
[Photo de SuperNo, pas rancunier !]
Je suis tombé hier sur cet article et des nues par la même occasion. Je ne connaissais pas l’UCI, mais c’est apparemment la “holding” qui se trouve au dessus de Lutte Ouvrière…
Il m’est arrivé à plusieurs reprises dans le passé de voter pour Arlette Laguiller ou Lutte Ouvrière. c’était à l’époque où je n’avais pas vraiment conscience de la gravité des problèmes environnementaux, et où les problèmes sociaux, auxquels j’étais confronté quotidiennement en tant que salarié d’une PMI française, étaient les plus importants.
Lors du dernier meeting électoral d’Arlette Laguiller auquel j’ai assisté, pendant la campagne pour la présidentielle de 2007, j’avais été atterré d’entendre (je résume à peine) : “la pollution, c’est la faute aux patrons !”.
Lutte Ouvrière a développé un discours parfaitement binaire : d’un côté il y a les patrons, de l’autre les ouvriers ! Et la vie est une lutte permanente entre ces deux catégories, lutte dans laquelle le vaillant et courageux ouvrier a une chance de vaincre le salaud de patron. Et de faire quoi, après ? Rouler en 4x4 à sa place ?
Il se trouve que l’immense majorité d’entre nous ne sont ni ouvriers ni patrons ! Ce modèle est donc pour le moins inadapté à une représentation fidèle de la société du XXIe siècle ! Cela dit, si on remplace “patron” par “oligarchie” et “ouvriers” par “salariés”, on se rapproche nettement de la vérité…
Dans ce looooooooooooooong article non signé, Lutte Ouvrière s’en prend à la décroissance avec une férocité qui n’est guère différente de celle avec laquelle le MEDEF s’en prend aux syndicats !
Voici selon eux quelles sont les valeurs de la décroissance :
“Refus de la croissance économique”. Non ! Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, la décroissance ne signifie pas la recherche du plus petit PIB possible, mais la rupture avec un système qui n’a que le PIB et la croissance pour seules boussoles. Ceci dit, il est évident que la fin du consumérisme et le remplacement partiel de la voiture individuelle par les transports en commun ou le vélo entraînera mathématiquement une chute du PIB !
“antiproductivisme”. Si le productivisme est la doctrine qui consiste à produire à tout prix n’importe quoi du moment que ça rapporte de l’argent et sans le moindre égard pour toute autre considération, comme son utilité ou son impact environnemental, alors oui…
“lutte contre la consommation”. C’est encore une fois un raccourci ! On a évidemmeent besoin de consommer. Comme disait Valère dans l’Avare, “il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger”, et on peut le singer par un “il faut consommer pour vivre et non pas vivre pour consommer”. Et c’est hélas bien à cela que nous en sommes rendus !
“Volonté de revenir à une économie locale”. Toujours cette péremptoiritude ! Il vaudrait mieux dire “privilégier les produits locaux“ ! C’est une évidence environnementale ! L’importation de raisin du Chili, de fraises de Huelva , de tomates d’Almeria, de pommes de terre d’Égypte et de poêlées de légumes chinois sont des monuments de bêtise et d’aberration ! Tout cela pousse fort bien en Lorraine ! Et tiens, bonus spécial trotskyste sur les fraises : «Nous n’avions jamais vécu une telle humiliation. Le dictateur Ceaucescu était une brute, mais ce que nous vivons ici est bien pire», témoigne une travailleuse agricole roumaine de 38 ans.”
Cette critique est en outre assez incroyable de la part de Lutte Ouvrière, qui a pourtant suffisamment lutté contre les délocalisations dans l’industrie pour comprendre qu’il s’agit d’un principe néfaste !
“Rejet du progrès technique”. Portnimwak encore une fois ! La seule chose que nous rejetons, c’est le progrès technique qui ne sert à rien (la machine à laver à 223 programmes) ou qui est nuisible (les OGM alimentaires en plein champ), et d’autre part le “progrès technique fumeux” qui justifie une fuite avant, sur le mode : on peut continuer à émettre plus toujours plus de CO2, puisque demain “ils” trouveront le moyen de l’enfouir… Savez-vous, à Lutte Ouvrière, que le “progrès” nous prépare des “HGM” (Humains génétiquement modifiés), dont on pourra sans doute modifier la façon de penser pour la rendre compatible avec la pensée dominante… C’est ça que vous voulez, à Lutte Ouvrière ? Je crains pourtant que vous ne soyez les premiers “modifiés” !
Par contre tout réel progrès technique (c’est à dire utile et non néfaste à l’environnement) est évidemment le bienvenu, je suis même persuadé que c’est une des raisons pour lesquelles la décroissance ne ressemblera pas à un retour au Moyen-Âge.
“Démarche de sobriété ou de simplicité volontaire“ : là, clairement oui ! ça vous défrise ? Vous préférez promouvoir le gaspillage éhonté ?
Et l’énumération se termine par “…sont les piliers de ce nouvel évangile”.
Désolé, mais il me semble qu’il y a beaucoup d’athées chez les décroissants ! Et si aucun Dieu n’existe, les limites physiques de la planète et notamment la fin du pétrole ne sont pas de vains fantasmes théologiques ! Mais libre à vous de qualifier “Le capital”, “Le petit livre rouge”, les œuvres complètes de Trotsky, ou la biographie d’Arlette de “nouvel évangile“…
“L’intérêt pour la décroissance d’une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle, d’une frange de la jeunesse étudiante, paraît indéniable”
Là c’est de la caricature. Il est clair que les décroissants ne forment pas nécessairement pour l’instant un “échantillon représentatif” de la société française. Je l’ai souligné lors du dernier “Contre-Grenelle”. Par exemple l’auditoire était majoritairement blanc. Par contre, il est totalement faux de dire que les participants faisaient partie “de la petite bourgeoisie intellectuelle” ou “d’une frange de la jeunesse étudiante”. Il y en a certainement, comme il y a aussi et surtout des gens “normaux”, qui ont une conscience écologique plus avancée que la moyenne, et qui ont notamment compris quelle impasse funeste est cette société de consommation et de croissance.
Cela dit, c’est vrai, la “classe ouvrière” ou ce qu’il en reste, n’est sans doute pas bien représentée dans le mouvement de la décroissance.
Il semble hélas que nombre d’entre eux se fourvoient, et aient plus confiance en Le Pen ou en Sarkozy pour améliorer leur quotidien. D’autres en sont encore à écouter les vieilles lunes des promesses de Grand Soir dont le résultat a pourtant été le triomphe absolu du libéralisme, et dont ils ont été les principales victimes.
“Les listes Europe Décroissance n’ont recueilli que des scores insignifiants – entre 0,02 et 0,04 % suivant les circonscriptions.”
LO qui se gausse des scores des objecteurs de croissance, c’est l’hôpital qui se fout de la Charité ! Lutte Ouvrière c’était Arlette, et Lutte Ouvrière sans Arlette, ça ne représente plus grand chose, vous allez vous en rendre compte dans les années qui viennent…
D’ailleurs le score minable des listes de la décroissance s’explique avant tout par le fait scandaleux et antidémocratique que les listes Europe-Décroissance (comme d’autres, d’ailleurs) n’ont pas les moyens d’imprimer leurs bulletins de vote. Les grands partis en sont arrivés à ce niveau d’ignominie pour garder leurs prérogatives…
“Il est clair que le glissement vers la décroissance d’une partie des partisans de l’altermondialisme serait un recul, du point de vue des idées. L’altermondialisme en effet, malgré ses limites et son caractère profondément réformiste, se situe au moins sur le terrain de la dénonciation des inégalités, et prétend vouloir mieux répartir les richesses entre les différentes régions de la planète.”
Je me sens toujours altermondialiste, et je me reconnais dans votre définition. Je sais qu’un autre monde est possible, et je le veux ! Et je ne vois aucune incompatibilité avec la décroissance, qui devra être réellement démocratique (contrairement à cette démocratie de façade, tenue par les multinationales, qu’est le libéralisme) et qui doit être l’occasion de mieux partager les richesses, puisque ceux qui doivent décroître le plus sont évidemment les riches !
Mais quand on écrit que “La décroissance serait un recul”, c’est qu’on n’a rien compris ! Il n’y a pas lieu d’employer le conditionnel là où le futur simple s’applique à merveille : la décroissance SERA sans doute un recul sur un certain nombre de points. Mais une chose est sûre : la décroissance SERA, par obligation physique et géologique ! Une fois qu’il n’y aura plus assez de pétrole sur terre, il faudra bien s’en passer, et donc décroître ! A moins que les trotskystes partagent les lubies scientistes des sarkozystes, du genre “ils” vont bien trouver quelque chose pour le remplacer… “ils” ont intérêt à se magner le cul, car le début de la pénurie viendra plus vite que les certitudes confortables (bah, y’en a encore pour 40 ans !) nous le sussurent ! Devant une situation certaine, on n’est pas obligé de se réjouir, mais entre s’adapter et faire l’autruche, vous choisissez quoi ?
“La décroissance, elle, ou plutôt la nébuleuse d’organisations, de journaux et d’individus qui se réclament d’elle, se situe sur un tout autre terrain : celui des idées franchement réactionnaires.”
Je me disais justement que si on remplace “décroissance” par “communisme” et “réactionnaires” par “archaïques”, (on peut garder le mot “nébuleuse”) c’est encore plus vrai !
Lutte Ouvrière fustige ensuite Latouche, qui ose dénoncer « le totalitarisme développementiste et progressiste » et Le « totalitarisme progressiste ».
Mais qui a écrit que la décroissance devait s’appliquer à une femme africaine qui doit faire des kilomètres pour aller chercher de l’eau ? Qui a écrit que la construction d’hôpitaux en Afrique était une connerie ? Qui a dit que les trithérapies étaient nuisibles ? Je ne connais pas un décroissant qui se reconnaîtrait des ces propos qui ne sont qu’ interprétations mal ficelées.
Il serait par contre intéressant de faire le rapport entre d’un côté la fourniture d’hôpitaux et de trithérapie, et de l’autre les ventes d’armes ou le pillage des matières premières ou des terres agricoles…
“On retrouve le même type de propagande anti-progrès dans un numéro de la revue décroissante Silences, qui a publié en Une un dessin montrant trois personnages monstrueux, mi-humains mi-reptiles, sous la légende : « Ils veulent détruire le monde ». Ces trois personnages étaient ainsi présentés : « La trilogie maléfique : croissance, consommation, progrès. » “
Comme je ne connais pas cette revue “Silences”, je suis mal placé pour répondre. Je n’ai pas de problème à rejeter la doctrine de la croissance et de la consommation. Je suppose que c’est le troisième mot qui pose problème. Mais qu’est-ce qu’un progrès ?
Évidemment, “progrès” ça a l’air bien. Mais quand on voit ce qu’on nous présente comme “progrès”… Un peu comme lorsque Sarkozy nous présente ses “réformes” ou nous dit qu‘“on est dans un pays où il est impossible de réformer !”
Tiens, je me rappelle les propos de Jean-Marie Pelt (qui est certes écolo, mais pas de gauche ni décroissant !) qui pointait du doigt les mots qui étaient à l’origine de nos problèmes : “croissance”, “réforme”, “création de richesse”, “compétition”, “performance”, “excellence”… Des évidences, que toute personne qui réfléchit admettra sans difficulté. Sauf les aveugles, bien entendu® !
“Les idées de « lutte contre la croissance », ainsi que leur pendant en matière de démographie, le malthusianisme, refont régulièrement surface pour tenter de répondre aux angoisses nées des crises. Cela n’a rien de réjouissant pour autant. Et nous pensons que les communistes révolutionnaires, même s’ils ne sont nullement des partisans de la croissance à tout prix, ni des « productivistes » acharnés, doivent militer résolument contre de tels courants. Tout simplement parce que nous nous plaçons, nous, sur le terrain du progrès humain et scientifique plutôt que sur celui d’un retour en arrière général de la société. “
Vous pouvez vous placer sur le terrain que vous voulez, ce n’est pas vous qui allez inventer la croissance infinie et trouver du pétrole ! Vous feriez mieux de réfléchir avec nous à la moins mauvaise manière de gérer la pénurie future !
Les théories de Malthus sont évidemment contestables, mais au moins dignes d’attention. Une hausse importante de la population mondiale poserait évidemment un problème de ressources. A titre personnel je ne pense pas que la démographie soit le principal problème. La surpopulation peut se régler sans violence, en l’espace d’une ou deux générations. La population est déjà stabilisée en occident, il peut en être rapidement de même partout ailleurs.
Par contre, pour le coup c’est vrai, beaucoup de décroissants pensent le contraire.
“Cette hétérogénéité permet à ce courant de dire tout et n’importe quoi, et explique que certains de ses partisans se réclament de l’extrême gauche et d’autres, comme Alain de Benoist, clairement de l’extrême droite. Citons, à titre d’exemple et sans chercher à généraliser ce type de propos à tout le courant décroissant, le théologien Jacques Ellul, considéré comme un des pères de la décroissance, qui écrivait en 1986 : « Nous constatons que dans la Bible, l’intervention divine a lieu quand l’inhumanité, quand le mal moral et physique dépasse les bornes. Dieu provoque un événement approprié à cet excès d’inhumanité, qui placera l’homme devant le choix de se repentir ou de mourir. Je suis convaincu que l’apparition du virus du sida correspond à cet ordre d’action de Dieu .”
Que ce soit clair : les illuminés d’extrême droite sont des parasites et des usurpateurs du mouvement de la décroissance ! Les idées de la décroissance sont à l’exact opposé de celles de la droite libérale, et sont donc forcément des idées de Gauche.
Alain de Benoist est connu pour être un usurpateur. Je suis plus surpris pour Ellul. S’il a réellement dit ça, c’est une grosse connerie, voilà tout. Cela dit, il est mort depuis 15 ans, il vaudrait mieux poser la question aux survivants, et je doute que vous en trouviez un pour répéter ce genre de propos !
Je n’ai pas davantage envie de justifier les propos d’Ivan Illich sur la “déscolarisation”, totalement hors sujet. Le danger aujourd’hui, c’est la privatisation de l’école et de son contenu. Heureusement qu’il y a encore des enseignants qui résistent…
“Bien entendu, tous les décroissants ne profèrent pas de semblables insanités.“ : C’est sympa de le reconnaître !
“Si une partie de ce courant considère le sous-développement comme un bienfait, d’autres disent vouloir combattre celui-ci, mais en préconisant que les habitants des pays dits riches… se serrent la ceinture. L’idée étant que, le gâteau n’étant pas assez gros pour tout le monde, il faut que les pays occidentaux mangent moins pour que les pays pauvres mangent plus.”
C’est simple : on considère que la limite acceptable pour les émissions de CO2 est de 2 tonnes par habitant et par an. Les chiffres sont implacables : les États-Unis et le Canada en sont à plus de 20 tonnes, la France 6 tonnes. La Chine 3.8, l’Inde 1.2 et la plupart des pays d’Afrique sous les 0.5
Ce n’est pas de l’idéologie, ce sont des mathématiques ! Quand 1 milliard de personnes ne mangent pas à leur faim (chiffres de l’ONU), que près de vingt mille enfants meurent de faim chaque jour, et qu’en même temps un autre milliard est gavé jusqu’à l’overdose et souffre d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires, il y a sûrement mieux et plus simple à faire que de concevoir des médicaments contre le diabète pour les riches, même si ça génère cette fameuse “croissance” qui prouve ainsi son imbécillité !
Ben oui, m’sieur Lutte Ouvrière ! La bouffe industrielle ne sert qu’à générer des profits pour quelques pontes de la grande distribution, et à empoisonner les pauvres ! L’actualité a montré que si la bouffe est trop chère, ce n’est sûrement pas à cause du prix de revient des matières premières, mais bien parce que des intermédiaires, grande distribution en tête, exploitent à la fois le producteur et le con-sommateur pour faire des marges insensées !
En France, les obèses sont très souvent des pauvres qui se gavent de bouffe de merde achetée pour 3 sous chez un “hard discounter” ou dans les fast-food, kebab, pizzas etc…, et composée de mauvaises graisses (de l’huile de palme issue de la déforestation indonésienne), de sel et de sucre à outrance, et de saletés diverses. S’ils bouffaient moins, mais de meilleure qualité, ça ne changerait rien pour leur porte-monnaie, mais ils se porteraient mieux et profiteraient probablement plus longtemps de leur retraite…
“Il s’agit ici de culpabiliser les prétendus « riches » que seraient les habitants des pays développés.”
Je l’ai dit et je le répète, ce ne sont pas les Smicards et les RMistes qui seront les plus touchés par la décroissance !
“Cette façon de raisonner, finalement pas très éloignée d’une conception chrétienne de la charité, n’est évidemment pas non plus la nôtre. Comme l’écrivait Bertolt Brecht dans sa Chanson de Salomon : « Saint Martin a donné la moitié de son manteau à un pauvre. Comme ça ils sont morts de froid tous les deux ». Serions-nous d’odieux « productivistes », parce que nous préférons lutter pour un système qui permettrait de produire autant de manteaux qu’il y a de gens qui ont froid ?”
Vous y tenez, à votre religion ! La décroissance a pourtant des bases matérialistes (pas de croissance infinie dans un monde fini), éventuellement philosophiques, mais sûrement pas théologiques !
