La Moselle n’est décidément pas gâtée par ses politiciens !

L’affaire la plus récente concernait la censure du blog Vivametz par la mairie “socialiste” de Metz qui ne supportait plus ses billets et ses commentaires pas très charitables mais très (trop) bien informés. Dénoncé à son hébergeur, le blog a été effacé et a dû rester fermé un bon moment.

Mais il n’y a évidemment pas que la “gauche” ! A droite, il y a François Grosdidier, le patron de l’UMP locale, député-maire de Woippy, qui s’est rendu célèbre par ses attaques contre les chansons de rappeurs, ou par ses considérations philosophiques sur les youyous.

On a aussi le docteur Denis Jacquat. Je précise “le docteur” car il se présente ainsi sur tous les tracts électoraux, pensant sûrement ainsi impressionner les personnes âgées un peu naïves qui constituent son fonds de commerce électoral. Et ça marche, puisqu’au dernières législatives, il a été élu au premier tour. C’est “mon” député. La honte quand j’ai appris que c’était lui qui avait fait voter nuitamment à l’Assemblée un amendement autorisant le travail jusqu’à 70 ans…

Ces pieds-nickelés ont d’ailleurs réussi en mars 2008 un exploit impensable : perdre la mairie de Metz, qui est pourtant une ville de droite, en raison de leurs querelles ridicules et d’un entre-deux tours d’un comique total.


Mais le héros du jour, celui qui me pousse à écrire un billet en plein week-end de la Pentecôte, c’est un sénateur de droite, Jean-Louis Masson, qui est en train de devenir à l’insu de son plein gré la vedette de la blogospĥère française. Visez un peu le tableau !

C’est le blogueur Authueil (c’est même pas son vrai nom !) qui a levé le lièvre, dans le terrier duquel la blogosphère outrée s’est engagée. Jean Louis Masson vient de déposer au Sénat un projet, sa lubie : obliger les blogueurs à révéler leur identité (nom, prénom, adresse, mail, téléphone). Et puis quoi, encore ? Cent balles et un Mars ?

[EDIT 24/05 : le projet de loi]

Il paraît pourtant que Masson est intelligent. Très intelligent. Avec des diplômes longs comme le bras. Mais l’expérience prouve que les politiciens très intelligents sur le papier se révèlent souvent sur le terrain, tels des albatros que leurs ailes de géant empêcheraient de marcher, un cauchemar pour les citoyens, et de piètres manœuvriers. Giscard était le plus connu. Il y eut aussi Fabius, Juppé, Villepin… Bon, Sarkozy a certes prouvé que le cauchemar n’était pas forcément la conséquence d’une intelligence hors du commun, mais quand même…

Jeune politicien brillantissime et ambitieux, Masson se voyait déjà député, maire de Metz, ministre, Président de la République. Tous les autres allaient forcément s’écarter devant plus malin qu’eux. C’était bien mal connaître la politique ! Masson n’a jamais réussi à déboulonner ce gros balourd de Jean-Marie Rausch, infiniment moins diplômé, mais doté d’un sens politique tellement supérieur ! Il s’est attaqué à lui dès 1983, sans succès. Son plus grand succès fut en 1978, date à laquelle il fut élu député, poste qu’il conservera jusqu’en 1997, battant la protégée de Rausch, Nathalie Griesbeck, (désormais à la tête du Modem local ou de ce qu’il en reste) avant que l’élection ne soit invalidée pour une histoire de comptes de campagne. Certains prétendent qu’il continue à s’agiter en coulisses, notamment en coachant la populaire députée Marie-Jo Zimmermann, dont il serait l’éminence grise.

Pour votre édification, vous pourrez vous reporter à ce document hallucinant (merci à Mérachlor), Masson vu par son “ami” Grosdidier, avec anecdotes qui permettent de mieux comprendre ce curieux personnage.

