffisamment d’éléments dans son bilan ou son programme pour en faire de la charpie sans se référer à sa taille.Si Mélenchon mesurait 1 mètre 50 (çà lui est d’ailleurs arrivé) qu’est ce qu’on dirait? Enfin j’ai lu que Papounet voulait mettre Aubrac au Panthéon.Pourquoi faire? En laissant de côté les sympathies staliniennes notoires de ce”héros” (je ne remets pas en cause son courage pendant la guerre,mais Pasqua aussi,par exemple,a été un grand résistant)en quoi serait -il mieux au Panthéon que dans une urne sur la cheminée de sa fille? Ras le bol de vos grands hommes et de vos saints laïques

     

  26. L’actualité en poésie  par  feu Maurice Laisant ( 1909 - 1991 ),  qui fut militant de l ’ union pacifiste  et l ’ un des fondateurs de l ’ union des anarchistes en 1977  ainsi que l ’ un des principaux responsables de feu le journal ” Le libertaire “:

    Ballade électorale

    Accourez et votez gaiement
    Ô populace souveraine
    Pendant le temps d’ une quinzaine
    On vous doit des ménagements
    Si Marianne prend des amants
    Est - ce à moi de tenir le cierge ?
    Cocu sans mon consentement
    Ma carte d ’ électeur est vierge

    Non , je n ’ irai pas galamment
    Au chant perfide des sirènes
    De ma liberté ( cette aubaine ! )
    Accorder le désistement
    Voter ne dure qu ’ un moment …
    Faudrait - il dégainer flamberge
    Pour queq ’ éphémère serment ?
    Ma carte d ’ électeur est vierge

    Je sais très bien que , savamment
    On promet bienfaits à la chaîne
    Mais nous connaissons la rengaine
    On nous le promet seulement
    Au menu tout est agrément
    ( Nous savons ce que vaut l ’ auberge )
    La table aussitôt le dément
    Ma carte d ’ électeur est vierge

    Prince et consorts du Parlement
    Nul ne sait ce qui s ’ y gamberge :
    L ’ édile qui nous parle ment
    Ma carte d ’ électeur est vierge

    Le même en chanson par Serge Utgé:

    http://www.musicme.com/#/Serge-Utge-Royo/titres/Ballade-Electorale-t611140.html

  27. Salut Superno
    Merci et bravo pour cet article.
    Je suis content de voir que Marianne l’a finalement relayé (je m’étonnais que ce ne soit pas le cas plus tôt, vu le sujet et son actualité).

     

    Sarkozy, qui d’ordinaire parade devant une cour apeurée dans une émission sur mesure dans laquelle il peut à l’abri de toute surprise raconter ses bobards sur plusieurs chaînes pendant deux heures devant des millions de téléspectateurs, s’est ici trouvé coincé entre Cheminade et Arthaud. Quinze minutes, pas une de plus, lui qui a tant l’habitude d’obtenir tout le rab qu’il souhaite

     

    Effectivement, c’est très visible et ça fait plaisir, mais si au fond c’est assez pitoyable…
    Cela dit, ce matin j’avais laissé mon radio-réveil sur France-Inter et j’ai eu un réveil pénible. Certes, Sarko a été bien moins ménagé que d’habitude mais, sauf erreur de ma part, il a largement débordé de son temps de parole en ignorant les rappels à l’ordre de l’animateur, et il ne c’est pas fait couper le micro. Sont prudents ces journaleux…

  28. Bonsoir à tous.

    Suis-je le seul à penser que la “nomination” se joue en 2 rounds ?

    Au premier j’en vire un

    Au deuxième , je (tente) de placer un poulain, au lieu de conforter un bourricot dans sa majorité.

    Avec un patrimoine de 0.0001% du patrimoine national, je sais ne pas faire le poids, mais je tente. Je me plante peut-être, mais j’y crois (un peu).

  29. Le parti des abstentionnistes va encore gagné, ah ils sont forts ces gens là, qu’ ils sont courageux, qu’ils sont brillants dans leurs analyses, plutôt leur analyse.Tous pourris.Voilà en résumé ce qu’ils ont à dire et quand tout s’effondre autour d’eux ils vous jettent vous voyez j’avais raison.Pourquoi donc c’est sous hominidés pensent t’ils qu’aucun homme ne peut être sincère et vouloir le bien de l’humanité et bien je vais vous le dire, c’est parce qu’ils sont incapables de se projeter dans le bien, ils seraient pire que tout autre, il n’y a qu’un bon voleur pour savoir que laisser trainer ses affaires c’est très risqué, si un jour, on venait à élire par tirage au sort, ils diraient :”vous n’allez tout de même élire des imbéciles” sachant très bien que cela pourrait tomber sur eux.Il faut être philosophe dans la vie si les abstentionnistes ne votent pas, c’est une bonne chose, ils auraient de toute manière voté “con”.J’aurai pu les tartiner davantage mais j’ai mieux à faire.En tout cas c’est agréable de se soulager.

