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Feb192010
23:21 (Vu 3074 fois)

Jean François Kahn et les révolutionnaires raisonnables

En entrant dans le petit amphi de la fac de droit de Metz, j’ai ressenti une étrange impression : d’abord l’auditoire était bien plus nombreux que pour la moyenne des conférences militantes auxquelles j’assiste habituellement. Au moins 200 personnes. Ensuite, il était évident que le public n’était pas le même. Tout aussi âgé (même s’il y avait aussi quelques jeunes), mais surtout bien plus bourgeois d’apparence. Tiens, par exemple Nathalie Griesbeck, à laquelle Jean-François Kahn a laissé son fauteuil aux dernières européennes, ne vient jamais dans les réunions des militants de Gauche !

Plus drôle, un nombre important d’écharpes oranges, assorties à un pin’s clinquant “Mouvement démocrate”. Fichtre, SuperNo avait débarqué incognito sur le territoire des Modem, ceux qu’il a tant raillés sur son blog… Sans arme et sans gilet pare-balles, mieux valait se tenir coi. Ce que je fis d’ailleurs. J’étais tout de même accompagné de quelques camarades comme Madame Blaireau, Monsieur Sideman ou Monsieur Pivert, et on m’a signalé la présence discrète dans la salle de quelques membres d’ATTAC.

Cela dit, je conseillerais à ceux qui ne seraient pas mes lecteurs habituels et qui craindraient le choc de la découverte de la prose d’un sale gauchiste grossier et malpoli, en plus d’être pessimiste, d’aller errer sur un site plus supportable pour les âmes sensibles. Ou encore de se contenter du compte-rendu lénifiant du Répu

Il était donc évident que cette conférence n’aurait pas ce goût de révolte de celles que j’affectionne habituellement, qu’il n’y serait pas question de décroissance, de revenu maximum, d’interdiction de la publicité, de révolte contre le capitalisme, de critique de la société de con-sommation, de dictature des multinationales et de la finance, de politiciens pleutres, incompétents et corrompus, d’esclavagisme moderne, d’aliénation à la valeur travail, du milliard d’humains qui ne mangent pas à leur faim, de pillage des ressources par FMI interposé ou autres sujets parfaitement secondaires, voire vulgaires et déplacés.

Non, ce soir, il fallait rester poli. Raisonnable. Refaire le monde, mais surtout sans qu’il change trop, faut pas déconner, non plus. Et puis le monde c’est trop grand, c’était pas le sujet, il fallait parler de la région. D’ailleurs, le flyer encarté dans Marianne était clair, le sujet était le suivant : ”L’alternative ou comment, sur le plan régional, contribuer concrètement à construire un nouveau modèle de société ?

En fait, c’est évidemment Jean-François Kahn qui avait rameuté la foule. C’est aussi un peu pour lui que j’étais venu. Car même si le mal de tête guette quand on l’écoute, on ne peut qu’être admiratif devant son débit impressionnant et sa culture, notamment politique, sans fond.

J’y mets tout de même un bémol : si cette machine intellectuelle et cette culture finissent en bout de raisonnement ultime par proposer de voter Bayrou, c’est qu’il doit y avoir un sacré bug dans le logiciel…

Jean-François Kahn vient de fonder un club, une espèce de “think tank”, le CRREA.

En fait, petite déception : Kahn n’était pas venu en tant que conférencier, mais simplement pour modérer le débat entre les différents intervenants, et éviter qu’il ne tourne à la foire d’empoigne en cette délicate période pré-électorale. Il a également fixé les bornes, qui sont celles du “champ républicain et démocratique”, c’est-à-dire entre ceux qui voient “l’État au centre de tout”, et ceux qui voient “l’Argent au centre de tout”. Enfin qu’il ne s’agissait pas d’être pour ou contre Sarkozy.

Car ceux qui ont parlé, c’étaient eux : les “principales” têtes de liste aux régionales en Lorraine. Je mets des guillemets à “principales”, car dans une vraie démocratie, avant les élections, tous les candidats devraient être traités à égalité. Alors que dans les faits la plupart des candidats sont traités de “petits”, et que le résultat des élections est déjà donné par la presse : Hénart et Masseret resteront au second tour, peut-être avec un FN dans les pattes, et Masseret sera reconduit jusqu’en 2014. Bref, ce n’est pas le sujet.

On peut néanmoins dire que le postulat de départ a été à peu près respecté. L’aspect “campagne électorale”, même s’il était évidemment sous-jacent, n’a pas été trop voyant. Pas de prise de bec ou d’attaque directe entre deux candidats (comme par exemple lors du débat Hénart-Masseret sur France 3, où le second a été très agressif, énervé par la mauvaise foi et les arguments à 2 balles de son adversaire).

Chacun a donc pu dérouler son discours sans trop sortir du sujet et sans être interrompu. Mais revenons sur les participants. Je n’ai pas pris beaucoup de notes et je n’ai pas l’intention de faire un compte-rendu chronologique du débat. (Si ça vous intéresse, Jérémy Joly, l’étudiant en journalisme qui travaille aussi pour l’Est-Républicain, a twitté la conférence. C’est ici.

Je préfère donc donner mes impressions sur ce que j’ai entendu, même si c’est décousu et incomplet. Procédons alors par ordre alphabétique…

Daniel Béguin (Tête de liste Europe Ecologie)

C’est un des deux orateurs qui m’a intéressé. Bon, on me dira que c’est peut-être celui qui est le plus proche de ma sensibilité, même s’il n’a pas la réputation d’un gauchiste et serait classé comme “vert-orange”, comme on dit chez les zécolos (par opposition aux “rouges-verts”, plus radicaux). Il a d’ailleurs dénoncé la thèse de la fin du “clivage droite-gauche”.