Masson a donc réussi à se mettre à dos la quasi-totalité de ses collègues, ainsi que les électeurs. Il semble d’ailleurs bouder le suffrage universel, puisqu’il s’est fait nommer sénateur, c’est plus confortable.

Et il veut donc désormais faire lever l’anonymat des blogueurs. Je doute que cette dernière ânerie puisse redorer un blason si terne. Mais quelle mouche l’a donc piqué ? Est-il un de ses politiciens agacés de voir que la tranquillité, sinon la complicité active, dont ils bénéficient de la part de la presse “classique” est désormais remise en cause par des blogueurs insolents qui n’hésitent plus à les bousculer, les affubler d’adjectifs qui portent atteinte à leur dignité et leur respectabilité autoproclamée ? Le blogueur ne se contente pas d’énoncer des informations lénifiantes (“Monsieur Sarkozy vient de présenter son plan de lutte contre le chômage”), mais va en souligner le caractère ridicule, désespérant, dilatoire ou infaisable, s’appuyant sur d’autres informations disponibles sur internet.

Le seul anonymat que les politiciens tolèrent, quoi qu’ils en disent, c’est celui des détenteurs de compte en banque à Genève ou Luxembourg ! Le blogueur, cette engeance maléfique, est prié de livrer à la vindicte populaire son nom (afin que son patron outré puisse le virer ?), son téléphone (afin de lui passer des coups de fils vengeurs en pleine nuit ?) et son adresse (pour pouvoir lui envoyer des cercueils sous enveloppe ?).

C’est ridicule. L’anonymat n’existe pas ! N’importe quel curieux peut généralement savoir en quelques minutes à qui il a affaire ! Et il existe déjà une loi, suffisamment claire : tout blogueur fournit déjà son identité et ses coordonnées à son hébergeur, qui les livre à la justice en cas de réquisition. Dans l’affaire Vivametz, une simple lettre de menaces émanant d’un adjoint à la mairie avait même suffi à fermer le blog ! De nombreux blogueurs ont déjà dû répondre devant la justice de faits gravissimes comme la diffamation…

Faute d’anonymat, le blogueur tient souvent à sa discrétion. C’est pourtant simple. Sauf exception rarissime, un blogueur ne vit pas de son blog (bien au contraire !). A côté, il a un métier. Indispensable pour se nourrir, rester propre, et accessoirement payer l’hébergeur du blog. Ce métier est souvent totalement incompatible avec les propos qu’il tient sur son blog. Il y a des blogueurs financiers, avocats, flics… Ou simplement des salariés ordinaires, exemplaires au travail, mais se transformant en procureurs implacables contre le capitalisme dès leur retour au bercail. Lever leur anonymat, c’est la garantie de les faire virer à brève échéance ! Je l’ai déjà sous-entendu, mais mon blog, dénoncé à mon ex-patron par des collègues à l’intelligence vive et à la charité développée, a été l’un des éléments qui ont fait que je me suis retrouvé le moment venu dans la charrette.

Et si comme moi le blogueur est chômeur (et nous sommes nombreux !), comment voulez-vous qu’il retrouve un boulot, puisque la plupart des employeurs ou recruteurs passent internet au peigne fin pour y trouver des informations compromettantes, pages Facebook, et a fortiori blogs politiques ? Il n’y a pourtant pas besoin d’être polytechnicien pour comprendre des choses aussi élémentaires ?

Il croit que ça m’amuse, Monsieur Masson, de jouer les anonymes ? En fait, dans un monde “normal”, je m’en moquerais comme il se moque de sa première trahison politique. Mais qu’importe mon nom ? Contrairement aux journalistes qui nous expliquent au quotidien combien le plan de Sarkozy va endiguer la crise, ou comment le gouvernement Fillon se dévoue dans l’intérêt des citoyens, je ne suis pas une vedette, pas même dans mon quartier. Je pourrais coucher avec mes voisines, Voici et Closer ne viendraient pas pour autant faire le pied de grue devant chez moi ! Je n’aspire surtout pas au vedettariat, et mon identité, tout le monde s’en fout, elle n’a aucune importance. On vient me lire pour ce que j’écris, par pour qui je suis !

