
Réveil brutal ce matin lorsqu’un journaliste de France Inter fit parvenir à mes oreilles ensommeillées l’information selon laquelle derrière la faillite de la Grèce il y aurait encore l’ombre de la banque américaine Goldman Sachs !
Fichtre, diantre, le cauchemar continue ! C’est même gravissime, mais tout le monde s’en tape, ce soir c’est foot et Jeux Olympiques à la télé !
Voulant en savoir plus, j’ai farfouillé sur internet, et j’ai retrouvé la source de l’info. C’est un article du New York Times, publié le 13 février dernier, et dont l’original se trouve ici . Vu le caractère hautement pédagogique de cet article, je l’ai traduit dans un sabir plus compréhensible par chez nous. Voilà :
“La tactique de Wall Street, similaire à celle qui a engendré les subprimes aux États-Unis, a aggravé la crise financière qui secoue la Grèce, et affaibli l’euro en permettant aux gouvernements européens de dissimuler l’accroissement de leurs dettes.
Alors que l’inquiétude au sujet de la Grèce ébranle les marchés, des faits et des témoignages montrent qu’avec l’aide de Wall-Street, le pays se bat depuis une décennie pour contourner les limites d’endettement fixées par l’Europe. Un montage créé par Goldman Sachs a permis de dissimuler des milliards de dettes aux yeux des contrôleurs financiers de Bruxelles.
Alors même que la crise était prête à éclater, les banques cherchaient encore des moyens d’aider la Grèce à désamorcer le moment fatidique. Début novembre, 3 mois avant que la Grèce ne devienne l’épicentre de l’anxiété financière globale, une équipe de Goldman Sachs a débarqué dans la cité antique avec une proposition très moderne pour un gouvernement qui se bat pour payer ses factures, selon deux personnes qui connaissaient cette réunion.
Les banquiers, conduits par le président de GoldMan Gary D. Cohn, ont dévoilé un instrument qui aurait repoussé la dette du système de santé grec loin dans le futur, tout comme les propriétaires de maison étranglés qui contractaient d’autres prêts pour rembourser leur crédit.
Cela avait déjà fonctionné auparavant. En 2001, juste avant l’admission de le Grèce dans l’union monétaire européenne, Goldman a aidé le gouvernement à emprunter tranquillement des milliards, selon des personnes proches de la transaction. Cet accord, dissimulé aux yeux du public car il fut traité comme une opération de change et non pas comme un emprunt, permit à Athènes de satisfaire les règles de déficit de l’Europe tout en continuant à dépenser au-delà de ses moyens.
Athènes n’a pas suivi la dernière proposition de Goldman, mais avec la Grèce qui gémit sous le poids de sa dette et avec ses voisins plus riches qui sont obligés de lui venir en aide, les opérations de la dernière décennie soulèvent des questions sur le rôle de Wall Street dans le dernier drame mondial en date de la finance.
Tout comme dans la crise américaine des subprimes et l’implosion d’AIG, les dérivés financiers ont joué un rôle dans la fuite en avant de la dette grecque. Les instruments développés par Goldman Sachs, JP Morgan Chase et bien d’autres banques ont permis aux politiciens de masquer de nouveaux emprunts en Grèce, en Italie, et sans doute ailleurs.
Par des douzaines d’opérations à travers le continent, les banques ont prêté du cash en échange de paiements gouvernementaux dans le futur, dettes qui n’étaient pas inscrites dans les comptes. La Grèce, par exemple, a cédé ses taxes d’aéroport et les recettes du loto pour les années à venir.
Les observateurs considèrent que de telles opérations, parce qu’elles ne sont pas considérées comme des emprunts, trompent les investisseurs et les régulateurs sur l’étendue de la dette des pays.
Certaines des opérations grecques portaient le nom de personnages de la mythologie grecque. L’une d’entre elles par exemple fut baptisée Eole, comme le dieu des vents.
La crise en Grèce pose le plus important problème de son histoire à la monnaie européenne, l’euro, et à l’objectif du continent d’unité économique. Le pays est, comme on le dit dans l’argot des banquiers, “trop gros pour avoir le droit de faire faillite”. La Grèce doit au reste du monde 300 milliards de dollars, et les grandes banques sont coincées par une bonne partie de cette dette. Une défaillance aurait des répercussions dans le monde entier.