    • Plutôt que de s’en prendre aux abstentionnistes, il serait bien de s’interroger sur le pourquoi d’un tel dégoût des élections.

      Parce qu’il est vrai qu’il est paradoxal de critiquer les institutions et de continuer à y obéir peu ou prou en allant voter. Ce qui est (encore) mon cas.

      Je ne critique pas les abstentionnistes, j’ai plutôt tendance à les comprendre et pas très éloignée d’en faire partie… il me manque encore un peu de courage pour tourner le dos à tout ce cirque qui n’a de démocratique que le nom.

      • Les abstentionnistes qu’est ce qu’ils proposent, rien, être abstentionniste c’est un choix, enfin faudrait à mon avis ne pas s’en faire une gloire, ce serait déjà un bon début.y a un gars qui veut redonner le pouvoir au peuple mais les abstentionnistes qu’est ce qu’ils veulent? surtout ne pas donner leur voix à qui que ce soit car ils n’ont confiance en personne même pas en eux même.Je préfère encore un patriote frontiste au moins on sait à qui on a à faire, mais ces êtres du néant sans rien à exprimer sinon le vide interstellaire de leur boite crânienne qu’ils ne votent pas.Je leurs dis ne voter pas, c’est mieux comme çà.

        • Ce que je préfèrerais, moi, c’est que l’on fustige autant les non-manifestants et les non-grêvistes que les abstentionnistes.

          Ainsi donc, les abstentionnistes n’ont pas de courage et pas d’idées ? Ils ne font pas leur devoir de citoyens ?

          Et les non-manifestants ? Et les non-grêvistes ?

          Lors de la contestation de la régression des retraites, 70 % des Français étaient contre le projet du gouvernement.

          Résultat : au plus fort de la mobilisation, seulement 3 millions de personnes dans la rue.

          Si seulement la moitié de ces 70 % avaient participé aux manifestations, nous aurions été cinq fois plus nombreux…. et nous aurions gagné.

          Du courage pour aller voter ? Et celui de battre le pavé pendant des heures par tous les temps ? Et celui d’acepter de voir son salaire amputé de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines pour certains ?

          Le “devoir” du citoyen ne se résume donc qu’à aller mettre un bulletin dans l’urne ? Il n’est pas aussi de se battre pour une cause  quand elle en vaut la peine ?

          Pourtant, ils s’en prennent souvent plein la g-eule, les manifestants et les grêvistes “preneurs d’otages des usagers”.

           

      • @Miha:

        Parce que c’est soit le changement par les urnes, soit la révolution. L’abstention n’exprime rien ou plutôt tant de choses que chercher à analyser les raisons de l’abstention de chacun n’apporte rien. L’abstentionniste peut être le plus sombre des crétins comme ce peut être un grand intellectuel(cf: Michel Onfray)

        • Le vote n’exprime rien ou plutôt tant de choses que chercher à analyser les raisons du vote de chacun n’apporte rien. Le votant peut être le plus sombre des crétins comme ce peut être un grand intellectuel.

          • C’est faux et absurde, car entre plusieurs candidats il y a plusieurs formes de pensée et celui qui votera Arthaud ne pense pas comme celui qui votera  Sarkozy.

            Celui qui a eu le plus de votes gagnent l’élection et il est logique d’en déduire que entre tous les votants qui l’ont soutenu les opinions sont proches.

            L’abstentionniste n’existe pas. Son nom est sur la liste électorale et si sa signature ne figure pas sur le registre au soir du vote la seule conclusion que l’on puisse en tirer est qu’il n’est pas venu voter. On peut même imaginer qu’il est mort et que le registre n’est pas à jour: c’est ce qui se passera pour tous les gens qui décèdent la veille ou juste avant d’aller voter et qui peut être seraient aller voter si la mort ne les avait cueillis pendant leur sommeil, ou s’ils n’avaient pas eu d’accident le samedi soir en revenant bourrés d’une boite de nuit.

          • Le votant serait donc un être pensant selon vous ? lorsque j’écoute ou lis les propos de certains d’entre eux il m’arrive d’en douter.

