Ben oui, d’ailleurs c’est Le Monde qui le dit, c’est quand même une preuve…
Il aurait pu ajouter, ce monsieur au goût très sûr, que la qualité d’image est assez dégueulasse, que les cadrages sont très approximatifs, et que l’image bouge tellement qu’on croirait le film de vacances en Super 8 réalisé par papy Alzheimer après son septième pastaga. Pire, pas une cascade, pas une scène tournée d’hélicoptère, pas un effet spécial, pas un terroriste, pas un alien, pas une scène érotique ! Même pas de meurtre, de flic ou d’arme à feu. Et le pompon : même pas de version 3D ! Quant aux acteurs, alors là, laissez-moi rire. Ni Georges Clooney ni Angelina Jolie. Pas même Dany Boon ni Frank Dubosc. Forcément, il a pas aimé, Monsieur Le Monde. Remboursez !
Bon. On arrête le délire. Ce film, c’est “Solutions Locales pour un désordre global” , de Coline Serreau. Oui, elle avait fait “Trois hommes et un couffin”, il y a longtemps. Mais c’était dans un genre assez différent. Je ne sais pas si Monsieur Le Monde avait aimé. Il est certain que la notoriété est un atout pour faire venir des gens qui ne sont pas forcément des habitués de ces films militants.
Je n’avais pas pu le voir pendant le temps très court où il est resté à Metz. Du coup c’est à Lyon que je me suis rattrapé. Dans une petite salle évidemment, on ne va tout de même pas le passer dans la grande salle d’un multiplexe marchand de pop corn, faut pas déconner, non plus, des fois que plein de gens le voient et qu’ils deviennent gauchistes, après. Néanmoins, la salle était pleine. Et a spontanément applaudi à la fin. Même si mon côté rationnel trouve très con d’applaudir un écran, ce n’est pas tous les jours que ça se produit.
Disons-le tout net : en moins de 2 heures, on entend dans ce film au moins 100 fois plus de choses intelligentes que pendant une vie entière de politique française.
Ah oui, le sujet c’est l’agriculture. Coline Serreau ne donne pas la parole à Monsanto, Nestlé ou Danone qui viendraient, avec toute la respectabilité qui sied à leurs entreprises multimilliardaires, nous assurer que leurs produits vont sauver le monde, alors qu’ils le détruisent.
Non, le film est fait de conversations informelles avec des sommités de l’agriculture paysanne, bio, à l’ancienne. Ceux que Monsieur Le Monde considère manifestement comme des fous sans intérêt. On peut donc y entendre Dominique Guillet (un délinquant qui ose distribuer des semences non référencées), Pierre Rabhi (un petit bougnoule de 52 kg qui cueille des olives en Basse Provence pendant que la France travaille), Serge Latouche (un économiste dégénéré qui crache dans la soupe en osant contester la religion de la croissance et répète comme un demeuré qu’on n’a qu’une planète), Vandana Shiva (une indienne hystérique qui s’oppose aux multinationales sous le fallacieux prétexte qu’elles détruisent la terre, l’eau, et qu’elle exploitent les paysans qui se suicident en masse, sans comprendre que ce sont elles, ces multinationales, qui créent les emplois et la croissance indispensable, et nourrissent le monde), Lydie et Claude Bourguignon (des fous ricanants qui préfèrent les petites bêtes immondes aux pesticides et aux tracteurs géants et font de l’humour déplacé sur la prétendue folie des scientifiques) et d’autres cinglés de leur espèce, croisés au Maroc, en Inde, en Ukraine ou au Brésil, et qui ont tous pour point commun de considérer l’agriculture moderne comme une folie monstrueuse et absurde, et de préconiser un retour à la raison, étayé, contrairement à ce que Monsieur Le Monde avance, par de la pratique probante.
Vers la fin du film, une vieille agronome brésilienne répond à une question sur Lula et son éthanol : “Il est fou !”.
Voilà un bon résumé du sujet. Qui est fou ? La bande de fous furieux et cupides qui est en train de détruire la planète et d’empoisonner ses habitants et en laisser crever de faim plus d’un milliard, tout ça pour assurer les vieux jours des actionnaires des multinationales de l’agro-industrie et de l’agrochimie ?
Ou alors une bande de doux dingues, les derniers exemplaires de résistants qui s’efforcent de prouver, comme Pierre Rabhi en Afrique, qu’on peut faire de l’agriculture sans chimie et sans industrie ?
Les premiers ont tellement, à force de propagande et de pub, perverti le cerveau des agriculteurs et des cons-sommateurs, que dans l’opinion publique (ou chez les Spécialistes du Monde), ce sont les seconds qui souffriraient de pathologie cérébrale !
Vandana Shiva, militante féministe, avance que la déconfiture de l’agriculture est liée à sa masculinisation. Pourtant historiquement c’était une affaire de femmes. Elles s’occupaient des plantations, avec lesquelles elles nourrissaient la famille. Mais depuis que les hommes ont repris en main cette activité, il n’est plus question que de rendement et de pognon, peu importe la méthode. Le pire en tant qu’homme, c’est d’être obligé de lui donner raison.
Claude Bourguignon, le comique de la bande, est le plus clair. Il parle de l’INRA, et de ses professeurs Tournesol qui ont manifestement perdu le sens commun. Il cite l’exemple de recherches visant à créer une espèce de poulets sans plumes, car les plumes nécessitent beaucoup d’azote. Recherche vite abandonnée quand ils ont vu que les poulets sans plumes avaient froid, et qu’il fallait donc dépenser plus d’argent pour le chauffage du poulailler.
Il montre aussi, microscope à l’appui, la différence entre une terre fertilisée naturellement, et la terre d’une exploitation céréalière industrielle. La première est friable, aérée, absorbe très bien l’eau, et surtout renferme un myriade de petites bestioles plus ou moins ragoûtantes, dont la seule fonction est de décomposer les végétaux et autres composantes naturelles du sol. La seconde est compacte, dure, imperméable (favorisant l’érosion et les inondations), et surtout elle est morte ! Les mots sont importants, cette terre est morte ! Plus la moindre trace de vie, pas une seule petite bête, puisqu’elles ont été occises par les torrents de pesticides savamment épandus année après année par les agriculteurs-empoisonneurs à la solde (et en même temps victimes) de l’agrochimie.
Bourguignon préconise la cohabitation entre l’élevage et les plantations, afin de pouvoir échanger facilement le nécessaire à la bonne marche de ces activités : par exemple les céréales fournissent la nourriture des animaux, et le fumier qu’ils produisent est épandu sur les sols.
En France, on élève tous les cochons en Bretagne (ce qui fait que le sol n’en peut plus), le blé est en Beauce, et on fait venir la nourriture OGM par bateau du Brésil : qui est donc le fou ?
Pour faire pousser quelques chose dans un sol mort, et donc parfaitement infertile, il faut y mettre des engrais chimiques. Et c’est le but !
L’agriculture moderne est née du besoin de reconvertir l’industrie chimique de l’armement après la seconde guerre mondiale.
On en vient même à sélectionner les espèces qui nécessitent le plus de ces saloperies, car elles sont plus rentables pour les marchands ! Ainsi, je croyais que la pomme Golden avait été choisie pour sa couleur attirante, sa peau lisse, et son absence quasi totale de goût qui la rendait acceptable par tout le monde. Certes, mais pas seulement. C’est aussi celle qui est la plus vulnérable aux attaques d’insectes, et elle nécessite donc 30 à 36 traitements chimiques ! 30 à 36 !!! Qui est donc le fou ?
Et qui sélectionne ces espèces ? Toujours les mêmes, les privatiseurs du vivant, les industriels de la semence. Depuis des millénaires, le paysan prélevait une partie de sa récolte pour ensemencer la suivante. Cette pratique appartient au passé : pas rentable pour les multinationales ! Grâce aux semences hybrides ou OGM, les paysans sont obligés de se fournir chez les semenciers ! Qui leur vendent aussi les saloperies chimiques qui les accompagnent. C’est ainsi que le nombre d’espèces animales ou végétales est réduit au minimum… Avant il y avait des centaines de variétés de pommes ou de tomates. Seules quelques-unes subsistent encore. Même si des contestataires (comme Kokopelli ) s’ingénient à conserver des semences anciennes, et à les fournir gratuitement aux paysans qui permettront ainsi d’entretenir le stock. Mais comme nos gouvernants, intelligents, désintéressés et pas du tout corrompus par les multinationales, ont décidé que seules les semences autorisées pouvaient être cultivées, Kokopelli s’est retrouvé devant la justice comme un vulgaire dealer. Qui est donc le fou ?
Les paysans, reconvertis en vulgaires épandeurs de chimie, sont les premières victimes du système. Ce qu’ils peuvent gagner en plus, ils sont obligés de le reverser aux semenciers, aux chimistes, aux marchands de tracteurs et aux banques. En Inde, il y a eu des milliers de suicides de paysans (en buvant une bouteille de pesticides…) qui ne s’en sortent plus. Pourtant, la green revolution leur avait promis bonheur et prospérité.
Pour comprendre qui est le fou, on peut par exemple visualiser le système d’approvisionnement de Paris : aucune production locale ou presque, un flux continu de camions en provenance d’Espagne ou du Maroc. A peine quelques jours de stock. Comme le disait le gérant d’une AMAP : si un jour il y a un problème et que l’approvisionnement est interrompu, on verra une horde de parisiens affamés qui s’abattront comme des criquets pour venir piller notre exploitation.
Avec la hausse inéluctable du prix du pétrole due à sa raréfaction, la catastrophe est pourtant prévisible : ces saloperies d’engrais et de pesticides sont faits avec du pétrole. Ils vont d’abord devenir de plus en plus chers. Et sans pétrole, plus d’engrais, et plus rien qui pousse sur des terres mortes.
Il est urgent de reprendre la barre. Il ne s’agit plus de réformes, il s’agit bien d’une révolution. Pour cela, il faudra dégager nos gouvernants à la solde des multinationales (j’ai déjà parlé d’Accoyer et d’Ollier, mais il y en a combien d’autres !) et caressant les exploitants dans le sens du poil. Sarkozy ne disait-il pas au dernier salon de l’agriculture : “L‘écologie, ça commence à bien faire”, propos démago et honteux censés refléter la pensée des agriculteurs, qui sont pourtant les premières victimes de ce système. Non, l’écologie ça ne suffit pas, ça ne fait que commencer !
Il faudra re-lo-ca-li-ser ! Redonner aux agriculteurs leur fierté de produire de la nourriture saine. Arrêter de bouffer de la merde. Arrêter les prolifération des cancers “inexpliqués”. Et même créer de l’emploi, car il faudra bien sûr plus de main d’œuvre en agriculture bio qu’en chimie lourde ! Raser les hideuses “zones d’activités” pour en faire des exploitations bio.
Bref, il faudra rendre la parole et les manettes aux “fous”, ceux qui ont su garder la raison dans cette période folle.
Vous avez donc compris que j’ai adoré ce film (même si la pub-récup de biocoop sur le générique de fin était facultative), et que je vous engage à me faire davantage confiance qu’au critique du Monde. Même si vous aurez sans doute un peu de mal à le trouver dans votre région !
[EDIT : ils ont vu le même film, ils le racontent à leur manière] :










J’ai pas vu le film, mais ce que tu dis, n’a l’air d’être que du bon sens ….
Quand pourra t-il redevenir “le bon sens près de chez nous” ??
Oui, mais gare tout de même au “bon sens”… C’est en son nom que Sarkozy nous a vendu le bouclier fiscal (“c’est pas normal de donner plus de la moitié de ce qu’on gagne à l’Etat”) ou la défiscalisation des gros héritages (“il est normal de transmettre à ses enfants ce qu’on a gagné au cours d’une vie de labeur”) ou que l’on casse les retraites (“puisqu’on vit plus longtemps, il est normal de travailler plus”).
L’agriculture propre, non seulement c’est du bon sens, mais c’est aussi beaucoup d’autres choses, et notamment la fin d’un système et d’une logique.
Hello
Pas encore vu le film de Serreau mais dans la dans même veine et dans l’esprit des reportages de Depardon il y a “Le Temps Des Grâces” (http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/1265645880/article/le-temps-des-graces/), un film qui soutient le retour des haies agricoles et met l’accent sur les bienfaits du BRF (bois raméal fragmenté) et pour ceux qui aiment la poésie, je ne peux m’empêcher de citer le film “Paul Dans Sa Vie” dont on peut voir la B.A ici
Le film parle aussi des haies et du bois raméal fragmenté !
Je l’ai vu peu de temps après sa sortie (dans une salle de gauchistes à Toulouse, où les 3/4 de la salle sont des enseignants
).
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Là aussi, les gens ont spontanément applaudi, et je dois avoué que j’ai ressenti cette envie au moment du générique. Je pense que l’écran s’est senti très ému
J’ai beaucoup aimé, le film n’est pas accablant, mais au contraire encourageant. Il y a des films (nécessaires) qui poussent à la prise de conscience (mais ils seront invariablement perçus comme catastrophistes et donneurs de leçons ; on peut moraliser le capitalisme mais pas faire la morale aux spectateurs quand-même !), celui-ci pousse à l’action. On peut espérer que ce ton agressera moins le spectateur moyen, mais j’en doute un peu.
J’ai conseillé ce film à tout mon entourage… autant dire que j’ai p… dans un violon.