Une porte parole du ministère des finances grec affirme que le gouvernement a rencontré de nombreuses banques ces derniers mois, mais n’a signé aucune de leurs offres. Tous les financements de la dette “sont menés dans un souci de transparence”, dit-elle. Goldman et JP Morgan n’ont pas souhaité faire de commentaires.
Alors que l’&olig;uvre de Wall Street en Europe a suscité peu d’intérêt de ce côté de l’Atlantique, elle a été sévèrement critiquée en Grèce et dans des magazines tels que “Der Spiegel” en Allemagne.
“Les politiciens veulent se débarrasser du bébé, et si un banquier peut leur montrer comment repousser le problème dans le futur, ils vont succomber à la tentation”, dit Gikas A. Hardouvelis, un économiste et membre d’un précédent gouvernement qui participa à la rédaction d’un récent rapport sur les normes comptables de la Grèce.
Wall Street n’a pas créé le problème de la dette de l’Europe. Mais les banquiers ont permis à la Grèce et à d’autres d’emprunter au delà de leurs moyens, par des opérations qui étaient parfaitement légales. Peu de règles régissent les moyens qu’ont les pays d’emprunter l’argent dont ils ont besoin pour leurs dépenses militaires ou leur système de santé. Le marché de la “dette souveraine” -selon l’expression de Wall Street pour désigner les prêts aux gouvernements- est aussi dérégulé que vaste.
“Si un gouvernement veut tricher, il peut tricher” dit Garry Schinasi, un ancien de l’unité de surveillance des marchés de capitaux du FMI, qui traque les vulnérabilités dans les marchés de capitaux globaux.
Les banques ont avidement exploité ce qui était pour elles une symbiose hautement lucrative avec des gouvernements qui dépensent sans compter. Alors que la Grèce n’a pas profité de la proposition de Goldman en novembre 2009, elle a payé à la banque environ 300 millions de dollars d’honoraires pour mettre en place la transaction de 2001, selon plusieurs banquiers liés à cet accord.
Ces produits dérivés, qui ne sont pas ouvertement documentés ou publiés, rendent difficile d’évaluer l’étendue des problèmes en Grèce, ainsi que de savoir quels autres gouvernements pourraient avoir utilisé une comptabilité occulte similaire.
La vague de peur s’étend maintenant sur d’autres pays de la périphérie de l’Europe, renchérissant le prix du crédit pour l’Italie, l’Espagne et le Portugal.
En contrepartie des avantages à unifier l’Europe avec une monnaie unique, la naissance de l’euro fut affectée d’un péché originel : des pays comme l’Italie et la Grèce sont entrés dans l’Union avec des déficits plus importants que ceux autorisés par le traité qui créa la monnaie unique. Mais plutôt que d’augmenter les impôts ou réduire les dépenses, ces gouvernements ont réduit leurs déficits avec des produits dérivés.
Les produits dérivés ne sont pas nécessairement de mauvais augure. La transaction de 2001 impliquait un produit dérivé connu sous le nom de “Swap”. Un tel instrument, appelé “Swap de taux d’intérêt”, peut aider les sociétés et les pays à gérer les variations dans le coût de leurs emprunts en échangeant des paiements à taux fixe contre des taux variables, et vice versa. Une autre variante “le Swap sur devise”, peut minimiser l’impact de la fluctuation des cours sur le marché des changes.
Mais avec l’aide de JP Morgan, l’Italie a pu aller bien au-delà. Malgré des déficits perpétuellement élevés, un produit dérivé de 1996 permit à l’Italie de garder son budget dans les clous en échangeant des devises avec JP Morgan à un cours favorable, mettant effectivement plus d’argent dans les mains des dirigeants. En échange, l’Italie s’engagea à des paiements futurs qui n’étaient pas comptabilisés comme de la dette.
“Les dérivés sont un instrument très utile”, dit Gustavo Piga, un professeur d’économie qui rédigea un rapport pour le conseil des relations étrangères (CFR) à propos de la transaction italienne. Simplement, il deviennent néfastes s’ils sont utilisés pour dissimuler les comptes.
