Votez escargot ! (La décroissance politique, partie 2)

 

[Si ce n'est déjà fait, c'est mieux de lire la partie 1 avant]

En marge du "Contre Grenelle 3" qui s'est tenu à Vaulx-en Velin le 2 avril dernier, (au passage, toutes les vidéos des interventions sont désormais en ligne) j'ai pu rencontrer quelques-uns des responsables des diverses organisations nationales d'OC qui profitaient de l'occasion pour se réunir et avancer dans leurs projets communs.  La réunion a eu lieu le dimanche 3 avril dans une petite salle des pentes de la Croix-Rousse, à Lyon, (où j'ai par ailleurs habité pendant 10 ans).

 

Je n'ai pas pris de photos pour ne pas déranger, mais au risque de me répéter ces gens sont "normaux". Plutôt jeunes, à dominante masculine. Pas un qui semblait courir tout nu dans les bois (C'est Paul Ariès qui dit qu'à chaque fois qu'un média les appelle pour interviewer un "décroissant", ils cherchent des gens qui courent tout nus dans les bois…), vivre dans une yourte, ou éclairer sa caverne avec une bougie.

Certains d'entre eux avaient même (horreur !) un téléphone portable, et pire, un autre prenait des notes sur un portable à pomme. (La faute de goût intégrale… Tout programme décroissant devrait comporter un chapitre sur les logiciels libres !)

Contrairement à la plupart des partis politiques, qui ont un passé que je ne me hasarderai certes pas à qualifier de glorieux, mais au moins assez long, les groupes qui se réclament de l'objection de croissance sont très récents et donc fatalement inconnus du grand public.

Autre écueil, il serait trop simple de croire qu'il suffit de se reconnaître dans les idées de l'objection de croissance pour trouver immédiatement sa place dans un hypothétique Parti Unique pour l'Objection de Croissance. Pour des raisons historiques, des groupes se sont fondés ici ou là. Les objecteurs de croissance ne sont pas monolithiques, et c'est rien de le dire… Essayons néanmoins de retracer l'histoire politique du mouvement.

La création de "casseurs de pub" date de 1999. Ce sont des Lyonnais, les mêmes qui monteront 5 ans plus tard le journal "La Décroissance", et notamment Vincent Cheynet, ancien publicitaire repenti et son acolyte Bruno Clémentin…

En 2002, Pierre Rabhi, déjà croisé ici, tente sa chance aux présidentielles, mais n'obtiendra que 184 des 500 signatures nécessaires.

A l'été 2005, une "marche pour la décroissance" est organisée pour protester contre le spectacle anachronique et indécent de la Formule 1 à Magny-Cours. Parmi les participants connus, José Bové, Jacques Testard, Serge Latouche, et les inévitables Paul Ariès et Vincent Cheynet.

Dans la foulée, les mêmes Paul Ariès et Vincent Cheynet (avec notamment le militant écolo Christian Sunt, qui était présent (et ô combien !) à la réunion du 3 avril à Lyon), organisent les premiers "Etats Généraux de la Décroissance". Au programme, des interventions dont on extraira les noms de Patrick Braouzec, du journaliste Pierre Rimbert et de l'excellent Raoul-Marc Jennar.
Mais le sujet (la participation à la présidentielle de 2007) a été contesté, et aucun consensus ne s'est dégagé. Finalement, le seul candidat proche des idées de la décroissance fut José Bové, opération bricolée qui déboucha sur l'échec retentissant que l'on sait (malgré ma voix !).

La conséquence a été la création de plusieurs structures politiques qui vont rendre l'escargot difficile à suivre.

Je vais essayer de démêler ce bazar, c'est assez aride, prenez des notes, je ne répèterai pas.

Le PPLD (Parti Pour La Décroissance) .
Créé en 2006 à Lyon par l'équipe du journal "La Décroissance". Il comptera jusqu'à 200 adhérents. Mais il implosera rapidement, de nombreux adhérents déplorant une concentration oligarchique des pouvoirs et une absence de démocratie.
En 2008, le PPLD renaîtra avec une toute nouvelle direction plus jeune, sans grande expérience politique, mais avec un enthousiasme et des idées. Parmi eux, Vincent Liégey, Rémy Cardinale, et le havrais Stéphane Madelaine, (que je tiens à remercier personnellement pour sa patience à répondre à mes questions à la con et à toute la doc qu'il a mise à ma disposition : ce billet lui doit beaucoup !)
Détail amusant : nombre d'entre eux connaissent mon blog, ce qui n'est pas forcément le cas dans les autres organisations.

Le MOC (Mouvement d'Objecteurs de Croissance) 
Ses membres sont notamment des anciens (et forcément déçus, on les comprend) des Verts ou des supporters de José Bové en 2007. Certains ont des tendances libertaires. Eux maîtrisent déjà mieux le système politique français. Parmi eux Christian Sunt déjà évoqué, Michel Lepesant, Jean-Luc Pasquinet, Thierry Brulavoine (qui a la particularité d'être conseiller municipal à Saint-Nazaire http://www.saintnazaire-infos.fr/conseil-municipal-derniere-seance-pour-thierry-brulavoine-23-43-368.html ) et tenait une chronique à ce sujet dans "La Décroissance".
Si j'ai bien tout compris, électoralement parlant le MOC rechercherait plutôt des convergences et des alliances avec un parti plus puissant et déjà installé, comme le NPA (qui compte effectivement des objecteurs de croissance en son sein, même s'il n'est pas officiellement "décroissant".)

