A noter sur votre agenda

  • Pas d'événement.

Catégories

Version Smartphone en test

Vous avez un Smartphone ? Un Iphone (beurk) ? Un Androïd ? J'ai mis en test une version adaptée du site. J'attends des commentaires...
Oct282010
22:22 (Vu 4996 fois)

Chamboulons l’hémicycle !

Désolé, on va s’éloigner un peu de l’actualité brûlante. Enfin, juste un peu, car tout est lié.

La démocratie est malade, la démocratie est en train de crever. Je n’ai pas l’intention de vous faire un billet de 20 km de long qui expliquerait en détail tous les organes atteints.

Tout le monde sait que l’exemple vient d’en haut (enfin, en l’occurrence d’en bas), et qu’en premier lieu notre Président de la République est une telle caricature de dévoiement de la démocratie… Tout le monde sait aussi que la presse ne fait pas son travail, mais se contente ultramajoritairement de servir au quotidien une soupe libérale et croissanciste, en persuadant les lecteurs/auditeurs/téléspectateurs que c’est la normalité, les conditionnant à tel point qu’ils vont à leur tour répandre les mêmes billevesées, et même vilipender les moins atteints qui tentent de leur faire croire qu’il y aurait une alternative…

C’est ainsi qu’on voit des ouvriers râler contre les fonctionnaires en grève, psalmodiant l’antienne TF1nesque de “prise en otage”, et s’en aller voter Sarkozy, en quête du bonheur de travailler plus pour (surtout) gagner plus. Bon, pour Sarkozy, on ne les y reprendra sans doute plus, mais ils suivront néanmoins le prochain blaireau qui leur servira les mêmes sornettes.

Aujourd’hui je voulais surtout parler de ces étranges personnages que sont les députés, qui viennent de s’illustrer en décidant sans états d’âme de nous faire bosser deux ans de plus, dans le seul but de ne pas ponctionner les dividendes des actionnaires. Je ne parlerai même pas des sénateurs, super-notables élus par des notables. Cette institution n’ayant pas la moindre utilité, surtout comparée à son coût de fonctionnement, il faudrait purement et simplement la supprimer.

Vous êtes vous demandé comme moi comment des gens qui sont censés nous représenter pouvaient au contraire se mettre à défendre d’autres intérêts, parfois totalement opposés aux nôtres ? Ce sont tout simplement des usurpateurs.

Pourtant, quand on regarde la théorie, nous sommes en démocratie. Il y a 3 pouvoirs, étanchément séparés : l’exécutif (le Président de la République et son gouvernement), le législatif (les députés et sénateurs) et le judiciaire (les juges). Séparés, sinon c’est pas une démocratie. Ce n’est pas dans une démocratie qu’on verrait l’exécutif menacer de virer des membres du législatif s’ils ne votent pas les lois qu’ils proposent, ou intervenir dans des procédures judiciaires. C’est l’apanage des républiques bananières.

D’ailleurs les élections sont libres ! Le jour des législatives, nous allons librement au bureau de vote, il n’y a pas (pas encore) le GIPN armé jusqu’aux dents qui nous intime l’ordre de prendre tel ou tel bulletin, et on met celui que l’ont veut dans l’enveloppe. On suppose que les comptages ne sont pas plus truqués qu’il n’est décent (tant que ce n’est pas Martine Aubry qui préside le scrutin) et le candidat élu est celui qui a réuni le plus de suffrages. Il gagne ainsi le privilège de nous représenter. Et c’est là que ça part en sucette. Croyez-vous qu’il garde une reconnaissance éperdue pour ses électeurs ? Macache wallou, oui ! En général, à peine élu, il commence à voter pour un traité européen scélérat, pour des privatisations, pour le bouclier fiscal, pour la loi HADOPI, pour les OGM, ou pour le recul de l’âge de la retraite. Et se laisse influencer par tous les lobbies qui le sollicitent en permanence, y compris jusque dans l’Assemblée.

Mieux, le député se conduit souvent comme un nabab, il se déplace dans une grosse voiture avec un chauffeur, il fait l’important, quand il daigne vous parler c’est avec l’air condescendant du gros plouc endimanché qui est devenu quelqu’un, qui connaît du monde, et qui t’emmerde. Ou alors, fier comme Artaban derrière un pupitre dressé dans la salle des fêtes du village, où il fait un discours populiste devant le club du troisième âge. Qu’il trahira sans remords dès que ses chefs lui ordonneront de voter une loi scélérate. Bien souvent, il n’en branle pas une, il pratique l’absentéisme avec assiduité… Il faut dire qu’il a souvent une autre activité politique, ou un autre boulot bien lucratif. Comme si député n’était pas un boulot à plein temps.

Il y a donc un moment où ça merde, où la démocratie s’enraye. Essayons de comprendre pourquoi.

En amont il y a les médias. Qui choisissent à votre place. Et qui décident généralement que ce sera un match entre un notable de l’UMP et un notable du P”S”. Du coup les dés sont pipés, et vous qui êtes un rebelle, vous pourrez toujours voter pour Lutte Ouvrière ou pour un décroissant, vos votes ne serviront à rien, puisque la majorité des électeurs, auto-suggestionnés, auront choisi ceux qu’on leur a suggéré de choisir. C’est ainsi que dans ma circonscription, c’est un certain Denis Jacquat qui a été élu. Dès le premier tour. Une caricature de vieux notable UMP. Médecin. Cumulard. Quatrième mandat. Mis en examen pour une sombre affaire d’emplois fictifs. Comble de l’ironie, c’est lui le rapporteur de l’infâme réforme des retraites !

Une chose est sûre, le député ne nous ressemble pas !

