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Sep42009
21:43 (Vu 5874 fois)

Décroissance : c’est le mot qui les gêne !

Encore la décroissance ? Ben oui. Mais rassurez-vous, c’est le dernier avant un moment. Après, on passera à des billets plus légers, je ne sais pas, moi, sur la grippe A, sur Secret Story, ou sur Marielle de Sarnez qui “fait bouger les lignes” ou qui “change le logiciel”.

Je ne sais pas si vous vous souvenez d’un sketch des Guignols de la grande époque, dans lequel la marionnette de Bruno Mégret essayait en vain de prononcer le mot “démocratie” ?

Il semble se passer le même phénomène avec le mot “Décroissance” ! J’en parlais pas plus tard qu’hier, en racontant que mêmes les personnes les plus informées et les plus estimables n’arrivent pas à s’y résoudre.

Les théoriciens de la décroissance, à commencer par Paul Ariès, expliquent pourtant que le mot “décroissance” est un “mot obus”, dont le but est de frapper les esprits, de choquer, de faire réagir, de faire bouger les consciences…

Il est bien évident que la décroissance, dont la solidarité est une des valeurs, (par opposition à la compétition prônée par la croissance) ne demandera pas à un crève-la-faim de diminuer sa consommation de bouffe, contrairement à un des arguments classiques et débiles des opposants à cette idée. Pas plus qu’elle n’exige une décroissance drastique de la population, cette accusation récurrente de malthusianisme ayant été balayée de manière très argumentée dans le dernier numéro des cahiers de l’IEESDS, notamment sous la plume toujours inspirée du même Paul Ariès.

La décroissance, c’est “simplement” la sortie de la tyrannie de la croissance du PIB, de la dictature de l’économie et de la finance, de l’endoctrinement de la société con-sumériste et productiviste.

Et au risque de me répéter, la décroissance n’est pas seulement une idéologie, dont on pourrait discuter la pertinence sur un blog du Modem au même titre que le libéralisme ou le communisme. La décroissance, ça va rapidement devenir une contrainte physique ! On a le droit de dire “je ne veux plus entendre Enrico Macias ou Doc Gynéco”, on peut même défendre des sornettes comme “la droite, la gauche, c’est dépassé”; mais il est totalement vain de dire “je ne veux plus que le soleil se couche”. C’est pourtant simple à comprendre, non ?

Ce matin, France-Inter avait invité un “téléconomiste de la Terre Plate”, Daniel Cohen. Rien de spécial à dire sur lui, sinon que comme tous ses collègues il baigne dans le jus de croissance depuis son enfance, en chante régulièrement les louanges quand on lui tend un micro, et axe toutes ses analyses sur ce sujet. Il venait vendre un bouquin, rien que de très classique.

Oh, il n’est évidemment pas le plus nul, le plus inintéressant, le plus méprisant et le plus inculte des membres de sa caste. Il se dit même “de gauche”, proche du P”S” (plutôt tendance DSK que Filoche, faut pas déconner non plus). Il fait partie des “experts” de chez Terra Nova, dont j’ai récemment dit tout le bien que j’en pensais…

Pendant la première partie, l’émission ronronnait, une 452698e réflexion a posteriori sur la “crise”. Je me voyais mal parti pour faire un billet là-dessus.

http://www.dailymotion.com/videoxadmk6
Puis ça s’est animé, quand il a été question d’addiction à la consommation, la finitude du monde et la pénurie des matières premières. (Vers 6mn40) L’idée la plus marrante et la plus originale étant de dire “puisque le monde réel est fini, investissons le monde virtuel, internet, qui lui est infini !”.

C’est fascinant ! Ça m’a fait penser à un vieux film avec Schwarzenegger, “Total Recall”, où il est question d’une société qui implante des puces dans votre cerveau dans le but d’y ajouter des souvenirs ! Excellent ! Au lieu d’aller polluer la planète pour aller passer des vacances à Tahiti (comme Borloo qui va y parler de CO2 !), il suffirait de vous télécharger les souvenirs correspondants ! De même, au lieu de vous la péter avec votre Hummer, vous pourriez vous la péter pareillement avec un Hummer virtuel sur “Second Life” ou autre pitrerie dans le même style ! Le principal, c’est que vous payiez le même prix au prestataire !
Ce genre de considération loufoquissime est néanmoins tellement rafraîchissante et change tellement des “il faut pas laisser couler l’eau quand vous vous lavez les dents” !

Le plus drôle, c’est qu’il présente cela comme une alternative à la décroissance, qu’il balaie d’un revers méprisant :

Plutôt que de dire arrêtons tout, décroissance, etc, je crois plutôt qu’il faut orienter notre activité justement sur un sentier qui ne soit pas contradictoire avec l’exiguïté du monde, donc le cybermonde, le monde du spectacle, de la culture, de l’art, des artistes etc… Ben allons-y, go, il faut aller dans cette direction…

Vous avez entendu, hein ? Au lieu d’acheter des bagnoles ou des iphones, vous vous réfugiez dans le virtuel sur votre ordinateur, où vous regarderez des spectacles. Et naturellement, Daniel Cohen est persuadé que cela ne provoquera pas de décroissance ! Fa-bu-leux ! Y compris au sens propre ! Je ne lui demanderai pas la marque de sa calculette… Consolons-nous néanmoins en considérant que c’est tout de même préférable au fait de nier en bloc la finitude des ressources !

Nouveau soubresaut dans la “Revue de Presse”, où le journaliste Bruno Duvic cite Nicolas Hulot qui dit que la solution est une “décroissance sélective”. En gros, “certaines choses doivent croître, d’autre décroître”… Je me marre, relisez mon billet d’hier !

Dans la deuxième partie, sur la question d’un auditeur, l’émission s’emballe et devient savoureuse : regardez, c’est à partir de 3mn58.

http://www.dailymotion.com/videoxadmpk

“[Nicolas Demorand] Simon est à Paris, bonjour Simon !

[Simon] Bonjour messieurs. En fait j’avais une question, j’ai bien compris l’argumentation de Daniel Cohen selon laquelle notre modèle économique et d’une certaine manière la crise actuelle, est basée sur la consommation assez insoutenable des ressources naturelles, mais du coup je ne comprends pas pourquoi Daniel Cohen raye d’un trait de plume l’idée même de décroissance économique. Parce que j’ai l’impression que si on fait la liste de toutes les activités actuelles, en tout cas en occident, et des besoins réels des citoyens, on peut faire le pari qu’il y aurait quand même un certain nombre de secteurs si on décidait de garder uniquement les secteurs qui ne sont pas nuisibles à long terme, y’aurait quand même un certain nombre de secteurs qui vont décroître, je pense à la publicité, je pense au secteur automobile, etc, et que finalement, bon an mal an à la fin il y a quand même des chances que notre PIB global décroisse.

[NDLR Dans mes bras, Simon ! Tu as lu mon billet d’hier, ou quoi ?]

[Nicolas Demorand] Merci Simon pour cette question. Précision, donc sur la décroissance, Daniel Cohen

[Daniel Cohen] Oui, non, je suis pas du tout en désaccord avec cette idée qu’il y a une réorientation de activités.

Mais c’est l’idée de décroissance… Le mot me gêne.

Parce que la croissance c’est quoi?  C’est trouver des nouvelles manières avec de nouvelles technologies, avec de nouvelles idées, oublions même le mot de technologie qui fait penser à technique et qui renvoie même à un schéma. Mais c’est une façon de progresser, c’est pas ça l’idée. On peut, hein effectivement, la création du monde moderne c’est le passage d’une philosophie basée sur la vie contemplative à une vie active alors on peut imaginer qu’on puisse revenir en arrière, personnellement j’ai rien contre. Mais ce que je dis plus pragmatiquement, plus modestement c’est que il faut surtout réorienter nos activités vers des secteurs qui soient moins intensifs en écosystème, voire même les fermer. j’ai pas de souci avec ça, mais c’est plutôt cette idée qu’il faut les réorienter vers cette nouvelle frontière, là, qui est le monde des idées, le monde de l’immatériel qui elle n’a pas de limite, y’a pas de raison de les brider. Mais je rejoins l’auditeur pour dire que c’est très compliqué. Donc peut-être qu’effectivement des choses comme la taxe carbone ou d’autres manières d’encadrer ces activités qui sont intensives en matières premières, peuvent avoir un effet négatif sur la croissance, je crois qu’il faut l’accepter, ce n’est pas le sujet. Mais décroissance, je ne pense pas que ce soit le bon mot, c’est plutôt réorientation des activités humaines.

[NDLR Il ne veut décidément pas la cracher, sa Valda !]

[Thomas Legrand] Le mot est très connoté, il est assez subversif. Mais finalement, quand on prône la taxe carbone, on prône une politique du “moins”, c’est à dire on taxe pour réorienter les activités et pour moins consommer…

[Daniel Cohen]  “moins consommer de produits nocifs”

[Thomas Legrand] …moins consommer , moins transporter, moins bouger, et donc c’est du moins, alors que toute la politique voulue par l’UMP ou le PS [NDLR ou le Modem !], par les grands partis de gouvernement, c’est la relance de la consommation, la relance de l’investissemnt, c’est du “plus” ! Est-ce qu’il n’y a pas une contradiction majeure et finalement on n’arrive pas à éclairer la question…

[NDLR L’avenir de Thomas Legrand sur France Inter s’annonce sombre]

[Nicolas Demorand] Les questions les meilleures sont les plus courtes… Daniel Cohen… C’est pas le cas pour les réponses

[Daniel Cohen] Non non, mais je suis d’accord avec l’idée d’une contradiction. Mon diagnostic de départ, c’est qu’on est dans un monde de surconsommation, donc je n’ai pas de souci avec ça.

[Thomas Legrand] Faut inverser la tendance.

[Daniel Cohen] La question c’est quand on taxe. Par exemple prenons la taxe carbone. Je taxe, l’argent ne disparaît pas, on va le retrouver pour en faire autre chose, voilà, c’est simplement ça. Et donc soit on dit je le taxe, je vous le rends, essayez de faire un petit effort, soit en essaye de réfléchir par anticipation vers quoi on veut que cet effort tende. Est-ce que il y a des activités que l’on veut encourager ? Je pense qu’il y en a beaucoup, encore une fois je pensais à ce cybermonde qui n’a pas de business model, il y a tout à inventer pour construire

[Nicolas Demorand] Arrêtez, vous faites du mal à Jean-Marie Colombani Ha ha ha

[Daniel Cohen]… qui a du mal à trouver un business model, c’est un exemple qui montre qu’il y a tout à penser du 21e siècle dans un autre type d’activité. Je pense que c’est plus sémantique qu’autre chose. Et en tout cas je crois que l’idée n’est pas de prendre et de jeter par la fenêtre, c’est de prendre pour entraîner ailleurs, c’est plutôt ça la réflexion qu’il faut mener .

[Jean Marie Colombani] : oui parce que je me demande si on raisonne pas sur une vision un peu trop figée sur une photographie de l’état des lieux aujourd’hui, alors qu’on néglige une dimension essentielle du monde moderne qui est la science, la technologie, les progrès de la technologie. Je vais prendre juste un petit exemple pour fâcher ceux des auditeurs qui sont pour la décroissance : l’énergie, qui est la clé de la croissance, donc le nucléaire… Le nucléaire, il y a 100 ans de réserves d’uranium à technologie constante. Mais la technologie qui est en train d’être préparée transformera ces 100 ans en 2000 ans. Donc si on fait l’impasse sur les ressources technologiques et de la science évidemment on raisonne de façon trop figée et on opte pour la décroissance.”