Oui, peut-être que la vision d’un film positif est moins susceptible de rejet de la part de gens qui ne sont pas encore au fait des problèmes… Mais pour qu’il y ait vision, il faudrait que sa diffusion soit plus large…
ps: reçu ce matin dans ma BAL: http://www.koreus.com/video/alerte-babylone.html. Toujours ce matin, Giordano sur F.I -blablabla- sur les pesticides et les cancers dans le monde agricole … et puis y a ce dossier d’une étude russe sur les OGM (http://www.terrefuture.fr/2200/ogm-l%E2%80%99etude-russe-qui-pourrait-%C2%ABderaciner%C2%BB-une-industrie), ces plantes qui résistent à Monsanto (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/l-amarante-plante-espiegle-56310) et ces autres là (http://www.nytimes.com/2010/05/04/business/energy-environment/04weed.html) qui font la nique au producteur de Round-Up mais j’arrête là parce sur ce sujet qui me passionne, je m’emballe vite, très vite …
J’hésite encore à aller le voir…
Je me demande à quel point ce n’est pas une redite de films ou documentaires assez grand public qu’on a pu voir dans les ? 5 dernières années: Le monde selon Monsanto, Notre pain quotidien, We feed the world… et les bouquins de Nicolino.
C’est toujours bien (?) d’être conforté dans ce qu’on sait déjà.
Mais est-ce original?
oui, c’est original.
Il faut y aller.
Même les “confortés” avouent y avoir appris des choses.
En plus, il ne désespère pas, puisqu’on y entend des “fous” admirables ET efficaces.
Ce n’est pas tout à fait faux. Si tu as vu et lu toute la liste que tu énumères, tu ne sortiras pas forcément révolutionné.
Mais le sujet du film est très ciblé, il s’agit d’agriculture, de techniques de culture, j’avoue que c’est un sujet que je ne maîtrise pas totalement, et j’ai appris des trucs. Et tous les intervenants sont passionnants.
Il est évident qu’il vaut mieux y emmener un béotien !
Quoi qu’il en soit, soutenir un tel film en achetant une place de cinoche, et contribuer à sa plus large diffusion en en parlant autour de soi est un acte militant, économique et utile !
Pour une fois, je t’ai devancé… J’ai moi aussi bien aimé le film et je trouve qu’il montre l’inutilité de la politique aujourd’hui. Les enjeux sont au niveau individuel.
Je me suis inscrit récemment à une liste de diffusion des “décroissants” de ma région, ceux qui se sont présentés aux européennes et régionales. Je reçois des messages assez inintéressants qui sont déjà de l’ordre de la querelle de clocher, pour savoir qui va mener la sous-commission machin et qui va représenter le mouvement à telle manif… C’est assez peu engageant et ça conforte mon opinion : dans un monde individualiste, c’est l’individu qui doit changer les choses, pas le collectif. Et ça passe par l’éducation, la prise de conscience. J’y travaille avec mon blog à mon humble niveau. J’invite tous les décroissants à faire de même, plutôt que de se perdre dans des initiatives politiques vouées à l’échec.
Le problème c’est que les partis politiques ont pris une tournure néfaste. A la base, un parti n’est rien d’autre qu’un rassemblement d’Hommes qui partagent une même opinion de la société sur les points les plus importants. En aucun cas, il ne s’agit de faire un moule où tous les individus entrant dans le parti se conforment. C’est justement un espace de débat qui a pour but de faire émerger des idées. Ce n’est qu’ensuite que l’élection devient un point important pour pouvoir mettre en place ses idées.
Seulement dans les grands partis, la composante électorale est devenue la base. Tout le monde doit se ranger derrière la tête de gondole sur TOUS les points pour faire valoir une unité en toc dans le but de se faire élire. Les querelles de clocher apparaissent alors pour savoir qui va être président de ci, chargé de mission de ça,… Les militants ne sont alors plus que des numéros, servant uniquement à justifier “l’engouement populaire” du parti.
J’ai la faiblesse de croire qu’il existe encore quelques partis où ce mode de fonctionnement est différent, où les militants débattent, échangent, militent et peuvent être élus.
Dans la démocratie actuelle, l’individu seul ne peut pas faire grand chose. Si une démocratie directe était rétablie, au moins à petite échelle, il en serait tout autrement.
Mais si l’on veut débattre de projets, militer pour un monde différent, et mettre en place ses idées, que faire à part suivre un parti (sans forcément adhérer d’ailleurs) ? L’individu seul ne peut détruire le monde capitaliste, en groupe c’est possible.
L’individu peut changer les choses, mais à une échelle très différent de celle du groupe. Le parti politique, en regroupant des gens de tout horizon, en étant rien de plus qu’un rassemblement de citoyens peut très bien être sain.
A mon sens, la première chose et peut-être la seule (à part éteindre la lumière quand il quitte la salle de bain) qu’un individu peut faire, et sans doute la plus intéressante, c’est abandonner un peu la haute idée et tout-à-fait surfaite qu’il a généralement de lui-même et de ses opinions, fondées le plus souvent sur quelques vagues croyances quand ce ne sont pas de simples ragots…
En effet, la conception de l’individu comme une petite entreprise de lui-même en concurrence avec tous les autres est un des points-clés de l’idéologie néo-libérale ! Alors évidemment, penser lutter contre le néo-libéralisme à titre individuel est assez cocasse…
Voir ici : http://jaidulouperunepisode.org/006_Laval_toutes_les_interviews.htm
et surtout lire : Pierre Dardot, Christian Laval, La nouvelle raison du monde, La Découverte, 2009
NaOH : militer collectivement, dans un parti ou un syndicat, c’est précisément laisser croire que son opinion (certes partagée au moins en partie par les autres membres de l’organisation) est meilleure que celles des autres. C’est en cela que je dis que la politique et l’engagement collectif ne mènent à rien. L’individu va bien sûr avoir tendance à tirer la couverture à soi, sauf s’il est conscient. Conscient par exemple des dommages que son comportement cause à la planète, et des conséquences sociales de ses achats à prix discount. Plus je réfléchis à la question, plus je crois qu’il ne faut rien attendre de l’action politique, TANT QUE l’individu n’est pas bien conscient des enjeux.
La publicité et la propagande libérale se charge de “déconscientiser” les gens, pour qu’ils aient plaisir à acheter les baskets faites par les petits chinois. À nous de faire l’inverse, chacun à notre niveau, avec nos compétences.
J’ai écrit la majeur partie du compte-rendu juste après avoir vu le film, sans avoir rien lu d’autre à son sujet que la critique du “Monde”, (et le logo “à éviter” du Progrès de Lyon !), et sans même voir si un de mes “collègues” avait écrit sur le même sujet.
C’est marrant, à lire ton billet, nous avons bien vu le même film, et l’avons compris de la même manière !
Je rajoute le lien en fin de billet
J’ai déjà écrit assez souvent que je ne croyais pas à l’initiative individuelle pour changer quelque chose de significatif (à part la vie de l’individu lui-même, ce qui peut déjà être positif). Depuis le temps que je boycotte plein de trucs, les trucs en question sont toujours là ! De plus, dans une société droguée par la pub depuis des décennies, il est illusoire de changer quelque chose rapidement. Il faudra bien une prise de conscience collective, et seule la noirceur toujours plus grande du monde pourra le provoquer, hélas.
Je ne sais pas ce qui se passe dans le milieu de la décroissance, mais je me souviens de ce qui s’est passé chez ATTAC il y a quelques années : même les gens les plus intelligents peuvent se saborder, hélas
Mes initiatives individuelles depuis 5 ans ont déjà eu une portée bien plus grandes que plus de 15 ans de bulletins de vote glissés dans l’urne. C’est une façon certes un peu biaisée d’envisager les choses, mais je n’arrive pas à trouver un engagement collectif qui fonctionne, ou qui me corresponde.
Je pense que l’urgence est d’évangéliser, de colporter, d’informer. Pour que tout le monde soit bien conscient. Sans ça, toute action collective ne fera que renforcer l’idée que la démocratie actuelle est parfaite et a tout prévu.
@ SuperNo 11 mai 2010 à 11:13
“J’ai déjà écrit assez souvent que je ne croyais pas à l’initiative individuelle pour changer quelque chose de significatif” !
si dans l’ouverture de Chasse à l’homme [Man Hunt] de Fritz Lang (1941), Walter Pidgeon qui tenait Hitler en joue dans la lunette de son fusil avait appuyé sur la détente au lieu de sottement hésiter, sans doute cette “initiative individuelle” aurait “changé quelque chose de significatif”
Dans les années 70, on vit fleurir en occident certains mouvements de lutte armée, y compris en France avec par exemple l’enlèvement de certain capitaine d’industrie qui ferait aujourd’hui figure de gentil financier de province à côté des actuels requins de l’industrie et de la finance, à l’heure où l’écart entre les très riches et la masse des laborieux s’est invraisemblablement accru. Il est étonnant qu’à l’heure actuelle, les principaux requins mettant à sac LE MONDE puissent se promener impunément, sans la menace de quelque groupe armé d’extraction populaire. Sans doute cela ne perdurera pas éternellement ainsi.
sans doute. Je suis personnellement assez surpris que des “actions directes”, brigades rouges” ou autres “bandes à baader” ou leurs équivalents ne se soient pas recréés. Mais ce n’est probablement qu’une question de temps, et d’absence d’espoir.
Ah au fait SuperNo, c’est quoi “ce qui s’est passé chez ATTAC il y a quelques années” ?
L’initiative individuelle est la base de l’échelle. Mais elle est assez insuffisante. Pour ne reprendre que l’exemple du film de Coline Serreau, c’est-à-dire l’agriculture, que peut faire le citoyen seul ? Certes, il peut acheter bio mais est-ce que ça va empêcher les produits de Monsanto, les pesticides, … ? Pas mal de citoyens commencent à prendre conscience de l’urgence et adhérer à des AMAP et autres et pourtant, l’élevage industriel et la grande distribution ont-ils disparus (c’est que disais SuperNo) ? Je crois qu’il faut un vrai projet politique de société pour changer les choses (ou alors il faudrait que des milliers de gens boycottent mais ça me parait tellement irréaliste).
Et ce projet politique, il n’est possible qu’en groupe. Évidemment dans ce groupe, il faut que les individus soient conscients et responsables et puissent débattre correctement. Mais c’est sûrement possible dans des partis un peu plus sain que les “gros” partis. Et puis comme le dit RiGel, rassembler les cerveaux et les idées peut faire émerger des idées totalement nouvelles.
Pour ce qui est de savoir si militer en groupe, c’est croire que son opinion est meilleure que les autres. J’aurai tendance à dire oui mais ça me parait plutôt normal. Tout individu qui a des convictions croit en ses idées et à envie de les mettre en pratique parce qu’il croit qu’elles sont les plus utiles à la société. Et pour ça il essaye de convaincre la population du bien-fondé de ses pensées (ne pas confondre convaincre et persuader).
Enfin, certains pensent que pour modifier le système, il ne faut pas lutter avec les mêmes outils que ce système, en l’occurrence les partis, les élections,… J’ai tendance à penser le contraire et à dire qu’une fois en position de modifier les choses, il y aurait moyen de mettre en place une vraie démocratie directe.
C’est une question de masse critique. Tu dis que “pas mal de citoyens commencent à prendre conscience …”, pas mal, c’est combien exactement ? Est-ce que c’est assez ? Combien savent simplement que les AMAP existent et en quoi elles représentent une alternative ?
Alors, si tu veux que ton voisin connaissent une AMAP, vaut-il mieux que tu lui montre ton panier de légumes hebdomadaire ou que tu t’investisses dans le parti soutenu par les objecteurs de croissance de ton coin ?
Idem, si tu veux emmerder Monsanto, tu fais une manif avec l’asso écolo de ton patelin, ou bien tu commences par ne rien acheter chez eux, et colporter la nouvelle sur les blogs et forums que tu fréquentes ?
Bien sûr, ce n’est pas exclusif, mais j’imagine que beaucoup de monde a, comme moi, un emploi du temps à gérer et une quantité finie de temps disponible pour ce genre de choses.
Je pense qu’aujourd’hui (je ne dirais peut-être pas ça dans 10 ans), il est diablement plus efficace de bloguer, faire des conférences, écrire des bouquins, discuter avec ses collègues … à titre individuel, que de perdre du temps en réunion de section du parti décroissant du coin, qui fait 0.02% des voix, et dont l’action la plus visible est de faire passer une pétition contre les OGM.
Merome, je pense que l’action individuelle est évidemment nécessaire. Comment vouloir changer le monde sans commencer par changer son propre comportement ? Simplement elle n’est pas suffisante.
Pour tous les exemples que tu donnes, les deux propositions que tu donnes sont valables. J’explique.
Reprenons les AMAP. Oui il faut propager l’idée, en parler autour de nous,etc. Mais en ne faisant que ça, on oublie deux points. Le premier, c’est que la “force de propagande” est assez faible. Combien de personnes vas tu pouvoir convaincre ? En ayant une action politique, tu as une plus grande ampleur d’action et tu peux mettre en place des circuits de distribution plus courts. Le deuxième point, c’est que malgré toute ta force de parole, cela n’empêchera pas la grande distribution, l’agriculture industrielle,…
Idem pour l’exemple de Monsanto. Oui tu n’en achètes pas, mais est-ce pour ça qu’ils ne vont plus être en vente ? Donc pour moi le boycott doit être accompagné de manifs.