Le POC (Parti des Objecteurs de Croissance)
C'est le nouveau parti politique fondé par les anciens du PPLD où l'on retrouve encore et toujours Vincent Cheynet. Ses racines sont donc lyonnaises, comme le journal. Sa porte-parole s'appelle Marion Desbareau, et Clément Wittmann, dont il sera question plus loin, en est membre. A lire son projet, je ne vois guère de sujet de désaccord !
Il faut néanmoins savoir (et regretter) qu'il semble exister une incompatibilité totale entre le POC et le MOC…

 

Pour les Européennes de 2009, un appel dit "Europe Décroissance" avait été lancé en décembre 2008 par le PPLD et le POC. Objectif : "faire levier pour la Décroissance, relancer le PPLD, retravailler avec voire reprendre en main le PPLD, avoir du poids pour négocier avec les partis classiques (Parti de Gauche, NPA).". Dès que le MOC s'en est mêlé, Vincent Cheynet s'est désolidarisé…. 1700 signatures quand même…
La campagne a donc continué avec le MOC et le PPLD, et même un programme.
Scores confidentiels, mais une bonne occasion de diffuser ses idées.

L'ADOC est une association issue d'une tentative de réunir l'ensemble des objecteurs de croissance. Elle a été doublée d'une association de financement (AFADOC) indispensable dans tout processus électoral. Son existence a été pour le moins cahotique, avec des accusations contre le MOC de changement sauvage de statuts,  de détournement de mailings-lists, d'utilisation occulte des fonds de l'AFADOC, et d'alliance avec le NPA sans discussion avec les autres composantes… l'adOC semble matérialiser toutes les difficultés de communication entre les différents groupes d'OC. Le résultat aujourd'hui est que les trois groupes principaux sont à nouveau désunis.

Et ce n'est pas tout, car il y a aussi, en marge de ces groupes nationaux, des mouvements régionaux qui ont pu se développer et acquérir localement une certaine audience.

C'est dans ce contexte que s'est tenue la réunion du 3 avril à Lyon, dont le seul but était de définir une stratégie pour 2012, puisque, cela ne vous aura pas échappé, vont s'y tenir les deux plus importantes élections politiques françaises : la présidentielle et les législatives.

La relation des OC aux élections est extrêmement compliquée. Tiens, prenez un extrait du rapport final de leur rencontre de Beaugency en septembre 2009 :
"Nous ne voulons pas « prendre le pouvoir » mais agir contre les dominations en affaiblissant les pouvoirs ; et créer sans attendre les conditions de la maîtrise du sens de nos vies".

La version du PPLD (c'est plus clair)
"Repolitisons la société et resocialisons la politique ;
Participons aux élections sans être électoraliste ;
Soyons sérieux sans nous prendre au sérieux ;
Amusons-nous sans être des amuseurs !"

Certains OC ne veulent pas "faire de politique", car ils constatent comme tout le monde (et plus que tout le monde) que la politique telle qu'elle est pratiquée n'a strictement rien à voir avec la société à laquelle ils aspirent. Dans ces conditions, à quoi bon présenter des candidats à des élections ? A  ceux-là, on pourra objecter qu'il n'est pas interdit de "faire de la politique autrement", et que vu le discrédit total de la politique française, c'est un discours qui peut être entendu (même d'il a déjà été utilisé par des usurpateurs du genre Bayrou…).

Pour les législatives, le principal problème est le financement. Une campagne coûte cher, pour s'en faire rembourser un bout il faut faire (de mémoire) 1% dans plus de 80 circonscriptions situées dans 50 départements différents. Et ce n'est évidemmment pas gagné.

Certains ont proposé de limiter les frais et de faire une campagne "décroissante", sans affiches, sans tracts, sans professions de foi, sans bulletin de vote… Evidemment, ça coûte moins cher, mais à mon (bien humble) avis, c'est assez vain. La plupart des gens que je connais n'imprimeront pas de bulletin de vote, et une fois dans le bureau, choisiront évidemment parmi les seuls bulletins présents. En procédant ainsi, seuls les militants et leur famille apporteront leur suffrage, et le score sera invariablement tellement proche de 0 que cela ne vaut même pas la peine d'en parler, et que ça ne justifie certainement pas le temps et l'énergie à y consacrer.

Une élection est une sorte de compétition, dans laquelle un escargot se trouve fatalement défavorisé par rapport aux autres animaux, chiens galeux, hyènes puantes, et gros porcs que l'on y croise fréquemment. Mais la moindre des choses si on décide de s'aligner, c'est de jouer sa chance, et que l'escargot mette au moins son short et ses baskets (sans marque)…

Julien Da Rocha, candidat aux cantonales dans le Jura, a par exemple réalisé le score de 4.36%, et considère qu'avec davantage de moyens, il aurait aisément franchi les 5%. Cela prouve bien que le message de la décroissance commence à être, sinon admis, du moins audible de certains, et qu'en mobilisant quelques moyens, il serait possible d'obtenir une audience très supérieure.

Pour la présidentielle, c'est encore plus compliqué. Le premier problème est la divergence d'opinions à ce sujet chez les OC. Certains refusent par principe le cirque que constituent par définition ces élections. Sans mettre de côté que cela coûte une fortune, que cela nécessite une organisation huilée et beaucoup de travail. C'est clairement le rôle de "professionnels de la politique", et non pas d'amateurs fauchés, même motivés.

