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Jul242009
20:41 (Vu 3939 fois)

Rocard et Sarkozy discréditent la taxe carbone dans l’opinion

Ce billet est une réaction à peine épidermique aux multiples couinements de goret qu’on écorche, lus et entendus après l’annonce de projet de “taxe carbone” annoncée par Michel Rocard, et dont je parlais dans le billet précédent.

Je comprends fort bien que l’on s’offusque des modalités de cette taxe, puisque sous couvert d’écologie, il semble qu’il s’agisse surtout d’un tour de passe-passe pour faire payer aux particuliers la suppression de la taxe professionnelle. Ceci est proprement scandaleux, mais pas surprenant puisque parfaitement dans la ligne de la politique sarkozyste.

D’autre part, comme le montre cet article de Carfree, les gros pollueurs institutionnels (pétroliers, sidérurgie) sont pour l’instant largement épargnés par la lutte contre le CO2, et se permettent même de boursicoter avec leurs quotas !

Passe aussi que l’on stigmatise Rocard, qui n’a pas honte de devenir à son âge un valet de Sarkozy, et qu’on raille sa raison défaillante.

Non, le problème est ailleurs… Car les récriminations ne concernent que très minoritairement la taxe professionnelle.

En fait, le ton quasi unanime des réactions, c’est “et mon pouvoir d’achaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaat !!!!!!!!!!!”. Ah merde, ne pas sous-estimer le nombre d’andouilles qui ont voté Sarkozy pour “augmenter leur pouvoir d’achat”.

Ah bon ? On ne vous l’avait pas dit ? Non seulement Sarkozy ne tient pas ses promesses, mais de toute façon il ne pouvait pas les tenir ! Car ne vous en déplaise, c’est fini, le “pouvoir d’achat”, mes cocos ! Autant vous le mettre dans le crâne (où il reste manifestement de la place inutilisée), ça évitera de cruelles désillusions futures.  Oh, pour certains ça pourrait bien durer encore un peu, mais globalement, nous avons mangé notre pain blanc, bu notre or noir, et la nouvelle priorité serait plutôt à essayer de mettre en œuvre un système qui permettrait de limiter les dégâts pour le plus grand nombre…

Je vais utiliser comme support un article assez misérable repris sur Agoravox, ainsi que la curée des commentaires particulièrement crétins qui suivent, une constante semble-t-il sur ce site. Un cloaque. Même certains commentateurs chez Marianne2 paraissent intelligents en comparaison, c’est dire ! Je remercie au passage les quelques commentateurs qui ont réussi sans s’énerver à faire des réponses intelligentes et argumentées à quelques ramollis du bulbe qui n’en méritaient pas tant !

L’auteur écrit “Il existe une collusion entre diverses parties ayant intérêt à pratiquer ce combat fiscal contre un soi-disant réchauffement dû au gaz carbonique. Ce qui est loin d’être prouvé par les scientifiques et quand bien même ce serait le cas, nous n’allons pas mourir d’un degré supplémentaire

Non seulement je ne sais pas de quoi il parle, (lui non plus probablement, tout à son ire pouvoirdachatesque) mais cette phrase contient deux angles d’attaque assez révélateurs :

1) Les impôts, les taxes, c’est mal.
Antienne libérale ! Syndrome de Jean-Pierre Pernaut ! Pourtant, ce qu’on appelle au sens large “les impôts”, ce sont les pauvres qui en paient le moins, mais qui en profitent le plus ! C’est même pour cela que les riches n’aiment pas ça ! Ils préfèrent financer eux-mêmes leur retraite, leur mutuelle, etc… car il savent bien que l’argent qu’ils se versent ne profitera à personne d’autre, contrairement à l’impôt versé aux finances publiques ! Le pire, c’est qu’ils trouveront toujours des pauvres pour hurler avec eux et scier leur propre branche !

2) Le réchauffement climatique, c’est un phénomène naturel.
Théorie du complot ! C’est ce que l’auteur appelle le “soi-disant réchauffement”. C’est une nouvelle mode qui se lance, le “révisionnisme climatique”. Et contrairement à l’autre, il n’est pas prohibé. Du coup, il explose. Ce ne sont plus seulement les cathos intégristes ou quelques illuminés qui nient l’origine humaine du réchauffement, mais il semble que les lobbies ultralibéraux s’y mettent à leur tour, avec une caisse de résonance autrement plus importante.

Je ne suis évidemment pas climatologue. Mais comme je l’ai déjà expliqué, l’hypothèse humaine du réchauffement climatique est une catastrophe pour l’économie capitaliste, libérale et mondialisée. Du coup, si la quasi totalité des climatologues sont d’accord pour la valider, cela ne fait que prouver leur indépendance vis à vis des lobbies croissancistes traditionnels, et cela en renforce la crédibilité.