Mais ce qui m’étonne, c’est la diabolisation des partis ou groupes politiques. Ce ne sont rien plus qu’un regroupement d’Hommes qui, comme toi, ont un engagement citoyen. Simplement, afin d’avoir une portée plus importante, ils se rejoignent dans un parti qui porte leurs convictions.
Après, ta description des partis me semble un peu caricatural. Un parti est là aussi pour débattre et faire sortir des idées (je ne sais pas si ça existe encore), ce qui ne me semble pas une perte de temps. Mais un parti est aussi là pour faire connaître ses idées et accéder à un moment où à un autre au pouvoir (ce n’est pas intrinsèquement un mal) pour mettre en place des projets concrets. Et évidemment créer un parti parce qu’on est pas d’accord sur un détail avec un autre parti est ridicule. C’est pour cette raison que je ne partage pas l’idée d’un parti décroissant.
Pour finir, je citerais Patrick Viveret qui définissait l’engagement citoyen comme une “résistance créatrice, une vision transformatrice et une expérimentation anticipatrice”. L’action individuelle me semble ignorer ce dernier point. Que peut le citoyen seul contre le nucléaire, contre les OGM, contre la publicité ??…
Je ne dis pas que l’action individuelle est suffisante, je dis qu’elle est préalable, urgente et indispensable. Je ne diabolise pas les partis, ni les organisations. Je constate que leur fonctionnement n’est pas efficace. Sauf à être majoritaire, et encore. Je me demande si l’UMP contrôle bien les choses et si ce n’est pas le marché qui guide tout ça de sa main invisible.
Une main invisible dont nous sommes les doigts, d’ailleurs. Le marché, c’est nous. Si on sait que notre bidoche vient d’animaux qui sont maltraités, que nos vêtements sont faits par des gens qui suent sang et eau pour pas un rond, que notre niveau de richesse n’a d’égal que la pauvreté des autres, alors le marché change de gueule. Et alors seulement, le politique et le collectif devient utile.
Mes propos peuvent laisser penser, à tort, que je jette la pierre à ceux qui ont le courage de s’engager dans un mouvement quelconque. Je fais juste une remarque, peut-être faussée par ma vision des choses : aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de chances de changer le monde avec mon blog (c’est dire !) qu’en adhérant à un hypothétique parti idéal des décroissants.
@Marti und Merome und anderen Menschen
Agir local, penser global. C’est la stratégie préconisée par les derniers représentants du C.N.R. Je cite ci-dessous Jean-Luc Porquet répondant à la question :
Faut-il souhaiter que cette résistance se fédère?
Qu’elle se fédère ? Pourquoi donc ?
J’ai été assez marqué par Jacques Ellul, à qui j’ai consacré un livre il y a quelques années [14]. Lui disait qu’il ne fallait pas rentrer en politique, que ça ne servait à rien de dépenser son énergie à essayer de faire la conquête de l’appareil du pouvoir. Il avait d’ailleurs inventé, dans les années 30, ce slogan largement repris ensuite : « Agir local, penser global. » Il était convaincu qu’il fallait changer les choses à un petit niveau, en s’associant avec des amis. C’est évident : on fait davantage de choses en agissant sur des problématiques proches qu’en s’inscrivant dans un parti. Une position qu’on retrouve dans le texte admirable de Simone Weil [15], Note sur la suppression générale des partis politiques, qui date lui-aussi des années 30.
J’ai converti (j’aime pas ce terme, j’ai l’impression de prêcher) quelques clampins autour de moi aux Amaps et eux-mêmes en convertissent d’autres. J’ai montré à quelques voisins comment et pourquoi se passer de certains produits phytosanitaires et ils passent l’info. Un collègue a cessé de faire tourner son diesel 1/4h avant de partir bosser et du coup il corrige les autres dans son entourage et ainsi de suite, j’ai plein d’exemples sous la paluche. Ah oui! j’ai réussi à imposer la mise en place du tri sélectif dans ma boite aussi … et il y a un potager désormais aussi! Mais bon, petit à petit on y arrive mais P*IN! y a du boulot!!!
ps : En ce moment, c’est la guerre à l’huile de palme dans les produits!
C’est vrai qu’on pourrait croire que tu critiques ouvertement les partis et organisation ; je suis satisfait si tel n’est pas le cas.
Je te suis sur le fait que la prise de conscience individuelle est le terreau indispensable si on veut ensuite construire quelque chose.
Tu as peut-être le sentiment de pouvoir changer le monde avec tes actions individuelles. Personnellement c’est l’inverse. Je me sens totalement impuissant face au monde environnant et mes actions personnelles me paraissent dérisoire. Si on veut supprimer le monopole des banques, comment on fait ?
A Raoul :
La résistance, bien que l’œuvre de citoyens avant tout, s’est quand même le plus possible rassembler dans des structures telles que le maquis, le FTP,… parce que un citoyen seul n’aurait pu vaincre le nazisme.
J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi l’action collective serait “inutile”. Prenons un citoyen qui veut adhérer au parti de gauche (je ne suis pas adhérent, donc je ne suis pas l’avocat du PG). Pourquoi le fait-il ? Parce qu’il a pris conscience du désastre capitaliste, il a envie d’adhérer à un parti anti-productiviste, qui prône une écologie politique et qui a l’envie de rassembler. Il pense ainsi pouvoir débattre de sujets de société et militer pour ses idées et pourquoi pas avoir des responsabilités dans sa commune, dans son département,…
L’action collective et politique n’est pour moi que le rassemblement de consciences individuelles et n’est pas forcément néfaste et politicienne.
Et puis désolé Raoul, mais tout ce que tu as réussi à changer, c’est un peu ce qu’on considère comme de l’éco-tartuferie et qu’on critique sur ce blog (hormis les AMAP) : couper l’eau, changer ses ampoules,… C’est très bien mais largement insuffisant et quiconque trouve ça suffisant me paraît hypocrite.
@Marti
On en reparle demain, là j’ai plus le temps!
(je m’attendais au coup de l’ecotartrufrerie)
Bonne nuit à tous!
ps: je vous ai déjà dit que je vous aimais bien?
Ahah je sais pas si je dirais de même mais c’est vrai que c’est agréable de débattre!
Marti : on ne dit pas que l’action collective est inutile, on dit (enfin, je dis) qu’elle est inefficace, tant qu’une masse critique d’individus n’est pas convaincu de certaines choses. Et donc, c’est là-dessus qu’il faut bosser en priorité. L’engagement politique viendra peut-être après.
Tu as le sentiment que ton action individuelle est dérisoire ? Elle l’est, comme la mienne d’ailleurs. Mais elle est encore plus efficace qu’un engagement politique, à mon sens, car celui-ci n’est pas lisible aujourd’hui. Dans le même ordre d’idée, tu sors ta carte de crédit 2 ou 3 fois par semaine, peut-être plus, alors qu’on ne dégaine sa carte d’électeurs qu’une fois par an au mieux, et avec les biais d’interprétation des résultats (scrutin majoritaire, vote utile, ….) que l’on sait.
Faire des réunions interminables dans un collectif dans lequel forcément je ne me sentirais pas tout à fait à ma place, ou bien essayer de rassembler et organiser mes idées pour mieux les défendre à titre personnel autour de la machine à café, sur un blog, dans un forum, mon choix est vite fait. Je me sens bien plus “utile” individuellement que collectivement.
Oui la prise de conscience individuelle est nécessaire. Mais admettons qu’on a pris conscience, on s’arrête là ? Je pense que c’est une motivation personnelle. Toi tu sembles satisfait de l’action uniquement individuelle, tant mieux. Moi je penche pour l’action groupée.
Si un jour j’adhérais à un parti, pourquoi le ferais-je ? Eh bien parce que j’attendrais dans un parti ce qu’on fait ici, c’est-à-dire des débats avec des gens de toutes origines qui est toujours très enrichissant. Personnellement, je ne débat pas aussi profondément avec des gens familiers. Après je ne sais pas si tu as l’expérience des partis, mais si effectivement les réunions servent juste à définir des postes administratifs, je changerai peut-être d’avis.
En effet, l’action politique est limitée au vote actuellement. Mais justement s’inscrire en politique toute l’année, c’est déjà lutter contre cette forme de démocratie. Et puis être membre d’un parti ne veut pas dire se soumettre aux logiques de parti (la politique au sens élection). On peut très bien lutter contre une autre forme de démocratie dans un parti.
@Marti : ma position n’est pas aussi tranchée que tu sembles le décrire. Je répète : je pense qu’aujourd’hui l’engagement collectif est moins efficace que l’individuel. Parce que les gens n’ont pas conscience et que c’est ça qu’il faut d’abord travailler. Dans 10 ans, je répète aussi, je changerai peut-être d’avis.
Débattre avec des gens qui ont le même avis que moi m’apporte moins que de discuter avec des gens qui n’ont jamais entendu parler de décroissance ou de simplicité volontaire. A priori, ça leur apporte moins aussi.
Ma prise de conscience date de 2005, date à laquelle j’ai ouvert mon blog. Du coup, j’ai bien pu analyser les étapes de ma prise de conscience et j’ai pu pas mal écrire dessus. J’en tire énormément d’enseignements que j’espère pouvoir réinvestir chez d’autres qui auraient la même sensibilité que moi et pas eu la chance d’être exposé aux mêmes informations.
Maintenant, c’est une réflexion personnelle qu’on peut ne pas partager. Je n’ai aucune certitude sur le sujet, j’ai juste une impression qui se confirme chaque jour et dont je vous fait part ici
Je ne tire aucunes certitudes non plus. Je pense qu’on a tous les deux des opinions un peu différentes (parce qu’au fond on est plutôt d’accord sur le fait que la prise de conscience individuelle est la base de tout) qui n’ont pas valeur de vérité et qui sont respectables l’une et l’autre.
Je crois aussi que nous nous rejoignons sur le fait de transmettre cette conscience autour de nous. C’est à partir de ce point que nous nous séparons.
Personnellement j’apprends plus à discuter avec des gens “convaincus”. Parler à un acharné du capitalisme, je t’avoue que ça ne me passionne pas. Ce n’est pas pour autant que je n’essaierai pas de convaincre cette personne.
J’ai découvert la décroissance totalement par hasard et c’est vrai que je me dis qu’il est possible que d’autres découvrent aussi.
En tout cas, je crois clairement que sur ce sujet, il s’agit avant tout d’une opinion personnelle plus que d’une vérité absolue.
@Marti (Aye aye aye!!! ça va êt’ ta fête!!!)
Alors comme ça, tu m’critiques??? tu m’traites???
La Résistance avant d’être organisée, c’était un peu chacun dans son coin. Après elle s’est plus ou moins organisée en groupes de maquisards. Les Justes ont effectué des actions quasiment individuelles avec leur famille proche comme seule soutien. L’appel du 18 juin n’a été entendu que par très peu de monde.
Pourtant tous étaient animés par la même envie, le même but mais tous ont commencé localement sauf ceux qui ont immédiatement rejoint l’Angleterre.
Je ne dis pas que l’action collective est inutile.
Personnellement, je suis souvent tenté de prendre une adhésion. Le PG actuellement, le NPA avant … Cependant, en agissant ainsi j’ai l’impression que ma voix va se perdre dans un brouhaha général. Ce n’est pas que j’estime que ma voix (ou mes idées) sont plus importantes que celles des autres mais dans un groupe tout le monde veut se faire entendre et le résultat est souvent l’inverse de ce que l’on attend ou espère.
En attendant, que faire? Rester les bras croisés? J’y arrive pas!
Comme tu le dis, on peut agir dans sa commune et s’investir dans un mandat local. J’ai un ami qui est adjoint au maire de sa commune (Le Vésinet 78). il s’investit dans son rôle et a pris sa carte au P.S. Il s’est rendu à une ou deux réunions du P.S avant les régionales. Il m’a raconté le foutoir affligeant que c’était. Les objecteurs de croissance eux-mêmes ne parviennent pas à se mettre d’accord entre eux.
Alors, j’agis local:
Ma voix je peux la faire entendre autour de moi. Mes voisins, mes collègues, ma famille, mes potes et mes amis et parfois les gens que je rencontre sur les marchés ou dans diverses manifestations ou dans les lieux publics tels que les bars ou restaurant ou dans les partouzes (nan, j’déconne là)!
Alors, peut-être que je fais dans l’éco-tartuferie.
En attendant, faire prendre conscience à mes voisins jardiniers des méfaits des produits phyto et leur indiquer des méthodes plus propres ne me semblent pas être de l’éco-tartuferie. Réussir à imposer le tri ou quelque chose qui y ressemble, oui, c’est de l’écotartuferie dans la mesure ou je suis contre cette contrainte qu’on nous impose et la réduction des emballages qu’on ne l’impose pas aux industriels. Mais, triant depuis plus de 20 ans (culture allemande oblige) je ne supporte pas de balancer du papier dans une poubelle normale. Alors, le tri c’est juste un premier pas, une sensibilisation avant que de faire prendre conscience aux gens qu’ils doivent tout faire pour inciter les industriels à réduire leurs déchets ou garantir leur dégradabilité ou encore les consigner (Avant, nos bouteilles étaient bien consignées, non?). Pour l’anecdote, j’ai un pote allemand qui a ouvert un moulin à bière à coté de chez moi, dans le 35 donc. Lorsqu’il repart en Allemagne refaire le plein de biere, il y emmène toutes ses bouteilles vides!!!
Le potager dans ma boite, c’est symbolique. Je bosse dans le 9-3 et ici, beaucoup de gamins n’ont jamais vu de légumes pousser!
