Votez escargot ! (La décroissance politique, partie 1)

 

(Devant l'ampleur que prenait la rédaction de ce billet, j'ai décidé de le publier en plusieurs parties. Au moins 2… Voici donc la première…)
 
S'il y a bien un sujet sur lequel la quasi-totalité des politiciens français sont d'accord, c'est la "croissance". Ils sont tous pour ! Impossible de leur poser une question sur l'économie, le chômage, le déficit sans s'entendre automatiquement répondre "il faut relancer la croissance", "ça dépendra de la croissance", "en dessous de 2 points de croissance on ne crée pas d'emplois", "ça va nous coûter un point de croissance", ou autres billevesées connexes. Par souci d'exactitude, et en forme d'hommage aux personnes concernées, on signalera l'existence de quelques "objecteurs de croissance" résiduels chez les Verts (les pauvres…), au Parti de Gauche, ou encore au NPA, mais à ma connaissance il y sont extrêmement minoritaires. Ah, si, on signale également des adeptes autoproclamés de la décroissance à l'extrême droite, mais dans leur cas il s'agit davantage d'idéologie réactionnaire ("c'était mieux aaaaaaaaaavant") ou chauvine ("mieux vaut fabriquer des produits bien de chez nous, pas de chez ces bougnoules ou ces niakwés") que de prise de conscience écologique.
 
Il y a finalement bien peu de différences entre un communiste et un UMP : tous les deux ne jurent que par la croissance, et dans un système où on se répartit un gâteau qui grossit indéfiniment. Simplement, l'UMP ne voit pas d'inconvénient à ce que les patrons et les actionnaires se goinfrent les premiers, ne laissant que les miettes aux salariés, alors que le communiste voudrait que les ouvriers se taillent la part du lion.
 
Les décroissants, eux, ont compris que le gâteau ne pourrait plus grossir (il n'y a plus de farine, et on commence à manquer de sucre et de levure). Comme les communistes, ils veulent le répartir plus équitablement, mais surtout, ils veulent lui donner meilleur goût. 
 
Je n'ai pas l'intention de revenir ici longuement sur l'évidence qu'il n'existe pas de croissance infinie dans un monde fini. C'est un point dont je parle souvent. La Terre est finie, la terre habitable est finie, la mer est finie, l'eau potable est finie, les terres cultivables sont finies, l'énergie extraite du sous-sol est finie, de même que les ressources minérales… L'exemple du pétrole dont on commence doucement à siphonner le fond de la bouteille en est l'illustration la plus actuelle. Or une croissance économique sans fin n'est théoriquement possible que si chacun de ces éléments pouvait aussi s'étendre à l'infini. Comme actuellement c'est le pétrole qui est la clé de voûte de tout le système croissanciste, les curieux vont pouvoir assister en direct dans les prochaines années à son écroulement total devant cette dure réalité : au delà des rodomontades des politiciens incapables et irresponsables, les faits sont têtus : la croissance infinie est un mythe.
 
Aujourd'hui, c'est simple : tout système économique , toute promesse politique reposant sur la croissance est une chimère, et celui ou celle qui la profère est un escroc. Quand j'entends ce ramassis de guignols se gargariser de croissance ou promettre de "distribuer du pouvoir d'achat" (relisez un peu cette proposition pour en savourer l'absurdité totale), j'ai envie de cogner. Mais comment ces gens, qui ont pour la plupart fait de hautes études et qui sont arrivés à leur place après une sélection impitoyable au cours de laquelle ils se sont révélés meilleurs que leurs multiple concurrents, comme ces politiciens, ces économistes peuvent-ils être aveugles à ce point ? C'est tout bonnement incompréhensible. 
 
Qu'on se le dise, nous sommes tous des décroissants en devenir, qu'on le veuille ou non !
 
Avant de prendre mon élan, réglons un point de vocabulaire. Le terme le plus employé pour désigner les précurseurs lucides que sont les opposants à l'idéologie mortifère et sans avenir de la croissance est "décroissants". Il y a eu beaucoup de débats à ce sujet. Si vous voulez du concis, vous pouvez aller lire cet article de Michel Lepesant sur le site du MOC.
Si vous avez plus le temps, vous savourerez celui du Philosophe Fabrice Flipo  (dont un texte a d'ailleurs été lu lors du Contre-Grenelle 3) : c'est ici.
 
Le terme "décroissant" aurait selon certains une connotation négative et non attractive. Il pourrait faire croire que puisqu'ils sont les opposants à un système qui combat l'idéologie de la croissance, les décroissants souhaiteraient exactement le contraire, c'est à dire la baisse la plus forte possible du PIB.  D'ailleurs, les propagandistes de la croissance ne se privent pas pour les tourner en dérision, et les font passer pour des arriérés qui souhaiteraient retourner dans les cavernes et s'éclairer à la bougie. C'est idiot. Ceux qui ont fait un peu de maths, de logique ou d'électronique dans leur jeunesse scolaire le savent bien : le contraire de "blanc", ce n'est pas "noir", c'est "non blanc". Les décroissants ne sont pas arriérés ou passéistes, ils cherchent simplement des solutions pour sortir sans trop de drames d'un système croissanciste dont non seulement les méfaits sont connus, mais surtout dont chacun voit qu'il va bientôt s'écraser contre un mur, avec ses 6 ou 7 milliards de passagers…
Pour contourner cet inconvénient, certains ont inventé le terme "Objecteur de croissance". Il est plus précis mais aussi plus compliqué. Il a l'avantage de pouvoir s'abréger en "OC", et c'est le terme que j'utiliserai donc ici, ce qui aura en outre l'avantage de raccourcir un billet qui s'annonce long.  
 