Il a habilement alterné des propositions régionales concrètes (un “Plan Logement” pour réduire la précarité énergétique, une aide à la reconquête du territoire près de la frontière luxembourgeoise où la demande et la spéculation ont conduit à des prix affolants); un zeste de décroissance (sans prononcer le nom !) en avançant l’hypothèse de la suppression d’un des aéroports régionaux (Luxembourg, Sarrebrück, Strasbourg ou Metz-Nancy-Lorraine, tous déficitaires), et d’autres plus philosophiques et non moins intéressantes, comme la sortie d’une attitude de “compétition”, qui engendre la quasi-totalité des problèmes, que ce soit dans la région ou sur la planète, au profit d’une “mutualisation” des atouts de chacun. Il faut savoir rêver !

Mais il a aussi énoncé certaines vérités dont le seul de nos députés à en être conscient est son collègue vert Yves Cochet, à savoir la nécessaire adaptation de l’économie et de la société en général à la raréfaction de certaines matières premières, comme évidemment le pétrole, mais aussi le cuivre, le zinc, le cadmium, le nickel…

Un autre progrès à faire par les Verts serait, au lieu de marcher, par Cohn-Bendit interposé, dans les pas de Sarkozy et de sa “Croissance Verte” (avec la différence notable de l’opposition au nucléaire), de tirer les conséquences de cette triste situation et de rejoindre les thèses de la décroissance… Ils y viendront forcément, sous la pression des faits…


Claude Bellei (Tête de liste Modem)

Bon, je ne peux pas dire que ce soit une déception car je n’attends pas grand chose du Modem, mais franchement, je n’ai pas entendu grand’chose susceptible de m’intéresser. C’est le mystère du Modem, que j’ai maintes fois détaillé ici, sans obtenir d’autre réponse que des railleries, car le Modem est très présent sur Internet ! Je repose donc la question : comment expliquer cette exaltation pararévolutionnaire, cette prétention, tout à fait dans le sujet de la conférence, de “changer la société”, mais en s’imposant des carcans ultracoercitifs (comme les traités européens) qui ne peuvent accoucher sur autre chose qu’un ersatz de libéralisme, et sur des pensées d’une profondeur qui ne dépassent jamais celles d’un sénateur centriste… Même si les militants locaux peuvent être compétents et sympathiques…


Le personnage a pourtant l’air chaleureux quoiqu’un peu professoral (le syndrôme Cavada, comme lui ancien journaliste, comme lui passé au Modem…). Mais il aurait pu s’abstenir de commencer son intervention par cette monstrueuse connerie dont le Modem s’est fait l’emblème : “La gauche, la droite, s’est dépassé”. J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pense de cette assertion grotesque, que tout dément, à moins de vivre en vase clos dans un milieu petit bourgeois… D’ailleurs tous ceux qui pensent ainsi sont de droite ! Tiens, le matin même, Philippe Leclercq, tête de liste du Front Lorrain de Gauche, et curieusement absent de ce débat, expliquait sur France 3 Lorraine, et geste à l’appui : “Ca c’est ma main droite, ça c’est ma main gauche“…

En fait, prononcer cette phrase, c’est prendre acte de la fin de toute lutte sociale, et même de toute contestation. C’est accepter l’idée que tous les partis politiques, qu’ils soient de droite ou s’intitulent de manière frauduleuse “de gauche”, ne fassent que broder autour d’une même trame politique basée sur un capitalisme libéral plus ou moins tempéré. C’est hélas ce qui se passe dans la plupart des pays du monde. Et c’est ce qui se traduit en France par des relations incestueuses entre P”S”, Verts, Modem, ou UMP, qui sont globalement d’accord sur l’essentiel. C’est ce qui fait que la présence d’un ministre “socialiste” dans un gouvernement UMP ne choque même plus…

Pour revenir au sujet, la principale proposition avancée par le Modem pour sauver la Lorraine du marasme est la mise en avant de l’industrie du bois, dernière ressource locale exploitable puisque les autres sont épuisées. Bonne idée, certainement, mais c’est un peu court ! D’autant que si le bois est certes renouvelable, il n’est pas inépuisable, et la surproduction qui serait la probable conséquence de son exploitation industrielle sonnerait sûrement la fin des haricots !

Autre considération intéressante, et partagée par tous les intervenants, la difficulté du dialogue dans le cadre de la “Grande Région” (Sarre, Luxembourg, Wallonie, Rhénanie-Palatinat), notamment due aux différences des structures administratives, et au manque de lisibilité côté français. Claude Bellei fait l’analogie entre la vanne de ce gredin de Kissinger (“L’Europe a-t-elle un numéro de téléphone ?” On pourrait aujourd’hui lui donner celui de la baronne Catherine Ashton, en espérant qu’elle ne soit pas en liste rouge…) et les compétences croisées entre État, Région et Département. La France a-t-elle un numéro de téléphone ?


