A noter sur votre agenda

  • Pas d'événement.

Catégories

Version Smartphone en test

Vous avez un Smartphone ? Un Iphone (beurk) ? Un Androïd ? J'ai mis en test une version adaptée du site. J'attends des commentaires...
Feb32010
19:46 (Vu 7159 fois)

Un océan de perplexité

Vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler du dernier film de Jacques Perrin : Oceans. Car dès qu’on ne parle plus d’identité nationale, de burqa, de Georges Frêche, ou de “La Ferme Célébrités” (assurément les 4 problèmes cruciaux de l’humanité) on a toutes les chances d’entendre Jacques Perrin nous vanter ses années de travail, la technologie nécessaire au tournage, et d’entrapercevoir la bande-annonce.

Image de prévisualisation YouTube

Amoureux des belles images, de la mer, des fous de Bassan et de bien d’autres choses, je suis donc allé voir le film ce dimanche.

Après “Le Peuple Migrateur” et “Microcosmos”, on n’est pas vraiment surpris de voir de belles images. Mais toujours aussi admiratif. Somptueuses, admirables, poétiques, grandioses, spectaculaires. Au ralenti, c’est plus esthétique quoique moins réaliste. On en prend plein les yeux. Les baleines sont placides et gigantesques, les fous qui plongent (je parle des oiseaux) crépitent autour de la caméra, les dauphins sont des athlètes pleins de joie de vivre, le grand requin blanc est terrifiant à souhait. Le temps passe, les images s’enchaînent, ça ressemble un peu à l’”émission “Les Animaux du Monde” de mon enfance. En mieux foutu techniquement, ça va sans dire. Il y a bien une voix off irritante, mais j’arrive à l’oublier. Je n’ai pas non plus vraiment perçu de scénario, malgré les explications radiophoniques du réalisateur, mais peu importe. Je ne regrette même pas le prix des tickets, pourtant salé, c’est de circonstance.

Ce billet aurait pu s’arrêter là, mais je n’ai assurément pas le talent de “Mon amie chômeuse” , et je ne voudrais sûrement pas lui faire concurrence sur son créneau. Alors continuons, et faisons du SuperNo.

Vers la fin du film, la poésie se fait la malle. Brutalement. Les images épouvantables de dauphins morts asphyxiés dans des filets, de thons massacrés dans des gerbes de sang, de baleine occise au harpon explosif, et même d’un pauvre requin auquel des pêcheurs coupent les ailerons et la queue, avant de le rebalancer à la mer (la carcasse de requin est imbouffable). Une longue séquence insupportable où l’on voit cette pauvre bestiole qui coule à pic, essayant désespérément de nager sans évidemment y parvenir et sans comprendre ce qui lui arrive, avant de s’échouer sur le fond et sans doute de mourir dans d’atroces souffrances ou bouffé par un congénère.

Puis, plus furtives, d’autres images dérangeantes, des photos satellite de la pollution à l’embouchure des fleuves, un phoque qui nage dans les détritus urbains et joue avec un caddie® sans oublier le sempiternel ours blanc, victime avec ses camarades des pôles, de la fonte des glaciers.

Au début et à la fin du film, Jacques Perrin apparaît avec son fils de 7 ans, et joue au papa sentencieux. Sur le mode “tu vois petit, la mer, c’est ça, et il faut la protéger, sinon, ça deviendra ça…” (on découvre que les poissons qu’ils regardent sont dans un aquarium.

Voilà, c’est fini.

Du coup me voici très mal à l’aise. Harcelé par les questions de mon gamin de 4 ans “Pourquoi y peut pu nager, le roquin ?”. Ben oui, il n’a retenu que ça de tout le film ! Pour une fois que je pouvais aller au ciné avec femme et enfants sans se farcir un “Disney-Like”, c’est réussi.

En fait j’ai le sentiment que Jacques Perrin a d’abord voulu faire un film “avec de belles images”, mais que, la mode aidant, et ne voulant pas passer pour un has-been après les succès de Yann Arthus Bertrand, il a voulu rajouter une “touche écolo” pour finir.

Le problème, c’est qu’on est loin du compte ! Déjà dans le film “Home”, on reproche à Yann Arthus Bertrand (comme on le reproche aussi à Nicolas Hulot dans ses émissions de télé) d’avoir un message écologique insuffisant, ambigu, et pour parler clair qui ne remet absolument pas en question le système économique dominant mais se complaît dans les refrains lancinants et velléitaires dans le genre “il faut que ça change”, “si ça continue, il va falloir que ça cesse”, etc… Avant de donner de précieux conseils de remplacement des ampoules à incandescence, quand ce n’est pas sur l’art de fermer le robinet quand on se brosse les dents. Et encore, je suis injuste avec YAB, dont j’ai souligné qu’il fut le premier à prononcer le mot “décroissance” dans un JT de 20 heures

Avec Jacques Perrin, c’est pire. Le message est réduit à la portion congrue. “Mon petit, il ne faut pas abîmer la mer”. Médite, et mets ton mouchoir dessus.

Ben oui, mais quand on est un peu terre à terre, on s’interroge : on fait quoi ? Ma fille, qui a le même âge que le fiston Perrin, et un solide bon sens, a trouvé la solution : “Je ne mangerai jamais d’ailerons de requins !”. Simple à mettre à œuvre, pas franchement contraignant, mais hélas totalement insuffisant…

Flash-back. J’arrive au Kinepolis de Metz, un peu à l’écart du centre, il faut y aller en bagnole. Sidérurgie, énergie, ressources naturelles, pétrole, CO2, particules, bruit, bitume, accidents, zone commerciale périphérique immonde. Arrivée au cinéma, parking bien garni. Multipliez les adjectifs par le nombre de bagnoles. Pour être sûr d’avoir des places, j’avais réservé les billets sur internet. Frais de dossier, 50 centimes par billet. Ça fait longtemps que je n’étais pas allé à ce cinéma, plus habitué aux films militants du ciné associatif Caméo.  Mais il a tout changé : quasiment plus de caisses “humaines”, mais des machines partout. Efficaces, certes. Mais entre les “frais de dossier” et le personnel qu’il ne paie plus, Monsieur Kinépolis est un filou ! Et ce n’est pas tout : entre les machines et l’entrée du cinéma, on passe dans une espèce de supérette, qui a pour particularité de ne vendre que des saloperies hors de prix ! Je savais déjà que c’est sur le pop-corn que le cinéma se fait le plus de marge, mais ici tout est à l’avenant : si on veut éviter les saloperies gazeuses pleines de sucre de chez Coca au prix du Saint Emilion Grand Cru, on peut se rabattre sur une bouteille de flotte, à condition d’accepter de payer les 33 cl au même prix qu’un pack de 9 litres chez tout détaillant ordinaire… Un vulgaire paquet de bonbecs, 8 euros 90 !