Et justement, ce sont désormais les milieux ultralibéraux, qui commencent seulement à comprendre l’étendue du désastre et à réaliser que cela va sérieusement contrarier leurs desseins cupides, qui se mettent à balancer des contrefeux, à sortir des études qui proclament que le réchauffement est naturel, super, et qu’on peut donc continuer à polluer de plus belle, youpi, que cela n’a aucune conséquence, con-tinuez donc à con-sommer, braves gens, le gentil Claude Allègre veille sur vous !

M’enfin réfléchissez cinq minutes : quel serait l’intérêt de Sarkozy de foutre en l’air le business d’une bonne partie de ses amis patrons ? En effet à part Areva et quelques autres, qui peut profiter de l’écroulement programmé de l’industrie pétrolière, de l’automobile, du transport ou de la sidérurgie, hein ?

Un des commentateurs (qui se fait appeler “je suis un homme libre”, arf !) finit par glisser un lien fort instructif issu du site objectifliberte.fr (re-arf !). Ceux qui auraient des doutes n’ont qu’à consulter la blogoliste, à droite : ça fait peur ! Sans négliger la pub pour un livre intitulé “Le logement, crise publique remèdes privés” …
Donc dans ce billet, un climatologue du dimanche tripatouille des courbes comme ça l’arrange, et finit par conclure comme Allègre : vous voyez, c’est pas humain !
Oui, sauf que Allègre n’est pas climatologue… Et l’auteur de cet article péremptoire s’appelle Jean-Michel Bélouve, et une simple recherche Google vous apprendra qu’il est “diplômé d’une grande école de management”, en plus d’être un chaud partisan de la privatisation du “Pôle-Emploi”, certes plus facile à maîtriser que le Pôle Nord !

Avec tout le respect que je dois à ce monsieur, il ne cherche qu’à justifier les théories qui vont dans le sens de son intérêt bien compris, et si je veux me renseigner sur le réchauffement climatique, je préfère m’adresser à de vrais climatologues, même s’ils sont des milliers, quasi-unanimes, et qu’ils prédisent de sombres lendemains à votre petit business !

Au lieu de perdre votre temps (avant de perdre vos illusions) avec des guignols, allez plutôt lire Jancovici , qui est un des pères de la “taxe carbone” (et que j’aimerais bien au passage entendre sur la déclinaison Rocardo-Sarkozyste de son idée) : son angle de lecture n’est certes pas social, mais ses calculs sont rigoureux et imparables (sauf qu’il mésestime gravement la nocivité du nucléaire, personne n’est parfait !). Lisez donc cet article qui date de 2003 !

Ceci dit, examinons les récriminations : Rocard a parlé (un peu vite me semble-t-il) d’une taxe qui coûterait 300 euros par an à la moitié des ménages. Dans les récriminations, le “à la moitié des ménages” a d’ailleurs vite disparu ! On s’insurge donc contre une taxe de 300 euros par an (j’en comprends certains), mais sait-on combien nous coûte par exemple la pub, taxe privée par excellence ? Je m’étais amusé à chercher ça l’an dernier, et le résultat est d’environ 2000 euros par ménage de 4 personnes !
Supprimons la pub, qui est sûrement le plus gros émetteur indirect de CO2 au monde !

Tiens, un autre commentaire :
Je ne résiste pas à cette petite démonstration :
il m’arrive de prendre un TGV ,Bruxelles,Nîmes.coût moyen(les tarifs sont très élastiques) 125,150 euros.non compris, la charge incombant au contribuable français, que je remercie au passage,ce qui double environs le prix facial.
même trajet, mais avec Ryanair:50/75 euros,Ryanair paie des taxes,et distribue du bénéfice à ses actionnaires( saleté de capitalisme)
Même trajet en voiture:52 euros de péage,100 litres de carburant,ce qui fait environs 60 euros de taxe
étonnant non ?
Mais évidemment, je ferais mieux de rester chez moi, de ne pas faire vivre les entreprises locales,et de cultiver mon jardin que j’aurai fertilisé en faisant« caca » dans la sciure.
Ah il est beau le monde de la décroissance,quel progrès, quel monde de ploucs !
Les chinois, dont je ne vanterai jamais assez l’intelligence vont se charger de vous concocter ce monde frugal que vous appelez de tous vos voeux !Et tout ça,sous prétexte de la plus grosse arnaque du siècle,non, non, je ne pense pas à Madoff, ou à Goldman, mais à AlGore et toute sa clique d’illuminés.

Voilà le calcul de ce zozo : oubliez le train, oubliez votre bagnole, prenez l’avion, bande de ploucs !