Mon pote et son diesel, c’est quelque chose que tous ceux qui ont vécu en région parisienne peuvent comprendre. La bagnole est une saloperie, je suis d’accord mais en attendant il n’y a pas beaucoup d’alternatives. Le train est hors de prix. Le vélo te limite dans la distance. les transports en commun n’existent pas partout (!). Perso, je peux pas me passer de ma bagnole mais je l’utilise le moins possible.
Je suis peut-être un éco-tartufe mais j’arrive à faire bouger un peu les choses autour de moi.
ps: d’autre part, je pense de plus en plus que les partis politiques sont le ver de notre démocratie. Alors, adhérer à une autre forme d’expression politique commune est peut-être la solution.
La résistance s’est quand même structurée. Et pas qu’un peu. Attention quand je parle de résistance, il s’agit de la résistance politique. Oui, beaucoup de résistants, de justes ont agit seul et ont, à leur manière, largement contribué à l’honneur de la France. Mais la résistance politique, celle qui a permis de de créer le programme du CNR, était structurée et rassemblée.
Ce qui est assez marrant, c’est qu’on a l’impression (juste une impression ?) que quand tu parles d’action collective, cela supprime toute action individuelle. Comme si le jour où tu décidais de t’inscrire à un parti, cela t’empêchais de continuer les actions individuelles. Non, pour moi, les deux niveaux sont nécessaires.
Évidemment moi aussi, j’hésite à adhérer à un parti ou une organisation (Mais lequel ? PG, GU, ATTAC, Utopia, Les alternatifs,… ?). Je le répète, si je le fais, ce n’est pas pour les Hommes, c’est parce que je partagerais un idéal commun avec ce parti.
Le parti (intrinsèquement) n’est pas pour moi le virus du système. Ce qu’il est devenu actuellement, peut-être plus. Mais il y a une différence entre le parti qui cherche uniquement à être élu et le parti qui est là pour le rassemblement d’idées de débat et ensuite les places électives (ce que j’attends perso).
Tout ce que tu fais n’est pas inutile. Cela devient éco-tartuffe si tu considères que c’est suffisant.
Je le répète encore une fois. Je vois les partis comme une alliance d’Hommes ayant une utopie commune, pas comme un groupe de politicien cherchant à garder leurs sièges au chaud. Je changerai peut-être d’avis si j’adhère un jour.
@Marti
Je suis entièrement d’accord et n’ai jamais considéré que cela était suffisant. Sensibiliser les gens est un début pour les amener à réfléchir à leurs actes …
Le gros problème de ce genre de conseils, c’est que quand on les dit à un “non-initié” (ne pas croire que je me sens supérieur, c’est juste que j’ai pas de mot pour traduire ma pensée), il a tendance à croire que c’est suffisant.
Aussi faut-il toujours essayer d’expliquer en plus les désastres du capitalisme.
Il passera deuxième quinzaine de juin là :
http://union.ars.free.fr/
pas bien loin de Metz.
Bonne nouvelle pour les locaux qui l’auraient loupé lors du premier passage !
@Merome
“dans un monde individualiste, c’est l’individu qui doit changer les choses, pas le collectif”
C’est le monde individualiste qui doit changer ! Un individu tout seul ne fait rien, à part peut-être disjoncter et tirer dans le tas… Et alors ?
Sinon, encore un peu de lecture : http://www.pambazuka.org/fr/category/advocacy/64039
Je ne suis pas de cet avis, et comme précisément, les avis sont multiples, essayer de les faire entrer dans un moule collectif n’est pas forcément une bonne idée. C’est le problème que connaissent les verts depuis des décennies, et que les décroissants vont connaître s’ils s’engagent de plus en plus en politique : trop de démocratie tue la démocratie. Il y a tant de courants et de façon de pensée quand on est libre de penser (ce qui est beaucoup moins le cas dans des partis type UMP ou P”S”), que le collectif n’apporte plus rien de concret.
Si, en revanche, chacun dans leur coin, les individus sont conscients de leur interaction avec le reste du monde, et avec les autres individus, on obtient de bien meilleurs résultats, je crois.
Enfin, ce n’est que ma théorie, basée sur rien d’autre que mon point de vue à moi que personne ne partage
Si, Merome, moi, je le partage.
J’ai toujours eu tendance à penser qu’en rassemblant les cerveaux et en les faisant travailler ensembles, on arrivait à trouver des idées que personne n’aurait trouvé individuellement. La difficulté de l’exercice, (et la limite, dans le cas de la politique) consiste dans le fait que chacun doit être capable de mettre son petit égo de côté et réfléchir aux idées proposées par les autres avant de penser à imposer les siennes. Mais entre personnes intelligentes, ça doit bien être possible, non ?
@Merome
Je suis exactement de cet avis, c’est à dire qu’une force politique qui défendrait aujourd’hui dans les urnes la décroissance de l’empreinte écologique pour les pays riches (G8) est vouée à l’échec puisque le corps électoral français n’est pas conscient de la gravité de l’impasse environnementale et sociétale vers laquelle nous allons c’est à dire : droit dans le mur.
Une vraie prise de conscience pourrait avoir lieu lors du pic pétrolier ou bien en cas de crise économique agravée (perte de confiance des marchés / dettes souveraines comme en Grèce) cad pas avant 2020 ou 2030 … ce n’est pas pour demain me semble t-il.
En attendant, je crois en effet que les forums et blogs internet restent le meilleur moyen d’engager le débat.
Moi j’aime bien la compagnie des fous car les gens raisonnables m’emmerdent au plus haut point. Surtout lorsque cette raison est directement reliée au CAC40.
Les gens raisonnables sont souvent ceux qui répètent les lieux communs et les histoires mis au point par des communicants pour le compte des multinationales et relayés par les médias qu’ils possèdent, par la bouches de journalistes qui croient dur comme fer qu’ils sont indépendants.
Tout est dit dans le fim et l’excellent commentaire de SuperNo.
Perso, j’ai vu aussi sur la Cinq hier soir un excellent sujet sur l’habillage ‘bio’ et ‘écolo’ de certains mercantis qui veulent nous faire croire qu’en plantant des arbres, on “compense” l’énergie dépensée à faire venir des baskets du Sud-est asiatique par avion ou bateau!
Sinon, dans le genre “local”, achetez les chaussettes ‘Bleu Forêt’, totalement fabriquées dans les Vosges (et qui ont repris Olympia en rapatriant la production qui avait été délocalisée en roumanie)
Merci pour les chaussettes, je ne connaissais pas cette histoire !
Cet article et la critique de Monsieur Le Monde illustre bien le décalage complet entre les “élites” qui passent leur temps à réciter leur catéchisme libéral et à défendre l’ordre établi, et les solutions réelles qu’il conviendrait de mettre en œuvre rapidement pour une sortie par le haut de ce pétrin mondial.
idem pour les déclaratiosn enflammées à propos de l’europe, de ses centaines de milliards (virtuels !) mobilisés pour arrêter les méchants ‘marchés’
l’équation est basique, concernant la Grèse;
- la BCE prête aux banques à 1%,
- les banques prêtent aux Etats à 3%
- Les états prêtent à la Grèce à 5%
Avez-vous l’impression que les grecs ‘touchent’ quoi que ce soit dans tout ça?
Moi aussi j’ai aimé ce film . J’avais signalé sur mon blog ce site :
http://www.solutionslocales-lefilm.com/accueil
Toujours mon petit faible pour Pierre Rabhi!
Lydie et Claude Bourguignon sont excellents aussi.
Je les “kiffe” comme diraient les djeun’s
Ouais !
Coline Serreau, voire aussi “La Belle Verte”. Excellent.
Comme signalé plus haut, j’ai écouté l’émission d’Isabelle Giordano ce matin sur France Inter.
Y’a un gus (cultivateur) qui est intervenu par téléphone, de façon assez intéressante.
Il disait que dans le cadre de sa production de maïs, sa coopérative l’obligeait quasiment à acheter non seulement les semences, évidemment, mais que cela faisait partie d’un “pack” comprenant les dites semences, PLUS la quantité de pesticides et d’engrais “nécessaires”, le tout calculé à l’hectare.
Autrement dit le gus se pointe à sa coopérative en disant: “j’ai besoin de tant de semences pour X hectares, la coop lui fourgue les semences plus la daube chimique en même temps.
Si pas d’accord, ben il peut exiger juste les semences, sauf que le rabais de prix n’exonèrera pas complètement le prix des “suppléments” chimiques.
Incroyable.
Vente forcée quoi …..
La FNSEA est à faire sauter d’urgence.
au fait et pour foutre la merde un peu, vous êtes au courant que depuis Avril 2009, les fabricants de casseroles, vélos, aglos, ciment et autres sont désormais autorisés à intégrer dans leur production des éléments issus de la récupération des matériaux issus entre autres du démantèlement de centrales nuclaires ? (donc irradiés peu ou prou) ?
Si besoin d’infos, j’ai le texte de loi sous la main.
issus entre autres du démantèlement de centrales nuclaires ? (donc irradiés peu ou prou) ?
Hum, faudrait pas dire n’importe quoi non plus. C’est pas parce qu’un élément arrive d’une centrale nucléaire qu’il est forcément irradié. Dans une centrale nucléaire, il y a aussi (entre autres) des tuyaux qui transportent l’eau pour se laver les mains dans les vestiaires du personnel, et à ma connaissance, ces matériaux ne sont pas plus contaminés que celui qui apporte l’eau chez toi.
Ah bon ??!
http://www.criirad.org/mobilisation/5mai2009.html
Le decret en PDF:
http://www.criirad.org/mobilisation/img/Arretedu5mai2009.pdf
Il est assez savoureux de noter que ni le ministre d’Etat, ministre de l’écologie,
de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, Mr BORLOO, ni la ministre de la santé et des sports, Mme BACHELOT, ni la ministre de l’économie,
de l’industrie et de l’emploi,Mme LAGARDE n’ont signé par eux-mêmes.
Quel franchise.
Ce sont des sous-fifres qui ont sorti le stylo.
Alors ?
Alors il faut parler de matériaux radioactifs.
Je ne retire rien de ce que j’ai dit, à savoir “C’est pas parce qu’un élément arrive d’une centrale nucléaire qu’il est forcément irradié”. La question qui se pose n’est pas tant de savoir que des matériaux radioactifs seront présents dans les biens de consommation, c’est déjà le cas, et depuis longtemps (mets un compteur sur ta montre ou ton téléphone portable, tu verra, c’est rigolo). Ce qui m’inquièterait (qui m’inquiète, en fait), c’est de savoir quelle quantité de radioactivité en découle au final, lors de l’utilisation de ces biens de consommation. et qui sera chargé de le vérifier.
Personnellement, la radioactivité ne m’effraie pas plus que ça. ce que je trouve le plus flippant, dans ce secteur, c’est l’absence totale de transparence et de franchise qui y règne, que ce soit au niveau des pouvoirs publics que des entreprises privées.
Cela dit, on dévie un peu du sujet du billet, là, non ?
(merci en tous cas pour le lien, instructif)
Hors sujet, bah, pas tant que ça non ?
Disons que ça fait partie d’un même ensemble nommé écologie.
Tu dis: “Je ne retire rien de ce que j’ai dit, à savoir “C’est pas parce qu’un élément arrive d’une centrale nucléaire qu’il est forcément irradié”.
Si tu lis attentivement le texte du PDF en lien (c’est pour ça que je l’ai mis), tu peux lire texto qu’ils s’agit d’une dérogation concernant l’ajout de radionucléides dans les matériaux de construction et les biens de consommation.
Donc de recycler des produits radioactifs, et point barre.
Maintenant, effectivement, il y a radioactivité et radioactivité.
SAUF QUE: d’une part et comme tu dis bien, on connaît l’opacité totale concernant le nucléaire (voir l’omerta à propos des mineurs français des mines d’uranium d’Areva/Framatome et la dispersion des rejets de ces mêmes mines françaises un peu partout en toute discrétion et ça donne pas confiance) et d’autre part, je ne suis pas bien sûr que de vivre dans un appartement aux murs radioactifs, faire la cuisine avec des casseroles … radioactives et se déplacer chaque jour dans une bagnole aux tôles ….radioactives soit franchement sain. Faut savoir que la radioactivité s’accumule dans le corps humain, jour après jour.
Autrement dit, une exposition constante à une plus ou moins faible radioactivité, pendant des décennies, risque d’avoir de fâcheuses conséquences.
Elle n’est pas non plus “diluable” et une fois introduite dans le circuit commun de construction/fabrication/recyclage, elle y restera le temps de son cycle d’activité.
Au programme: cancers et anomalies génétiques.
Cool.
Va expliquer ça aux politiciens, c’est l’un des lobbies les plus puissants de France !
Il faudrait trouver quelqu’un d’assez patient pour leur expliquer que cette politique est contraire à leur intérêts, mais je ne sais pas si cette personne est déjà née…
La FNSEA, c’est pour l’essentiel les (gros) céréaliers. C’est ceux-là qui comptent vis à vis des *µ#*HONKR de politiques (export/balance commerciale). Les petits paysans/éleveurs qui y adhèrent n’ont rien compris au film. Mais bon, ils vont peut-être commencer à piger, vu qu’ils se font laminer en ce moment. Mais trop tard peut-être.
LA FNSEA est une véritable mafia qui a la haute main sur TOUT l’agro bizness.