            “L’abstentionniste n’existe pas ”

            Allons donc ! s’il tel était le cas les petits marquis de la médiacratie et les candidats au poste de mamamouchi élyséen cesseraient de les courtiser et/ou de les stigmatiser depuis longtemps. Quant au votants qui, ici et ailleurs, sont si épouvantés que des citoyens de plus en plus nombreux n’aient aucune envie de se prêter à la mascarade électorale, ils ne perdraient pas autant de temps à essayer de les convaincre de voter pour leur idole.

             

  30. Bonjour,

    dans la catégorie des êtres méprisants envers les petits, il y a les journalistes étrangers invités hier chez Calvi pour commenter les présidentielles “notre élection…vue de l’étranger”

    http://www.france5.fr/c-dans-l-air/videos

    Poutou devient un “hurluberlu” (un mot comme ça), et comme d’hab, seul Sarkozy reçoit des louanges, et on a peur de Hollande, parce que l’Europe va perdre un an à reconstituer un couple avec Angela et encore 2 ans à faire une politique commune, que de temps perdu. En plus Cameron ne connaît pas Hollande

    ce sont des journalistes de droite, un peu économiste, encore à la botte de…..(sophie pedder de the economist, alberto uno italien,peter heusch, journaliste allemand, sylvia dezazard de montgaillart espagnole)

    Mais de quel droit ce mépris, c’était particulièrement odieux, peronne n’a été épargné, et surtout pas les gens qui proposent le changement. Bravo à leur courage d’oser passer à la moulinette tous les jours.
    Et comme d’hab personne ne parle de l’Islande et de la possibilité de ne pas payer les intérêts de la dette et de vivre tout simplement comme on le pense, sans tous ces magouilleurs.

    Un brin de fraîcheur, le texte des Pinçon-Charlot dans le hors série du Sarkophage qui parle de l’élection du président des pauvres, et en fin de journal le texte de Jacques Testard sur le futur

    • C’st vrai. Un scandale, cette émission. On laisse des journalistes étrangers entièrement engagés dans l’économie libérale comme un Yves Thréard ou Rioufol ou Lenglet chez nous juger les programmes des candidats. Bé, comment qu’on n’a pas compris que pour s’en sortir faudrait renoncer aux conquêtes sociales du passé et revenir au 19ème siècle, à l’époque de Guisot ou suivre les préceptes de Maggie Thatcher?

    • Un abstentionniste prof de Français. La cerise sur le gâteau.Il manque une virgule et ils sont perdus, les abstentionnistes.

      j’ai passé la journée avec mon meilleur ami, abstentionniste de son état et depuis toujours s’il vous plait.Vous comprendrez donc bien qu’il me faut un exutoire pour conserver le peu d’amis qu’il me reste.

      J’essaie la technique de l’électro-choc derrière mon mépris apparent.Mais j’ai déjà du mal à convaincre un proche alors des inconnus…je reconnais que çà n’a pas de sens.

      allez bonne soirée à tous et aux urnes citoyens, lol.

  31. Bonsoir;

    J’ai regardé cette emission  sur France 5 avec ces jounalistes néolibéraux, à les écouter tous les Français qui ne pensent pas droite capitaliste, sont idiots. Le terme employé pour Poutou était “illuminé”.

    Révons un peu, si Mélenchon au second tour  deux cas de figures :

    Mélenchon /Sarko      A-t-il une chance? Beaucoup de socialos sont capables de voter Sarko.

    Mélenchon/ Hollande    peu de chance que Mélenchon passe.

    Ne vaudrait-il pas mieux qu’il ne passe pas au second tour, avec un bon score il a plus de chance de faire passer ces idées en mettant la pression sur les socialos.

    J’ai du mal à imaginer que plus de 50% des Français soient prêt à voter Mélenchon.

     

    • Beaucoup de gens vont voter Hollande au premier tour parce qu’ils sont persuades qu’il faut voter “utile”.

      Un 2eme tour Mélenchon /Sarko avec Sarko qui passe, ce serait tout simplement la preuve indiscutable de ce que vaut le P.S.

      Mélenchon/ Hollande : Hollande recueille les voix de Sarko mais perd un max de voix de vote utile. Pas sur que Hollande passe.

       

      • Désolé, mais si, bien sur que hollande passe devant mélenchon, c’est même pas discutable. L’électorat du PS ne se déplacera pas massivement sur le FDG, et tous les centristes et umpistes voteront hollande en masse, comme tous les mecs de gauche ont voté chirac il n’y a pas si longtemps. “Il manguerait plus que les communistes arrivent au pouvoir en France”. Ben oui, pour ces gens là, je le rappelle, mélenchon est un rouge qui entrera chez eux le couteau entre les dents pour égorger leurs enfats et leur piquer leur tirelire. (C’est quand même très con un umpiste, non ?)