Lever l’anonymat du blogueur, c’est tout simplement condamner le principe même du blog.

Mais n’est-ce pas le but ? Les laisser entre eux, raconter toutes les conneries du monde à leurs Elkkabach, leurs Duhamel, à leurs Chabot voire à leurs Drücker, sans aucun risque d’être contredits ?

Attention, m’sieur Masson. Je ne sais pas qui vous instrumentalise. Mais regardez ce qui est arrivé à Madame Albanel, choisie pour incarner cette monumentale connerie d’Hadopi : censée faire disparaître le piratage, elle l’a en réalité fait exploser ! Quant à Madame Albanel, elle a explosé elle aussi, et disparu de la scène politique. Est-ce là votre ambition ?

50 thoughts on “La Moselle n’est décidément pas gâtée par ses politiciens !

  1. Pour votre édification, vous pourrez vous reporter à ce document hallucinant (merci à Mérachlor), Masson vu par son “ami” Grosdidier, avec anecdoctes qui permettent de mieux comprendre ce curieux personnage.

    Édifiant, en effet. On apprend surtout que M. Grosdidier n’a pas le bac.

    Je n’ai pas le bac…
    Je n’ai pas le bac…
    A mon retour de l’armée, sans le bac,…
    à défaut de bac, j’ai fait…
    Mais, que sans bac, je puisse réussir…

    Qui puis-je, si après un sans-faute jusqu’en 78…

    Je n’y suis pour rien. Mais sans le bac,

    Qu’y puis-je,
    Coproclaque ! Ça la fout mal, non ?

    Ce que je peux pour vous, M. Grosdidier (j’ai obtenu mon Certificat d’Études Primaires en 1961. ;-)), c’est relire et corriger vos productions. Il suffit qu’on se mette d’accord sur le tarif.

  2. Masson, brillant ingénieur en chef des Mines, est un de ceux qui ont réussi la plus brillante élection aux sénatoriales en Moselle en septembre 2001 avec ses amis(!) de droite!
    3 sénateurs de gauche (sur 5) dans un département de droite, fallait le faire, n’est-il pas? Ils l’ont fait.
    Il ne faut jamais désespérer de la droite, jamais.
    C’était ma contribution au beau temsp revenu en ce week-end prolongé.

  3. S’il y a bien une chose sur laquelle les élus de droite comme de gauche sont capables de s’entendre (en dehors bien entendu du montant de leurs indemnités et pensions de retraite), c’est bien l’impérieuse nécessité de mettre fin à cette épouvantable manie qu’ont les citoyens de s’exprimer et de s’informer librement sur internet.

    S’il y a bien une chose sur laquelle les Citoyens (la majuscule n’est pas une faute de frappe) de gauche comme de droite sont capables de s’entendre (en dehors bien sûr du caractère insupportable de l’arrogance de leurs élus, généralement légitimés par un pourcentage ridicule du corps électoral), c’est bien l’impérieuse nécessité de mettre fin à cette épouvantable manie qu’ont les élus de les prendre pour des crétins analphabètes doublés de vaches à lait (NB : les députés européent viennent de s’auto-augmenter de 1500 € par mois, la misère les guettait).

    Ce n’est qu’un signe de plus du dramatique fossé qui se creuse entre les uns et les autres.

    S’il y a bien une chose sur laquelle personne ne pourra plus jamais s’entendre, c’est sur la possibilité de juguler l’expression populaire sur internet. Le phénomène, qui ouvre clairement une nouvelle civilisation, est d’évidence irrepressible. Même la junte birmane est en train de s’en rendre compte.

    Pour réussir dans ce siècle en politique, il faudra comprendre ça.