D'autres refusent de mettre en avant l'un d'entre eux en particulier, et préfèreraient parler de leurs idées. C'est ainsi qu'est né le projet "Escargot Président". Il s'agissait de présenter un escargot symbolique à la Présidence de la République, avec plusieurs porte-parole humains … Seulement voilà, c'est bien gentil tout ça, mais les maires ou élus chargés de donner leurs signatures, ou pire encore, le Conseil Constitutionnel chargé de valider les candidatures, risquent de manquer d'humour et de ne pas saisir toute la subtilité du propos.

Certains OC souhaiteraient donc présenter un candidat, un vrai, en chair et en os. Là encore, plusieurs visions s'opposent.

Au départ, nombreux sont ceux qui souhaitaient mettre en avant la candidature de Paul Ariès, qui est le seul représentant des OC à avoir une audience nationale, et une (toute petite) notoriété. Paul Ariès est un très bon orateur, et il passe de temps à autre à la télé ou à la radio. Bon, à des heures décalées ou dans des petites émissions, le 20h de TF1, c'est pas pour tout de suite, car il vaut mieux être un politicard croissanciste, cynique et souvent insignifiant pour avoir la chance d'aller y exposer son absence d'idées. Ceux qui ne connaîtraient pas Paul Ariès peuvent voir cette émission d'arrêt sur images, où il a pu s'exprimer sans se faire couper toutes les 3 secondes par un aboyeur surmédiatisé et surpayé.

Mais Paul Ariès hésite, se fait un peu prier. Son maître mot est la "convergence", il aimerait rassembler tous les antiproductivistes de gauche (que ce soit au NPA, au Parti de Gauche ou même chez les Verts). Et il a son caractère ! Ce n'est d'ailleurs pas un défaut, pour être politicien, et a fortiori candidat à la présidentielle, il vaut mieux avoir un caractère bien trempé. Aux européennes de 2009, Paul Ariès avait souhaité obtenir une tête de liste pour le compte du NPA. Il n'avait pas réussi à faire l'unanimité, et avait donc renoncé. D'autre part, certains lui reprochent de s'exprimer de manière assez complexe, manipulant avec aisance des concepts totalement étrangers du grand public, qui risquerait du coup d'être un peu effrayé.

Une autre hypothèse est apparue le 2 avril à Lyon. Un objecteur de croissance, Clément Wittmann, membre du POC (vous suivez ?), a proposé sa candidature. Clément Wittmann a une cinquantaine d'années, d'un abord très sympathique, il ne ressemble en rien à un politicien. C'est un militant chevronné, écolo, altermondialiste. Il s'était au départ rangé derrière Paul Ariès, mais voyant que celui-ci ne se décidait pas, et considérant que les multiples réunions d'OC se perdaient en palabres et n'aboutissaient généralement à rien d'autre que de fixer une nouvelle réunion, et voyant pas ailleurs le chronomètre tourner, il a décidé de se lancer dans un tour de France à vélo, non pas pour escalader 6 cols dans une journée soutenu par diverses injections de substances prohibées en intraveineuse, mais bien pour visiter des maires afin de leur parler de l'objection de croissance, et de tenter (bon courage !) de récolter les 500 fameuses signatures. Démarrage prévu le 13 mai à Milly-Lamartine en Saône et Loire, dont le maire semble acquis à sa cause. 

Précisons, mais vous l'aviez sans doute deviné, que cette candidature ne fait pas l'unanimité,  Paul Ariès et le MOC y sont opposés. 

Clément Wittmann est présent sur la toile par l'intermédiaire de vidéos humoristiques  qui n'ont pour but que de démontrer l'ineptie de la politique croissanciste. Et il a eu les "honneurs" d'une page entière dans le journal "La Décroissance", qui le soutient et qui, quoi qu'on puisse en penser, reste la vitrine la plus visible du mouvement, puisqu'on peut le trouver en bonne position chez la plupart des bons marchands de journaux.

Cette mésentente endémique n'augure pas vraiment bien de l'avenir. Il faut certes que jeunesse se passe, mais la seule issue possible pour mettre en place les idées de la décroissance et les faire progresser dans l'opinion pour avoir une chance de les faire triompher un jour, et le plus tôt sera le mieux car après il sera trop tard, c'est bien l'unité au-delà de quelques points de désaccord et d'orgueil plus ou moins bien placé qui me paraissent assez mineurs face à l'enjeu.

Rappelez-vous Balladur entre les deux tours de la présidentielle de 1995. Battu, humilié, après avoir été traîné dans la boue par Chirac et sa clique, il a su mettre de côté son amour propre, s'est écrasé comme une merde, et a lancé son fameux cri ("je vous demande de vous arrêter !") pour appeler à voter Chirac qui a donc remporté sans coup férir l'élection et a pu imposer les idées de droite qui leur étaient communes. Car au-delà des querelles de personne et de la haine qui les habitaient, ils avaient des idées très proches.

Je ne suis pas en train de citer Balladur en exemple ! Balladur, c'est l'anti-décroissant, un grand bourgeois méprisant qui a l'un des pires bilans de la Ve République… C'est notamment lui qui entre 1986 et 1988 s'est appliqué à défaire les quelques mesures positives de l'après mai 1981, tout en refourguant à ses copains banksters les entreprises nationalisées en 1981, copains qui se sont goinfrés jusqu'à l'overdose.