En Grèce, la sorcellerie financière alla encore plus loin. Dans une affaire dont le montant était celui d’une brocante ramenée à l’échelle nationale, les dirigeants grecs ont engagé les aéroports et les autoroutes du pays pour obtenir cet argent dont ils avaient tant besoin.
Eole, une entité légale créée en 2001, aida à réduire la dette dans les comptes cette année-là. Dans cet accord, la Grèce obtint du cash en échange de la promesse des futures taxes d’aéroport du pays. Un accord similaire en 2000 appelé Ariane dévora les revenus que le gouvernement collectait sur la loterie nationale. Mais la Grèce classa ces transactions en tant que ventes, pas en tant qu’emprunts, malgré les doutes de nombreux observateurs.
Ces types d’opérations ont été controversés dans les milieux gouvernementaux pendant des années. Dès 2000, les ministres des finances européens débattaient durement sur le point de savoir si les opérations sur les produits dérivés utilisés en tant que comptabilité créative devaient être publiés.
La réponse fut négative. Mais en 2002, la publication des comptes fut exigée pour plusieurs entités comme Eole ou Ariane qui n’apparaissaient pas dans la comptabilité des pays, demandant aux gouvernements de requalifier ces opérations comme des emprunts et non comme des ventes.
En 2008 encore, Eurostat, l’agence européenne de statistiques, rapporta que “dans un certain nombre de cas, les opérations de sécurisation observées semblent avoir été volontairement conçues dans un but comptable, sans considération pour l’intérêt économique de l’opération.”
Alors que de telles bidouilles comptables peuvent être bénéfiques à court terme, avec le temps elles peuvent s’avérer désastreuses.
George Alogoskoufis, qui devint ministre des finances après un remaniement ministériel après l’opération Goldman, critiqua la transaction devant le parlement en 2005. L’opération, selon M. Alogoskoufis, va plomber le gouvernement avec de lourds paiements à Goldman jusqu’en 2019.
M. Alogoskoufis, qui démissionna il y a un an, écrit dans un e-mail de la semaine dernière que Goldman a accepté plus tard de revoir l’accord “pour faire preuve de sa bonne volonté envers la république”. Il dit que le nouveau schéma est meilleur pour la Grèce que le précédent.
En 2005, Goldman a revendu son “swap sur taux d’intérêt” à la Banque Nationale de Grèce, la plus grande banque du pays, si on en croit deux personnes proches du dossier.
En 2008, Goldman aida la banque à placer ce “swap” dans une entité appelée Titlos. Mais la banque a conservé les obligations émises par Titlos, selon Dealogic, une société de recherche financière, pour les utiliser accessoirement pour emprunter encore plus à la Banque Centrale Européenne.
Edward Manchester, senior vice-president à l’agence de notation du crédit Moody’s, affirme que l’aopération sera finalement perdante pour la Grèce à cause de ses obligations de paiements à long-terme.
A propos de l’échange de Titlos avec le gouvernement grec, il dit “Cet échange sera toujours perdant pour le gouvernement grec”“.
Point final.
Ce que l’article ne dit pas, c’est que Goldman Sachs fait aussi partie de ceux qui ont spéculé contre la Grèce et contre l’Euro. Ils gagnent des fortunes avec leurs conseils funestes, puis, connaissant forcément mieux que quiconque la fragilité dans laquelle ils ont mis leur client, gagnent à nouveau des fortunes en spéculant sur sa perte. Un peu comme s’ils avaient vendu un système anti-incendie qu’ils savent en fait incendiaire, et qu’une fois l’incendie déclaré ils viennent souffler sur les braises et en profiter pour vendre des merguez.
Il est donc facile et tentant de traiter les crânes d’œuf de Goldman Sachs de gros porcs avides, de salopards cyniques, de fumiers indécrottables, de lie de l’espèce humaine, de nuisibles à dératiser urgemment. Tout ceci est pourtant indiscutable. Mais après tout ils sont à leur place, et ne font que leur sale boulot, pour lequel il sont grassement payés. (A titre d’indformation, l’actuel président de Goldman Sachs, Gary Cohn, dont il est question dans l’article, a touché en 2008, annus horribilis pour les banksters, 3.6 millions de dollars, soit environ deux fois plus qu’un vulgaire Proglio. Ajoutons encore pour ceux qui se feraient du souci pour ce pauvre homme, qu’il se fait attribuer tous les ans quelques dizaines de millions de dollars de stock options.)