Laurent Hénart (Tête de liste UMP)

L’invité de la dernière heure, qui ne figurait pas sur le programme initial, mais qui a dû sentir que les absents auraient forcément tort. Arrivé en retard d’Épinal en prétextant la limitation à 110 sur l’A31…

Bon, ne comptez pas sur moi pour faire des commentaires sur tel ou tel point des “propositions” d’un candidat UMP. Car elles ont forcément ceci de particulier qu’elles ne sont là que pour la façade, et n’ont aucun intérêt en elles-mêmes. Car un candidat UMP, quel qu’il soit, n’est qu’un pion dans une chaîne implacable dont le seul but est d’appliquer les thèses du libéralisme à tous les échelons. Vous ne me croyez pas ? Mais regardez donc leur maître à tous (avant qu’ils se mettent à le piétiner), Sarkozy : il dit tout et n’importe quoi, à tous les propos, simplement pour faire un rideau de fumée destiné à dissimuler aux yeux des plus naïfs l’application d’un plan méthodique de mise en place du libéralisme, tel qu’il a été défini à partir des années 50 par les Friedman, Hayek et autres gredins, avant d’être mis en œuvre à grande échelle par Reagan et Thatcher, puis généralisé à la plupart des pays occidentaux, y compris par des dirigeants dits “de gauche”…

Il suffit de lire ce qu’écrivaient les concepteurs du système pour savoir où ils nous emmènent : suppression des fonctionnaires et du service public, privatisations généralisées, diminution maximale des impôts et “charges” sur les entreprises et particuliers fortunés, suppression de tout ce qui est social (sécu, retraites), suppression des entraves ennuyeuses comme le code du travail ou le SMIC, etc etc. Si on écoute Sarkozy, il a sauvé la planète, refondé le capitalisme, supprimé l’insécurité, sauvé les retraites et la sécu ou, plus près d’ici, sauvé Gandrange… Mieux vaut en rire…

De “réforme” en “réforme”, voilà où l’UMP nous emmène. Après, sur le plan régional, le candidat peut bien dire ce qu’il veut… Comme Longuet en 2004, qui, selon un article du Monde, conseillait à ses colistiers de parler du fret, car “ça fait toujours plaisir et ça n’engage à rien”… Quand on voit l’état du fret, on voit à quoi peut mener le cynisme d’un élu UMP. Et Longuet est toujours sur la liste UMP, d’ailleurs.

Cela dit, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, Laurent Hénart ne semble pas avoir humainement grand’chose à voir avec Longuet ! Beaucoup plus jeune, avec un physique susceptible de plaire à un électorat féminin (je ne fais que répéter ce que j’ai entendu !), avenant, sympathique, intellectuellement brillant, connaissant très bien ses dossiers, c’est sans doute un bon candidat. Même si sa prestation face à Jean-Pierre Masseret, où il s’est contenté de lui répéter en boucle “vous avez augmenté les impôts et vous n’avez rien fait” a été à mon avis décevante.


Jean-Pierre Masseret (Président sortant du Conseil Régional et tête de liste P”S”)

Il n’avait sûrement pas la place la plus facile, puisque phosphorer sur ce qu’il faudrait faire pour améliorer la situation de la région revient à reconnaître qu’on ne l’a pas fait, alors qu’on avait tout pouvoir pour le faire. Du coup il a exprimé son doute sur le but du débat, et a tenté de botter en touche. Il est parti dans des considérations obscures sur la méthodologie dont la détermination doit précéder les idées énoncées, j’avoue que je n’ai pas tout suivi et que je me suis ennuyé ferme.

Mais globalement, il s’est évidemment attaché, avec une conviction certaine, à montrer que toutes les idées relevées par ses contradicteurs étaient déjà réalisées ou figuraient dans son programme !

Plus intéressant, il a rappelé que les compétences de la Région se limitent à 3 domaines :

- Le transport régional

- l’apprentissage

- les lycées.

Par conséquent, toute initiative relevant d’un autre domaine est une démarche volontaire ! Un tel aveu d’impuissance relativise nettement l’intérêt d’un tel débat, car dans les faits, la région à elle seule ne peut pas grand’chose ! Jean-Pierre Masseret enfonce le clou en soulignant que la région ne dispose plus d’aucune autonomie fiscale…


Laurent Pinsolle (porte parole national de “Debout La République”)

L’inconnu de la soirée ! Le seul à ne pas être Lorrain, ce qui est certes un inconvénient quand il s’agit de parler des spécificités locales (même si son ami Malakine, autre blogueur messin de l’écurie Marianne, l’avait certainement rencardé) , mais permet aussi d’élever le débat, en faisant attention au hors-sujet…

Il se trouve que Laurent Pinsolle n’est pas tout à fait un inconnu pour moi, car nous nous sommes croisés l’an dernier à un pince-fesses au journal Marianne, puisque nous avons le point commun d’y être “blogueurs associés”. Car Laurent est d’abord blogueur, très prolifique, et on peut le lire ici. Mais il a fait son chemin, et a franchi la barrière entre le blogueur et son sujet favori.

“Debout la République” est incontestablement un parti de droite. Et même si comme au Modem ils s’amusent à faire croire que le clivage “gauche-droite” n’existe plus, la ressemblance s’arrête là. L’argument de Laurent Pinsolle hier soir, est qu’il ne voit pas de différences fondamentales entre Juppé et DSK ! Moi non plus, hélas, et c’est bien ça le problème… Enfin si : l’un est un has-been (sans avoir vraiment été) dont l’arrogance et la hargne à rester droit dans ses bottes, cependant qu’il tentait de massacrer les retraites et la sécu, ont profondément marqué la mémoire des électeurs qui n’ont pas oublié; tandis que le second, qui ne vaut pas mieux, sera notre probable prochain Président de la République…

Autre profonde différence : contrairement au Modem, “Debout la République” est “noniste”, et a compris le caractère vénéneux et ultralibéral des traités de Maastricht et de Lisbonne, contre les conséquences desquels nous devons désormais nous battre au quotidien…

Enfin, même si Nicolas Dupont Aignan est moins connu que François Bayrou, manque sérieusement de charisme et s’est fait totalement éclipser par le rouleau compresseur sarko-médiatico-bling-blinguesque, il est considérablement plus intéressant que le Béarnais. Ce qui n’est pas très difficile, il faut bien l’avouer.