Une seule caissière à la sortie, le bénéfice doit être colossal ! Malgré les prix scandaleux, la plupart achètent. Comme disait l’autre, “finalement de moins pire en banal, elle finira par trouver ça normal”.

L’inconvénient, c’est que la salle pue le pop-corn. Odeur écœurante, désormais sans doute indissociable d’une séance de cinéma… D’ailleurs du pop corn il y en a partout, même par terre mélangé au coca renversé… S’il accepte de payer ces saloperies une fortune, le client estime sans doute que ça lui confère le droit de le balancer comme il le veut… Et le personnel en sous-effectif n’a évidemment pas eu le temps de nettoyer correctement entre deux séances.

La séance, elle est à 16h45. Mais il ne faut pas croire que le film va commencer avant 17h30 ! Avant, il va falloir se farcir toutes ces publicités plus débiles et scandaleuses les unes que les autres. C’est un comble, chez soi, avec beaucoup d’efforts on arrive à slalomer pour en éviter la plupart, mais ici il faut payer pour avoir l’obligation de se les farcir ! Et tout y passe : bagnoles, banques, bouffe, gadgets, voyages, parfums, fringues… Tout ce qui fait que le monde est aujourd’hui en si piteux état. Telluriquement et humainement.

Pour prolonger le calvaire, il faut encore endurer les “bandes annonces” des plus improbables navets à venir. Pour attirer dans ces salles un public que je suppose majoritairement jeune, insouciant, et peu porté sur la critique socio-économique, les scénaristes rivalisent dans l’outrance, l’usage déraisonnable des effets spéciaux et le grandiloquent. Une entreprise industrielle de décérébration, dont le but (décidément universel) est globalement d’aider Coca-Cola à vendre ses produits…

En une seule séance de cinéma, on a un condensé de la vie rêvée des riches (ceux qui vont au cinéma), de toutes les valeurs occidentales, tout ce qui fait que la terre est pourrie et que les océans risquent de devenir une poubelle surexploitée.

Comme le dit si bien Fabrice Nicolino dans son livre “Bidoche”  : “derrière une côte de bœuf, j’ai fini par voir un bœuf.” Pire, si on regarde encore mieux, on s’aperçoit que derrière le bœuf, il y a des céréales OGM, du Monsanto (engrais et pesticides), de la déforestation amazonienne, et beaucoup de CO2…

Et par analogie, derrière une boîte de thon… il y a un thon… Tout comme derrière les sushis, que les bobos friqués, mais écolos, aiment tant. Toutes les espèces de thons ne sont pas encore menacées. Mais comme on le voit en ce moment même, les gouvernements préfèrent caresser dans le sens du poil les pêcheurs de thon rouge de Méditerranée, ces “artisans” sur des bateaux industriels qui repèrent les bancs de thons par des avions-radar. Ils peuvent allègrement exploser leurs quotas, mentir, tricher, et trouvent porte ouverte au ministère dès qu’il s’agit d’aller pleurnicher. Au bout du compte, il n’y aura plus de thons, et donc plus de pêcheurs non plus…

On ne peut pas souhaiter que l’océan de nos petits-enfants soit aussi beau, propre et peuplé qu’aujourd’hui sans dénoncer ouvertement tout ce qui le menace : la surpêche, le tourisme débridé, le bétonnage forcené du littoral, les gaz à effet de serre, les hydrocarbures, la chimie, les emballages, les containers par millions. La société de con-sommation et ses excès, la croissance érigée en dogme absolu, la publicité, les multinationales.

Et c’est là qu’on repense à l’introduction du film. Il a coûté 49 millions d’euros. Et à cet effet, a reçu quelques brouzoufs de la part de joyeux philanthropes, ce qui a les a autorisés à figurer au générique. J’ai relevé EDF (et ses centrales nucléaires), Véolia (qui remplace les fonctionnaires par les précaires. Pas de problème de concertation avec EDF, ils ont le même patron !) , Total (son Erika, ses sables bitumineux), Crédit Agricole (son racket des paysans, sa spéculation, sa crise financière), la Principauté de Monaco (avec son argent encore plus sale que l’océan), Madame Bettencourt (la femme la plus riche du monde, accessoirement première actionnaire des multinationales l’Oréal et Nestlé)… (Plus de détails sur le blog Ecran Noir.)

Le même travers, les mêmes limites que pour YAB et Hulot. Le réalisateur reçoit des millions nécessaires à son tournage, mais revêt alors une laisse qui l’empêche de dépasser les limites acceptables par le système.

Jacques Perrin devrait être plus explicite quand il philosophe devant son fils : pour sauver les océans, il faut faire disparaître Total, il faut ruiner EDF, il faut renationaliser Véolia, il faut boycotter l’Oreal et Nestlé, il faut supprimer la pub dont on gave les gamins dès la naissance, il faut fréquenter les cinémas de quartier plutôt que les multiplexes, et il ne faut voter que pour des politiciens qui ne répètent pas “croissance” 17 fois par minute (à condition d’en trouver).

Mais tout ça, sans même savoir s’il le pense, il n’a évidemment pas le droit de le dire !

[Désolé, toujours pas eu le temps de chercher une solution valable au problème des sauts de lignes…]

52 comments to Un océan de perplexité

  • Jean

    Concernant les salles de cinéma, je n’ai jamais les pieds dans un Kinépolis. Ni dans celui de St Julien-lès-Metz , ni celui de Thionville à 3km de chez moi.
    Le seul cinéma que je fréquente, assidûment et celui de La Roche-Posay (86) durant mon séjour en juillet août. C’est une salle municipale en centre ville, bien tenue et qui propose pendant la période estivale un panel de films sortis dans l’année. J’y fais en général une cure de cinéma.
    A 6 euros la séance et à 100m de mon lieu de résidence, c’est le pied !
    Pas besoin de prendre la bagnole, pas de pub, seulement un petit retard à l’allumage d’un petit quart d’heure histoire d’attendre un peu que la salle se remplisse. Un vrai bonheur par rapport à ce que tu nous racontes au sujet de Kinépolis.
    Le grand risque, d’après ce que j’ai entendu aux infos il y a quelques jours, c’est que s’imposent les nouvelles technologies genre 3D qui risquent de couler « proprement » les petites salles de campagne telles que celle de La Roche-Posay et bien d’autres similaires

  • Alphanne

    Ce n’est pas la peine d’aller si loin…

    Il y a des cinémas associatifs en Moselle, par exemple le cinéma Union à Ars sur Moselle.

    http://union.ars.free.fr

    Océans y passera mercredi 10 à 20h45 et samedi 13 à 16h45.