        • Pas sûr…

          La plupart des gens ne “sont” ni UMP ni PS… et la plupart des gens en ont ras le bol. Personne ne note que la somme du vote “contestataire” (FDG + FN + NPA + LO) risque de dépasser les 40 %? Ça fait du monde qui ne voterait pas Hollande en cas d’un 2nd tour Hollande/Mélenchon (hypothétique mais dans le domaine du possible). On ajoute à ça les les ex-adeptes du votutile et que beaucoup d’électeurs de droite s’abstiendront… Rien n’ est vraiment joué dans ce cas de figure. C’est à voir.

          J’ai un ami au FDG qui y croit dure comme fer. Il m’a affirmé que Mélenchon était très fortement sous-évalué dans les sondages car il recueille énormément de voix chez les classes moyennes… ce que prouve ce blogue et beaucoup de forums sur la toile, essentiellement fréquentés par les classes moyennes. Les sondeurs prendraient ce phénomène comme une aberration statistique et le redresserait fortement à la baisse (de toutes façons ces sondages par CSP sont une aberration statistique en eux mêmes…). On verra bientôt. Je ne suis pas entièrement convaincu, pas aussi optimiste, même si je voterai Mélenchon sans états d’âme.

          • J’espere seulement que ce ne sera pas la douche froide. Si on s’en tient aux nombre de gens réunis en meeting, Melenchon est largement en tête (http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-bonnet/160412/sarkozy-la-concorde-ya-quelquun) mais faudrait pas crier victoire trop vite… Les silencieux, contestataires muets dont les doigts se délient devant l’urne ont un penchant naturel pour Marine, pas pour ses idées mais parce qu’elle représente quelqu’un de marginalisé, tout comme eux.

            ps : Encore ce matin sur F.I, La tête à Clarke m’a foutu en pétard en pensant être aussi spirituelle qu’insolente face à le Pen. Elle a juste été particulièrement conne.

          • Pour mettre les points sur les I concernant les sondages. 2tant moi-même très souvent amené à faire des statistiques, je m’étonne à chaque fois que je lis un sondage de ne pas y trouver présents les éléments nécessaires, indispensable à toute étude statistique, et qui rendent la dite étude totalement vide de sens.

            Mélenchon est sous estimé / sur estimé dans les sondages ? Personne n’en sait rien, et pas plus les sondeurs que les autres, pour une raison très simple. Lorsque vous faites un sondage, les résultats que vous obtenez possèdent une caractéristique de précision. Un résultat statistique ne peut, en aucun cas, être contenu en un seul chifre, mais il en faut au miniumum 2 pour que le résultat ait un sens. La valeur du résultat… et son incertitude.

            Dans le cas des sondages, les incertitudeds associées valeurs des résultats sont tellement gigantesques que les résultats perdent toute forme d’intérêt. Qui peut me dire, quel est l’information contenue dans la phrase “les intentions de vote des français pour le candidat Mélenchon, d’après le sondage machintruc, sont de 14, 8% +/- 11, 3 %”.

            Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, ca signifie que Mélenchon aurait, dans 95, 97 ou 97% (dépend de la méthode de calcul de l’incertitude) des scénarios possibles, entre 3,5 et 26,1 % des voix au premier tour.

            Ca, c’est de l’info absolument fondamentale, qui nécessite sans aucun doute de passer 1000 coups de téléphone à un “panel représentatif de la population” ! Perso, je peux aussi vous donner les résultats du premier tour, à cette précision là. Je dois pouvoir les repérer dans ma boule de cristal sans trop de risque de me planter.

            Jamais aucun journal n’oserait présenter ce genre d’info. Et pourtant, c’est ça, que devrait présenter un sondage réellement crédible.

      • “Un 2eme tour Mélenchon /Sarko avec Sarko qui passe, ce serait tout simplement la preuve indiscutable de ce que vaut le P.S.”

        Mais non…Ceux qui voteront Hollande ne sont pas tous des militants PS. S’il y avait plus de 50% des Français encartés au PS nous n’aurions même pas un second tour Mélenchon/Sarko.

    • Un deuxième tour Hollande/Mélenchon, même si, en effet, Mélenchon ne serait certainnement pas élu, aurait au moins deux avantages :

      - Sarko viré dès le premier tour (YEEEHHHH !!!!)

