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Pierre Rabhi : 52 kg de finesse dans un monde de brutes


A 20 heures pile, j’arrive en courant du ridicule et dispendieux meeting de Fillon qui se tenait dans la salle voisine du Parc des Expositions de Metz. Et là, surprise : la salle où doit se tenir la conférence de Pierre Rabhi est presque aussi grande que celle de Fillon, et largement aussi pleine ! Je rentre de justesse, et il a fallu refuser du monde ! Les organisateurs revendiquent 700 personnes, quasiment autant que les (généreux) 800 accordés à Fillon. Et sans avoir eu besoin de recourir à l’artifice grotesque des “cars de vieux” !

Des vieux, il y a en avait certes beaucoup. Des jeunes aussi. Plus que chez Fillon, en tout cas. Et pas des hystériques conditionnés qui agitaient des drapeaux bleu-blanc-rouge pendant toute la conférence ! Non, un calme absolu pour mieux entendre des paroles trop rares.

[Commençons par en finir avec Jean-Marie Pelt, l’organisateur de cette conférence. Je vais faire bref car ce n’est pas le sujet principal, mais cela doit être dit.

Étant passé en l’espace de quelques minutes du meeting en toc de Fillon à la conférence de Pierre Rabhi, j’avoue avoir été surpris et carrément écœuré d’avoir vu Jean-Marie Pelt dans les deux… Non pas comme spectateur, car après tout, j’y étais aussi, mais dans le meeting de Fillon, Jean-Marie Pelt est apparu à plusieurs reprises sur les écrans placés devant la foule, cautionnant Hénart, Fillon et l’UMP. J’ai retrouvé la vidéo. Ne vous faites pas de mal en regardant la totalité, mais allez directement vers 2 mn, et vous verrez Pelt, juste avant… Morano !

J’ai assisté à une conférence sur le “développement durable” il y a plus de deux ans. Oui, j’étais plus naïf que maintenant. Jean-Marie Pelt y intervenait, et j’avais noté cette énumération admirable, dans laquelle il décrivait les MOTS responsables des MAUX de notre planète : “croissance”, “réforme”, “création de richesse”, “compétition”, “performance”, “excellence”. Le programme de l’UMP (ou du MEDEF), oui oui !

Je ne connais pas Jean-Marie Pelt, mais j’ai l’impression que c’est un grand naïf. Il parle beaucoup de religion et de spiritualité, mais cela l’empêche manifestement de voir la réalité en face. Son catholicisme forcené fait qu’il ne peut pas être “de gauche”. Ce n’est hélas pas à 80 ans passés qu’on peut changer… Et je subodore aussi qu’il est aveuglément fidèle à ses amis. Il se trouve que c’est l’ami de Jean-Marie Rausch, dont il a été conseiller municipal, et on lui doit notamment la “verdure” de Metz. Et c’est probablement la raison pour laquelle il supporte toujours l’UMP, sans voir qu’il se tire une balle dans le pied (et dans notre pied, par la même occasion). L’UMP est de toute évidence la dernière formation à supporter pour un écologiste (à part peut-être le Front National ou Lutte Ouvrière !)…

S’il ne veut pas parler de “politique politicienne” (après tout c’est son droit), il pourrait simplement éviter le sujet. Mais non, contre toute évidence, il soutient l’UMP. Et c’est un très mauvais coup pour l’écologie.

Coïncidence, le dernier numéro de “La Décroissance”, (dont au passage Pierre Rabhi fait partie du “Comité Editorial”), épingle Jean-Marie Pelt en publiant le script d’un extrait de l’émission de France-Inter “CO2 mon amour”, de Denis Cheyssoux, où Jean-Marie Pelt a son rond de serviette. Le 30 janvier dernier, il y disait, à propos des “écolos intégristes” : “Alors ceux-là, je préfère qu’ils ne soient pas au pouvoir, ben parce que sinon nous serions tous condamnés à brûler sur le champ notre voiture sans dégager un gramme de CO2 et à marcher à pied obligatoirement, donc nous souhaitons que ces minorités, parce que c’est quand même des minorités, il y a aussi des écolos raisonnables comme nous, n’est-ce pas Denis ? Nous sommes des écolos raisonnables…”

Allez, place à Pierre Rabhi…]


(Encore un détail : ce compte-rendu est basé sur les notes que j’ai prises. J’ai à peu près gardé l’ordre chronologique, et c’est forcément un peu bordélique et pas du meilleur style littérairement parlant. J’ai essayé de restituer les paroles de Pierre Rabhi (par forcément avec les mêmes mots). Quand ce sont mes propres pensées, je les ai mises entre parenthèses)

Peu s’en souviennent, mais Pierre Rabhi a souhaité être candidat à la présidence de la République en 2002. “J’ai voulu faire comme Obama, mais j’ai échoué …”. 184 signatures sur les 500 nécessaires… “Vous vous rendez compte, la France, avec un bougnoule à sa tête ?”

Ben oui, à la place nous avons dû subir un infâme second tour, et nous le subissons toujours, d’ailleurs… D’ailleurs le leitmotiv de son programme de 2002 était un “appel à l’insurrection des consciences”. Un programme à recycler en 2012 ?

Pierre Rabhi, contrairement à Fillon, n’est pas là pour fournir une poignée de pseudo-solutions toutes faites pour résoudre la “crise”. C’est toute une philosophie de vie qu’il faut changer. Contrairement à Fillon, il n’a pas fait l’ENA. C’est un autodidacte. Mais sa vie et son histoire lui ont donné des idées, qu’il a su mettre en œuvre.