    Il y en a qui, manifestement, n’y arrivent pas : douloureuses fin de carrière…

  4. Pris sur le post,tous les messins de plus de 45 ans doivent s’en souvenir….

    Il est cependant intéressant de s’intéresser à la personnalité de l’auteur de cette proposition de loi… Dont le CV politique est truffé de perles. Jean-Louis Masson a connu quelques déconvenues dans sa vie politique, avant qu’Internet ne soit à la portée du grand public. Ses principales sources d’ennui venant de propos anonymes ou de prête-noms.
    En 1983, il est candidat aux élections municipales de Metz, contre le maire sortant de centre-droit, Jean-Marie Rausch. Victime d’un tract diffamatoire et anonyme, il est pourtant obligé de retirer sa candidature. En effet, il sera rapidement découvert que l’auteur du tract n’est autre que… Jean-Louis Masson lui-même qui, par cette manœuvre, tentait de mettre son adversaire dans l’embarras en lui faisant porter la responsabilité de ce tract.
    En 1997, alors qu’une vague rose emporte la France suite à la dissolution ratée de Jacques Chirac, Jean-Louis Masson est réélu député de la 3ème circonscription de la Moselle.
    Son élection sera pourtant invalidée par le Conseil Constitutionnel et l’homme condamné à un an d’inéligibilité. Un an après avoir quitté le Palais Bourbon par la petite porte, il rejoindra celui du Luxembourg par la grande, sitôt son inéligibilité levée.
    Motif de l’invalidation ? Jean-Louis Masson a présenté un candidat, Gabriel Crippa, contre lui-même à cette élection, dont le rôle exclusif était de taper sur Nathalie Griesbeck, la candidate soutenue par Jean-Marie Rausch, encore maire de Metz. Les dépenses de campagne de ce candidat « fictif » sont réimputées au compte de campagne de Jean-Louis Masson… qui dépasse alors le plafond. Et l’inéligibilité est déclarée, le Conseil Constitutionnel concluant « la candidature de M. CRIPPA doit être regardée comme constituant une manoeuvre ayant permis à M. MASSON d’avoir recours, pour les besoins de sa campagne, à certains moyens de propagande électorale dont les dépenses ne sont pas retracées dans son propre compte de campagne, mais dans celui de M. CRIPPA ».
    On le voit, Jean-Louis Masson a été victime de propos anonymes et « sous pseudonyme »… Victime de manœuvre qu’il avait lui-même initiée et qui se sont retournées contre lui.
    Revanche ou mea culpa, la question est posée.

  5. Il faut comprendre que la blogosphère dans son infinie variété, pose parois problème : les blogueurs ne sont en général pas affiliés aux marchands de canons et vendeurs de soupe, et n’ont pas de ligne éditoriale à respecter, si ce n’est l’envie et l’opinion de l’auteur.

    Quand on voit les efforts des chaines publiques et privées pour stigmatiser les anti-esclavagistes et vanter les mérites de la féodalité où les Jacquouilles se doivent de rester à leur place, il est rageant de voir que les blogs font pus de révélation et de buzz que la presse “officielle.

    Assez marrant, en effet, car on peut publier n’importe quelle connerie sous forme d’un bouquin (accessible à tous par achat ou en bibliothèque), mais c’est le net qui poserait problème.
    Question d’autimat et decontrôle?

  6. Salut SuperNo,
    pour info je fais un reportage aujourd’hui sur le projet de loi de JL Masson avec son itw ce matin. Serais-tu partant pour témoigner (anonymat préservé !!!) J’ai besoin de 20 min de ta disponibilité…
    direct à F3 : 03.87.XX.XX.XX

  7. Bon, j’ai discuté avec JCDR au téléphone ce matin, et j’ai été obligé, quelle que soit la rage qui m’anime, de décliner l’invitation, en raisons de circonstances personnelles particulières que je lui ai expliquées :roll:

    Regardez néanmoins France 3 Lorraine ce soir à 19h00, ce devrait être intéressant. Tout comme l’interview de Masson par JCDR ce matin… Masson, raide comme un militaire à la retraite, semble parti dans une croisade personnelle contre les blogueurs.