L’avenir de Debout La République passe semble-t-il par un rapprochement avec Villepin, personnalité autrement charismatique et chérie des médias. De quoi former un vrai noyau antisarkozyste, auquel vont immanquablement venir de plus en plus de gens de l’UMP au fur et à mesure qu’ils sentiront le vent tourner…

Mais revenons à Laurent Pinsolle et son discours. Celui qui m’a le plus intéressé de la soirée, sans aucun doute. Pour lui, l’échelon local n’a quasiment aucun pouvoir (propos comme on l’a vu implicitement confirmés par Jean-Pierre Masseret), sinon celui de faire office de “service après-vente” des dégâts du néolibéralisme. Car au dessus, il distingue deux échelons : l’échelon national, c’est-à-dire l’État, et au-dessus l’échelon supranational, celui qui est entièrement voué au néolibéralisme et aux forces de l’argent.

Il pense par conséquent que seul l’échelon national a encore le pouvoir de se battre, à condition de démanteler ces infâmes traités européens, et de mettre en place un protectionnisme aux frontières de l’Europe de l’Ouest, afin de la protéger d’une concurrence certes “libre”, mais surtout complètement “faussée”, puisque mettant en concurrence les pays à bas salaires et protection sociale inexistante d’Europe de l’Est ou d’Asie avec ceux d’Europe de l’Ouest, qui n’ont aucune chance et ont déjà vu partir une bonne partie de leur industrie, celle qui reste ne perdant rien pour attendre. Laurent Pinsolle cite l’exemple très parlant des voitures françaises, qui sont de plus en plus fabriquées à l’étranger, et notamment en Europe de l’Est, et dont les véhicules qui sont (encore provisoirement) fabriqués en France utilisent de plus en plus de composants importés.

Je ne peux évidemment qu’applaudir. Sauf que mon raisonnement de sale gauchiste écolo décroissant me conduit à en tirer les conséquences, et à prendre d’ores et déjà les dispositions pour reconvertir ces centaines de milliers de travailleurs de l’automobile, dont l’avenir est manifestement derrière eux… Mes fidèles lecteurs savent ce que je pense de la voiture électrique, tant pour résoudre les problèmes écologiques que pour “relancer l’industrie”.

Laurent Pinsolle s’est montré largement aussi à l’aise que tous ses “collègues” politiciens chevronnés. Je lui prédis un grand avenir, y compris ministériel, si son mouvement arrive à percer sur les ruines fumantes du sarkozysme. Il lui faudra alors gérer les contradictions inhérentes à la démarche : par exemple je n’ai pas souvenir d’avoir entendu Villepin critiquer le libéralisme… Quant au Gaullisme… Tout le monde, moi compris, a de l’admiration pour la personnalité et la grandeur de De Gaulle, d’autant plus remarquable qu’on peut la comparer à la minusculitude de l’usurpateur encore actuellement au pouvoir. Mais il ne faut pas oublier que De Gaulle est mort depuis 40 ans, que sur la fin de son règne il symbolisait surtout la vieille France de droite, confite dans la poussière des sacristies, et qu’il s’est fait balayer par la vague de Mai 68… Le problème est que ceux qui ont continué à se réclamer du “gaullisme” étaient soit des imposteurs (comme Chirac ou même Sarkozy), soit des vieux barbons de la vieille droite réac comme “Debout la République” doit en abriter quelques-uns…

D’autres, plus intéressants, comme feu Séguin, encensé jusqu’à l’overdose après sa mort, ont systématiquement été placés sur une voie de garage par le RPR/UMP canal historique… Quant à son côté “social”… Séguin a été ministre de l’emploi de l’ultralibéral gouvernement de revanche sociale Chirac/Balladur, peut-être le pire de la Ve république, entre 1986 et 1988. À ce titre, c’est lui qui a supprimé l’autorisation administrative de licenciement, cette insupportable entrave au patronat. C’est bien à ce genre de “détail” qu’on reconnaît facile sa droite de sa gauche…

Et si nous partageons ce dégoût du libéralisme, je crains que les amis de Laurent Pinsolle ne souhaitent le remplacer par son prédécesseur, le vieux capitalisme rhénan , celui des patrons paternalistes, des De Wendel et du Comité des Forges, si tristement célèbres par ici…

Une chose à regretter dans ce débat fut la trop petite place donnée aux interventions dans la salle. Avec une heure de plus, cela aurait eu une autre gueule. Je reprends simplement la question et le débat qui s’en est suivi sur le rôle et les problèmes des frontaliers, question initiée par Raphaël Vuitton, twitteur et blogueur, 4e sur la liste du Modem en Meurthe-et-Moselle (personne n’est parfait), et travailleur frontalier lui-même.

Le premier problème pratique des frontaliers, c’est le transport. Soit tu prends le train, et à ce sujet on ne peut qu’être d’accord avec Jean-Pierre Masseret pour constater de gros progrès, depuis que des trains modernes à deux étages ont remplacé les infâmes bétaillières en alu peintes en jaune avec leurs sièges cauchemardesques et qui dans la chaleur de l’été se transformaient en étuve insupportables. Les tarifs sont très bas, mais les cadences insuffisantes (c’est la faute aux lulus qui ne feront pas les travaux nécessaires de leur côté avant 2018).

Et quand on n’habite pas Metz ou Thionville, et qu’on ne travaille pas près de la gare de Luxembourg, les temps de trajet deviennent vite rédhibitoires (3h30 par jour dans mon ex-cas). Et de plus en plus de sociétés s’installent au Kirchberg, encore mal desservi depuis la gare, ou carrément dans des bleds improbables du côté de la frontière belge, où la voiture est obligatoire.