“Quelle que soit la tendance à laquelle ils appartiennent, cette thématique du retour à la pauvreté est constamment présente dans la propagande des décroissants. Jusqu’à la nausée : la Une du journal La Décroissance, en septembre 2004, osait clamer sur cinq colonnes : « Vive la pauvreté ! ». Il n’est pas sûr que les six millions de personnes en France qui vivent des minima sociaux, que les 3 000 chômeurs supplémentaires par jour, qui vont s’inscrire en ce moment au Pôle emploi, apprécient. De même qu’il n’est pas évident que les millions de travailleurs qui ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois adorent la Une récente du même journal : « Merde au pouvoir d’achat ! »
Il faut d’abord expliquer que la provocation est le mode de fonctionnement favori de “La Décroissance”. Et ajouter qu’on n’est pas obligé d’être toujours d’accord avec eux. Mais dire “Merde au pouvoir d’achat”, c’est d’abord dire merde à la politique productiviste et con-sumériste de Sarkozy et des libéraux. Le “pouvoir d’achat”, c’est le “travailler plus pour gagner plus”, c’est la retraite à 67 ans, c’est le travail du dimanche. Et c’est cette connerie qui a poussé tant d’ouvriers à voter Sarkozy. Et vous ne comprenez pas qu’on dénonce et qu’on se moque de cette hideuse expression ?
Les pauvres sont encore plus que d’autres perméables au discours décérébrant des publicitaires, et, puisqu’ils ne possèdent pas grand chose, envieux des biens matériels des riches. “Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches“®, selon un adage de Desproges que je cite à outrance. C’est hélas ce qui transparaît souvent dans les revendications des grévistes et de l‘“extrême gauche” : le patron est un salaud qui roule en 4x4, exigeons un 4x4 pour chaque ouvrier ! Cela n’a pas de sens !
La philosophie de la Décroissance, c’est qu’on n’a pas besoin de gadgets stupides pour être heureux. “Plus de lien, moins de bien”.
“Mais c’est que tous ces pauvres ne veulent pas comprendre, selon les décroissants, que toutes les choses confortables et pratiques qu’ils veulent avoir, telles qu’une machine à laver, une voiture, un ordinateur, une connexion Internet, etc., ne sont que des gadgets stupides qui éloignent de la simplicité, de la spiritualité et du retour sur soi. D’ailleurs, il faut croire que les plus pauvres des travailleurs sont les meilleurs pratiquants de la décroissance, puisqu’ils expérimentent régulièrement – bien contre leur gré il est vrai – des « actions » prônées par les décroissants telles que les « journées sans achat » ou les « Noël sans cadeaux ». “
Tiens, parlons de la bagnole. Il FAUT en avoir une. Voire une par personne. Une récente, sinon t’es has been. Une grosse, pour montrer son importance. Un 4x4, c’est idéal. Au nom de cette idéologie con-sumériste débile, des ouvriers s’endettent comme des malades auprès d’usuriers qui les attendent en se frottant les mains, et se pourrissent la vie à rembourser en bramant après leur “pouvoir d’achat”. Au fait, quelle est l’utilité principale de la voiture : aller au travail. Et l’utilité principale du travail : gagner assez d’argent pour s’offrir une voiture conforme à la description ci-dessus : quelle philosophie de merde ! Et à cause de ce tout-bagnole, on sacrifie les transports en commun et les moyens de transports alternatifs, et on promeut des aberrations comme le fait d’habiter à 100km de son boulot ou de construire ces hideuses verrues comme les “zones commerciales”, celles qui seront bientôt toutes ouvertes le dimanche, et où on ne peut se rendre qu’en bagnole. C’est le monde selon Sarkozy, j’ignorais que c’était aussi “Le monde selon Arlette”
Quant au “Noël sans cadeau”, il n’y a rien de plus vulgaire que cette foule compacte et manipulée qui se presse à la mi-décembre dans les temples de la con-sommation, cette course au cadeau obligatoire, où on achète à la dernière minute un truc ridicule et hors de prix à la tante Ursule, parce que c’est comme ça.
Internet et l’ordinateur, j’ai déjà dit que je n’étais pas d’accord avec ce que dit “La Décroissance” et que leurs calculs étaient fumeux. Par ailleurs, en plus de ses possibilités grandioses, Internet est un formidable moyen d’éviter d’émettre du CO2 (par le télétravail, la vidéoconférence, la dématérialisation des supports…)
La machine à laver bouffe beaucoup d’électricité, c’est indéniable. On pourrait très bien s’en passer si on avait le temps de laver son linge ! Mais aujourd’hui, le moindre espace de temps, le dimanche, la vieillesse, doit être consacré au sacro-saint travail. Et cet amour du travail semble partagé tant par Sarkozy et sa clique que par Lutte Ouvrière ! Mais pas par les décroissants, qui y voient une forme ultime d’aliénation.
Vous consacrez un article à démolir la décroissance sans même aborder des thèmes pourtant essentiels de cette philosophie : la désintoxication du travail en est un ! “Travailler moins pour vivre mieux” en est un bon slogan. Si nous sommes toujours pressés, si nous n’avons jamais le temps de rien, ce qui nous pousse à rouler trop vite, à ne pas avoir le temps de laver son linge ou à acheter des saloperies industrielles plus connues sous le nom de “plats cuisinés”, c’est d’abord à cause du boulot ! La décroissance, c’est partager le travail et non se faire concurrence pour en avoir ! Et certains proposent de mettre en place un revenu d’existence, versé que l’on travaille ou pas, et qui soit suffisant pour pouvoir manger, s’habiller, se loger. Pour Sarkozy, un chômeur est un parasite que l’on doit stigmatiser et obliger à reprendre un travail, n’importe lequel. Dans le schéma de la décroissance, cette discrimination n’aurait plus lieu d’être.
Les décroissants prennent acte qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, que beaucoup de métiers (la pub, la finance, l’armée…) ont une utilité discutable, voire une nocivité certaine : il suffit donc de partager le travail restant, ce qui libérerait du temps pour laver son linge, éplucher ses légumes et… prendre des vacances plus longues…
“Il y a beaucoup d’indécence à prôner ainsi la misère dans une société où tant de gens n’ont rien.”
Rien, vraiment ? Vous parlez de l’Afrique ? Ah non, de la France ! Aujourd’hui, dans la plupart des foyers, même archi-pauvres, il y a une bagnole et plusieurs télés, dont une grande à écran plat… Quant aux vrais pauvres, ceux qui n’ont rien de tout ça, ils n’ont évidemment rien à craindre de la décroissance !
“Mais cela ne dérange visiblement pas trop les décroissants, qui affichent, pour beaucoup d’entre eux, un mépris assez sidérant pour les plus pauvres, les moins cultivés, ceux qui n’auraient pas, comme eux, assez d’intelligence ou de culture pour comprendre que le confort ne sert à rien ; ou que pour économiser l’eau des chasses d’eau, aller aux toilettes dans une litière sèche, comme les chats, est le comble du bonheur. “
Là, je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer. Vous parlez des décroissants exactement comme Sarkozy, en prenant quelques exemples bien choisis (les décroissants habitent dans des yourtes, les décroissants chient dans des toilettes sèches, les décroissants font du compost dans leur cuisine avec des vers de terre…) pour les tourner en ridicule. Vous serez tous décroissants un jour, mais je parie que vous échapperez aux vers de terre !
“La décroissance apparaît comme une doctrine individuelle et individualiste, dans ses constats comme dans ses modes d’action. Pour une bonne partie de ses promoteurs, il faut « se changer soi-même pour changer le monde » – ce qui revient à nier toute possibilité d’un changement de société par des moyens de lutte collective.”
Non, non et non ! Et merde aussi ! Je ne sais pas si vous ne comprenez rien ou si vous faites exprès, mais la décroissance, c’est tout le contraire de ça ! Ce que vous décrivez, c’est le libéralisme économique, qui a transformé un pays de 60 millions d’habitants en 60 millions d’individus mus par l’obsession de la possession. Le libéralisme, c’est la compétition. La décroissance, c’est l’entraide, la solidarité. Rappelez-vous le slogan de la décroissance : “plus de lien, moins de bien !”. La décroissance, c’est aider le pote qui habite près de chez lui. Le libéralisme, c’est avoir des milliers d‘“amis” que vous ne verrez jamais ailleurs que sur Fesse-Bouc !
Pour l’instant, les décroissants sont hélas souvent des individuels qui appliquent par conviction les principes de la décroissance, quitte à en faire trop. Mais n’oubliez pas que demain la décroissance sera obligatoire, et que ce ne sera pas la politique ou une idéologie quelconque qui nous y contraindra, mais bien des réalités physiques. Certains y seront préparés, d’autre, les plus nombreux, et notamment les militants de Lutte Ouvrière, tomberont de très haut…
“Les modes d’action prônés oscillent, pour la plupart, entre le ridicule et le choquant. Ainsi le « manuel du bon rétrogradeur » publié dans La Décroissance préconise-t-il de « se libérer de la télévision, de l’avion et du téléphone portable ». De l’automobile également, bien sûr, qu’il conviendra de remplacer par « des charrettes à cheval ».
Riez, fermez les yeux sur la fin du pétrole ! Vous aussi vous croyez à la voiture électrique ? La réalité vous rattrapera. Je vois effectivement un grand avenir au cheval en tant que moyen de locomotion.
“Au passage, pour ceux qui se demanderaient ce qu’il adviendra des travailleurs qui produisent lesdites automobiles, un rédacteur du journal La Décroissance a écrit un article en 2004 intitulé : « Fermons les usines Citroën ! »”
On touche du doigt les contradictions de la “gauche” traditionnelle. Ils sont contre Sarkozy, contre le libéralisme, mais ils veulent construire le maximum de bagnoles et de centrales nucléaires… pour donner du boulot aux ouvriers. Ils pensent donc comme Sarkozy !
Les décroissants préfèrent supprimer les métiers inutiles et nuisibles, et partager le travail restant ! Les compétences des ouvriers seraient bien mieux utilisées à produire des trains, des bus ou autres moyens de transports collectifs pour remplacer les millions de bagnoles individuelles superfétatoires, symboles du XXe siècle et du libéralisme triomphant, désormais indécentes et révolues au XXe siècle.
A ce sujet, lisez la remarquable traduction qu’a faite Touchatout, correcteur officiel de ce blog, du billet de Michaël Moore qui s’inquiète de l’avenir des ouvriers de GM.
“Certains décroissants prônent, comme modèle d’action collective, le boycott des marques, le fait de refuser de faire ses courses dans les hypermarchés pour préférer le « lien direct avec le petit producteur », celui de cultiver soi-même ses légumes ou de fabriquer ses vêtements, bref, appellent à « changer leurs modes de consommation ». L’idée étant d’étouffer le grand capital en lui coupant l’oxygène que lui procure la vente de ses marchandises.”
Tout à fait, et en vertu du principe selon lequel “il suffirait que les gens ne les achètent pas pour que ça ne se vende plus !” ®.
Et il est possible de faire cela progressivement, sans la moindre gêne : j’ai personnellement divisé par 2 mes dépenses d’hypermarché depuis le début de ce blog ! Ne pas acheter de “grande marque”, c’est déjà refuser de payer l’overdose de pub qu’elles nous font subir ! Les hypermarchés sont la forme la plus nocive du libéralisme : produits de merde achetés au plus bas prix (et donc en exploitant les producteurs et les ouvriers) n’importe où dans le monde, revendus avec une marge énorme. Obligation d’y aller avec une bagnole. Personnel fliqué et surexploité. Paillettes et promos bidon à tous les étages. Bénéfices expatriés dans les paradis fiscaux. C’est ça le monde rêvé de Lutte Ouvrière ? Vous me décevez, les gars !
“Un tel mode d’action serait inaccessible aux plus pauvres ? « Alibi égoïste ! », répondent les décroissants.”
D’autant que c’est faux ! Il n’y a aucune raison que la bouffe achetée sur un marché local soit plus chère que la merde additivée et suremballée des grandes surfaces !
“C’est ainsi que dans un article de La Décroissance de juin 2009, l’auteur évoque certaines épidémies récentes, vache folle, grippe aviaire ou grippe porcine. Selon lui, la grippe porcine aurait pour origine l’élevage industriel des porcs (ce qui est discutable, mais c’est un autre débat).”
Tout est discutable, mais la thèse la plus sérieuse aujourd’hui est que la maladie a bien démarré dans un camp de concentration élevage de cochons au Mexique, appartenant à l’hydre multinationale de la bouffe de merde Smithfield (plus connu chez nous sous les noms de “Aoste”, “Justin Bridou”, “Jean Caby”, “Weight Watchers”, que l’on trouve dans tous les rayons des hypers, mais pas sur les marchés !). Les oiseaux sauvages ont été montrés du doigt lors de la “grippe aviaire”, alors que la contamination se faisait justement dans les élevages !
“Voici son raisonnement : l’élevage industriel vise à produire de la viande peu chère, à destination des ménages qui ne peuvent, ou plutôt ne veulent selon lui, pas trop dépenser. Si ces ménages acceptaient de payer plus cher leur viande, il n’y aurait plus de marché, donc plus d’élevage en batterie, donc plus de maladies de ce type. CQFD. Nous n’inventons rien. L’auteur de l’article écrit : « En tant que citoyens des pays développés, il conviendrait de nous poser la question de notre responsabilité personnelle. Parce que, si à l’achat d’un produit le prix est l’un de mes critères importants, je suis personnellement responsable de ce genre de crise. En achetant le poulet à 6 euros le kilo ou un T-shirt à 5 euros, qui peut honnêtement croire que les méthodes de production puissent être écologiquement ou socialement acceptables ? “
Pas un mot à changer : acheter de la merde à 3 sous en provenance d’on ne sait où, c’est promouvoir le système des maquiladoras et des sweat-shops, ce même système qui a provoqué la ruine de l’industrie occidentale, et en particulier française. Et c’est Lutte Ouvrière qui se fait complice de cette saloperie ! On aura tout vu !
“Faudrait-il donc boycotter les produits bon marché ? De toute façon, un tel système serait impossible à généraliser dans une société où les capitalistes régentent toute la vie économique et sociale, où ce sont eux qui maîtrisent et la production, et les prix, et les salaires. “
Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? Vous vous couchez, vous admettez votre défaite ? Vous avez renoncé à la révolution ?
“Prôner la fin de la grande production industrielle et de l’agriculture mécanisée, la « relocalisation de l’économie », c’est vouloir faire revenir le monde trois siècles en arrière.”
Oui, c’est ce que dit Juppé, aussi. Une sacrée référence !
“Pour nous, l’avenir est à la mondialisation communiste et pas, comme le prétend le décroissant Paul Ariès, à « une Europe dont chaque pays aurait ses propres moyens de vivre ».”
Ah oui ? Sérieusement ? A force de lire, relire et rerelire Marx, n’auriez-vous pas zappé quelques épisodes historiques ces 150 dernières années ? Le communisme, c’est mort, les gars, il va falloir faire votre deuil et passer à autre chose… Même la LCR a viré ce mot de son nouveau nom, c’est dire ! Vous êtes les derniers dinosaures…
“Nous avons donc un tableau à peu près complet de la décroissance : une théorie individualiste, prônant la pauvreté volontaire, la baisse de la productivité et de la croissance économique, la limitation des naissances et le retour à la terre.”
Nous avons donc un tableau à peu près complet de ce qu’on peut faire avec de la mauvaise foi, des mensonges, des erreurs d’interprétation, de la focalisation sur des anecdotes sans importance, et l’oubli des bases essentielles…
Je zappe le passage sur le malthusianisme, j’en ai assez dit là-dessus, et ne suis pas plus qualifié pour juger les joutes idéologiques entre Malthus, Marx et Engels que celles entre Jeanne d’Arc et le roi Charles VII… J’en extrais juste une :
“Aujourd’hui, certains courants anarchistes et nombre d’écologistes sont plus ou moins ouvertement malthusiens. Le Vert Yves Cochet a par exemple récemment proposé, dans le but de limiter les naissances, de couper les allocations familiales aux familles ayant plus de trois enfants, au prétexte qu’un enfant européen aurait « un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New-York ». Sans commentaire.”
Mais si, on peut commenter. Cochet est aujourd’hui le seul véritable opposant dans une assemblée nationale quasi-consensuelle. Il est aussi l’un des seuls à avoir une vision réaliste de l’avenir, même si elle est forcément plus sombre que la vision libérale des bêlants de la croissance infinie, qui voient dans leurs rêves les plus fous des “usines non polluantes” et des “centres commerciaux verts”, avec des parkings pleins de bagnoles électriques…
Je suppose que cette proposition est une provocation pour ouvrir le débat. Mais cela ne me choque pas. Au XXe siècle, les parents de familles nombreuses étaient des héros de la nation. Au XXIe, ce sont des intégristes religieux ou des abrutis complets. C’est une manière non-violente de limiter la population, même si, au risque de me répéter, l’Europe n’en a guère besoin…
“Le raisonnement de Malthus est de dire qu’il y a trop de monde pour pas assez de ressources. Celui des décroissants, qu’il n’y a pas assez de ressources pour que tout le monde vive dans le confort. Les termes du raisonnement sont inversés, mais c’est le même.”
Ça peut paraître scandaleux, mais vous pourrez retourner le problème par tous les bouts, c’est la stricte vérité ! Et à moins de la travestir (ce en quoi les communistes ont certes une grande expérience), le mieux est de l’admettre et de faire avec !
“Ce courant, dont on voit qu’il ne dépasse guère le degré zéro de la réflexion politique, est-il vraiment en train de se développer ? En tout cas, il séduit un certain nombre de jeunes dans les milieux intellectuels. Et le petit succès des écologistes aux élections européennes a visiblement donné envie à beaucoup de commentateurs de prendre en marche le train – ou la charette à cheval – de la décroissance.”