    Vu son immense culture personnelle, il ne peut pas ignorer comment les croisades se sont terminées pour leurs instigateurs :lol:

  8. J’ai regardé l’IW de JL. Masson par JCDR au journal régional de FR3 Lorraine.

    Passons sur la forme.

    Venons aux arguments : en substance, il faut que l’on puisse poursuivre les auteurs de propos diffamatoires ou injurieux, et pour ça, on a besoin de connaitre leur identité.

    Et bien, Mr le Sénateur, je ne suis pas Polyechnicien ET docteur en droit ( entre autres !) mais je sais qu’il n’est nul besoin d’une Loi pour ça : si vous êtes diffamé ou injurié, vous portez plainte et le Procureur de la République (si votre plainte n’est pas fantaisiste) utilisera ses pouvoirs juiciaires pour obtenir les informations nécessaires et engager les poursuites idoines.

    Alors de deux choses l’une : ou bien vous n’y connaissez rien, ou bien votre proposition aurait d’autres buts, comme par exemple pouvoir se faire justice soi même, ce qui est certes plus simple et plus rapide : pressions, harcèlements, interventions auprès des employeurs ?

    Comme je n’ose croire aucune des deux hypothèses, je ne doute pas un instant que Mr le Sénateur va nous donner illico la bonne raison, celle à laquelle, du fond de mon insondable crétinisme de citoyen, je n’ai pas songé.

    Et tac.

    • Masson utilise le principe sarkosyste de la loi sur tous les sujets émotionnels, même, et surtout si, une loi existante existe déjà.
      Rien ne sert de faire appliquer les lois, il faut en créer de nouvelles, tout aussi mal appliquées (à supposer qu’elles ne soient pas retoquées par les Conseils dont c’est la tâche de les valider, à supposer que leurs décrets d’application soient publiés, à supposer que tout le monde les connaisse)

  9. Allez, on va dire que la loi passe dans une autre vie.

    Le Sénateur polytechnicien a oublié que cette loi ne pouvait être qu’applicable en France, et donc il suffirait d’ouvrir des blogs anonymes à l’étranger en restant toujours assis derrière son écran et on aurait encore une fois une loi morte née (comme Hadopi).

    Qui a dit que les politiques ne savaient pas réfléchir et se projeter ?

  10. Il est clair que la liberté d’expression du net ne peut QUE géner la propagande que nous délivrent généreusement les politiciens.
    Et l’argument de lutte contre le terrorisme, la pédophilie et le piratage est un argument massue sur lequel ils surfent pour vouloir mieux contrôler.
    (au pays de freedom, c’est hyper-courant)

    Le point particulier de cette affaire est de vouloir éviter de même passer par la Justice pour avoir l’identité de quelqu’un !!!
    Alors que la Justice est maintenant sous les ordres du gouvernement. Mais il semble que ce ne soit pas assez…
    Car la justification serait “délicate”.

    Regardez ce qui va se passer avec les piratages d’IP pour téléchargement…
    D’ici que des opposants trop clairvoyants comme vous aient des ennuis…

    Et attendez la LOPSI !!! Adopi n’est qu’une brique du mur qu’ils veulent construire.

    • Il n’y a pas que les politiciens : celui qui est mécontent de sa machine à laver ou de son appareil photo et les dit sur un blog se verra immédiatement assailli et probablement menacé par tous les services marketing et contentieux, par mail, téléphone et au besoin visites plus ou moins amicales à son domicile.

      Je ne parle pas de tous les barjots qui ne manqueront pas de se distraire en allant casser du blogueur qui soutient le club de foot d’en face, de tous les militants plus ou moins controlés d’une cause ou de l’autre qui se feront un plaisir d’inonder le téléphone ou la boîte aux lettres électronique de l’ennemi, et-caeteri, et caetera.