Exceptionnel, non ? Très didactique en tout cas !

L’auditeur est convaincu par la théorie de la décroissance. Thomas Legrand semble s’y être rallié, ce qui est une bonne surprise. Daniel Cohen est typique du comportement des politiciens français de gauche (ou des “zécolodumodem”) . Il tourne autour du pot, évacue, ergote, mégote et botte en touche. Au fond de lui, il le sait qu’il faut décroître. mais il ne veut pas le reconnaître, et encore moins le dire. Comme il l’avoue benoîtement, le mot le gêne. C’est tellement contraire à tout ce en quoi il a cru depuis sa naissance, à tout ce qu’il a raconté à ses élèves de Normale-Sup, ou dans ses bouquins… Et comme il a une imagination débordante, il déborde pour trouver de quoi retarder l’évidence, quitte à recourir à la science-fiction !

Dans le fond, la décroissance a déjà gagné. La progression de l’idée est fulgurante. Ils tortillent du cul, mais ils y viendront tous, quand la réalité s’imposera à eux. En clamant “je l’ai toujours dit”, naturellement.

Colombani est plus “UMP” dans sa démarche : la science va nous sauver, tous ceux qui croient le contraire sont des arriérés tout juste bons à se désaltérer d’urine de mouton bio, et des empêcheurs de croître en rond !

Bien sûr il n’a pas tout à fait tort, il n’est pas question ici de dénigrer stérilement la science. La science peut nous aider à rendre la décroissance soutenable, c’est un fait. Mais la science nous a promis tellement de conneries qui ne viendront jamais ou bien plus tard… La bagnole à hydrogène, par exemple. Ou simplement une bagnole électrique utilisable à prix abordable…
Colombani, qui a l’excuse de ne pas être scientifique, croit en la science comme d’autres croient en Dieu. On connaissait la “foi du charbonnier”, en l’occurrence nous avons affaire à la “foi du journaliste”. Colombani fait crédit à ceux qui assurent “bah, il suffirait de récupérer 1 millième (je ne garantis pas le chiffre, c’est juste pour l’exemple) de l’énergie solaire (ou du souffle du vent, ou de la force des vagues, rayez la mention inutile) pour résoudre tous les problèmes d’énergie de la planète”.
Ben oui, évidemment ! Que ne l’a-t-on pas fait, alors ? Ah, bon ce n’est pas si simple que ça ?

Alors passer de 100 ans d’uranium (en fait c’est moins, surtout si des centrales se mettent à pousser partout) à 2000, à l’heure actuelle, ça relève encore de la science-fiction. Qu’on se rappelle les milliards engloutis en vain dans “Super Phénix” ! Plus près de nous, il suffit de voir les problèmes d’Areva pour mettre en oeuvre ses centrales EPR, dont la technologie n’est pourtant pas très différente de celles de la génération précédente…

Colombani a peut-être raison, d’ici 100 ou 200 ans, la science aura (enfin, peut-être) trouvé des solutions à quelques uns de nos problèmes actuels. Mais le problème n’est pas ce qui va se passer dans 100 ou 200 ans ! Le problème, c’est dans 5, 10, 20 ans ! Le monde de la croissance va se prendre en pleine face le mur de l’énergie sans s’y être le moins du monde préparé, aveuglé qu’il est par des politiciens qui ne voient pas plus loin que le bout de la prochaine élection, nos économistes de la terre plate, et les oligarques qui se gavent du système actuel.

Même pas sûr que l’histoire les jugera…

86 comments to Décroissance : c’est le mot qui les gêne !

  • miha

    m’enfin ! Décroissance n’est pas le contraire de progrès !
    au contraire !

  • exactement, je dirais même que la décroissance est un progrès ! Belle analyse superno, merci

  • wuwei

    J’ai également écouté l’émission et je me suis dit que décidément “la décroissance” devenait quelque chose de vraiment dangereux pour les bons petits soldats d’un capitalisme plus du tout triomphant, car il n’y a plus un jour où il en est pas question dans les médias. Alors il est vrai que c’est immanquablement pour la dénigrer, la mépriser et la déformer, mais comme le disait Gandhi : D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez.
    Ce n’est certes pas encore gagné mais comme chaque jour qui passe ils sont ramenés à la dure réalité des faits d’un monde en décomposition avancée, je pense que le moment où ils vont brandir l’escargot décroissant n’ets peut être pas si éloigné que ça.

  • magnifique ! ^^

    j’adore …

    et encore, t’as pas parlé de “Service Public” avec le patron de Super U … qui explique qu’il faut consommer moins, que les cartes de fidélité sont finalement de graves erreurs mais que la décroissance … houla! c’est dangereux !

    la pédagogie …. toujours la pédagogie.

  • kelux

    Faudra quand même expliquer à Daniel Cohen que si on crée quelquechose dans un monde fini, cette chose sera forcément finie.
    Y compris son monde virtuel.
    Pour faire fonctionner son monde virtuel il faut des ordinateurs qui, eux, sont bien réels et leur capacité n’est pas (et ne sera jamais) infinie.

    Tant qu’on y est, sa définition de « croissance » est assez hallucinante pour un économiste. Je croyais bêtement que la croissance du PIB c’était juste la croissance du PIB. « Trouver de nouvelles manières » ça peut très bien faire baisser le PIB. Exemple : l’éclairage avec les LED par rapport aux ampoules à incandescence. Les premières ont une durée de vie très longue, consomment très peu : les industriels y perdent (c’est pour ça qu’on n’en trouve pas beaucoup dans le commerce ?) et les producteurs d’électricité aussi, ça fait du PIB en moins.

    Pour résumer j’ai été assez étonné que d’un côté il dise des choses très vraies sur la surconsommation et de l’autre qu’il sorte ce genre de connerie…

  • delphy

    Oui Décroissance est un mot qui “boxe”, et dans la culture “libérale” actuelle, qui peut meurtrir beaucoup d’esprits.
    Le truc le plus hallucinant que j’ai entendu ce matin a été, pour moi, “Le nucléaire, il y a 100 ans de réserves d’uranium à technologie constante. Mais la technologie qui est en train d’être préparée transformera ces 100 ans en 2000 ans.” … Pin Pon Pin Pon!

    Sur ton billet d’hier ce qui me gêne, c’est de cataloguer les secteurs qui seront (peut-être) en décroissance et ceux qui seront (peut-être) en croissance. Pour moi dresser ce genre de bilan (même si j’y décèle une certaine ironie), c’est précisément ne pas sortir de la société actuelle où le profit commande tout et essayer de rassurer la populace (du style; regardez, aucune de nos valeurs n’est perdue!).
    C’est vraiment un changement radical de société qu’il faut, changement que tu esquisses dans le chapitre qui décrit tout ce que le modem refuse!

    Pour ce qui est de la taxe carbone, quand il s’agit de taxer les tomates (ou autres produits) qui viennent de chine (ou d’ailleurs), d’accord! Même sur le principe pas d’objection!
    Mais lorsqu’il s’agit de dire, on va dissuader les gens de prendre leur voiture en mettant en place une taxe, sachant que ces gens (je ne parle certainement pas des parisiens) n’ont de toute façon aucun moyen de transport alternatif, et que l’on a pas même imaginé de mettre en place ces moyens de transports alternatifs, désolé pas d’accord!
    On met en place tout ce qu’il faut pour que les gens puissent se déplacer en transport en commun, après on les taxes s’ils refusent de les utiliser, mais où il n’y a aucun moyen alternatif, pas de taxe!!
    De la même façon si vous cuisinez avec du gaz, taxé! Si vous cuisinez en utilisant l’électricité (C’est vrai 2000 ans de réserve!) pas de problème!
    Tout ceci me parait vraiment trop facile!!!

  • Bon c’est vrai que le mot “décroissance” peut être interprété de manière péjorative, voire négative. En sous entendant que la décroissance n’est que le contraire de la croissance, il est normal que certains comprennent qu’il signifie moins de biens, moins de loisirs, moins de tout ce que nous possédons et donc un évident retour en arrière en terme de qualité de vie. Le mot peut faire peur: les décroissants veulent nous priver de nos jouets, arrêter le progrès se remettre à chasser à la lance pour trouver de quoi manger et s’habiller”… Il inspire également une chute vers le toujours moins, ça peut décourager…

    Hors si évidemment il n’en est rien et qu’au contraire comme le dit delphy la décroissance suppose un changement de société radical, celui-ci doit être vu comme stimulant, puisque les valeurs véhiculées par cet idéal n’ont rien de rétrogrades, mais au contraire modernes et basées sur l’avenir: utiliser les ressources intellectuelles et matérielles pour du mieux et non pas du plus. (Plus qui tend de toute manière vers un infini difficilement conciliable avec le caractère sphérique notre planète).

    Alors si le terme n’est pas en adéquation avec l’idée, quel mot utiliser? On pourrait partir vers la Biolosophie ou l’Ecolosophie :-) . Non monsieur je ne suis pas décroissant, je suis écolosophe! Un peu ridicule. Quoi d’autre pour susciter le plaisir de vivre plus lentement… mon imagination décroît sévèrement. Quelles sont vos propositions?

  • chalonnais

    Ôte moi d’un doute, Super, n’ai-je pas entendu que Paul Ariès était l’invité d’Inter la semaine prochaine, de 10 à 11 ?
    J’ai entendu ça rapidos hier en revenant d’une activité éminemment décroissante (donner mon plasma !)

  • @chalonnais Peut-être jeudi dans “Sévice public” où il sera question de critique de la société de con-sommation http://sites.radiofrance.fr/franceinter/radio/prog/index.php?time=1252533600
    Mais ce serait surprenant car Ariès est déjà passé dans cette émission il n’y a pas si longtemps et La Décroissance n’en garde pas un bon souvenir…

  • chalonnais

    @Jeddo
    Il vaut mieux un partenarait avec “Alternatives Economiques” qu’avec “Les Echos” !

  • CptBeaujol

    Mon bon SuperNo,

    Je vois que tu es rentré de vacances en pleine forme. Cette croissance est devenue religieuse, un dogme auquel il faut croire sous peine d’excommuniction et de crémation en place public. J’ai testé le mot cet été lors de débats vespéraux noyés dans le rosé provencal…

    Ouh là là!!! qu’est-ce que j’avais pas dit là… Oser dire qu’une croissance infinie dans un monde fini est une absurdité technologique et philosophique, c’est encourir les foudres et la Sainte Colère de tout un chacun. Pourtant, bord d’aile de merle, c’est quand même pas difficile à comprendre que si 20% de l’humanité consomment 80% des ressources, on va droit dans le mur!

    Allez, pour finir une séquence rétro  : Ecoutez le sketch de Patrick Font en 1978 “Le ministre de l’Agriculture”. Comme quoi la décroissance, les anciens combattants de l’écologie naissante en parlaient déjà, avec les mêmes réponses aux mêmes questions!!!

  • @Delphy: 100% d’accord avec toi quand tu dis :

    “On met en place tout ce qu’il faut
    pour que les gens puissent se déplacer
    en transport en commun, après on les
    taxes s’ils refusent de les utiliser,
    mais où il n’y a aucun moyen
    alternatif, pas de taxe!”