Tout d’abord, il a en moyenne environ 58 ans. C’est largement plus que la moyenne de la population. Ensuite, il est très masculin. Dans la vie normale, la nature a bien fait les choses pour qu’il y ait à peu près autant de femmes que d’hommes. 50/50. Àl’Assemblée Nationale, il y a 111 femmes élues pour 466 hommes. 19/81 ! Et encore, il paraît qu’on progresse, puisqu’en 2002 c’était 71 pour 506, soit 12/88…

Il ne fait pas non plus le même boulot que nous : 82 cadres du privé, 37 avocats, 37 médecins, 8 chirurgiens, 8 pharmaciens, 7 dentistes, 18 chefs d’entreprises industrielles, 36 fonctionnaires des Grands Corps de l’État… Mais seulement 7 employés, 1 ouvrier (!)…

Juste pour rire, sur mettons 40 millions d’électeurs, il y a en France 200 000 médecins et 50 000 avocats. Respectivement 0.5 et 0.125 %. Pour que l’assemblée reflète l’électorat, il devrait donc y avoir environ 3 médecins et moins d’un avocat. Les médecins sont donc 13 fois plus représentés que la moyenne, les avocats 51 fois !

Il serait également amusant d’avoir des statistiques sur le nombre d’assujettis à l’ISF. Sachant qu’en France un foyer sur 60 environ y est soumis, on ne devrait en trouver que 10. Je prends le pari qu’il y en a au moins 10 fois plus !

Les statistiques ethniques sont interdites. Mais il n’y a pas besoin de statistiques pour s’apercevoir qu’hormis quelques représentants de l’Outre-Mer, cette assemblée “représentative” est quasi-exclusivement blanche et ne reflète aucunement la population réelle…

Pire, le député appartient ultra-majoritairement à un parti politique. UMP, P”S”. Vous n’allez pas me faire croire que les électeurs français se décomposent en deux tiers d’UMP, un tiers de P”S” et quelques électrons libres ! Mais c’est un fait : si on veut devenir député, il faut appartenir à une de ces grosses écuries : débile !

Dans ces conditions, comment s’étonner que deux tiers des députés votent une “réforme” des retraites à laquelle 70% des français se déclarent opposés. Ou qu’en 2005, plus de 80% des députés, de droite comme de “gauche”, étaient favorables à un traité européen ultralibéral, finalement rejeté par 55% des électeurs. Quelle meilleure preuve du dévoiement de la démocratie ?

Alors que faire, me demanderez-vous ? Réfléchissons un peu…

D’abord interdire strictement le cumul des mandats : député, c’est un travail à plein temps ! Il est complètement idiot de vouloir le cumuler avec un autre boulot, même à temps partiel, dans la politique ou ailleurs.

Limiter le nombre de mandats de députés à 2. Au delà, c’est le risque d’installer des notables, des pontifes de la politique, complètement déconnectés de “la vraie vie”.

Enfin, et surtout : encourager les candidatures. Pour la suite, je vire au conditionnel. Le débat est ouvert. Il y a plein de gens qui souhaiteraient devenir candidats, mais qui ne le peuvent pas, parce qu’ils ne sont pas les pontes hautains d’un parti politique libéral et fortuné. Il pourrait y en avoir des milliers. La démarche serait gratuite. On pourrait élaborer un bulletin de candidature standardisé, sur lequel le candidat répondrait à un petit paquet de questions révélatrices, qui permettraient de le situer plus sûrement que sa simple appartenance à un parti, ainsi qu’un espace pour un texte personnel. Il y aurait aussi des questions d’état-civil, sexe, âge, profession, adresse, revenus, patrimoine, indispensable au traitement statistique…

Car ensuite, ce serait un ordinateur qui choisirait, selon un algorithme similaire à celui qu’utilisent les sondeurs pour déterminer un groupe de “français représentatifs”, un ensemble de personnes, classées par département, 3 fois plus nombreuses que les postes à pourvoir. Ce serait une image assez fidèle de la population. Et c’est normal, puisqu’il s’agit de la représenter.

Bien sûr, la plupart des candidats seraient des inconnus. Plus de risque de campagnes de stars. Pas de financement par les entreprises ou les lobbies. Les frais de campagne seraient plafonnés et avancés par l’État.

L’électeur n’aurait ensuite qu’à choisir dans cette liste autant de noms que de députés dans son département. Par exemple en Moselle, 10 noms à choisir sur une liste de 30. Seraient élus les 10 qui auraient le plus de suffrages.

Ce système amènerait mathématiquement beaucoup plus de femmes à l’assemblée. Et je suis persuadé que plus il y aura de femmes en politique, plus la démocratie progressera. Surtout que ce système devrait limiter le nombre des caricatures que l’on voit tant actuellement, qui sont choisies car elles sont comme des hommes, pires que des hommes (Lagarde, Alliot-Marie…) ou alors des potiches (Dati, Yade…)

L’assemblée refléterait bien mieux la poulation réelle que l’oligarchie actuelle : elle se parerait donc mathématiquement des couleurs de la vie réelle.

Il y aurait aussi bien plus d’ouvriers, d’infirmières, bien moins de médecins, d’avocats ou autres assujettis à l’ISF. Et des ouvriers à l’assemblée ne défendraient pas les lois ou les traités qui encouragent les délocalisations, et ils savent bien que travailler trop longtemps est néfaste…

Vous m’objecterez peut-être que des ouvriers seraient moins compétents que les avocats ou les hauts fonctionnaires actuels : foutaises ! Si Estrosi, Hortefeux ou Bachelot peuvent être ministres, tout le monde peut être député. Ensuite, la première compétence d’un député est de savoir ce qui est bon pour ceux qu’ils représentent. Vous sentiriez-vous mieux représentés par un Xavier Mathieu (qui n’est pas élu) ou par les Dassault père et fils (dont l’un est sénateur et l’autre député) ? Poser la question, c’est y répondre.

Terminés les simulacres de démocratie à l’assemblée, les votes biaisés effectués à la hâte en prenant le maximum de libertés avec la procédure, parce qu’un camp, toujours le même, impose toutes ses vues, même les plus scandaleuses et veut les faire passer à tout prix en abrégeant les discussions ! Finis les votes de godillots, où systématiquement toute la droite vote pour et tous les “socialistes” contre (ou l’inverse) : chaque député disposerait de son libre arbitre, et comme il n’appartiendrait majoritairement à aucun parti politique, aucun risque de représailles de la part de sa hiérarchie !