Tant mieux ! De toute façon la réalité rattrapera tout le monde, et il est donc logique que ses thèses imprègnent petit à petit tous les esprits !
“Jean Gadrey, « membre du conseil scientifique d’Attac », dénonçait « le paradigme actuel de développement, fondé sur l’impératif de croissance ». Selon ce savant économiste, il va falloir apprendre à créer des emplois « sans gain de croissance ni de productivité ». Et c’est à un vaste retour en arrière qu’il appelle ses lecteurs, avec par exemple « le remplacement progressif de l’agriculture industrielle (…) par de l’agriculture biologique de proximité ». Naturellement, tout ce discours est émaillé de bonnes paroles sur les « créations d’emplois » que généreraient de telles mesures. Certes. De la même manière, le remplacement des automobiles par des chaises à porteurs, ou des cargos par des galères, générerait un bon nombre d’emplois. Mais serait-ce vraiment un progrès ? “
Vous pouvez relier ce que j’ai écrit sur la fin de l’aliénation au travail, qui n’a pas encore forcément été intégrée par tous les gens d’ATTAC !
“Dans la même double page du Monde, le sociologue Edgar Morin soutient plus franchement encore les thèses décroissantes – et dans ce qu’elles ont de plus ridicule. Le but ultime de l’écologie politique, c’est selon lui de « poétiser la vie ». Tout un programme, qui passe par la lutte contre les « intoxications consuméristes » et la nécessité de « changer nos vies dans le sens de la sobriété ». Morin se réfère explicitement dans son article au théoricien de la décroissance, le « révérend père » Ivan Illich. Et il conclut avec ces propos assez niais : « Toutes les solutions envisagées sont quantitatives : croissance économique, croissance du PIB. Quand donc la politique prendra-t-elle en considération l’immense besoin d’amour de l’espèce humaine perdue dans le cosmos ? ». Remplacer la croissance par de l’amour, cela ne remplira pas le ventre des millions d’enfants qui meurent de faim dans le monde chaque année, mais cela permettra au moins, selon Morin, de « poétiser leur vie ». Ou leur mort, en l’occurrence.”
Perseverare diabolicum ! Comment pervertir un discours par des interprétations à côté de la plaque ! En réalité, la recherche d’une vie meilleure, qu’Edgar Morin énonce forcément mieux que moi (à chacun son boulot), n’a rien d’incompatible avec le fait de sauver des enfants de la famine ! Au contraire ! La décroissance, c’est la solidarité et le partage. Et l’agriculture permet de nourrir tout le monde sans recourir aux OGM !
A moins que Lutte Ouvrière ne soit du côté de la secte tentaculaire Monsanto et de leurs semblables, qui veulent imposer au monde leur business model lucratif mais mortifère, à coup de mensonges éhontés sur l’obligation de recourir aux OGM pour nourrir toute la population !
“Au-delà des écologistes eux-mêmes, la plupart des partis de gauche, PS, PCF, et même le NPA, flirtent avec les idées de « décroissance », « rupture avec la croissance » ou « antiproductivisme ».”
Tant mieux ! Et cela porte un nom, voire plusieurs : “prise de conscience”, “lucidité”, “désintoxication“…
“Dans les « principes fondateurs » du NPA – texte dans lequel il n’y a pas une seule occurrence du mot « communisme » – on trouve le paragraphe suivant : « En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables… »”
C’est bien ! Sauf que l’on ne retrouve pas toujours dans la tête des militants les beaux discours des “principes fondateurs”…
“Relocaliser l’économie », qu’est-ce que cela veut dire ? Que les différentes régions de la planète devraient vivre en autarcie ? Voilà qui va compliquer quelque peu « la redistribution des richesses », vu que certaines régions de la planète sont totalement incapables, pour des raisons géographiques, climatiques et géologiques, de produire un certain nombre de richesses.”
C’est pas possible ! Vous êtes vraiment cons ou vous le faites exprès ? Évidemment que ce n’est pas à prendre au sens strict ! Mais les ouvriers français n’ont-ils pas assez souffert des délocalisations, et la planète de la pollution par les transports pour que vous ne soyez pas capables de comprendre un principe aussi élémentaire, et dont seul l’appât du gain a pu faire déroger ?
“Mais certains membres du NPA vont bien plus loin. Philippe Corcuff, enseignant à Sciences Po Lyon, sociologue et « spécialiste de philosophie politique », membre de la direction du NPA après l’avoir été de celle de la LCR, a ainsi participé, le 2 mai dernier, à un colloque organisé par le journal La Décroissance sur le thème : « Non au capitalisme vert ». Dans son intervention, il souligne « les nouvelles convergences » entre « anticapitalisme et antiproductivisme ». Dans le charabia prétentieux qui est souvent la langue des sociologues, Corcuff se félicite que chacun (anticapitalistes et antiproductivistes) ait « amorcé une autoanalyse critique de ses propres impensés »”.
Oui, j’ai assisté à cette conférence, dont j’ai fait un petit compte-rendu ici. Corcuff a entièrement raison, mais je crains qu’il ne soit guère représentatif de la pensée d’un militant moyen du NPA. De la difficulté d’avoir raison avant tout le monde…
“Il n’y a en fait que ceux qui ne connaissent ni Marx ni le marxisme qui pensent que celui-ci était un « productiviste » acharné, incapable de se poser la question de l’épuisement des ressources naturelles ou de la lente destruction de la planète par le système capitaliste. Bien au contraire : Marx et Engels ont sans doute été parmi les premiers à poser ces problèmes. “
Mais vous allez nous lâcher avec Marx et Engels, hein ? Marx et Engels étaient des philosophes du XIXe siècle, pas du XXIe… Et même s’ils ont pu écrire des trucs intéressants, les problèmes d’aujourd’hui leur étaient largement inconnus, et il vaudrait mieux sortir la tête des vieux bouquins et regarder le monde d’aujourd’hui en face. Et en admettant que Marx ne fut pas intrinsèquement productiviste, ceux qui s’en réclamaient, les Thorez, les Marchais, les Krasucki… le furent assurément ! Ils n’étaient pas spécialement originaux, d’ailleurs, puisque l’ensemble de la classe politique française, de Le Pen à Besancenot, bêle après le retour de “La croissance”. Même si, surtout chez les Verts, mais aussi au NPA, au PG et même au Modem, certains commencent effectivement à comprendre les vraies données du problème, ce qui semble vous chagriner.
“Essayer d’imaginer ce que seront les capacités productives de la société dans cinquante ans est impossible. Le raisonnement des malthusiens sur ce sujet est aussi absurde que le dialogue d’une plaisanterie célèbre : deux hommes de Cro-Magnon bavardent en revenant de la chasse aux mammouths. L’un dit : « Tu sais, je crois qu’il y aura six milliards d’être humains dans 40 000 ans. » – « Tu es fou, répond l’autre. Il n’y aura jamais assez de mammouths. Il faudrait au moins 6 000 planètes ! »”
Ah, on sait rire, à lutte Ouvrière ! Je croyais que c’était le genre de blague que Longuet racontait à Madelin !
“Alors, non, nous ne pensons pas que l’avenir de la société soit dans la réduction de la croissance à tout prix. Pas plus que nous ne pensons qu’il réside dans l’augmentation de la croissance à tout prix.”
D’abord, il ne s’agit pas de “réduire la croissance”, qui est du jargon de journaliste économique inculte (pléonasme), mais bien de réduction du PIB. Je n’ai pas de désaccord avec cette phrase… Sinon que le PIB baissera de toute façon sous les lois de la physique qui font qu’on ne peut pas faire rentrer deux litres d’eau dans une bouteille d’un litre…
“Cette augmentation est, de fait, une des lois du capitalisme, système dans lequel le seul régulateur de la production est le marché aveugle.”
Oui, tout à fait !
“Seule une société libérée de la concurrence, où la production serait démocratiquement planifiée en fonction des besoins, pourrait être une société où la croissance est maîtrisée”
Comme à Moscou, où on peut (pouvait ?) voir des murs sans fenêtres avec des balcons, parce que le plan s’était gouré sur le nombre de balcons à fabriquer, mais qu’une fois fabriqués, il fallait bien les employer ?
“Une telle société, cela s’appelle une société socialiste ; et elle ne pourra voir le jour qu’à la suite d’une profonde révolution mondiale, qui mettra fin à la dictature des capitalistes sur la société.”
J’ai déjà entendu ça… En 1917, non ?
“les décroissants prônent l’action individuelle, le chacun pour soi. La plupart d’entre eux ne préconisent nulle lutte collective, mais conseillent à chacun de se retirer du monde moderne pour sauver sa propre peau…”
Il ne suffit pas de répéter un mensonge plusieurs fois pour qu’il devienne une vérité !
“Avec les décroissants, les capitalistes n’ont pas de souci à se faire.”
Pourtant, lorsqu’on leur parle de décroissance, ils se fâchent. Alors que lorsqu’on leur parle de communisme, ils rigolent… C’est quand même un signe, non ?
“Bien au contraire : si, ce qui est fort peu probable, les idées décroissantes dépassaient le cercle fermé de la petite bourgeoisie écologiste, ce serait une bénédiction pour les capitalistes : ils auraient face à eux des travailleurs qui non seulement accepteraient leur sort, mais seraient tout joyeux de voir leur pouvoir d’achat se dégrader, au nom du retour à la simplicité.”
Je crois au contraire qu’ils seraient désespérés de voir que leurs saloperies ne se vendraient plus, que la publicité ne parviendrait plus à tromper comme par le passé, ou qu’ils ne pourraient plus remplacer les ouvriers occidentaux par des esclaves asiatiques, comme au “bon vieux temps” !
Une conclusion ?
Je trouve ces attaques désolantes autant que vaines. Sans compter qu’il y a dans cet article des mensonges ou des âneries à chaque ligne ou presque. Lutte Ouvrière gaspille son temps et son énergie à se battre contre des idées qui de toute façon s’imposeront par la force des choses, mais qui de surcroît n’ont rien de forcément incompatible avec les leurs. Ce que Corcuff appelle, dans le jargon qui fait son charme, “la convergence des luttes anticapitalistes et antiproductivistes”, ce n’est rien d’autre que constater que l’exploitation des humains et la dévastation de l’environnement sont le fait des mêmes personnes et résultent de la même logique. Sur ce constat, toute la “Vraie Gauche”, c’est à dire Lutte Ouvrière, le PCF, le NPA, le PG, une partie des Verts et même du P”S” devrait se rejoindre.
Vouloir lutter contre la casse sociale en se moquant de ceux qui luttent contre la casse environnementale (et lycée de versailles) est ridicule et voué à l’échec. J’espère que l’auteur de cet article n’est pas représentatif des militants de Lutte Ouvrière !
Le monde a changé. Gueuler “Travailleurs, travailleuses”, brandir son drapeau rouge, lever le poing et chanter l’Internationale, tout cela a lamentablement échoué, balayé par le libéralisme qui, en même temps qu’il mettait les “travailleurs” au pas, massacrait l’environnement et pillait les ressources naturelles.
L’urgence environnementale, qui n’était hier visible que de quelques spécialistes visionnaires, s’impose aujourd’hui à tous. La “croissance verte” est une foutaise, la nouvelle arme de Sarkozy, avec la complicité du P”S” et même d’une partie des Verts, pour enfumer le monde et poursuivre la même politique et le même but : la croissance, les profits, plus d’argent pour les plus riches.
Ouvrez les yeux, camarades, et si nécessaire, mettez des lunettes, mais arrêtez de vous tromper de cible et rejoignez le combat de la décroissance, le seul qui ait de l’avenir !










Déjà, l’article était long et tellement plombant que j’ai eu du mal à atteindre le troisième alinea … Et voici que ta réponse est longue à l’avenant … Tu es sans pitié ! Je la lirai plus tard, amiko, mais je te fais confiance, tu as du écrire tous les rogntudju que j’ai pensés hier soir ! et peut-être plus encore ! Je te remercie même sans t’avoir lu ! et toc ! C’est beau la confiance, non ? Et puis, si je suis pas d’accord je reviendrai nuancer mon propos, mais plus tard, quand j’aurai tout lu (beurk pas envie de lire l’article de lo) …
Imagine alors le temps que j’ai mis à l’écrire
J’imagine sans peine … Ca y est j’ai tout lu et même les commentaires d’à ch’t’heure .Merci x 100. En gros je suis tout d’accord, sauf quelques bémols… que je vais glisser ici ou là.
Et pour commencer, poour faire une espèce de transition : “même les décroissants ne sont pas “tout le monde il est beau tout le monde il est gentil” . Et ce n’est pas sans un serrement de coeur que je constate que ton billet sur la fin du régime de SS minier n’a eu que très peu de commentaires et n’intéresse personne, pas très porteur, le sujet …. Les vieux peuvent crever …
Ah : bien sur que ce n’est pas “trop” long !
superNo, tu demandes à des politiciens d’être honnêtes ?
c’est beau, la naïveté.
Euh… pas bien compris. Vous pouvez répéter la question ?
J’ai découvert également cet article par hasard en me baladant sur le site REZO. J’ai été estomaqué et je ne savais pas que ce sites était d’obédience LO. Je me demandais d’où sortaient toutes ces âneries. Je suis d’accord avec votre article sauf sur un point important. Vous prétendez que les pauvres sont plus manipulables que les moins pauvres. Les travaux sociologiques montrent le contraire, les gens modestes(comme on dit à la tv) sont mois sensibles à la pub , aux modes, aux préjugés ambiants que la classe moyenne, véritable vecteur du conformisme des époques. Un très bon est exemple est le référendum de 2005, les classes pauvres ont résisté à la propagande massive contrairement à la classe moyenne facilement convaincue. Autre exemple, sous le troisième Reich les ouvriers sont la frange qui a le moins adhéré au parti Nazi dont les rangs furent formés essentiellement par la petite bourgeoisie commerçante où paysanne. Dernier exemple, les travaux de Chomsky qui montrent eux aussi que les américains pauvres sont les moins dupes des mirages des mythes US. J’ajoute pour ma part qu’il suffit de regarder l’effarant conformisme de nos supposés élites pour se convaincre que les diplômes et un certain niveau de vie ne protègent pas de l’intoxication.
Merci de votre commentaire. Dont acte pour l’influence de la pub sur les pauvres, même si cela ne correspond ni à ce que je croyais ni à ce que j’observe sur mon petit échantillon-pas-forcément-représentatif personnel
“Autre exemple, sous le troisième Reich les ouvriers sont la frange qui a le moins adhéré au parti Nazi dont les rangs furent formés essentiellement par la petite bourgeoisie commerçante où paysanne.”
L’explication vient aussi du fait que dans l’Allemagne de 1932-1933, le Parti Communiste Allemand (KPD) et le parti socialiste (SPD), qui représentaient fortement les classes populaires (les ouvriers, les employés etc ..) était très fort.
En 1932: KPD+SPD: 37%, Parti national-socialiste (NSDAP) : 33%
En 1933: KPD+SPD: 30,6%, Parti national-socialiste (NSDAP) : 43%
cette non adhésion aux idées nazie vient plus du fait que les masses populaire avaient su créer des partis qui les représentaient, plutôt que du fait qu’elles soient pauvre.
J’ai aussi lu sur Rezo l’article concerné et la position de LO ne m’a guère étonnée. Je crois en effet que cette “secte” a, malgré les prises de position d’Arlette, toujours défendu une vision classique de la société industrielle, à savoir d’abord et avant tout produire pour “faire” de la croissance. Mais je dois dire que là, ils font fort ! A croire qu’ils n’ont pas d’autres sujets à traiter actuellement et que pour eux la capitalisme est moins dangereux que la Décroissance. Ils doivent vraiement se sentir orphelin d’Arlette.
@wuwei
Oui, ils devraient avoir d’autres moyens d’exister…
Bonsoir SuperNo,
pour mon premier commentaire sur ton blog, permets-moi de te féliciter et de te remercier pour tes articles. Je ne t’ai découvert que récemment via Marianne2, mais j’ai vite été séduit par ton écriture et surtout par le contenu de tes articles, avant même de constater que tu soutenais les thèses de la Décroissance, ce qui nous rapproche encore.
Tu sais trouver les mots justes pour résumer les positions des objecteurs de croissance, et pour ce qui est de ce billet, tu as même réussi à exprimer certaines choses qui me dérangent depuis toujours chez LO (qui fait que personnellement je n’ai jamais voté pour eux), et que je ne m’étais jamais formulé. Cette dichotomie simpliste patrons/ouvriers, cette idéologie productiviste…
A part ça, pas grand’chose de constructif à ajouter à ton article, si ce n’est un petit clin d’oeil d’un Orléanais à un Lorrain : Si Jeanne d’Arc a jouté idéologiquement avec un souverain français, ce fut plus sûrement avec Charles VII qu’avec Louis…
Merci et bienvenue à bord !
Plus de la moitié de mes lecteurs viennent pourtant de Marianne !
Eh eh, Marianne 2, encore… Quand je pense que certain nous traite de “Neuneus” parce qu’on laisse reprendre nos billets sans demander de rémunération
Désolé pour la boulette : en principe, je mets des marques dans mon brouillon à l’endroit où j’ai un doute, et je vérifie et corrige le cas échéant lors de la relecture avant publication. Mais là, j’ai écrit ma bêtise sans être anilé du moindre doute ! C’est maintenant corrigé, merci !