    Je suis atterré par le niveau lamentable des transports en commun en France. Par exemple, la ville de Fougère (35) n’a pas de gare, malgré les 40’000 habitants de son aire urbaine !!!

    J’habite en Suisse, dans un gros village de 3000 habitants. Le village dispose de 4 gares ! Un train par heure pour la ville. Dans cette ville de 8000 habitants, un train par demi-heure dans les 2 directions.

    La Suisse est certes un pays riche, mais la qualité des transports en commun résulte surtout d’un choix politique et social. Et ça marche:

    “Il ressort (…)que la Suisse figure largement en tête du peloton mondial avec 93,8 trains en moyenne journalière par ligne et qu’elle est suivie à bonne distance par le Japon, (75,3 trains), et par les Pays-Bas (71,0 trains) et le Danemark (55,8 trains)(…).
    Les chemins de fer suisses figurent également en tête du classement européen s’agissant du nombre de déplacements en train par habitant et par année et même en tête du classement mondial quant au nombre de kilomètres parcourus par habitant et par année sur le réseau ferré.”

    (source: http://www.verkehrsforum.ch/index_print.php?pagename=Un_train_toutes_les_12_minutes)

    En clair: culpabiliser les gens quand il n’y a pas d’infrastructure disponible est largement improductif.

    • Non

      Ou pas.
      S’il n’y a pas de TC c’est la conséquence d’un choix politique lui même issu pour partie d’une volonté de la population. Quand aux TC faut pas se faire d’illusion la petite bourgeoisie qui a son pavillon dans un lotissement (et qui est celle qui raquera le plus au sujet de la taxe carbone et pas le pauvre en hlm sans tuture) n’aura pas un tram au pas de sa porte et les TC seront plus long de porte à porte que sa voiture d’ou le risque de plus pouvoir habiter dans son rêve de pseudo campagne. Ce qui implique in fine la fin de l’étalement urbain.
      Tiens une idée ! Une taxe (encore dirons les libéraux ! ) étallement urbain soumise aux collectivités locales pour tout étalement plus rapide en surface que sa population, indispensable complément à la taxe carbone.

    • Je suis originaire de Fougères … il y a 20 ans il existait une gare aujourd’hui à sa place un “complexe cinématographique”
      Fougères est un cas parmis d’autres ou la politique de la rentabilité à pris le dessus … aujourd’hui on le paye et encore plus dans l’avenir. Pour se rendre compte des dégats on peut consulter le site de la vie du rail (http://www.laviedurail.com) et regarder les cartes des réseaux férrés au début du siècle dernier.

      • Non

        Sauf que c’est bien gentil mais qui va au multiplex ? Les middle class … Pourquoi les multiplex s’installent en lointaine banlieue ? Par ce que les middle class s’y installent… Etc etc
        Sans parler des problèmes de rentabilité des trains suite à l’achat d’une 2cv par …. des middle class

        C’est toujours plus facile de se dédouaner et tout mettre sur le dos des méchants industriels.

        • oui et ?

          Je ne suis pas concerné je ne vais pas au multiplex et je n’ai plus de voiture … et pourtant je suis de la “middle class”.
          Je ne vois pas ou j’ai parlé des industriels ? C’est bien plus le fait des décisions politiques. Même s’il s’agit d’une “entreprise publique” (SNCF) du moins à l’époque.

  • Tiens, tiens… comme c’est curieux. L’ami Daniel Cohen était aussi l’invité, ce midi sur France Culture, de… tadam… Jean-Marie Colombani.
    http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/rumeur/fiche.php?diffusion_id=76589

  • Paul B.

    Pour être plus objectif, il faudrait rappeler que l’arrêt de SuperPhénix a été avant tout coup politique de Jospin pour s’allier les Verts. Certes, des milliards y ont été investis, mais c’est bien le principe de la recherche et le fermer a été plutot un mauvais calcul vu qu’on reparle de cette technologie pour la 4eme génération de réacteur et que du coup, on a perdu 10 ans …

  • François

    La décroissance ….ne pensez vous pas, très prosaïquement, que de plus en plus de gens y viendront , bon gré mal gré, contraints qu’ils seront de moins consommer suite au plan social qu’ils auront subi, au contrat préaire que dans le meilleur des cas ils auront retrouvé, à la baisse continuelle de leur pouvoir d’achat en dépit des dénégations des organismes officiels ? Point de révélation idéologique là dedans, point de prise de conscience de la vacuité de la consommation effrénée, point de remise en question de l’absurdité de se suréquiper en biens inutiles, point de rejet subit d’un système qui fait croire en des chimères : non , la triste et stricte confrontation à la réalité d’une paupérisation généralisée.

    Les choses vont se réguler d’elles même, hélas… il eut été préférable que l’infléchissement de comportement résulte d’une réflexion profonde, il ne sera acquis que par la force des choses.

  • jameswest

    Pff encore un allumé comme toi de la décroissance SuperNo, ils les invitent même au medef maintenant, il est pas mal cet Yves Cochet finalement ;-)
    http://latelelibre.fr/#comment-146636

  • Anarchoide

    Salut à toi SuperNo, salut à toutes et à tous !

    Bon, tu sais ce que je pense des théoriciens en général, et celui-ci me paraît aussi creux que ses semblables passés, présents et à venir. Tu sais aussi ce que je pense du réalisme décroissant : les pauvres qui en tâtent déjà par la force des choses seront les premiers à en essuyer les plâtres. Pour eux, ça se soldera par un passage de la pauvreté à la misère, un retour aux bidonvilles, si tu préfères. Le pauvre, qu’il le veuille ou non, vit de l’illusion néolibérale de croissance infinie en ce qu’il en est un produit dérivé. Le pauvre est la conséquence logique du capitalisme. Le pauvre est l’enjeu en creux, le contre-exemple instrumentalisé par la peste libérale. C’est pour ça qu’elle l’entretient. Il lui est aussi utile que Madonna ou Will Smith dans le rôle du modèle à suivre.

    Le pauvre, prototype involontaire du réalisme décroissant. Eh oui. Il a peu, il n’aura plus rien. Il devra se priver du presque rien qui lui donne la capacité de surnager. Par exemple sa vieille caisse qu’il ne pourra plus utiliser, qui lui sert à se déplacer histoire de mener un semblant de vie sociale, retrouver de temps en temps sa famille, ses amis, voir du pays, je ne dis plus chercher du travail. Ou sa Mobylette, sa petite moto, disons. A pinces, un pauvre ça ne va pas bien loin. Les transports en commun ? Une question de timing, surtout dans certains quartiers… pauvres. Et dans les campagnes où les loyers sont encore abordables.

    Ah oui, il y a la solidarité, ça, le pauvre sait pouvoir y compter. Passe quelque temps, SuperNo, en compagnie des zonards, des clochards, des SDF, des Gitans, des gosses des quartiers, des barakis des HLM pourris. Ils te fourniront des démonstrations éloquentes de ce que peut être la solidarité entre miséreux : c’est au surin qu’elle s’opère, cette solidarité, au cador lancé aux trousses de celui qu’on aura surpris en train de fomenter un coup tordu, c’est à la balance qu’elle se pèse, au règlement de compte à l’abri des regards.

    Et pour les moins pauvres, ce sera quoi ? L’associatif ? Encore ? Le carburant des bons sentiments ? Le travail fourni et payé au Dieu-vous-bénisse ?
    Ce sera le black pour les petits malins, coco, et le bénévolat pour les couillons et ceux qui s’emmerdent chez eux. C’est déjà comme ça que ça se passe. J’en sais quelque chose, je tâte des deux. En free-lance. Car il y a des lustres que j’ai pigé ce qu’il en est des assos’ sans but lucratif avoué.

    En temps de paix relative, il faut avoir atteint un degré de civilisation dont nous sommes très loin, pour que se fasse jour en chacun la nécessité d’être solidaires. Il faut aussi que ces solidarités soient agies par un but commun, une cohésion, des nécessités plus élevées que celle de seulement survivre au quotidien.

    Bon, c’est fou ce que je suis long. Mais ta naïveté m’afflige quelquefois, SuperNo. Je crois que tu manques d’une expérience de terrain. Mais je ne te la souhaite pas. Franchement !

    • Le pauvre, prototype involontaire du réalisme décroissant. Eh oui. Il a peu, il n’aura plus rien. Il devra se priver du presque rien qui lui donne la capacité de surnager.

      A côté de la plaque ! Tous les théoriciens de la décroissance te confirmeront que la décroissance ne concerne pas les pauvres (pas plus que les biafrais ou les bangladeshi). Mieux, la décroissance prône la solidarité (ben oui, quoi ?) et un partage plus équitable des richesses.

      Les pauvres sont victimes de la croissance (ou de la récession associée) pas de la décroissance.

      Mais ta naïveté m’afflige quelquefois,
      SuperNo.

      Moi, ce sont des relents populistes qui émanent de ta prose, par ailleurs fort bien troussée !

      Je crois que tu manques d’une

      expérience de terrain. Mais je ne te
      la souhaite pas. Franchement !

      Pourtant, mon patron s’y emploie :roll:
      Faudrait tout de même que tu arrêtes de croire que je ne fréquente que des gens qui pètent dans la soie ! Mon père vivait avec une pension minable, ma mère ne travaillait pas et se retrouve au minimum vieillesse… Je pense avoir une idée plus précise de ce qu’est la pauvreté qu’un militant UMP moyen :roll:

      Au risque de me répéter, tout le monde devrait accéder au minimum décent du XXIème siècle : de quoi se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner, s’éduquer, se cultiver. Avec ou sans travail. Je ne vois pas en quoi ce serait contraire la théorie de la décroissance.

  • miha

    mais, Anarchoïde (bisous), ce que tu décris, ce n’est pas la décroissance, c’est le résultat de la croissance.
    C’est elle qui creuse les inégalités.

    La décroissance choisie, c’est à dire autre chose que la récession subie, profite d’abord aux pauvres par une meilleure répartition et moins de gaspillage de la part des moyens et des nantis.

    une petite remarque concernant la taxe carbone : où est lz cohérence des politiques qui veulent la mettre en place tout en continuant à distribuer des primes à la casse pour acheter des voitures fonctionnant encore au pétrole ?
    L’argent dépensé là ne serait-il pas plus intelligent de l’employer à améliorer les transports en commun, aider les industries automobiles à se convertir dans d’autres domaines ?

  • Anarchoide

    Mais, Miha (bisous), pour qu’il y ait une décroissance choisie, il faut que cela résulte d’un choix collectif qui lui même agira une volonté politique, autrement dit que des gens soient élus par le peuple sur un programme fondé sur “plus de répartition et moins de gaspillage de la part des moyens et des nantis”, comme tu dis.

    Navré, mais je n’ai ni la foi du charbonnier ni celle du journaliste. Je ne crois qu’en ce que je vois. La vox populi est bien la dernière chose en laquelle j’aie quelque confiance en tant que vecteur d’évolution positive de nos sociétés.

    Mais peut-être fais-tu allusion à cette créature éthérée qui serait le Nouvel Homme dont parlait Nietzsche ? Pardon de te contredire, mais tant du côté de l’élu que de celui de l’électeur, nous en sommes encore, par les temps qui courent, au stade du Cro-Magnon.