Indépendamment des groupes politiques dont il sera question plus loin, on peut déjà grossièrement classer les OC en deux catégories : 
- Les réalistes, ceux qui constatent que de toute façon on n'aura bientôt plus le choix, qu'il faut s'y préparer, que le plus tôt sera le mieux, et qu'après tout ce n'est pas si terrible (c'est plutôt ma catégorie, ça).
- Les puristes, qui, croissance ou pas, sont convaincus que la simplicité volontaire est la meilleure solution pour rester à l'écart de cette société de cons-sommateurs décadents, qu'on peut faire mieux avec moins, et que plus de liens remplacent avantageusement moins de biens…
 
Les OC classent l'action décroissante en quatre niveaux. 
 

Il y a d'abord le niveau individuel

Plus communément appelé "simplicité volontaire". Exemples simples : aller chercher son pain à pied au lieu de prendre sa bagnole. Aller au boulot en transports en communs au lieu de prendre sa bagnole. Démarche plus radicale : se débarrasser définitivement de sa bagnole (ou d'une de ses deux bagnoles, pour commencer). Plus généralement, il s'agit de faire le choix d'abandonner des objets ou des attitudes socialement ou écologiquement nuisibles, que pourtant tout le monde ou presque possède ou adopte par l'effet de la pub, de la mode, du mimétisme universel ou simplement de l'habitude, et finalement de ne pas s'en porter plus mal. A-t-on réellement besoin d'un iPhone, d'un lave-vaisselle, d'un sèche-linge, d'une chasse d'eau, d'une clim, d'une télé d'1m50, d'une télé tout court, de faire ses courses au supermarché, de manger de la bidoche tous les jours, de voyager en avion ? 
 
Attention, piège ! Comme je l'ai déjà souligné à de nombreuses reprises, la "simplicité volontaire" est sympathique, fort utile, et si elle était adoptée par l'ensemble de la population, elle résoudrait vraisemblablement la plupart des problèmes environnementaux. 
Seulement voilà, comme personne n'est actuellement obligé d'adopter ce mode de vie, et qu'au contraire tout nous pousse à faire exactement l'inverse, voire même pire, les courageux qui le font sont au mieux considérés comme de gentils originaux, au pire comme des fous, et en tout cas comme des nuisibles qui ne contribuent pas à la croissance du PIB. 
Les médias, qui sont dans leur immense majorité des outils de propagande aux mains des multinationales et de leurs valets de la pub, et donc au seul service de la "croissance", ont d'ailleurs bien compris le principe : leurs reportages sur ce qu'ils appellent "les décroissants" sont le plus souvent caricaturaux à souhait, décrivant des hommes néo-préhistoriques qui vivent dans des yourtes au milieu des bois, et font du compost en élevant des vers de terre dans ce qui leur sert de cuisine. 
Pour un "apprenti objecteur de croissance", c'est plutôt décourageant. Pour prendre un exemple anecdotique mais significatif, à quoi bon amener ses enfants à l'école à pied si quasiment tous les autres y vont en bagnole, voire en 4x4, et que, exemple vu récemment, ils laissent le gros moteur diesel tourner en attendant l'ouverture des portes pour que leur progéniture reste bien au chaud à l'intérieur en jouant à la DS et en écoutant la pub déversée à grands jets sur les FM commerciales, pendant que les siens se les gèlent à l'extérieur en respirant le bon air chargé de saletés ? 
Dans le vocabulaire des OC, le chemin à parcourir pour prendre conscience de l'ineptie totale du mode de vie qu'on nous impose s'appelle "la décolonisation de l'imaginaire" 
 

Le deuxième niveau, ce sont les actions collectives,

parmi lesquelles on peut classer les AMAP, les SEL, ou encore les "Villes lentes".
Une AMAP http://www.reseau-amap.org/amap.php, c'est une (ou plusieurs) exploitation(s) paysanne(s) qui se fait acheter à l'avance sa production par les membres de l'association. En échange de cet investissement et d'un petit coup de main de temps à autre, ceux-ci bénéficient d'un "panier" hebdomadaire de fruits, de légumes, parfois d'oeufs, de fromage et de viande. Souvent bio, toujours locaux et de saison par définition. Toujours ça que les hypermarchés et les multinationales de l'agroalimentaires n'auront pas ! Petit (ou gros) inconvénient, la distribution se fait à date et heure fixe, qui ne colle pas toujours aux besoins des salariés surbookés…
 