Aîe aïe aïe…
Imaginons…
Monsieur No est un militant de gauche convaincu, de toutes les luttes sociales, de toutes les manifs. Il crache sur les curés et sur les patrons, il lit Marx dans le texte et “la jeunesse de lénine” par Trotski, il a pleuré à la mort de Thorez et réussi à ne pas rire à celle de Marchais.
Madame No est une écologiste de la première heure, elle a voté Dumont quand tout le monde se foutait d’elle, elle a inhalé tout un tas de vapeurs psychédéliques ou New Age, elle a pleuré le Rainbow Warrior en triant ses déchets à l’époque où c’était comme récupérer son caca, elle s’est fait appeler tree hugger…
Aujourd’hui, Monsieur et Madame No sont en conflit ouvert. Les aspirations holistes de la seconde heurtent de plein fouet le matérialisme du premier, et qui fait les frais ?
C’est le petit Super, qui ne sait plus à quel saint se vouer (saint Vladimir Illitch ou saint Ivan Illich, Saint Engels ou saint Haeckel, Lovelock ou Ken Loach …)
Lançons donc un grand appel à Monsieur et Madame No : quand les parents se disputent, se sont les enfants qui trinquent, ne rendons pas le petit Super schizophrène : réconciliez vous vite autour d’un bouquin d’André Gorz ! Sinon le petit Super va nous faire une Bakouninite, et alors là, bonjour les dégâts !
(N.B. : il y avait de la pomme dans l’espèce de muffin ?)
Certes, c’est regrettable, mais c’est pas moi qu’ai commencé, m’sieur…
Gugusse hilare qui se tape les mains sur le bide ! Excellent !
j’avais lu avec interet l’article sur Rezo, je découvre celui-ci avec encore plus d’interet (mais c’est long, faites plusieurs épisodes)
Madame Olympe, la vedette de la blogosphère, ici ?
Décidément ce modeste blog est de mieux en mieux fréquenté…
Merci du passage ! J’ai effectivement la coutume pathologique de faire trop long. Mais j’ai dans l’idée que l’atmosphère estivale, la diminution de l’activité politique et la baisse de fréquentation va m’encourager à raccourcir …
Juste une petite chose :
“La machine à laver bouffe beaucoup d’électricité, c’est indéniable. On pourrait très bien s’en passer si on avait le temps de laver son linge !”
euh….! tu crois pas que la machine à laver fait partie des objets utiles .Je me considère comme décroissante , enfin j’essaie , mais laver mon linge sans machine , même si j’en avais le temps , ben , je dois dire que çà me ferait ch…
Est ce que çà bouffe tant que çà ? j’ai regardé différentes machines et pour l’énergie utilisée , beaucoup sont classées A (http://www.darty.com/nav/achat/gros_electromenager/lave-linge/lave_linge_ouverture_dessus/index.html) .
Pour le reste , du billet , je me suis bien retrouvée ( je vais oublier la machine à laver ).
L’exemple n’est sans doute pas terrible, je voulais expliquer que dans le système de la décroissance, on retrouvait le temps que l’on perd pour de mauvaises raisons, le boulot principalement, et qui font qu’on est toujours pressé, toujours en retard et qu’on ne fait pas grand chose d’intéressant…
Sur la machine à laver il y aurait pourtant à dire : pourquoi considère-t-on qu’un vêtement porté une fois, même 5 minutes, est sale et doit être lavé ?
De la même manière, au nom de quelle dictature doit-on absolument porter des vêtements repassés (activité très gourmande en temps et en électricité !) sous peine de passer pour un clodo ? Quand on sait que le marketing pourrait sans problème, s’il le voulait, déclarer “à la mode” les fringues froissées… Ce ne serait pas plus ridicule que les bennes qui tombent aux genoux, non ?
Il y a une quinzaine d’années, je vivais dans un petit village où il existait un magnifique lavoir que plus personne n’utilisait. Je m’en suis emparé et le temps d’un été, j’ai joué les attractions. Le petit gars de la ville qui lavait ses jeans, ses slibards, ses tee-shirts agenouillé sur la margelle, équipé d’un beau cube de savon de Marseille. Pour les draps c’était un coup à prendre, et mes vieilles commères de voisines étaient subjuguées.
Pas facile à appliquer l’hiver venu, cette solution-là…
En ville, on a des laveries automatiques qui bouffent sans doute beaucoup d’électricité et d’eau (l’eau, SuperNo, n’oublions pas que l’eau c’est le challenge déterminant du siècle), mais qui ont l’avantage d’être collectives, d’éviter donc que chacun ait besoin de sa machine domestique.
Ce que tu dis ensuite à propos d’une fringue réputée sale parce qu’elle aura été portée cinq minutes, entre dans ce que j’appelle la névrose sanitaire. Qu’on change de sous-vêtes quotidiennement est une chose, qu’on se change intégralement tous les jours, là ça devient presque de l’hypocondrie. D’ailleurs il est reconnu que ce n’est pas très bon pour la santé de se tenir excessivement propre : cela nuit à la fabrication des anti-corps.
Question repassage (corvée coûteuse en énergie et en temps, c’est vrai), il est incontournable si tu dois porter une tenue de ville. Si tel n’est pas le cas, il suffit de mettre à sécher tee-shirts, sweats, polos sur un cintre, en prenant soin de bien les étirer avant, ça marche aussi pour les jeans, et, bienfait accessoire, ça fait travailler les biceps.
“pourquoi considère-t-on qu’un vêtement porté une fois, même 5 minutes, est sale et doit être lavé ?”
bah, faut pas exagérer non plus. Tout dépend de ce que tu fais quand tu le portes. Je t’assures qu’après avoir couru un 10 km, le T shirt que tu as porté à peine une heure (je sais, c’est nul comme temps, mais j’ai jamais dit que je savais courir) peut aisément être considéré comme sale. les fringues de l’ouvrier de chez Michelin qui sort de sa journée de travail, il est probable qu’elles ne sont pas trop propres non plus (sauf s’il est en grève, naturellement). Maintenant, la chemise que tu as sur le dos toute la journée, dans ton bureau climatisé à 19°C… au bout de huit heures, il peut peut-être encore resservir un peu.
Quant au repassage … Vivement que le marketting le décide !!! c’est trop ch…, comme activité.
Oui bien sûr Rigel, c’est évident : un vétement est sale quand … il est sale. Et cela n’a rien à voir avec la durée d’utilisation. Un slip : 24 h c’est classique (et pourquoi pas plus dans certains cas ?) mais un Jean : un mois voire plus c’est pas exceptionnel !
Quant aux vêtements de sport, je pratique le vélo et la course à pied et je sue beaucoup : quoi de plus écologique et simple que de les tremper dans l’eau (savonneuse ou pas) de la douche pour éliminer la sueur ? A priori y a pas de tâche de chocolat, de graisse, de col empoussiéré, … Evidemment si tu te laves au lavabo c’est un peu plus délicat mais avec un litre ou deux d’eau (tièdes, voire froide), tu rinces 2-3 vêtements de sports sans pb.
CQFD.
La machine à laver est une “bonne” machine. De celles qui au départ étaient censées lutter contre l’asservissement. Beaucoup de mésusage. Lequel a fait et fait encore des couilles en or à procter, Gamble, unilever et j’ai perdu le nom du troisième compère. Ceux qui nous sortent actuellement les lessives “vertes”.
Mais des lessives vertes il y en a. Chères ? En utiliser moins.
Se servir “intelligemment” des machines.
C’est aussi une des pistes de la décroissance, de “commander les machines”, de garder le contrôle sur les machines …
J’en profite pour glisser un lien qui vient de la réunion décroissance de la Gauche Alter de Nancy (pas LO !)
http://www.utipi.ouvaton.org/
Des démarches qui ne sont pas individualistes bien au contraire.
L’antispam ne veut pas me laisser passer .
J’ai répondu ici (c’est valable pour Enjolras aussi)
Quelle idée de balancer un lien concernant la division électroménager de la Sarko SA
@Taulier
T’es en ‘congé’ à quel moment, dis moi ?
La pertinence de tes analyses n’est pas en cause, par contre, leur longueur me mine littéralement, et si tu avais idée de relancer les ‘sondages’, essaie de savoir combien des lecteurs ont lu: - de 10%, entre 10 et 30%, de 30 à 50% etc. du texte !
Analyser la logorrhée sado-maso-marxo-gaucho-trotsko-lénino-machinchose est peut être sain, en faire un compte rendu succint serait top !
Tiens, pour rire, va voir ça:
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/07/quand-linsurrection-qui-vient-s%C3%A9duit-la-revue-de-la-d%C3%A9fense-nationale.html
Nom d’une pipe, Chalonnais, un blog, ça disparait pas dans la nature, on peut le relire quand on a le temps …. On est pas à la télé … Non ? Si ?
La décroissance, c’est AUSSI lutter contre l’immédiateté, contre le zapping, trier entre l’essentiel et le superficiel, et même se passer d’infos importantes, comme dit SuperNo, on ne peut pas TOUT savoir …
Et comme l’anti-spam me demande de cliquer sur “horloge”, je surenchéris à l’idée de la réflexion obligatoire sur le temps passé à faire les choses ….
Dessins et discours…

Excellentissime ! Et pile-poil dans le sujet, en plus….
J’ai tout lu d’un trait, en parfait décroissant qui prend le temps de faire les choses
(mais pas l’article de LO parcontre, là j’avoue j’ai pas pu).
Parcontre le 2ème lien est défectueux : “Dtésolté, mais vous recherchez quelque chose qui n’est pas ici.”
Ah, il y en a un qui suit, c’est bien
Le lien est corrigé, merci !
Trop long ? Pitié ! Pour une fois qu’on peut lire sur un blog une analyse cohérente, bien construite, correctement argumentée, vous voudriez la faire courte, donc la transformer en une (courte) suite de lieux communs et d’idées préconçues ? Alors là, je dis NON ! Continues, Superno, à nous faire des articles comme tu le sens, même s’il faut 10 minutes pour les lire. Si j’ai bien compris, la décroissance consiste, entre autre à réorganiser son temps pour en faire des choses plus intéressantes que ce qu’on en fait habituellement ? Alors faites-le ! lisez les articles de Superno dans leur longueur, au moins, ce ne sera pas du temps perdu.
Merci superno. Superbe article. J’ai juste une petite “objection” (ce n’en est pas vraiment une, en fait) mais j’y reviendrai ultérieurement.
Ouf!
J’ai réussi à aller jusqu’au bout. Mais je ne le regrette pas. Cela conforte mon opinion sur le clientélisme des partis politiques : dire ce que l’électeur potentiel aime entendre, ne pas lui faire peur, ne pas l’obliger à réfléchir, lui fournir des boucs-émissaires. Car ce que l’électeur con-sommateur réclame avant tout, c’est pouvoir con-sommer plus !
Et quand je vois ce qu’il fait de son “pouvoir d’achat”, je désespère de l’humanité : smartphones, quads, gadgets en tous genres se multiplient, et pas que chez les “privilégiés”. La décroissance n’a décidément pas bonne presse. C’est pas fun !
Et si cette boulimie consommatrice était le chant du cygne du consumérisme ?
Faire de LO des “productivistes” est un contre-sens. LO a probablement écris cet article pour mettre en évidence les contradictions d’un courant de pensée qui, pour radical ou alternatif qu’il soit, n’en demeure pas moins réformiste. C’est là un point essentiel et bien celui qui devrait être discuté dans cette affaire…
On peut distinguer (à gros traits) trois types de production :
1) celle qui est entièrement destinée à faire du profit, dans le mépris des véritables besoins qui existent de par le monde. Cette production est celle qui est préconisée (dans les faits, qu’importe les discours) par les socialo, les libéraux, etc.
2) Il y a celle préconisée par les décroissants (qui veulent sincèrement changer le monde, mais ne sont pas révolutionnaires) : dans le fond, ne pas remettre en question le régime de propriété ni d’exploitation qui caractérise notre système, mais faire en sorte que la production se fasse de manière moralement, éthiquement et écologiquement supérieure.
3) Et il y a la production telle qu’envisagée, je pense, par les marxistes : organiser la production avec les moyens existants vers la satisfaction de l’ensemble des besoins à l’échelle planétaire (boire, manger, s’abriter, se soigner, se cultiver). Un objectif (que l’on partage, sans doute) qui ne s’obtient pas dans l’ordre symbolique (convaincre, changer petit à petit les choses, pédagogie, etc., voire culpabilisation) mais dans l’ordre social : en changeant, non pas tant radicalement que fondamentalement, les règles de production et, partant, les manières de distribuer les richesses à l’échelle planétaire. Bref : la pollution, la faim, mais aussi et surtout les conditions de vie miséreuses des milliards d’être humains ne pourront disparaitre sans révolution sociale, sans faire disparaitre un système basé sur la plus-value (exploitation) et l’organisation de la production dans l’intérêt des propriétaires des moyens de production (profit). Les membres de l’UCI, si je comprends bien, ne croient donc pas à la possibilité de modifier, d’améliorer, de moraliser, d’amender le capitalisme pour le rendre acceptable et non nuisible à l’humanité : c’est là, je crois, le point le plus intéressant…
Moralisation décroissante ou révolution ? “Anti-capitalisme” ou communisme ? Lutte “idéologique” ou lutte de classe ?
Je partage ton point de vue, recriweb, sauf queje ne suis pas sure , mais alors pas sure du tout, que LO partage le nôtre
Oui recriweb, au “détail” près que LO est prêt à défendre l’automobile essentiellement parce que ça fournit du travail aux ouvriers ! Sans même voir que les usines se barrent à grande vitesse en Europe de l’Est et en Asie, et sans même être capable d’imaginer, comme Michael Moore le dit très bien, que les mêmes ouvriers pourraient fabriquer des trucs plus adaptés au XXIème siècle, et pourraient même travailler moins !
et non, SuperNo, LO défend les ouvriers, qu’ils soient dans l’automobile ou ailleurs, et surement pas l’automobile en tant quelle.
LO défend le monde du travail et à la faiblesse de croire qu’une autre société est possible …. peut-être sans voiture, qui sait, mais pour cela il faudra se débarrasser de ceux qui tire profit de l’automobile. A priori, ce ne sont pas les ouvrier qui se crèvent sur les chaines.
Et bien moi aussi, je suis en gros d’accord.
Et je me demande bien comment on pourrai produire mieux (ou moins, c’est selon les décroissanteurs) sans remettre en cause ce système économique?
On demande gentiment à ceux qui possèdent tout de bien vouloir organiser la société différemment, au risque de remettre en cause leurs profits?
Je crois qu’aujourd’hui, Renault fait rouler chaque jours 5000 camions entres ses différentes usines (ou avec ses sous-traitants), tout cela pour permettre le flux tendu, qui rapporte un peu plus de profit. On demande à Renault de bien vouloir arrêter?
Dans l’actualité, on a parlé d’aller produire les Clio en Turquie. Certaines pièces seront surement encore fabriquées en Europe, et le produit final sera vendu ici, mais pour faire plus de profit, la fabrication de la Clio se fera sans doute en Turquie d’ici peu, malgré les gros yeux de Sarko (sauf si les salariés de Renault hausse le ton). On demande gentiment à Renault d’arrêter les délocalisations? Va-t-il nous écouter? Va-t-il casser sa machine à profit pour arrêter le gaspillage?
Je ne crois pas.
Certains ici me diront que si personne n’achetait de voiture Renault, le problème ne se poserait pas.
Qu’il faille changer de système économique est l’évidence même. On a un système calibré pour fonctionner grâce à la croissance. Sinon tout s’écroule (à cause des intérêts de la dette etc…).
C’est pas une “réformette” qui se fait en 2 séance de sénat…
Moi je salue ton courage SuperNo, de rabâcher toujours les mêmes arguments aux profanes. Franchement, j’ai pas le courage ni la rhétorique suffisante, quand on me pose trop de questions, j’ai tendance à diriger vers quelqu’un de plus compétent que moi…
Néanmoins, le fait qu’ils critiquent les décroissants prouve qu’ils commencent enfin à les prendre au sérieux et peut-être à craindre que les idées décroissantes ne fassent réfléchir plus de gens que leur belle idéologie boiteuse n’en abrutit.
Comme disait Gandhi :
“D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, puis ils vous combattent, enfin vous gagnez”
J’adore cette phrase de ghandi. Elle résume plutôt bien ce qui se passe en général dans un proccessus d’évolution, quel qu’il soit.
Ils ont autant de chances de “gagner” qu’un château de sable s’oppose à la marée montante
@recriweb
Tu confonds avec les éco-tartuffes.
Je ne sais pas si d’autres décroissants partagent mon avis, mais bien sûr qu’il fait changer de système. Il est illusoire et dangereux, comme l’a montré l’Histoire, de supprimer la propriété privée. L’Homme est ainsi fait, il est inutile d’aller contre sa nature.
Ça n’empêche pas de changer beaucoup d’autres choses !
Oui, une économie privée est nécessaire, à condition d’être très encadrée, pour qu’elle soit UTILE, raisonnable, modérée, non destructrice, respectueuse de tout ces acteurs…
Mais elle doit rester un outil et non une fin en soit. Elle ne doit pas couvrir tous les secteurs de la vie.
Oui, un État fort et des services publics importants sont indispensables. Il suffit de voir l’état des finances publiques pour comprendre que les États se sont appauvris à force d’exonérer toujours plus les plus riches.