Je délire, là ? Je n’en ai pas l’impression. Ceux qui délirent,  ce sont ceux qui ne voient qu’une coïncidence aux vols simultanés des ordinateurs de  journalistes qui enquêtaient sur l’affaire Bettencourt. De toute façon, vu l’explosion en vol de la démocratie et l’avènement au grand jour d’une ripoublique bananière insolente et violente, il y a urgence.


43 comments to Chamboulons l’hémicycle !

  • Marti

    En effet, une VIème république n’est plus envisageable, elle devient nécessaire. J’aime bien toutes tes propositions pour rétablir une réelle assemblée représentative du peuple, en particulier celle qui consiste à choisir les futurs élus parmi une liste de candidats choisis statistiquement.

    J’en rajouterai deux autres :
    - l’obligation pour les élus de rendre compte de son action dans sa circonscription
    - la décentralisation du pouvoir pour de nombreux domaines de compétences

    Pour finir une petite question : qui est l’ouvrier de l’assemblée nationale ??…

  • Alexandria

    … et qui dit VIe république dit Assemblée constituante, pour élaborer la nouvelle constitution, sur, entre autres, les bases proposées par SuperNo.Et bien d’autres. À ce sujet, voir les propositions du Parti de Gauche, portées par Mélenchon et présentées dans son récent livre Qu’ils s’en aillent tous. Précision importante : les députés constituants ne pourront se présenter au suffrage pour former la nouvelle assemblée, celle qui suivra la promulgation de la nouvelle constitution ; et les sortants (les derniers de la Ve république) auront également interdiction de se présenter. Rien que des nouveaux élus !

  • “Chamboulons l’hémicycle ?” Tu te trompes de combat ! Là bas, plus rien ne se décide… Brûlons les banques , envahissons les succursales de l’UMP, introduisons nous, comme la CNT, chez médéric, ça c’est de la bonne vibes :!

  • Gromabus

    Évidement, mais on fait comment pour les foutre dehors, on leur demande gentiment ou on attend qu’ils proposent de s’en aller?

  • re-néo-lorrain

    Finalement, Super, tu proposes que les ‘candidats’ soient tirés au sort comme les ‘jurés’ pour les procès d’assises, c’est ça?
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=FD2900316A369433C816AB7E6F9A6622.tpdjo12v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006182900&cidTexte=LEGITEXT000006071154&dateTexte=20101029
    Cordialement.

    • Oui, mais ce sont bien les candidats qui sont tirés au sort, les députés sont ensuite élus parmi ces tirés au sort. L’électeur vote toujours, mais plus pour un godillot, larbin des riches et des puissants.

      Et puis contrairement aux jurés, les candidats seraient choisi parmi des gens qui ont décidé d’être candidats, et pas parmi monsieur/madame tout le monde qui n’a rien demandé à personne.

  • Tchoulie

    J’en ai rêvé !!!
    A signaler un article du Guardian qui pose les Français en leaders d’un mouvement qui devrait être européen :
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3085
    Et on se prend encore à rêver…

  • Mieux : laissons les ordinateurs nous gouverner entièrement.
    Avec MeeticAffinity, c’est eux qui choisirons aussi nos conjoints.
    Ils ont déjà presque entièrement conquis l’économie via la finance.
    Et d’ici peu ils seront chargés de reprogrammer nos gènes.

  • wuwei

    Comme en écho à ton billet.

    L’ AMÉRIQUE DU TIERS MONDE
    par Arianna Huffington.

    Notre pays se délabre : industrie, écoles, infrastructures,. La pauvreté gagne partout du terrain (+25% entre 2000 et 2008 dans les banlieues des grandes villes). L’ascenseur social n’est pas en panne, il redescend ! Près de 100 millions d’Américains vivent dans des des familles aux revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés qui ne font pas d’études ont plus de chance d’être riches que les enfants de parents pauvres, qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur laquelle a reposé l’essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition…Elle est (la classe moyenne) dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour ce pays que la crise financière…Depuis la fin 2007 nous avons perdu 8,4 millions d’emplois. Un américain sur cinq est sans emploi ou sous-employé. Un crédit immobilier sur 8 mène à la saisie. Un Américain sur 8 vit de bons alimentaires. Chaque mois plus de 120000 familles se déclarent en faillite. La crise économique a balayé plus de 5000 milliards de fonds de retraites et d’économies.
    Les écoles sont le secteurs le plus dévasté ! Je ne parle pas du triste état des bâtiments publics. Je parle de ce qui se passe en classe. Rien n’accélère davantage notre glissade vers un statut du tiers-monde que notre échec à éduquer convenablement nos enfants…Des études montrent que parmi 30 pays développés, les Etats-Unis se situent au 25éme rang pour les maths, au 21éme pour les science…30% des lycéens quittent l’école sans diplôme. Or on ne cesse de licencier des professeurs, de réduire le nombre d’heures de cours, voir de jours d’école…Pendant ce temps là, des prisons ont essaimé un peu partout à une vitesse que même Mc Donald’s pourraient envier. Trop d’écoles américaines préparent plus à la prison qu’à l’université !…
    Je crois que les deux partis (démocrate et républicain) sont tombés exactement de la même façon dans les mains des maîtres de l’industrie, des banques et des affaires qui remplissent leurs coffres de campagne. Le principe démocratique fondateur « un homme, une voix », a été remplacé par l’arithmétique de la politique des groupes d’intérêts. Les lobbies et leur déluge de dollars ont envahi Washington. Une vraie prise de pouvoir. Et le gouvernement fixe ses priorités au milieu de ce bazar de trafic d’influence. Savez-vous qu’en 2009, plus de 13700 lobbyistes enregistrés ont dépensé un record de 3,5 milliards de dollars, le double qu’en 2002 ? 26 lobbystes par membre du Congrès ! Etonnez-vous après cela que les plans ambitieux pour réformer Wall-Street, le secteur de l’énergie ou la sécurité sociale aient dérapé ! … On peut dire que les grands patrons de Wall-Street ont fait très fort. Au lieu d’assiéger ou de combattre ceux qui faisaient la loi, ils les ont rejoints, investissant eux-mêmes les postes de pouvoir à Washington et intégrant les cabinets de décideurs et législateurs. Y compris le cabinet d’Obama…Les banques ont remplacé le peuple au centre de l’univers économique.