D’où les dérives du genre que je signale plus haut.
Causer aux politiques, c’est sûr, m’enfin j’attend depuis quelque chose comme 20 ans que les paysans “de base” aillent déverser des tombereaux de merde devant le siège de la FNSEA et éventuellement exploser un peu de matériel, plutôt que devant les préfectures.
De toute façon, il faudra bien que ça change, parce que la terre n’en peux plus de ce traitement, et les rendements s’écroulent.
*µ#*HONKR ??? Tu pourrais préciser ta pensée ?
Désolé, je sors.
Nan nan, reste …..
Ca veut dire, euuuhh, disons …. Descendants de femmes de moeurs légères et néanmoins tarifées.
Ca va comme ça ?
“j’attend depuis quelque chose comme 20 ans que les paysans “de base” aillent déverser des tombereaux de merde devant le siège de la FNSEA et éventuellement exploser un peu de matériel, plutôt que devant les préfectures.”
Le problème, c’est que les “paysans” (ont-ils encore le droit de porter ce nom ?) qu’on voit devant les préfectures, ce sont les paysans de la FNSEA. Les paysans de base, qui font encore leur boulot de paysan, comme il faut, ils bossent, eux, ils n’ont pas le temps d’aller faire les guignols devant les préfectures. Cela dit, je suis d’accord avec toi, je pense que ça ferait grand bien à tout le monde, et pas seulement aux paysans, que des paysans se dressent sérieusement contre la FNSEA.
Ben, ceux “de base” vote aussi FNSEA en majorité. Phénomène “moutonnier” (arf !) sans doute.
Un peu comme ceux qui se syndiquent CGT/FO et Compagnie et qui croient qu’ils vont être défendus.
Yaka demander à ceux de Continental ce qu’ils en pensent.
Bon, pour le coup on (je) se barre vraiment en c…… euh, HS là.
p’tet bien qu’elle va s’enflammer, en tout cas.
le ministre Bruno Le Maire a dit qu’il ne pourrait pas verser toutes les aides prévues et promises!
a ce propos, pour ceux qui savent, combien ça coûte la ‘prune’ pour emprunter une autoroute avec un tracteur?
simple question d’un individu isolé qui a croisé sur l’autoroute A4, il y a peu, un défilé de tracteurs retour de manif parisienne, encadré par des voitures de Police et des voitures de la Sanef !
Excellent SuperNo. Un jour il faudra que le critique du Monde, et aussi celle de Télérama, se mordent les doigts de pied de honte.
Comme disait un commentateur : “certains médias dominants ou “officiels” semblent s’être passé le mot pour discréditer le film, pour en détourner les foules”.
A se demander même si certains critiques ne seraient pas vendus. Cela paraît impossible. Mais il paraît de même impossible et totalement incompréhensible de non seulement “passer à côté” d’un film d’une telle importance, mais en plus de le descendre et ceci de façon à peu près non étayée ni argumentée. Les 2 critiques ne rendent tout simplement pas compte de la réalité du film. Par exemple une critique digne de ce nom devrait rapporter le fait suivant, signalé par le précédent commentateur : “La parole est donnée dans le film à d’admirables personnes (en France, en Inde, au Brésil), qui restent gravées en mémoire bien davantage que tous les acteurs de cinéma”. C’est tout simplement rendre compte de la réalité du film que d’écrire cela. Pour ne pas sentir cela, en tous cas pour ne pas en faire état dans un compte-rendu du film, il faut être totalement désensibilisé et ahuri, il faut être un âne fourbu de la critique de cinéma peut-être. Ou alors il faut être vendu (ou acheté).
A propos de la “critique” de Télérama, ne pas rater les dizaines de commentaires, unanimes pour signaler l’extrême intérêt du film, et de même unanimement scandalisés de cette “critique” inepte publiée dans l’hebdomadaire (en fait un fusillage en règle de quelques lignes : on dirait que la critique a rédigé son papelard d’après un a priori sur le film, sans avoir vu le film).
Ce film de Coline Serreau doit trouver sa juste reconnaissance, et le net va pour cela jouer un rôle central (de même que c’est le net qui avait sauvé Siné d’un procès en sorcellerie durant l’été 2008, grâce aux myriades de commentaires d’anonymes unanimement et justement scandalisés). Le DVD du film sortira en novembre : cela en facilitera la diffusion, qui se doit d’être immense et planétaire. Car ce n’est pas seulement d’agriculture et de production de nourriture dont il est question : ce qui est d’abord mis en lumière dans le film, c’est la réalité du capitalisme fou.
Vaste sujet.
Je ne sais pas si ces critiques sont purement et simplement vendus ou corrompus (c’est à dire qu’ils descendent le film pour défendre les intérêts commerciaux, publicitaires et idéologiques de leurs canards). Probablement que non car il y a aussi eu de bonnes critiques.
Je pense plus prosaïquement qu’il ne s’agit là que de parisianisme puant sans doute assez fréquent dans ce milieu où tout ce qu’il y a au delà du périphérique est déjà complètement out. Il y a des gens qui pensent plus ou moins consciemment que les fruits et légumes poussent dans les grandes surfaces, et que tant que Carrouf est ouvert (de préférence la nuit et le dimanche, c’est mieux pour faire ses courses) il n’y a aucun risque de pénurie.
Ces gens ne vivent plus sur leur vraie planète, mais dans un monde virtuel complètement déconnecté.
Alors forcément, si tu leur montres de la terre, beurk ! Et les pesticides bio à bas de bouse de vache et de poisson pourri, malaxé à la main… Beuuuurk ! (Bon, à la rigueur dans une oeuvre d’art moderne). Mais sinon, le roundup, c’est quand même plus convenable !
Il serait quand même intéressant d’étudier très précisément le mécanisme ayant pu amener à ce que soit rédigée, par Mr Thomas Sotinel pour Le Monde et Mme Mathilde Blottière pour Télérama, une “critique” justement nommée par un commentateur “un crime contre l’intelligence et le bon sens”. Ceci précisément dans les deux organes de presse grand public théoriquement les plus aptes à attirer l’attention voire à “défendre” un film peu commercial (et a fortiori d’intérêt général)… Bizarre quand même.
A quand la sortie DVD? Je meure d’envie de le voir et de le diffuser.
Ainsi que d’autres. Le DVD sort en novembre.
Pour info, ce film est diffusé au Havre dans l’excellent cinéma Le Sirius (spécialisé dans les films militants, films d’auteur et des rediff)
Pour les locaux qui ne connaissent pas ce cinéma, c’est en face de l’école de danse du cours de la République (exactement au 5 rue Duguesclin)
Bonne journée
Bonjour,
Je me permets, en qualité de Responsable de la Communication Externe chez Biocoop, de preciser que le logo present en fin de film n’est aucunement de la recuperation comme vous semblez le penser.
Biocoop est partenaire de longue date de Mme Serreau avec laquelle notre réseau tisse des liens forts, basés sur des valeurs communes.
Cela fait plus de 20 ans que Biocoop, reseau atypique dont l’objectif premier est de développer l’agriculture biologique en France, entretient des relations solidaires et durables avec les producteurs francais avec lesquels elle construit les filieres.
Je vous propose, a ce sujet, de consulter le Dossier de Presse ici en telechargement ([http://www.biocoop.fr/telechargement.php?id_page=0-9-82&force=1&file=DP_Ensemblepourplusdesens_biocoop.pdf][1]) qui vous permettra de decouvrir que le reseau Biocoop, très singulier dans son domaine, est un reseau atypique qui va bien au delà de la distribution de produits bio.
Cordialement
CdlS
[1]: http://www.biocoop.fr/telechargement.php?id_page=0-9-82&force=1&file=DP_Ensemblepourplusdesens_biocoop.pdf
Bonjour,
Fréquentant vos magasins depuis quelques années, j’y ai rarement trouvé des produits locaux. Parallèlement, je connais des cultivateurs qui ont du mal à écouler leurs produits en vente directe ou via des Amap. Un peu paradoxal, non?
Intéressant, ce dossier de presse. Mais c’est un dossier de presse, donc, au final, rien de plus qu’une publicité un peu fouillée. il y a un truc sur ce site, qui n’est pas mal du tout, intitulé “Et chez les Clampins ?” je pense qu’il serait intéressant de poster une vraie communication sur ce que sont ces magasins, comment ils envisagent les relations commerciales avec les producteurs, comment ils définissent leur politique de prix, enfin bref, de vraies infos, plutôt que la simple pub du dossier de presse.
Personnellement, j’ai mis les pieds une fois dans un magasin biocoop, à Paris en l’occurence, et je suis resté bouche bée devant les tarifs pratiqués. Le seul sentiment qui m’est resté de ce magasin en franchissant la porte, c’est : “put…, il y en a qui ont bien exploité le filon du bio auprès des bobos friqués parisiens, et qui se gavent comme il faut”.
Un peu éloigné du dossier de presse, non ? J’aimerai bien pouvoir avoir une autre image de ce type de magasin, si vraiment il s’agit d’autre chose qu’un simple coup commercial.
@RiGeL
En province, c’est pas du tout les mêmes tarifs. Ce qui me permet d’y faire quelques courses de temps en temps et je confirme tes propos. Mais cela dit, Biocoop reste moins cher que “La Vie Claire” et autres boutiques à bobozzz.
Merci de cette réaction, c’est votre droit, et c’est même je suppose votre métier !
Sachez néanmoins que ce blog est un fervent ennemi de toute forme de publicité, puisque c’est l’un des éléments-clés du problème global, tout comme l’agriculture industrielle ou la grande distribution, que nous devons détruire !
Il est clair que toute personne qui aura vu ce film aura spontanément envie de consommer de la nourriture bio, le lien est donc évident. Même si je ne considère évidemment pas Biocoop au même niveau que Total, Peugeot ou GDF, ma réaction est la même que face au sponsoring de film écolos par ces pollueurs. Rien ne vous empêche de promouvoir un tel film, mais la meilleure preuve de votre désintéressement serait de ne pas le faire savoir !
Je ne connais pas Biocoop, et je ne me permettrai donc pas de vous critiquer en particulier. Mais sur ce que j’ai vu de ce genre de boutiques, l’objectif certes non affiché, mais tout à fait évident, est d’y attirer des gens soucieux de leur santé, et dotés d’un portefeuille bien garni pour leur refourguer n’importe quoi à un prix prohibitif. A la limite, le business model d’une enseigne qui réussirait serait de se faire racheter par Carrouf…
C’est facile, car la demande est très forte, et l’offre limitée, car les surfaces bio en France sont ridicules. La grande distribution fait venir du bio de partout, des tomates du Maroc, des poires d’Argentine, des pommes de terre du Sénégal ou d’Egypte, et le vend avec une marge de dingue à de naïfs bobos qui n’ont pas tout compris de la philosophie du bio…
Vous ne cherchez “pas a critiquer en particulier” mais vous semblez ne pas avoir pris connaissance de la singularité du reseau d’INDEPENDANTS que representent les magasins bioocop.
Il n’y a pas de politique “publicitaire” menée en national chez Biocoop.
Vous aurez pu le constater. Pas de visuels “Bio à moins de 1 euros” comme le fait notamment Auchan !
Par ailleurs, l’objectif affiché, assumé, en premiere ligne de notre charte est le suivant : developpement de l’agriculture bio en France.
Et le document que je vous invitais à lire ici (http://www.biocoop.fr/telechargement.php?id_page=0-9-82&force=1&file=DP_Ensemblepourplusdesens_biocoop.pdf) est avant tout voué à expliquer les relations atypiques et constructives que notre structure mene avec la production agricole, plutot que d’en faire la “publicité-promotion”.
Ce document institutionnel est un support d’echanges notamment avec des interloucteurs institutionnels avec lesquels nous avancons dans le sens du developpement de l’agriculture Bio en France.
Une demarche solidaire, equitable nord-nord, pratiquée nulle part ailleurs ailleurs de la sorte, depuis plus de 10 ans et de laquelle Biocoop aurait pu se targuer bien avant, si volonté publicitaire purement commerciale il y avait (ce qui n’ets pas le cas).
Je ne me permets ce mail parce que chagrinée de voir que les detracteurs de Biocoop ne semblent pas forcement completement informés des activités multiples de nos structure coopérative …
N’hesitez pas à entrer dans un de nos magasins independants, non pas pour consommer, mais simplement pour echanger avec les chefs de rayons ( qui ne sont pas uniquement des vendeurs !) et decouvrir que ces magasins sont des lieux d’echanges (bien differents des rayons vides de la GMS) et de réflexion militantes sur de nombreux sujets.
Cordialement
CdlS
Je tenterai à l’occasion. J’espère que c’est pas comme le magazin “Biomonde”, (http://www.biomonde.fr) sensé être une coopérative tout comme Biocoop près d’Orléans dans lequel se rend ma mère de temps en temps. Tout est axé produits du monde, un ptit coin local, le reste en quinoa bio et produits de beauté, implanté dans une Z.A.C avec un beau parking et les projecteurs hallogènes allumés toute la nuit (sisi je vous jure!!!). Je refuse d’y aller et préfère aller à pied au Simply Market à 1km de chez moi.
Je poste un article qui vaut ce qu’il vaut c’est à dire pas grand chose mais qui confirme les dires des messages précédents.
http://www.decroissance.info/Histoire-d-une-mauvaise-rencontre
Oh la ! Détracteurs, le mot est un peu fort. Mais c’est vrai qu’en ce moment, on voit fleurir de partout des magasin “bios”, qui, sous prétexte d’être bios, ou équitables, tentent de nous vendre des tablettes de chocolat du brésil estampillés alter eco, max havelaar et tutti quanti… pour 8 euros les 100 g.