Et comme je l’ai dit plus haut, je m’aperçois que mes arguments s’essoufflent vite, je laisse donc la parole aux plus compétents…
Il est clair que tous les secteurs stratégiques privatisés par force actuellement ou dans le passé (santé, énergie, finance, éducation, transports, communications et j’en oublie) doivent être (rester ou redevenir) publics, rien à redire là-dessus.
Ca fait beaucoup de conditions ! Et la pub ne rentre pas dans ces critères
On touche en tout cas là un point essentiel de la décroissance. Il me semble en effet que la décroissance.
Elle n’est pas (à mon sens) une théorie anticapitaliste. Elle est antilibérale, ce qui n’est pas pareil. Capitaliste (s’entend au sens de propriété privée, système monétaire, etc.), on l’est tous, et je pense franchement que c’est (jusqu’à preuve du contraire) le système le plus efficace pour gérer les rapports économiques entre humains. En revanche, la théorie de la décroissance me semble profondément antilibérale: il s ‘agit en fait de replacer l’Homme et la Nature au cœur du capitalisme; on est donc loin du libéralisme qui prône la loi du marché comme seule valable, l’argent roi, la spéculation libre, la liberté de circulation des capitaux… etc.
Après, s’entendre sur les secteurs qui doivent être publics, cohabiter avec uns système privé, ou rester privé, c’est une autre affaire…
La grande différence entre décroissants et marxistes vient à mon avis de là; les décroissants ne remettront jamais en cause la propriété privé. C’est d’ailleurs pour cette raison que le communisme est, et sera toujours, voué à l’échec. La propriété privé fait partie de la nature de l’Homme, et on ne change pas la nature de l’Homme.
J’ai littéralement dévoré cet article la nuit dernière. Bravo. Rigoureusement argumenté, lucide, et, désolé, pas trop long. On ne l’est jamais assez lorsqu’il s’agit de dénoncer des faux-semblants qui ont trompé des générations d’esprits crédules. La pénible duplicité de cette gauche ouvriériste, qui au motif de “défendre les intérêts des travailleurs” était là pour faire en sorte que chacun reste à la place que le destin social lui avait assignée, était assez comparable à cette glorification de la pauvreté dont se prévalent les chrétiens. On flatte le pauvre et l’affamé, on l’assure de sa compassion, on prône l’ascèse et le jeûne tandis qu’engraisse la curie et que le pape est couvert d’or. Là on brandit la vieille imagerie du prolétaire ployant sous le joug, victime sacrifiée à l’avidité et au cynisme des grands patrons. Peut-être pour convaincre le prolétaire qu’il ne pouvait s’émanciper de ce joug, à moins de s’adonner à la lutte ?
Pendant ce temps, sévissaient au-delà du Rideau de Fer les rigueurs du marxisme-léninisme. Dépersonnalisé quoique glorifié, rendu à l’état de fourmi quoique statufié au coin des rues, éduqué à l’exemple du stakhanoviste, le travailleur en cotte, le paysan des kolkhozes étaient soumis à un productivisme à flux tendu qui, plus à l’Ouest, eut été qualifié d’exploitation honteuse. Et toute pensée, tout mode d’expression qui s’écartait de la ligne politique du Parti était irrémédiablement sanctionnée de déportation dans des camps de rééducation.
Chez nous, on s’adonnait plutôt à la lutte. On se souvient de l’épisode de Lip, juste après 68. Puis on s’est nettement moins adonné à la lutte lorsque la gauche s’est piquée de prendre le pouvoir. La suite on la connaît. De trahisons en compromissions, de magouilles en prétoires complices, la notion de progrès social est passée, aux yeux des “travailleurs”, du mythe savamment entretenu d’un SMIC à 10.000 francs (puis à 1500 euros) à une accession individualiste aux fastes de la consommation de masse, et ce par le sortilège des traites. On s’embourgeoisa à crédit, convoita l’accession à la “classe moyenne”, cet Eldorado besogneux du petit propriétaire qui prenait sa source dans la coursive du HLM, et par quoi, grâce à quoi le fléau de la précarisation a pu se répandre.
Tandis que continuait à divaguer Arlette et que ses challengers de la LCR faisaient chorus selon sa partition autistique, face à un PC de plus en plus en porte-à-faux, de plus en plus fantoche au fil des maroquins-express attribués à quelques-un(e)s de ses caciques, et au gré des discours redondants qu’il s’évertuait à tenir dans le déni de l’extension du domaine de la lutte vers ce phénomène né à l’aube du mitterrandisme que l’on appela “nouvelle pauvreté”, avant de le désigner sous le nom d‘“exclusion”, puis de “précarité”.
Phénomène nié. Hors de la ligne du Parti. On ne s’occupait que des travailleuses et des travailleurs. C’était écrit dans les statuts. Les exclus ? Connaît pas. L’exclusion se fit crainte, puis instrument de chantage. La lutte des classes resta l’apanage de cette vieille gogauche du discours, empêtrée dans sa rhétorique datant de l’ère industrielle. L’exclusion serait un temps l’affaire des fascistes, pour qui les exclus étaient d’abord des victimes de l’immigration massive. Cela ne dura qu’un temps. Le libéralisme pouvait se pointer à l’aise. Face à lui, plus de véritable adversaire. Une bonne dose de populisme lui permettrait se se faire une place au sein des classes laborieuses lassées des grands discours compassés. Il n’est que l’argent. L’argent est le maître mot du libéralisme. L’argent c’est la liberté d’acheter, de consommer, d’être bien. Pour ce faire, tendons le cou et laissons le prédateur ajuster le licol. Et on n’écoute plus Arlette, ou Robert, ou Marie-Georges, ou Olivier nous répéter qu’on se fout de nous. Le SMIC à 10.000 balles promis par l’Union de la Gauche en 1979, il est où ? Re-promis depuis dans sa traduction en euros, il est où ?
Merde à la Gauche. Merde à la Droite.
Qu’ils aillent tous se faire foutre.
J’aime bien la définition qu’Yves Cochet donne du productivisme dans son Antimanuel d’écologie :
Envisager les relations sociales uniquement dans une optique économique
Considérer la nature comme un ensemble de ressources inépuisables et infinies, disponibles pour l’accroissement de la production.
Rechercher l’efficience à tout prix, sans se soucier des impacts sociaux, culturels ou écologiques
Faire une confiance absolue à la science pour créer des alternatives artificielles aux processus naturels
En relisant cette définition et en parallèle l’article de Lutte Ouvrière, on constate qu’ils adhèrent sans réserve à ces quatre points, comme les mouvements de pensée communistes et les tenants du libéralisme économique.
LO ignore les limites physiques de la planète, les lois de la thermodynamique et reste ancrée dans l’utopie de la croissance infinie économique et démographique.
Les décroissants, ou simplement les gens qui sortent de temps en temps une calculette (je pense à Jean Marc Jancovici), ont au contraire une bonne vision du mur dans lequel la croissance économique et démographique nous amènera fatalement.
La décroissance, personne n’en veut, tout le monde l’aura.
je dirais plutôt : il est illusoire et dangereux, comme le montre notre histoire présente, de ne pas supprimer la propriété privée
D’autant que l’histoire, pour le moment, n’a jamais démontré que ça… Oui, car le communisme n’a jamais existé nulle part, que je sache (faut évidemment pas confondre le communisme, tel que les marxistes l’entendent : à chacun selon ses besoins, à l’échelle mondiale forcément ; et sa caricature stalinienne : nationaliste, dictatoriale, bureaucratique, répressive, meurtrière, etc.).
C’est là, à mon sens, que réside notre divergence principale : les marxistes sont matérialistes et conçoivent les représentations et les comportements des hommes déterminés par les rapports sociaux qui sont caractéristiques de leur société à un moment particulier de son histoire. Ils refusent, en conséquence, toute forme de transcendance et ne croient donc pas à la “nature humaine”… Les hommes sont à l’image de leur monde ; il faut changer le monde pour changer les hommes
Je ne pense pas que la propriété privée soit réellement un problème. Comme pour la consommation, c’est son excès qui devient dangereux. Interdire à une famille d’être propriétaire d’un toit sous lequel habiter ne me parait pas choquant outre mesure. Autoriser quelqu’un à “exploiter” 100 ou 200 appartements, dont lui même n’a pas l’utilité, à des fins exclusivement marchandes me choque beaucoup plus.
La “nature humaine” actuellement, c’est plus je possède, plus j’ai besoin de posséder”. Il me semble qu’une évolution vers une nature : “je possède assez, posséder plus ne m’apportera rien de plus en terme de bonheur” me parait plus responsable, et pourquoi pas envisageable (je sais, je suis un indécrottable rêveur).
Actuellement ? En fait ça a toujours été ça. Une fuite en avant vers le toujours plus et mieux, ou par opposition, une tentative de fuir l’inconfort et l’insécurité, la médiocrité hérités des cavernes. C’est cette dynamique qui nous a conduits à la civilisation que nous connaissons, avec ses indéniables qualités, ses innombrables tares, et entre, l’infinie palette des nuances et compromis, le tout étant agi par une métaphysique qui collective qui propre à chacun (le substrat spirituel, en somme). C’est ainsi que je définirais la nature humaine.
Les humanistes mettent sur le compte de la foncière imperfection de cette nature les erreurs commises par l’Homme au cours de son histoire. Ce qui sous-entend, selon eux, que l’Homme est perfectible, et la plupart des philosophies humanistes se rejoignent quant à la façon dont pourrait se manifester cette perfectibilité : en tendant vers le détachement des choses matérielles, et par une mise à distance des notions de compétition et par là, de rapports dominant-dominé.
Cette occurrence ne s’est encore jamais présentée dans l’Histoire, sauf parmi de rares communautés religieuses au Moyen Age (les Cathares) et chez les tenants de spiritualités orientales… Notre occident en est aussi éloigné que Pluton du Soleil.
Le : “je possède assez, posséder plus ne m’apportera rien de plus en terme de bonheur” est pensable dès lors que tu as réalisé certains des projets auxquels tu tenais le plus… Ou tu décides d’arrêter là en te disant que le bonheur est ailleurs (pour autant que tu aies atteint un certain degré de maturité et que tu disposes d’une bonne assise sociale, famille, amis, lieu de vie choisi…) ou alors tu suis la dynamique ascensionnelle décrite plus haut. Ce qui n’est jamais que le propre de chacun.
Mais si tu ne possèdes rien et que tu te fais chier dans ton boulot, ton non-boulot et dans ta vie perso, ta seule obsession consistera à t’arracher à ta médiocrité, et selon ton degré de rage, tous les moyens seront bons pour cela.
C’est ce qui me rend infiniment sceptique à l’endroit des thèses décroissantes. Proposées il y a quarante ans par un leader charismatique venu de San Francisco, elles auraient eu quelques chances de séduire au-delà d’un petit cercle d’utopistes. Aujourd’hui, cette proposition se heurte aux multiples frustrations sociales engendrées par l’essor de l’ultralibéralisme, frustrations encore renforcées par les tentations consuméristes, toujours plus vivaces.
Dire, comme Kilroy : “La décroissance, personne n’en veut, tout le monde l’aura.”, eh bien ça me rappelle nos ancêtre les gauchistes, qui disaient en gros la même chose de leur révolution. D’ailleurs, c’est aussi ce qu’affirmaient les ultralibéraux il y a une dizaine d’années. Il n’y a pas d’autre solution que la nôtre.
Ce qui n’est pas franchement de bon augure.
Le peuple se sera laissé entuber jusqu’à l’os par les libéraux, certes.
Mais des décroissants, j’ai bien peur qu’il ne fasse qu’une bouchée.
Anarchoïde : Est-ce que tu n’aurais pas tendance à réduire l’histoire humaine à la civilisation occidentale ? Bien d’autres modèles de civilisations sont possibles. C’est la nôtre qui pose problème …
@Véro : On pourrait discuter des heures et des jours de ce sujet qui est des plus passionnants qui soient.
Non, je ne veux pas réduire l’histoire humaine à la civilisation occidentale, mais c’est quand même ce modèle-là qui s’est imposé globalement. L’échange marchand entendu comme une parade à l’affrontement, héritage du berceau méditerranéen : grâce à ça, nous sommes passés du modèle tribal-agraire néolithique à ce qui serait l’ébauche du Moyen Age, impulsion d’une dynamique ascensionnelle qui nous a conduits où nous en sommes actuellement… Plutôt pas mal comparé aux villages de huttes du fin fond de l’Afrique ou aux yourtes mongoles qui tellement séduisent le bobo. Que ce modèle occidental ait dévié au cours de l’Histoire vers différentes formes d’oppression ne l’a pas empêché de suivre une courbe ascensionnelle ininterrompue. Aujourd’hui nous recueillons les fruits de cette longue histoire. Il en est qui sont pulpeux, juteux, savoureux, il en est d’autres qui sont flétris, véreux, empoisonnés voire, mais que diable! combien d’entre nous préfèreraient à ce modèle celui d’une théocratie néo-médiévale sur le mode afghan, ou ce genre de sociétés tribales qui chez les Indiens de l’Equateur et en Afrique perpétuent le modèle néolithique, où les individus crèvent la dalle, bouffés par les fièvres, pétris de croyances et de craintes irrationnelles ? Ou encore le mode de vie des Amish, dont on peut dire qu’il est un modèle de décroissance ?
D’autres modèles de civilisation sont possibles, dis-tu, Véro. En théorie, oui. Instituer le troc, l’échange communautaire, un mode d’économie autonome sur une île, un haut plateau isolé, c’est pensable. Au sein même d’un territoire où les règles sont posées, c’est nettement plus difficile. Je pense au monde gitan, que je connais un peu, et qui petit à petit s’assimile à notre société, renonce au nomadisme, s’insère à force de concessions et au confort consumériste et à l‘“encadrement” assez malsain que lui apportent certaines sectes religieuses. Que reste-t-il des expériences communautaires tentées dans les années soixante-dix ? Que sont devenues les initiatives telles que le SEL ? Plus près de nous, il en est où le “village global” de la Toile, dont on nous rabattait les oreilles lorsque le Web est apparu dans les années quatre-vingts dix ?
La civilisation c’est l’échange. Encore faut-il avoir à échanger et le vouloir, puis savoir s’y prendre pour structurer cela sur le long terme en fonction des besoins essentiels de chacun. Si tu as des idées, je suis preneur. Moi, j’ai beau chercher, j’ai fichtrement l’impression que nous sommes en panne d’alternatives.
Toujours ? §Mouais, peut être. Du moins en ce qui concerne notre civilisation occidentale. Mais malgré tout, j’ai l’impression que depuis une période assez récente, l’individualisme à tout crin fait de plus en plus d’adeptes. C’est peut-être simplement du à notre mode de vie, mais j’ose croire qu’il reste possible d’inverser la tendance.
@ recriweb Mais, bougre d’imbécile! Ouvre les yeux! Y’a pas qu’en Russie que le communisme à foiré! Dans tous les pays ou il a été appliqué, tous!
Chine, Cambodge, Corée du Nord, Cuba… Sa n’a jamais marché! Il te faut encore un massacre de plus, un carnage de “révolution prolétarienne” à la con, suivi d’une dictature sanglante pour comprendre que ça ne marchera JAMAIS?
“Chine, Cambodge, Corée du Nord, Cuba… Sa n’a jamais marché! Il te faut encore un massacre de plus, un carnage de “révolution prolétarienne” à la con, suivi d’une dictature sanglante pour comprendre que ça ne marchera JAMAIS?”
Courtois sort de ce corps
Il faut arriver à faire la différence entre ce qu’il y a dans la bouteille et l’étiquette qu’il y a dessus. A longueur de blog, il est dit qu’il ne faut pas se laisser abuser par les appellations, les modes etc …. Même chose avec les mots: ce n’est pas parce que certains se disent décroissanteur, communiste ou socialiste, qu’il faut les croire. Il faut regarder leurs actes. Je connais des décroissanteurs, qui ont TOUT, et ne comprenne pas ce qu voudrait avoir un peu.
En passant, tu uses facilement de l’insulte, c’est pas bien.
@recriweb
“changer le monde pour changer l’homme”
Nan, il faut changer l’homme pour changer le monde. C’est là que t’as rien compris et que le communisme restera toujours le communisme, c’est à dire, une dictature.
Si les hommes se mettent à changer, le monde changera de lui même, (j’aurais envie de dire, “en douceur”)
Ceci ne veut évidemment pas dire que toute forme d’action collective ou de changement de structure est à proscrire, bien au contraire.
En revanche, si tu changes d’abord les structures sans changer les hommes qui la composent, tu créé un système coercitif, inadapté, et prêt à sauter à la moindre occasion. C’est bien le problème du communisme: il ne peut s’imposer que par la force. pas mieux que le libéralisme, quoi…
Et la décroissance du billet supernoien c’est pour quand !!
J’ai pas tout lu, pas encore, mais j’ai l’impression que ca t’as rendu nervous cette histoire. C’est pas bon pour la santé.
On finit toujours par s’orienter vers les bonnes idées…
Pour ce soir, probablement
J’ai transmis ta réponse à toutes les adresses mail de LO que j’ai pu trouver…
J’espère que leurs réactions ne doivent pas être préalablement validées par le bureau politque des instances nationales
Tu racontes bcp de bêtises. Manque quelques bases idéologiques. Pas le temps de tout reprendre. Garde ton calme.