    • miha

      ;-) j’aime bien les bisous.

      pour l’instant, la décroissance choisie ne concerne que quelques citoyens conscients qu’elle est devenue indispensable.
      Bien sûr, il ne faut compter sur AUCUN homme politique pour le faire ; ce n’est pas dans leur intérêt, ni dans celui des lobbys dont ils sont les vassals.
      Ceux-là sont près à tuer père et mère pour continuer leurs méfaits qui leur apportent soit le fric, soit le pouvoir ou les deux… alors, la planète, le peuple, ils s’n fichent comme de leur première couche.

      Seulement voilà, les citoyens choisissant la décroissance sont de plus en plus nombreux et c’est pour cela que le mot “décroissance” est de plus en plus prononcé.
      la suite et le danger, et il nous faudra être vigilants, c’est que la décroissance peut devenir un argument électoral et sera alors aussi dénaturé que ne l’est l’écologie actuellement.
      Tu sais, les écologistes dont on se moquait tant dans les années 70 ?

      comme disait je ne sais plus qui :
      “je suis optimiste car il est évident que ce monde s’écroule.
      je suis pessimiste car il veut nous entraîner dans sa chute.”
      (à peu près)

      à nous d’anticiper, de réagir, de se défendre, même passivement.

      oh ! cliquez sur coeur !!! vi, bien volontiers.

      • Anarchoide

        J’aime bien les bisous aussi !

        Bon, Miha, j’ai parfaitement compris les principes défendus ici, d’autant que comme j’ai pu l’écrire par ailleurs, ils ne sont pas tout neufs : c’est de l’idéologie baba-cool revisitée, les divagations spirituelles en moins.

        J’étais gamin dans les années soixante-dix, j’ai côtoyé des hippies dans le sud et à Amsterdam, j’ai eu beaucoup de copains babas par la suite, j’en ai encore quelques-uns qui ont allègrement franchi le cap des soixante-dix balais, avec qui je vais de temps en temps me baigner à poil dans le lac d’Esparron, pas très loin d’ici. Tous étaient “dans ce trip” du “moins de biens, plus de liens” au travers du nomadisme, du retour à la nature, de pratiques de récupe, du naturisme, d’une opposition au travail et à la société de consommation, bref ! à ce qu’ils qualifiaient de valeurs bourgeoises.

        Cette philosophie, pourquoi avait-elle si bien pris ? Pourquoi tant de gens y ont-ils adhéré à la suite des précurseurs de la beat generation ? Alors que ne s’entrechoquaient pas au-dessus de leurs têtes les épées de Damoclès que nous nous essoufflons ici à dénoncer ?

        Hé bien parce que cette philosophie à laquelle tant avaient adhéré, elle se parait d’un zeste de folie, d’un soupçon de fantaisie, du savant cocktail de délire et d’enthousiasme qui manque tragiquement à ce que j’ai envie d’appeler le réalisme décroissant. Surtout, il rejetait le système en place en ne s’embarrassant pas des culpabilités générées par ce système, vois-tu ? Nos hippies se foutaient éperdument de ce que des gars de leur âge étaient en train de se faire mettre en pièce au Viêt-Nam, et que d’autres trimaient à la chaîne, sous le régime des 3/8, à l’Usine Renault de Boulogne-Billancourt, dans les Mines du Pas-de-Calais ou aux Manufactures d’Armes et Cycles de Saint-Etienne. Ils vivaient la vie qu’ils pensaient avoir choisie, point barre.

        Le réalisme décroissant voudrait nous faire endosser la culpabilité de l’exploitation éhontée des travailleurs et des enfants en Chine et dans les pays du Tiers-Monde, et par là des mécanismes de la précarisation et du chômage qui en résultent. Comme si toi ou moi étions pour quelque chose dans la mise en place d’une économie mondialisée. Si j’achète des tee-shirts à deux balles venus de Chine, c’est que mes moyens ne me permettent pas d’acheter des tee-shirts encore fabriqués en France. Si mon ordi vient de Corée, cela s’explique peut-être aussi par l’incapacité de notre industrie à fabriquer du hi-tech comme eux savent le faire. En fait, toutes ces choses nous échappent un peu, et sur la même ligne critique, je me pose la question de savoir si le fait de nous imposer à nous une taxe carbone dont on nous dit qu’elle va aller en augmentant d’année en année, va changer quelque chose au comportement de monsieur X… de Kuala-Lumpur ou de Mme Y… de Van Nuys, Californie, et de Mr et Mme Z… de New Delhi, qui empruntent leur bagnole chaque jour pour parcourir la distance qui les sépare de leur lieu de travail. Cette nouvelle coupe sombre dans notre budget ne changera rien non plus aux habitudes des organisateurs de courses automobiles, ni à celles des politicards de la planète entière et encore moins à celles de leurs bons copains de la jet-set. Eux continueront à vivre sur le même pied pendant que nous nous serrerons davantage la ceinture moyennant les mêmes obligations et les mêmes nécessités.

        En quoi devrions-nous nous habituer à moins alors que d’autres ne se priveraient pas mener l’existence dispendieuse et polluante que leur autorise leur statut social ?
        D’autant que si je passe la frontière, plus de taxe carbone.

        Saisis-tu mon point de vue ?

        Le réalisme décroissant est promis, à mon sens, au même destin que la Révolution prônée par feue l’extrême-gauche: du débat, de la palabre, peut-être de la matière à récupe si l’idée rencontre un certain succès. L’écologie est en train de vivre ce destin : on voit ce que ça peut donner une idée de départ qui devient une part de marché politicienne.

        Le réalisme décroissant, si on veut en faire quelque chose, il n’y a qu’un seul moyen : l’illustration par l’exemple positif. Ce que n’ont jamais été foutus de faire les défenseurs des idées d’extrême-gauche, voilà pourquoi ils en sont toujours au stade de la palabre, depuis le temps, voilà pourquoi on se fout d’eux. L’illustration par l’exemple positif, ça passerait par exemple par la création de coopératives agricoles auto-suffisantes…

        Mais voilà, on va se heurter comme toujours à la barrière du pognon. Il en faudra pour acheter des plaques solaires, des pompes et des filtres pour l’eau courante, et pour rétribuer les gens à hauteur du boulot qu’ils fourniront. Il en faudra pour les vétos lorsque les bourrins tomberont malade. Il en faudra pour payer les charges et les taxes, il en faudra pour régaler l’Urssaf.

        A moins de s’implanter… en Asie ?

        Tu vois que ce n’est pas gagné. Et tu comprends peut-être pourquoi je suis sceptique !

        • miha

          mais oui, Anarchoïde, je comprends ton scepticisme.
          Je suis suffisamment souvent découragée pour le comprendre.

          cependant…

          Imagine que nous sommes avant 1789.
          On rêve que la France ne soit plus une monarchie.
          On a beaucoup, beaucoup de mal à le concevoir.
          On ne voit pas trop comment ça pourrait fonctionner ensuite.
          Et toi, tu es sceptique, tu penses à la civilisation grecque qui a disparu depuis belle lurrette.
          Moi, qui suis moins cultivée que toi, donc “toute neuve” je te dis “mais si.. mais si!!!”.

          et, quelques années plus tard….
          Hé, l’ami ! Dans mes bras ! et dansons la carmagnole. ;-)

          on ne doit pas désespérer de l’humain tant que des êtres humains comme toi existent, ou comme SuperNo, ou comme la plupart de ceux qui fréquentent ce blog.
          Nous ne sommes pas extraordinaires, nous ne sommes pas exceptionnels, nous sommes… des gens.
          Il y en a plein comme nous.

          Nous ne sommes pas comme les hippies que tu décris, nous ne voulons pas vivre dans notre coin comme nous l’entendons en disant merde au reste du monde.
          Justement non.
          Je pleure qur les enfants qui meurent de faim quotidiennement dans ce monde de croissance, je pleure sur les populations qui subissent des guerres, des attentats dans ce monde de marchand d’armes, je pleure sur les maltraités, les méprisés, les humiliés, les dédaignés dans ce monde où le fric est plus important que l’humain, je pleure sur les animaux qui disparaissent dans ce monde que les êtres humains croient être leur propriété.
          Sans ces souffrances que je porte en moi, moi, je suis bien. Ne changez rien pour moi. Je touche chaque mois le montant à trois chiffres de ma retraite. Je vis dans un petit appartement plutôt agréable, je mange à ma faim, j’ai de quoi m’habiller. Je suis bien.
          Mais je me débats, je débats car je pense que la décroissance est une solution pour aller vers le mieux, même si c’est encore vague dans mon esprit.
          L’humain et la nature (ou inversement) AVANT le fric.

          Et toi, Anarchoïde, tu me comprends ?

          oh ! cliquez sur coeur !!!

          • Anarchoide

            Je ne crois pas que la révolte et/ou l’idéalisme de quelques-uns puissent suffire à changer quoi que ce soit à l’ordre du monde.

            Lorsque se lève une insurrection, ce n’est pas au départ en vertu d’une idéologie dont on veut qu’elle supplante celle qui est en place. Le peuple se lève, le peuple veut en découdre quand l’oppression atteint les limites du supportable, quand il a faim et soif, quand un péril vital le menace et que la mise à mal du pouvoir en place annihilera ce péril.

            L’idéologie vient ensuite. L’idéologie s’impose quand entrent en scène ceux qui vont tirer les marrons du feu, ceux que le peuple aura reconnus comme leurs leaders, meneurs des débuts ou grandes gueules de l’arrière-garde. Qu’importe ! On sait ce qu’il advient des révolutions ! L’oppression cède le pas un temps plus au moins long aux grandes professions de foi et à tous les “plus jamais ça”, autant de poudre jetée aux yeux des générations à venir. Puis subrepticement, à pas de loup, l’oppression reparaît. Elle a changé d’oripeaux, son langage s’est adapté aux circonstances, de même que ses manières. Les mécanismes de la restauration des pouvoirs déchus se mettent doucement en place. Le peuple, évidemment, n’y voit que du feu. Il a obtenu le pain qu’il a réclamé, on lui consent des jeux pour le distraire, on lui a donné un drapeau et une idole à adorer en lieu et place d’un blason et d’un roi, il chante la Carmagnole comme il chantera plus tard l’Internationale, cependant qu’à l’abri des palais restés debout se redistribuent les cartes…

            On l’a vu il y a une dizaine d’années en Argentine, où à l’issue d’une crise de société assez comparable à celle que nous vivons, un pouvoir a été mis à mal et des comptes se sont réglés à l’arme à feu, dans la rue. Que devient l’Argentine, depuis ? On l’a vu il y a vingt ans avec la chute du Mur de Berlin. On a vu en faveur de qui les cartes se sont redistribuées à Gdansk, à Sarajevo, à Bucarest. On parlait d’espoir à l’époque. On a parlé ensuite des filles de l’Est.

            Les horreurs que tu décris, je ne veux pas en endosser la culpabilité. Ce monde où le fric est plus important que l’humain, c’est la démocratie qui l’a fabriqué, c’est la vox populi qui l’a mis en place, et c’est par la vox populi qu’il poursuit et aggrave ses méfaits, à l’endroit de nos semblables et au détriment de leur environnement. Je ne pleure sur rien, je refuse de souffrir pour autrui, désolé Miha. Dès que je le peux, à chaque fois que c’est possible, nous nous éloignons ma compagne et moi là où il n’y a personne, et nous admirons la Nature sans l’Homme, là où l’Homme n’a plus sa place puisqu’il a choisi massivement de s’en exclure.