Réponse du bobo-gogo-plouc que je suis : si on reste coi devant les poncifs anti-décroissants habituels, et si on oublie que l’avion est le mode de transport le plus polluant, voici la référence de ces gens-là : Ryanair ! Un des pires modèles que l’on puisse trouver céans ! Salariés surexploités, droit du travail bafoué (droit du travail irlandais, y compris pour les français), guerre aux syndicats, racket des fournisseurs, des hôteliers, des loueurs de voitures, des collectivités locales (qui doivent méchamment passer à la caisse pour avoir le privilège de les voir débarquer), tout le monde casque ! Marianne (papier) y consacrait récemment un article instructif, dans lequel on apprenait que les économies de bouts de chandelles vont de l’interdiction au personnel de recharger leur téléphone portable dans les bureaux de la compagnie (risible mais anodin) jusqu’au fait d’embarquer moins de kérosène que ce que préconisent les normes de sécurité afin que l’avion soit moins lourd et consomme moins… Sauf que si l’avion doit tournicoter un peu au dessus de l’aéroport ou se dérouter en urgence, il pourrait tomber en panne sèche… Hallucinant ! Et qu’est-ce que ça sera quand les avions vieilliront ? Ils achèteront des pièces contrefaites sur ebay ?

Autre commentaire, parmi beaucoup d’autres et des pires, sur Rocard :

Rocard l’inventeur de l’impôt sur l’impôt : impôt sur le revenu appliqué sur une part de la CSG (CSG non déductible)…regardez votre fiche de paie
Voilà quel est ce type de politicien !

Un autre enchérit :
CSG : l’impôt le plus inique. qui était à 1% à sa création et passé à 10%… une bonne idée de ce qui nous attend avec leur CCE… impôt sur l’impôt qui plus est !
A chaque problème son impôt… la bonne blague de tous ces enarques…

Je n’en remets pas une couche sur la critique automatique de l’impôt, mais en l’occurrence c’est assez cocasse : la CSG avait justement pour avantage de viser les rentiers et plus les salariés, ce qui en faisait un impôt tout à fait “juste”. Qu’il ait été dévoyé ou que son taux ait été augmenté est un autre problème…

On reste dans le même genre :
Y’a plus de frics dans les caisses, malgrés les impots les plus sodomites d’europe ! ! ! Les bobos-gogos sont prêt à accepter une taxe carbone parce que ca fait citoyen-conscient-responsable-solidaire. (vous savez c’est les mêmes débiles qui bouffent du commerce équitable croyant que le keum’ qui récolte le café va être mieux payé).

Et donc on profite d’avoir une opportunité pour carrer une taxe. Et hop et hop ! ! Mais on continue pourtant de ne pas réduire les dépenses. Regardez ce que shwarzenegger a fait voter en californie. Lui il a fait du cost-killing et vous savez quoi ? Les californiens ne s’en porteront que mieux.

Schwarzie érigé en sauveur, maintenant ! Et pour les “impôts les plus sodomites d’Europe”, encore un suppositoire de Jancovici, à prendre le soir avant de se coucher

Devant tant de prétention sans bornes, de caprices puérils, d’égoïsme imbécile, et de fatuité dégoulinante, que faire ? Leur hurler dessus que leurs petits soucis ne sont rien à côté de la perspective pour leurs proches descendants de finir dans une poêle à frire, pour reprendre une expression de Rocard ? Manifestement ils s’en foutent et se réfugient dans le déni.

Si j’étais optimiste comme Mérome , je dirais que les choses s’arrangeront naturellement, et que ceux qui auront pris conscience de la situation et de ses enjeux seront probablement un jour majoritaires…

Mais en attendant, il faut d’abord comprendre que nous n’avons pas seulement affaire à des gros cons (“la société de consommation, produit des cons, sans sommation” , etc…) , mais avant tout à des drogués. Des malades. Tout le monde connaît la souffrance, la détermination et le pouvoir de nuisance d’un drogué en manque. Sauf que dans les addictions aux substances traditionnelles, il y a un nombre de médecins suffisant pour faire face au problème, alors que dans le cas qui nous préoccupe, les drogués sont ultra-majoritaires ! Et je ne m’en exclus évidemment pas !

Nous n’y arriverons pas tout seuls ! Les faits (qui sont heureusement têtus) devront hélas nous y aider. Et le premier fait qui nous aidera sera la raréfaction du pétrole et l’augmentation concomitante de son prix. Pas d’illusion à se faire là-dessus, le prix du pétrole est actuellement rigoureusement corrélé aux indices boursiers, et toute reprise économique se traduira automatiquement par une hausse des cours du pétrole qui fera à son tour replonger l’économie.