Comment décrire Pierre Rabhi ? “52 kg tout mouillé”, pour reprendre sa propre expression ? Écrivain, Philosophe, Paysan, Écologiste, Humaniste, Insurgé ? Un mélange de tout ça, probablement.

Engagé depuis 1961 en tout cas. Depuis qu’il a compris que “l’être humain fait la guerre à la terre”. Cette terre sur laquelle on a planté des frontières, comme dans un puzzle. Cette terre qu’on a “subordonnée, prostituée au lucre”. (Diantre ! J’aime les gens qui utilisent ces mots, qui sont les meilleurs pour décrire la réalité de la situation, bien plus appropriés en tout cas que ces circonvolutions politiquement correctes comme “développement durable”, qui a tôt fait de devenir dans la bouche des maquereaux cupides : “croissance verte”…)

Son enfance, il la passe dans le sud de l’Algérie où il est né en 1938. Son père est forgeron, et il n’a quasiment pas connu sa mère, morte quand il avait 4 ans. Il y avait alors les habitants des oasis, sédentaires, et les pasteurs itinérants.

Puis une société française ouvre une mine dans la région. Son atelier périclitant, son père est obligé de le fermer et lui aussi contraint d’aller travailler à la mine. Et son fils le voit rentrer le soir, le visage “souillé” par le charbon. Une bonne manière de comprendre que le travail n’est pas seulement cette source de fierté que certains revendiquent : il peut aussi être dégradant et aliéner sa dignité. (et il l’est de plus en plus souvent, surtout quand il ne suffit plus pour simplement vivre)

A l’âge de 5 ans, il quitte son père et le sud pour arriver à Alger, confié à un couple de français, et donc catho, lui qui vient de l’islam. Rejeté par ceux qu’il a quittés, se faisant difficilement accepter dans son nouveau milieu. Il va à l’école française, où on lui explique que ses ancêtres sont gaulois… L’éducation peut aussi être endoctrinement. Puis c’est la guerre d’Algérie, dure réalité pour un amateur de Gandhi…

En 1958 il débarque en France. Un pèlerinage pour lui qui en attendait tant… Et une immense déception. (Et encore, ce n’était pas encore l’ère Sarko-Hortefeux-Besson !). Impossible pour lui l’autodidacte de trouver un travail qualifié, il va devenir ouvrier spécialisé. C’est à dire spécialisé en rien, et prêt à tout.

Il découvre l’organisation pyramidale de la société, avec son oligarchie, ses grands chefs, ses petits chefs. Et lui, tout en bas de l’échelle. “Au moins, nous n’avions personne à vexer”. Ce système est la résultante logique du système éducatif, cette pépinière des inégalités. On y apprend la compétition. On ferait mieux d’apprendre la complémentarité. Dans ces conditions, comment faire des adultes fraternels ? L’aboutissement de ce système, c’est le monde politique, la technocratie…

Nous sommes en plein dans les “30 glorieuses”. La machine productiviste tourne à plein rendement, en utilisant les matières premières du tiers monde (ça n’a pas changé !). Le travail est exalté, divinisé… Travailler, oui, mais pour produire quoi ?

En Algérie, certains mineurs venaient travailler un mois. Puis ne revenaient plus. Ils avaient touché leur salaire, et ne comprenaient pas pourquoi ils reviendraient travailler avant d’avoir épuisé leur pécule. (Pas de risque que ça se reproduise aujourd’hui ! Le libéralisme a résolu le problème : avec son salaire minable, l’ouvrier ne met rien de côté, d’autant moins qu’on a réussi à lui coller quelques crédits sur le dos : il n’a plus le choix !)

Pierre Rabhi note que l’itinéraire d’un être humain dans la modernité consiste à être toujours enfermé. A l’école, à l’armée, au boulot. Dans des boîtes. Il doit produire et consommer. Produire, produire, produire. Produire au final du capital financier mal partagé.

On a inventé un prix Nobel d’économie (même pas vrai, il n’existe pas !). Mais ce qu’ils appellent “économie” n’est pas de l’économie, c’est du pillage ! On produit, on détruit, on crée des déchets. Et pour produire encore plus, on fait croire à l’être humain qu’il est en pénurie permanente.

Dégoûté, il devient ouvrier agricole. Où il retrouve les mêmes excès que dans l’industrie, la terre prostituée, le productivisme, la chimie… En 1961, il décide donc d’acheter une petite ferme, qu’il gérerait avec sa femme, un laboratoire qui lui permettrait de mettre en pratique ses idées. Il en trouve une, en Ardèche. Sans eau, sans électricité, en mauvais état. Il demande au Crédit Agricole 15 000 francs pour lui permettre de s’y installer. Refus catégorique : “on ne veut pas vous aider à vous suicider”. Ils lui proposent une autre ferme, plus grande, et pour laquelle ils accepteraient de lui prêter… 400 000 francs !

Les gens ont du mal à comprendre que l’air pur, le silence, sont des valeurs. Et que le temps, c’est de la vie. Et non de l’argent. C’est même la base de l’aliénation. Pendant des siècles, le temps a eu la même valeur. Bonaparte, tout Napoléon qu’il était, ne pouvait pas se déplacer plus vite qu’Alexandre le Grand. Les choses ont changé avec l’invention du cheval vapeur. Avec pour résultat qu’1 humain sur 5 (dont nous faisons partie) consomme 4/5 des ressources.

“La planète est un gisement de ressources qu’il faut piller jusqu’au dernier poisson”. (Et c’est encore pire que ça, puisqu’il faut même les piller de plus en plus vite pour satisfaire la sacro-sainte “croissance”). Tous les pays se sont mis au “développement”. Et la finance mondialisée a remplacé l’économie vernaculaire (locale, pour mes lecteurs moins cultivés !).