            Je sais comme tout un chacun - à cette différence que j’accepte cette idée depuis que j’en ai conscience - que je peux disparaître d’un instant à l’autre. N’être plus. Rien n’est plus ténu que ce qu’on appelle la vie. Rien n’est plus illusoire que ce qu’on appelle l’existence. Une vie humaine pèse autant que celle de la fourmi que l’on écrase par inadvertance. Tu sais comment on comprend cette chose que d’aucuns jugeront horrible ?

            Eh bien tout simplement par la fréquentation des ruines isolées, où tu t’aperçois soudain que tu parcours ce qui a été un cimetière lorsque tu vois que la racine sur quoi tu as buté était un tibia, et qu’un peu plus loin, c’est un fragment de crâne que tu distingues sous les feuilles mortes. C’est là que tu en viens à comprendre certaines choses sur le sens de la vie.

  • 731335

    Bravo SuperNo (comme d’hab) et bonjour à tous. Je suis un fidèle lecteur mais c’est mon premier commentaire. Etant chercheur en sciences, je me dois de signaler:

    Colombani a peut-être raison, d’ici 100 ou 200 ans, la science aura (enfin, peut-être) trouvé des solutions à quelques uns de nos problèmes actuels.

    Mais si la science continue à son rythme, d’ici 100 ou 200 ans, elle aura inventé plein de nouvelles choses avec tout un tas de conséquences imprévues :O) (cf Ellul) donc mieux vaut résoudre les problèmes actuels le plus tôt possible (ou mieux ne pas les créer..).

  • delphy

    je viens de tomber sur une émission d’A2, où une secrétaire générale des verts est en train de s’exprimer.
    Ben pas demain la veille que je (re)vote pour les verts!!
    (de toute façon elle est bien partie pour finir secrétaire d’état à …)
    Déjà cohn bendit..

  • Anarchoide

    PARENTHESE : Il semble que le blog d’OLIVIER BONNET, “Plume de Presse”, ne soit plus accessible. La censure aurait-elle frappé ?

    • jameswest

      @ Anarchoide
      Dans un de ses derniers commentaires, sur son dernier billet, Olivier Bonnet disait qu’il changerait de webmaster prochainement, je n’y connais rien dans la technique liée au web ou à la toile(pour faire plaisir à Touchatout), cela vient peut-être de là ; il est vrai que cela fait 2 jours que l’on ne peut plus accéder à son site.

  • La décroissance c’est très bien, tant qu’on a du confort, des écrans plats, des frigos remplis, de l’argent sur la CB et 50m² à la butte aux cailles.

    • miha

      La décroissance, c’est avoir le plaisir de mettre un bon pull plutôt que monter le chauffage.
      La décroissance, c’est se rendre compte qu’on a pas besoin d’un écran plat tant que celui qu’on a fonctionne.
      La décroissance, c’est remplir son garde-manger de produits locaux, bio et de saison.
      La décroissance, c’est se délivrer le plus possible de la dictature de l’argent.
      La décroissace, c’est vivre dans un endroit où on se sent bien, tout simplement et cimplement.

      La décroissance, c’est ressentir un sentiment de libération par rapport à son ancienne façon de vivre.

  • chalonnais

    @Anarchoide et aux autres.
    Olivier B. est vivant, et son blog disponible.
    J’avais, perso, eu le même problème la semaine passée avec celui de Super!

    @Super: tu m’inquiètes, l’ami: Pour cliquer sur ‘hommes’, la bouille de Xavier B. et celle de Philippe de V. Pas très très à gauche de la gauche tout ça.

  • Il y a une idée encore plus taboue que la décroissance : c’est la décroissance démographique. C’est tellement tabou que le seul que j’aie jamais entendu évoquer la chose est Yves Cochet. Pourtant c’est une notion qui serait au moins aussi pertinente que la décroissance économique.

    • miha

      oui, je pense comme toi.

      Mais on se fait très vite soupçonné de facisme.

      Je voudrais, par exemple, qu’on se rende compte combien c’est inconscient et égoïste de se vanter, en France, d’être le pays où il y a le plus de natalité.

    • Anarchoide

      Aïe aïe aïe, mon bon Kilroy, la dénatalité : on est là dans cette part de lucidité qui heurte les bons sentiments dont se prévalent les braves gens. L’enfer est pavé des meilleures intentions, c’est bien connu, et l’humanisme fait partie de celles-ci. Prôner la dénatalité ? Quelle horreur ! Pourquoi pas le contrôle des naissances ? Les stérilisations de masse ?

      Pour le coup, ils nous feraient bien une révolution. Où ils nous brandiraient la Sainte Croix, le Coran et le Talmud, bref! toutes leurs bonnes raisons. Les athées compris. Eux, c’est l’humanisme, leur bonne raison.

  • speedy

    Le mote décroissance n’est pas très vendeur et il serait bon d’en changer et d’expliquer qu’il s’agit de transformer la société et de changer de mode de vie. Ça ne signifie pas forcément moins de confort par ailleurs, en tout cas pas systématiquement.

    L’explication selon laquelle les ressources sont finies doit être nuancée : ç’est vrai pour les énergies fossiles et certaines matières premières mais faux pour d’autres énergies (tant qu’il y aura un soleil et une lune, il y a aura, des photons, du vent et des marées). Ça ne veut pas dire qu’on peut les utiliser de la même façon que les énergies fossiles et qu’il ne faille pas recycler et retraiter certaines matières.

    Sur les tee-shirts à 2 euros et la mondialisation, bien sûr que chacun a une responsabilité : à voter pour des gouvernements qui ont fait l’OMC et l’expansion de l’UE en autorisant le dumping social, il ne faut pas s’étonner que plus rien ne soit produit en France. Si les taxes douanières étaient basées sur les différentiels de coût de main d’oeuvre, les t-shirts chinois ne seraient pas aussi compétitifs et inversement, les FR le seraient. CQFD.

    Néanmoins, je ne pense pas qu’il y ait un quelconque changement en France tant que les lobbies automobiles, bancaires : qui créent de la valeur fictive, de la spéculation quoi) et de l’énergie seront au pouvoir.

    • miha

      ben, Speddy, peut-être que nous devrons nous habituer à ce qui n’est pas trop vendeur, justement.
      Mais plutôt à ce qui est intelligent de faire.

    • Anarchoide

      Tu as raison. Du point de vue du marketing, “Nouvel Age” vendrait mieux. Malheureusement c’est déjà pris. Décroissance ça sent un peu la nanification, l’austérité, la régression.

      Je propose Anarchie. Le mot a beaucoup servi mais les idées qu’il recouvre ont été peu appliquées.

      Ah mais j’oubliais… Ce n’est pas très démocratique, ce n’est même pas démocratique du tout, l’anarchie, en ce sens que nier le pouvoir c’est nier indirectement ceux qui portent des gens au pouvoir.

      C’est décidément pas gagné.

      • miha

        ouais ! moi aussi, je proposerai bien “anarchie” !

        La vraie, hein ?

        Pas celle qu’on nous présente pour nous faire peur.

        D’ailleurs, entre décroissance et anarchie…. quel est le mot qui gêne le plus ?

  • wuwei

    @Kilroy

    Notre planète peut faire vivre ses 6,5 milliards d’habitants actuels et plus encore puisque des études ont prouvé qu’elle pourrait en nourrir 12 milliards (sans OGM et sans agro-businness). D’autant que l’on sait que cette population va irrémédiablement décroître dans une cinquantaine d’années. Par contre il est certain que la terre ne pourra pas supporter 12 milliards d’habitants avec notre mode de vie occidental. Le seul véritable problème est là et pas dans la phobie d’une surpopulation que les néo-malthusien brandissent dès qu’ils le peuvent. De plus derrière certains des tenants du danger de la surpopulation se cachent des idées nauséabondes qui rappellent les pires heures de l’humanité à savoir la régulation par l’élimination des plus faibles, des malades, des inutiles, etc…De plus je n’ai jamais entendu dire par ceux qui défendent cette cause: pour le bien de l’humanité je vais me suicider et alléger ainsi d’autant le fardeau de la population mondiale.
    Il n’y a pas d trop d’habitants sur terre, il y a seulement trop de pauvres. Alors comme disait Gandhi il faudra nous apprendre à “vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre”.

    Pour ceux qui n’auraient pas encore vu la version complète de Food Inc (les “alimenteurs” en version française) de Robert Kenner en voici un petit aperçu (en anglais).

    http://www.youtube.com/watch?v=5eKYyD14d_0

    • miha

      pardon, wuwei, mais merde.

      c’est vrai quoi, à la fin…

      12 milliards ?
      d’abord, je ne pense pas que ce soit viable, malgré les déclarations des experts dont je me méfie encore plus que de la peste.

      Ensuite, 12 milliards, c’est quasiment demain.

      On fait quoi après-demain ?

      on tue tout ce qui fait dépasser les 12 milliards ?

      Encore un problème qu’on va laisser en héritage à nos descendants !

      peut-être qu’il est préférable de freiner la natalité maintenant, non ?
      et puis aussi, on en profite pour arrêter les traitements contre la fertilité qui peut donner jusqu’à 7 naissances d’un coup, les femmes à qui on permet d’avoir un bébé après 60 ans, les banques de sperme, les mères porteuses, les bébés éprouvette, etc….

      Dans 50 ans, la natalité va se réduire d’elle-même ?
      Vraiment ?

      avec ces “progrès” de la médecine ?

      • wuwei

        pardon, wuwei, mais merde.

        Je t’en prie. Juste un peu de nervosité sans doute.

        experts dont je me méfie encore plus que de la peste.

        Ce sont aussi des experts qui prétendent que la croissance de la population est un risque.

        Ensuite, 12 milliards, c’est quasiment demain.

        Pas tout à fait quand même, pas avant au moins 50 ans. Mais bon la relativité du temps…

        peut-être qu’il est préférable de freiner la natalité maintenant, non ?

        De qui et comment ? Il n’est qu’à voir ce qu’à produit en Chine la politique de l’enfant unique : élimination systématique des filles au profit des garçons. Résultat encourageant, non !
        La densité de population à Monaco est de 16235. Au Guyana elle est de 3,3. Cela ne semble poser aucun problèmes chez le Prince Albert, à contrario les conditions de vie à Georgetown sont plus que précaires. Est-ce par ce que les habitants du Guyana manque de place ? non, ils sont pauvres. Dans tous les pays où la population accède à une nourriture suffisante, à un système de santé efficace, et à l’éducation,la natalité baisse.

        Dans 50 ans, la natalité va se réduire d’elle-même ?
        Vraiment ?

        A coup sûr non, si la pauvreté n’est pas éradiquée. Or pour être éradiquée, il nous faudra changer notre mode de vie, ce qui nous fait revenir à l’objet de l’article du taulier. Je ne crois pas d’ailleurs que la décroissance suffira à nous tirer de l’impasse dans laquelle l’humanité se trouve et nous fera toucher le nirvana. Mais elle est certainement un passage obligatoire vers un monde vivable pour tous ses habitants.