Il ne s'agit surtout pas de se transformer en Balladur (!), mais d'avoir un minimum de réalisme. Ce qui divise les OC est évidemment bien plus mince que ce qui les rassemble. C'est un mal classique dès qu'on parle de la "Gauche de la Gauche", puisqu'il y avait 6 listes (sans compter Les Verts) qui pouvaient y être situées, avec le résultat que l'on sait : le moins mauvais, Besancenot, avait fait 4% alors que rassemblés il auraient fait plus de 10%. Un naufrage.

Ce week-end, une nouvelle rencontre avait lieu à Paris, en présence de Paul Ariès cette fois. En sortira-t-il quelque chose de positif ?

La réponse (enfin peut-être) et surtout un éclairage du projet des OC dans le troisième tome de ce billet, qui paraîtra… quand il sera prêt.

 

40 thoughts on “Votez escargot ! (La décroissance politique, partie 2)

  1. W00t, en voilà un historique kilébien !
    Manque peut-être quelques références comme les "sources politiques" du mouvement (Serge Latouche et son empreinte écologique, Ivan Illitch et son histoire d'automobile qui a ralenti la société, les socialistes utopistes et leurs communautés pré-hippies, …), ainsi qu'un mini-résumé de ce qu'il peut se faire dans le genre à l'international ("Escargots de tous pays, unissez-vous !"). Oui, je sais, j'en demande beaucoup :D
    Vivement le projet de société !
     

  2. Au final, ce qui a des chances de se passer c'est que les idées de la décroissance fassent peu à peu leur chemin dans les partis politiques "classiques" et non pas à travers le canal historique des OC.

  3. Cela me fait bondir de voir que la logique de parti est déjà présente dans des formations aussi récentes…
    Et dire que je croyais que les décroissants étaient des visionnaires!!!
    Si tel était vraiment le cas, ils dépasseraient leurs "petites" divergences pour s'unir, l'urgence de la situation le nécessite.
    Ces querelles de clochers n'ont rien à faire dans un mouvement décroissant qui pronne la coopération plutôt que la concurence…

  4. Obtenir 500 voix , je doute …Comme tu le dis "mon" Pierre Rabhi préféré  a tenté le coup avec le succès que tu évoques.
    Si nous voulions une élection digne de ce nom , il faudrait imposer la lecture des programmes de chaque candidat . Ce qui n'est pas le cas : donc nous pouvons être sûr(e)s  que  le  PS ( que les merdias mettent à gauche ) ou UMP va sortir ; le FN est là juste pour permettre à l'un des 2 de gagner ( c'est au tour du PS ce coup-ci).
    Et que ce soit l'un ou l' autre  , le clown  le président fera ce qu'on lui dit de faire …"continuer les  réformes "  imposées par la commission et  les banksters les directives européennes  et il sera très bien rémunéré récompensé pour çà .
    Nous sommes sous tutelle européenne ( voir le Pacte pour l'euro …+ traité de Lisbonne ) et çà veut dire "croissance coûte que coûte " et droit dans le mur tous ensemble tous ensemble ouais ouais !.. . 
    Avoir 1 ou 5 % , je me demande à quoi çà sert  . Quel impact  sur les "réformes " , qui passent comme lettres à la poste  ?
    Je ne crois pas aux élections pour un changement … çà va "saigner " avant .
     

  5. Merci pour cet historique, intéressant pour ceux qui suivent ça de loin comme moi.
    L'escargot avance certes lentement, mais il peut aller très loin.
    Ah oui, Paul Ariès, je me souvient, c'était qui avait mis la paté à Madelin lors de l'émission « Ce soir ou jamais » du premier avril 2010. :)
    D'ailleur, chez nos amis libertarés on refuse le fait que le peak-oil et la fin de la croissance soit une réalité (tout en se roulant en boule et en hurlant « COMMUNIIIIIIISTES !!!!!! »), décidément, ces gens vivent dans une autre dimension ou souffre d'une patologie, c'est pas possible autrement. (cf le blog de hr16 pour s'en convaincre)

    • Tu serais gentils de ne pas mettre tous les libertaire dans le même panier…
      C'est exactement ce que je disais au-dessus, il n'y a aucun espoir pour la décroissance et ses idées nouvelles s'il n'y a pas à l'intérieur même du mouvement du respect pour l'autre et l'acceptation d'opinions différentes des siennes…
      Oui, il y a des gars sectaires qui croient détenir LA vérité chez les libertaires, mais il y en a aussi ailleurs, la preuve…

  6.  
    Bon, on y voit plus clair et ce n’est pas très engageant, un parfum de trotskiste me revient aux naseaux, je les ai  croisés plusieurs fois et je me suis même fédéré occasionnellement avec ceux de Brest (OCI)  pendant mon service, alors que je montais un des premiers syndicats de soldats . Les partis trotsks’ étaient à l’époque une très bonne formation, les meilleurs y militaient et même si on n’était pas avec eux ils nous apprenaient beaucoup de choses. Ils se sont bien sûr retrouvés  très vite au PSU, puis au PS , mais à droite aussi et même au MEDEF (Kessler du « Siécle) par ex; sans compter sur leur réussite profesionnelle.  Ils passaient les trois quart de leurs temps à se bouffer la gueule entres groupuscules, bourrés de rituels et d’occultisme à la manque, et là !  Je tombe sur un fourniment de bureaucrates qui essayent d’organiser UNE ORGA ! et en plus certains voudraient participer au jeu du spectacle politique totalement formaté ! Ah, je me marre et les bons bougres sans doutes avec moi.
     