Un SEL (système d'échange Local), c'est une monnaie alternative, virtuelle et locale, qui revient en quelque sorte aux fondamentaux de ce que devrait être une monnaie : un moyen d'échange de biens et services, et en aucun cas un support de spéculation dont quelques-uns amassent la plus grande partie. 
Au contraire de ce qui se passe dans le système capitaliste traditionnel, où les métiers les plus utiles sont souvent archi-mal payés, alors que les métiers les plus futiles et les plus nuisibles sont survalorisés (Un instit ou une aide-soignante sont considérablement moins bien payés qu'une responsable marketing ou un agent immobilier), dans ce système une heure de travail vaut une heure, quel que soit le travail… Dans ce système, la monnaie d'échange (ici en Moselle la "questche" http://unselenmoselle.over-blog.fr/) ne permet pas de s'enrichir en dormant, on ne connaît pas de taux d'intérêt, encore moins de bourses, d'actions, d'obligations, de produits dérivés ou de fonds d'investissement, toutes ces saloperies qui ont dévoyé le système monétaire "classique". 
 
Une "Ville lente" , c'est une ville qui s'engage à promouvoir la qualité de vie de ses habitants, l'environnement, la nourriture, la convivialité, à travers une série de mesures qui vont à l'encontre de ce qui se fait actuellement, et inspirées du mode de vie des communes rurales. A l'heure où la vitesse est la référence absolue, qu'il faut tout faire vite, encore plus vite, toujours plus vite, et qu'on en crève, on comprend bien qu'il s'agit de villes où il fait bon vivre.
 
Toutes ces idées sont au demeurant très bonnes, même si pour l'instant, force est de constater qu'on trouve essentiellement dans les AMAP ou les SEL les individus dont on a parlé en évoquant le premier niveau, la "simplicité volontaire". Le con-sommateur victime de la pub va quant à lui toujours faire ses courses au supermarché accessible par la voie rapide, paie en carte bancaire, et veut aller plus vite, toujours plus vite, car ce faisant il a paradoxalement de moins en moins de temps…
 
Vous aurez compris que ce sont étrangement les deux derniers niveaux qui m'intéressent le plus, car ce sont les seuls qui puissent faire bouger les choses. 
 

Le troisième niveau, c'est la visibilité.

Là aussi, le chantier est immense. Avant d'imposer ses idées, il faut les faire connaître. Atteindre une "masse critique". Et comme je l'ai écrit, ce sera le plus difficile. Car en l'état, les idées des objecteurs de croissance sont quasiment invendables. Dépourvus de moyens financiers, prônant la sobriété, faisant l'éloge de la lenteur, comment peut-on se rendre visible et audible dans un monde ultralibéral et concurrentiel, où les "concurrents" détiennent tous les médias (les hauts-parleurs), et proposent sans vergogne une chimérique société d'abondance et de croissance infinie ? La visibilité passe aussi par la présentation de candidats objecteurs de croissance aux différentes élections, ce qui n'est pas simple quand on manque de moyens et d'expérience. Les premières tentatives sont forcément décevantes, mais l'avenir leur appartient, car non seulement les idées arrivent à faire leur chemin petit à petit et il semble désormais possible de discuter et d'intéresser des électeurs, mais surtout l'électorat est là : contrairement à ce que les croissancistes essaient de faire croire, l'objection de croissance ne concerne pas seulement une poignée de marginaux : au train d'enfer où vont les choses, elles concernera bientôt tout le monde ou presque !
 

Enfin, le quatrième et dernier niveau, c'est le projet de société.

Comment les objecteurs de croissance voient-ils l'avenir, quels sont les objectifs et les moyens pour y parvenir : ça c'est de la politique, de la vraie, pas celle qui consiste à pérorer sans fin sur la candidature aux primaires de tel ou tel blaireau inconsistant qui a exactement les mêmes idées (et surtout l'absence d'idées) que tous les autres… Et c'est passionnant.
 
Je développerai les principaux points de ce projet, et vous présenterai les organisations politiques qui se réclament de la décroissance dans la deuxième partie de ce billet

28 thoughts on “Votez escargot ! (La décroissance politique, partie 1)