        • Anarchoide

          Le prince Albert, il compte essentiellement des résidents secondaires parmi ses sujets. Je connais très bien la Principauté, j’y retourne quelquefois, ce n’est pas qu’un repaire de milliardaires et une machine à laver l’argent sale. Statistiquement, un tiers des citoyens monégasques sont propriétaires. Le gros de la population c’est… de la main d’oeuvre.

          L’exemple est donc mal choisi.

          On sait par contre que l’occident industrialisé est en train de prendre un sacré coup de vieux. Que les générations ont du mal à s’y renouveler, y compris en France malgré un taux de natalité cité en exemple (mais dis-moi ce que les Français ne citent pas en exemple, en parlant d’eux ?), ne parlons pas de l’Italie et de l’Allemagne où la situation devient alarmante, des Etats-Unis et du Canada qui, de leur propre aveu, vieillissent à un rythme échevelé.

          En fait, c’est le tiers et le quart-monde qui procrée toujours plus et encore. Chez nous, ce sont les pauvres qui font le plus de mômes. Ils se reproduisent à tire-larigot pour mettre du beurre dans les épinards et avec l’arrière-pensée de se servir de leur marmaille comme d’un bouclier humain au cas où ils risqueraient de se retrouver à la rue. Le tiers-monde se reproduit pour des questions essentiellement liées à l’ignorance et à la religion, deux facteurs connexes de surnatalité.

          Ici et là-bas, ils ne font que procréer de la pauvreté et de la misère. Le tiers-monde est une cause perdue pour tout le monde, surtout pour lui-même. Le quart-monde se perpétue de génération en génération dans les pays qui, comme le nôtre, n’ont qu’un passé et pas d’avenir, et où l’ascenseur social, par conséquent, et du domaine de la pièce de musée.

          Prôner la dénatalité ce n’est pas l’organiser. Seuls des barbares appartenant à une civilisation dégénérée comme le sont les Chinois peuvent envisager de le faire de manière autoritaire. Prôner la dénatalité sans pour autant donner l’exemple en se faisant sauter le caisson est un argument idiot.

          On peut par contre chercher à comprendre pourquoi nous sommes de plus en plus nombreux (et je me compte dans ce nombre) à refuser ou à avoir refusé de procréer. C’est une façon, aussi, de prôner la dénatalité. Au nom du non-sens qui agit nos sociétés. Du refus d’imposer ce non-sens à des gens qui n’auront rien demandé.

          • Anarchoide

            Je précise, à propos de Monaco : Le gros de la population c’est de la main d’oeuvre… résidant hors des limites de la Principauté.

  • Marti

    Bravo SuperNo pour cet article… Je lis régulièrement tes articles bien que je ne poste pas beaucoup.

    Je suis très content d’avoir découvert ton blog parce que celui ci m’a fait découvrir la décroissance à une époque où je commençais tout juste à m’intéresser à la politique. Cette idéologie m’a fait prendre conscience de la société dans laquelle nous vivons… Maintenant j’essaye de bien saisir les principes de la décroissance afin d’en faire “profiter” quelques connaissances (bien que l’article argumenté d’Anarchoïde me fasse douter de l’intérêt de la décroissance…).

    Et j’aimerais comprendre, quand tu dis que “Le monde de la croissance va se prendre en pleine face le mur de l’énergie” ? Pourrait tu expliquer et donner des exemples ?

    • Bienvenue, alors !

      Le “mur de l’énergie” est une question intéressante, qui mériterait un bon gros billet… Le principe est simple : il suffit de constater que la “croissance” se nourrit de l’énergie, et principalement du pétrole bon marché.
      Or l’ère du “pétrole bon marché” est finissante, son manque va non seulement empêcher la poursuite de la croissance, mais aussi toutes sortes de tentatives pour contourner le problème, qui nécessitent elles-même de l’énergie.
      Tu peux aller voir sur le forum oleocene.org, tous les rudiments y sont expliqués !

  • Michel

    Pas plus qu’elle n’exige une décroissance drastique de la population

    J’adore lire ça après tous ces bons conseils sur la finitude du monde et des ressources. Surtout parce que actuellement, avec les quelques 6 à 7 milliards d’individus de la planète, si la fraction la plus pauvre s’avisait (et avait les moyens) de consommer ne serait-ce que comme le moins consommateur des français, la croissance économique serait telle que tous ses records seraient pulvérisés et de loin.
    Même avec cette population, stable et pleine de bonne volonté, le pari n’est pas tenable. Alors que dire avec cette population dont la croissance et en plein explosion, dans le mur de l’exponentielle et qui se fout éperdument des raisonnements (pourtant justes) sur l’impossibilité d’une croissance infinie ?
    Personne ne parviendra à convaincre le moindre des français de réduire sa consommation sauf de façon cosmétique pour se donner une jolie image d’écolo jusqu’à ce qu’il y soit contraint par la force des choses. J’aimerais vraiment voir l’un de vous convaincre un gars qui crève la faim d’abandonner tous ses rêves de confort à l’occidentale…
    J’hésite entre rire et pleurer devant tant de pitoyable naïveté.

    • Freddi

      Et oui Michel c’est là le vrai problème :

      La décroissante imposée et subie ou la décroissance concertée et par conséquent réfléchie et appropriée.

      Tout laisse à croire que cela va être très très difficile d’aller vers la seconde option puisque l’idéologie des ressources infinies dans un monde “libéral” reste gravée dans les neurones de 99,9% de l’humanité.

      Nous ne sommes pas naïf mais faut bien commencer par informer pour que les esprits se réveillent.

      C’est pas gagné d’avance mais comme dit l’autre “il n’y a que les combats non faits qui sont perdus d’avance”

      En plus d’être un pessimiste (comme moi) seriez vous en plus un fataliste ?

      • Michel

        Ceux que tu essaies de convaincre ont quelque chose à céder et ils sont grandement minoritaires. Les autres, la grande majorité, seront plus difficile à convaincre de se laisser creuver dans leur coin en silence.
        Désolé si la réduction de la population humaine (l’arrêt de la pullulation humaine serait un début) est mal vue, c’est de toute façon ce qui se produira que vous le vouliez ou non. Et toutes vos belles idées sont bonnes pour la poubelles sans une maîtrise de la population.

        • Anarchoide

          Quelque part tu as raison, Michel. Une colossale guerre civile nous pend au nez, întra-européenne ou même intra-américaine, qui pourrait bien s’enchaîner sur un affrontement Nord-Sud. Ce qui résoudra indubitablement les problèmes de surpopulation.

          La décroissance s’imposera ensuite comme une évidence.

    • Personne ne parviendra à convaincre le moindre des français de réduire sa consommation sauf de façon cosmétique pour se donner une jolie image d’écolo jusqu’à ce qu’il y soit contraint par la force des choses

      Ca, j’en suis hélas persuadé !

      Par contre, gare au Malthusianisme ! Il ne passera pas par moi ! On peut simplement noter que la terre pourrait effectivement nourrir beaucoup plus de monde, et qu’ensuite la population peut se stabiliser rapidement, c’est d’ailleurs ce qui se passe dans tous les pays dits “développés”. Là non plus, la croissance infinie n’existe pas. Il n’y a qu’à espérer que la population se régulera d’elle-même, sans trop de guerres et de famines…

  • Michel

    On rêve que la France ne soit plus une monarchie.

    et, quelques années plus tard….
    Hé, l’ami ! Dans mes bras ! et dansons la carmagnole.

    Et quelques année plus tard, Louis XVI fait mine de bouseux à coté des fortunes qui dominent le monde. Mais la façon dont la richesse produite est massivement détournée, est moins simple à comprendre par le blaireau de base, moins directe. Donc il pense avoir amélioré son sort par un changement de système politique alors que seule l’augmentation prodigieuse de la productivité et le développement de la science en sont responsables et qu’il se trouve dans un système encore plus inique que ne l’était la monarchie. L’illusion du choix et le gavage médiatique pour faire passer la pilule en prime.
    On aurait presque envie de le supplier d’être moins stupide si ce n’était si absurdement inutile.

  • miha

    mais oui, mais oui, Michel, l’âge d’or est loin et ne sera même jamais présent. (ce qui n’est pas une raison pour tenter de s’en approcher le plus possible)

    je sais que la démocratie n’est qu’un leurre, je sais que nous sommes encore les dindons de la farce.

    et alors ?

    ce que je voulais démontrer, ce n’est pas que le changement de politique nous a rendu plus heureux, c’est que ce que l’on croit impossible arrive quand même.

    D’accord ? ou tu ne comprends pas ? ou il faut que j’explique autrement ?

    j’aurais pu dire aussi :

    Nous sommes à la fin du 18 ème siècle et on pense que tous les enfants doivent avoir droit à l’instruction.

    les sceptiques :

    “ah ! tu crois que les politiques vont s’emmerder à organiser cela ?”

    “Tu sais combien ça va coûter au pays ?”

    “Tu crois que c’est facile à organiser ?”

    “Bah ! le peuple se complaît dans sa crasse et son ignorance !”

    “Mais, les enfants de pauvres ne peuvent pas aller à l’école : ils doivent rapporter de l’argent pour faire vivre leurs familles. Entre la faim et l’instruction, le choix sera vite fait.”

    “Allons bon! Mais tu ne sais pas encore que les gueux sont des veaux ?”
    (citation qui sera reprise, un peu modifiée, par un personnage célèbre, un peu plus d’un siècle plus tard)

    voilà… et il y a eu Jules Ferry….

    je sais, nous sommes en 2009 et l’instruction accessible à tous, c’est largement compromis. Si tu me réponds ça, c’est que tu n’as toujours pas compris ce que je veux démontrer.

    oui, d’accord, c’est moi qui suis nulle, alors.

    • Anarchoide

      Pardon Miha, mais l’instruction reste accessible à tous… à l’école, au collège, au lycée, au-delà, dans les bibliothèques, les médiathèques, sur la Toile… gratuitement ou presque… à condition d’en vouloir, de l’instruction. L’Enseignement n’est pas en péril, il est aux mains de technocrates incompétents, ce n’est pas pareil. Le problème c’est que la connerie gagne du terrain, elle s’insinue par toutes les issues et on ne peut pas dire que la résistance s’organise. Le meilleur prof du monde a envie d’abdiquer face à une classe où la quasi totalité des élèves rejette l’orthographe pour lui préférer le dialecte SMS. Surtout quand chacun des éléments composant ladite classe se contente d’un vocabulaire d’une cinquantaine de mots dont une bonne moitié est puisée dans le jargon des rappers hardcore.

    • Michel

      Les époques se ressemblent parfois sur beaucoup de points mais elles sont semble t-il toujours radicalement différentes.
      Ce qui me marque à notre époque c’est l’incroyable pouvoir anesthésiant et abrutissant de la télévision. Télévision qui ne répond exclusivement qu’à des critères de profits. Profits gigantesques qui proviennent presque exclusivement de la publicité (lire à ce propos l’excellent livre de Noam Chomsky et Edward Herman “la fabrication du consentement”). D’autre part il y a les multinationales qui sont au-dessus, au-delà des états, insensibles aux politiques nationales.

      Ce que nous avons aujourd’hui sous les yeux c’est un problème radicalement nouveau auquel aucune autre génération n’a eu à faire face. Les vielles recettes se révèlerons sans doute inutiles, les vieux héros sont vains.