Je repense à l’autre buse : Hé, machin, quand il n’y aura plus de pétrole, il volera comment, ton gronavion ? Avec un élastique ? On nous bassine avec des voitures électriques qui n’arrivent pas, mais l’avion électrique, ce n’est sûrement pas au XXIe siècle qu’on le verra ! Quand le litre de gasoil coûtera 5 euros, penseras-tu toujours que tous tes déplacements sont in-dis-pen-sa-bles ? Eh oui, ces situations extrêmes sont hélas nécessaires pour suppléer une déficience neuronale largement causée par la drogue de la con-sommation et de la pub.

Si on reprend la comparaison avec la drogue, on comprendra aisément qu’un sevrage brutal aurait des conséquences dramatiques, et qu’il faudra en passer par des substituts, telle que cette voiture électrique qui pourrait faire office de méthadone…

Ce qui est vrai, c’est que cette révolte annoncée contre la “taxe Rocard” (alors que le travail du dimanche vient de passer comme une lettre à la poste privatisée) interdira par la suite toute tentative de mise en place d’une VRAIE taxe carbone “à la Jancovici”, dont le but serait VRAIMENT de faire diminuer les émissions de CO2, et pas de compenser la disparition de la taxe professionnelle.

Je l’ai dit, mais je le répète, un vrai mécanisme de “taxe carbone” doit :
- Se piquer de marketing politique, et comme le système de bonus/malus auto (qui a été curieusement beaucoup mieux vendu et n’a pas fait de vagues) récompenser les comportement vertueux, et décourager les comportements ciblés. C’est le mécanisme du “chèque vert” : faire payer le prix fort au “mésusage”, pas à l’usage normal.
- Financer des solutions de rechange. Il est ainsi très con de pénaliser l’automobiliste, s’il n’a pas d’autre choix que de prendre sa bagnole pour aller au boulot ! Que cet argent serve à financer des transports en commun, du télétravail, ou un changement d’emploi, il sera toujours mieux employé que reversé à une multinationale du CAC40 !
- Il n’y a pas que l’argent, il y a aussi le temps ! Si prendre les transports en commun fait perdre une heure au salarié, que l’employeur prenne en charge cette heure !
- J’aime accessoirement beaucoup l’idée de Jancovici, encore lui, de former les journalistes, les politiques et les décideurs “aux limites physiques du monde” ! Voilà une idée qui coûterait moins cher que les bagnoles des ministères ! Mais je me demande tout de même si le quasi-mutisme sur le sujet relève de la méconnaissance, ou alors de l’idéologie et de la volonté de prolonger un système qui les arrange ?

Rocard l’a sans doute très mal expliqué, mais sans taxe carbone et sans plan d’accompagnement ce sont les pauvres qui trinqueront, ne serait-ce que par le chômage massif, lorsque la réalité nous rattrapera, plus vite qu’on ne croit ! Pour ceux qui ne l’ont pas fait quelques lignes plus haut, lisez cet article terrible de Jancovici , bordel, et notamment les derniers paragraphes où il explique ça bien mieux que moi !

Enfin, last but not least, il est illusoire et vain de penser qu’une “taxe carbone” franco-française, noyée dans un système libéral, con-sumériste, croissanciste et mondialisé, puisse avoir plus d’effet qu’un pet de lapin. Comme l’a bien écrit Hervé Kempf, “pour sauver la planète, sortez du capitalisme !”. Une taxe carbone ne peut avoir d’effet que si elle est associée à un système “écosocialiste”, décroissant, et adopté dans le monde entier (ou du moins partout où la décroissance s’impose, c’est à dire principalement en Occident) où des mesures de réduction des injustices sociales (salaire maximum, revenu d’existence…) permettront de mieux affronter le réchauffement climatique et la pénurie de pétrole.

Long sera le chemin, surtout s’il est entravé par les couinements imbéciles de minus habens défoncés à la con-sommation…

31 comments to Rocard et Sarkozy discréditent la taxe carbone dans l’opinion

  • NaOH

    La taxe carbone est sensée inciter à des comportement vertueux. C’est tout de même très hypocrite ! Et Jancovici est bien un libéral, certes un peu différent des autres, mais un libéral tout de même…

    D’une part une frange de la population, toujours la même, se contrefiche en pratique, quoi qu’elle en dise, du prix du chauffage, du transport, et de façon générale du gaspillage en tout de manière parfaitement éhontée.

    A l’autre bout de l’échelle sociale, quand bien même les gens voudraient adopter un comportement vertueux, ils ne le pourraient pas, bien souvent. Alors tant pis pour eux, ils payeront la taxe ce qui leur rendra juste la vie encore un peu plus difficile.
    Je pense par exemple aux locataires. Qu’y peuvent-ils si leur appartement est construit avec des matériaux bas de gamme, s’il est mal isolé, etc. ?
    S’ils ne veulent pas vivre à 14° en hiver et qu’ils ne peuvent pas payer la taxe, ils ont la liberté de déménager… Pas vrai ?