      Bref, cette proposition de loi n’est pas qu’infiniment stupide : elle est dangereuse pour la sécurité publique.

  11. Bonjour ma colère, salut ma hargne et mon courroux… coucou !
    Un vague prof de mes voisins, croisé par un heureux hasard ferroviaire, m’a rappelé ton existence… honte à moi. Pardonnes-moi si tu le veux bien.

    Tu n’es pas une star, dis-tu… mais tu en fus une, dans une petite communauté photographique oubliée dans la marge droite de ton blog… je m’étonne au passage que ta mise en page tolère un côté droit, fut-il marginal… l’est où, le smiley diable ???

    Bref… tout ça pour dire qu’en cherchant un peu, je devrais pouvoir retrouver tes coordonnées exactes effectivement… Donc, au besoin, Mr Masson et tout autre intéressé bien pensant pourra me contacter…
    Ah.. zut… moi aussi, je me cache vilement derrière un pseudonyme… rhhhoooo… que c’est ballot… Pour connaître mon identité, demander à SuperNo l’adresse IP et mail de ce commentaire, puis à mes FAI mes coordonnées. Promis, en retour, je ferais mon devoir d’honnête citoyen avec la même diligence que SuperNo.
    Qui a parlé d’auto-protection en réseau ?

    Pseudonyme serait-il la contraction de “pseudo-anonymat” ?

    Pour autant, le naïf éternel que je suis se pose une question qui fait un autre lien avec Hadopi… puisqu’il semble si facile d’IP-contourner les contrôles posés par cette loi (à lire certains anti-Hadopi du moins, je n’y connais rien pour ma part), ne peut-on imaginer un blogueur faisant dire ce qu’il veut à quelqu’un d’autre ?

    La vérité, je crois, est qu’internet est un outil trop ouvert pour être contrôlé… à chaque web-acteur d’assumer sa part des risques qui en découlent. Une partie du problème est sans doute qu’internet est devenu un média à part entière, qui ne peut plus être ignoré, entre autres depuis que les autres médias ne l’ignorent plus. Du coup, on vient à lui comme FR3 Lorraine vient à vous… de gré, ou de force.
    N’est-ce pas finalement ce qui gène le plus ?…
    N’est-on pas finalement au milieu de quelques répliques mineures d’un tremblement de terre médiatique… lesquelles répliques sont appelées à se dissiper naturellement ?

    Ah ben oui, je vous avais prévenu… naïf éternel…
    Bisounours ? Comment ça Bisounours…

    PS : SuperNo m’aura, je l’espère, lu sur le bon ton. Aux autres : j’ai beaucoup de questions et peu de réponses. Vous vous souvenez du sketch du grand Fernand “Heureux !”… Quel beau métier que cantonnier, en ce temps-là…

    • Tien, ce genre EGr, quelle (bonne) surprise !

      honte à moi. Pardonnes-moi si tu le veux bien.

      J’ai pas mal à me faire pardonner aussi ! (Par contre je suis déçu que tu aies oublié la règle de l’impératif présent des verbes du premier groupe, sans “S” que j’avais mis tant d’énergie à t’inculquer !)

      Pour l’anonymat, soyons clair : la plupart des blogueurs “connus”, même sous pseudo, ne sont pas anonymes ! La plupart du temps, on peut retrouver leur identité en quelques secondes (sous Linux, et à peine une minute de plus sous W$).
      Le problème n’est pas l’anonymat, la loi LCE donne déjà toutes les armes pour le lever, mais LA DISCRETION, bordel ! Je ne veux pas de “manif de droite” devant chez moi ! :lol:

  12. tiens, le billet a été publié sur Marianne2.fr…qui s’est permis il y a peu, de publier les noms et prénoms des posteurs en modifiant les modalités de connexions/postage, sans les prévenirs clairement; tout ça au nom de l’assomption des ses opinions (ai-je le droit de l’écrire ici sans porter préjudice à SuperNo en tant que bloggeur associé?)