      Quel choix avons nous ? Le choix n’a de sens que si on peut le faire en connaissance de cause. La démocratie ne se définie pas seulement par la liberté de voter mais aussi par la possibilité d’accéder à une information objective qui permet d’orienter son choix. Ce devrait être la même chose pour la consommation.
      Mais notre monde manque totalement de transparence. Et c’est sur cette absence dramatique de transparence que prolifère les parasites qui contrôlent nos sociétés. Je suis donc sans doute trop découragé (et décourageant aussi) mais j’ai beau tourner le problème dans tous les sens je ne vois pas le début d’une issue. (Et je dois dire que vous ne me remontez vraiment pas le morale)

      • Anarchoide

        @ Michel :

        Déjà, éteindre sa télé est une bonne chose. Ne plus l’allumer ou, si on n’y arrive pas, ne le faire qu’avec parcimonie, est une meilleure chose. Conseiller les plus jeunes et son entourage dans ce sens ce n’est pas mal non plus. On peut arriver à se libérer de la machine à laver les cerveaux… à condition de posséder un cerveau.

        Ne nous occupons pas des crânes vides : ils sont les plus faciles à bourrer, et on n’y peut rien.

        Pour le reste, quel choix avons-nous, te demandes-tu ?

        Le fait que tu aies conscience de l’impossibilité d’accéder à une information qui permette de se forger une opinion tranchée sur les évènements, cela démontre ton sens critique. Les sources d’information ne manquent pourtant pas, hors évidemment des canaux officiels. Mais voilà, c’est leur prolixité qui pose problème, par exemple sur la Toile. Sur telle ou telle chose, on pourra lire tout et son contraire. Et même si dans le tas tu réussis à force de recoupements à saisir les tenants et les aboutissants de tel scandale, de telle affaire, de telle mesure gouvernementale scélérate, tu n’as aucune prise là-dessus. On le voit avec l’HADOPI ou le RSA : on a beau être quelques-uns à comprendre ce qui se trame derrière, on est impuissant à y changer quoi que ce soit dans la mesure où toute tentative va se heurter à l’inertie des masses. C’est là que tu comprends qu’il vaut mieux faire son deuil de l’idée de démocratie.

        Quand tu dis : “Ce que nous avons aujourd’hui sous les yeux c’est un problème radicalement nouveau auquel aucune autre génération n’a eu à faire face”, je serais tenté de répondre oui et non. Le contexte est nouveau, pas le fond du problème, qui relève à la fois de l’oppression et du déclin d’un modèle.

        Il y a le déclin du modèle républicain et de la démocratie, son corollaire, qui n’a pas commencé sous Sarkozy, Bush, Merkel et consorts. Ce déclin, qui est global, a favorisé la mise en place d’un système mafieux à l’échelon planétaire, système qui par son côté protéiforme se pare des oripeaux des valeurs défuntes de la République, valeurs par lesquelles il a conquis une forme de légitimité démocratique en ce que les hommes et les femmes de paille de ce système-là sont élus par le peuple. Tu me suis ?

        Cependant, ce n’est pas si évident. Ce système mafieux fonctionnerait presque correctement s’il ne produisait pas tant de dégâts, et des dégâts si palpables. De fait, il suscite des oppositions, des critiques, de la révolte. Mais celle-ci resteront de l’ordre du verbal tant qu’elles ne parviendront pas à se structurer en un courant de masse qui laissera de côté les vieux argumentaires oppositionnistes, au travers par exemple d’un discours prétendument de gauche qui ne peut plus convaincre que les naïfs ; et tant que cette révolte, ces critiques, ces oppositions seront formulées par des têtes vues et revues, des gens qui font partie qu’ils le veuillent ou non de l’Establishment - qui en font partie dès le moment où ils ont droit de cité dans les media officiels.

        L’inertie des masses que je dénonçais plus haut s’explique en grande partie, selon moi, par la non-représentativité des actuelles figures de l’opposition au système en place, et par le caractère obsolète de leur argumentaire, des idéologies qu’elles défendent.

        On est donc dans un schéma de transition historique, tel que l’Humanité en a traversé entre l’Antiquité et la naissance du Moyen Age, ou dans l’Entre-Deux-Guerres. Un schéma que l’on pourrait interpréter comme pré-révolutionnaire ou préludant à un conflit majeur. Un schéma de toute façon conflictuel qui ne se résoudra pas par le débat.

        A suivre…

      • 731335

        Salut Michel et Anarchoide,

        Quel choix avons nous ? Le choix n’a de sens que si on peut le faire en connaissance de cause. La démocratie ne se définie pas seulement par la liberté de voter mais aussi par la possibilité d’accéder à une information objective qui permet d’orienter son choix. Ce devrait être la même chose pour la consommation. Mais notre monde manque totalement de transparence.

        Il me semble que l’impossibilité d’avoir une information objective est principalement du au gigantisme de nos sociétés actuelles. Comment avoir des élus qui nous représentent lorsque nous sommes 60 millions à voter pour eux ? Forcément leurs discours doivent être éducteurs pour être compris par un si grand nombre de personnes (cf “Yes we can”, “travailler plus pour gagner plus” etc.). Pour avoir une information objective (en politique et en consommation), la condition primordiale me semble être une société à taille raisonnable (de la taille d’1 canton jusqu’à maximum celle d’un département). Cela rejoint la volonté des alternatives qui souhaitent partir de “la base” (cf Ellul dans le dernier paragraphe du “Bluff Technologique”), et qui me semblent indispensables pour avoir des politiques dédiées aux hommes (à l’opposé d’êtres dédiées à l’économie).

        Cordialement,
        731335

  • chtilucru

    Superno,

    Il ne faut pas désespérer…

    Même la Commission Européenne s’intéresse au sujet. Elle vient de réaliser un document intéressant intitulé le “PIB et au delà, mesurer le progrès dans un monde en mutation”.
    Ce document est accessible sur http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0433:FIN:FR:PDF.
    Plus d’information peut-être trouvé sur le site http://www.beyond-gdp.eu
    et une conférence de presse retransmise en direct aura lieu à ce sujet ce mardi après midi. Voir
    http://webcast.ec.europa.eu/eutv/portal/_vi_fl_300_fr/player/index_player.html?id=7350

    Par ailleurs, le 14 Septembre à la Sorbonne, en présence de notre Président, les travaux de la “Commission sur la performance économique et le progrès social” seront présentés avec notamment le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Voir le pré-rapport sur http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/fr/index.htm.

    Enfin, tu sais très bien qu’il existe au moins un adhérent du MODEM-CAP21 qui est convaincu par la nécessité rapide d’une décroissance de la pollution et de la consommation de matières premières non renouvelables. Il s’agit bien sûr de chtilucru qui lit toujours avec beaucoup d’intérêt tes billets…

  • Michel

    Au passage je décerne un point Godwin à “wuwei”. Merci pour ton intervention si coutumière de notre espèce. Argumentum ad hominem comme on dit…

  • NoviceNo

    Je viens de lire cette interview de Nicolas Hulot.
    Depuis que je commente ici, ça va faire la seconde fois que je parle de lui. Je devine déjà les retours de flammes. Pourtant, pas la peine de vouloir me mettre dans telle ou telle case, je ne suis pas fan de Hulot ! Pas plus que je ne suis fan d’aucun personnage politique ou médiatique (mis à part notre SuperNo, ha ha ha ! oui oui, vas-y, seconde dose de cirage si tu veux :-) ). J’essaye, un peu comme certains ici qui y croient encore, de trouver le ou les personnages providentiels qui me donneront envie de les suivre, si un jour j’en ai l’occasion.

    Hulot tout seul, je ne lui ferai probablement pas confiance. Mais associé à des gens comme, par exemple, Martine Billard et Paul Ariès (ils me viennent à l’esprit car je viens de retomber sur un papier parlant de leur offre de convergence au Parti de Gauche), ça commencerait à me donner nettement plus d’espoir. Hulot heurte parfois/souvent notre sensibilité (la sensibilité moyenne des participants de ce blog), c’est indéniable, notamment à cause de ses “huloteries”, ou surtout pour sa proximité avec des multinationales. Mais il affirme aussi (sincèrement, pourquoi en douter ?) “quelques” trucs pas cons. Certes, bien d’autres personnes engagées et militantes savent dire ces mêmes trucs pas cons. Sauf que Hulot a un pouvoir médiatique certain, il pourrait être en mesure de rassembler des Français autour de lui. Je crois qu’il ne faut pas sous-estimer cette arme potentielle, et qu’il peut devenir un personnage important dans les années qui vont suivre. C’est l’état de mon humble réflexion.

    Pour ceux qui ne pourraient/voudraient pas prendre le temps de tout lire, voici trois extraits choisis (avec les fautes de français) en rapport avec le billet :

    - Si on n’est pas capable d’organiser une croissance sélective et une décroissance sélective en fonction des contraintes naturelles, et économiques, on va dans le mur.

    - Depuis trois ans, la crise écologique a rencontré la crise énergétique, économique et démocratique.Ce titre est toujours valable: on voit l’obstacle, on est incapables de changer de cap; on prend l’eau, l’orchestre continue à jouer, les gens qui sont en cabine de luxe pensent qu’ils vont mieux s’en sortir que ceux qui sont en fond de cale et on garde toute confiance dans l’invulnérabilité de notre paquebot! Parce que le positivisme est encore tenace. Qu’on le veuille ou pas. On ne va pas s’en sortir simplement avec des panneaux solaires, des éoliennes. Tout ça s’est gentillet, mais on n’a pas de rupture technologique immédiatement opérante. On a pas de plan B pour le pétrole. Décarboner notre société nous oblige à nous préparer à cette transition. Il faut une révolution culturelle autant qu’économique.

    - J’entends encore les vieux refrains: vous les écolos vous voulez nous faire revenir à la lampe à huile. Mais on veut surtout éviter d’y revenir justement! L’archaïsme c’est l’inertie, le modernisme c’est la mutation écologique. Si on laisse tous les phénomènes s’emballer je ne suis pas sur que les garde-fous démocratiques résistent longtemps.

    • Anarchoide

      @ Guénaël : Le problème que me pose Hulot est le même que celui que me posait Cousteau. Leur démarche est assez similaire : montrer, avec de superbes images, au prix de gros moyens, dans un esprit à la fois didactique et d’éveil des consciences. Chez Cousteau, le soufflet est brusquement retombé le jour où il a consacré une partie d’un de ses films à une interview-maison de Delors, où Delors n’a fait que décliner des successions de doctes lieux communs que Cousteau faisait semblant d’approuver avec force hochements de tête. La suite, on la connaît.

      Hulot, on a l’impression en effet qu’il cherche à se positionner. Le côté positif est qu’il sait de quoi il nous parle. Le côté négatif se tient dans son appartenance à l’Establishment. Il est dans le système en place, il vit du système en place et c’est par le système en place qu’il existe. On peut penser par là qu’à travers Hulot, figure charismatique de la protection de l’environnement, la nébuleuse sarkozienne Paoli-Bouygues cherche à séduire la part de marché disons écolo-velléitaire qui a émergé des isoloirs aux dernières Européennes - émersion qui n’est pas étrangère à la diffusion de “Home”, comme on en a parlé à l’époque sur ce blog. On peut penser que se trame, parmi les éminences grises des pouvoirs politico-médiatiques en place, l’ébauche d’une réflexion quant à une tournure pseudo-environnementale à donner aux politiques à venir, et aux bourrages de crânes vides qui permettront de les vendre. Hulot se présentant comme la caution de ces politiques, on peut parier qu’il aura à y prendre, dans un avenir proche, une part plus active que purement consultative… qui hélas ! sonnerait le glas de sa brillante carrière. Car ce type est brillant, son parcours, depuis ses premiers reportages sur France-Inter en tant que stagiaire dans l’équipe de Claude Villers, au début des années soixante-dix, en témoigne. Et je ne le vois vraiment pas servir d’alibi à une sinistre clique dont n’importe quel esprit lucide peut prédire la chute, tôt ou tard.