    Séance à 5,50 €.

  • raoul

    Hello!

    En gros y a rien de nouveau dans le film de Perrin. J’ai pas vu les films d’YAB et de Hulot parce que ces gens ne m’intéressent pas et ce pour les mêmes griefs que tu cites à l’encontre de Perrin. Par contre, Perrin, je l’aime bien sans vraiment réussir à dire pourquoi. Peut-être que je continue à croire que l’écologie c’est pas son fond de commerce et que cela lui donne plus de crédibilité. Le film est prévu par chez moi, je ne sais pas si j’irai le voir parce que les images de massacres de poissons et de mammifères marins j’en suis gavé depuis trop longtemps. Je ne mettrai pas de lien ici vers des vidéos absolument insoutenables montrant certaines pratiques asiatiques, je pense que tout le monde en a aperçu des extraits. Le problème du thon est connu depuis fort longtemps. GreenPeace a tiré le signal d’alarme depuis pas mal d’années. Les italiens qui viennent de signer un moratoire sur la pêche au thon rouge passent sous silence le fait qu’ils laissent les pêcheurs japonais pratiquer la pêche au thon dans leurs eaux contre un “dédommagement” conséquent et cet arrangement devrait certainement perdurer. Si ce film peut sensibiliser ceux qui jusqu’à présent pensaient que la vraie vie se passe sur Tf1, ce sera toujours ca de gagné. En tous cas on peut faire agir chacun de son coté. Moi je boycotte les restaurants japonais depuis quelques années déjà. Cela m’a parfois valu des remarques ou des regards en biais, notamment en allant manger en bande. Il y en a toujours un qui propose le resto japonais et me v’la de refuser tout net!

    “Allez, tu peux faire une exception!”

    “Mais pourquoi tu veux pas?”

    “Ah! et tu crois que parce que tu boycottes, ca va changer quelque chose?”

    Après avoir expliqué tranquillement aux gens mes raisons (massacre de dauphins, requins …) et qu’il peuvent y aller sans moi, que ce n’est pas un problème et que de toutes façons si j’y vais, ca risque fort de très mal se finir, il y en a qui finalement réfléchissent, comprennent et adoptent mes positions. Bien sur, ce n’est pas la majorité mais c’est toujours ça de gagné. De la même façon, je ne vais globalement pas dans les restau qui proposent du requin sur leur carte sauf pour les “engueuler gentiment”. C’est problématique pour moi: un de mes meilleurs amis est marié à une japonaise et durant ses voyages au japon, il ne peut pas refuser lorsqu’on lui offre de la baleine à table, ce serait trop outrageant pour ses hôtes. Bon, de toutes façons, je m’entends pas trop avec sa copine et je crois qu’elle m’aime pas trop non plus…
    Enfin, on peut agir quand-même. Je me dis toujours que c’est la somme de nos petites actions qui peut finir par avoir des conséquences.
    Personnellement je file un peu de monnaie à GreenPeace, pas pour me donner bonne conscience mais parce que c’est le seul levier d’action que j’ai. Mais cela ne me suffit pas. Sans être un écologiste dans l’âme, tout ce qui touche à notre nature me touche et souvent me révolte et m’ulcère. Je trouve que GreenPeace est une association courageuse mais pas assez radicale parfois et cela me frustre. Je vais donc adhérer prochainement à sea Shepherd parce que j’ai longtemps rêvé de faire ce qu’ils font et qu’ils sont un peu moins pacifistes. Je pense qu’on peut agir en soutenant ce type d’actions.
    Voila pour le film de Perrin.

    en ce qui concerne les mégatrucs de cinoches, je n’y ai jamais foutu les pieds et cela doit faire 10 ans que j’ai abandonné les grandes salles au profit des petites salles de quartier. J’ai un pote qui a un abonnement UGC ou je ne sais plus quoi et il m’avait expliqué il y a déjà un bon moment les supermarchés de bouffe que sont devenus les cinémas tels que tu le décris si bien dans ton article. on avait comparé les prix et mes arguments étaient les tiens. Je paie 5 euros pour un court-métrage, qq bandes-annonces puis le film, le tout sans pub. Au pathé tu paies 10 euros pour te farcir 30 minutes de pub, alors qu’on devrait te payer pour accepter ça, puis les b-a et enfin le film sans court-métrage au préalable. C’est difficile de comprendre comment les gens peuvent être assez cons pour accepter ça. En même temps quand tu vas à Carrouf ou Lideuleu ou PriFran et que tu prends le temps de regarder tous ces gens aux caisses avec leur chariot qui déborde de conneries, tu comprends mieux et surtout tu te dis :

    “Putain, c’est pas gagné …”

    ou alors tu t”enfonces dans la déprime parce que tu n’as décidément pas ta place dans ce monde là.
    Concernant Véolia, je prépare un petit article à ce sujet ou je suggère que l’on arrête de trier nos déchets comme des andouilles mais je manque un peu d’infos pour l’instant et concernant nos élus, il y a pas mal de choses à dire et je commencerai en disant que nos élus ne sont plus nos représentants et c’est bien là qu’est le problème.

    Là dessus, merci pour l’article (très bon, com’ d’hab’) et bien bonne nuit.

  • Chomp'

    Plein de belles scènes pour montrer aux vieux
    qu’on piquera quand on en sera arrivé au Soleil Vert pour de bon :-(

  • Ludotym

    Le parallèle avec la séquence finale de Soleil Vert est bien vu. Bientôt (malheureusement plus rapidement que prévu au rythme où vont les choses), Mère Nature ne daignera se montrer à nos enfants et petits enfants que par le biais de vidéos du passé. Plus j’y pense et plus ça me vrille le coeur d’impuissance. L’inertie des comportements est telle qu’à l’heure où j’écris, le mot “décroissance” est encore perçu comme une insulte par tous les décideurs du Monde. Alors, à notre humble niveau personnel ? Boycott des marques, frein aux achats compulsifs (j’essaie à chaque séance de courses de me limiter uniquement au nécessaire, et croyez-moi, ce n’est pas si facile que ça, tant on est matraqué de toutes parts à seule fin de consommer).