Pourtant, “on ne vit pas avec des dollars, on vit avec des ressources”. C’est ce que la “crise” nous apprend : on ne mange pas des dollars.

À cet égard, le classement des pays par le seul critère du PIB est terrifiant. Contrairement à ce que ce classement prétend, l’Afrique n’est pas pauvre. L’Afrique est au contraire immensément riche de ses ressources. Elle ne devrait souffrir de rien. Et beaucoup de ses habitants sont heureux, avec pas grand chose.

Mais on a instauré le lucre et la finance comme référents absolus.

Le PIB par habitant ne veut rien dire quand il est si mal partagé. Pierre Rabhi raconte un anecdote sur sa mère adoptive, grande amatrice de vin de Bourgogne, et qui en commandait une bouteille au restaurant quand elle venait le voir en Ardèche. Il n’aime pas le vin, mais en prenait une gorgée pour trinquer avec elle et lui faire plaisir, et elle buvait le reste de la bouteille. Et elle racontait ensuite “on a bu une bouteille à deux”…

Pierre Rabhi prône désormais la “Sobriété heureuse”, plus facile à faire comprendre que la “Décroissance soutenable”. (Enfin, plus facile… Moins difficile, peut-être. Car dans la société de con-sommation, “décroissance” et “sobriété” sont des notions complètement extraterrestres…)

“Nous sommes dans un avoir exorbitant, mais nous n’avons pas nourri notre intériorité”. La crise financière, c’est de la blague, ce n’est qu’un symptôme d’un monde qui va mal. “Nous avons rompu avec tous les fondements de la vie, on nous a confinés dans une société “hors-sol”. On ne devrait pas se poser la question d’être écolo, on devrait l’être naturellement. Nous sommes la nature, nous sommes des mammifères. Et si nous étions si intelligents, le monde ne serait pas ce qu’il est.

Pour sortir de la crise, éduquez vos enfants autrement ! Pas facile, puisqu’eux aussi, plus que nous encore, sont éduqués “hors sol” ! On leur rabache “si tu travailles bien, tu auras un boulot” (mon zoeil !).

Le système a un mépris du travail manuel (pourtant le plus utile). Il ne devrait pas y avoir de “sexe opposé”, mais un “sexe complémentaire”. Le masculin est outrancier.

Il faudrait revenir à la simplicité des choses. Relocaliser l’économie. Pour illustrer la stupidité du système actuel, Pierre Rabhi cite ce fameux accident (peut-être mythique, mais tout à fait plausible) entre 2 camions de tomates, l’un qui les transportait de Hollande vers l’Espagne, et l’autre qui faisait l’inverse. (Sans oublier que désormais il y a de plus en plus de légumes irradiés en provenance de Chine dans l’industrie agroalimentaire occidentale).

L’espace rural se désertifie. Les ruraux se précipitent dans les villes (pour y être chômeurs). Plus personne ne produit sa nourriture. L’eau est polluée, les abeilles meurent, on bouffe des OGM. En Afrique, les émeutes de la faim se multiplient.

Il faudrait relocaliser ! Faire renaître le petit commerce, la petite industrie. Ceux qui travaillent pour leurs voisins, pas pour l’autre bout du monde.

Les pays du Sud sont en grande souffrance (pour rappel, 1 milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim), et nous ne sommes même pas fichus de résoudre ce problème. En Afrique, la tendance est pourtant à manger du riz abominable en provenance de Chine, et de l’assaisonner avec du Ketchup.

Comme Pierre Rabhi l’a démontré en Ardèche puis au Burkhina Faso, l’agro-écologie, ça marche. Produire bio, localement, en respectant la terre : cela crée de l’autonomie. On travaille pour se nourrir (pas pour enrichir des pillards cyniques). On mutualise les savoirs et les savoir-faire. Il faut remettre l’humain et la nature au centre des préoccupations. (Allez raconter ça à Monsanto et à ses supporters de l’UMP)

Au lieu de ça, c’est le modèle de la “croissance infinie”, des “profits illimités” qui domine : c’est un vortex qui aspire tout !

La sobriété, c’est la désaliénation. Un principe positif, une libération. Cela ne doit pas être vécu comme un contrainte. Les multinationales, on ne pourra s’en débarrasser qu’en s’organisant pour ne pas en avoir besoin. (Très bonne théorie que nombre d’entre nous appliquent plus ou moins à titre individuel. Mais force est de constater que globalement, ça ne fonctionne pas).

Depuis Rachel Carson (tiens, la dernière fois que j’en ai entendu parlé, c’était chez un autre écolo-décroissant-humaniste-insurgé : Fabrice Nicolino !), beaucoup de gens ont alerté sur les dangers et les artifices de cette idéologie, mais on tourne en rond sans en sortir. Le Grenelle (à côté, Pelt qui y a participé ne moufte pas), Copenhague, tout ça ne sert à rien. On ne peut changer quoi que ce soit si l’être humain ne change pas. Nous sommes irrationnels

Mais attention : on peut manger bio, se chauffer à l’énergie solaire et exploiter son prochain. Attention aussi à ne pas tomber dans la “dictature écologique”.

On a évacué la beauté, on est dans la laideur, et on ne s’en rend même plus compte. Et si la beauté pouvait changer le monde (sans l’Oreal !)

Pierre Rabhi raconte à ce sujet une anecdote : à la fin d’une journée où il a coupé du bois en Ardèche avec son voisin, il contemple le coucher de soleil. Il appelle son voisin et lui dit : “regarde comme c’est beau !”. Et l’autre lui répond : “oui, il y a au moins 10 stères !”