Cela dit,on ne peut que reconnaitre que dans les biocoop, on est loin du bio à un euro de chez Auchan. Cela dit, ça, ça n’est pas un argument. Dans le même ordre d’idée, je peux dire : ” j’ai une conduite écologiquement exemplaire, la preuve, je rejette moins de mazout dans la mer que BP”. Ca n’est pas franchement une référence.
Quelques détails me gênent malgré tout. Ce sont des détails, pas forcément importants, mais voyez-vous, quand je lis, sur un dossier
“… le développement d’une gamme de produits à petits prix pour une bio accessibles à tous…” je me dis que soit je suis subitement passé au dessous du seuil de pauvreté, soit que nous n’avons pas, mais alors pas du tout la même définition du petit prix, soit que par “tous”, vous entendez tous ceux qui ont les moyens de payer.
Quant ailleurs je lis “conscients des dérives du productivisme, des consommateurs engagés ont créé biocoop en 1986 pour développer l’agricultuire biologique” et que parallèlement, dans votre dossier de presse, vous annoncez 15% de croissance, ça me laisse un léger arrière gout de greenwashing. J’ai bien compris que par productivisme, vous entendiez productivisme agricole, mais bon. quant on se targue d’avoir une démarche bio, solidaire, respectueuse de l’environnement, on tente d’éviter de communiquer sur une croissance de 15% (même si, à choisir, je préfère que ce soit vous qui fassiez 15% de croissance qu’Auchan).
Voilà. Tout ça pour dire que je ne pense pas que vous ayez beaucoup de détracteurs à priori sur ce blog (je m’engage peut-être un peu, mais bon), par contre, vous risquez d’y trouver un bon nombre de sceptiques à priori, qui ne vont pas prendre dans la seconde pour argent comptant toutes les vérités qu’on tentera de leur faire avaler. Pour la plupart des lecteurs, et j’ai bien l’impression, pour le “propriétaire” de ce blog, voir bio sur le nom d’une enseigne est très insuffisant pour être convaincu que la démarche est réellement sincère et intéressante. Cela étant dit, pour la plupart d’entre eux aussi, ils seront capables de se renseigner sur le sujet, de se forger une opinion personnelle et doncumentée. Quant à Superno, je suis sur que s’il se rend compte que les magasins biocoop sont réellement une magnifique initiative, il sera le premier à en faire un “papier”.
100% d’accord avec RiGel qui a bien résumé la situation.
totalement hors sujet : je viens d’essayer d’accéder au site alterinfo.net de l’ordi du boulot, équipé d’un filtre pour interdire l’accès à un certain nombre de sites. Voilà ce que m’indique le filtre concernant alterinfo :
Reason:
The Websense category “Racism and Hate” is filtered.
————————————————————————————————————————
URL:
http://www.alterinfo.net/
Amusant, non ?
Désolé, c’est encore moi.
Euh, AlterInfo, y’a à prendre … et à laisser.
J’y ai vu des articles franchement limite question objectivité - voire carrément propagandistes, quand c’est pas un poil “allumés” (les US ont une machine à faire des tremblements de terre, dans la zone 51 sans doute) - et d’autres excellents.
Le problème je crois, ce sont les excités qui y postent des commentaires imbuvables.
En même temps, Websense n’a jamais été un modèle de pertinence
Il est où anarchoïde ?
Ces commentaires me manquent.
Salut à lui & à vous tous
C’est vrai que ça fait longtemps qu’on ne le voit plus et pourtant ses commentaires étaient vraiment très intéressants!
Mystère ! Je ne suis pour rien dans sa disparition !
Bonjour à tous et à toutes,
Ce film que je n’ai pas encore vu doit certainement exposer d’intéressantes idées mais je ne peux m’empêcher de vous faire voir ce lien.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/ne+serreau+et+akhenaton#hp-h-9.
Madame Serreau, qui par ce film nous prouve une certaine “intelligence”, dérape carrément lors d’un débat télé avec Akhenaton. Comment fait cette dame pour traiter certain sujets avec autant d’objectivité et pour dire de telles absurdités. J’avoue que je sors un temps soit peu du sujet du blog mais des fois , il y a des gens que je n’arrive pas à cerner.
En tout cas merci Superno pour l’œil que tu portes sur cette société.
Tout à fait, intervention ridicule et à côté de la plaque de Colline Serreau.
Akhenaton est certes parfois un peu naïf, mais ses textes ne sont absolument pas tournés vers la glorification de l’argent, du patriarcat et autres thèmes poncifs du rap capitaliste.
http://www.youtube.com/watch?v=E-FhvwnGq60
Coline Serreau est assez “flamenca”, c’est à dire qu’elle a des élans qui ne procèdent pas forcément de la raison. Ainsi sans doute avec le “Akhenaton” (pas vu l’extrait). Un travail de 3 ans comme son film c’est tout autre chose, faut pas tout mélanger !
Je ne suis pas suffisamment calé en rap pour en penser quelque chose, sans doute Coline Serreau se trompe-t-elle de cible, mais ce qu’elle dénonce existe bien, le rap avec Hummer et pouffiasses, ça tourne en boucle sur les chaînes musicales ! Et c’est bien ce qui est proposé (et admis) comme modèles aux “jeunes” fanas de cette “musique” !
@Marti
Je rebondis sur la phrase ci-après publiée par Marti le 11/05 :
“Et évidemment créer un parti parce qu’on est pas d’accord sur un détail avec un autre parti est ridicule. C’est pour cette raison que je ne partage pas l’idée d’un parti décroissant.”
Si l’idée d’un créer un parti décroissant (PPLD en 2006 déja périmé et aujourd’hui l’AdOC, le MOC, etc …) est certe prématurée aujourd’hui en 2010 comme l’a affirmé Serge Latouche que je cite “manque de maturité politique”, il ne faut pas condamner l’idée de créer à terme une nouvelle force politique indépendante qui prendrait racine dans les fondements de l’écologie politique après avoir fait la synthèse des principaux courants de pensée chez les objecteurs de croissance (Serge Latouche, JC Besson-Girard, Paul Ariès, Pierre Rabhi, Charbonneau, Gorz, …). Peu importe que l’on qualifie ce mouvement de “décroissant” ou non, l’essentiel est de savoir quelle est sa vision de la société, sa position par rapport à l’économie, l’europe, la monnaie, l’industrie bref sur tous les sujets sur lesquels un politique digne de ce nom se doit d’avoir une position claire et indépendante je le repête c’est à dire sans faire alliance avec d’autres partis.
Ce préalable étant posé, quel besoin en effet de créer un nouveau parti écologiste (un de plus !) alors qu’il en existe déja deux en France “Les Verts” et le MEI d’Antoine Waechter ? Pour “Les Verts” la réponse est simple : ce parti s’affirme aujourd’hui sur le terrain électoral comme une extension du PS et tient un discours incohérent tiraillé entre un courant authentiquement écologiste (Yves Cochet) et d’autres courants pro Europe fédérale qui ne voient toujours pas la contradiction entre l’U.E. telle qu’elle existe et la relocalisation de l’économie pour réduire la distance producteur-consommateur. Pour le MEI, de même ce parti soit disant “indépendant” a fait alliance avec Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit lors des régionales en 2010. Hors DCB partisan d’une Europe fédérale est à peine plus crédible que le PS pour parler d’écologie !
Quelques exemples de position nécessaire d’un tel parti qui reste à fonder seraient pour commencer de sortir non seulement de l’Euroland mais également de l’U.E. pour se donner les moyens légaux de relocaliser la production industrielle, agricole (sortie de la PAC), de rétablir le franc fraçais et au delà favoriser les échanges locaux par des monnaies régionales, promouvoir la durabilité/réparation des marchandises contre leur obsolescence programmée, etc. Vous pensez qu’il s’agit là de simples “détails” ?
J’ai été voir le film “Walter, retour en résistance” il n’y a pas longtemps. La résistance a fini par vaincre le nazisme parce qu’elle s’est RASSEMBLÉE. Gaullistes, communistes, voire même des gens du FN ont réussi à faire ambition commune pour vaincre un ennemi commun.
Si aujourd’hui, nous voulons vaincre le sarkozysme, il faudra aussi s’assembler. Et créer encore un parti, c’est le total contraire du rassemblement. Parce qu’à partir du moment où il y a création de parti, il va y avoir querelles entre partis, qui auraient pourtant auraient tout pour s’unir.
Le front de gauche, malgré tous les défauts qu’il a, a permis quand même de relier trois partis et pleins d’associations. De plus, dans ce “parti”, il y a quand même une base décroissante : anti-productiviste, défenseur d’une écologie politique,…
Les résultats on les voit. Aux régionales, le front de gauche a fait plus que bonne figure. Pourquoi les objecteurs de croissance n’intégreraient pas ce rassemblement politique (si ce n’est pas déjà fait, Paul Ariès a d’ailleurs soutenu le FG pour les régionales) ?
J’ai comme l’impression qu’un parti des décroissants va tout casser. Un peu comme le NPA. Ce parti a des idées vraiment très intéressantes et pourtant leurs stratégies de rester seul a été un échec total.
Si actuellement, les décroissants sont considérés par des fous par des gens qui ont pourtant un idéal proche du leur (exemple : le parti communiste), c’est, je crois, parce qu’ils ont l’impression que ce courant de pensée est proche de la secte, gardant ses idées privées et ayant une stratégie solitaire. Il est temps de rendre ces idées populaires et visibles du grand public.
Voilà pourquoi je crois qu’un parti ou un candidat décroissant ne serait pas une bonne idée.
A toi de faire connaitre ces idées dans ton entourage ou sur les blogs afin que ce courant de pensée ne soit plus considéré comme sectaire. Une fois qu’il sera admis et reconnu on pourra parler de parti avec tous les inconvénients qui en découlent.
Euh oui mais ma réponse ne parlait pas de l’action individuelle et de la nécessaire prise de conscience mais uniquement de savoir si un candidat labellisé décroissant était utile…
@Marti
Je suis entièrement d’accord pour le rassemblement puisque l’essentiel ce sont les idées, le projet et non l’individu ou pire le fanion du parti !.
Mais supposons que la position européenne des objecteurs de croissance soit aussi radicale que celle que j’ai décrite dans mon précédent message (hypothèse plausible mais hypothèse quand même puisque je ne suis pas le porte drapeau des décroissants), avec qui pourrions nous faire alliance ? En première analyse je ne vois que :
- FN,
- DLR (Dupont-Aignan),
- POI (ex PT Gluckstein/Schivardi)
- NPA ? je n’ai pas compris leur positions vis à vis de l’UE,
- le courant des Verts représenté par Yves Cochet ?
Pour faire cohabiter ce petit monde la tâche me parait complexe donc …
Euh le FN et DLR ne sont pas du tout objecteurs de croissance.
Si ceux-ci devaient s’associer avec des partis, je citerais le front de gauche (et plus précisément le Parti de Gauche et Gauche Unitaire), le NPA, les alternatifs et comme organisation Utopia par exemple, voire ATTAC.
@Marti
Je me suis fait mal comprendre. En effet, aucun des partis que je cite ne sont objecteurs de croissance.
Je recherchais un même dénominateur commun sur la position de la France par rapport aux 27 autres états européens tels qu’ils existent aujourd’hui dans l’U.E. d’où cette liste de partis euro- sceptiques dans laquelle j’oublie d’ailleurs le MCR de Chevènement.
Il ne sert à rien d’échaffauder sérieusement des projets de changement dans notre société si ces changements ne sont pas applicables au vu des engagements contraignants pris par la France vis à vis de l’U.E. Un exemple : en 2007 M. Sarkozy voulait contraindre la BCE à modifier le pacte de stabilité. Il s’est fait vertement remettre à sa place par l’Eurogroupe et même par M. Trichet qui a réaffirmé l’indépendance de la BCE établie par le traité de Maastricht.
Quant au Parti de Gauche, sa position vis à vis de l’U.E. est très claire : M. Mélenchon, malgré ses rodomontades, n’a pas dutout l’intention de sortir ni de l’U.E. ni de l’Euroland.
Autrement dit, en imaginant (on peut rêver !) que le Parti de Gauche arrive un jour au pouvoir, ses dirigeants ne disposeraient d’aucunes marges de manoeuvre vu la “concurrence libre et non faussée”, l’absence de maitrise sur la politique monétaire et autres contraintes bruxelloises auxquelles nous sommes assignés.
J’ai du mal à penser qu’il faut rester confiné dans ses opinions. Regarde le NPA. Oui leurs idées se rapprochent vraiment des objecteurs de croissance pour le coup. Et pourtant regarde les résultats.
Le parti de gauche a évidemment beaucoup de défauts. Mais pour moi il commence à répandre l’idée de l’antiproductiviste et c’est déjà très bien.
Évidemment que l’Europe n’est pas un détail. Mais je crois qu’à un moment où à un autre, il faut savoir s’associer sur les points communs au lieu d’en permanence regarder les différences. L’avenir de la décroissance est, pour moi, à ce prix.
Je pense exactement le contraire c’est à dire éviter à tout prix que le nouveau projet de société auquel les objecteurs de croissance nous invitent soit dilué dans le programme d’un grand parti politique déja existant comme celui des Verts qui n’a d’autres ambitions que de faire des compromis avec le PS pour partager le pouvoir. Ce serait tuer la poule dans l’oeuf.