    Pour prendre l’exemple du cinéma : il y a quelques années, je prenais carrément la voiture de Nancy à St Julien-les-Metz pour assister à une séance de qualité (dernier film vu là-bas : Le Retour du Roi). Pas décroissant du tout, comme comportement. Plus de 100km de bagnole pour voir un film !
    Maintenant, je vais au cinoche moins d’une fois par trimestre, par lassitude et aussi détachement.

    Plus de télé ni de radio, juste l’usage d’un ordi : musiques, vidéos et Internet. Et pourtant, l’utilisation mondiale des ordis et serveurs est sacrément énergivore. Mais c’est le seul loisir qui me comble (hors la lecture). Je me rappelle que Superno avait survolé la question de savoir combien d’énergie était bouffée, simplement avec une seule requête sur l’armada des serveurs Google.
    Il y a des fois où il vaut mieux ne pas savoir à quel point l’Humanité est condamnée par sa folie consumériste…

    PS : ça fait longtemps que je ne mange plus de poisson…

  • Très bon article qui me rappelle pourquoi je n’aime pas spécialement aller au cinéma. Ça pue le popcorn qui traine partout, par chez nous aussi.
    Par contre, il y a un truc qui m’interpelle. Délaissant le cinéma, et les films en général, je me rabats petit à petit sur les séries télé. J’ai un gros faible pour Kaamelott, par exemple, mais remplacez par n’importe laquelle des séries du moment. Et là, je bute sur un problème de conscience depuis quelques temps : comment une société décroissante pourrait-elle encore permettre la production de séries comme Kaamelott. Le pognon nécessaire au tournage d’une série comme ça, il ne peut qu’être généré par les pubs de M6, le merchandizing pourri qu’il y a autour, les bandes annonces, les DVD, et les blu rays vendus par centaine de milliers qui vont finir inutiles sur des étagères qui prennent la poussière. Dans une société idéalement décroissante, telle que je l’imagine en tout cas, impossible de réunir le budget colossal nécessaire.

    Autant je ne me fais pas de soucis pour les chanteurs/musiciens, qui, pour ceux qui ont du talent, devraient réussir à survivre grâce au spectacle vivant qu’ils peuvent offrir, autant, pour ces pures productions télévisuelles, je ne vois pas de modèle soutenable sans le renfort musclé des publicités pour Coca Cola.
    Dès lors, quelle place pour la culture dans une société décroissante ?

    • raoul

      @Merome
      C’est génial Kaamelott, j’aurai du mal à m’en passer également. Cela dit, ca passe encore a la TV?

      • Le livre VI était le dernier à la télé et c’est passé cet automne sur M6.

        • touchatout

          Et ça continue de passer et repasser sur d’autres télés, comme ClubRTL qu’on reçoit en Lorraine par l’émetteur TNT de Dudelange.

          • raoul

            Ca me f’ra pas revenir devant le lave-cervelle (quoi que, c’est peut-être la seule série qui peut faire que je vais me mettre devant la TV)! En plus chez moi (35) je capte pas ClubRTL et “hei elei kuckelei” ne me manque pas trop ;-)
            Les coffrets dvd de la série sont chers mais peut-être que je peux les trouver en occase… ou en “avi”.

    • RiGeL

      Parce que tu penses qu’il est absolument indispensable d’avoir des budgets colossaux pour faire de bonnes émissions de télé ? Je pense à ce propos qu’il serait intéressant de s’intéresser à la façon dont les sociétés de productions “vendent” aux chaines des émissions toutes faites… 50 fois le prix qu’elles ont couté… et pourquoi les chaines ne produisent pas elles-mêmes leurs émissions, pour 50 fois moins cher.
      Quoi ? comment ? Ahhh, faut arroser les copains animateurs ? de toute façon, on s’en fout, c’est l’argent de la pub et du contribuable (c’est le même, ne nous leurrons pas, la pub, ça ne coute au final qu’au consommateur) ? ahhh, ok, je comprend. Donc ça devrait pas être si difficile de garder des émissions intéressantes, avec 3 fois moins de budget. Ca serait déjà pas mal décroissant, comme démarche.

      • Je ne parle pas d’émission de télé, mais de séries de fiction qui passent à la télé. Kaamelott (c’est juste l’exemple que je connais le mieux), c’est des décors, des costumes, une flopée d’acteurs, un tournage en HD, quelques effets spéciaux. Il faut de l’argent pour tout ça. Je ne sais pas dans quelle mesure tout cela serait possible sans les revenus gigantesques de la publicité.
        Lire une interview de l’auteur ici (il donne son point de vue sur Hadopi, c’est intéressant) : http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=168698396&blogId=526991219

      • touchatout

        L’exemple de Kaamelot ne me paraît pas le mieux choisi (to say the least), parce que justement Alexandre Astier a commencé (et continue) avec des moyens très réduits. Par exemple, on ne voit pas les scènes de batailles autrement que par les mimiques des spectateurs, pas de foules de figurants… On ne connaît les exploits de Perceval que par ses comptes rendus autour de la Table Ronde…

        se pencher sur
        examiner
        analyser
        étudier
        envisager
        détailler
        exposer
        dévoiler

        synonymes pour t’éviter, RiGeL, cette question qui est une question ;-) ;-)
        il serait intéressant de s’intéresser à

        • RiGeL

          “synonymes pour t’éviter, RiGeL, cette question qui est une question
          il serait intéressant de s’intéresser à”

          Ouh la ! t’as l’oeil, toi. Effectivement, cette horreur m’acait totalement échappé. Cela dit, pour la défense, j’écris les posts sans trop vérifier ce que je tape. c’est plus de l’oral que de l’écrit, et comme je ne prend pas souvent le temps de vérifier…

  • Fred

    Si tu n’aimes pas la pub SuperNo, pourquoi ne pas te débarrasser de son medium préféré: cette bonne vieille télé ?

    perso cela 10 ans et je ne m’en porte pas plus mal

    • Guénaël

      Peut-être parce qu’il n’est pas dictateur à la maison et que toute la famille n’a pas le même degré de conscience de cette nuisance.
      Peut-être parce qu’il a un ado à la maison, moins facile à “convaincre” que des enfants plus jeunes et pas encore trop drogués.
      Je suis d’accord avec toi, ça fait un bien certain de ne plus écouter ni la télé, ni même la radio (ou si peu, parce que c’est dangereux de s’énerver quand on conduit). Lire des SuperNo, Olivier Bonnet, Le Grand Soir, Le Diplo, etc. – ce qui prend déjà du temps – change un homme / une femme !