La voiture, considérablement plus coûteuse (à moins de disposer, comme de nombreux frontaliers, d’une voiture de société) et polluante, suppose aussi de se taper quotidiennement la fameuse autoroute A31, dont les non moins fameux bouchons s’allongent d’année en année. Ils commençaient naguère à l’approche de la frontière, mais c’est maintenant dès Thionville que la circulation se fait à touche-touche. Et c’est long. Car si Laurent Hénart déplore d’être limité à 110 km/h, le frontalier moyen serait déjà content d’arriver à 60…

Malgré cette galère quotidienne, il y a 70000 frontaliers qui vont gagner leur croûte de l’autre côté de la frontière. Pourquoi ? Simplement parce que les salaires sont nettement supérieurs (sans même parler des avantages annexes, comme les allocations familiales bien plus généreuses qu’en France). Et que parallèlement, la Lorraine est une région sinistrée dans laquelle le chômage règne, et où il est difficile de trouver un travail intéressant, sinon un travail tout court.

Le frontalier a souvent l’impression que les politiciens lorrains ne font pas grand chose pour lui, même si certains s’empressent de venir les racoler à grands coups de promesses avant chaque élection. Notons enfin que le frontalier dispose en général d’un “pouvoir d’achat” supérieur à celui du travailleur “ordinaire”, qu’il est un con-sommateur frénétique, et qu’il vote nettement à droite, c’est mathématique.


Tiens, juste pour rire, certains intervenants, et notamment Claude Bellei, ont proposé de développer le bilinguisme pour faciliter le travail frontalier. En évoquant l’allemand et le luxembourgeois. Si l’allemand peut être utile pour entrer dans certaines sociétés germanophones au Luxembourg, si le luxembourgeois est l’arme ultime pour conserver le monopole de l’administration aux Luxembourgeois, la plupart des autres sociétés, en plus du français, exigent surtout… l’anglais !


Un qui n’a pas cherché à racoler les frontaliers, c’est Daniel Béguin. Parlant d’une récente rencontre avec Eva Joly, il pense que des changements de réglementation sont inévitables à moyen terme, puisque l’Europe ne saurait tolérer indéfiniment en son sein une verrue avec de tels privilèges fiscaux… Attention, il ne s’agit pas comme certains l’ont compris de privilèges fiscaux pour les frontaliers, puisque, au risque de me répéter, le régime appliqué au salarié est largement aussi lourd qu’en France, malgré des charges sociales moindres (pour des prestations très supérieures, va comprendre…). Pire quand un conjoint travaille en France et l’autre au Luxembourg, le foyer se fait doublement assaisonner…

Non, Daniel Béguin parlait du statut non revendiqué de “paradis fiscal” du Luxembourg… Car même si par euphémisme et tripatouillage sémantique on peut mégoter sur tel ou tel point, les faits sont là et sont têtus : oui, le Luxembourg est un paradis fiscal !

Ceux qui n’en seraient pas convaincus peuvent consulter ce récent article de Marianne2 qui dévoile la liste officielle du FMI, et apprendront que le Luxembourg est même le plus important paradis fiscal du monde en termes de valeur des dépôts. Ils peuvent aussi se promener dans les rues discrètes de la ville, à la recherche de “fiduciaires”, dont certaines exhibent fièrement des panneaux sur lesquels figurent des centaines de noms de sociétés domiciliées fictivement au Grand Duché, sociétés dont les responsables sont anonymes et que seuls les fiduciaires connaissent, et qui viennent déverser sur le Luxembourg des impôts à un taux ridicule comparé à celui de leur vrai pays d’origine (pays qui perdent ainsi des montagnes d’argent), mais qui pour un si petit pays se révèle extrêmement lucratif.

Dans l’assistance, une demoiselle s’insurge et se sent vexée : non, le Luxembourg n’est pas un paradis fiscal, et les frontaliers sont des gens tout aussi respectables que les autres et devraient être dignes d’intérêt de la part des politiques. D’autant que, argument massue, ils ramènent une bonne partie de leurs (gros) salaires en France (sauf l’essence, les clopes, les apéros et la high tech qu’ils achètent sur place, comme leurs repas de midi…). 2 milliards d’euros par an, dit-elle. C’est plausible.

C’est amusant, comme réaction. Bien sûr tous les frontaliers ne travaillent pas forcément dans la finance. D’ailleurs le Luxembourg n’est pas que la finance, il y a aussi un gros secteur public, les restes d’une industrie, et les institutions européennes.

La secrétaire d’une banque, l’informaticien de la même banque, sont-ils forcément des complices du grand capital ? Pas forcément, et en tout cas ils n’en sont majoritairement pas conscients. Et que dire de la caissière de l’hypermarché ou de la serveuse de la pizzeria ?

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : si le Luxembourg n’était pas un paradis fiscal, ils n’auraient pas eu leur boulot ! Et le jour hypothétique où le Luxembourg ne le sera plus, ils le perdront ! Comme une bonne partie de leurs collègues frontaliers, qui viendront en masse envahir les halls de Pôle Emploi qui saura encore moins que maintenant où donner de la tête…

Un spectateur comique a trouvé la solution : citant l’exemple de Hong Kong, autre paradis fiscal où la prospérité économique règne, il propose de transformer la Lorraine en paradis fiscal en instaurant le secret bancaire !

Daniel Béguin a donc touché le talon d’Achille de la Lorraine : sa dépendance au Luxembourg. D’ailleurs Laurent Hénart, pour tout commentaire, a déclaré : “Nous souhaitons que le Luxembourg aille bien”. Voulait-il dire “Nous prions pour que le Luxembourg aille bien“ ?

D’ailleurs il ne va pas si bien que ça ! La période de 14% de croissance qui a été évoquée est sûrement déjà lointaine, et ne peut évidemment pas durer longtemps, c’est une simple raison mathématique.