Pas le temps de tout reprendre donc. Mais pour utiliser un vocabulaire bien marxiste, les décroissants sont des socialistes utopiques tel que décrit et critiqué par Marx dans le manifeste (et ailleurs). Et que oui l’ascétisme de la simplicité volontaire réponds plus aux questions existentielles de ses pratiquants qu’à la résolution d’une quelconque crise. On explique très bien l’effet rebond aujourd’hui et en quoi les actions individuelles n’ont aucun effet sur le cours global des choses. L’internationalisme ainsi que toutes les logiques globalisantes socialistes sont issus de cette intuition.
C’est le point fondamental vous faites une erreur de méthode, d’après Marx, et permet moi donc de rappeler que in fine le mouvement décroissant (ou ce qui y ressemble) n’a pas neuf et a eu à ce jour un impact nul sur le vie politique mondiale. Comparativement au marxisme bien sûr.
Souvent certains qualifie les décroissants de réactionnaire à propos du progrès techniques en faisant à tord référence au progrès technique. Alors qu’il sont réac au sens “pré-première internationale socialiste”.
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“lutte contre la consommation”.
Évidement d’ailleurs tu défends la simplicité volontaire quelques lignes plus loin. Oui la décroissance est un mouvement anticonsumériste. Et ? Faut s’assumer, un socialiste n’a pas pas honte d’être socialiste.
“antiproductivisme”
idem. D’ailleurs tu joues sur les mots inutilement.
“Si une partie de ce courant considère le sous-développement comme un bienfait, d’autres disent vouloir combattre celui-ci, mais en préconisant que les habitants des pays dits riches… se serrent la ceinture. L’idée étant que, le gâteau n’étant pas assez gros pour tout le monde, il faut que les pays occidentaux mangent moins pour que les pays pauvres mangent plus.”
Ouais êtes des socialistes qui vous assumez pas ! Ce qui est drôle car celà permet de pieger LO dans une position antiégalistariste
Je l’ai dit et je le répète, ce ne sont pas les Smicards et les RMistes qui seront les plus touchés par la décroissance !
Si.
Mais c’est principalement par ce qu’il n’y aucune chance que l’on bascule dans un autre société avant l’avènement de la décroissance.
Le truc ici c’est encore le fait de ne pas assumer que oui aujourd’hui un smicard hors IDF est “riche”. C’est imbuvable politiquement
“même archi-pauvres, il y a une bagnole”
Faux un tiers de ménage francçais ne possède pas de véhicule auto. C’est d’ailleurs antinomique de l’image du prolo qui a forcement une bagnole. Y a de places libres en bas des tours HLM
De l’automobile également, bien sûr, qu’il conviendra de remplacer par « des charrettes à cheval ».
Riez, fermez les yeux sur la fin du pétrole ! Vous aussi vous croyez à la voiture électrique ? La réalité vous rattrapera. Je vois effectivement un grand avenir au cheval en tant que moyen de locomotion.
Haha, lol. C’est vraiment le truc qui décridibilise. Non clairement le cheval a un rendement de merde et consomme même à l’arrêt. On ne reviendra jamais sur le moteur électirque/à explosiion. Ca prouve le coté rétrograde (et aps réactionnaire pas confondre) des décroissants.
Pour terminer ça : par ce que c’est marrant.
“L’intérêt pour la décroissance d’une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle, d’une frange de la jeunesse étudiante, paraît indéniable”
D’expérience je dirai que c’est vrai. Mais bon c’est vrai aussi pour le coeur militant d’une bonne partie de l’extrème gauche. Même chez le militant LO de base on est au dessus de la moyenne sociologique.
Je vois pas l’interêt de le nier. Y a tout un tas de raisons pratiques. Les nouveaux courants intellectuels naissent toujours dans les milieux favorisés et s’y diffusent car mêmes les intellos de gauche fréquentent principalement des gens de leur propre monde.
Marx et ses premiers adeptes n’étaient pas non plus à plaindre
Puis comme je l’ai dis, peut pas répondre à tout sur ton pavé.
“Puis comme je l’ai dis, peut pas répondre à tout sur ton pavé”
Ouf ! on aura donc la chance d’échapper au pire.
Si “posséder des bases idéologiques” conduit à citer Marx dans la moitié de ses phrases, comme d’autres citent Jésus ou Allah, c’est à dire à un niveau clairement pathologique, je pense que je vais rester dans mon ignorance…
Nan !
Un “détail” : l’avoine est un carburant non polluant, renouvelable, et qui ne viendra pas à manquer d’ici quelques décennies. La fabrication d’un cheval ne nécessite pas d’usines délocalisables, ni de consommation de ressources africaines, et ne rejette guère de CO2…
Dans ton tiers, il y a les parisiens ? Même non pauvre, je n’ai jamais eu de bagnole quand j’habitais à Paris…
Ton silence pour la télé est un acquiescement ? J’aurais pu ajouter le téléphone portable, qui est aussi massivement entré chez les pauvres malgré des prix délirants…
@Non
“Pas le temps de tout reprendre donc”
Heureusement, vu le nombre de conneries que tu profères sans avoir tout repris… j’imagine si on s’était tapé la suite!
PS: Arrêtes de nous faire chier avec Marx! Qu’on l’enterre, une fois pour toute! Au fait, votre héros là, c’est pas lui qui avait prédit la fin des classes moyennes, les petits bourgeois étant soit dévoré par le grand capital soit devenant eux-mêmes capitalistes?
Ah ben mince, l’histoire à montré exactement le contraire puisqu’on a vu partout l’émergence d’une classe moyenne. Vous êtes vraiment à côté de vos pompes, ça fait vraiment peur.
Selon mon expérience, il vaut mieux avoir un propriétaire qui a plein d’immeubles et un gérant intelligent, plutôt qu’un proprio qui loue 10 appartements, et qui croit que les loyers doivent tomber en entier dans sa poche (travaux, entretien, sont oubliés ou fait par des amateurs parce qu’il ne pense même pas à “préserver” son bien et à le garder rentable longtemps (le nez dans le guidon ) !
Quand à nationaliser totalement les HLM… alors il faudrait donner du pouvoir aux locataires pour contrôler les fonctionnaires qui seraient censés s’en occuper ! le contrôle des fonctionnaires par le peuple… mon rêve… (quand les fonctionnaires se seront aperçu que le bas peuple n’est pas “forcément” idiot).
Concernant la machine à laver (objet dont j’ai eu le temps de rêver pendant mon expérience de vie sans électricité pendant 6 ans) , je me demande si le bilan écologique d’un nombre faramineux de programmes est vraiment catastrophique. J’aimerais mieux voir les chercheurs se pencher sur un machine à laver qui en cas de panne de programmes pourrait se déclencher manuellement et qui serait (comme la 2CV d’antan) réparable facilement par ses propriétaires, et qui comporterait un programme : trempage (pas bouger ou très peu, attendre) qui permettrait d’utiliser beaucoup moins de lessive.
il vaut mieux avoir un propriétaire qui a plein d’immeubles et un gérant intelligent, plutôt qu’un proprio qui loue 10 appartements
Entièrement d’accord. Mais ou sont les gérants intelligents ???
Et ou sont les propriétaires qui ont plein d’immeubles et dont le but est que les locataires se sentent le mieux possible dans leur logement, quitte à ce que lesdits immeubles rapportent moins ? il y en a ? Parce que moi, jusqu’à maintenant, je n’en ai pas encore vu.
“S’ils bouffaient moins, mais de meilleure qualité, ça ne changerait rien pour leur porte-monnaie, mais ils se porteraient mieux et profiteraient probablement plus longtemps de leur retraite…”
l’obésité est un problème complexe. Et je dois vous signaler que les produits bio sont quand même très chers ! (surtout quand on est un petit consommateur) - et il est exclu d’en acheter avec les bons du secours catholique (en tout cas chez moi à Lodève). L’obésité des femmes pauvres vient aussi du fait qu’elles sont coincées à la maison, et tout est payant : cours de gym, bonnes chaussures pour faire de la randonnée, piscine (à Lodève : très cher !), garde d’enfants (inutile d’y songer !)…etc… une fois coincée dans l’obésité, il est très difficile d’en sortir… (plus que de la drogue, car il est exclu de se passer totalement de nourriture).
On sent une ignorance et un mépris pour les pauvres dans vos propos… mais si vous n’aviez pas beaucoup étudié l’histoire, si le parti communiste vous avait violemment déçu, si les syndicats vous avaient emmenés pendant 40 ans à des combats perdus d’avance… Et si les mecs de gauche vous été aparu comme plus carrièriste que préoccupés par votre sort, est-ce que vous pourriez croire encore à la “gauche” ? Où iriez vous exprimer votre rage ?
Auriez-vous confiance dans de minuscules partis sur lesquels vous n’avez qu’une information très partielle ? (le prix des revues qui pourraient vous éclairer est prohibitif - au fait je suis étonnée que vous ne connaissiez pas la revue Silence, même si je n’ai pas les moyens de l’acheter - elle m’intéresse).
Ce serait bien que les partis comme le votre reprennent la tradition de la formation des ouvriers en l’étendant à la formation des précaires et chômeurs, qui vont finir par représenter la majorité du peuple.
La revue Silence, qui est en difficultés actuellement, fait de tout petits prix sur un abonnement annuel …
@Superno: bel article, PAS trop long, merde, faut pas déconner, moins de 8000 mots, c’est pas la mer à boire, on est pas sur twitter… En tout cas respect pour t’être farci la prose merdeuse de LO, et en avoir démonté les (mauvais) ressorts. Quelques heures de travail bénévole pour diffuser la Bonne Parole…
@Vieilledame: Ce ne sont pas les produits bio qui sont chers (chez le producteur), mais les produits “conventionels” (comprendre “de merde”) qui sont trop bon marché, donc avec un coût annexe (social, écologique, nutritionnel…) qui est supporté quelque part. Mais effectivement, les distributeurs étant ce qu’ils sont (de gros voraces), ils margent sur le bio comme des bêtes (cela a étée démontré au moins en Suisse: les 2 principaux distributeurs (Coop et Migros) margent pratiquement du double sur le bio…).
Bonsoir d’une Lorraine longtemps sous-marinante, ayant récemment voté “escargot” et incité à le faire.
Article très intéressant, qui gagnerait peut-être à être scindé? (comme celui du compte rendu du contre-grenelle)
Juste à propos de cet extrait
Je pense que les articles à ce sujet dans le journal de la joie de vivre dénoncent plus le mésusage de l’internet que son principe. Force est de constater que cette technologie consomme de l’électricité, nous ne pouvons pas raisonner qu’en CO2.
Pour “non” qui écrit que Marx et ses disciples n’étaient pas pauvres…il me semble bien que sa famille a vécu dans la misère et qu’un de ses enfants est mort de faim.
mais je ne faisais pas que passer, ce blog est dans mon google reader
Pour ce qui est des vers…on aura je pense tous à faire à eux un jour ou l’autre…
Ceci dit, notre civilisation consumériste reste un modèle pour bien des nations ou des peuples indigents de cette bonne vieille terre.
Comme l’oppression est, malheureusement, souvent le compagnon de la pauvreté pour tous ces peuples, liberté, démocratie, progrès social et consumérisme naviguent, pour eux, dans le même navire au sein duquel ils souhaitent tous embarqués.
C’est d’autant plus légitime qu’ils alimentent le gros du bataillon de la main d’oeuvre bon marché qui nous fournit notre “Confort Moderne” et que leurs terres et sous-sol sont les gisements de “nos” matières premières vivrières, énergétiques ou minières.
Aussi va-t-il être difficile d’appliquer cette décroissance sans frustrations sévères…doux euphémisme…même si le mur nous attend tous au bout du compte…ça pourrait être rock’n roll…
Malgré une minorité consciente du problème dans ces “contrées-réservoirs” la majorité ne souhaite pas ne pas être un jour l’heureux récipiendaire de toutes cette manne “technologique” qu’elle associe au bonheur…
L‘“united color of benetton” du marketing mondial s’acharnant d’ailleurs dans ce sens là, et sachant avec brio imprégner les esprits en arrivant même à briser les communautarismes culturels.
L’occidentalo-centrisme à de beaux jours devant lui, et je crains que la décroissance amenée de nos contréesne fassent qu’amplifier le phénomène.
Sinon billet long mais intéressant (comme d’hab).
à propos d’écologie,de décroissance et de “Vraie Gauche”
Communiqué de presse du Parti de Gauche
Paris, le 8 juillet 2009
Martine BILLARD, députée de Paris, a annoncé ce jour, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée Nationale, en présence de Jean Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche (PG), sa décision de quitter le parti des Verts et de co-organiser le Congrès fondateur du Parti de Gauche qui aura lieu en décembre.
………………………………….
Martine Billard a indiqué que « l’heure n’est pas au repli ni à la négation du clivage gauche-droite prônée par Europe Ecologie mais au regroupement de tous ceux qui n’acceptent pas la logique du système capitaliste et du productivisme. » Paul Aries, objecteur de croissance et directeur du Sarkophage, a indiqué suivre la même démarche.
Voila d’excellentes nouvelles!
@ Non
Tu est à côté de la plaque, il te reste bien du chemin à parcourir. Le cheval, ce n’est pas rétrograde: de plus en plus d’agriculteurs (entre autres) l’utilisent dans leur métier et pour le transport. Il n’écrase pas tout sur son passage, sert de débroussailleuse et produit du fertilisant. En plus, il connait la route!
Aujourd’hui, l’idéologie de la bagnole (même électrique) est à l’agonie, mais tu ne le sait pas encore.
Elle sera bientôt réservée aux riches. En revanche, c’est vrai que pour les transports en communs et de marchandises, c’est une autre histoire…
@vieilledame
Je n’ai senti aucun mépris pour les pauvres…
Plus généralement, je suis en général d’accord avec le taulier, suf sur quelques trucs négligeables.
A ceux qui gueulent parce que le bio “c’est trop cher”, je vous rappelle que l’agriculture bio est très très peu subventionnée, contrairement à l’agriculture dite conventionelle. Je reconnais qu’effectivement, dans les biocoop c’est cher.
C’est grâce aux subventions que les légumes conventionnels sont moins chers dans les supermarchés.
En vérité, vous payez les subventions agricoles et donc la différence par l’impôt…
En vérité, si vous allez au marché bio ou chez le paysan bio du coin, vous paierez le même prix que le légume chimique du supermarché.
Le fait d’être pauvre n’y change pas grand chose.
Quand je vais au supermarché (très rarement)et que je vois toutes les saloperies alimentaires aux couleurs criardes (plats préparés, jambon sous vide, sodas de toutes couleurs, erzatzs de fomages sous vide, toute cette bouffe prédigérée et préchiée dont ils n’ont pas besoin, j’en oublie…), que les gens mettent dans leur caddie, je crois rêver. Il ne faut pas s’étonner qu’ils gueulent parce que c’est cher, et qu’ils aient des problèmes de santé qui vont avec.
Certains (j’en connais) rentrent ensuite dans leur banlieue dans leur caisse design et leur lotissement bien rangé; et allument leur barbecue design sur leur pelouse design, pendant que leurs enfants jouent sur des tobogans et des cabanes en plastique design.
Ils prennent l’apéro avec des biscuits et des trucs chimiques hyperchers au kilo.
Quand on regarde la maison d’à côté, le voisin aussi prends l’apéro autour d’une table en plastique sur des chaises en plastique en bouffant des “fromages” cubiques en plastique, avec le même barbecue design une pelouse bien nickel et design tout autour …
Elle est pas belle la vie?
Ce que je pense est que ces gens là feraient bien de transformer leur pelouse en potager bio, parce que cela serait tout bénef pour eux. Ils économiseraient une tondeuse à gazon, l’essence qui va avec et bien d’autres choses encore.
Mais voilà, ce n’est pas joli, cela ne se fait pas dans un lotissement, tout le monde doit avoir son gazon anglais et le barbeuc… Ne pas avoir de pelouse, c’est très mal vu, ça nuit au statut social dans les relations de voisinage, ça fait pauvre et crade.
Encore faudrait il qu’ils sachent comment ont fait pousser des pommes de terre, courgettes & tomates…
Alors, effectivement, il y a beaucoup de gens qui vont avoir beaucoup de mal à s’adapter à l’explosion de la crise qui arrive, et à la raréfaction du pétrole qui a commencé.
Et puis il y a les Amap, les maraichers locaux… Personnellement ces deux me suffisent et Biocoop je n’y vais plus que pour mes noix de lavage parce c’est là qu’elles sont le moins chères et puis pour les mandarines parce qu’il n’y a plus que là que j’en trouve (quoi qu’avant Noel, j’en ai trouvé à Metz chez le primeur qui se trouve près de la place Saint-Louis alors qu’il n’y en avait nul part dans le marché couvert). En tous cas, entre l’Amap et mon maraicher, je m’en sors très bien financièrement et qualitativement. En plus c’est du local contrairement aux produits Biocoop.
Mais qu’est-ce que vous avez tous à trouver cet article trop long ? Vous lisez encore des livres de temps en temps ? Remerciez plutôt SuperNo de s’être tapé ce texte débile, de l’avoir analysé et commenté pour vous.
C’est un travail remarquable, SuperNo. Tu démontes point pas point le discours de Ligue Ouvrière, et l’évidence s’étale devant nos yeux qui n’en demandaient pas tant : il n’y a pas un seul point sur lequel je donnerais raison à LO. Pas un seul point sur lequel ta critique tombe à côté de la plaque. PAS UN SEUL ! C’est à pleurer…
Tu le souligne à plusieurs reprises : ce discours est très proche de celui de Sarkozy. Le ton est un peu différent, mais le message est le même : consommez, travaillez, et surtout ne réfléchissez pas.