Personnellement je crois, comme Serge Latouche, que l’heure n’est pas à la création d’un parti “décroissant” en 2010 par manque de maturité politique c’est à dire sans structure dirigeante et sans avoir mis sur pied un véritable programme politique.
A terme, peut être d’ici quelques années lorsque ces conditions seront remplies, l’écologie politique radicale pourrait et devrait faire cavalier seul à l’image du parcours électoral du Front-National qui récoltait au 1er tour de la présidentielle de 1974 à peine 0,75% des voix et atteignait 30 ans plus tard en 2002 le 2ème tour de la présidentielle avec presque 17% des voix. La crédibilité du message “décroissant” sera d’autant plus importante au fil des années que le corps électoral vivra au quotidien la diminution de son train de vie et prendra conscience que la “crise” commencée en 2008 n’a pas de fin… autrement dit qu’il ne s’agit pas vraiement d’une “crise” (Cf entretiens avec Yves Cochet sur ce sujet).
Une précision à propos de la crise économico-financière que nous vivons. Si l’automne 2008 est considéré comme le point de départ officiel de la crise avec la faillite de Lehman Brothers, la crise des liquidités sur les marchés interbancaires remonte en réalité à février 2007 (soit 18 mois d’incubation) avec une aggravation pendant l’été 2007 qui avait obligé pour la 1ère fois une banque française BNP PARIBAS à communiquer sur le sujet.
Avec ce recul, nous entamons en réalité notre 4ème année de “crise”.
Durant les 3 années écoulées, le débat de la “décroissance” réservé du milieu confidentiel de quelques initiés et autres militants écologistes s’est étendu dans le paysage politique à tel point que les principaux hommes politiques français l’ont au moins prononcé une fois (y compris MM. Sarkozy et Fillon).
Dans ce genre de débat, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de continuer puisque chacun son avis.
Je veux juste savoir : que pensez vous de la stratégie du NPA ?
Tout à fait d’accord il est difficile de poursuivre ce débat ici.
Au sujet du NPA, je suis forcément en accord avec sa position anti productiviste ce qui est la moindre des choses pour un objecteur de croissance. Cet anti productivisme est ailleurs une différence significative par rapport aux positions de LO qui s’oppose radicalement aux idées décroissantes.
Pour le reste, c’est à dire l’anti capitalisme et la stratégie de prendre le contre pied systématique du gouvernement sur la plupart des sujets d’actualités je ne suis pas fan. Comme symbolisé par sa nouvelle identité “NPA” ce jeune parti héritier de la LCR se définit essentiellement par ce qu’il combat plutot que par ses propres projets. Si je prends l’exemple de sa position vis à vis de l’UE ou de l’euro, on comprends qu’il s’oppose aux mesures de la Commission mais que propose le NPA concrètement ? Nada ! Aucune position claire n’est établie et son site internet ne publie rien qui ressemble à un programme politique. Beaucoup de réactions à chaud sur l’actualité mais de propositions et programme nenni.
Voilà ce que je pense du NPA. Pas grand chose donc puisque ses dirigeants restent (volontairement ?) approximatifs sur grand nombre de sujets importants. Comme la plupart des autres partis politiques français d’ailleurs.
Arf c’était pas vraiment là dessus que je voulais t’emmener mais plus sur la stratégie du “seul contre tous” et de ne pas s’allier avec d’autres organisations (avec les résultats qu’on connait).
Que penses tu de cela ?
Le seul contre tous ne pose pas problème mais il s’agit d’une stratégie à long terme c’est à dire sur 10 ans au minimum. Les électeurs savent faire la différence dans la mesure où le parti reste fidèle à ses idées. Revoir en France l’histoire du FN comme je l’ai déja rappelé ou des Verts à un moindre niveau. D’ailleurs, les Verts n’ont jamais été aussi hauts que lorsqu’ils affichaient une relative indépendance par opposition à la période de Mme Voynet qui participait à la gauche plurielle.
Pour le NPA, c’est plus compliqué puisqu’il est en concurrence avec d’autres partis qui représentent la gauche ouvrière : PCF, LO, POI (Schivardi). Comme si 3 nouveaux partis objecteurs de croissance apparaissaient demain l’AdOC, le MOC et Colibris, ce serait totalement contre productif.
Le débat sur le “pouvoir” de l’individu est très, très intéressant.
Je rejoins Merome.
Je bise tès fort Raoul.
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Marti, pour une fois.
J’aime les propos de RiGel.
Si tu te sens impuissant, Marti, pense que ton bulletin de vote a encore moins de poids que ce que tu dis, ce que tu fais et ta propension à y réfléchir… et c’est le cas pour chacun de nous.
Il y a deux façons de changer les choses (pour faire simple, car c’est plus compliqué que ça) :
- Si on prend l’exemple de la peine de mort, d’abord une loi, donc une volonté politique et ensuite la mentalité majoritaire (maintenant, la majorité est contre, avant la loi, c’était pour)
- Le changement de mentalité, puis les lois ou le système suivent.
Le changement de mentalité commence par soi.
On se croit seul(e), puis on se rend compte que d’autres pensent la même chose.
On prend un peu d’assurance et on tente de convaincre autour de soi (ça, ce n’est pas facile.. paradoxalement, l’entourage, la famille sont moins ouverts que des “étrangers”)
Mais… vos idées sont dans l’air..
Vous vous rendez compte que ça bouge, trop lentement… mais ça bouge..
Exemple : lors de la conférence de Pierre Rabhi, il a été dit que l’assistance se composait péniblement de quelques dizaines de personnes il y a quelques années… maintenant, une salle de 800 personnes suffisait à peine.
Autre exemple :
Tout au début que j’étais sur le D A R D, je me suis faite une fois censurée en proposant le Revenu Minimum de Vie.
J’ai récidivé et, là, ma proposition est restée.
Les commentaires étaient négatifs, les soutiens quasi nuls.
A ce jour, cette proposition a reçu 52 soutiens en presque 2 mois.
Mieux, une autre personne propose la même chose et reçoit des commentaires bien plus positifs et, rapidement, des soutiens nombreux (27 en 2 jours)…
L’idée fait son chemin… la petite graine pousse… et même si ce n’est la mienne, j’en suis contente.
Pour ce qui concerne, les objecteurs de croissance, je ne suis d’accord avec une candidature aux présidentielles QUE pour faire de la campagne une tribune d’information… et, si c’est légal, affirmer ne pas vouloir de votes.
“Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Marti, pour une fois.”
Ahah, pour une fois, cela veut dire que d’habitude tu es d’accord avec moi ?
“Si tu te sens impuissant, Marti, pense que ton bulletin de vote a encore moins de poids que ce que tu dis, ce que tu fais et ta propension à y réfléchir… et c’est le cas pour chacun de nous.”
C’est bien parce que mon bulletin de vote me semble inutile que j’ai envie de m’investir dans la politique tous les jours.
“Il y a deux façons de changer les choses (pour faire simple, car c’est plus compliqué que ça) :
- Le changement de mentalité, puis les lois ou le système suivent.”
Ceci décrit parfaitement mon opinion. Une fois le changement de mentalité effectué, et même si cela n’empêche de “prêcher” la décroissance, je sens qu’il y a quelque chose à faire ensuite.
Bravo Superno,
J’ai vu ce film au Caméo Ariel de Metz, nous étions 6 dans la salle …. Concernant le Brf, voir Jacky Dupety sur les Causses du Quercy que je suis allé voir. Il y a d’ailleurs un 2 eme congrès international sur les BRF à Toulouse 17 et 18 juin 2010. Dans le film, ce qui m’a marqué, c’est le fait que nous n’ayons que 20 jours de nourriture devant nous, comme pour le pétrole …
A voir et à écouter, radio ici et maintenant qui émet en région parisienne où il y a plein d’interview intéressants … ainsi qu’une très bonne initiative en Aveyron que je cherche à “reproduire” en Lorraine s’il y a des volontaires, ça s’appelle “sortir du supermarché” où comment faire ses courses bio autrement. Il y a de bonnes idées, à nous de les développer
Bonjour tout le monde!
Comme Merome, je pense que c’est à nous d’expliquer aux gens tout ça. Le
système ne le fera pas, même dans l’agonie où il se trouve.
Ici, à Quimper (29) je suis allé voir le film, mais je n’ai pas pu
. Ceux qui comme moi n’ont
rentrer parce que la salle a été bondée
pas pu rentrer étaient quand même contents de voir le succès du film!!
De mon côté, incapable de rester inactif face au désastre
agroalimentaire et pour plein d’autres raisons,
je me reconvertis en ce moment à l’arboriculture fruitière bio (kiwi,
cerise, poire, prune…) en vente directe. Comme ça tout le monde pourra
acheter mes fruits.
Avant, je faisait de la compta budgétaire publique.
Les terres aussi sont verrouillées.
Je viens d’avoir la chance inouie de trouver quelques hectares de terres
dans un système verrouillé par le conventionnel pour s’installer. Quand
on en trouve, c’est souvent merdique, et hors de prix. Dans ces
conditions, c’est extrêmement difficile de s’installer pour des jeunes
sans le sous.
Certains vendent 10ha avec maison 260 000€ AAARRGGHHH!
Heureusement, le monde change, par en bas.
J’ai eu au téléphone il n’y a pas longtemps un type qui faisait du cochon
conventionnel qui voulait vendre ses terres à plusieurs
bios pour installation: il m’a dit que le cochon conventionnel, il avait
fait ça toute sa vie, qu’il avait vu ce que ça donnait, et qu’il ne
voulait vendre qu’à des bios, et pour tout ce qu’ils voudraient faire,
dans la limite des possibilité de ses terres. il a refusé de vendre à
des conventionnels. Depuis il a partagé ses terres entre plusieurs néo
paysans qui font des légumes, du fromage, de la viande.
Il est extrêmement difficile de trouver des terres pour plein de raisons.
Celles que j’ai trouvé à un prix juste (voir pas cher vu la qualité, la
profondeur et la vie du sol) par un concours de circonstances improbable
sont en bio depuis 20 ans!!!!
Quand j’ai demandé au vendeur pourquoi il vendait à ce prix alors que
d’autres demandent 5000 7000€ l’ha(pour un sol mort), il m’a répondu:
“la bio, c’est miraculeux”
Il semble qu’il y ait encore des anciens qui ont gardé leur âme!
“Comme Merome, je pense que c’est à nous d’expliquer aux gens tout ça. Le
système ne le fera pas, même dans l’agonie où il se trouve.”
Je me permet de répondre dans la mesure où le débat opposait deux conceptions différents symbolisées par Merome et moi.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi vous opposez lutte individuelle et collective. Encore une fois, je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas les hauts placés (le système) qui changeront quelque chose. Mais un parti politique à petite échelle est constitué par des citoyens qui eux ont la volonté de changer le monde et qui sont encore plus forts lorsqu’ils sont en groupe!
“Je me reconvertis en ce moment à l’arboriculture fruitière bio (kiwi,
cerise, poire, prune…)”
Tu arrives à faire pousser des kiwis à Quimper de façon biologique ? OO
Ben oui que des Anciens ont gardé leur âme….quitte à en crevette d’ailleurs!! De toutes façons vaux mieux des sol ré mi bio qu’un sol mort…sauf si l’on n’aime pas la musique de la vie.
Votre analyse du film est superbe et très juste.
Merci de nous trouvez drôle et doux dingues!!
Nous avons posté votre blog sur notre profile Facebook.
Si vous voulez nous y rejoindre n’hésitez pas!!!
http://www.facebook.com/lydiaclaude.bourguignon
Coucou, Lydia et Claude !
Merci de votre participation, de votre bonne humeur, de la clarté de vos propos dans ce film mémorable.
Bises
Merci de ce message, je suis très flatté et j’espère vous rencontrer “en vrai” lors d’une prochaine conférence !
Ayant vu le film, je félicite aussi M. et Mme Bourguignon qui sont vraiment très intéressants et drôles à la fois.
Concernant mon avis sur le film :
C’est un documentaire très enrichissant. On apprend énormément de choses sur l’agriculture.
Le gros avantage de ce film, c’est qu’il est distribué dans des salles “tout public” , donc visible par beaucoup de monde.
Par contre, autant je trouve que le constat est très bon, autant notre mode de consommation n’est pas totalement remis en cause. Ce que je veux dire, c’est qu’on peut très bien aller voir le film, se dire “ah oui c’est vraiment du n’importe quoi” et malgré tout retourner dans son supermarché le samedi.
Il y a une condamnation du capitalisme, peu de nos modes de consommations. Finalement il y a aussi peu de solutions pour nous : on ne parle que très peu des AMAP, pas des GASE, des mouvements alter conso, des dangers de la grande distribution,…
Pour prendre conscience du désastre qu’est devenue l’agriculture, ce film est super. En revanche, je trouve qu’il manque une dimension plus politique à ce film.
Bien sûr que c’est toujours insuffisant, Marti. Mais ce n’est plus 2 heures, mais 4, puis plus, qui seraient nécessaires pour détricoter ce qu’on serine partout et tout le temps. Un spectateur du film, sain d’esprit, devrait se poser (un paquet) des questions et chercher d’autres réponses dans les jours/semaines/mois suivants, non ? C’est aussi ça le but : susciter le questionnement, la remise en question, puis l’action.