La crise a bel et bien touché le Luxembourg, le contraire aurait été étonnant, vu sa dépendance à la finance… Je peux en témoigner car, viré comme une merde après dix ans de bons et loyaux services, je galère pour redevenir complice d’un paradis fiscal ! Sans remords, car vu le grignotage inarrêtable de la société par le libéralisme, il est évident que des périodes de chômage de plus en plus longues nous attendent, et que si le Luxembourg ne m’avait pas permis de mettre un peu de pognon de côté, je serais aujourd’hui dans une merde noire !


Bon. Quoi, trop long ? Ah, oui, conclure… Comme je l’ai dit en préambule, je ne m’attendais pas à grand’chose et je n’ai donc pas été déçu, malgré le nombre de platitudes et les quelques grosses conneries entendues ici ou là. Quelques bonnes idées chez Béguin, la bonne surprise de Laurent Pinsolle. Mais il y a clairement un monde entre la pensée conventionnelle des “réformistes” de droite et les grosses théories que j’ai plus l’habitude d’entendre et de ressasser habituellement. Car la clé du relatif consensus entre tous ces candidats, c’est que pas un d’entre eux ne remet en cause le dogme de la croissance économique, pourtant mathématiquement intenable à long terme, et qui sous-tend tout le reste. D’autant que la planète nous envoie tous les signes qui devraient siffler la fin de partie. Mais ces messieurs semblent déterminer à continuer de jouer, et ne seront pas démentis par leurs électeurs…

Jean-François Kahn a bien résumé la chose par cette belle phrase : “l’idée que la société bascule et devienne d’un coup meilleure ou pire, je trouve ça dangereux”. C’est son fumeux concept de “centrisme révolutionnaire”, qui me dépasse décidément.

Eh bien moi, ce que je trouve dangereux, c’est cet immobilisme et cette ratiocination stérile autour des grands mots “République” et “Démocratie”, qui fait certes grassement vivre une oligarchie qui inclut les politiciens et les journalistes théoriquement chargés de les surveiller, mais qui conduit à la sape accélérée des fondements de la société (tout comme à la fonte des glaciers), au pillage des pays du sud, et au glissement inexorable vers la société rêvée de Sarkozy et de Goldman Sachs, pleines de banques, de caméras de surveillances, d’hôpitaux, sécu, écoles, et milices privées… Plein d’esclaves et de crève-la-faim, aussi. Mais avec plein de publicités colorées, sonorisées et animées pour faire passer la pilule.

Mais pour souhaiter le changement, encore faudrait-il y avoir intérêt… La plupart des électeurs du Modem, de l’UMP, voire même du P”S” ne sont-ils pas suffisamment contents de leur petite situation personnelle, pour ne surtout pas souhaiter la bouleverser outre mesure? Un peu moins d’impôts par ci, un peu plus de “pouvoir d’achat” par là, voilà qui suffirait à leur bonheur…

Bon, j’attends les réactions. Si c’est positif, je passe à l’étape suivante : bien camouflé derrière un loden, un costard de marque, une cravate et des pompes bien cirées, je m’introduis dans un meeting UMP !


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35 commentaires à Jean François Kahn et les révolutionnaires raisonnables

  • Manu_H

    Laurent Hénart, son programme pour la Lorraine se résume à saisir les opportunités du Grenelle de l’Environnement, du Grand Emprunt et du Luxembourg.
    Ca ne laisse pas beaucoup de place à la Lorraine et à l’initiative tout ça. Est-ce que comme le disait Philippe Leroy en son temps vice-président du Conseil Régional, il fera “ce que lui dira le gouvernement et pour le reste saupoudrera” ?

  • chalonnais

    il est vrai, comme le rapporte encore dans un récent billet JCDR sur son blog, la droite mosellane est de loin la plus bête du monde, et donc de lorraine !
    et ce n’est pas le poulain-poulichon-pâlichon de Dédé le nancéen qui va réussir à reprendre tout ça en main, et proposer une alternative crédible

  • miha

    Ce n’est pas trop long, SuperNo, ça se lit facilement et c’est très, très intéressant.

    Merci.

    Oh ! oui ! oh ! oui ! Va t’introduire dans un meeting UMP ! Je salive d’avance à l’idée de l’article compte-rendu que tu feras ensuite.

  • CornesdAuroch

    Moi ça m’intéresserait aussi, à titre personnel, d’entendre les saloperies qu’on peut sortir dans un meeting UMP. Mais je ne crois pas que je supporterais, vraiment.
    Donc Superno, comme envoyé spécial, ce serait formidable.

  • Mushu

    Oui ! Voila une très bonne idée.
    Je vote des deux mains gauches ma délégation à Superno pour un compte rendu d’un “meeting” UMPiste

    • Le 1er mars, il y a une grande sauterie avec Hénart à Metz-Expo, et un invité de luxe : Fillon ! Pas Sarkozy, désormais machine à perdre, même à l’UMP ils en ont honte, maintenant…
      Bon, si j’y vais, ce ne sera pas pour le discours, j’imagine qu’il y aura un prompteur qui débitera la propagande du moment, celle qui est distillée au goutte à goutte à la télé… Billevesées calibrées sur l’identité nationale, l’emploi (je pouffe), la sécurité, les “réformes in-dis-pen-sa-bles”… Ecrit par Pilhan (catastrophique) et validé par la CGPME et le MEDEF…
      Ce qui sera sans doute plus drôle, c’est l’ambiance… Des groupies de droite qui hurlent “Fillon, Fillon”… L’hallu totale !
      Le problème, c’est qu’au même endroit 2 heures plus tard, il y a la conférence de Pierre Rabhi… Le contraste intellectuel va-t-il être supportable ? Et puis venir chez Rabhi habillé comme un bouffon, on va me regarder bizarre…
      Et surtout, je ne sais pas encore si je pourrai me libérér :roll:

  • Agnès M.