Compassion, bienveillance, générosité, amour, ces notions sont complètement mises de côté… “Je suis dans l’indignation, et il ne faut pas qu’elle s’éteigne”. On s’épuise à “être contre”. Mais on crée. On démontre qu’on peut faire autrement.

Il y a des oppresseurs, il y a des opprimés. Il ne faut pas s’en prendre aux oppresseurs, mais aux racines de l’oppression : la planète est subordonnée à la vulgarité du lucre, et la politique est totalement pervertie. Le suffrage universel peut même engendrer des dictatures. La politique ne peut pas préparer le futur, puisqu’elle vit au jour le jour. (Quand on voit Sarkozy souhaiter les subprimes et la construction dans les zones inondables , on se dit en effet que le futur l’intéresse peu !) Quant à l’écologie, c’est un machin subsidiaire que la droite a récupérée par des Grenelle, des machines et des trucs : je n’y crois pas.

Allez, le mot de la fin : “Je n’ai pas confiance dans l’humain. J’ai confiance dans l’humain éclairé”.

(Ouais, sauf que l’on fait tout pour nous éteindre la lumière…)


Puis Jean-Marie Pelt fait un petit blabla, que je n’ai plus aucune envie de détailler.

Enfin, quelques (rares) questions dans la salle. Daniel Béguin arrive à prendre la parole, comme à toutes les conférences auxquelles il assiste. Il tente de défendre les politiques bien malmenés ce soir. Oui, il y a sûrement des politiciens moins pires que d’autre. (Mais le système est ainsi fait que ce sont souvent les pires qui gagnent…)

Un spectateur réagit à la notion de prédation et d’oppression, qui serait selon lui naturelle, puisqu’elle existe chez les animaux. Par exemple, le lion est un prédateur pour l’antilope. Pierre Rabhi lui répond que certes le lion tue l’antilope pour la manger, mais qu’il ne fait pas de stock d’antilopes, de banques d’antilopes et n’essaie pas d’en vendre à ses congénères…


(Comme je suppose la plupart des spectateurs de cette conférence, je suis ressorti charmé. Pierre Rabhi est de toute évidence un Grand Monsieur, un sage.

Le problème est double : d’abord Pierre Rabhi, contrairement à Sarkozy, ne passe pas à la télé, et n’existe donc pas pour l’électeur de base. Le second c’est que le monde dont il nous parle n’existe pas ! Il pose des principes philosophiques, basés sur le constat d’échec et même de catastrophe du système dominant qui est basé sur une ridiculement impossible “croissance infinie”, qui détruira l’humanité avant qu’on se rende compte de l’erreur.

Pierre Rabhi souhaite l’être humain éclairé : il est en fait ébloui, par une société de con-sommation où la pub est reine. Malgré la réussite de cette soirée, matérialisée par une affluence record pour une réunion militante locale, comment faire pour casser la logique de la croissance et du productivisme ? La “sobriété heureuse”, ça devrait être aussi facile et attirant que “travailler plus pour gagner plus”, non ? D’autant que les faits ont montré ce qu’il en était de la deuxième proposition… Sans faire une thèse en maths, n’importe quelle andouille devrait être capable de comprendre que l’infini n’existe pas, que cette croissance s’arrêtera forcément un jour comme un feu s’arrête faute de combustible, et que ce jour est proche, vu l’état pitoyable des ressources naturelles pillées dans les pays du Sud. Heureusement, car les dégâts humains et environnementaux sont immenses.

Cette semaine, la journaliste Isabelle Giordano recevait Paul Ariès sur France Inter. Celui-ci, avec l’éloquence et l’enthousiasme qu’on lui connaît, vantait naturellement les mérites de la sobriété. Giordano, qui n’a pas même l’excuse d’être une bécasse inculte puisqu’elle a fait Sciences Po, lui répond : “Je n’arrive pas à comprendre pourquoi l’abondance n’est qu’illusion…” Le problème, c’est que cette incompréhension est partagée par au moins 95% de la population et que Pierre Rabhi n’a pas donné la moindre piste pour en venir à bout. Seuls les faits lui donneront raison, mais ce sera certainement trop tard.)



Allez, quelques liens :

Le blog de Pierre Rabhi

Le site de son mouvement : Colibris

[Edit : et puisque je manque à tous mes devoirs, j’ai oublié de signaler son livre le plus connu : “Du Sahara aux Cévennes”, en vente dans toutes les bonnes crèmeries]


56 comments to Pierre Rabhi : 52 kg de finesse dans un monde de brutes

  • richy

    “de toute évidence la dernière formation à supporter pour un écologiste (à part peut-être le Front National” detrompe toi super no , les dictatures seraient peut être le meilleur moyen d’arriver a l’écologie! là je vais en faire hurler quelques uns! imaginons que pour chaque poubelle non trier riches ou pauvres(d’ailleurs dans une dictature populaire les riches auraient disparus soit condamner a 1000 tonnes de triage d’ordures (cette matière 1er d’exellente qualité dont nous n’utilisons mème pas 10% du potenciel! les ogm qui ne servent qu’a faire de l’argent seraient éradiqués, tout comme les voitures et les moyens de transports individuels! par contre des moyens de transport collectifs seraient mis en oeuvre et efficaces (combien de temps le 3em reich a t il mis pour creer une industrie redoutable?) le chomage ne serait plus qu’un vieux souvenir, tout le monde au boulot,plus de priviléges„la corruption serait elle aussi éradiquée (peine de mort) la mise en oeuvre de l’écologie au niveau de l’habitat irait très vite , comprenons nous bien je n’appelle pas de mes voeux une dictature,! mais si l’on veut des résultats …. peut être que la stratégie finale du parti communiste chinois (dictature) est elle celle là, mème si pour arriver a l’écologie et le partage de la richesse il faut en passer par la pollution et le capitalisme …ok c’est un peus en vrac comme commentaire je ferais mieux la prochaine fois ….. euh…… j’en vois des fachés au fond de la salle … )

    • DeProfundisMorpionibus

      N’importe quoi…

      Regarde le Chili de Pinochet…

      Misère…

    • Euh, j’espère que ce commentaire est principalement fait pour rire… Parce que si je n’ai pas de doute sur la capacité du FHaine à mettre en place un régime totalitaire, il serait effectivement plus proche de celui de Pinochet que du monde rêvé par Pierre Rabhi !