    On avait commencé sur du concret et on tombe dans la misère militante, j’ai eu du pif en te disant superno qui tu t’éloignais de toi-même et de la réalité, toute cette escroquerie organisationnelle politicienne ne peut, à cours terme, que se terminer en Parti Décroissant. Quelle belle carrière pour les apprentis bureaucrates !
     
    On s’en fout de vos débats, de vos querelles persos, il faut s’unir sur du concret et commencer par sa propre pratique quotidienne, puis s’attaquer à un problème précis, sans,  idéologie intempestive qui s’épare et éloigne tout le monde : La pub, le nucléaire, les autoroutes, et surtout la fin prochaine des huitres…
     
    Qu’ Ariés apparaisse dans les médiats n’est pas dû seulement à son talent, c’est qu’il a des petits camarades dans le microcosme qui aiment bien ce genre de client, au moins lui ne débordera pas et une certaine complicité pourra s’établir, il faut pour le système institutionnaliser les oppositions s’en saisir et leur enlever tout leur suc, regardez les Ecolos professionnels qui en sont à soutenir Hulot !
     
    Enfin, tout ça était parti assez sainement, mais la magouille n’est pas loin…
     
     
     

    • "..ceux de Brest (OCI)  pendant mon service, alors que je montais un des premiers syndicats de soldats".
      Comme il me semble que nous sommes de la même promo et qu'un soldat à Brest est en général un marin, peut être que nous nous sommes croisés à l'arsenal ou sur un rafiot. En tout cas dès 1971 je me promenais, au grand dam du pacha, avec le logo anti-nucléaire dessiné sur la vareuse ce qui m'a valu quelques réprimandes des fusco.

  7.  "Comme tu le dis "mon" Pierre Rabhi préféré a tenté le coup avec le succès que tu évoques."
    C'était il y a longtemps, j'étais plus jeune et je n'ai su que récemment que Pierre Rabhi avait cherché des signatures, Il n'était pas encore aussi connu que maintenant. ceal n'a pas fait beaucoup de bruit.
    Si Clément se lance, c'est pour recueillir les 500 signatures, mais aussi et surtout pour faire parler de la décroissance. Alors que tous les escargots, quels que soient leur couleur,  engagés dans le militantisme, fassent du bruit lors de son passage, contacte les journeaux locaux, les radios locales,  pour que cela se sache, pour que les maires ne soient pas obligés de se cacher pour revendiquer leur orientation, pour que l'on réfléchisse au fait que le mur est proche, mais qu'en jetant son égoïsme dans la poubelle, en regardant autour de soi, on peut l'éviter. Pour que des Julien, ne soit pas déçus par le mouvement.  Bonne chance.
    Si vous connaissez des maires, contactez-les et parlez-leur, dites leur vos convictions.
    Il faut y croire et ne pas baisser les bras tout de suite.
    Les conflits sont surtout liés à des personnes et non à des idées politiques, qui se rejoignent plutôt sauf quelques points de détail. On ne s'entend pas toujours bien avec tout le monde. Et plutôt que de se retrouver sur le ring, pour régler des problèmes, il y en a qui préfère encore les cours de récréation.  Si tout le monde usait de diplomatie, ça fonctionnerait bien.
    Il y en a qui parlent plus forts que d'autres, ce ne sont pas toujours ceux-là qui agissent.
    Et au quotidien chez soi, cela s'appelle la simplicité volontaire. j'en avais déjà parlé.
    Recette simple. Se poser la question : est-ce que j'en ai envie ou besoin ? Et là on supprime beaucoup de choses et on apprécie  le fait de ne pas s'être encombré, d'être libre.
     
    c'est un peu brouillonné, mais vous avez sûrement compris.
     
    Pour ce qui est des médias, il ne faut pas oublier qu'ils ne font pas trop d'effort, et une fois qu'ils ont un nom, ils le gardent. C'est donc Paul Ariès qui est contacté comme porte-parole de la décroissance.
    Pour ce qui est de Clément, si vous êtes des escargots, devenez  porte-paroles comme lui, montrez aux médias, qu'il y  a aussi d'autres décroissants qui savent parler et qui n'ont pas la langue dans leur poche, et qui peuvent se faire comprendre par tous, sans théorie compliqué, simplement .
    Superno, tu as cité plusieurs noms, chacune de ces personnes est un porte-parole, à sa façon, dans sa région, et montre par sa façon de vivre que c'est possible, de décroître.

     

  8. Tout ca c'est super, perso je ne demande pas mieux que de décroitre. 
    Mais dans un société en décroissance comment fait-on pour créer des emplois pour les 8 millions de chomeurs français  ?

    • Ce n'est pas la bonne manière d'aborder le problème. C'est exactement pareil que de dire "oui mais il n'y a pas assez d'argent !". Le travail, de la même manière que les richesses, doit être partagé entre tous afin de le réduire à son minimum. Il n'y a jamais PAS ASSEZ de travail, mais il y en a toujours TROP.
      Evidemment, cela peut être difficile à envisager - et à juste raison - dans le système capitaliste actuel, basé sur l'argent, le profit et le pouvoir. Il va nous falloir changer totalement de système monétaire et productif, au profit d'une autre monnaie (ou de pas de monnaie du tout), de l'autogestion dans les "entreprises", de l'abollition du salariat, de la plnnification économique locale démocratique, etc.