    • Tu peux dire ce que tu veux sur Marianne2.fr :lol:

      J’avoue d’ailleurs que je suis d’accord avec toi sur ce que j’ai compris de l’affaire (publication inopinée des noms et prénoms). Ceci dit les commentaires sur Marianne2.fr étaient un tel cloaque, il fallait assurément faire quelque chose :roll: Mais ce n’était assurément pas la bonne solution :roll:

      • Pas mal de troll venaient sur M2 pour étouffer le débat, mais la publication des noms et prénoms peut s’avérer dangereuse, professionnellement parlant. Dans le même temps, c’est impossible de modérer correctement en publiant jusqu’à 20 billets en seul week-end, surtout sur les “sujets-buzz” qui attirent les mouches.

        Je me rends compte qu’il y a plusieures attaquent débats contre l’anonymat blog/bloggeurs/posteurs qui sont sortis en même temps. Et là, je vous rejoins totalement dans votre commentaire.

        Un peu comme les grévistes qui doivent figurer sur une liste nominative.
        Quand on voit que “ouh la menteuse©” risquait de mener au tribunal, que “casse-toi pov’con©” y conduit directement, idem pour un flic qui bloggue à titre personnel, j’appelle ça du verrouillage l’intimidation, mais verrouillage quand-même.

        Pourrait-on avoir un fichier nominatif des destinataires de retro-commissions pour les frégates taïwanaises et des sous-marins pakistanais, istoire que tout le monde assume ses opinions ?

  13. Je me souviens que ce monsieur avait déjà fait une intervention il y a quelques années au sujet du loto pour soutenir la thèse selon laquelle les chances au loto ne seraient pas équitables. Il était député à l’époque. Finalement, tout est bon pour essayer de sortir de l’anonymat.

  14. L’anonymat du blogueur est une question indissociable de l’anonymat des commentateurs du net en général (en marge des articles de presse, ou des billets de blogs, voire sur des forums). Ces commentateurs sont infiniment plus nombreux que les auteurs de blogs : et ce sont précisément ces innombrables commentateurs anonymes qui ont pris un poids très significatif lors de récentes affaires : affaire Jean Sarkozy (Epad), affaire Siné. Ceci jusqu’à modifier le traitement de ces affaires par la “presse officielle”, si couarde au premier abord. Ce sont bien ces innombrables commentateurs qui ont eu ce poids, et non pas “les blogueurs” (une poignée de quelques uns à l’audience infime). Si quelque chose était visé actuellement, derrière “les blogueurs”, ce serait cette faculté d’expression d’une multitude, lors d’un fait scandaleux pour tout le monde : ce devant quoi un pouvoir ne peut rien (ce fut particulièrement sensible lors de l’affaire Jean Sarkozy).

    Mais force est de constater que la possibilité de s’exprimer anonymement sur internet est un fait acquis à l’échelle mondiale : ce n’est pas un petit sénateur français qui va y changer quelque chose. Simple coup de pub pour lui, il est vrai que les sénatoriales approchent (septembre 2011)…

    • Il est évident que le commentateur est dans la même galère que le blogueur : si un employeur découvre ses facéties, le résultat sera le même :roll:

      Quant aux sénatoriales, quelqu’un de bien informé m’a dit qu’en dehors de sa croisade contre les blogueurs, sa priorité du moment serait d’intriguer pour que son collègue et ennemi Philippe Leroy, sénateur UMP et président du CG57, ne soit pas réélu, qui à faire élire un P”S” à sa place… Y’a des mauvaises langues, j’vous jure.

  15. …et pour les régionales il a appelé à voter contre le candidat UMP Laurent Hénart, si si c’est vrai !
    Mais que se passe-t-il dans la tête de ce sénateur farfelu, enfermé dans son monde…virtuel de sénateur … solitude … platitude … assis tout seul à cogiter dans son petit univers …
    ” tiens, et si que je m’attaquais à l’internet ” !

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