      - Hollande obligé d’infléchir sa politique plus à gauche qu’à droite.

      Mais… contentons-nous déjà d’un Mélenchon devant le FHaine.. si vote utile il y a, c’est celui-là : voter Mélenchon pour rabaisser le caquet à Marine.

  32. “Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès…” Dernier discours d’Ambroise Croizat à la tribune de l’Assemblée Nationale, en octobre 1950.

     

     

    pffff… font chier ces cocos! (-;

  33. Un commentaire de l’omniprésent BA piqué sur un blog :

     

    Nicolas Doisy explique comment François Hollande va libéraliser le marché du travail en France.

    Nicolas Doisy explique comment François Hollande va supprimer le CDI (Contrat à Durée Indéterminée).

    Lisez cet entretien, et regardez cette vidéo scandaleuse :

    - François Ruffin : Si je fais un récapitulatif, je me suis amusé à faire des cas à partir de votre document :
    Cas n°1 : François Hollande est conciliant, il revient de lui même sur ses maigres promesses de campagne, il libère le marché du travail et en finit avec le CDI comme norme de travail.
    Cas n°2 : il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière il libéralise le marché du travail.
    Cas n°3 : il refuse de se plier à ce programme de libéralisation, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l’ordre.

    - Nicolas Doisy : Oui.

    - François Ruffin : Donc là, jusque-là dans les trois cas, quand vous dites, « soit les électeurs, soit les marchés seront déçus », dans les trois cas c’est toujours les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagnent ?

    - Nicolas Doisy : Oui oui. Eh bien regardez la Grèce, regardez l’Espagne, regardez l’Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010. On a bien vu que de toute façon, à la fin, c’est le marché qui l’emporte. Je ne vais pas encore dire que le marché a nécessairement raison au sens moral du terme, en tout cas il aura raison factuellement puisqu’il s’imposera, c’est clair. Donc, c’est de ce point de vue-là que je le dis, oui en effet. Vous avez raison, les électeurs risquent d’être plus perdants que les marchés.

    - F.R. : Je propose un quatrième cas, l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

    - N.D. : La prise de la Bastille numéro 2 ?!

    - F.R. : Hier, à Paris, y avait, bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100 000, 120 000 manifestants à l’appel du Front de gauche. Si, comme en 1936, on avait une élection qui était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves…

    - N.D. : Qu’est-ce qui se passerait en Europe ? Ben là je crois que c’est le gros coup d’angoisse, parce que si, quand les grecs manifestent, on a déjà une Europe qui se sent sur le point d’exploser, je vous laisse imaginer pour la France. C’est bien pour ça que je passe mon temps à répéter dans cette note que j’espère bien que François Hollande, se souvenant de ses années de formation en 81-83 auprès de François Mitterrand, évitera précisément de laisser se développer ce genre de scénario à nouveau, ou en d’autres termes trouvera la formule politique qui lui permet de vendre les réformes à la population française d’une façon qui soit acceptable…

    http://vimeo.com/40577072

    La vidéo dure 10 minutes.

    —-

    Nicolas Doisy, chief economist à Chevreux (Crédit Agricole), nous fait part du plan de bataille des financiers en cas de victoire de François Hollande aux présidentielles… Et de l’angoisse en cas de montée excessive du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-n/190412/le-plan-de-bataille-des-financiers

     

    • «Les gens de marché s’expriment de façon très directe. » Dans sa note (largement traduite ici), le « chief economist de Cheuvreux » conseille en effet à François Hollande de « tromper le peuple » pour mettre fin au « fameux CDI ». « On ne s’embarrasse pas de finasseries », poursuit-il dans un entretien diffusé dans l’émission Là-bas si j’y suis.

  34. http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/jacques-chirac-pour-un-duel-114941

     

    Quand même, quel gâchis.

    Si le NPA et les vrais Verts d’EELV avaient participé à la construction du Front de Gauche, on aurait 1% + 2% + 15 à 17% = 18 à 20% pour le FdG. Sans parler de la dynamique encore plus importante qui se serait déclenchée. Pour remplacer l’UMPS et les remplacer par une gauche de combat, la solution passe par l’unité. Ce que disait déjà l’auteur du billet dans un autre consacré à Stéphane Lhomme : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/stephane-lhomme-appelle-a-un-front-114658

    • Le web, quand il est bien utilisé, apporte une sacrée réactivité quand même. En à peine 5 heures, on a été 3 clampins à diffuser la même info, mais lue sur des sites différents.

      Manque plus que ça passe à la télé… :-)

Laisser un commentaire