  1. S’il est bien évident que la décroissance est la seule issue, pour le moment les arguments que j’entend se résument aux habituels « yaka » et « fauquon » et j’ai l’impression qu’on croit qu’il suffit de ne plus prendre sa voiture pour aller chercher le pain ou moins prendre l’avion pour résoudre le problème. Je vois des buts à atteindre mais aucunement des moyens pour y arriver avec les scénari possibles. Or toute diminution d’une activité entraîne la baisse d’une autre et ainsi de suite. Les entreprises vont voir leurs CA baisser, ce qui va entraîner en premier du chômage, des conflits sociaux. Il va falloir faire moins de social, s’occuper moins des vieux….Comme en temps de guerre, l’homme va devoir faire des choix drastiques et je ne pense pas que ce sera les 20% qui possèdent les 80% des richesses qui seront prêt à lâcher quoi que ce soit en premier. Rien qu’à voir le nouvel eldorado qu’est la mainmise des terres arables par le système financier pour pouvoir spéculer sur la nourriture, je me dis que ce n’est pas gagné. Et puis personne ne parle du sujet Ô combien délicat et non consensuel de la démographie. Notre démocratie et les valeurs que nous avons mis dans la vie humaine nous empêche complètement de réguler nos naissances et, prospérité ou pas, l’homme va continuer à se reproduire. Pendant quelques années beaucoup aspireront à obtenir le confort et l’épuisement de la planète va s’accélérer. Je renvoie à la lecture très intéressante  de la vision de Chris Martenson dans son Crash Course (http://jcbonsai.free.fr/cc/CH1.html)sur le positionnement actuel de notre société dans la courbe exponentielle de la finance, de l’utilisation de l’énergie, de la démographie et de l’épuisement des ressources.
    PS : Deux anecdotes entendues à la radio ce midi qui pourraient faire rire si ce n’était à pleurer. La première, notre ministre de l’énergie qui nous dit que l’électricité n’augmentera pas d’içi 2015, alors qu’il sait très bien qu’elle va augmenter, qu’il FAUT qu’elle augmente, seule façon de nous obliger à consommer moins. Pourquoi ce mensonge inommable au nom de la sauvegarde du pouvoir d’achat dont on sait bien qu’il FAUT qu’il diminue. La deuxième, ce représentant de syndicat qui nous dit que c’est vraiment n’importe quoi de dire que les 1000 euros de bonus donnés aux salariés  va leur donner du pouvoir d’achat mais que c’est la CROISSANCE dont on a besoin……..Quel politique aura un jour le réel courage de dire la VERITE merde ! ! !

    • La réponse à tout ça ou presque dans la partie 2… 

      <blockquote>Il va falloir faire moins de social, s’occuper moins des vieux</blockquote>

      Euh… Vous plaisantez, ou quoi ? Parmi tous les titulaires d'emplois inutiles et/ou nuisibles qui vont se retrouver au chômage, nombre d'entre eux feront "du social", justement, et pourront être fiers de leur boulot, tout en ayant  les moyens  de vivre dignement.

      Gare au malthusianisme ! Si des gens sont trop nombreux sur terre, ce sont bien les 20% dont vous parlez (et dont nous faisons partie), et qui bouffent toutes les ressources. 

      Contrairement à ce que dit la propagande libérale, ce ne sont pas les pauvres, mais bien les riches qui souffriront le plus de la décroissance… 

      • Salut SuperNo,
        Personellement, je pense au contraire que ce sont les pauvres qui souffiront les premiers des pénuries de matière première et du déréglement climatique, les riches auront (du moins au début) les moyens de continuer à se payer des matières premières hors de prix et de se protéger contre les éléments (construction de digue contre la montée des eaux, masques contre la pollution etc…)
        Les pauvres même s'ils ont moins à perdre n'auront par exemple plus du tout accès aux soins lorsque le pétrole sera si rare que les pays riches préféreront le garder pour eux (et surtout pour ses élites) plutôt que d'en dépenser pour fabriquer er transporter des médicaments pour les pays pauvres…
         

  2. Entièrement en accord avec "ça c'est de la politique, de la vraie, pas celle qui consiste à pérorer sans fin sur la candidature aux primaires de tel ou tel blaireau inconsistant qui a exactement les mêmes idées (et surtout l'absence d'idées) que tous les autres… Et c'est passionnant."
    La politique politicienne me saoule .
    Un petit détail : je suis présidente et seule adhérente  du PVVTT (Protection des "Veronica Virginica/ Taxidea Taxus" ) alors voilà je n'aime pas trop que tu "traites " les blaireaux .
     

  3. @ SuperNo
    "Mais comment ces gens, qui ont pour la plupart fait de hautes études et qui sont arrivés à leur place après une sélection impitoyable au cours de laquelle ils se sont révélés meilleurs que leurs multiple concurrents "
    c'est très simple : on sélectionne en début de cycle (primaire et/ou secondaire, scolaire surtout), et n'en sortent que ceux qui ont accepté le formatage. Ça nous donne des individus compétents mais dénués d'esprit critique, surtout quand ils ont compris comment il fallait privilégier la carrière au détriment des convictions, que ce soit dans le public ou le privé.
    Euh sinon, je suis éberlué

  4. Très bon billet résumatoire :)
    À noter que je commence à entendre que non la Terre n'est pas si finie que ça, puisque nous avons une énergie solaire infinie et perpétuelle, qui, si elle était maitrisée nous permettrait de faire tout ce qu'on veut. Alors à quoi bon se rationner ?

    • "Qu'on se le dise, nous sommes tous des décroissants en devenir, qu'on le veuille ou non !"
       
      C'est une certitude, peut être la seule avec celle de mourir. Ce que je constate aujourd'hui c'est que la plupart de nos concitoyens ont peur de la décroissance, du moins ceux qui se rendent compte que l'ére de la "jouissance-gaspillage" infantile et sans fin est révolue. Peur provoquée et entretenue par la quasi-totalité des médias et des politiques parce qu'il est impossible pour eux de penser autrement et surtout parce que seul le fantasme de la croissance leur permettrai de conserver leur place. Mais il faut aussi les comprendre car la fin de la croissance annonce sinon la fin des rentiers au moins leur forte diminution. A suivre…

  5. Les ressources de la terre sont finies, c'est évident, et même en diminution constante, notamment les espèces animales et végétales. Par contre la croute terrestre est en mouvement, énormes trous, volcans, seismes… … …
    Vive les AMAP, les SEL et toutes les autres formes d'actions solidaires. Retrouvons les liens perdus par la faute de la technique polluante. Débarassons nous de toutes ces inutilités. Retrouvons la lenteur, le simple plaisir d'entendre, par exemple, le bruit du vent dans les feuilles.
     