Voilà ce qui choque Lutte Ouvrière :
- ne plus pouvoir regarder TF1
- ne plus pouvoir se donner l’illusion d’être riche en allant exploiter la misère (la vraie misère, pas celle qui peut se permettre d’acheter un billet d’avion) à l’autre bout du monde
- être obligé d’emprunter les transports en commun comme un vulgaire prolétaire…
Lutte Ouvrière, ou la lutte des ouvriers pour se persuader qu’ils font partie des « classes moyennes » ? Le rêve américain en VF ? C’est ça, votre progressisme ?
Quels cons… Mais quels cons… Mais éteignez votre télé de merde de temps en temps et informez-vous, bordel !!!
Bien entendu, la décroissance n’est qu’un discours petit bourgeois. Argument bateau, rabâché jusqu’à la nausée depuis 150 ans, alors que ce sont eux, ces crétins empaillés, qui sont englués dans une mentalité bourgeoise. De bourgeois frustrés, mais de bourgeois quand-même.
Je suis frappé par la puanteur anti-intellectualiste qui se dégage de ce texte :
Il fut un temps où ceux qui se réclamaient de Marx étaient des intellectuels. Marx en était un lui-même, bien évidemment. Mais la culture de LO semble se résumer au JT de TF1 et à la Star Academy. Quelle coïncidence : c’est la même que celles des crétins qui ont voté Sarkozy pour avoir le droit de travailler encore plus pour gagner encore moins.
On ne pourrait pas mieux résumer, SuperNo : ces soi-disant révolutionnaires sont presque aussi menaçants pour le pouvoir en place qu’un troupeau de moutons qui traverse dans les clous. Misère… Dire qu’ils ont encore des électeurs.
Un dernier mot sur ce sujet, mais pas le moindre.
Juste un pavé dans la mare : je suis Malthusianiste. Touchatout, est-ce qu’on dit malthusienne ? (Pour les anciens du blogue : Je m’en suis déjà expliquée avec Vince, mais c’est l’occasion de mettre à plat.) J’assume. Je fais partie des affreux, sales et méchants qui disent que l’humanité est un cancer. Et le journal “La décroissance » a horreur de ça. Ca n’est pas politiquement correct du tout du tout. Je crois que même chez SuperNo, ça fait tache …. “La décroissance” n’a pas un poil d’humour, ni de recul, pas plus que LO d’ailleurs.
Ne croyez pas que je sois misanthrope. Certainement moins qu’Anarchoïde. Il n’y a que les monteurs de quads que j’ai envie de manger en brochettes. Même les ouvriers de LO, je les excuse …sauf s’ils montent des quads ! Et je ne trouve rien de plus trognon qu’un petit d’humain … Et pourtant ….
C’est une simple question de place. Ce n’est pas une question de nourriture.
Il n’y a simplement pas assez de place pour le-monde-animal-sauvage-et-nous dans les conditions qui sous-tendent actuellement notre civilisation. Et ce, quel que soit le régime politique, si l’on y pense sérieusement. Sauf décroissance extrême, dont personne ne veut.
Si vous voulez d’un monde sans animaux, libre à vous … Prenez tout le territoire, et utilisez-le comme bon vous semble … Faites fi du monde animal, du règne végétal et minéral, comme si vous n’en faisiez pas partie … Asservissez-le et brevetisez-le … Sauf que cet ensemble est nécessaire à notre survie et que le processus mortel nous rattrapera tôt ou tard.
Je fais partie des gens qui disent : que l’humain trinque pour les conneries humaines, rien d’anormal. Que le monde vivant soit en première ligne, ça me plait déjà nettement moins.
Surtout qu’il n’a pas de voix pour dire, l’animal, le végétal …. (Et même que quelquefois l’humain trinque pour l’humain, mais qui en a quelque chose à foutre des niakwés, qui n’ont rien à dire non plus ? Je pense notamment à l’Amazonie et à toutes les communautés dont les terres sont noyées inondées pour servir des barrages producteurs d’électricité).
Ce qui me gêne le plus, c’est qu’il y a d’autres solutions … Mais après tout, si tout le monde estime qu’il y a lieu de se séparer du milieu naturel et que l’avenir de l’homme dépend uniquement de la techno-science, qui suis-je pour prétendre le contraire ?
Ah Véro ! Je ne suis pas très savant, je n’ai pas lu Malthus, les grandes théories en général m’emmerdent, je leur préfère mon instinct, ce qui me reste de mon animalité d’ex-homme des bois, et ce faisant je fais partie de ceux qui considèrent, et osent le dire, que si une décroissance doit s’engager, si un tournant radical vers l’écologie doit s’opérer, on ne pourra faire l’impasse sur la dénatalité.
Mais là on touche au sacré. Après tout procréer c’est inscrit dans la loi de l’espèce. En principe on fonde un couple pour fonder une famille. L’empreinte judéo-chrétienne reste très ancrée dans les mentalités. On se met en couple, on fonde une famille. Tant pis si ensuite on divorce dans deux cas sur trois et que les mômes sont ballotés ici et là. C’est une autre histoire. Ailleurs, c’est aussi une question de religion. L’Islam commande à ses ouailles de se perpétuer. Même chose chez les juifs. Après, il y a ce que j’appelle les grossesses sociales, les nanas qui ne trouvent pas de travail ou qui n’ont pas envie de finir caissières à Auchan, et qui fabriquent du môme en série pour pouvoir subsister. Chez les classes moyennes, les allocs permettent de boucler les traites du pavillon en parpaings.
Qu’on est loin du désir romantique d’enfant, qui couronne les belles histoires d’amour de la littérature…
Perso je leur préfère les histoires d’arbres et de sangliers, d’eau vive et de bouquetins, de circaètes et de buses…
Question misanthropie, j’ajouterais les chasseurs au barbeuc… et les motards et kekes à tuning foireux et sound-system apocalyptique, tant qu’à faire. Parmi les politicards et leur valetaille.
Mais chhhht ! On va nous accuser de vouloir rouvrir les camps.
Malthusien : relatif aux thèses de Malthus.
Malthusianisme : doctrine de malthus
Ton néologisme malthusianiste voudrait dire favorable à la doctrine de Malthus.
C’est toi qui vois.
Cliquez sur les images contenant : mario
Merci, ô grand correcteur officiel à langage bourru ! de toutes façons, le terme en question est réducteur et je ne l’ai employé que pour “choquer”, interpeller. Ca n’est à mon idée qu’un épouvantail que l’on agite pour éviter toute réflexion sociétale, et ne surtout pas modifier la place de l’humain . Au-dessus, nous sommes au-dessus du monde naturel . Moi il me semble que nous sommes dedans ! C’est toute la question. Mais je peux me tromper …
Fleur et chats, montre le verrou anti-spam !
Et maintenant je me sauve, j’ai assez trollé ce billet !
@vero
Concernant ta malthusianitude, je crois que tu te pose des problèmes pour rien. La nature, qui est quand même super bien faite, et même si l’Homme pense l’avoir domestiquée et s’en être affranchi, se chargera très probablement de la régulation de l’espèce humaine… à sa façon, bien sur, qui n’est pas forcément la plus tendre, mais qui a le mérite d’être efficace.
A superNo (et d’autres), voici le lien vers le site d’un copain qui fut candidat dans la liste escargot de l’ouest, aux dernières élections européennes.Le ragondin furieux
Rigel :
D’accord, mais cet argument largement utilisé a l’inconvénient de fermer les débats, sans proposer de solutions . On se retrouve avec deux clans s’invectivant face-à-face, les « je-vais-tout-résoudre-et-controler » contre les « la-nature-se-chargera-de-remettre-de-l’ordre », deux bandes de macaques se battant sur la même poubelle .
Définissons « la nature » comme l’ensemble des éléments naturels, des phénomènes naturels et des interactions entre tout ce petit monde ! Ca fait déjà moins « magique ».
Ensuite, je maintiens qu’une toute petite réforme de notre conception du statut de « homininé » induirait une réelle évolution et un changement de modèle.
Enfin, imaginons une réflexion d’abord, puis une prise de conscience et une prise en compte réelles des matières premières utilisées pour toute production technologique humaine , associée à une étude soigneuse des effets induits par ladite technologie et là, contrairement à ce que dit LO, ce serait une vraie révolution !
Nous en sommes loins. Par contre, nous sommes bien près de la disparition des grands singes … (gugusse qui pleure)
Cliquez sur les images contenant : lunettes
Je n’ai que le premier commentaire et comme je voulais écrire la même chose … j’écris autre chose sans donc avoir lu en entier ton article (j’ai abandonné aux citations de Alain de Benoist Ellul, autrement dit j’ai pas été très courageux).
Tout d’abord merci à Enjolras qui en un dessin (d’où le fameux dicton “un …. vaut mieux qu’un long discours”) résume bien les propos des détracteurs du discours (multiformes) des décroissants.
Mais comme inévitablement LO a dû proposer le socialisme (c’est à dire une économie débarrassée des capitalistes dont j’aimerais savoir si il commence par le boulanger qui a un employé ?) comme économie seule capable de nous promettre un avenir radieux marqué par la poursuite d’une croissance économique permettant simultanément la baisse rapide de l’empreinte écologique globale de l’humanité avant que notre Titanic ne rencontre l’iceberg.
Peut-être est-ce vrai, mais hélas, l’iceberg est en vue, et il est plus qu’urgent de faire décroitre DRASTIQUEMENT cette empreinte. Un pays riche, l’Allemagne, malgré une croissance de son PIB (certes moindre que celle des trente glorieuses), réussit à faire baisser son empreinte écologique depuis une bonne vingtaine d’années (cf. rapport “pour une planète vivante du WWF 2008). Si l’on prolonge la tendance de cette baisse il faudra attendre 2050 pour arriver à une empreinte écologique par allemand compatible avec les contraintes du “développement durable” (… droits des générations futures). Quelle sera le poids de la dette écologique au terme de ces 40 ans qu’il reste à parcourir (si nous sommes encore là) ? Le poids des seuls intérêts à rembourser ne sera-t-il alors pas tel que la dette ne pourra plus JAMAIS être remboursée ? Je crains que si.
C’est pourquoi, je ne crois plus à une CROISSANCE suffisamment verte pour être écocompatible Ou alors cette croissance serait constituée pour une grande part par des activités économiques destinées à des réparations écologiques. Il ne suffira plus de construire des éoliennes à la place de centrales à charbon, des bus à la place d’automobile, pour réduire rembourser les dettes. Mis à part la nécessaire agriculture (bio bien sûr) permettant la reproduction de la force de travail (un terme qui plaira à LO), toutes les activités économiques seront : dépollution, plantations, coûteuse sauvegarde des espèces vivantes menacées, désartificialisation des sols, recyclage de tous les déchets non biodégradables accumulés depuis 150 an ou plus, afin de dépolluer et/ou récupérer des matières premières, … enfin, bref, une croissance diminuant au final “le pouvoir d’achat” (appelé abusivement “niveau de vie”) des citoyens puisque les fruits de la croissance sera nécessairement réinvesti dans le paiement de nos dettes environnementales.
A ce scénario, je préfère nettement celui proné par les décroissants : la simplicité volontaire, le développement de la spiritualité, la restauration des liens sociaux bouffé par le présumé “progrés” (chacun devant sa tv après une journée de télétravail à l’écran ou au mieux au service de robots, s’adressant sans même sortir de son véhicule, climatisé et sonorisé, à des robots pour faire ses achats, et comme seuls loisirs, les jeux videos ou la lecture à l’écran -les bibliothèques n’étant plus rentables faute de fréquentation suffisante- ).
Merci SuperNo. Continue mais fait des articles plus courts et ne perd plus ton temps à critiquer LO qui mourra avec Arlette. La seule question qui vaille sur cet article de LO est : mais pour qui roule-t-elle ? Mes soupçons se renforcent.
@Christophe Vieren
D’accord sur tout, sauf sur le fait de demander à SuperNo de faire des articles plus court. Pourquoi abréger? La décroissance, ça commence par prendre le temps de lire ce genre de chose plutôt que de regarder la Star Ac’. Des articles intéressants et argumentés qui posent les vraies questions, il y en a de moins en moins dans notre société de l’instantané et du “tout, tout de suite”, de l’image prémâchée pour être digérée immédiatement. Pourquoi vouloir faire plus court, pour gagner du temps, réduire l’argumentation, aller plus vite et développer moins?
oh ! ça marche ! plusieurs essais, ces derniers temps sans pouvoir commenter.
d’abord, SuperNo, je voulais te dire un grand merci et un grand bravo pour ton article.
voilà, ça, c’est fait.
ensuite, par “tu demandes à des politiciens d’être honnêtes”, je voulais dire qu’ils savent ce que tu démontres, ils font dans la désinformation avec leur article.
enfin, bien sûr qu’il faut passer par la baisse de la population humaine, bien sûr, c’est évident.
et la nature n’y peut plus grand’chose quand on fait le compte de toutes les naissances médicalement assistées, les mères porteuses et tout le toutim…
cliquez sur grenouille.
non, sur mario
Heureusement que le temps n’y est pas ce week-end en Lorraine, parce que ce retour de vacances est laborieux, j’ai rattrapé tout le retard cet après-midi et en plus je finis sur cet article, excellent par ailleurs, n’ayons pas peur de flatter le taulier.
J’ai profité de mes vacances pour lire le journal “La Décroissance”, ce que je n’avais jamais fait jusqu’à maintenant tant la présentation type Siné-Hebdo lui donne peu de crédibilité (je sais, j’avais aussi râlé pour l’escargot, c’est dans ma nature) C’est pas pour me vanter mais juste pour dire que j’y ai trouvé aussi deux choses bien sympathiques: un encart sur le malthusianisme que j’ai trouvé très intéressant (effectivement ils sont pas vraiment pour, moi non plus) et une petite phrase, attribuée à Ghandi : “vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre”, c’est aussi ça la décroissance.
Juste une dernière remarque, oui les décroissants sont des socialistes car ils sont tous rangés derrière la même bannière mais aucun n’a les mêmes idées que les autres
je remarque qu’il y aplus de gens qui parlent de décroissance que de vouloir changer de société car bien sur plein de monde vote à droite ou à gauche et une petite minorité pour les révolutionnaires et ceux -là même se posent des questions à juste titre , il ne faut pas être des béni oui-oui , il n’y en a que trop , mais combien honnêtement se sont intéressés aux idées des révolutionnaires en dehors des périodes électorales et des discours électoraux sur l’actualité du moment combien savent que lutte ouvrière prône les moyens collectifs d’organisation pour la société justement pour économiser l’énergie , ainsi le tout voiture ce ne sont pas les petites gens , ni les travailleurs qui ont décidé de rendre presqu’obligatoire de se transporter avec , il y avait des tramways dans les villes moyennes , ils ont été supprimé au profit des autobus qui polluent et au profit de qui , qui a bétonné les quais de la seine et d’autres rivières pour que les voitures roulent au détriment des piétons et des vélos , même dans le nord dans des endroits où il y avait des pistes cyclabes les trottoirs ont été rétrécis pour permettre aux voitures de mieux circuler , aujourd’hui on se réveille en se disant on va vers la catastrophe mais c’est depuis l’industrialisation que l’on s’y précipite car tout est construit pensé pour permettre aux constructeurs et marchands de fuel et essence de vendre quitte à épuiser les énergies et à polluer et combien paye un industriel quand il polue ou qu’il fait sauter une de ses usines pour en extraire le plus de profit au mépris de la sécurité de ceux qui travaillent ou des riverains , aller à Toulouse et rappelez vous erika et tous les autres pollutions , bien sur je ne parle que de pollution mais pour tous les aspects de notre existence il y a des intellectuels qui sont grassement payés pour continuer ce système et le justifier comme le meilleur etc , mais ce sont les mêmes souvent qui donnent des idées ou des arguments pour faire des changements mais qui rapportent toujours ou plus d’argent à leurs maitres et ceux-ci ne sont pas si nombreux mais ils ont une telle cour que cette société tourne autour de ces gens et on ne les connait pas et pourtant ce sont les donneurs d’ordre de la bourse ou aux gouvernements , ils se cotoient dans les mêmes lieuxet savourent quand de pseudo nouvelles idées arrivent sur le marché et peuvent permettre de dériver la colère des populations vers ceux qui n’y sont pour rien mais qui essayent de montrer les vrais responsabilités , il faut dire que c’est moins facile de se battre contre les vrais tenants du pouvoir que de raconter aux gens qu’ils sont responsables des catastrophes qu’ils subissent à cause du modèle social organisé pour une minorité par une minorité et à son seul profit et pour apaiser le petit peuple on leur vend les journaux , télé ,radios qui sont à leur service car ils en sont propriétaire ou ils en sont les larbins
Si la révolution c’est ne plus mettre de points dans les phrases, moi j’en veux pas.
J’allais le dire. Je suis suis d’accord avec toi, camarade réactionnaire !
Et je n’hésite pas à ajouter que l’espace doit être après la virgule, pas après, ni avant et après.
wouah ! Stanislas, ce que tu écris paraît sensé mais ta façon de l’écrire rend tes propos illisibles.
c’est en une seule phrase, ton commentaire ?
pour ne parler que du début : vouloir la décroissance, c’est AUSSI vouloir changer de société.
C’est complémentaire, pas incompatible.
J’ai tout lu d’une traite, le post et les 85 commentaires. Merci.