    En réalité, pour faire face, il faudrait plutôt rétablir un impôt bien progressif, en veillant à supprimer les innombrables niches fiscales. Et avec les moyens ainsi récupérés non pas par une hypocrite incitation, mais par une claire et nette obligation légale (ça change tout !), faire face aux problèmes que posent la proche déplétion énergétique et le réchauffement climatique au mieux des intérêts de la collectivité. Et tant pis pour les intérêts privés qui n’iraient pas dans le même sens…

  • Sébastien

    Bravo, excellent article !

    Concernant l’affectation de la taxe carbone, il serait aussi intéressant qu’une bonne partie aille aux entreprises qui font de l’éco-conception et à l’éco-consommation.

    Je crois qu’il faudrait mettre en place rapidement une information obligatoire sur tous les produits de consommation permettant de connaître leur impact carbone (il me semble que c’est d’ailleurs déjà prévu dans quelques années au niveau européen). C’est la seule solution pour qu’on se rende vraiment compte de l’impact environnemental à chaque acte d’achat.
    Mais pour ça il faut qu’à chaque étape de la production une analyse du cycle de vie soit faite, et c’est ça que la taxe carbone pourrait servir à financer également.

    Je pense qu’il n’y a que les consomacteurs qui peuvent vraiment faire avancer les choses. En orientant les choix vers les produits les plus vertueux par l’information, on aidera les gens à réfléchir et à prendre de meilleures décisions. Cela aurait comme effet de favoriser les produits locaux et moins consommateurs d’énergie, et faire prendre conscience aux gens de certains problèmes. Les entreprises serait ainsi encouragées à éco-concevoir leurs produits.

    Le green sera vraiment tendance quand les bobos n’achèterons plus d’iphone.

    Ah oui sinon, pour l’aide aux ménages, pour moi il faudrait qu’elle n’aille qu’aux très bas revenus, et indépendamment de s’ils émettent beaucoup de CO2 ou pas. Les autres n’en ont pas vraiment besoin en fait.

    • touchatout

      Concernant Au sujet de l’affectation de la taxe carbone, il serait aussi intéressant qu’une bonne partie aille aux entreprises qui font de l’éco-conception et à l’éco-consommation.

      Non et non ! Il ne faut pas continuer les aberrations de la prime à la casse !

      Les entreprises savent faire des produits économes et écologiques, si elles y trouvent un intérêt.

      Il faut refuser le permis de construire à tout bâtiment qui ne répond pas aux critères d’économie d’énergie. Les entrepreneurs qui ne s’alignent pas n’auront pas de commandes. C’est une incitation suffisante, non ? Et pas chère en définitive, à condition de ne pas compenser par des subventions les augmentations de prix au prétexte d’éco-conception gnagnagna.

      Il n’y a aucune justification à une aide quelconque à une entreprise quelconque. S’il doit y avoir une aide, elle doit aller directement à la victime au consommateur. Les aides aux entreprises n’ont d’effet que marginal, la « perte en ligne » est énorme, c’est-à-dire qu’elles sont converties presque complètement en profit.

      Voir à ce sujet les exonérations exemptions de charges cotisations sociales.

      Bien d’accord sur le dernier paragraphe. Si tu as de quoi payer les neuf dixièmes de ta bagnole neuve, tu en prendras une plus petite sans prime à la casse.

      • d’autant plus que le sur-coût pour une maison ou un immeuble à économie d’énergie devient de plus en plus faible (de l’ordre de 15% je crois).

        Aucune pitié pour les entrepreneurs, ce sont des requins … même ceux qui font de l’éco-construction. Dans notre commune, nous sommes en train d’établir notre PLU. On a demandé à un ami promoteur qui fait dans le bâtiment green de luxe de regarder notre dossier … savoir s’il tenait la route.

        La 1ere chose qu’il nous a dit “ok, je vais vous montrer comment je peux vous baiser dans les grandes largeurs … et j’aurais toutes les raisons de le faire car c’est mon métier”. Il a épluché le dossier, nous a montré qu’il pouvait calé 3x plus de maison dans le même espace en dépit des règles d’urbanisme, éco, sanitaire, etc …

        On a tout reprit à zéro. Et on a de la chance d’avoir ce gars là sous la main pour nous aider.

        Voilà ce que c’est qu’un promoteur. Donc pas de pitié, zéro subvention, juste des règles de permis de construire très strict. Et quand ils verront qu’ils n’ont plus de contrat, ils changeront.

      • NaOH

        Les entreprises savent faire des produits économes et écologiques, si elles y trouvent un intérêt.

        Sauf que depuis un siècle la capacité de production est très largement supérieure aux “besoins”. Par conséquent, le principe a été et est encore de créer sans cesse des “besoins” nouveaux et d’en faire l’apologie par tous les moyens, et dieu sait qu’il y en a… La consommation à outrance en est le simple résultat.