    Toute ressemblance avec la France serait évidemment tout à fait fortuite.

  • Estienne

    @ SuperNo

    Excellent billet ! C’est vraiment le premier échelon du fonctionnement politique, mais aucun média ne souhaite le diffuser ou l’expliquer.

    Comme quoi la démocratie ne peut avoir une chance qu’aux élections législatives et cantonales (pour les cantoniers), où il y a encore des “petits” qui se présentent.

  • grrr

    Tout le monde sait aussi que la presse ne fait pas son travail, mais se contente ultramajoritairement de servir au quotidien une soupe libérale et croissanciste, en persuadant les lecteurs/auditeurs/téléspectateurs que c’est la normalité, les conditionnant à tel point qu’ils vont à leur tour répandre les mêmes billevesées, et même vilipender les moins atteints qui tentent de leur faire croire qu’il y aurait une alternative…

    D’ailleurs les élections sont libres ! Le jour des législatives, nous allons librement au bureau de vote, il n’y a pas (pas encore) le GIPN armé jusqu’aux dents qui nous intime l’ordre de prendre tel ou tel bulletin, et on met celui que l’ont veut dans l’enveloppe.

    Je pense que nous votons aussi pour des gens qui nous promettent la vie que nous recherchons (dans le nous ne sont pas compris les lecteurs reguliers de ce blog). La société que l’on nous propose est la solution de facilité: toujours plus d’argent pour acheter, consommer ect… Pas besoin de reflechir, de se prendre en main ou de s’inquieter. Par contre, l’alternative que vous proposez demande une remise en question de soi, de son mode de vie. Cela demande même je pense un certain courage ou volonté. Je pense que l’homme est fait ainsi, on a toujours chercher à avoir “plus”. Et c’est ce “plus” que l’on nous fait miroiter. Et ce “plus” l’emporte sur tout, même si quelques moments de lucidité nous rappelle que la croissance infinie n’a jamais été aussi proche de la fin.

  • Problèmes ?? pour un des grand décideurs (surtout étrangleur des pays du Sud , de la Grèce et des autres pays d’Europe sous peu , ” préféré des français ” )

    Je sais que je suis un peu hors -sujet …

    http://24heuresactu.com/blog/2010/10/29/dominique-strauss-kahn-serait-malade/

  • aaazzz

    Oui Superno ! Analyse claire et nette !
    La notion essentielle se résume en un mot : USURPATION !
    L’arme psychopatique par excellence, l’alliée consubstancielle du MENSONGE !
    Je vois différents points cependant à ne pas perdre de vue dans la recherche d’autres formes de gestion des questions collectives…
    1- En essayant d’en finir autant que possible avec les pouvoirs usurpés, et en réinventant une “démocratie directe”, la représentativité devient certes beaucoup plus saine mais la question essentielle demeure : tout pouvoir n’est t-il pas à un degré ou un autre une usurpation… la représentativité d’un groupe par une personne est-elle vraiment un modèle ? n’y a t il pas un autre horizon ? Une gestion saine et équitable de la collectivité ne devrait-elle pas reposer sur un système enfin intelligible que les citoyens pourraient réellement comprendre et maîtriser ? L’horizon ne devrait-il pas être justement un système où les lois seraient proposées et votées directement par les citoyens ? La technocratie n’est-elle pas un rouage essentielle de l’usurpation et un outil de destruction de la democratie ?
    Oui, je sais, certains vont voir l’aspect utopique de cette vision des choses… je le concède, une démocratie directe serait déjà une petite révolution… à avoir les yeux plus gros que le ventre on n’arrive à rien… oui, mais garder en tête que nous ne devrions jamais donner notre voix à quelqu’un sensé nous représenter mais plutôt lui déléguer une mission, lui donner une charge et une responsabilité, c’est vraiment considérer les choses sous un autre angle. Idéalement, on ne devrait jamais pouvoir se débarasser de ses responsabilités de citoyens… où alors si ces affaires là sont trop fatiguantes et qu’il suffit de déléguer au premier menteur venu… alors effectivement on est bon pour la boucler ensuite… comme disait un affreux “les promesses n’engage que ceux qui les croit”

    2- Où l’on s’aperçoit une fois de plus que la problèmatique de l’éducation est primordiale pour l’interêt d’une démocratie directe (et pour faire chuter une oligarchie également) : je ne parle du bourrage de crane organisé par les institutions comme l’éducation nationale et autres instituts de formatage. Mais d’une éducation qui donne la curiosité de la connaissance, forme des esprits autonomes et critiques et au final des citoyens avisés et responsables… oui encore une utopie diront certains… n’empêche, c’est vraiment une urgence.