Le plus dramatique et désespérant dans cette histoire, c’est que les politiciens et élus de tout poil et de tous pays se fassent les complices de ce système, d’abord en lui permettant d’exister, puis en le laissant perdurer. Sont-ils incompétents ? Corrompus ? Cyniques ? Les trois à la fois ?
La vérité est encore pire. Nos politiciens sont complètement fondus dans ce système capitaliste et ultralibéral, il ne leur viendrait même pas à l’esprit qu’il pût en exister un autre. Il faut dire qu’il leur réussit si bien qu’on ne voit pas pourquoi ils voudraient le changer en quoi que ce soit. Embedded, comme on dit aux États-Unis. J’ai déjà évoqué les relations incestueuses de l’État américain et des multinationales de la finance, Obama étant comme les autres cerné par ces prédateurs.
La photo d’illustration montre Gary Cohn, président de Goldman Sachs, lors du dernier “forum de Davos”, auquel il participait avec tous ses semblables, les exploiteurs cyniques de la planète. Et, pour la première fois depuis la création de ce “forum”, le Président de la République Française se déshonorait de sa présence. Oui oui, Nicolas Sarkozy, pourfendeur autoproclamé des banksters, est allé se vautrer en leur compagnie. Honte sur lui !
Bien sûr, quand il faut calmer le peuple qui gronde, on fait mine de montrer les dents aux banquiers (qui se marrent doucement). On fait des G8, on balance des slogans guerriers (“refonder le capitalisme”), on s’érige en pourfendeur des paradis fiscaux (qui se marrent aussi). Et surtout on temporise. Mais on sait trouver les mots pour convaincre le con-tribuable de passer encore à la caisse quand la finance fait un malaise. Et c’est quand on proclame contre toute évidence que la “crise” est terminée qu’une nouvelle crise éclate, avec les mêmes causes, les mêmes acteurs, et potentiellement les mêmes effets.
Et tout va bien, le con-tribuable a déjà tout oublié quand il redevient électeur, puisqu’il continue majoritairement à apporter son suffrage à ceux qui se réclament du libéralisme, bien aidé en cela par la propagande permanente déversée par les éditorialistes de la presse aux ordres.
Le libéralisme ne produit des richesses que pour une minorité, et au prix de la misère et de l’exploitation de la majorité, du pillage des ressources planétaires sans le moindre égard pour l’avenir. Il est assez symptomatique qu’il soit totalement incapable de résoudre la faim dans le monde et de fournir un travail à chacun.
Tiens, pourquoi la Grèce, comme d’ailleurs la France, est-elle confrontée à un grave problème de financement de son système de santé? Tout simplement parce que ses politiciens nuls et nuisibles ont suivi servilement les préceptes ultralibéraux en baissant année après année les impôts sur les sociétés, impôts qui servent justement à financer les services sociaux et publics ! Ces mêmes politiciens ont accepté et encouragé la concurrence et la délocalisation massive des industries occidentales vers des “paradis sociaux”, avant de se servir de ce prétexte pour baisser les impôts de ces sociétés pour qu’elles soient prétendument “compétitives”.
Ils ne bronchent pas davantage devant les montages fiscaux abracadabrantesques de ces hydres multinationales, souvent bricolés par des Goldman Sachs ou assimilés, et qui en passant par des paradis fiscaux, permettent de soustraire des milliards aux budgets nationaux… Et de boucler la boucle, c’est-à-dire d’aller pleurer chez Goldman Sachs pour repousser le bouchage des trous.
Attention, la majeure partie des politiciens français, de droite comme de “gauche” sont à mettre dans le même panier, celui des libéraux, des productivistes, des croissancistes. Ils rivalisent d’ingéniosité pour nous convaincre qu’il faut moins rembourser les médicaments, travailler plus et plus longtemps, diminuer le nombre des fonctionnaires, ces feignasses dispendieuses et superfétatoires.