      @SuperNo : Merci. Mais loin de moi l’ambition de suppléer, par mes délires grandiloquents, à tes talents de blogueur et de meneur de débats.

  • Hello !

    Mon emploi du temps du moment est archi-chargé, je suis contraint au service minimum pour les commentaires :cry: Mais bon, j’ai vu qu’Anarchoïde est de retour, il y aura donc de la lecture :lol:

  • Guénaël (alias NoviceNo)

    Mince, j’peux plus modifier mon commentaire précédent !
    Juste pour dire que je vis mal ma vie sous un pseudo, y’a un psy dans l’assistance ? :-)

    Maintenant, ce sera Guénaël, tout simplement.

  • Fred

    Je suis d’accord avec l’idée que certaines parties constitutives du PIB vont devoir décroître.

    Mais le terme DEcroissance est mal choisi, on devrait parler de MIEUXcroissance pour faire un mauvais néologisme.

    L’homme est né pour aller de l’avant, faire cheminer l’idée du “moins” ne passera pas. Misons sur le “meilleur”.

  • RiGeL

    On pourrait juste cesser de parler de croissance, ce serait déjà un bon début.

  • Torquemada

    @ Guénaël (alias NoviceNo) et @Anarchoide
    nicolas hulot …
    http://soumission.sociale.over-blog.com/article-3968203.html
    nous , on l’avait adoré du temps ou on bloguait …
    http://soumission.sociale.over-blog.com/article-12796275.html

    laisse tomber, vas plutôt voir du coté foutraque délire de Gébé …
    http://www.sami.is.free.fr/gebe/

    • Guénaël

      Vu et lu. Mais ça ne fait pas avancer plus les choses. On va dire que j’essayais de faire un exercice de fiction, du genre :
      1-A supposer qu’aux présidentielles 2012, y’ait un mec (ou une nana plutôt) qui me fasse vraiment bander, je voterais pour lui/elle sans la moindre once de regret que Hulot ne soit pas là. Sans déconner !
      2-Par contre, si y’avait un Sarkozy/DSK/Royal/Bayrou contre un Hulot au second tour - je me dis que la probabilité n’est pas nulle -, (mince, où placer la virgule ?) ben sûrement que je voterais pas pour les premiers, mais p’tet bien pour Hulot s’il devenait cohérent.

      Voila pour moi. Fin de la discussion. Est-ce plus clair comme ça ?
      Quant à Anarchoïde, il n’a pas besoin d’être convaincu. Il faudrait plutôt le convaincre d’aller voter. :-)

      • Anarchoide

        @Guénaël : Le jour où on sera payés pour ça, j’y réfléchirai !

        @Torquemada : On comprend qu’ils nous sortent l’atout-maître Hulot. Il vend et fait vendre, chance au grattage et au tirage, un winner ! Avec lui, l’écologie à la taxe-comme-je-te-pousse passera mieux qu’avec Alain Jupette et Michel Tocard, éternels losers, has-been de carrière. Merci pour l’opus de Gébé, qui nous montre le chemin parcouru en bientôt quarante ans… celui qui va du demi de bière à la pissotière.

        Pour en revenir à Hulot, c’est drôle, mais dès qu’on se prend à chercher des poux dans la tête des ceuss qui passent à la télé, même s’ils sont chauves c’est des lingots d’or qu’on y trouve au milieu d’un tas d’ordures. Moralité : on jette sa télé ou, comme Boris Vian, on la regarde à l’envers histoire de voir ce qui se cache derrière. Pour les écrans plats, il feront de superbes tables basses.

  • Orion

    Mon emploi du temps du moment est archi-chargé, je suis contraint au service minimum pour les commentaires :cry: Mais bon, j’ai vu qu’Anarchoïde est de retour, il y aura donc de la lecture :lol:

    Quel débat interessant , j’ai cru comprendre que Super No était en activité limitée , car victime de la crise .. Et que par conséquent, il disposait d’un peu plus de temps ( contrôlé ) pour répondre aux commentaires

    Aussi , je m’étonne , vu sa “grande gueule” ( pas péjoratif ) , qu’il ne réponde pas à Anarchoide , lequel, j’ai trouvé l’argumentaire très pointu, très réaliste . Je partage son analyse à 100 % , et je pense tout comme lui , que Super no, manque d’expérience sur le terrain , ou méconnait quelques réalités dans ce monde des pauvres, qui vivent depuis ineternum dans la décroissance obligée .

    J’ai connu un super no, qui répondait au moindre troll , en pleine activité , et ici, il se contente de lire .

    Assez décevant !

    PS . ceci n’est pas un troll . Il n’y a pas obligation de répondre. Et s’il se laisse tenter, çà deviendrait crédible , s’il répondait d’abord à Anarchoide. :-)

    • C’est me semble-t-il ta deuxième intervention sur ce blog. La première fois, c’était pour m’apprendre à envoyer des mails. Aujourd’hui, sans rien savoir de ma vie, tu te permets de juger ma manière de gérer mon emploi du temps, et même de me traiter de menteur.
      Alors sache :
      - que ce commentaire me déplaît fortement, c’est limite ciseaux.
      - que pour ton information personnelle, lorsqu’on est licencié, sauf à cogner son patron ou taper dans la caisse, on bénéficie d’un préavis. Et c’est justement mon état actuel : je suis en préavis. Ce qui fait que je suis contraint de continuer à travailler. Et d’après toi, quand est-ce que j’écris mon blog ou mes commentaires ? Oui, en dehors de ces heures. Le matin, entre midi et deux et le soir. Et quand est-ce que je bidouille mon CV, lis des annonces, envoie des candidatures, tiens mes connaissances inquiètes au courant de mes tribulations ? Ben oui, pareil. Comme j’ai moins de temps, et que je donne priorité au blog, il m’arrive de sacrifier les commentaires. C’est con, mais c’est ainsi.

      Oh, certes il m’arrive de ne pas répondre quand je n’ai pas envie. Mais là ce n’est pas le cas.

  • BA

    Le scandale du jour : la vidéo de Brice Hortefeux.

    Maintenant, Sarkozy devrait nommer un républicain au poste de ministre de l’Intérieur.

    Il y a beaucoup de républicains à l’UMP.

    Sarkozy devrait choisir un républicain comme nouveau ministre de l’Intérieur car, sinon, les jeunes n’auront plus AUCUNE confiance dans la police nationale et dans ” le premier flic de France “.

    Sarkozy devrait trancher dans le vif.

    Vite.

    • Oui, c’est vrai, et je suis d’accord avec toi.

      Mais Anarchoïde te dirait qu’Hortefeux n’a rien dit de plus que ce qui se dit couramment chez beaucoup de gens… Du moins chez beaucoup de gens que je connais… Et qui ont voté Sarkozy pour entendre ça…

  • Je l’ai lu encore une fois vite, mais très franchement, je n’ai quasiment rien compris à ce billet. Pourtant d’habitude je comprends les billets des autres blogueurs.

    Qu’on arrête cette course infernale vers l’avant, OK. La grande question est de savoir comment. Car il ne suffit pas de dire yaka faukon. C’est un problème mondial.

    Parmi les commentaires, celui qui m’a le plus interpelé, c’est celui qui parle de décroissance démographique selon Y. Cochet. Car ça ça me semble être une priorité absolue, un tabou aussi malheureusement.

  • BA

    Pour visionner la vidéo de Brice Hortefeux dans son intégralité, c’est à cette adresse :

    http://www.20minutes.fr/article/346855/Politique-Hortefeux-Public-Senat-sort-ses-images-du-placard.php

    Quand on regarde cette vidéo dans son intégralité, la ligne de défense de Brice Hortefeux s’effondre.

    Brice Hortefeux, démission.

  • Christophe Vieren

    Ce qui est génant dans le mot décroissance, c’est qu’il ne sous entend pas de limite inférieure, pas plus que le mot croissance ne sous entend de limite supérieure. D’où les caricatures habituelles - et facile - au sujet des décroissants : décroitre jusqu’à vivre comme les amish ou pire comme l’homme des cavernes.

    Il faudrait donc assortir le mot décroissance autant que faire se peut de la limite inférieure qui est relativement simple à définir : décroitre jusqu’à ce que chaque être humain, et donc l’humanité, ait une empreinte écologique compatible avec la pérennité de l’espèce humaine, dans un climat de paix et de respect de toutes ses composantes.

    C’est ce à quoi je vise. Je suis arrivé à mes limites individuelles (électricité renouvelable, utilisation raisonnée de la voiture, bio, …) car en tant qu’être social il n’est pas possible ou en tout cas très, très difficle pour moi, de faire plus sans me retrouver isolé. Des mesures collectives doivent désormais prendre la relève pour m’aider à réduire encore mon empreinte écologique. Mesures collectives nécessaires pour tous ceux qui ne sont pas prêts à renoncer à un certain “niveau de vie”* (quel terme absurde !), ce que je peux comprendre même si ce le fût assez facile pour moi !
    Sol(id)airement
    Christophe

    “le niveau de vie” s’apparente plutôt dans bien des cas à une pauvreté spirituelle compensée par une addiction croissante aux biens matériels. Pas facile de s’en sevrer.

  • miha

    pardon de parlerr de mon cas personnel mais c’est celui que je connais le mieux.
    Il y a un peu plus de trois ans, j’ai été, pour diverses raisons, obligée de travailler à 80 %.
    J’étais plutôt consternée. Comment y “arriver” avec 20 % de moins sur un salaire déjà pas énorme ?
    Et on s’organise, on gère mieux, on se prend en mains… et on s’aperçoit que les 20 % de moins sur le salaire, c’est aussi 20 % de moins à travailler… plus de temps à soi, moins de stress…
    un an plus tard, j’ai eu l’opportunité de reprendre a temps plein : j’ai refusé.
    Maintenant, je suis à la retraite, ma pension se monte à un “revenu” mensuel de seulement 3 chiffres… bon sang ! je me sens tellement libre que ça vaut largement la différence de revenu en moins !

    Alors, pas facile à se sevrer d’un “niveau de vie” ?… j’aurais dit la même chose il y a plus de trois ans, plus maintenant.
    Une fois qu’on a goûté à la liberté…

    Ce qu’il faut dire et re-dire, au sujet de la “limite” de la décroissance, c’est que ce ne peut pas être un retour en arrière et surtout pas vers la préhistoire car on ne va pas jeter aux oubliettes les progrès qui sont utiles et bénéfiques à la planète et à l’humanité.

    Par contre, la croissance, elle, a commencé à la préhistoire… elle est donc largement démodée et ringarde. ;-)

    Croissance = déliquescence
    Décroissance = intelligence

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