    3- La question de l’information reste entière… la démocratie n’a pas eu le temps d’arriver à maturité…(c’est le moins que l’on puisse dire), et pour cause, les outils dialectiques d’aliénation des masses par les médias sont utilisés à plein régime… et les médias sont “possédées” à tous points de vues par les financiers…
    Se réaproprier la décision politique est certainement une solution pour remettre à leur place les médias et la finance mais le clash pourrait être violent, car les psychos de l’oligarchie preferent les diversions, le chaos et la guerre à la remise en question de leurs intérêts… … Donc une population qui veut reprendre les rennes de son destin doit savoir et accepter un combat de grande intensité d’une durée incertaine…

    4- Enfin, la question de l’usage de la technologie en général et en particulier ici concernant l’usage des ordinateurs pour les procédures électives (et bien d’autres)… on doit proscrire cela ! C’est bcp trop dangereux, il n’y aura jamais de “prestataire” fiable à 100%… si c’était sûr ok, mais non, c’est clair : on ne peut pas avoir une confiance aveugle dans les ordis parce qu’il y a des gens qui les programme. Un point c’est tout : cherchez côté réélection d’un certain bush par exemple…
    Je reste aussi convaincu qu’il faut ériger des limites infranchissables pour les programmes informatiques dans certaines affaires humaines, qu’il faut en ériger pour les biotechnologie dans le domaine du vivant.
    Ceci n’est même pas une considération morale, mais un raisonnement pragmatique de survie.
    Attention à l’utopie de la techno… elle nous apporte souvent des problèmes bien plus graves que ceux qu’elle est sensée résoudre… Donc, sagesse avant tout ! merci.

  • sanmichele

    cher utopiste,
    tu rêves !
    D’abord comme tu le reconnais implicitement : “En amont il y a les médias. Qui choisissent à votre place”, les français sont cons et comme disait Cousinier - René la branlette - on connait le pourcentage exact ; deuxièmement, les zozos se sont organisés depuis belle lurette pour s’approprier le gâteau et ils vont plutôt te pourrir la vie que t’en laisser une part…
    t’as une autre idée ?

  • EL CHE

    Superno, tu es toujours excellent !

    1/ on a déjà DSK qui est déjà largement mis en avant dans les médias depuis quelques temps pour “préparer le temps de cerveau disponible” des futurs électeurs qui continueront à se faire sodomiser, parce qu’ils sont habitués, du moment qu’il y a du pain et des jeux (télé pourrie, consoles de jeux, et j’en passe) et que les gens sont tenus en laisse à travers les crédits, les petits boulots de merde, etc.
    2/ je me rappelle qu’il y a environ 20 ou 25 ans, il y avait environ 330 députés…Comme par un effet magique, ils sont maintenant 550…Pourtant le pays est resté le même avec le même nombre de départements…Pourquoi ? La soupe y fort bonne, c’est vrai. Et puis comme disait Coluche (qui aurait grande matière à fournir s’il était encore parmi nous) dans un de ses sketches : “il y a de plus en plus de députés, et ils ne foutent rien et pourtant ils sont payés…Rigolez pas, c’est avec votre argent!”

  • guillon

    Les riches niches fiscales à exploiter, afin de soulager le Peuple….

    Il manque de l’argent,….. !
    Question : Où en trouver, afin de boucher les trous des budgets à venir, diminuer la dette publique, supprimer les déficits, revenir aux règles de fonctionnement européen imposées par Maastricht (Dette = 60% du PIB et déficit public = 3% du PIB?)

    Réponse : mais tout simplement, dans les comptes des 393 formations politiques recensées et analysées par la CNPPFP depuis 1997 (dont 225 en 2008 et 119 formations présentes chaque année).

    En effet depuis 1997, ce sont environ, sur 12 ans :
    • 939 millions d’euros, au titre du financement public (inutile et donc gaspillé, quand on voit que ce financement public instauré pour éviter les magouilles politico financières d’antan, conduit aux affaires Bettencourt-Woerth et celles inconnues aujourd’hui)
    • 440 millions, le coût de la déduction fiscale de 66% des cotisations et dons versés aux formations politiques (pour un total de 745 millions perçus effectivement par les formations)
    • 64 millions le coût du manque à gagner des bénéfices annuels non imposés (correspondant aux 140 millions de bénéfices engrangés par 119 formations, base 45%) :
    o En 2008 17 millions pour 119 formations soit 155 000 € par formation
    o En 2005 13 millions pour 143 formations soit 108 000 € par formation
    o Bénéfice moyen annuel de 98 000 €
    • 5 millions le coût du profit non taxé des placements financiers et éventuelles spéculations faites (pour un total de 26 millions de capitaux placés sur une base de 25% de taxation).

    Soit une économie globale d’environ 1,5 milliards d’euros (environ 25% du coût de fonctionnement des formations)

    Dont :
    Economie possible Cpte de résultat % économie Rang des %

    UMP 424 407 69% 2
    PS 318 427 50% 6
    PC 110 248 30% 8
    FN+ 72 93 52% 4
    verts 37 45 56% 3
    MPF 21 19 75% 1
    LO 19 29 44% 7
    LCR 15 19 51% 5
    TOTAUX 1 015 1 929 53%
    (voir le fichier « Comminges partis.xls »

    Il n’est pas normal que le citoyen soit contraint de payer cette « rançon collective » aux formations politiques (qui s’apparente à un racket), sous couvert soit disant de lutter contre le principe des magouilles, dont on découvre qu’il est apparemment vain de lutter contre lui..
    Avant c’étaient les sociétés qui payaient (les emplois fictifs, les grosses affaires Urba et autres), maintenant, sans l’avoir consulté, c’est le Peuple qui est ainsi pris en otage par les formations politiques (grandes et petites, dont certaines ne sont là que pour financer les grandes), sans pour autant éviter les « magouilles » dont les affaires Bettencourt-Woerth ne sont qu’un exemple, combien illustre aux ramifications multiformes (combien d’affaires similaires ou pire sont bien au chaud, n’attendant ou ne redoutant que leur éventuelle éclosion !)