Mais cela n’explique pas par quel sortilège nos gouvernements, si prompts à dégainer des mesures sécuritaires dès qu’il s’agit de chiens dangereux, de bagarres entre lycéens, ou de gamine de moins de 3 ans dans un cinéma, qui dépensent des sommes colossales pour lutter contre le trafic de drogue et sont capables d’engager des milliards et leurs forces armées pour lutter contre le terrorisme (réel ou fantasmé), sont totalement impuissants et même complaisants à l’égard des terroristes financiers, des dealers de produits dérivés, à l’utilité strictement nulle, et à la nuisibilité maximale !
Ils ont autorisé les banskters à créer de l’argent, alors qu’ils se l’interdisent pour eux-mêmes ! Ce sont les banksters qui prêtent de l’argent aux États, alors qu’ils n’en possèdent pas le premier centime ! Les États, pour faire tourner la sacro-sainte croissance, s’endettent pour des générations. Pourtant, ce sont ces mêmes États qui viennent au secours des banksters quand ceux-ci, essorés par la crise qu’ils ont eux-mêmes créée, se font porter pâles. Subissant la crise économique, et renflouant les banksters à grandes louches de milliards, ils aggravent encore leur dette, qu’ils vont faire refinancer par les mêmes banksters à peine guéris ! Un système de fous, pourtant admis par tous ou presque comme le seul valable.
Pourquoi alors nous pompe-t-on l’air et monopolise-t-on les médias sur l’interdiction de la burqa, alors qu’on n’envisage jamais l’interdiction et l’incarcération des banksters et des politiciens incompétents et corrompus ?












Sans chercher à passer de la pommade à l’auteur de cet article, je trouve que c’est là, la démonstration d’un esprit coruscant et incisif. Bravo pour cet article et pour la traduction!
Pour illustrer une petite partie de toute la perversité du système financier mis en place, ce petit article paru chez l’excellent Bakchich:
http://www.bakchich.info/Helvete-undergound,10025.html
L’info est reprise sur S&P:
http://www.solidariteetprogres.org/article6345.html
Pour enfoncer le clou et comprendre les tenants de ces aboutissants, je vous encourage à lire La face cachée de la monnaie de H. Lammler et M. Seloui (2009). C’est à la fois court, très clair, didactique et pédagogique et sous licence Creative Commons : à diffuser largement donc ! Profitez-en pour faire un tour sur le site qui met la brochure en ligne, http://www.journarles.org.
ATTENTION, EFFET SECONDAIRE : il devient très difficile, voire carrément impossible, de souscrire un emprunt après cette lecture !!!
Mais z’inquitez pas, les auteurs suggèrent quelques pistes pour s’en sortir…
Marre de marre d’être super informé, et de voir nos dirigeants, probablement aussi informés que nous, NE RIEN FAIRE !
http://www.marianne2.fr/Dette-grecque-Goldman-Sachs,-revoila-les-banksters!_a185141.html
Un titre à la ‘Super’ chez un de ses hébergeurs épisodiques!
Oui, c’est clair. Mais nous sommes leurs complices. Chaque fois que nous allons dans les urnes. Chaque fois que nous déposons notre argent chez eux, chaque fois que nous mettons les pieds dans leur magasin, chaque fois que nous acceptons de travailler pour eux, chaque fois que nous regardons leur pub et leur propagande à la télé, leurs jeux, chaque fois que nous utilisons leurs meubles, chaque fois que nous prenons un de leurs crédits pour faire construire un acheter une de leurs maisons, chaque fois que nous mangeons leur nourriture empoisonnée, ou que nous utilisons leurs logiciels.
Ils ne peuvent commettre leurs forfaits, uniquement parce que, nous seulement nous le leur permettons, mais en plus nous les encourageons.
Voila pourquoi ca continue.
Internet est en train de passer sous leur contrôle parce que tout le monde se précipite sur les services “gratuits” fessebouc, youtube, et skyblog. Au lieu d’héberger ces services chez soi. Grace à cette centralisation une poignée de FAI ont pris le contrôle d’internet, ce qui permet de passer des lois comme LOPPSI qui auraient été impossible avant ce noyautage du net il y a 10 ans (cf Benjamin Bayard).