      Enfin, petite histoire perso au sujet des cinés, j’ai essayé, pour l’instant en vain, de faire passer “Walter, retour en résistance” dans le ciné de la commune : “Ha mais mon bon monsieur, vous savez, votre film (c’est pas un film bordel, c’est un docu, c’est pas de la fiction malheureusement !) il est sorti en novembre 2009, un bail déjà, c’est complètement hasbeen, personne ne viendra le voir”. On parie ?
      Mieux vaut faire un peu de fric en passant de belles images (qui sont déjà des archives), mais surtout ne pas trop réfléchir, on risquerait de devoir remettre en cause notre way of life et tout ce en quoi on nous fait croire depuis toujours.

  • erca57

    J’espérais faire des économies en prenant un abonnement ADSL sans TV. Pas de bol, avec ou sans , c’est le même prix.
    Beaucoup de produits inutiles sont ainsi “packagés” avec le produit dont vous avez besoin.

    Quant au ciné, comme beaucoup d’entre vous je n’y vais plus guère. Pop-corn, sono à fond, ça m’insupporte. Je me rabats sur la VOD, bien qu’elle soit beaucoup trop chère (pour encourager le piratage, je suppose).

    A effets semblables, causes analogues : faire un max de fric sous prétexte de défendre l’art et les artistes !

  • mouais … le jour où t’arrives à faire ce genre de film sans budget …. tu m’en parles, ça m’intéresse. Et le budget ne sort pas du cul des chevaux ….

    perso, de plus en plus rien à battre de leur sponsor … sans sponsor, pas de film, pas de diffusion sur la TV à une heure de grande écoute, pas de support média, pas de diffusion au plus grand nombre et pas …. de sensibilisation du grand public.

    “bidoche” doit être un super bouquin … mais à part des gens déjà convaincus combien de personne non “au courant” va être sensibilisé grâce à ce bouquin ? très peu …. donc il faut ce genre de bouquin/film/etc plus critique, plus violent, plus insistant mais plus intimiste …. et il faut du grand public, plus consensuel, plus beau, plus bankable mais qui touchera un maximum de personne.

    Ou alors … tout ça restera confiné dans une élite sensibilisée, intelligente, cultivée et un peu bobo sur les bords parce que faut pas se leurrer … on est tous un peu bobo.

    • RiGeL

      à 100% d’accord avec ça.

    • Marti

      D’un côté, je suis assez d’accord avec toi aussi.
      Mais le gros problème que soulignait SuperNo, c’est que si tu bénéficies du soutien financier des ces multinationales, tu ne peux pas après les critiquer dans ton film…

      Et du coup ça finit toujours en “il faut couper l’eau du robinet quand on se lave les dents”, “éteignez vos appareils qui sont en veille” et toutes les autres morales éco-tartuffes…

      • en même temps … au tout départ, il n’était pas question de renverser la monarchie, ni de détrôner Louis XVI ….

        Il a quand même fini par avoir la tête coupée.

        Est ce que l’histoire aurait été la même si le peuple avait réclamé sa tête directement ?

        bref … entre la révolution du jour au lendemain ou la révolution tranquille … laquelle des 2 est la plus efficace ? … je n’ai à ce jour aucune réponse là dessus. Mais je préfère un peu que pas du tout.

    • Spawn

      Je me permets une petite remarque en reprenant tes mots :

      Est-ce que le fait de faire partie de “l’élite sensibilisée, intelligente, cultivée et un peu bobo sur les bord” ne t’aide pas à n’en avoir “rien à battre de leur sponsor” ?

      C’est bien gentil de privilégier des actions qui touchent un maximum de personne mais pour faire passer quel message à ce maximum de personnes ???
      Émouvoir avec de belles images, c’est une démarche artistique. Par contre, dans ce genre de films, la démarche politique est impossible. Et c’est un souci majeur ! Parce que “l’élite sensibilisée etc…” va peut être faire le lien entre les images et l’incohérence des actes des financeurs; mais les autres ??? NON !
      D’ailleurs, c’est une des fonctions de ces financements : évacuer le propos politique. Au delà de l’image “verte” qu’ils se donnent, les financeurs savent qu’ils ne seront jamais montrés du doigt.

      Quelle chance tu as d’avoir les moyens intellectuels de prendre du recul et ainsi d’éviter d’être une proie du message publicitaire des financeurs ! Mais c’est précisément parce que tu fais partie de cette “élite sensibilisée etc..”.

      Les financeurs ont étudié en détail l’impact qu’ils auront sur la “masse non informée” et savent pertinemment qu’ils seront gagnants, en terme de retour sur investissement. D’ailleurs, ces financeurs privés n’ont d’autre intérêt que de gagner de l’argent. C’est une évidence de dire ça mais tant pis, il faut quand même qu’on ne perde pas de vue qu’aucun acte n’est gratuit pour une entreprise dans un cadre capitaliste.

      Ainsi, permets moi de ne pas être d’accord sur le fait que la fin justifie les moyens. Dans ce cas, en plus, la fin est pervertie par les moyens.

      Plus généralement le clivage est le suivant :
      un monde de “consommateurs responsables” ou la remise en question de la consommation d’abord ? réponse B pour ma part.

      PS : Dans ce cas précis, je pense donc qu’il vaut mieux pas de film que ce film, ou alors ce film mais sans message écologiste, sinon, ça ressemble à une mauvaise blague.

      • sauf que sans financement … pas de films. Point final ….

        Ou alors un film avant gardiste, avec un message virulent, diffusé dans 4 salles en France et vu par 500 personnes déjà sensibilisées.

        Je ne dis pas que ce genre de film est inutile bien au contraire … je ne cautionne pas non plus le sponsoring afin d’édulcorer un message.

        Mais je constate qu’au bout de 30 ans, l’écologisme radicale est tout simplement un échec. La gauche radicale est également un échec …. rien qu’à voir comme ça stagne toujours au même niveau.