    • Notre société crêve d'être trop productive, d'où les 8 millions de chômeurs. Prends le problème à l'envers (c'est à dire à l'endroit) : la société fournit tous les biens et services pour tourner en se passant de la main d'oeuvre et des compétences de 8 millions de personnes. C'est donc que ceux qui travaillent en font trop.

      • Admettons, mais si je crée la 1ere entreprise décroissante de France, je demande à mes employés d'être moins productifs, quitte à vendre plus chers mes services à mes clients ?
        Encore une fois je ne demande qu'à ce que ca marche, mais en pratique, à part revenir à des économies planifiées à grande échelle comme à l'époque de l'URSS, je ne vois pas.

        • Ton exemple n'a de sens puisque tu te place en concurrence avec d'autres tout aussi productifs mais qui travailleront plus pour le même prix (la productivité n'a rien à voir avec le niveau de production). On peut être très productif et produire peut. Il suffit pour celà de très peu travailler.
          Répartir les gains de productivité en diminution du temps de travail, c'est comme celà que l'humanité a toujours progressé. Jusqu'aux années 80 où la révolution néolibérale a commencé à répartir les gains de productivité prioritairement en hausse de la production et donc en augmentation des profits.
          Je me demande ce que vient faire ici la comparaison entre répartition des gains de productivité et économie planifiée…

          • C’est évident non? Travailler c’est produire. Donc si on consomme moins il faut produire moins. Donc travailler moins.
            Tu pensais qu’il fallait revenir à la charrue à main et aux bœufs dans les champs 60 heures par semaine?

            Après que la réduction du temps de travail se fasse par le temps de travail hebdomadaire ou par les congés payés peu importe. Mais c’est la direction du progrès (du vrai progrès, le progrès humain!) et c’est celle qu’il faut continuer de suivre comme on le fait depuis 200ans.
            Bizarrement les pires partisans du progrès technologiques sont les plus réactionnaires sur le progrès humain. Étonnant non?

          • Disons quel’on bosse chacun 20h/semaine. Le salaire va diminuer de 30 ou 40%.

            Comment dans ces conditions se payer un logement alors qu’ils sont déjà hors de prix?

            Comment assurer le chauffage de son logement vu les prix de l’énergie qui ne font que croitre?

          • Mais non pourquoi diminuer les salaires? Il n’a jamais été question de diminuer les salaires lors des passages au 60h, 50h, 40h 35h etc… Il était même plutôt questions d’augmentations conjointement à ces réductions. C’est juste de la répartition équitable des gains de productivité rien de plus.

            Sinon ce n’est pas de la réduction du temps de travail, c’est simplement du temps partiel et étant donné comme tu le dis les prix croissants des besoins de base, on aboutit à la précarisation.

            Je suis sûr que ta réponse à ce commentaire sera quelque chose dans le genre “oui mais on va plus rien vendre, on sera plus compétitifs par rapport aux Chinois etc…”.
            Il parait clair et net que la concurrence entre les pays rend effectivement impossible tout ce donc on discute en ce moment. Le rétablissement des droits de douanes est évidement un préalable à toutes les mesures sociales de quelque nature qu’elles soient.
            N’as-tu pas remarqué que depuis la libre circulation des marchandises dans le monde la roue de l’Histoire tourne à l’envers?

  9. Merci et bravo encore pour cet excellent résumé des turpitudes (que je regrette) des partis décroissants. Même si je suis d'accord avec eux sur de nombreux points ces querelles de cours de récré me font chier grandement et ne font que renforcer mon abstentionisme viscéral. Plus que jamais je suis persuadé qu'il n'y a aucune possibilité de changer quoi que ce soit en passant par la case élections. Si le "pas de côté" est nécessaire devant les temples de la consommation il est à faire également devant le bureau de vote.

  10. WUWAI 26-26

    C’est effarant de voir d’autres générations retomber dans les mêmes ornières, à croire que l’on apprend rien du passé… En tous les cas comme toi je refuse de participer à cette pantalonnade élective, à cette ridicule course au sac citoyenniste. Au printemps dernier, sur la pointe des pied JFK tentait de changaïer sur son blog des apôtres ( le Crea, pas loin du MODEM) ; j’espère que SN ne fait pas du rabattage, ça serait vraiment dommage.

    Il faut absolument lancer une campagne d’abstention massive et ne pas se laisser embringuer dans un chantage qui nous fera voter pour le même candidat.

    NB : Mataf, oui secrétaire à l’AMF, 1974, dénoncé par un engagé à bord d’un escorteur, Sécurité Militaire avec les chapeaux et Impers mastics, interrogatoire avec deux de mes camarades dans un hôtel particulier de Recouvrance ( Bouuuu…), viré à Aspreto en Corse pour finir mon mois et demi.

  11. Wuwei (hors sujet pour détendre l’atmosphère)

    A propos de fuscos (pour ceux qui ne savent pas Fusiller Marin, chargé de l’ordre aussi bien en mer qu’à terre, énôrme réputation d’épaisse connerie) :

    Un fusco est avec son groupe, il gueule son ordre : - Montez dans les camions !, - Mais chef lui répond un seconde classe, y’a pas de camions… - Bon répond le fusco, descendez des camions !