    La décroissance se fera de FORCE,  malheureusement dans le sang et les larmes. Les pays se battent déjà pour les dernères gouttes de pétrole et d'eau.
     

  6.  
    @Superno
     
    Tout d’abord ce qui me fait bondir, c’est cette histoire de « présenter des candidats »,  alors tu es mal parti… si tu crois que notre système républicain actuel peut donner un moyen quelconque de peser sur la marche de la démocratie (pour des minorités), tu es bien naïf. Perde son temps, son énergie et son fric pour des conneries  pareilles… Par contre tout ce qui démarre du concret et beaucoup plus utile, il faut mieux  servir d’exemple et faire envie.
     
    Je n’ai aucune leçon a donné et j’apprécie le retour de nouvelle générations à qui revient le goût de la liberté, et rigoler avec la « Génération de la crise (1973) » ou avec « la Génération Tapie », ça commence à bien faire (on en a vu des pas mal…).
     
    Ce que tu proposes est maintenant ‘’menaçant ‘’, à l’époque certains se sont battus pour un monde meilleurs, communauté, la route, nouvelle nourriture, refus du travail salarié,  vie amicale et sexuelle débridées etc. mais voila  peu de projets ont fonctionné parce que c’était un peu n’importe quoi,  que nous avions les moyens financiers de faire des expériences et que la terre était encore supportable ; on a été très gâté, sauf ceux qui sont mourus, et ils y en avaient…
     
    Les actes simples quotidiens pour la décroissance – si ils fonctionnent - , vont vite poser un problème d’ordre social, ou alors c’est de la daube, et nous allons nous retrouver un  contre-pouvoir d’un système, voir en blocage. Pour le moment tu n’as pas donné ta stratégie face à un mouvement décroissant qui croit ?!  Un exemple tu roules doucement sur une avenue avec une bagnole un peu mûre, il n’est pas incertain que tu finisses aux  urgences… Ce qui m’intéresse avec la décroissance,  c’est bien sûr que l’on partage « les restes », mais c’est aussi de changer un monde fait de soumission et d’hébétude, si c’est être dans mon lotissement au milieu da la Beauce et bouffant de belles endives bio, je m’en tape !
     
    Il faut nous seulement que l’on profite du meilleurs, mais que les barbares ne puissent plus en être le maître.
     
    NB : A propos de la vitesse : « Alliance pour l’opposition à toutes les nuisances, Relevé provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse à l’occasion de l’extension des lignes TGV (1991) » Editions de l’encyclopédie des nuisance ( 1998)
     
     

  7. pas vraiment d'accord sur les prémisces de l'article.
     
    1/ la croissance infinie est possible. On parle de quoi au juste ? croissance économique. Economie = échange. On peut très bien échanger plus avec moins d'énergie. D'ou l'économie virtuelle, l'économie du savoir, et aussi tout ce qui est "NBIC" qui permettent d'avoir un réservoir de croissance infinie. Croissance des idées, de la connaissance, des échanges.
    2/ il faut bien garder en tête une chose. La croissance, ce n'est qu'une et une seule chose : la croissance des échanges… taxés… en réalité. La croissance du PIB = croissance des recettes de l'état. La croissance est rendue nécessaire par la course à la dette Pas moyen de faire autrement a moins de faire défaut sur la dette. Et ca, c'est un soucis. Faut pas perdre ça de vue.
    On pourrait très bien faire de la "croissance" virtuelle, avec de la décroissance réelle, avec une bonne inflation. L'argent vaudrait moins, et donc les dettes seraient remboursées en monnaie de singe. Et a coté, on pourrait faire de la décroissance. Produire 8 baguettes de pain au lieu de 10, mais les payer 15 au lieu de 11 pour rembourser les fausses promesses faites au babyboomers.
    Ou alors il faut changer de système économique global mondial. Et comme on n'a rien pour remplacer l'actuel … la décroissance n'est qu'une gentille utopie, voire même dystopie.
    Ceci dit, je suis d'accord sur le fond, faut arrêter la fuite en avant et la croissance de la connerie (génératrice de beaucoup de PIB).
    Et puis faut pas oublier la chine. Eux ils bossent pendant que nous on touche des allocs chomages et qu'on se gave d'anti dépresseur tellement on est heureux. A un moment ou un autre, va falloir que le niveau de vie soit corrigé. Décroissance, si ca veut dire devenir pauvre a la place des autres … c'est pas un programme très séduisant.
    Non ?

    • Que d'idées à l'emporte pièce dans ton commentaire!
      1/ Economie virtuelle : késako? J'espère que tu ne veux pas parler de l'informatique et de l'économie soit-disant "dématérialisée".
      2/ Hors-sujet puisque quand on parle de croissance on parle de croissance du PIB corrigé de l'inflation. En € constants on dit aussi.
       