Je l’ai vu hier soir (le film), dans une toute petite salle où s’étaient entassées… 9 personnes. Pas d’applaudissements par contre, sans doute à cause de la retenue ou de la raison des gens du nord (de la Bretagne). Ton récit est très fidèle, SuperNo, j’avais parfois l’impression de deviner la séquence suivante avant qu’elle n’arrive à l’écran. La présence du logo Orange sur le site du film me débecte davantage que celle du logo Biocoop. Et puis, d’autres encore pourront dénoncer des liens vers le site de la FNH. Allez, juste pour trouver un petit défaut, j’ai trouvé la séquence violon et gros plan de visages bovins un peu longue, n’est pas poète qui veut
Les monsieur Thomas Sotinel et compagnie sont des sots qui ne peuvent que conchier le travail salutaire de Serreau et son équipe, de dangereux idiots à la hauteur de leur audience qu’on doit souhaiter la plus faible possible. Leur idiosyncrasie (Lordon doit être un fils spirituel de Maitre Capello !) est d’un ridicule qui ne les tue pas, tant mieux pour eux, mais qui participe à l’augmentation du nombre de victimes de tout ce système de merde. Leur aveuglement volontaire, ou leur bêtise dans le meilleur des cas, est à vomir.
Tout ce qui est dans le film est génial. Je trouve simplement qu’il manque quelque chose mais bon, c’est vrai qu’on peut s’en passer.
De toute façon, il est évident qu’il faut que le plus de monde voient ce film.
Pour apporter ma pierre au débat individuel/collectif :
C’est Paul Ariès je crois qui disais que la Décroissance repose sur 3 piliers :
Individuel : La simplicité volontaire, le refus d’être un forçat de la consommation et du travail
Collectif : Inventer des alternatives au système actuel en s’organisant à travers des assos, les AMAP, des conférences, ou autre
Politique : Voter et/ou se lancer dans les élections afin de faire changer réellement les choses et renforcer les 2 piliers précédents.
Exactement! Je l’avais lu aussi et c’est sur ça que se basait mon argumentation!
Oui, c’est vrai, évident même. Mais force est de constater que pour l’instant, c’est le politique qui fait seul la loi !
@ Marti
Ben, oui, le climat ici est adapté au kiwi qui s’y plait, il y a déjà un producteur de kiwis bio à Fouesnant…
Le kiwi n’a quasi aucune maladie! En bio, c’est facile!
Mais bon, je vais m’installer en Pays Bigouden, à 15kms de Quimper.
Ici, les cerisiers & merisiers, ça pousse partout depuis fort longtemps…
Il y avait environ jusqu’en 1930 des vergers de cerisiers à Fouesnant, à Loperec et ailleurs, avant que ces cultures ne soient abandonnées parce que la révolution verte et des transports ne permette de faire venir les cerises pour moins cher…
Mais maintenant, avec le climat et le pic pétrolier…
D’accord! Je ne savais pas du tout que le kiwi pouvait pousser en France. Merci du renseignement!
Pour continuer futilement sur le sujet du kiwi ou actinidia…
L’actinidia est connu pour n’être attaqué par aucune maladie cryptogamique ni aucun insecte.
Les kiwis sont très rustiques. Ils résistent sans problème à des froids de -15 à -20°C. Cependant, les jeunes bourgeons gèlent à -4°C… Attention donc si nécessaire à les protéger des vents froids par un brise-vent, à moins qu’une haie ne joue ce rôle, ou que les arbres aient été plantés à l’abri d’un mur (ou soient palissés).
Bref ça pousse très bien sans aucun engrais ni pesticide même en Lorraine.
Les 10 premiers conseils pour entrer en résistance par la décroissance :
http://www.decroissance.info/IMG/pdf/decroissance.pdf
Cliquez sur les images qui représentent : femme….
“Les 10 premiers conseils pour entrer en résistance par la décroissance”
Très intéressant ces conseils, même si évidemment j’en avais déjà entendu parler.
Mais en les voyant tous réunis, je me dis vraiment que je suis encore loin d’être “pratiquant” de la décroissance. Toujours très “croyant” par contre, comme dit SuperNo.
Par contre vous aurez remarqué le conseil numéro 8 : se politiser. :p
oui, se politiser, mais dans le sens noble du terme, pas en devenant politicien, en étant citoyen actif.
Je me permets de coller la proposition n° 8 en entier
Un mot en vitesse “juste à côté du fil” … (Sais pas où le mettre ailleurs). Je signale pour les lorrains (grande banlieue de Metz) l’excellentissime festival “Caméra des Champs” de Ville sur Yron, ou “comment ouvrir les yeux sur d’autres mondes dont personne ne parle jamais”.
Entrée libre et gratuite - du 26 au 30 mai - Festival international du film documentaire sur la ruralité. Pas le temps de mettre un lien mais il doit exister …
Il est possible de voir le film à Jarny (54), 25 km à l’ouest de Metz, à l’Espace Gérard Philipe (EGP, derrière la mairie) le mercredi 19 à 17 h, le vendredi 21 à 17 h 45, le dmanche 23 à 14 h 30 et le ludni 24 à 14 h et 20 h 30.
Pas d’excuse pour le rater…vous avez le choix dans la date !
Celle-ci, je la connais, la contrepèterie, un grand classique
Dites moi miha, Merome, Raoul :
que pensez vous de courant d’idée tel que UTOPIA ou d’association type ATTAC qui bénéficient des avantages d’organisations groupées (débat, projet, militantisme) tout en écartant les défauts (course au siège, réunions pour savoir qui préside tel commission,…) ??
Simple citoyenne, apprentie décroissante, bébé-résistant, je n’ai eu connaissance d’UTOPIA ou ATTAC que depuis peu de temps (3-4 ans), après avoir compris que je pratiquais la décroissance sans le savoir, comme la prose pour M. Jourdain.
Je connais peu de leur fonctionnement..
Je déplore qu’ils soient peu connus du grand public.. mais ça viendra.
(te v’là bien avancé..
)
Oui en effet!
Ma question portait plus sur le genre d’associations que sur des noms précis. Que tu ne connaisses pas le fonctionnement, moi non plus, pas plus que celui des partis politiques d’ailleurs mais cela n’empêche pas d’avoir un jugement…
@Marti
Hello Marti!
Je pense que ce type de formations ou associations est encore en … prototypage. La course au siège peut survenir à tous moments, il suffit que les projecteurs se braquent subitement vers eux. Pour ma part, j’envisage de multiplier les contacts avec Attac35 de REnnes ou St-Malo pour diverses raisons. J’espère un premier contact physique dans le courant du mois de juin. Je t’en dirai plus à ce moment là.
Bonne manif pour ceux qui y vont!
Pour revenir sur l’agriculture, je suis tombé, via le site de Libé, sur cette mini conférence (“15 minutes pour changer notre vision du monde”) d’Erik Orsenna à l’ENS.
Son intro est pas trop mal, mais ensuite il ne pousse pas son raisonnement jusqu’au bout des choses. Orsenna pointe du doigt des mécanismes, mais ne dénonce pas toujours clairement les vrais tireurs de ficelle et le système lui-même. Il dit s’intéresser aux sujet des matières premières, mais ne cite pas le peak oil. Sa position sur les OGM et les agrocarburants (ou nécrocarburants, comme dirait Dominique Guillet) est pour le moins hasardeuse.
J’avais lu “Portrait du Gulf Stream”, qui m’avait laissé un gout de déception, mais j’avoue ne pas connaître très bien le bonhomme. Je jette un œil sur sa fiche wikipedia qui énumère des activités du genre à boire et à manger. Et puis, je lis qu’Orsenna a participé à la commission pour la libération de la croissance française. Ça commence à faire beaucoup !
Comment dis-tu SuperNo ? Ah oui, peut-être suis-je également trop perplexe et dégouté pour savoir écouter correctement ce “sage” ? En tous les cas, à la fin de l’exercice (il faut reconnaitre que 15 minutes, c’est court, mais bon), je me suis dit “en voilà encore un autre, d’écotartufe”.
A propos du délinquant Dominique Guillet et de ses amis de l’association Kokopelli, il y avait déjà eu le procès injuste débuté en 2004. Hé bien le GNIS continue la provocation. Jetez un œil à ça : http://www.kokopelli.asso.fr/presse/gnis.html.
Juste pour qu’on se souvienne de qui devra rendre des comptes, si un jour le pouvoir revient dans les mains du peuple.
Cet article nous informe que les semenciers ne se contentent pas de faire taire les empêcheurs d’empoisonner et de tuer en rond tel Kokopelli. Ces salopards du GNIS intensifient leur lobbying au Parlement en voulant instituer dans la loi ce statut de délinquant.
Plus ça va, plus les mondes de Soleil Vert, 1984 ou Ravage s’éloignent du domaine de la science fiction.
Hello Guénaël
Je me demande dans quelle mesure cette info n’est pas à prendre avec d’infinies précautions. Sur le site de Semences Paysannes, je n’y ai trouvé aucune référence. En passant, si le film de Coline Serreau fait rérérence à koko et omet une structure comme semences paysannes, c’est un peu dommage (d’autant que koko n’est peut-être pas le meilleur exemple à citer en la matière).
SOLUTIONS LOCALES POUR
UN DÉSORDRE GLOBAL
Vendredi 18 juin à 20h30 au cinéma Union de Ars sur Moselle
En collaboration avec l’Association
Graine d’Ortie d’Ancy
et
La MAEC
Vu (enfin) le film hier et finalement assez déçue, peut-être ai-je lu trop de commentaires avant.
Je n’ai pas appris grand-chose personnellement, mes lectures sur le sujet ( je pense à “Le marché de la faim”, et de Ziegler “L’empire de la honte” et “La haine de l’Occident” par exemple)m’avaient déjà bien renseignée.
Filmer les intervenants en gros plan, je trouve que cela n’apporte rien par rapport à un commentaire radiophonique (je ne regarde plus la télé et cherche désespérement une radio actuellement écoutable…)
Je connaissais déjà les travaux de Claude et Lydia Bourguignon, j’aurais aimé les entendre sur des solutions “pratiques” pour l’agriculteur pris au piège de sa terre “bétonnée” et qui veut la transformer en “couscous”.(Il vit comment pendant la période de détoxification?)
Je trouve également que la dimension politique manque énormément, le film s’appelle quand même “solutions ….” certes locales, certes il y a distribution de semences…mais au plan national et international, les céréaliers mènent toujours la danse, avec des fluctuations maitrisées du coût des céréales en particulier.
Je pense que ce film est dans la limite du complètement tolérable par le pouvoir, comme certains humoristes qui se disent persécutés mais qui en fait ne dérangent strictement rien, n’allant pas au fond des problèmes.
Un seul des intervenants dénonce à un moment le concept de croissance.
Rien sur le palmier à huile, huile que l’on retrouve dans moult produits estampillés bio.
A un moment il est dit que chacun devrait être, je ne sais plus + jardinier + informaticien.
Dire cela à des gens entassés dans des cités sans horizon….
Vu (enfin) le film hier
Moi aussi.
Je n’ai pas appris grand-chose
Voilà le problème : on retrouve toujours les mêmes, les plus conscients et les plus informés.
Filmer les intervenants en gros plan, je trouve que cela n’apporte rien
Heureusement, c’est fait le plus souvent avec des longues focales et pas des grand-angulaires sous le nez.
Par contre, les panoramiques caméra à bout de bras (même pas à l’épaule) sont littéralement à vomir.
l’agriculteur pris au piège de sa terre “bétonnée” et qui veut la transformer en “couscous”.(Il vit comment pendant la période de détoxification?)
En 2001, la Commission Européenne a interdit les subventions liées à une production. La FNSEA et le gouvernement de l’époque ont trouvé une solution élégante : le « paiement unique par exploitation » ou PUE. Principe : à partir de 2002 et jusqu’en 2012 (fin de toute subvention), l’exploitant agricole perçoit chaque année un montant d’aide égal à ce qu’il a perçu en 2001, indépendamment de toute condition de production, et le tour est joué
Le cul-terreux pris au piège de sa terre “bétonnée” pouvait faire en 2001 le choix de passer en bio sur une période de dix ans, pendant laquelle il touchait des subventions et pouvait continuer de vendre sa production, laisser ses terres se dé-bétonner et se dé-toxifier pour satisfaire aux exigences des labels bio (cinq ans sans chimie).
Il a choisi le pognon, et d’acheter un tracteur de six tonnes en plus de son tracteur de quatre tonnes, pour bien damer son béton.
Il vit comment ? Disons qu’on s’en fout, pour être gentils, et faisons comme si on ne lui en voulait pas de s’être engraissé en tuant la terre et en fourguant des denrées toxiques.
Touchatout a-t-il fait partie des intervenants dans le “débat” hier à Ars?
Je ne comprends pas comment le paysan peut à la fois laisser sa terre se détoxiquer et vendre sa production?
Je parlais du cas j’espère fréquent du paysan qui réalise sincèrement ses erreurs et désire “passer” au sans chimie.
Non, je n’ai pas participé au débat.
Ce n’est pas parce qu’on cesse de répandre de la chimie que la production cesse complètement. Il y aura toujours quelque chose à vendre, même en faible quantité. Ou au moins de quoi croûter. Et en tout état de cause, les subventions permettent de vivre sans rien vendre.
S’il ne se rend compte de ses erreurs que maintenant, de bonne foi, il est probablement sur-équipé côté mécanique et sous-équipé côté cérébral. On ne va quand même pas pleurer.