        Je sais très bien que certaines personnes font tout pour que ce soit un échec et ils ont réussi. Alors ne serait-il pas le moment d’être “un poil moins” radical pour avancer de qqes mètres ? plutôt que de rester planté là toujours au même endroit entre “élite éco-cultivé” et de se dire “bouh c’est de la merde édulcorée” ?

        Non désolé … autour de moi rare ceux qui étaient conscient de toute cette merde. Depuis les bouses belles édulcorés de YAB et Hulot, énormément de gens se sont sensibilisés, grâce aux belles images ou les images chocs. Ensuite, ils sont allés plus loin vers qqchose de plus radical. Mais la base est là … sans l’édulcoré, ils ne seraient jamais allés voir le radical.

        Comme le dit Rigel, on apprend pas les maths en commençant par les transformés de Fourier. Mais bel est bien par de l’édulcoré “1+1=2”.

        • raoul

          Ce qui est agaçant c’est de constater que finalement ceux qui sont écoutés sont ceux qui font leur beurre à récupérer médiatiquement ce que de nombreuses ONG dénoncent en vain depuis pas mal d’années et ces mêmes gens récupèrent les lauriers, deviennent des héros de la dénonciation alors qu’ils vivent et s’enrichissent de ces nuisances sans jamais véritablement passer aux actes pour les combattre. N’est ce pas YAB qui clamait à la foule, le soir de la première de son film: “maintenant, c’est à vous de jouer”. Ce qui veut bien dire que lui-même ne mettra pas les mains dans le cambouis.

        • Marti

          Là où je te rejoins Tonio, c’est qu’il faut y aller de façon progressive. Prononcer le mot “décroissance” ça fait peur, sûrement parce que les gens l’assimilent à la récession et au chômage.

          Mais je crois qu’il est nécessaire de garder une ligne conductrice : celle de la critique de la croissance. En ce moment, par exemple, je remarque que de plus de personnes s’opposent à la politique de Sarkozy. Il faut d’abord s’appuyer là dessus et envisager plus tard le régime qu’on pourrait mettre en place.

          Mais revenons à l’écologie. Je pense donc que même s’il faut y aller progressivement, il faut choisir le bon chemin. Et en commençant par dire “il faut couper l’eau du robinet et éteindre les lumières quand on sort de la pièce”, on s’engage tout de suite sur une fausse route, celle qui culpabilise les citoyens, qui dépolitise l’écologie et qui au final aboutit sur des “Grenelle de l’environnement” ou des Cohn-Bendit au parlement européen…

          Alors oui à un cheminement de la pensée mais pas dans n’importe quel sens!

        • RiGeL

          @ Raoul.

          Ben oui, ce sont souvent ceux qui récupèrent en les édulcorant les idées des autres (les “radicaux”) qui reçoivent les lauriers„ alors qu’ils n’auraient probablement pas existé si lesdits radicaux n’avaient pas prêché dans le désert depuis 30 ans. C’est injuste, mais c’est comme ça. Maintenant, je me trompe peut-être, mais les “radicaux” ont des convictions profondes, et les lauriers, bien souvent, ce n’est pas franchement leur tasse de thé. Donc si les lauriers peuvent inciter des gens dont les convictions sont probablement moins profondes, et plus “mercantiles”, alors tant mieux.

          Concernant ta dernière remarque… “Ce qui veut bien dire que lui-même ne mettra pas les mains dans le cambouis.” Je ne suis pas vraiment un grand fan de YAB (c’est le moins que l’on puisse dire), mais là, ton interprétation n’est pas vraiment honnête. Il aurait été préférable qu’il dise c’est à nous de jouer, effectivement, mais sa phrase n’implique pas qu’il s’exclue du reste de la population.

          Pour finir sur une note d’optimisme, j’enjoins tous ceux que ça intéresse à retrouver les discours de Hulot et de YAB d’il y 10 ans, et de les comparer avec leurs discours actuels. Vous vous apercevrez qu’il ont parcouru un sacré bout de chemin, même s’ils ont toujours un train de retard.

          • raoul

            @RiGel

            Donc si les lauriers peuvent inciter
            des gens dont les convictions sont
            probablement moins profondes, et plus
            “mercantiles”, alors tant mieux.

            Je te rejoins sur ce propos, effectivement tu n’as pas tort de voir les choses ainsi; c’est juste que ca m’agace que ce soit toujours les mêmes qui ne soient pas payés en retour…

            Il aurait été préférable qu’il dise
            c’est à nous de jouer, effectivement,
            mais sa phrase n’implique pas qu’il
            s’exclue du reste de la population

            Mais que fait-il, lui? J’ai l’impression qu’il vient nous donner des leçons (et de ce coté, j’estime que je n’en ai pas à recevoir, en tous cas pas venant de lui) et qu’une fois la leçon donnée, Monsieur retourne à ses activités quotidiennes polluantes, parce que lui se considère au dessus du lot. C’est une impression et peut-être que ma colère me fait parfois interpréter les choses et m’empêche d’être objectif. Par exemple, je n’ai rien à reprocher à un gars comme Bougrain-Dubourg qui joint les actes à la parole et au militantisme. A coté, YAB m’apparait un peu comme un … bouffon. Mais bon, encore une fois je manque certainement d’objectivité là-dessus.

          • RiGeL

            Bon, sur ta dernière réflexion, et malgré toutes les excuses que je pourrais lui trouver, je pense que tu n’as pas tout à fait tort. YAB est très bon quand il s’agit de donner des leçons aux autres… et très fort pour ne pas tenir compte lui même de ses conseils. En fait, il a UN gros défaut, il considère que payer est une action suffisante pour se dédouaner de la pollution qu’il génère. En cela, il faut bien avouer qu’il est sévèrement à côté de la plaque. Mais ça, c’est un peu un défaut inhérent à toutes les personnes assez riches pour se croire quasi intouchables.

      • Marti

        Ah merci! C’est ça que j’essayais de dire mais j’arrivais pas à m’exprimer !

  • Marti

    Je n’ai pas encore vu ce film mais j’en ai évidemment entendu parler (il faudrait vraiment vivre dans une grotte pour pas être au courant de sa sortie). Et je trouve que ce que tu racontes là est assez symptomatique de la période actuelle.