  8. Il y en a qui sont déjà croissants dès le petit déjeuner! C'est bénéfique pour leur cholestérol cela fait croître les bénéfices de l'industrie pharmaceutique, on ne peut plus transparente! Tout va bien dans le meilleur des mondes en attendant sereinement le pire. Yaka attendre

  9. Un avis éclairé ( pas au nucléaire ) sur Hulot :
    Stéphane Lhomme, candidat aux primaires d’Europe Ecologie les Verts (EELV), a demandé à Nicolas Hulot de se retirer de la course "immédiatement", estimant que sa candidature "nuirait gravement" à l’écologie politique.
    "Nicolas Hulot n’a pas exclu de se retirer de la course à l’Elysée. Stéphane Lhomme encourage l’animateur de télévision dans cette voie de bon sens et lui suggère même de se retirer immédiatement", écrit le président de l’Observatoire du nucléaire dans un communiqué.
    "Ce retrait éviterait à Hulot, candidat des multinationales et des shampoings Ushuaia, de nuire gravement à l’écologie politique, ainsi qu’il l’a déjà fait en promouvant l’opération sarkozyste "Grenelle de l’environnement", ajoute-t-il.
    "Stéphane Lhomme rappelle que, s’il remporte la primaire et devient le candidat d’EELV, il exclut totalement tout désistement en faveur de Dominique Strauss-Kahn si ce dernier devait être le candidat du PS et s’il se qualifiait pour le second tour. Strauss-Khan est autant "de gauche" que Hulot "écologiste", conclut-il.
    Lors d’une soirée organisée jeudi à Paris par le collectif "21 avril", qui préconise une candidature unitaire de gauche pour ne pas favoriser le FN, Hulot n’a pas exclu de se retirer de la course si la montée du parti d’extrême-droite se confirmait.
    "Si à un mois, deux mois (de la présidentielle, ndlr) les choses se précisent, on regardera", a-t-il dit à la presse.
    La question d’une candidature unitaire de gauche est "légitime et centrale", a-t-il déclaré, tout en estimant que la question ne se posait pas maintenant.
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110422.AFP9615/eelv-stephane-lhomme-encourage-hulot-a-se-retirer-immediatement.html

  10. A tous les "évolutionnaires" de niveau individuel de l'OC :
    Exprimons à chaque fois qu'on en a l'occasion, le soulagement, le sentiment de libération que l'on ressent lorsqu'on est désintoxiqué de la sommation de consommer.
    Comme on se sent mieux  !!!
    Un vrai bonheur que je ne soupçonnais pas  avant d'y avoir réussi.

  11. @superno : je confirme, il ya bien des décroissants au aprti de gauche. Au moins moi. Et content de voir un blogueur examienr la question, je me sens moins seul… pour une fois qu'on ne me bassine pas avec le retour à la bougie sur le sujet… merci pour ce billet. En attendant la suite…

  12.  
    @ Wuwei 23 avril
     
    Ces petits calculs d’épicerie électorale sont simplement comiques : Le « Je ne me présente pas  pour laisser la place à DSK… » ou à un autre, un nouveau Bêêrou avec un nouveau Borlôô, toute cette misérable machinerie c’est l’art de brasser du vent en faisant croire que les panzers sont à la frontière.  La com, le marketing, la psychologie de masse, la peur et la survie passionnent déjà le votard entré ivre dans un casino d’où il sortira dépouillé de tout sens commun, de toute lucidité, il aura imité ses contemporains avec bonne conscience et se félicitera, tout seul au fond du caniveau, d’avoir connu l’arnaque de 2012.
     
    Voilà pourquoi tous les partis, tous les syndicats et leurs complices ont, en octobre, renvoyé tout le monde chez soi pour s’y voir passer, une dernière fois,  déguisé grotesquement et braillant des slogans d’une indigence affligeante ; pour avoir des postes aux élections syndicales, cantonales, sénatoriales et, enfin décrocher la timbale avec un ‘’monarque’’ loufiat des propriétaires du monde.
     
    Les bons bougres s’abstiennent !
     