    La politique et son financement est choix personnel de chacun et ne doit nullement devenir « obligation et imposition citoyenne ».
    La seule obligation incombant au citoyen, selon la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, Art 13 : « Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration (du pays et non des composantes politiques), une contribution commune est indispensable, elle doit être également répartie entre tous les citoyens (y compris ceux de condition modeste) en raison de leurs facultés (fussent-elles de 10€ symbolique pour les plus modestes)»
    Les partis sont-ils indispensables au fonctionnement de la vie harmonieuse du pays ?
    Non si l’on voit la dichotomie qu’ils entraînent…. Et le délabrement qui s’en suit

    Que ceux qui soutiennent telle ou telle idée, se chargent de la financer par eux même.
    Le Peuple est déjà pris en otage via le financement des politiques et parlementaires, doit-il aussi être pris en otage par les formations politiques dont 51%, d’ente elles, ne « vivent », pour l’essentiel (véritables « pompes à fric ») que par les dons et 14% sont des « officines » de « blanchiment » d’argent, soit 65% des formations sont ainsi hors du circuit classique de la seule fonction politique…..

    Que dire des « anomalies » acceptées par les présidents de formations, par la CNCCFP, et par l’organisme officiel d’information de l’Etat qu’est le Journal officiel.
    Quel nom donner à des « anomalies » étalées et officialisées sur la place publique, via le J.O :

    • Principe de continuité des comptes de bilan, d’une année sur l’autre, non respecté
    • financement public 1ère tranche : 1 €uro déclaré quand on sait qu’une voix rapporte 1,60 €….. (à affiner)
    • Financement public 2nde tranche : le nombre de député étant de 577, on trouve parfois 1332,8 députés financés, le 80% d’un député restant, étant très intéressant pour celui a qui échoit cette fraction de lui même – (à affiner), plus du double des élus en 2004
    • Les 1 € essaimant, deci-delà, dans les comptes de résultats ou bilan, au gré des années, en vu de boucher d’éventuels trous.
    • Que penser de « Présidents-trésoriers » cumulards en association, comme le sont des parlementaires en rentes de situation de mandats et d’indemnités…. (720 des 920 parlementaires cumulant les écharpes et surtout les indemnités……)

    Voici ce que l’analyse des comptes de partis politiques permet de découvrir, dont la synthèse se trouve dans le tableau joint, intitulé « Digest pluriannuel.xls ».
    Les sources utilisées sont les « publication générale des comptes des partis et groupements politiques au titre de l’exercice : 1997 – 2002 – 2003 – 2004 – 2005 – 2006 – 2007 – 2008 », faites au journal officiel, après « contrôle » de la CNCCFP.
    L’étude globale est basée sur les 8 années analysées et la règle de trois a été appliquée pour la continuité d’analyse des 12 années prises en compte (faute d’avoir pu trouver les documents des années 2000 et 2001 ainsi que 1998 et 1999).
    Que donnera l‘analyse par grandes familles politiques que l’on peut aisément appeler « Cosa Nostra politique » dont les allers et retours financiers entre membres semblent vouloir noyer l’investigateur le plus déterminé que devrait être la CNPPFP, enchevêtrement opaque qui ne dit sa réalité.

    Cela ajouté aux diverses études d’économies totales (dont plus de 740 milliards d’euros ont déjà été énoncés dans divers articles) à réaliser au niveau du financement des hommes et femmes politiques aux échelons national, régional et départemental permettrait de supprimer la dette publique en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mais encore faut-il en avoir la réelle volonté.
    Au lieu de s’acharner sur les retraites dont on sait, par avance, que ce qui est imposé, ces jours-ci, ne réglera en rien le problème soulevé, il serait plus intéressant de s’attaquer aux problèmes majeurs des divers « avantages » accordés aux partis, aux politiques, aux riches…..
    Méditer sur « celui qui veut, trouve les moyens; celui qui ne veut pas, trouve les excuses ».
    Les conclusions, chacun des lecteurs les tirera pour lui même.
    Se souvenir de la loi de Pareto dite « loi des 20-80 » qui stipule que 20% des gens conditionnent 80% des problèmes, encore faut-il vouloir s’attaquer à ces 20% d’entités qui cumulent 80% des problèmes que les petites gens se voient chaque fois contraints de financer….. (Bouclier fiscal, taxe carbone, déremboursements, taxes et obligations diverses, ….) .
    En somme, c’est devenu : le Peuple au secours forcé des nantis et des grosses entités !

    Kelly-Eric Guillon

    PS : un fichier intitulé « Comminges partis.xls » et la signification des items est adressable, par mail, à la demande

  • ENORME +1.

    Maintenant, comment on fait pour arriver à ça ? On vote ? On se mord la queue. Je ne vois pas comment avancer… :(

  • Nelly

    Si on avait encore les élections législatives à mi-mandat présidentiel, je pense que Sarkozy bafouerait un peu moins la démocratie! Maintenant,oui, comment faire pour qu’on puisse au moins voter en 2012?Vous connaissez l’article 16 de la Constitution, celui qui donne les pleins pouvoirs en cas de troubles graves? On peut penser que ces troubles seront imaginaires ou suscités par celui qui détient déjà tous les pouvoirs pour les garder et les transmettre selon son ” bon plaisir”!République bananière ou dictature, mème si on peut encore écrire ce qu’on veut…pour combien de temps?

  • Nofre

    Sur le diagnostic initial : intéressant sur les dysfonctionnements d’un système qui a au départ de très solides justifications théoriques (et même pratiques). Comme quoi tout est mortel.
    Mais attention à ne pas tomber dans le populisme (je sais bien que le mot sert aujourd’hui à disqualifier ce qui remet en cause le pouvoir, mais ça ne doit pas invalider la notion) : en effet ce n’est pas parce qu’un certain nombre de députés sont des branleurs qu’ils le sont tous.
    Le député qui bosse, qui sillonne sa circonscription et qui en connait les problématiques sociales (et même environnementales, oui), qui s’est fait une expertise pointue sur quelques secteurs de la législation, ça existe, et c’est un métier à temps plein : or, non seulement cela justifie l’idée d’un non-cumul absolu (je suis à fond pour) mais cela justifie aussi la longévité, et donc la reconductibilité du mandat : on n’est pas encouragé à passer 3 ans à se construire une expertise si on a la certitude de ne pas rester beaucoup plus.
    Mais il est vrai qu’avec la limite à 2 mandats, soit 10 ans, ça marche encore.