        Cf Edward Bernays, Propaganda, Comment manipuler l’opinion en démocratie, Zones, 2007

        Personnellement, je ne vois pas du tout comment sortir sans casse de cette mécanique infernale… et pourtant nous y serons contraints !

  • NaOH

    @Sebastien
    Le but des entreprises qui font de l’éco-conception est le même que celui des autres : faire du profit ! Et par conséquent de vendre le plus possible… Or la question n’est justement pas de consommer autant que d’habitude, voire même davantage, mais propre !

    Par exemple, on ne réglera rien en remplaçant le parc automobile actuel par autant de voitures “vertes”, éco-conçues. Tout au plus parviendra-t-on à reculer l’échéance de quelques années…

    Alors il ne manquerait plus qu’on finance tout ça en aidant les entreprises, comme d’habitude !

  • Sébastien

    Je suis bien d’accord avec toi NaOH, mais je pense qu’il faut que les choses se fassent progressivement.

    Comme nous sommes en démocratie (pour l’instant) dans l’idéal pour que les choses changent il faudrait que plus de 50% des gens comprennent l’urgence actuelle concernant l’énergie et concernant le climat (d’où peut être le nom de la contribution energie climat ?).

    Cette taxe est l’occasion d’essayer d’ouvrir les yeux de la population, bien qu’elle n’ait pas vraiment envie de regarder dans la bonne direction…

    La restructuration du système passe forcément par une volonté de la majorité, je ne vois pas comment ça peut se faire autrement.

    Je crois que parler aujourd’hui de décroissance (autrement dit de crise économique) => + de chomage, - de consommation, sera encore plus rejeté par l’opinion que la petite taxe carbone.

    Je pense que l’éco-consommation peut amener progressivement à la décroissance.
    Attention, j’ai parlé d’éco-conception et d’éco-consommation, pas de développement durable. Comme toi je pense que la croissance économique est une impasse, c’est une évidence quand on prend conscience que le monde est fini.

    Les gens qui critiquent la taxe carbone ne sont pas fondamentalement mauvais, il n’ont juste pas encore conscience d’une certaine réalité des choses.
    Ils n’ont peut-être pas non plus le loisir de réfléchir à l’avenir, ou alors inconsciemment ils le rejètent car au fond d’eux même ils savent que ça va faire mal.

  • A quoi va servir cette taxe si de l’autre côté le chanoine de Latran autorise cette horreur :
    http://www.politis.fr/article7593.html
    ????
    Décroissante de plus en plus dégoûtée , je suis …

  • miha

    euh… STP, Sébastien, décroissance ne veut pas dire “crise économique”, ça veut dire vivre mieux et, surtout, de façon plus intelligente… moins de chômeurs aussi, puisque partage du travail, moins besoin de revenus, etc…

    la décroissance profite d’abord aux victimes de la croissance, puis aux victimes de la crise économique, enfin, elle rendra intelligents et humains les accros de la croissance.

    • Sébastien

      Bonjour Miha

      Je ne vois pas comment la décroissance peut se faire sans qu’il y ait :
      moins de consommation => moins de travail => restructuration des entreprises => chomage.
      Par définition la décroissance économique c’est la récession…

      La mise en place d’une décroissance conviviale et du localisme implique un changement complet de fonctionnement de la société, la condition pour y arriver est un changement de mentalité de la majorité des gens. (ce qui je pense n’est malheureusement pas près de se produire)

      Je viens de lire “Survivre au Développement” de Serge Latouche.
      Le titre du chapitre de conclusion est “Décoloniser l’imaginaire”, je cite un petit passage dans la conclusion :
      “Il faut commencer par voir les choses autrement pour qu’elles puissent devenir autres,
      pour que l’on puisse concevoir des solutions vraiment originales et novatrices. Il s’agit
      de mettre au centre de la vie humaine d’autres significations que l’expansion de la production et de la consommation”

      Pour commencer il faudrait changer les indicateurs qui servent à évaluer si la situation du pays,
      notamment les PIB et PNB, devrait être remplacés par un indicateur de “bonheur de la population”.
      inspirons nous du Bouthan où le roi a préconisé un indicateur nommé le BNB “Bonheur National Brut”.
      [http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonheur_national_brut]

  • miha

    oui, Turandot, encore une preuve de la courte vue des politiciens.

    bise à toi

  • wuwei

    Clap,reclap et encore clap !
    Cette taxe, tout droit sortie des “cerveaux” greenwashés du grenelle de l’environnement est une tartufferie de plus de notre “frégoli”, mais comme il (et ses commanditaires du MEDEF) a bien compris que beaucoup croyent encore pouvoir s’en sortir tout en continuant à surconsommer il aurait bien tort de ne pas continuer.