  13. Excellent article, qui démonte pas mal de préjugés sur l'Objection de Croissance et ses militants !
    Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le fait que les "deux derniers niveaux" sont les plus importants. Ce n'est pas en mangeant bio - pour ceux qui en ont les moyens - et en utilisant les transports en commun que nous allons changer le monde (approche bobo), même si cela peut constituer un bon début de prise de conscience. Il faut faire un maximum de bruit et de propagande, notamment en participant aux élections sans tomber dans l'électoralisme destructeur type FdG ou Verts, ou en essayant de tirer profit de ce média de masse décérébrant mais qui est aujourd'hui le principal vecteur d'informations dans notre belle société : la télévision (je sais, gros mot). Pour pouvoir espérer mettre à la poubelle ce système capitaliste destructeur et alliénant, il faut jouer sur tous les tableaux. La "révolution" ne viendra ni d'un grand soir tant attendu, ni d'une victoire électorale, ni d'actions personnelles, ni de la lutte dans la rue mais bien d'un mélange de tous les types de militantisme. A ce propos, dans la catégorie des action collectives, l'on pourrait parler des projets réels de communautés alternatives et autres écovillages, qui ne se contentent pas d'introduire de manière superficielle une monnaie non-capitaliste ou de favoriser les transports en vélo, mais tentent de construire de manière concrète et la plus indépendante possible un petit coin de monde meilleur. C'est l'approche des "socialistes utopistes" : montrer que ça marche pour l'étendre à grande échelle.
    Enfin, je partage ce constat de l'absence de véritables projets de société dans le débat politique. Même au NPA (du moins, en ce qui concerne la propagande officielle), on ne nous sort que de l'anti-sarkozysme (le PS ou le FdG sont tout aussi forts pour critiquer, et il le faut, mais c'est loin d'être suffisant) et des slogans un peu mièvres type "Aux capitalistes de payer la crise !". Quidd de l'autogestion, de l'abolition du système monétaire, de la démocratie directe, de l'abolition de l'état, des classes sociales et du profit ? Evidemment, on en parle à l'intérieur des partis dits d'extrême-gauche, mais peu ou prou dans le débat public de masse. Parfois avec pour excuse "qu'il ne faut pas imposer ses choix au peuple et que le communisme / socialisme c'est la lutte des classes et du prolétariat blablabla *insérer ici un discours abscons pseudo-marxiste à base de mots tels  "classe ouvrière" et autres "organisations de classe" * ". Certes, mais on ne va pas aller bien loin avec ça, camarades.
    Je suis donc impatient de lire la suite de ce billet et de pouvoir discuter des idées qui y seront présentées :) J'ai d'ailleurs moi-même écrit un petit manifeste dans le genre. Dans le même genre, il y a aussi des choses fort intéressantes à puiser dans les propositions de l'économie distributive ou du ParEcon, par exemple. Wait & see.
    A bientôt pour de passionants débats !
     

      • Petite faute de frappe, je vais me donner 42 coups de fouet afin d'expier ma faute. D'ailleurs, il est fort dommage que l'on ne puisse pas corriger nos commentaires (cette fois avec le clavier, et non avec le fouet !), d'autant plus que tout le monde est inscrit et vérifié.
        Pour répondre à yoananda, comme expliqué dans l'article, la décroissance ou objection de croissance n'est pas le contraire de la croissance, mais la critique de l'idéologie de la croissance et du mythe "plus de consommation = plus heureux". C'est la décroissance de l'empreinte écologique de l'être humain sur sa planète mère, et celle du consumérisme qui rend indispensable des choses dont nous n'avons pas réellement besoin, pour que ceux qui détiennent les moyens de production réalisent toujours plus de profits. Plus de liens, moins de biens.
         
        Et pour prouver une bonne fois pour toute que les escargots sont largement supérieurs aux croissants :
        http://www.recette.net/images/articles/escargots.jpg
        Miamouille.
         

  14.  
    @ Superno
    Pourquoi ne pas parler de ce qui a précédé ?  Ma génération était passionnée d’Histoire et quoi qu’on en dise nous avions des grandes explications avec nos parents, grands-parents, oncle, des amis etc. Or là, dans la première partie de ton exposé je ne lis rien sur les précédents mouvements, qui,  avec  parfois des causes différentes, retombées pourtant sur les même aspérités. Car si les Ecologistes Professionnels sont dépassés par leur gauche la possibilité d’un véritable  mouvement de base peut poindre, et là on se retrouve face au rapport de force, car le système ne peut tolérer d’être freiner que ce soit dans sa manière d’abrutir les gens par une survie faite de travail inepte, de déplacements exténuants, de néo-nourriture et d’enfants éduqués pour renouveler un monde de cauchemar ; la bulle de la croissance continuant de gonfler inexorablement.
     
    Tu parles de choses concrètes que, l’on pourrait croire, sans attention, comme naïves, surtout pas ! Il s’agit d’un début de « Critique de la Vie Quotidienne », (Henri Levebvre), lu par certains d’entres vous certainement. Tout le problème étant de ne pas mener une vie de con ! (smiley pour le primate) Debord dira lui, de faire de sa vie un chef d'œuvre 
     
    Nous ne sommes pas en crise, cela ce sont les contes de fées des Propriétaires du Monde, nous sommes rentrés dans un monde fini dans un crise éternelle où la menace, la souffrance, le lavage de cerveau, la peur, et la dépérissance physique et morale vont devenir la vie normale, celle à laquelle on se sera habituée, celle que l’on enseignera à nos enfants, une vie de manque d’affection totale où chacun aura appris son pauvre rôle. C’est ce rôle ( cf. Vaneigem) qu’il faut sacrifier dans des réseaux se rapprochant peu à peu ; et surtout en ne mettant pas, les pieds dans le système truqué politique qui est une machine pour des idiots de se faire donner tous les pouvoirs par des imbéciles ( ou votard.)
     