    Par contre, méfiance absolue pour l’idée que les ouvriers doivent être représentés par des ouvriers, les femmes par des femmes, les noirs par des noirs,les jeunes par des jeunes, et les gauchers homosexuels francs-maçons naturopathes par des gauchers homosexuels francs-maçons naturopathes :
    l’idée de légiférer dans l’intérêt général implique nécessairement que chaque député embrasse les intérêts de toute la société. Je sais bien que c’est avec cette justification qu’on a aujourd’hui des assemblées si dangereusement homogènes sociologiquement, et il faut certes réfléchir à secouer ce cocotier, mais il est beaucoup trop risqué de renoncer au principe universaliste du représentant (tant qu’on cherche à avoir un système représentatif).
    En fait le principe de la sélection aléatoire des candidats parmi des pré-candidats me parait défendable (je n’ai pas encore dit que j’y adhère) à condition de renoncer à des quotas sociologiques.

  • lapach

    j’ en appel aux historiens de la démocratie mais il me semble que l’élection par tirage au sort est une idée des fondateurs de la démocratie défendue par les anarchistes.
    Au départ il s’agissait même de constituer une assemblée dont les représentants se serait vu attribué leur place dans la société après avoir établi les lois régissant cette société.Ainsi il n’aurait pu faire des lois dans leur intérêt ne les connaissant pas à l’avance.
    Ce n’est évidement pas possible.
    Mais il nous reste le tirage au sort pour nommer nos représentant.Sous réserve d’un contrôle médical tous citoyen est éligible et peu refuser. Une fois élu nos représentant font appel à des spécialiste (de l’éducation, de l’environnement,de la défense etc…) Pour prendre leurs décisions.
    Gros avantage pas de frais de campagne.Pas de carriériste.Pas d’elu spécialiste de çi ou de ça pondant des lois pour sa caste etc…
    Il existe une émission de Mermet sur le sujet (c’est pas moi qui ai inventer tout ça)mais je ne me souvient pas du nom de l’invité.
    Si qqu’un la retrouve…

  • KIKUYU

    L’utilisation du tirage au sort remonte à la démocratie athénienne dans la Grèce antique. Les athéniens avaient déjà observé les inconvénients du type de démocratie que nous connaissons. Voir le lien http://www.musagora.education.fr/citoyennete/citoyennetefr/election.htmlink text
    SuperNo (dont j’admire la verve !) se demande comment des gens qui sont censés nous représenter peuvent se mettre au contraire à défendre d’autres intérêts, parfois totalement opposés aux nôtres. Je pense comme lui que ça tient beaucoup au système électoral. Quoiqu’on dise, dans notre système, il faut avoir des moyens financiers pour se faire élire. Si on ne les a pas soi-même, il faut se mettre dans une structure qui les fournisse : le parti politique (et un gros, de préférence). Du coup, l’élu est à la botte du parti. Il vote ce que le parti lui dit de voter.
    Déjà, à ce stade, l’élu se forge une mentalité de godillot. Pain béni pour les lobbies qui ont moins d’efforts à fournir pour l’influencer. Il a déjà pris l’habitude de faire ce qu’on lui dit. Il est devenu malléable.
    Interdire le cumul des mandats serait déjà une première avancée. Il en a été question un moment. Cela n’a pas abouti. Certains députés qui le préconisaient y ont eux-mêmes cédé (pas de noms !…). Je doute donc que cela aboutisse un jour . Limiter le nombre de mandats à deux, ce serait encore mieux. Cela a encore moins de chances de voir le jour.
    Le rève, mais là ça tourne à l’utopie, ce serait le tirage au sort tel que SuperNo le décrit. En revanche, je suis d’accord avec aaazzz : l’ordinateur est à proscrire. Trop dangereux. Déjà que ça triche tant que ça peut avec les bulletins de vote papier sur toute la planète, alors avec l’informatique !
    Nofre fait valoir que le député qui bosse, qui sillonne sa circonscription, qui la connaît, et qui par ailleurs s’est fait une expertise pointue sur quelques secteurs de la législation, ça existe.
    Bien sûr, que ça existe. Heureusement. N’empêche que, quelque part, c’est dangereux, un spécialiste. J’aime énormément l’article rapporté par wuwei sur l’Amérique du tiers monde. Il fait état de 13700 lobbyistes qui ont dépensé 3,5 milliards de dollars (trois mille cinq cents millions de dollars, somme astronomique !) en 2009. En quoi ça consiste, faire du lobbying ? A influencer ceux qui prennent les décisions pour qu’elles aillent dans le sens souhaité par le lobbyiste. C’est pourquoi ils concentrent leur puissance de feu sur les membres du Congrès et du Sénat américains, par exemple. Et vu les sommes dépensées, on voit aisément comment ils s’y prennent. Si la matière pour laquelle il font leur lobbying est l’affaire de 4 ou 5 spécialistes, ça leur facilite grandement la tâche. Et on peut penser qu’il doit être très difficile de leur résister, vu les moyens qu’ils mettent en œuvre (moyens légaux pour certains, beaucoup moins pour d’autres). Par exemple, les campagnes électorales coûtent cher, ou les avions mis à disposition sont rapides et confortables…Et puis entre spécialistes d’un même sujet, on a tendance à bien s’entendre. « Nous, on sait ! Les autres n’y comprennent rien ». En la matière, les moyens les plus insidieux ne sont pas les moins efficaces. Le député peut se retrouvé coincé sans même s’en rendre compte. Et les efforts déployés par les lobbies seront d’autant plus intenses qu’ils sauront que l’élu va rester en place pour de nombreuses années. Ils investissent sur le long terme, en quelque sorte. Et une fois qu’on est dans leurs griffes, il doit être difficile d’en sortir.
    A tout prendre, et pour répondre au dernier billet de Nofre, je pencherais pour laisser l’élaboration des lois et règlements à une Administration spécialisée, à charge pour les députés et sénateurs, d’une part de surveiller que les membres de l’Administration concernée ne soient pas influencés par qui que ce soit dans leur travail et, d’autre part, de leur demander des explications sur le résultat de leur travail. Ensuite de quoi, ils passent au vote. Pas besoin de spécialistes, du moins au Parlement. Cela n’empêchera pas les lobbies de tenter leur chance auprès des fonctionnaires, me direz-vous. Sans doute. Mais un fonctionnaire véreux est peut-être plus facile à virer qu’un parlementaire protégé par son immunité du même nom.
    Quoiqu’il en soit, le système du tirage au sort gagne encore de l’intérêt. Sur ce sujet, voir le billet d’Etienne Chouard, extrêmement pertinent.link text