    Bonjour,
    J’ai moi aussi trouvé votre article intéressant. Personnellement Masseret que j’entendais pour la première fois ne m’a pas du tout convaincue, il tourne en rond, prend un air goguenard très déplaisant et méprisant. Hénard est plutôt brillant, là aussi c’était ma première audition. Béguin a eu de bons moments. Et enfin Claude Bellei, que je soutiens (puisque modem moi aussi) a parfois été maladroit. Quant à cette histoire de gauche et de droite, je ne dirais pas que l’une et l’autre sont dépassées mais leurs représentants me semblent souvent les deux faces d’une même pièce bien que les militants eux sont bien distincts. Par contre je revendique pour le modem de refuser de se laisser coincer entre les deux et d’essayer d’inventer autre chose qui ne soit pas un consensus mou. Nous sommes nombreux à débarquer en politique dans ce mouvement et nous portons un regard différent, certains nous accusent de naïveté, mais nous apprenons et nous ne voulons plus laisser la chose politique à de soi-disants experts autoproclamés. Nous voulons faire exister nos valeurs sans nous faire récupérer par les uns ou les autres, sans nous dissoudre dans un truc insipide ou opportuniste.

    • Bonjour Agnès et Merci…

      > Masseret que j’entendais pour la
      > première fois ne m’a pas du tout
      > convaincue, il tourne en rond, prend
      > un air goguenard très déplaisant et
      > méprisant

      Disons qu’il semble convaincu de son bilan et ne tolère pas les critiques, parfois nulles il est vrai, des ses adversaires. Mais ce n’était rien à côté du débat sur France 3 contre Hénart !

      Je ne vais pas redévelopper sur gauche/droite, hein ? Enfin, si M. Bayrou ou Mme Griesbeck sont de gauche, moi je suis le premier moutardier du pape !

      > Nous sommes nombreux à débarquer en
      > politique dans ce mouvement et nous
      > portons un regard différent, certains
      > nous accusent de naïveté, mais nous
      > apprenons et nous ne voulons plus
      > laisser la chose politique à de
      > soi-disants experts autoproclamés.
      > Nous voulons faire exister nos valeurs
      > sans nous faire récupérer par les uns
      > ou les autres, sans nous dissoudre
      > dans un truc insipide ou opportuniste.

      Oui, j’entends bien, mais la plupart des cadres sont des vieux UDF… Et les autres naïfs, oui… Les réalistes ont rallié l’UMP… Je ne vois pas où est la place du Modem entre le P”S” et les Verts, avec des idées aussi banales, et le carcan libéral des traités européens comme limite intellectuelle… Il y a pu y avoir une espérance initiale (avec une pointure comme Bayrou, la naïveté était indispensable !), mais c’est fini, il va falloir redevenir sérieux maintenant…

  • Pour le détail, si Philippe Leclercq n’était pas là, c’est parce que Melenchon a été incapable de donner à JFK le nom du responsable local du front de gauche…”trop le bazar en Lorraine” ;)

  • richy

    Laurent Henart “. Arrivé en retard d’Épinal en prétextant la limitation à 110 sur l’A31…”lire le 02 10 2009 est républiquain “NANCY.- Le député UMP de Meurthe-et-Moselle, Laurent Hénart qui circulait au volant de son véhicule le dimanche 30 août, a fait l’objet d’un contrôle positif d’alcoolémie, en sortie d’autoroute à Nancy” les limitations il n’aime visiblement pas…… mais il les vote!! cherchez l’erreur?!

    • J’avais oublié cet épisode… D’ailleurs l’Est-Républicain l’a oublié aussi, puisque l’article à disparu… Mais pas les articles qui appelaient le lien… Aucune nouvelle depuis… Il faudrait le demander à l’intéressé…
      Bah, de toute façon, au parti radical, l’exemple vient d’en haut, et je suppose que “le pinard, c’est obligatoire !”…
      Pour redevenir sérieux, ça ne me choque pas plus que ça… Du moins si son statut de député ne lui a pas fait éviter le lot commun des vexations voulues par l’UMP : la garde à vue avec fouille anale, la cage avec les poivrots, le vomi et les putes…
      D’ailleurs avec un tel taux, il me semble qu’il ne devrait plus avoir de permis à l’heure qu’il est, à moins qu’il n’ait pas encore été jugé…

    • raoul

      Un député sans chauffeur? ca ne fait pas très sérieux …

  • Miser sur l’industrie du bois est un pari risqué : dans les Landes, le cours a été divisé par 3 ou 4 après le passage de Klaus. Il y a des millions de m3 par terres et d’autres millions stockés sur des aires aménagées exprès et arrosées en permanence (en circuit fermé). Les assurances ne couvrent pas les exploitations forestières et les sylviculteurs ont le moral dans les chaussettes moins de 10 ans après une tempête déjà dévastatrice. Reste à espérer que les ouragans à venir ne passeront pas par la Lorraine…

  • Très bon cet article, j’ai apprécié ce regard qui m’a appris beaucoup sur un débat où je n’ai pu me rendre.

  • “DSK….sera notre probable prochain Président de la République… ” : j’ai le moral à zéro chaque fois que tu fais cette annonce .

    • Ben oui, mais la mécanique est enclenchée, les médias ont déjà embrayé, il est attendu comme le messie… Et vu les bras cassés qu’il y a en face au P”S”… Il faut certes rester prudent, voir Balladur en 1995, mais j’en suis hélas convaincu depuis un bon moment :roll:

  • Qu’en est -il du front de gauche lorrain ?