      Il est évident pour moi que tout système politique futur doit rester basé sur la démocratie. Pas question de “fascisme vert”. Mais il est évident que ce système devra inclure de la coercition (interdire carrément les activités socialement et/ou écologiquement nuisibles, limiter les revenus par le haut et les border par le bas), des restrictions (dans le cas des ressources rares : n’en déplaise à Pelt et Cheissoux, il faudra bien que la majorité des occidentaux apprennent à se passer de leur bagnole). Et ça ne plaira pas à tout le monde, évidemment.

      • Marti

        “Il est évident pour moi que tout système politique futur doit rester basé sur la démocratie. (…) Mais il est évident que ce système devra inclure de la coercition.”

        C’est pas un peu contradictoire ça ? Moi je pense que si on revenait à une vraie démocratie, les activités nuisibles socialement s’élimineraient d’elle même puisqu’elles ne seraient pas du tout bénéfique au peuple… Et de même pour les activités nuisibles écologiquement.

      • richy

        de fait je ne parlais pas du fn mais d’une dictature verte„ je pense que la médiacratie populiste et clientéliste (ump /ps etc..)) dans laquelle nous sommes actuellement ne nous ménera a rien de bon pour ce qui est de l’écologie, pensez vous que nos concitoyens soient prets a voter contre leurs confort,bagnole , chauffage ,consommation a outrance, bien sur que non! seuls quelques esprits éclairés le feraient , nous ne sommes pas dans un monde de gentils bisounours, nous aurons beau nous battre pour faire prendre conscience a nos concitoyens l’importance de l’enjeux si nous voulons des resultats, je pense qu’il faudra en passer par des frustrations qui seront difficilement acceptables par les individus, donc par le vote aucune chance, de plus de forts lobbys médias,commerce industrie,finance vont dans le sens de la destruction de notre environnement, je ne crois pas que la force avec laquelle mr Rabhi et d’autre s’expriment ai quelque capacité face aux lobbys sus cités, la solution ne viendra pas de là! elle viendra ou de l’écologie imposée, ou de la catastrophe ! le problème n’est pas Francais , mais mondial, et pour ma part j’ai l’impression que c’est la catastrophe qui prends le dessus chaque jour.

      • via

        ben y’a du boulot pour faire tout ça sans dictature. Balade toi un peu dans les écoles de commerce à la HEC, tu verras si l’écologie et l’humanisme les préoccupe, à nos futurs élites..

    • si vous nous trouvez une seule dictature où l’armée n’a pas une place prépondérante pour faire appliquer de force les idéologies quelles qu’elles soient … vous m’appelez ?

      Et l’armée n’a rien de très très populaire …. écologique … socialement acceptable et exempt de toute corruption et autres maux inhérents au capitalisme.

      Et je doute que ce soit par la force qu’on arrive à convaincre le citoyen. La preuve, aucune dictature (ou presque, mais bon quand on voit le degré de déliquescence des peuples coréens du nord et birmans … ça donne pas vraiment envie) n’a tenu face à la pression mécontente du peuple !!

      Bien au contraire … pour faire passer la pilule il faut montrer aux gens que ce mode de vie rend irrémédiablement … heureux. Ce qui est tout le contraire d’une dictature.

  • raoul

    Hello No,

    J’en suis arrivé aux mêmes conclusions que toi concernant J-M.Pelt… :-(

    (faudrait regarder si il a un petit poisson autocollé au cul de sa cathomobile 806!)

    Mais qu’il soit l’organisateur de la conférence de Pierre Rabhi ajoute encore plus d’incompréhension au trouble.

    Comme je le disais ici: http://www.superno.com/blog/2010/03/lump-fabrique-de-lenthousiasme-en-toc-pour-accueillir-fillon-a-metz/comment-page-1/#comment-13451
    c’est encore plus difficile à avaler … Mais Bon Sang de Bonsoir, Jésus Marie mère de Dieu! Dieu me savonne! Il a d’la merde dans ses yeux chassieux ou quoi???!!!

    Sinon, merci de coller des petites rustines sur mon inculture congénitale. J’attendais avec une certaine impatience ton article au sujet de Monsieur Rabhi, n’en n’ayant jamais entendu parlé auparavant … voilà, c’est lu! je vais le ranger par là… non, plutôt par là, il y sera mieux …
    A+

  • Merci beaucoup , SuperNo pour cet énorme travail très fidèle .

    **Pierre Rabhi est un des Grands que j’ai rencontré dans ma vie**  ;

    et je ne crois pas que richy aurait fait ce commentaire s’il l’avait vu et écouté .
    Pierre Rabhi parle de Beauté „ d’Amour , de compassion , d’humain éclairé … pas de répression ou autre délire né dans des cerveaux malades .

    Quant à la vidéo que tu signales avec Jean-Marie Pelt et l’UMP ,c’est du lourd(ingue ) .

  • Crépidule

    C’est bien triste pour Jm Pelt, mais je penses que vu leur âge ce genre de personne se raccroche à des valeurs qui les réconfortent (d’ou le succès d’Allègre après d’une génération qui a vécu à crédit écologique et n’a aucune envie ni de l’entendre ni de changer).