    Aujourd’hui, il FAUT montrer qu’on veut sauver la planète. Et ce dans n’importe quelle situation et de n’importe quelle manière. Bientôt dans les films d’actions, il faudra une morale écologique ; dans les films d’horreur pareil,… On est dans un engrenage totalement absurde.

    Et c’est à cette logique qu’a finalement cédé Jacques Perrin. Évidemment, son film peut amener à une morale écologiste. Mais c’est avant tout un documentaire sur la beauté des fonds marins et rien ne l’obligeait à finir comme ça… D’autant plus que cette morale n’étant pas le but principal du film, il y consacre peu d’intérêt et finit par dire qu’il faut couper l’eau du robinet (et tous les autres gestes des éco-tartuffes) sinon la planète va mourir…

    Et le pire, dans tout ça, c’est que ce film est ce qu’on appelle communément “grand public”. Ce public qui, une fois émerveillé par les images, finira par accepter l’idée de couper l’eau quand on se lave les dents et sera encore moins favorable aux idées écologistes un peu constructives…

    • “Ce public qui, une fois émerveillé par les images, finira par accepter l’idée de couper l’eau quand on se lave les dents et sera encore moins favorable aux idées écologistes un peu constructives…”

      alors là j’aimerais bien savoir pourquoi … il ne serait pas sensible aux idées écologistes un peu constructives.

      Au fait, Perrin n’a pas attendu 2010 pour faire du film environnemental, Le Peuple Migrateur était à haute teneur “environnement”. Donc, je pense plutôt qu’il a précédé un effet de mode …

      Et s’il n’avait montré que de très belles images, on l’aurait encore critiqué “il se voile la face, il ne veut pas montrer ce qui fâche, il n’y a pas que la beauté à montrer, il faut aussi dénoncer … gnangnangnan ….gnangnangnan … critique … critque … “.

      (tiens marrant … je parle de Perrin et on me demande cliquer sur “oiseaux” et il y a une oie ^^ )

      • Marti

        “alors là j’aimerais bien savoir pourquoi … il ne serait pas sensible aux idées écologistes un peu constructives.”

        C’est pas une thèse que je fais ^^. C’est juste un constat que j’ai fais. Quand tu vois un beau film comme ça, tu as tendance à gober tout ce qui est dit… D’autant plus qu’il est plus facile d’accepter de couper l’eau, blablabla que de rentrer dans une société décroissante…
        Tu n’as qu’à voir le film “le syndrome du Titanic” qui a fait très peu d’entrées alors qu’il était un peu plus virulent contre le système actuel…

        • RiGeL

          Ben peut-être est-ce que ça vaut le coup de se poser la question de pourquoi un film plus virulent fait moins d’entrée. Peut-être tout simplement parce que les idées décroissantes n’ont pas assez fait leur chemin dans l’esprit du “grand public” pour qu’il soit prêt à entendre un discours plus virulent. Changer des mentalités, c’est long, et ça demande une progression. En maths, avant d’étudier les intégrales, faut déjà apprendre 2+2 = 4. J’ai tendance à penserr qu’en ce qui concerne l’écologie, c’est pareil, et qu’on devient pas décroissant du jour au lendemain.

  • miha

    En parlant d’océan, il y a des îles qui s’y enfoncent ; mais, pour celles-là, ça me réjpuirait plutôt :
    http://actualite.portail.free.fr/sciences/03-02-2010/iles-artificielles-de-dubai-un-projet-pharaonique-qui-s-enfonce-sous-l-eau-decouvrez-les-images/

    “Sans transition”, selon la formule consacrée, avez-vous remarqué que des pubs commencent à utiliser l’escargot, symbole de la décroissance ?

    Les publicitaires n’ont aucun scrupule.

  • Je veux bien fréquenter des cinémas de quartier…si il y en a !
    Quand je vivais à Dijon, je ne fréquentais que le vieux cinéma de quartier du coin. Il n’y avait pas de chauffage en hiver, pas de climatisation en été. On ne pouvait pas se gaver de popcorn ni de sodas. Je ne parle pas des murs moisis par l’humidité, le toit qui fuyait ou encore les fuites d’eau qui nous accompagnaient durant la projection. Des fois ça a du bon aussi un multiplexe.
    Je ne crache pas sur les multiplexes qui proposent plus de choix de films ou certaines technologies. Quand on est fan de cinéma et de technologies, il est normal d’apprécier une bonne salle bien faite. Tu fais bien le voyage avec ta petite famille pour cela, même si le coeur n’y est pas. Je pense qu’on peut fréquenter les deux. Et bien sur que je suis pour le cinéma de quartier.
    Par contre, on peut pointer du doigt le système capitaliste à la recherche de la moindre économie débile dans les multiplexes.
    De plus, aller au cinéma aujourd’hui, je trouve que c’est une grosse sortie : tu comptes l’essence, le ticket, la boisson, le popcorn et pourquoi pas manger dans un snack, ta soirée te coute au minimum une trentaine d’euro.
    Je dois faire une sortie cinoche avec mon petit frère : j’avais le choix entre Alvin et Avatar. Ayant vu avatar, je ne me sentais pas le courage de revoir ce LONG film. Je crois que je vais aller voir Océan mais j’ai peur de traumatiser le petit.
    Il a quel âge ton fils ?

  • raoul

    C’est peut-être la qu’est le problème: on a peur de traumatiser nos gamins. On préfère qu’ils continuent à croire que l’on vit dans le monde de Disney! Ils font comment à Haiti pour continuer à faire croire à leurs gamins qu’ils vivent toujours dans le chouette monde de Disney? A quel moment ou à quel age faut il leur faire ouvrir les yeux et leur conscience politique? Pourquoi ne pas commencer le plus tôt possible?

    Erreur: choisissez les bonnes images

    mais y a pas d’images !!!!

  • raoul

    mon commentaire du 4 fev à 17:06 était en réponse Lady Chester

    • Justement, si on avait éviter aux gamins de se faire élever par dame TF1 d’avoir accès librement à toutes les conneries du web, de regarder librement toutes les atrocités, ce qui aurait été choquant il y a des années ne serait plus banalisé aujourd’hui.
      On ne ferait pas croire que la vie c’est du bling bling, des grosses voitures, du maquillage et des strings à des enfants. On n’aurait pas appuyé sur la pédale d’accélérateur de la consommation à outrance à tous les âges.
      Donc oui la conscience politique, économique et sociale j’y fais très attention avec mon petit frère. Quand il reçoit quelque chose de ma part, c’est parce que je veux lui offrir, pas parce qu’il l’a vu à la TV et qu’il va taper son caprice comme la majorité de tous les gamins !!!
      Après c’est mon opinion Raoul, je ne dis pas que tu as tord, peut-être même que tu as raison, mais je vois d’une certaine façon les choses.