Idem dans le monde de l’énergie qui est centralisée dans les mains d’EDF/GDF. Alors qu’il serait possible de produire son électricité chez soi, et d’alimenter son propre véhicule par exemple. Idem pour la nourriture, plutôt que de passer par les AMAP quelques grands producteurs contrôlent la production (du genre Monsanto). Ce sont des multinationales, la notion d’état n’a plus vraiment de sens pour eux depuis que la “mondialisation” est effective. Idem pour les banques. Quelques banques centrales se disputent le monopole de la création monétaire, selon le dogme monétariste, alors que cela pourrait aux mains des citoyens comme beaucoup d’exemples de monnaie locales le montrent (les SELs, SOL, Ithaca Hour, etc…)
Le problème c’est la centralisation à outrance.
Nous devons revenir a du local. Penser global, agir local.
Voir le dernier documentaire de Coline Serreau a ce sujet.
Les solutions existent. Elles sont à notre portée. Faut juste se bouger un peu… parce que dans pas très longtemps, quand internet sera bouclé, qu’il y aura des drones armés partout (comme en angleterre en ce moment qui est en train de voter une loi pour ça) des caméras de surveillance, des puces RFID… ca va être très très difficile de sortir de ce bourbier après !!!
Paul Jorion lui aussi en parle sur son blog
http://www.pauljorion.com/blog/?p=8148
@ yoananda
En admettant que ce ne soit pas déjà trop tard. Quelqu’un parmi vous a-t-il essayé de ne plus avoir de compte en banque ? de recevoir sa paye en liquide, et de tout dépenser en liquide ? Bonne chance à ceux qui voudraient essayer.
Quand j’ai commencé à travailler (un vrai travail avec un vrai salaire mensuel) je n’avais pas de compte en banque. Je passais à la comptabilité de ma boite puis je me rendais à la banque de ma boite, j’encaissais mon chèque et touchais le montant en espèces sonnantes et trébuchantes! Pas de crédits ouverts à l’époque, pas de virements automatiques ou prélèvements… J’ai ensuite eu besoin d’ouvrir un compte afin d’avoir un chéquier.
Quitte ta banque et ouvre un compte à la NEF, une vraie alternatives sociale et écologique aux banques!
On n’est pas forcément obligé d’aller jusque la !
Il y a la NEF, la poste, et aussi, juste avoir un compte courant, qu’on vide en prenant le cash régulièrement. Au pire la banque n’est qu’un intermédiaire “vide”.
Mais l’important, c’est la démarche, de trouver le petit truc qu’on peut déjà faire. Un pas en entrainant un autre. Quitter une banque, ca se fait pas sur un coup de tête du jour au lendemain. On peut faire progressivement. Comme pour tout !
la seule solution : la prise de conscience populaire celle ci elle passe par l’éducation .(pas spécialement l’éducation nationale, ce site y participe a sa manière.
Bravo pour cet article, Superno !
Que je rêve de faire lire à toutes mes relations. Le seul problème en est la longueur, je les connais les gens, quand ça dépasse 20 lignes, 95% des gens ont déjà abandonné.
Comment les sensibiliser, du coup ?…
Un documentaire ‘orienté’ qui illustre magistralement (dans les 1ere parties)ce qui est exprimé dans ce fort bon article.
A voir ou a revoir
http://video.google.fr/videoplay?docid=-3962070356288160346#
Tant qu’on restera dans cette UE néo-libérale…
Lordon vient de publier un article là-dessus.
c’est marrant, c’est ce que je suis en train de lire
A propos du système de santé français.
En fait, il ne va pas si mal : http://www.rene-balme.org/24h00/spip.php?article1108
C’est juste qu’on veut nous le faire croire.
Bah oui, ca rapporte du pognon, alors il va bien falloir le privatiser. Comment peut on croire que le système de santé ne rapporte pas d’argent quand on voit le pognon que se font les mutuelles ( et les assureurs … )
Merci pour ton article Superno !
à yoananda, vous avez raison, progressivement (et de plus en plus vite)comme pour tout,si l’on s’y met tous, on PEUT TOUT!Il suffirait peut-etre d’avoir des personnes honnètes et charismatiques pour entrainer les peuples à ne pas rechercher que les richesses , mais à les économiser pour les distribuer équitablement et durablement!Stop à la dictature des banques et de leurs amis gouvernants!