    POur l’histoire de la cathomobile je signales que les poissons au cul des voitures n’est pas le fait des catholiques (y’a bien longtemps qu’ils ont oubliés le coup de l’ictus) mais ce sont les évangélistes qui ont ressorti ce vieux symbole et le claque sur le cul de leurs voitures.

    En tout cas superno, merci pour ce compte-rendu de réunion, j’avais entendu parler de mr Rabhi et n’ai que plus envie de le découvrir.

    • raoul

      @Crépidule

      C’est tout à fait exact, c’est le fait des évangélistes mais la caricature autorise parfois des touts petits écarts de symboles, non? (un peu, quand même ? même pas? )

      • raoul

        D’ailleurs sur les cathomobiles, on trouve en général un coeur blanc & rouge surmonté d’une croix mais là, on tape dans une forme d’extrémisme et une symbolique un peu trop violente pour caricaturer les simples et légitimes croyances de J-M Pelt.

  • S’il s’agit de découvrir l’homme, dans sa fidélité à lui-même, et dans la droiture de son parcours, lisez “Du Sahara aux Cevennes” …
    Une vieille amie me l’avait fait lire il y a 25 ans, je ne suis pas remis de ce souvenir :-)

    Le style y est d’une limpidité merveilleuse, et ce que cet homme est devenu témoigne bien de sa qualité.

    Ce qui te désarçonne (peut-être) Superno, c’est simplement que Pierre Rabhi, pourtant parfaitement capable d’une lucidité critique impitoyable sur le systèmpe actuel, n’EST PAS en guerre.

    Chez lui, Tout sauf de la brutalité, de la polémique, du règlement de compte, etc, .
    De la patience, par contre …

    Et ça renvoie chacun à sa guerre intérieure, et, qui que l’on soit, à nos propres médiocrités, impuissances et futilités.

    Ben oui, je crois qu’il y a de la sagesse chez lui.
    Vraiment, lisez le bouquin que je cite,
    il est déjà tout entier dedans :-) )

    • DeProfundisMorpionibus

      Possible…

      Pour ma part, je vois mal 8 milliards d’Humains éclairés se répendrent dans les campagnes pour y vivre en harmonie intérieure et la sobriété heureuse…

      Misère…

  • Chomp'

    Moi non plus.
    Ça n’enlève rien à sa leçon,
    qui n’apporte de toutes façon pas une révolution clefs en mains avec le bonheur parfait démocratiquement garanti pour tous,
    rêve autrement insensé …

  • J’aime le dialogue avec le voisin…

    Je suis étonné qu’Ariès ait participé à l’émission de Giordano…

    Quant on voit comment le concept de décroissance est dénigré, faisons confiance aux écotartufes pour maltraiter celui de sobriété heureuse…

  • miha

    L’énergie qui se dégage de ce “grand” bonhomme presque malingre !!

    L’intelligence pétillante de son regard !!

    Le silence attentif d’une salle pourtant plus que pleine quand il parle !!

    Merci de ce billet qui nous fait retrouver le ressenti de cette soirée.

  • chtilucru

    Merci pour ce compte rendu comme toujours très éclairé.
    J’ai moi aussi beaucoup apprécié ce Grand Monsieur qui m’a fait penser à un nouveau Gandhi.
    Son anecdote sur l’enfermement m’a beaucoup fait sourire. Je me permets de la reporter un peu plus dans le détail, comme je trouve que ça vaut vraiment la peine:
    On commence par aller au bahut, ensuite on va à la caserne, puis on sort en boîte pour se caser. Après, on prend sa caisse pour aller travailler dans sa boîte et on finit tous dans un belle boîte…

    Par ailleurs, pour l’afrique, il a bien dit que ce continent est 10 fois plus grand que l’Inde, pour une population moindre et une terre aussi riche, donc il ne devrait pas y avoir de problèmes de manque de ressources et de malnutrition…

    Dernier point, je comprends que les cathos puissent te donner une réaction allergique, mais je continue à bien l’aimer pépé Jean Marie Pelt. Même dans le reportage de l’UMP que tu as référencé sur ton site, je ne suis pas sûr qu’il ait apporté son soutien à l’UMP. Il est même possible que son interview ait été ajouté dans ce clip sans même qu’il en soit conscient. ça n’est pas totalement impossible de la part de l’UMP. Peut-être suis-je moi aussi un peu naïf, mais ma naïveté me permet aussi de garder l’espoir et la foi (pas la foi religieuse rassure toi, mais la foi en l’homme éclairé ;-)

  • raoul

    Juste une remarque à propos des légumes irradiés; Les aliments qui sont irradiés le sont quelle que soit leur origine.

  • wuwei

    Grand merci pour avoir parlé de Pierre Rabhi ce grand Monsieur malheureusement peu écouté. Quant à J.M.Pelt comme tu le soulignes très justement il est au moins naïf mais plus surement définitivement indécrotable.

  • Guénaël

    Un bougnoule qui manie parfaitement le français, médite sur lui, l’autre et l’humain, qui philosophe, rêve, s’insurge, expose, propose, instruit, éduque, dont les paroles sont tellement cohérentes, etc. : qui en voudrait comme dirigeant à part une bande d’illuminés ? Quelle tristesse de voir une nouvelle fois tant d’intelligence et de volonté inutilisées, ou alors à des échelles si petites face à l’immensité de la tâche à accomplir… et des taches qui nous entourent.