    Certains seront sans doute effrayé de voir quels buts ils s’étaient fixés ou  leur avait on suggéré, et c’est là où c’est intéressant, parce que tu ricanais SN  quand je te demandais de parler de toi, en disant « qu’ici ce n’était pas la TV Réalité », bien sûr mais qui serait capable de dire sa vie individuelle qui seule peut changer la vie collective ?
     
    J’attends le tome 2 ( smiley-pouf !)
     

  15. Et la question de la démographie ?
    Un objecteur de croissance qui fait 4 enfants est-il dans l'erreur ?
    La simplicité volontaire suggère-t-elle une auto-régulation de la fertilité pour mieux partager les ressources ?

  16. Sans vouloir te lancer des fleurs trop facilement, bravo SuperNo pour cette présentation claire et eficace de la Décroissance : cela va devenir  bientôt notre préoccupation N°1 à tous. Il est tout à fait affligeant de constater que 99% de nos politiques n'ont que le mot magique "croissance" à la bouche pour nous dire "ça ira mieux demain"…
    A mon humble avis, les OC auront beau crier leurs thèses sur les toits, rien ne bougera vraiment. Ce sont les catastrophes écologiques qui vont nous tomber sur la gueule qui pourront peut-être faire changer notre comportement de moutons lobotomisés ("bééée ,bééée, croissance !" ). Le problème est que le réveil sera brutal : surpopulation, disparition de la biodiversité, disparition des forêts primaires, catastrophes nucléaires, inondations, fonte des glaciers, bétonnage à outrance ("faut bien loger tout le monde et créer de nouvelles routes"), stérilisation des sols (pesticides, engrais à outrance), pollutions de l'air, de l'eau, explosion des cancers et autres joyeuses maladies, réfugiés climatiques, OGM à profusion, guerres pour l'eau et les ressources…etc etc
    Heu, oui, comment ?…tout cela a déjà commencé ?… Pauvre Monde …

  17. @ Superno

    « (…) adeptes autoproclamés de la décroissance à l’extrême droite, mais dans leur cas il s’agit davantage d’idéologie réactionnaire (…) ou chauvine (…) que de prise de conscience écologique. »

    FAUX ! ils ont des idée écologistes qui n’ont rien à envier à la décroissance telle que toi et moi l’entendons - et c’est bien là le danger, celui de la confusion des genres. Alors que nous défendons une décroissance qui soit d’abord celle des inégalités sociales, du racisme, du cloisonnement dans des catégories (hommes-femmes, blancs-noirs, chrétiens-musulmans, Italiens du nord/Italiens du sud, etc.)… eux sont identitaires, soit une des branches de l’extrême droite les plus dangereuses parce qu’elle enferme, parce qu’elle rejette, parce qu’elle isole. Eux veulent une société vivable, désirable, comme nous la souhaitons nous aussi, mais juste pour eux, avec des frontières, des barbelés, des milices et des dobermans. L’énorme différence entre ces gens et nous n’est pas d’ordre écologique, mais bien social et en terme d’ouverture à l’autre et à la différence.

    « (…) classer les OC en deux catégories :
    - Les réalistes, ceux qui constatent que de toute façon on n’aura bientôt plus le choix, qu’il faut s’y préparer, que le plus tôt sera le mieux, et qu’après tout ce n’est pas si terrible (c’est plutôt ma catégorie, ça).
    - Les puristes, qui, croissance ou pas, sont convaincus que la simplicité volontaire est la meilleure solution pour rester à l’écart de cette société de cons-sommateurs décadents, qu’on peut faire mieux avec moins, et que plus de liens remplacent avantageusement moins de biens… »

    Et les réalistes qui constatent qu’on n’a plus le choix, qu’il faut s’y préparer par la simplicité volontaire, càd faire mieux avec moins et créer plus de liens avec moins de biens, tu les ranges où ? Je suis étonné par ta catégorisation… je me reconnais dans les deux, et je pense que beaucoup d’autres OC sont dans mon cas.

    @ Zazou et Fred, limitation des naissances :
    Je vous renvoie au dossier « Décroissance et démographie » du n°389 d’avril 2011 de la revue S!lence, dont je vous livre ici la conclusion :

    « A y regarder de plus près, les théories décroissantes sont donc à mille lieues du malthusianisme [entendu ici comme politique de restriction de la natalité des pauvres]. Mais on peut se demander en revanche sil es théories croissancistes n’en portent pas les germes. Car en s’obstinant à considérer que le mode de vie des pays riches n’est pas négociable et doit encore croître, en pérennisant un modèle fondé sur la compétition et la surconsommation d’une partie de la population au détriment d’une autre, le scénario de la croissance capitaliste nous enferme dans un pari technologique qui, s’il échoue à produire toujours plus, pourrait bien nous mener droit vers le scénario imaginé par Malthus : une captation des ressources devenues rares par les plus riches, qui chercheront à maintenir leur niveau de vie au détriment de la survie des pauvres. (…) Les pauvres comme variable d’ajustement : n’est-ce pas le programme malthusien ? »

    Une chose est sûre : c’est notre mode de vie d’Occidentaux qui n’est pas supportable. Je ne vous donne ici que la conclusion ; lisez le dossier en entier pour vous faire une idée, il y a d’autres éléments indispensables pour faire avancer la réflexion !

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