  • Sébastien

    Décroissance économique = Récession = Chomage de masse = Crise Economique

    On ne peut pas passer d’un mode de fonctionnement à un autre en claquant des doigts.
    Il faut d’abord “décoloniser l’imaginaire” comme dit Serge Latouche.
    Les gens doivent être prêts dans leur tête, il faut qu’ils comprennent avant que le changement ne se fasse sinon ce sera forcément mal ressenti, mal vécu.

    De plus mettre en oeuvre une décroissance conviviale et le localisme, c’est bouleverser l’économie actuelle, changer de paradigme, ça ne peut se faire que progressivement.

    Ce qu’il faudrait pour accélérer les choses c’est remplacer le PNB par le BNB comme l’a fait le Bouthan
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonheur_national_brut

    • touchatout

      Apparemment, c’est le mot chômage qui t’embête.
      Jette-le. Il appartient au vocabulaire productiviste, il résulte aussi de la malédiction judéo-chrétienne : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.

      Une fois cette malédiction ignorée, on jette aussi la réprobation des zassistés, plus rien ne s’oppose à la distribution d’un « revenu d’existence » sans l’humiliation du travail obligatoire.

      Pour faire chic, on pourrait appeler ça un changement de paradigme.

      • véro

        plus rien ne s’oppose à la
        distribution d’un « revenu d’existence
         » sans l’humiliation du travail
        obligatoire.

        Pour faire chic, on pourrait appeler
        ça un changement de paradigme.

        Ce qui n’empêcherait absolument pas de “travailler” c’est-à-dire d’exercer une activité utile au groupe social … Par utile, je veux dire : locale, mais pas forcément facile et agréable, adaptée car choisie, dans la mesure du possible et si le taulier me permets de radoter : je maintiens que la suppression de la notion de “rentabilité” redonne de l’activité à tous les coins de rues (du monde) …

        Mais je dis vague car je suis en vacances :-)

  • Chalonnais

    Bonne nouvelle, les aminches.
    La taxe sur les papiers publicitaires passerait, merci Michou, de 910 à 300 Euros la tonne !
    Grâce à la crise, les prix baissent, qu’ils disaient.
    entendu hier matin sur France Inter Albert Jacquard parler de décroissance.
    Bonnes vacances à tous

  • Freddi

    Bravo pour cet article SuperNo.

    J’aime bien aller sur Agoravox mais il faut bien avouer que l’on y trouve presque le meilleur et souvent le pire.

    La théorie du complot est bien ancrée dans sa ligne éditoriale même si je m’interroge un peu sur le 11 septembre (notamment sur les causes de l’effondrement des tours).

    Pour revenir au sujet, la réaction des lecteurs est sociologiquement très intéressante puisqu’elle montre que leur horizon intellectuel s’arrête à leurs pouvoirs d’achats.

    Bref, on n’est pas sortie de l’auberge comme disait ma grand mère et j’en viens à penser que Serge Latouche n’est peut être pas loin de la vérité lorsqu’il pense (contrairement à la Vincent Cheynet de la Décroissance) que les changements de comportements ou la sortie de l’addiction ne peuvent se faire que dans une perspective de catastrophe.

    Bref, donnez moi un motif de ne pas tomber dans une certaine misanthropie collective!

    Please !!!

    • NaOH

      On a raison, et tort à la fois, de fixer son attention sur cette demande de “pouvoir d’achat” et d’en tirer des conclusions, parfois hâtives.

      En tous cas, il est bien utile de réfléchir à ça.

      Personnellement, - mais ça m’étonnerait beaucoup que je sois seul dans ce cas -, j’ai besoin de manger tous les jours (ou presque), j’ai besoin de m’habiller (sans forcément renouveler la garde-robe tous les 3 mois), j’ai besoin de payer mon loyer, en hiver j’ai besoin de chauffer (l’Alsace, ce n’est pas la Corse !) etc.
      Il m’est facile de comparer tout ça à mes revenus et lorsque je vois qu’ils commencent à être très limite, j’aurais tendance à m’inquiéter pour ce qu’on appellera mon “pouvoir d’achat”.

      Bien sûr, il y a aussi des tas de dépenses a priori inutiles, mais en même temps, les pressions sociales (et autres, dont la pub omniprésente) font qu’elles sont assez incontournables et ça commence chez les gamins. Il vaut mieux, pour lui, qu’un gamin soit comme les autres, c’est-dire qu’il ait le même look, la même chose dans son cartable (au minimum un téléphone, un mp3, bientôt un ordinateur portable…), etc. Tout ça n’est pas très coûteux, pris isolément, mais l’ensemble chiffre vite… sans compter l’obsolescence rapide de tout ce bazar !