Un bon point pour Nicolas Demorand (que la ministre Lagarde appelle Olivier) ce matin sur France Inter :
Il a traduit l’expression de Mme Lagarde « restructurer la dette » par
« maquiller les comptes ».
Ça prouve qu’il y a au moins un journaliste de France Inter qui n’est pas dupe des discours des économistes et des politicards. Tant mieux. On se demande pourquoi il ne décode pas plus souvent leurs entourloupes. Tant pis.
Excellent article.
Je vais faire mon fessebouc chez SuperNo : j’étais parti quelques jours en famille à Paris, et j’avais zappé la qualité de ce billet, des commentaires et des liens proposés. Je reviens avec 2 illustrations à propos de la suppression de postes de fonctionnaires.
J’avais le souvenir qu’avec un ticket RATP, on pouvait emprunter n’importe quel moyen de transport (RER, métro ou bus). On achète des carnets de 10 billets pour prendre le RER principalement, et paf, le jour où on a voulu prendre le bus, on a dû racheter des billets ad hoc dans le bus (billets qui, de plus, ne permettent pas de faire des correspondances alors que le ticket de bus acheté ailleurs que dans le bus permet de le faire). Peut-être me trompé-je, ou alors sans doute est-ce de la paranoïa, mais je me dis que cette séparation métro/bus au sein de la RATP est une façon de préparer une future vente à la découpe de ce service public.
Par contre, cette seconde illustration n’est pas sujette à d’éventuels souvenirs erronés. On est allé au Palais de la Découverte. Le personnel y est très remonté contre les instances de tutelle et de décision (Enseignement Supérieur et Recherche, Culture, Matignon, Elysée). Une fusion (ça, c’est le terme officiel, mais il s’agit plutôt d’une absorption du premier par le second) entre le Palais de la Découverte (dont le personnel appartient à la fonction publique) et la Cité des Sciences (dont le personnel relève… du droit privé !) est sur le point d’être actée, au détriment évidemment de la qualité et de l’originalité des “attractions” (comme on a pu l’entendre pendant la visite) proposées par le Palais de la Découverte. Dans le cadre de la réforme de la mobilité dans la fonction publique, un article a même été rédigé spécialement à destination du personnel du Palais de la Découverte. Si ça vous intéresse, une (n-ième) pétition en ligne (dont on connait les limites d’efficacité, mais bon) est disponible ici.
Et voilà, tu pars quelques jours pour t’aérer l’esprit, et à chaque coin de rue tu as trois occasions (ok, j’exagère un tantinet) de t’énerver. Déformation supernoesque ?
Remarquez, pas besoin d’aller au Palais de la Découverte pour faire de la Science. Il suffit, par exemple, de parcourir les arcades du jardin du Palais Royal, pour avoir l’occasion d’offrir un cours d’anthropologie à ses enfants, de leur expliquer toute l’inutilité de ces boutiques et la futilité de ces objets hors de prix, de l’imbécillité de ces vendeurs qu’on croirait avec un manche de balai dans le c.., et de ses messieurs-dames aussi prout-prout que prétentieux qui vous regardent de haut en sortant de leurs magasins huppés.
Marre de marre de la bêtise humaine
Amitiés révolutionnaires.
Pour les archives : http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/goldman-sachs-la-grande-machine-a-59168
Intro:
Un important article paru dans le numéro de juillet (2009) du magazine Rolling Stone fait beaucoup de bruit dans la blogosphère ainsi que dans les médias traditionnels du monde entier. Il expose le rôle de la banque d’affaires Goldman Sachs dans presque toutes les crises financières depuis plus de 80 ans. Il apporte un éclairage cru sur les évènements financiers et économiques passés et contemporains. L’auteur, Matt Taibbi, est un journaliste d’investigation au courage, à mon avis, comparable à celui de Denis Robert. Le sujet est primordial, l’enquête sérieuse, les informations explosives, le ton incisif. Matt Taibbi appelle un chat un chat. L’ensemble est compréhensible par les non-initiés en finance.