    Ouai, je sais vachement intello…

  12. @ Fred

    dès lors que le prix du confort domestique (isolation tant calorique que “firgorique”)consiste à engraisser des rentiers, pardon, “actionnaires” qui ont la main-mise financière sur le prix de vente pour le pekin moyen, l’économie d’énergie n’a

  13. @ Sorel

    “Fusco” est l’acronyme de “Fusillers Commando”
    “Fumaco” est l’acronyme des “fusillers Marins Commando”

    D’autant que ces acronymes sont tous anachroniques

  14. Merci pour ce billet si synthétique ; les choses ne cessent d’évoluer, et le mot “décroissance” ne suscite plus le même dédain qu’il y a quelques mois seulement.
    Réjouissons-nous (même si c’est un peu énervant de voir ceux qui nous riaient au nez il y a quelques temps, aujourd’hui lever les sourcils en manifestant une curiosité pour des idées qu’ils ne prenaient pas au sérieux il y peu… mais bref…) !

    Ne pensez-vous pas que les objecteurs à la/de croissance sont en train de rencontrer le problème proprement politique (celui du pouvoir ou de l’autorité en tout cas, de son acquisition, de son contrôle, de sa finalité même) ?

    Une société décroissante du point de vue des biens (matériels ou immatériels), que veut-elle ?

    Si l’on considère que la décroissance règle le problème purement économique (ce qui n’est pas rien, en termes de justice sociale, au sens très large du terme “justice”), on entend souvent qu’elle constituerait une “solution” à des difficultés qui n’apparaissent pas comme purement économiques ; si j’ai bien compris, décroître entraîne un changement de mode de vie et par conséquent, une révolution du mode de pensée (en particulier dans le rapport de l’individu à la possession et donc au désir, c’est-à-dire à ce qui touche l’essence même de l’homme, à mon sens). C’est d’ailleurs ce que je trouve attirant pour ma part dans cette idéologie (n’en est-ce pas une ?) : elle ne suppose pas de changer l’homme pour être faite, elle le change en se faisant.
    Enfin, c’est ce que j’ai compris, peut-être suis-je à côté de la plaque.

    Mais, cela ne dit pas grand chose sur ce qui est politique, c’est-à-dire finalement, sur la façon dont “nous” pouvons décider de ce que “nous” voulons pour “nous”.

    Et je me demande, mais peut-être est-ce une question idiote, si les décroissants, dans leurs divergences actuelles, ne sont pas en train de rencontrer les grandes divergences politiques, que l’on a un peu oubliées à force de réduire la pensée politique à la pensée économique.
    http://zulio.org/journal/post/2010/11/20/L-ordre-du-politique

    • “C’est d’ailleurs ce que je trouve attirant pour ma part dans cette idéologie (n’en est-ce pas une ?) : elle ne suppose pas de changer l’homme pour être faite, elle le change en se faisant.”

      Bien dit. C’est d’ailleurs exactement ce qu’a accomplit le capitalisme, et surtout plus récemment le libéralisme : il a transformé les Hommes et les rapports humains en se dissolvant peu à peu dans les têtes. Autrefois marchandisation du vivant, de l’espace public, des relations humaines et l’individualisme paraissait aberrant. Aujourd’hui c’est la norme.

    • La société occidentale est la seule qui dans l’histoire a su libérer ce que toutes les autres avaient essayé avec plus ou moins de succès de juguler et que Serge Latouche nomment “les passions tristes”: ambition,avidité,envie,égoïsme. Ce sont la base même de l’enseignement des écoles de commerce et autres boites à décervelage libérales : prenez beaucoup, très vite et écrasez (tuez) les autres. C’est ce que les anciens Grecs appelaient hubris, la démesure et qu’il faut absolument tenir en laisse pour que la toute puissance de l’individu ne prime pas sur le bien collectif. La grande papesse de cette monstruosité, l’icône des libéraux à savoir Margaret Thatcher ne déclaraient-elle pas en 1987 : “savez-vous, la société, ça n’existe pas. Il y a des individus, hommes,femmes,et il y des familles, et aucun gouvernement ne peut agir, sinon à travers des individus qui commencent à s’occuper d’eux-mêmes”.

  15. @Jinak

    “Et je me demande, mais peut-être est-ce une question idiote, si les décroissants, dans leurs divergences actuelles, ne sont pas en train de rencontrer les grandes divergences politiques, que l’on a un peu oubliées à force de réduire la pensée politique à la pensée économique.”

    Totalement exact, on repose les mêmes problèmes, mais c’est bien de revenir à l’ouvrage. Mais si c’est pour faire de la politique institutionnelle, merci j’ai donné et je dirai même que je me suis fait avoir. Ma dernière crédulité fut le courant citoyenniste autour de Marianne Mag, belle escroquerie, et je ne reviendrai pas sur JFK…

    J’aimerais bien que les jeunes générations redécouvrent les textes des années 60 et qu’ils les confrontent à la réalité actuelle, Lefebvre, vaneigem, Debord, semprun sans parler d’Orwell etc. Notre époque était déjà parfaitement visible dans ces bouquins.