      Bien entendu, c’est un combat titanesque et perdu d’avance, je crois, de lutter contre ça à titre individuel. Si déjà on a la disponibilité nécessaire pour le tenter…

      Alors résumer tout ça par un lapidaire “ils continuent à demander du pouvoir d’achat”…

      • sam

        Bah nous sommes des individus qui sont encore en mesure de choisir… d’acheter ou non, de céder à une mode ou non. dans tous les cas, tu trouveras toujours un groupe auxquel t’identifier et d’autres qui te jugerons par rapports à leurs critères…

        Par exemple, tu as pu être jugé comme un has been parce que tu n’allais pas, comme 8 millions de français [là les chiffres m’ont fait halluciner] faire des UV. Aujourd’hui, l’OMC donne raison aux ex-has benn d’écolo et autres qui les dénonçaient comme dangereux et cancérigènes… Alors tu sais, céder devant la pression collective pour que le gamin ait un MP3, pour moi, c’est pas difficile… Ok, j’en ai un, mais on me la donné et quand j’ai dit que je n’en avais pas besoin, l’ami s’est presque offusqué et m’a dit qu’il se vexerait [et de toute façon, il avait un nouveau encore plus pussant blabla..]

        D’autant que si tu sais que le mode de jugement “has benn” ou “looser-gagnant” appartient quand même à un mode de pensée libérale, dixit jacquard, c’est encore plus facile de s’en extraire.

        • NaOH

          C’est beau, les illusions ! Essaye donc de trouver un appartement ou un boulot… Si tu n’as pas le look qu’il faut, quasiment aucune chance…
          Quant à la facilité de convaincre les gamins de mener la vie adéquate aux problèmes qui commencent à nous tomber dessus… Je pense que tu n’as pas de gamins !

        • sam

          Tu es libre de choisir, le contraire est une illusion ou plutot, dans ton cas, une concession…

          Et tu penses mal… :)

  • Brillante idée de mettre un vieux fusible comme Rocard pour cette taxe carbone revisitée.
    On pouvait le penser moins con quand même, ben non… Mitterrand avait raison! (et ça fait mal de le reconnaître ;-)

  • miha

    oui, oui, Véro une activité utile au groupe social.. exactement… sans notion de rentabilité, de gain monétaire.

    comme une mère de famille qui prépare le repas, par exemple.

    oui, oui, Touchatout, plus de chômeur puisque un salaire minimum d’existence et plus de “méchants” assistés.

    oui, oui, Sébastien, penser différemment.
    Donc pas de décroissance = crise économique.
    c’est évidemment la “croissance” à tout prix qui génère les crises économiques.
    et puis, merde au pouvoir d’achat, luttons contre le vouloir d’achat.

    oui, oui, Freddi, espoir ……… il y a encore des êtres humains “aimables”… plein sur ce forum, par exemple… dont toi.

  • sam

    je n’ai pas lu tout les commentaires, mais ca m’inspire une chose.

    Un socialiste qui fait un rapport sur une taxe (carbone) que demandent les verts.

    Y’a pas à dire , les présidentielles sont bien lancées…

  • astrodom

    Très bon article, qui remet les pendules à l’heure.

    Je ne suis pas toujours d’accord avec Superno (notamment quand il dit que Marx n’y connaissait rien à l’écologie, alors que Marx (et autres, je ne fais pas une fixation) a justement parlé de la limite de la croissance liée à la limitation des ressources naturelles.
    Marx (et autres, on pourrait aussi parler des anarcho-communistes) était avant tout un grand philosophe, c’est à dire quelqu’un qui vivait dans le réel et recherchait la lucidité. Ca ne sert à rien de lui chier dans les bottes en disant qu’il n’est plus d’actualité.
    Il faut au contraire trouver le pont qui relie aujourd’hui les décroissants et les marxistes (éclairés, s’il y en a :-) pour unir nos forces !
    En tout cas, chapeau, cet article sur la taxe carbone met pile dans le mille (comme souvent) !
    Je fais suivre autour de moi !

  • TT

    Un autre angle d’analyse sur la tendance économiciste que révèle la taxe carbone et qui pénètre de plus en plus le traitement par l’Etat des enjeux d’environnement : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/08/01/ce-que-revele-la-%c2%ab-taxe-carbone-%c2%bb/

    • touchatout

      Il n’y a pas lieu de s’étendre sur cette taxe carbone. C’est encore un leurre, rien de plus.

      Rocard l’a dit tout simplement en annonçant : à prélèvements constants.

      Pour agir sur un flux quelconque, il faut soit lui apporter de l’énergie, soit lui en soustraire ; que ce soit pour le diriger, l’augmenter ou le diminuer ; qu’il s’agise d’un flux de liquide, de gaz, d’électricité, de vacanciers ou de poignon.

      Prélèvements constants = effet nul. Ite missa est.

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