      • raoul

        Hello,
        Je connais 3 gamins (déjà grand désormais) qui ont grandi sans regarder le lave-cervelle. C’était simple, le poste de T.V n’était relié à aucune antenne et ne servait qu’à regarder des VHS puis des DVD. Ils avaient droit à toute la culture qu’ils voulaient mais pas de T.V. Ils habitent dans un hameau en Haute-Loire. Tous les trois ont développé une imagination et des capacités créatrices assez surprenantes et ce depuis tout petits. La plus jeune est la plus fascinante et je me damnerais pour une de ses toiles en particulier qu’elle a peinte vers l’age de 12 ans …

  • Ragowoh

    Je suis allé le voir cet après-midi.
    Merci d’avoir prévenu pour la partie un peu cucul sur l’air “Oulala, il faut protéger les animaux avant qu’ils disparaissent tous…”, du coup je m’attendais à pire !
    Bon, clairement, ça fait un peu forcé, Perrin aurait pu se contenter de ces magnifiques images.
    Encore qu’on lui aurait reproché d’avoir montré la mer sans parler de la pollution, de la surpêche, du réchauffement climatique… En fait, il en dit trop ou pas assez.

    Et il finit sur une touche vaguement optimiste, alors que dans le reste du film tout semble inéluctable (“Dans quelques années, les routes commerciales passeront par l’océan Arctique, quelle place restera-t-il aux animaux ?”), impossible à remettre en cause.

    Le plus choquant étant clairement le générique de début qui, comme Home, s’ouvre sur les sponsors… Un plan avec le mot “TOTAL” devant la mer, ça a du mal à passer…

    • RiGeL

      “Un plan avec le mot “TOTAL” devant la mer, ça a du mal à passer…”

      Ah ca, c’est pour le moins dérangeant, voire totalement innacceptable… A moins qu’on considère les marées noires comme des catastrophes “naturelles”…

  • Olaf

    Bel article… Cette année au concours de contrôleur du travail, le sujet était : “Vivre c’est bien. Savoir-vivre, c’est mieux. Survivre c’est sans doute le problème des hommes de demain” (Roger Molinier, extrait de “L’écologie à la croisée des chemins”).

    En ce moment, avec une conscience “écologique” grandissante dans l’opinion, les marques sont en train de s’approprier le thème. Pour faire encore plus de $$$ bien sûr. C’est malheureusement le pire qui puisse nous arriver.

    La seule solution, c’est de changer de mode de vie, et celà passe comme indiqué par la suppression de la toute puissance desdites marques. Autant dire que nous sommes mal engagés ; tout le monde comprend que le mur se rapproche, mais comment se désintoxiquer massivement de la consommation et de l’idéologie de la sainte et éternelle croissance ?

  • chalonnais

    Les Pop-corns !
    Qui a vu comme moi sur les fenestrons (fin janvier) le reportage où un exploitant de cinoche expliquait doctement que le dit popecorne n’a aucun goût et qu’il faut balancer dans le hall du cinoche des “effluves” (pas 100% bio, m’est avis) de présumé goût de grillé pour inciter les pékins et pékinnes à en acheter ?

  • frakir

    je suis allée voir le film pour les images. J’ai eu une crise d’urticaire quand les sponsors sont apparus. Qu’ils apparaissent de cette manière prouve que l’auteur/le film est totalement inféodé à ces groupes. ça a totalement décrédibilisé le côté écolo du film à mes yeux.
    Le film ne m’a pas donné l’impression d’avoir un début et une fin.
    D’après moi, les sponsors ont servi à financer la com et c’est peut être d’eux qu’est venu le discours écolo, ce qui explique le côté décousu du film.

    Quant au cinéma en général, je ne fout jamais les pieds dans un multiplexe pour 3 raisons :
    c’est des machines à fric
    on a jamais affaire à des humains
    la pub

    • touchatout

      Quant au cinéma en général, je ne fouS jamais les pieds dans un multiplexe à cause du niveau sonore. Il est réglé pour des ados déjà sourdingues, avec leurs baladeurs MP3 sur les oreilles à fond les ballons pendant la projection, ou pour des décérébrés qui sortent d’une boîte avec quatre-vingt-quinze décibels dans les pianissimi.
      J’ai les oreilles sensibles et je n’ai pas besoin d’un massage du diaphragme.

  • Des noms de (très) grandes entreprises mis en avant comme ça au tout début d’un film, c’est la première fois que je vois ça au cinéma (film vu hier). C’est l’équivalent d’un “sous le patronage de”… Ou à tout le moins “avec l’agrément de”.

    Ces entreprises auraient pu être citées dans le générique de fin : mais de la façon dont cela a été fait, le nom de l’entreprise seul en assez gros caractères blancs sur fond noir et dans un plan durant plus d’une seconde (3 peut-être), plans formant les toutes premières images du métrage, cela a certainement fait l’objet d’une négociation et d’une clause précise dans tel contrat.

  • Crépidule

    Merci pour cet avis qui tombe à point nommé car j’allais plonger dans cette océan tête la première accompagnée par ma petite qui a aussi 7 ans. Hyper sensible comme elle est le coup du requin mutilé (rien que de le lire c’est atroce) ne passera pas du tout, on va donc s’en passer pour l’instant.
    Notre kinepolis local est … kolossal le plus grand d’Europe parait-il, les salles sont propres dans l’ensemble mais les prix des places et des “douceurs” prohibitifs. Mais cela fait longtemps que je contourne l’obstacle en achetant par avance des vivres(vive les sacs à main/à dos). Évidemment l’idéal serait de s’en passer et de ce type de cinéma aussi. d’autant que pour une grande majorité des films, l’écran de tv familial est bien suffisant. D’ailleurs les programmateurs le savent bien puisqu’ils privilégient maintenant les films en 3D pour attirer les gens hors de chez eux.
    De toutes façons il ne fait pas bon d’emmener les petits mouflets au cinéma, la preuve : des policiers appelés pour sortir un bébé d’une salle de cinéma

  • V@M

    V@M a réouvert ses portes.
    Cordialement

You must be logged in to post a comment.