  16. @Sperno (1)

    “c’était mieux aaaaaaaaaavant”

    En tous les cas ça était rarement pire, quand Louis-Sébastien Mercier décrit l’asile de Bicêtre, il s’agit pas de masses, or jamais notre civilisation n’a atteint la sophistication misérable dont elle nous gratifie, jamais elle n’a atteint chacun au plus fond de son être, il est même des recoins de la’’ vie privée’’ envahis par les aménagements d’un système d’aliénation inégalé. Le modernisme actuel c’est définitivement éloigné du progré, il réinvente les maladies dont il a trouvé les remèdes la veille, et cela dans des souffrances indéfinies. Le sadisme et la régression feront réapparaitre, par exemple, l’immolation par le feu au Maghreb comme à France Télécom, la tuberculose réapparaitra à Londres, tandis que des étudiants d’Ecoles de Commerces oublieront dans une ivrognerie rapide le sal boulot pour lesquels on les formate.

    Dans La vie sur Terre, Baudouin de Bodinat se souvient de choses surannées comme « La confiance, le calme, la délicatesse, la civilité, l’amitié, le rire et l’intelligence. » (Editions de l’Encyclopédie de nuisances, réédité en I volume en 1999) ; mais on pourrait rappeler La France contre les robots ( Ed. Livre de Poche) de Bernanos un pionnier de l’écologie actuelle, Orwell la sentinelle des mondes meilleur , et dernier exemple, celui mort en aout dernier Jaime Semprun, qui affirmait dans un de ses fragments Andromaqie, je pense à vous ! ( Publié par quelques amis aux Ed. de l’Encyclopédie de Nuisances en 2011)à quel point il constatait que « le désenvoûtement des possédés, des convulsionnaires de la modernité, reste hors de portée : il y faudrait peut-être l’épreuve d’un dénuement brutal, imposé par la dislocation de tout système de la vie artificielle et de ses facilités (…) nous les survivant d’un monde englouti, nous évoquons la désormais fabuleuse Atlantide où pourtant, tout à chacun, nous nous sommes fait notre image du bonheur, et personne ne veut nous croire. Oui, cela a existé, ces paysages de promesses, ces bourgades où chaque maison, sur la pente abrupte, agençait son propre dédale rudimentaire de courettes, escaliers, terrasses, voûtes, arcades, murs, ces lieux de beauté pauvre que n’était encore venu torturer (normaliser) aucun ‘’ mobilier urbain’’, ces faubourgs avec du linge aux fenêtres, et aussi ces pièces désaffectées, livrées à l’attente ( l’espoir) dans la lumière qui tourne…(…) C’est le monde qu’elle s’est fabriqué ( l’humaninité) qui vieillit de plus en plus vite, drainé par ses nouveautés incessantes, se fissurant à chaque instants, se regardant tomber en miettes. »

  17. Voici quelques réponses et autres pistes de réflexion.

    Par contre, je ne crois pas que l’on doive s’éloigner totalement du système électoral, même si on est totalement écoeuré. Il faut le remettre à sa juste place comme expression de la voix du peuple. L’échelon local est peut-être le mieux à même de permettre cette expression, bien entendu davantage encore dans les petites communes. La sollcitation des élus, constante et régulière, pour exprimer son avis (ce qu’on a tout à fait la possibilité de faire) est un bon moyen de réveiller les élus.
    On est dans un système avec ses règles et faire de la politique autrement, c’est aussi le connaître, pour pouvoir mieux l’utiliser et le contourner.
    Aller au devant des gens, et faire connaître cette autre façon de vivre et d’être heureux, qu’est la simplicité n’est ce pas aussi un bon moyen.
    C’est ce que propose Clément Wittmann, dans sa rencontre avec les élus.

    Certains objecteurs de croissance proposent la mise en place d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA). Cette DIA serait versée à toutes et tous de manière égale afin de garantir un niveau de vie décent et déconnecté de l’occupation d’un emploi.

    Inaliénable et cumulable à d’autres revenus, elle traduirait la reconnaissance de la contribution de chaque individu à la société à travers l’ensemble de ses activités, notamment non-marchandes.

    La DIA est l’outil qui permettrait la réalisation des droits fondamentaux de chaque individu en le libérant de la valeur centrale du travail par sa transformation en une activité volontaire et épanouissante ayant un sens pour la société.

    Proposer la DIA, c’est remettre en cause fondamentalement la logique capitaliste et chercher un autre mode d’organisation sociale qui va plus loin que de secourir les plus démunis ou corriger le système à la marge, mais bien le renverser car il est dans une impasse.

    Ainsi, la DIA s’inscrit dans l’extension de la sphère de gratuité car tout ce qui est gratuit, dont la propriété est collective et dont nous partageons l’usage, s’intègre de facto à la DIA pour se libérer des forces du marché. Cette gratuité se justifie par le bon usage et le renchérissement du mésusage. (tu ne payes pas ton eau de boisson, de lessive ou d’hygiène, mais tu payes cher ton eau de WC, de piscine, de lavage de voiture, et tu récupères l’eau de pluie pour le jardin et la maison).
    La DIA peut être composée d’un droit au bien public (eau, électricité, etc…) et/ou d’une partie en monnaie.

    La DIA permet aussi l’instauration d’alternatives concrètes déjà existantes ou à inventer.

    Citons en exemple déjà existantes : Amap, Scop, Jardins partagés, Atelier vélo et autres atelier de ré-emploi, SEL, monnaies locales, presse indépendante, habitat collectif …et je rajouterais Initiatives de transition

    (extrait texte CW)
    Mais lire aussi Baptiste Mylondo

Laisser un commentaire