    Bref, difficile de trouver le bon moyen pour Rabhi et autres Ariès de faire entendre leurs propositions. Pierre Rabhi est par exemple passé chez Drücker en 2009. Mais qui a entendu son message ? On imagine assez bien le type d’auditoire de ce genre d’émission à la con, et on entend sans mal des spectateurs se dire “Il s’exprime bien ce petit arabe, ma chère, mais quel utopiste, pourquoi ne retourne-t-il pas avec ses chèvres en Ardèche ou dans son pays natal où il serait vraisemblablement plus heureux ?”. Ont-ils compris que, justement, lui et d’autres ont réussi à être au moins autant heureux qu’eux en vivant d’une autre façon, difficilement sans doute, mais avec les deux pieds sur terre et dans la terre ? J’ai pas dit “dans les cieux” :-)

    Existe-t-il la moindre piste à donner pour en venir à bout, autre que l’éducation populaire pour une insurrection des consciences ?
    Que peut-on faire pour éviter que son oasis à Lablachère ne reste qu’un témoignage ? Que des dizaines, des centaines, des milliers de personnes le rejoignent avec leurs propres économies et/ou leur bonne volonté et/ou leurs talents, et démontrent que ce système est viable a grande échelle ? Mais “on” leur mettra des bâtons dans les roues, parce que justement ils risqueraient bien de réussir. J’y connais pas grand chose, hein, mais j’imagine : la société a laissé et laisse des illuminés vivre sous certaines formes de communauté, mais dès que ces gens deviennent trop crédibles, les laisse-t-on vraiment aller au bout de leur projet ? Obtiennent-ils des aides publiques ? Ont-ils des soutiens politiques ?

  • Guénaël

    Au fait, SuperNo, enchainer meeting UMP et conférence de Pierre Rabhi, c’est un choc culturel bien plus fort que d’aller à Katmandou ! Tu va nous péter une durite !

  • touchatout

    Ceux qui étaient sur place ont pu se rendre compte que, comme son patronyme pouvait le laisser supposer aux plus observateurs, l’Ardéchois Rabhi ressemble fort à un Auvergnat.

  • Marti

    Merci pour cet article SuperNo qui m’a permis de découvrir un personnage que je ne connaissais pas du tout, si ce n’est son nom. Le seul avis que j’avais était celui de La Décroissance qui considère ses idées très intéressantes mais qui lui reproche de participer à des débats où il n’a pas vraiment la parole (comme à l’université d’été du MEDEF sur la “décroissance prospère” où il n’a pas vraiment eu l’occasion de s’exprimer) et de servir trop souvent de caution écologique…

    Quand à Jean-Marie Pelt, il suffit d’écouter ses interventons dans CO2, mon amour sur France Inter pour comprendre qu’il n’est pas prêt d’accepter la décroissance…

    • raoul

      @Marti

      c’est pas aussi évident que tu le laisses entendre. Sur CO2, samedi dernier, il s’en prenait aux lobbies qui veulent imposer des OGM. Sur sa compil de cd, il prône une agriculture plus que raisonnée sans labours ni engrais ni désherbants. Effectivement il ne cite pas le mot décroissance mais ses paroles vont dans ce sens…

      • Tassin

        Jean-Marie Pelt, La Croix, 31-8-2009.
        « Si nous nous nous plaçons d’un point de vue purement écologique, le constat est simple : oui, le niveau de consommation globale est en train de préempter les ressources de la planète. (…) Je suis tout à fait prêt à baisser mon niveau de consommation (…) mais il faut être réa­liste. Je ne peux pas imposer mon mode de vie à tous, je ne suis pas un ayatollah. Sans compter que si tout le monde consommait comme moi, nous serions plongés dans une crise économique retentissante. »

        • Tassin

          Commentaire : C’est un point de vue très “Décroissance” au sens simplicité volontaire, démocratie etc… Par contre ce qu’il n’a pas compris c’est que la Décroissance ne détruit pas d’emplois puisqu’elle impose la mise en place d’une forme de protectionnisme national ou européen, la réduction du temps de travail etc…
          C’est sur que si la consommation baisse de moitié, et qu’on continue à travailler 40h tout en étant en concurrence avec les pays low-cost c’est la récession assurée.

          • raoul

            @Tassin

            pffff… et tu arrives à comprendre toi, cette contradiction entre ses propos et ses … fréquentations (à part le rattachement à un culte commun)?
            La semaine prochaine, je vais à Metz pour 3-4 jours, j’irai volontiers le choper pour le questionner s’il est dans les parages…

        • raoul

          ps: oh! tu lis “La Croix”? (-:

        • raoul

          “La Croix”, c’est le pendant de “La Décroissance” ?

    • Marti

      Peut-être que Jean-Marie Pelt a une attitude correspondant à l’idéologie de la décroissance mais il n’accepte pas encore le mot. Je cite : “Alors ceux là [les écolos intégristes] je préfère qu’ils ne soient pas au pouvoir, ben parce que nous serions tous condamnés à brûler sur-le-champ notre voiture sans dégager un gramme de CO2 et à marcher à pied obligatoirement, donc souhaitons que ces minorités, parce que c’est quand même des minorités, il y ait aussi des écolos raisonnables, n’est-ce pas Denis [Cheissoux] ? Nous sommes des écolos raisonnables…”.

      Citation lue dans La Décroissance, issue De “CO2 mon amour” du 30-01-2010.

  • miha

    Il y a parfois des articles très intéressants à lire dans “la croix”. ( parfois, pas par foi)

  • miha

    petite parenthèse :
    demain - 20h30 - au Caméo - projection du film “la stratégie du choc” suivie d’un débat.

    http://www.fra.cityvox.fr/cinema_metz/la-strategie-du-choc_320922/ProgrammationEvenement#eveonglets

  • Mage

    Un grand monsieur, en effet. Merci d’avoir retranscrit ses idées.