  • Nelly

    Wait and see! Il reste deux ans avant les présidentielles, et bien des choses peuvent changer!DSK est un bon économiste mais son coeur est au centre droit,et mème si les Français aiment assez la gaudriole, ça ne suffit pas à en faire un Président!

  • raoul

    Hello No

    Globalement, je dirai qu’ils ont tous des bonnes têtes de … listes!
    Je réagis à propos du candidat “debout la Rep”; Il y a une chose que j’apprécie chez eux, c’est leur non au référendum.

    Il pense par conséquent que seul
    l’échelon national a encore le pouvoir
    de se battre, à condition de
    démanteler ces infâmes traités
    européens, et de mettre en place un
    protectionnisme aux frontières de
    l’Europe de l’Ouest, afin de la
    protéger d’une concurrence certes
    “libre”, mais surtout complètement
    “faussée”,

    Personnellement, je suis d’accord avec ces propos et ce qui me fait rire (jaune), c’est que la concurrence libre et non faussée est obligatoire depuis le traité de Bologne, c’est à dire la mise en application des directives de l’OMC. Alors qu’attend l’OMC pour mettre rapidement de l’ordre dans tout ca?

    ps: Concernant les transports ferroviaires, je fus agréablement surpris lors de mon dernier passage en Lorraine de constater que la région paie la moitié des billets de train MétroLor. Ca n’est pas la Sncf qui va vous donner l’info, bien au contraire …

  • raoul

    Les ouvriers français au Luxembourg sont des arabes comme les autres:

    http://www.leplanb.org/Les-ouvriers-francais-sont-des,883.html

    Cela dit, j’ai lu cet article ou un article quasiment similaire dans le Réplo il y a de cela trois ans… Ce qui m’avait fait rire c’est la remarque d’un maghrébin:
    “Au Luxembourg, je me sens français car on ne me traite pas de sale Arabe mais de sale Français!”

    • Mouais… Même si dans l’esprit ce n’est pas tout à fait faux, il faut garder à l’esprit un certain nombre de faits :

      - “L’arabe” au Luxembourg est mieux payé (de “un peu” à “considérablement plus”) que le français en France… Il bénéficie aussi de prestations sociales dont même Besancenot n’oserait pas rêver.
      - “L’arabe” du Luxembourg passe la frontière le matin et rentre chez lui le soir. C’est tout de même plus confortable que la situation d’un “vrai” immigré.
      - “L’arabe” du Luxembourg peut “rentrer dans son pays” sans encourir la guerre ou la persécution.

      Sans oublier le fait qu’en France, un “arabe” (ou un “remplaçant du PSG”) est souvent français, né en France, ce qui ne l’empêche pas d’être méprisé et discriminé par nombre de ses compatriotes et par les élus UMP du 9-5…

      • raoul

        Pas d’objections! (-:

        L’article m’avait fait sourire à l’époque et je me disais que bien des Français travaillant au Luxembourg devaient comprendre et ressentir le rejet qu’éprouvent parfois nos immigrés.

  • monigi

    Bravo SuperNo, continuez, c’est passionnant. Dès que vous êtes plusieurs jours sans écrire, ça me manque…
    Mais par pitié, ne nous parlez pas de D.S.K.!

  • Non

    “La plupart des électeurs du Modem, de l’UMP, voire même du P”S” ne sont-ils pas suffisamment contents de leur petite situation personnelle, pour ne surtout pas souhaiter la bouleverser outre mesure?”

    Pas plus que ceux du PG, NPA, FN, DLR, LO etc etc (d’ailleurs la liste des participants au débat, ainsi que le thème fixait les limites des popositions.. au ventre mou).
    Pour avoir écouter mélenchon à Nancy (il espère faire un bon coup en lorraine le PG partant seul, il pourra ainsi dans ses calculs polititiens montrer ses petits bras au Pcf, et dire qu’il vaut tant et peut-être même pus qu’eux seul), ou encore le npa local (motion A dite la plus à gauche, en pratique faisant plutôt le lien avec l’extrème droite), bref, je ne vois pas en quoi ils sont différents, je vois pas en quoi eux voudraient du changement. C’est quoi l’extrême gauche en lorraine ? Un truc qui croit que la sidé c’est pour la vie et que le charbon est infini. Gandrange c’est quoi sinon une usine qui importe des ressources du tiers monde pour ensuite les utiliser. Bref du néocolonialisme, de l’impérialisme économique, voila ce que défendent les gauchistes locaux. Au meilleur des cas on a le droit à une petite poussée de national productivisme, mais bon on sait ou ça mène.

  • Stef_Paris

    Merci pour ce compte rendu bien écrit, très interessant et assez édifiant.

    En ce qui concerne Laurent Pinsolle, son blog est très interessant, à plus d’un titre. Il écrit bien, prend à bas le corps les questions de la mondialisation, le carcan libéral de l’Union Européenne, les valeurs républicaines, etc…En plus, il est cultivé, fait pas mal de compte-rendu de lectures nécessaires (ex : Emannuel Todd, Frédériec Lordon, etc…).

    Je suis profondément de gauche, mais je prends beaucoup de plaisir et d’interet à lire son blog, même si je n’oublie pas (malgré ses nombreuses références à Chevènement and co) qu’il est, à mon sens, de droite, et s’aligne derrière un Dupont-Aignan, ou un Villepin, voir un Juppé bon teint.
    Ses analyses de la dangerosité du capitalisme financier mondialisé et ses critiques du régime sarkozyste n’en restent pas moins utiles et pertinentes.

    (PS : je suis un lecteur silencieux de ton blog depuis plusieurs mois, j’en profite pour te remercier pour tes écrits, çà fait du bien !)

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