    Eric Guillon suggère d’aller chercher de l’argent (beaucoup d’argent) dans les comptes des partis politiques. Bonne idée. Il y a de quoi faire, en effet.
    En revanche, quand il préconise que ceux qui soutiennent telle ou telle idée se chargent de la financer eux-mêmes, je lui ferai remarquer que c’est exactement ce que font les lobbies, pour le plus grand bonheur de la société.
    Par exemple, quand je vois les pubs qui commencent à fleurir à la télé et ailleurs de sociétés qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam et qui proposent de souscrire à leurs merveilleux contrats de retraite par capitalisation, je ne puis m’empêcher de penser que ces sociétés (et d’autres plus anciennes) ont dû faire un lobbying effréné au plus haut niveau pour que soit élaborée et votée la loi sur les retraites qui nous occupe depuis quelques mois. Elles avaient tout à y gagner. Mais peut-être que je me trompe…

    • miha

      “…quand je vois les pubs qui commencent à fleurir à la télé et ailleurs de sociétés qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam et qui proposent de souscrire à leurs merveilleux contrats de retraite par capitalisation, je ne puis m’empêcher de penser que ces sociétés (et d’autres plus anciennes) ont dû faire un lobbying effréné au plus haut niveau pour que soit élaborée et votée la loi sur les retraites qui nous occupe depuis quelques mois…”

      Pour la société “Mederic”, pas la peine de faire du lobbying… puisque le patron est le frère du roi.

  • manicheophobe

    désolé mais même adhérent au principe, j’ai fini par ne plus croire aux procédures complexes
    exemple: le cumul détourné par la création de nouvelles usines à gaz comme les “communautés de communes”
    ainsi, je remplacerais les complexes limitations de cumuls par un plafonnement des indemnités et retraites des élus
    Ainsi, pas de problèmes: ils ne se feront plus ch… à chasser le mandat…d’autant qe la rémunération sera faible
    indexation sur le SMIC ? 3 x SMIC par exemple
    limitation en terme d’unité type “année-élu”: 10 ans par exemple, ce qui ferait 2 mandats cumulés ou succcessifs de 5 ans
    ça devrait dissuader tous ces notables rotariens

  • J’adhère au constat… un peu moins aux propositions (mais au moins vous en avez)

    En fait je pense que le problème soulevé ici est inhérent au système de démocratie représentative. A partir du moment où l’on part du principe que 500 gus dans un hémicylce sauront corriger tous les problèmes d’un pays, on est déjà sur la mauvaise piste…

    La vraie solution, c’est de tendre vers une démocratie directe.

    • Philou

      D’accord sur le constat, mais pas sur certaines propositions.
      L’informatique, qui restera toujours à la merci de pirates, doit être exclue du dépouillement ou de la sélection des candidats.
      Deux mandats au maximum, n’a pas grand intérêt, si le député est bon, pourquoi pas 3 mandats, s’il est con, 5 ans c’est déjà trop. C’est à lui de partir quand il sent la lassitude.
      S’il est clair que je me sens mieux représenter par Xavier Matthieu que part serge dassault, que le sénat ne présente pas une grande utilité, que les députés ne soient pas représentatifs de la population, que les élus et les militants de certains partis (Verts, PS …) ne le soient de leur électorat (cf le décalage entre ces derniers au sujet du référendum de 2005 : les 3/4 des élus pour le oui, 60% des militants pour le oui, et 60% des électeurs pour le non (probablement plus sans la propagande de l’époque).
      Ce mode d’élection, même s’il améliora la situation par rapport à l’assemblée actuelle ou au parlement européen, il n’écartera pas la possibilité d’une majorité de députés influencée par tel ou tel lobby, c’est le cas dans certaines communes rurales ou les candidats ne sont pas beaucoup plus nombreux que le nombre de conseillers.
      Pour plus de démocratie, il faut aussi que les grandes questions soient décidées par référendum, et qu’une partie des “grands médias”, télé, presse, soient contrôlée par le peuple, avec un comité d’admninistration désigné par ce dernier.

  • CA

    A compléter avec des analyses sur l’actuel processus de dé-démocratisation (quelques références de textes regroupées là : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/03/17/sur-les-manieres-d%e2%80%99envisager-le-devenir-de-la-democratie/ ).

  • Voici, une proposition qui a le mérite de dénoncer le dévoiement actuel de la démocratie représentative. Je pense que ce dévoiement est lié à ce que j'appelle sur mon blog  http://jmmasson.wordpress.com le libéral-totalitarisme. J'y poste régulièrement des "billets": il y a quelques jours j'en avais écrit un sur les trois manières de manipuler l'électorat…
    L'électorat… n'est plus que le faire-valoir des tireurs de ficelle du "marché". La solution passe par la dézombification des électeurs…et donc une autre information. Le livre de Naomi Klein, "La Stratégie du Choc" éclaire bien ce problème …
    Personnellement, je pense que ce qui est en cause n'est pas la démocratie… mais la fausse démocratie, en précisant que le populisme est aussi une dérive de la démocratie..
    En outre, plus il y aura de vraie démocratie, dans les communes, les "entreprises"( que je préfère sur le modèle un être humain/une voix) moins il sera possible… de tricher en prétendant représenter le peuple…

You must be logged in to post a comment.