    Ça va peut-être paraître (légèrement ?) utopique, mais puisqu’il semble évident que le “Grand soir” des consciences ne viendra pas des médias - télé, radio, cinéma, livres, magazines, etc. - étant donné que les intervenants sont soit des sages comme M. Rabhi que personne n’entend (ou ne veut entendre), soit des pseudo-icônes boboïsées en vrai-faux rebelles surfant sur la vague écolo-décroissante, inondant les catégories de population “sensibilisées aux problèmes d’aujourd’hui” de documentaires “chocs” plus ou moins larmoyants, réalisés à dos de jeep ronflante ou d’hélicoptère vrombissant (moyens de transports connus pour leur “empreinte verte”), le tout intelligemment revendu et distribué à grand coups de marketing sentimentalo-vert et pseudo-révolutionnaire, n’est-il pas envisageable que les choix de vie individuels, décidés “égoïstement” pour le bien commun, à rebrousse-poil de toutes les philosophies pré-formatées “en vente chez votre marchand de journaux”, finissent par faire tâche d’huile, pas à 100% (je ne suis pas non plus totalement déconnecté de la réalité), mais néanmoins de manière assez conséquente pour avoir une incidence à (très ?) long terme ?
    Je pense notamment au refus de la surconsommation inutile, à la limitation de l’usage des transports individuels, à la réduction des déchets, etc. Est-il possible que sans campagne de pub (ou de “sensibilisation”), par simple imitation, de voisin à voisin, d’ami à ami, de collègue à collègue, l’idée s’incruste dans les têtes d’assez de personnes pour avoir un impact non négligeable sur notre société ? Ça ne me paraît pas aberrant. Mais c’est vrai que ça implique d’avoir une certaine confiance en l’être humain.

  • miha

    Pierre Rabhi :

    “Bientôt, quand on passera à table, il faudra se souhaiter “bonne chance” plutôt que “bon appétit”.”

    http://www.colibris-lemouvement.org/index.php/TH/Pages-classiques/actions

    (voir l’extrait du film de Coline Sereau)

  • Sébastien

    Cher SuperNo,

    Je tiens juste à te féliciter pour la qualité de ton blog, de ton écriture, et surtout de ta manière de dézinguer les petites saloperies dont nous sommes les victimes au jour le jour grâce à notre cher gouvernement avec un style à la fois cynique et classe.

    Je ne suis qu’un jeune actif débutant qui vient de rentrer sur le marché du travail, mais je suis déjà blasé, dépité et surtout complétement désillusionné de voir le monde dans lequel je vis et le futur qui m’attend. Heureusement ton blog est là pour me montrer que je ne suis pas seul.

    J’imagine qu’un commentaire ressemble plus à de la lèche qu’autre chose, n’est pas spécialement intéressant et ne contribue pas à améliorer la société, mais j’avais besoin d’exprimer toute ma gratitude.

    Longue vie à toi et à ton blog !

  • @ DeProfundisMorpionibus : merci pour ces 2 petits reportages .

  • DeProfundisMorpionibus

    Entre colère et espoir…

    Après le “verdissement” des sociétés à tout va…

    La décroissance fait son entrée…

    Dans le monde de la pub!

    Ecoutant la radio dans ma bagnole l’autre jour, en rentrant de mon job de merde dans un paradis fiscal…

    J’entends la pub faite par VW pour ses moteurs bleuemotion…

    “Depuis que je déconsomme, c’est mon portefeuilles qui grossi.”…

    Ou encore ” Depuis que je déconsomme, ma conduite aussi a changé, en mieux.”

    Entre espoir…

    Parce que l’idée du concept de décroissance semble se répendre…

    Et colère…

    Parce qu’il est déjà détourné au profit de la surconsommation…

    Misère…

    • miha

      Il y a aussi, en ce moment, l’affiche pour… euh… Carrefour (?) qui utilise le dessin diffusé lors des jours sans achat :

      Une silhouette derrière un code barre qui s’en délivre en écartant les “barreaux” (lignes du code barre)

      C’est exaspérant !!!

      Vous verrez que, bientôt, on aura droit au “dépensez moins, pensez plus”

      Et même au “plus de liens, moins de biens” au service d’un produit quelconque. Beuark !!!

  • DeProfundisMorpionibus

    En cherchant cette pub sur le web…

    Je suis tombé sur ceci…

    Pas encore lu…

    Je vous le livre à tout hasard…

    http://www.lyonpenhague.net/IMG/pdf/Decroissance_Vs_Developpement_Durable_Capitalisme_Mondialisation_Altermondialisme_Ecologie_Nature_.pdf

  • Vince

    Regardez cet appel de Pierre Rabhi et (faites) signez la Charte Internationale pour la Terre et l’Humanisme !

    5 constats :
    1) Le désastre de l’agriculture chimique
    2) Déconnexion entre l’Humain et la Nature
    3) Le mythe de la croissance illimitée
    4) Humanitaire à défaut d’Humanisme
    5) Les pleins pouvoirs donnés à l’argent.

    7 propositions :
    1) Incarner l’Utopie
    2) La Terre et l’Humanisme indissociables
    3) Sobriété Heureuse
    4) Le féminin au cœur du changement
    5) Une autre éducation
    6) Relocalisation de l’économie
    7) L’agroécologie, alternative indispensable

    Tout le détail est là : Colibris - Mouvement pour la Terre et l’Humanisme

  • Marti

    Est-ce que vous savez si Pierre Rabhi collabore dans des journaux ou des magazines (autre que la décroissance dont je ne suis même pas sur qu’il fasse encore parti du comité éditorial) ? Ou s’il écrit des articles ou des humeurs quelque part ?

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