Superno, il va falloir remettre ça : http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky-62/article/la-decroissance-une-doctrine-qui-8991#0.1
Si vous “remettez ça”, tâchez cette fois d’être mieux au fait des idées trotskistes que soutient LO, avant de vouloir prétendre y répondre.
Pour ne donner qu’un exemple, reprocher à notre discours d’être trop binaire, opposant bêtement “ouvriers” et “patrons”, c’est dramatique. On pourrait se demander si, passé les exemples de la vie quotidienne sur lesquels bon nombre d’avis s’appuient pour faire passer les communistes pour des abrutis, vous comprenez quelque chose au fonctionnement de notre société. Mais cela témoigne plutôt d’un refus de s’intéresser au modèle de la lutte des classes, car il est bien plus subtil et large que la sotte critique qui en est faite ici; et dans le cas où les d’autres discours que le vôtre ne vous intéresseraient pas, on se demande bien quel intérêt vous pourriez trouvez à écrire un tel article.
Pour finir, le meilleur moyen de “répondre” au CLT sur la décroissance, c’était d’y aller.
Je n’ai pas écouté jusqu’au bout la vidéo présente sur le site de lutte oucvrière concernant la “discussion” sur la décroissance, mais malheureusement, les premières minutes suffisent amplement pour se rendre compte qu’il était totalement inutile de s’y rendre pour y répondre. Dans l’introduction même de la discussion, la décroissance est présentée de façon tellement caricaturale que toute discussion derrière en devient définitivement impossible. Je te retournerai donc assez facilement ton argument. Avant que les trotskistes parlent de décroissance, il serait préférable qu’ils se renseignent un peu plus précisément sur ce qu’est la décroissance, et qu’ils laissent de côté les imbécilités usuelles, Sarkozy fait ça très bien, il ne me semble pas utile d’en rajouter.
Pour aller dans le même sens que le blogueur précédent, SuperNo, votre réponse à l’article de Lutte Ouvrière me paraît singulièrement peu convaincant:
d’abord, parce que vous persistez à employer des arguments qui ont déjà été réfutés, sans tenir compte de cette réfutation, or répéter n’est pas prouver.
Ainsi lorsque vous invoquez un monde ou une nature “finie”, ou lorsque vous vous effacez devant les ” chiffres”, toujours parlants comme chacun le sait…: vous ne tenez nullement compte des avancées techniques et scientifiques que l’avenir nous réserve et par définition irreprésentables aujourd’hui, qui permettront aux hommes de dépasser et de subsumer les limites naturelles. Votre point de vue est donc paradoxalement centré sur un présent immédiat, bien que vous vous réclamiez de la décroissance au nom des lendemains qui déchantent.
- et surtout, vous ne comprenez pas que derrière la dichotomie qui vous semble caricaturale entre patrons et ouvriers, il y a la réaffirmation ô combien vérifiable par tous dans la réalité empirique, que tous les hommes de nos sociétés dites riches ou productivistes ne forment pas une communauté homogène.Leurs positions respectives dans l’appareil de production et dans la sphère de la consommation non seulement diffèrent, mais sont souvent antagonistes.
La mère célibataire qui travaille la nuit dans l’industrie ( rétabli depuis quelques années en France au nom de l’égalité homme/femme) prendrait-elle plaisir selon vous à laver son linge à la main après avoir nourri ses enfants, qu’elle doit laisser tout seuls? il est vrai que vous lui apporteriez vous, Monsieur No, votre soutien, mais elle a sans doute peu de chance de se trouver dans votre voisinage, vivant plutôt dans le 93, dans l’une de ces odieuses cités, où elle aurait toutes les chances de se faire voler son vélo…
- en somme, votre angle d’analyse est assez restreint: peu soucieux des mains d’autrui, mais partant de vous-mêmes, de vos aigreurs d’estomac, dont vous tirez des valeurs universelles..
Bien sûr ! Mais ce que tu peux être con, des fois, mon pauvre SuperNo : tu ne tiens pas compte des avancées techniques et scientifiques que l’avenir nous réserve et par définition irreprésentables aujourd’hui, qui permettront aux hommes de dépasser et de subsumer les limites naturelles !
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre (J. Prévert)
Cher Touchatout,
Puisque tu aimes manipuler le dictionnaire, tu aurais pu y vérifier que le poème de Prévert fut composé en 45, après les bombardements qui ont détruit la ville de Brest et n’y ont laissé qu’une pluie de ” feu, d’acier, de sang” et des chiens crevés au fil de l’eau, sur Brest…il évoque donc une guerre réelle, et non une polémique stérile!
J’en viens au second point: que signifie ” dépasser les limites naturelles”? d’abord, laisse-moi te dire qu’il n’y a pas à mes yeux de mots interdits. Pourquoi ne devrait-on pas employer de termes philosophiques dans ces considérations qui manifestement ,ne sont pas strictement ” matérielles”! Tout au contraire, elles engagent un point de vue et une politique, ce qui suppose une réflexion ( je souligne) préalable à sa mise en oeuvre.
Quant à tes considérations sur les saisons, puisque décidément tu aimes toucher à tout,j’avoue qu’elles me semblent relever du coq à l’âne!
C’est là le principal problème de l’ironie et du sarcasme, chers à Touchatout : ils appellent une réponse du même ordre et ne vous contraignent pas à étoffer vos argument.
Donc, Mme Barbara-représentante-de-LO, d’où vous viens cette foi dans le progrès technique qui résoudra les limites perceptibles aujourd’hui ?
De l’extrapolation d’une histoire industrielle capitaliste somme toute bien courte à l’échelle géologique ?
D’une foi en Dieu, en le marché ? je suppose que non…
Alors ? j’aimerais assez être rassuré…
Une dernière chose! Concernant la réduction du temps de travail, non, les marxistes et Lutte- Ouvrière ne sont pas en la matière des suppôts de Sarkozy!!
” Une étrange folie possède les classes ouvrières(…)Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail…”
- Qui a écrit cela? Un décroissant? Mister No ?
- Pas du tout. Vous n’y êtes pas. L’auteur de ces lignes est Paul Lafargue, gendre de Marx, et membre de la Première Internationale,en réponse au socialiste réformiste Louis Blanc,qui affirmait le dogme du travail…
Vive le droit à la paresse donc, mais dans l’abondance! Pas de buffet vide!
Très chère Barbara,
une guerre réelle, et non une polémique stérile!
je ne crois pas engager une polémique stérile quand je demande comment dépasser les limites naturelles : une calorie vaut 4,18 joules, un mégawatt mille kilowatts, avec ou sans lunettes rondes. Ce n’est pas de la philosophie, ne t’en déplaise, c’est strictement matériel.
Subsumer réclame deux compléments : que subsume-t-on, dans quoi le subsume-t-on ? Dans quoi subsume-t-on les limites naturelles ? Je conçois qu’il te faille une réflexion préalable avant de bâtir une politique là-dessus. Du vent !
D’où les considérations météorologiques.
Comment vaincre les limites naturelles? En développant les nanotechnologies notamment, en développant la recherche, en augmentant les crédits qui lui sont alloués, en mettant sciences et techniques au service de l’homme et non au service des forces de destruction ( voir le budget de l’armement militaire); en brisant la course au profit des grands trusts internationaux et en imposant une exploitation rationnelle de la planète!
Pour l’homme des Lumières, l’Amérique était encore un nouveau monde! Certains jet-setters vont aujourd’hui sur la lune! et l’homme de demain ne pourrait découvrir d’autres formes d’énergie que le pétrole?
Tu as raison, Barbara, il faut recentrer la Recherche vers et pour l’Homme, la Nature et la Vie (grande méfiance quand même envers les nanotechnologies), et non plus vers des sujets mortifères.
Mais tu as remarqué que nous sommes quelques uns ici à ne pas croire aux axiomes que sont le progrès technologique qui sauvera l’humanité, et le miracle énergétique.
Et quelque chose me dit que tu n’es pas, toi non plus, du genre à croire aux miracles.
Les nanotechnologies, maintenant !
Enfin si ça peut nous faire des tonnes de pétrole de deux mille kilos. Même quinze cents…
Blague à part, cette merde est encore pire –parce qu’encore moins prévisible– que les OGM.
Rhôôô, Touchatout, tu exagères quand même… non ?
Regarde, tu crois qu’on a des raisons (supplémentaires) de s’inquiéter ?
Pour en savoir plus sur le nanomonde, c’est ici.
Barbara, Sylvaner a raison :
c’est la mère célibataire habitant dans le 93 qui ferait partie des premiers bénéficaires d’une décroissance bien comprise et bien appliquée.
Chaque année, en fin d’année (à partir de mi-septembre en 2009 et donc de plus en plus tôt les années suivantes) on vit à crédit de ce que la terre peut produire. A part faire pousser une énorme excroissance sur le globe terrestre, je vois assez mal comment notre fabuleuse science va s’y prendre pour nous permettre de dépasser et de subsumer les limites naturelles! La vie n’est pas une fiction avec un bonne morale à l’américaine à la fin quand le gentil a mis KO tous les méchants.
Et puis il faut cesser de croire que sciences & techniques sont les deux mamelles de la magie: ca existe pas la magie !!!
encore des muffins!!!
Barbara, je ne vous cacherais pas mon agacement et mon étonnement au vu de la “résurrection” de ce fil, et de la tournure qu’il prend. D’autant qu’entre le billet et le débat initial, l’essentiel a été dit.
Bon, je savais que LO n’était pas une grande spécialiste du marketing, et je me doute que l’époque où son icône accédait (un peu) aux médias étant révolue, il faille trouver autre chose pour exister.
Mais je croyais (et je crois toujours, je n’arrive pas à me persuader que les ricanants que l’on voit sur des videos ou écrire des articles anti-décroissants) que LO était au moins du côté des faibles !
Car pour parler franchement, voir Lutte Ouvrière utiliser au mot près les mêmes arguments minables que de vulgaires Juppé, Allègre ou Madelin, ça me troue le cul ! Se gausser de la décroissance et de ces promoteurs avec le même mépris et les mêmes sarcasmes que les dirigeants de multinationales, ça me désespère, et c’est incroyable.
Pour avoir assisté au grand rassemblement des Objecteurs de Croissance, il ne m’a pas pourtant pas semblé voir dans l’assistance des patrons, des banquiers, des possédants, ni même des bobos friqués exhibant les marques de leurs fringues. Plutôt des gens modestes, qui n’auraient pas déparé une manif de LO.
Si Jeanne-Marie-du-9-3 est droguée, que faut-il faire ? Lui donner encore plus de drogue ? Je suppose d’ailleurs que Jeanne-Marie n’a pas voté LO : Jeanne-Marie a peut-être même voté Sarkozy, qui lui promettait plus d’écrans LCD si elle travaillait plus… Jeanne-Marie est la cliente idéale pour le patronat et les actionnaires, ceux que vous appelez “les possédants”.
La décroissance est l’amie des pauvres. Personne ne demandera à un soudanais, ni à Marie-Jeanne, de décroître. L’un des piliers de la décroissance est le partage des revenus, avec un revenu maximum (le contraire d’un bouclier fiscal) et un salaire minimum dû à toute personne, même si elle ne travaille pas, et qui doit lui permettre de vivre décemment, en tout cas de se loger et de se nourrir.
J’ai déjà dit maintes fois que je ne suis pas “anti-science” par principe. Je sais que la science permettra de réduire dans certains domaines l’empreinte énergétique. Mais il faut éviter d’être naïf ou carrément con, les limites physiques sont ce qu’elles sont, et ce qui prétendent les franchir sont des escrocs. La loi de la pesanteur est ce qu’elle est. La vitesse de la lumière est infranchissable. L’eau est incompressible (ou si peu). Et quand il n’y aura plus de pétrole, ben… y’en aura plus. Si un constructeur met sur le marché une voiture qui consomme 2 fois moins, tant mieux, mais le résultat probable est qu’il vendra plus de voitures, plus chères, et qui rouleront plus.
De toute façon, LO, l’UMP et le MEDEF pourront toujours pérorer, les limites physiques se traduiront soit par une décroissance volontaire et juste (c’est notre souhait utopique), soit par une récession brutale, subie, dont les électeurs de LO seront une fois de plus victimes et dont vos alliés objectifs les “possédants” se sortiront le moins mal.
Cher Superno,
Désolée de vous répondre si tard , n’ayant pas vu ( est-ce un déni de ma part?) votre intervention.
Dédolée de vous décevoir en reprenant un fil ou le tissu d’une polémique , que vous pensiez avoir définitivement coupé. Or, ce tissu est toujours présent à l’état spectral: car quoi que vous en pensiez, Lutte Ouvrière se passe bien d’une “icone”, incarnant plutôt la continuité d’une idée et la mémoire du mouvement ouvrier.
A ce titre, nous n’avons rien à voir avec les nantis du Medef ou de l’Ump. Et si une figure féminine venait à nous manquer, ce serait plutôt celle d’une pasionaria , jamais prête à ” pérorer” comme vous le laisser entendre, mais plutôt à crier sa révolte, dans une dissonance universelle.
Quant à la question de la science:oui, celle-ci permettra de” réduire l’empreinte énergétique”, comme vous l’admettez vous-même , à condition d’être orchestrée en vue de la satisfaction des besoins de la planète! Quant à la question des ressources, il me semble avoir déjà dit ici, qu’elle ressort moins de questions comptables, que d’un point de vue et d’une politique qui engagent l’avenir!
En prônant une restriction généralisée, permettez-moi de vous dire que c’est vous qui faites le jeu des possédants! oui, Jeanne-Marie doit quitter son addiction! Mais pas pour resserer les crans de sa ceinture! Elle doit le faire en faisant renaître l’idée et la matière objectives d’une abondance universelles!
Salutations,
Barbara
C’est pourtant un argument qui mérite une réponse sérieuse, plutôt que d’être balayé d’un revers de main. Les “avancées techniques et scientifiques”, si elles sont “irreprésentables aujourd’hui”, sont par nature non fiables !
Aussi, bâtir un modèle économique qui repose sur ce qu’apporteront ces fameuses avancées techniques (sublimée par le mythe de la Singularité) est irresponsable…
Peut-être que les décroissants ont tort. Peut-être que le Progrès apportera l’énergie propre, la croissance propre et dématérialisée, avant que notre monde consumériste ne percute le mur de l’énergie, ou du climat, ou de l’eau…
Mais personne ne peut l’affirmer aujourd’hui !
Les néo-libéraux ont une foi chrétienne ou post-chrétienne dans la capacité de l’homme et du marché à “subsumer” tous les obstacles, parce qu’un dieu leur a dit un jour “croissez et multipliez”. Quelle est l’excuse des communistes ? ils croient à ce progrès et à cette croissance parce que l’alternative est trop douloureuse pour la mère célibataire du 93 ?
Sauf que c’est aussi elle qui va se faire couper l’eau quand elle sera un produit de luxe, qui va acheter un écran plat bas de gamme en solde à ses enfants hypnotisés par la pub grâce à l’argent qu’elle gagnera en bossant le dimanche, qui va acheter de la purée en flocon 10 fois plus chère que les patates mais tellement mieux markettée…
Et si c’était cette mère célibataire du 93 qui avait le plus à gagner du virage décroissant ?
Ben oui, un argument sérieux mérite une réponse sérieuse, mais avec des gens sérieux.
Or cet argument-là n’est pas sérieux, ces gens-là ne sont pas sérieux.
Je lis dans mon Grand Robert :
SUBSUMER v. tr; (1877 Littré ; du lat. mod. subsumere, de sub, et sumere, prendre) Philos. Penser (un objet individuel) comme compris dans un ensemble (un individu dans une espèce, une espèce dans un genre…).
Qu’on subsume les limites naturelles, je veux bien, mais dans quoi va-t-on les subsumer ?
Et comment la subsomption du concept de limites naturelles dans un autre concept (qui reste à définir) va-t-elle reconstituer ou remplacer physiquement les ressources épuisées ? Que vient foutre ce terme de philosophie dans des considérations matérielles ?
Que signifie dépasser les limites naturelles ? Les dépasserons-nous avant ou après les avoir subsumées ?
Y a-t-il quelque chose au-delà des limites ? Jusqu’où ?
Le mois de février sera-t-il plus froid que le mois de décembre ?
De qui se moque-t-on ?
Sylvaner,
Il ne s’agit pas d’avoir une foi aveugle dans le Progrès: les communistes ne sont pas positivistes! Je te renvoie à ce sujet au Manifeste de Marx et Engels…Plutôt que de préconiser un ascétisme universel, il s’agit plutôt d’encadrer et de contrôler la production existante, en vue de la satisfaction des besoins réels des peuples. Car la question n’est pas tant celle de l’épuisement des ressources naturelles, que celle d’une production et d’une exploitation anarchiques, gouvernée par la seule loi du profit , en vue de satisfaire les intérêts privés d’une minorité d’individus.Il s’agit de développer encore l’ensemble des forces productives, d’accroître la productivité , non de la réduire en revenant à des formes d’agriculture locale par exemple, afin d’éradiquer le fléau de la faim dans le monde et d’augmenter le bien-être des populations.
A l’heure où la misère du monde frappe tous les jours à nos portes, à l’heure où les SDF croissent et se multiplient, comment peut-on préconiser de se serrer la ceinture? C’est faire le jeu des possédants, qui nous étranglent déjà bien assez, en licenciant à tout va et en diminuant les salaires !
Pour revenir à la ménagère du 93 , appelons-la Jeanne-Marie,vouloir qu’elle devienne ” décroissante” revient à nier purement et simplement et à ne pas comprendre qui elle est. Oui, Jeanne- Marie a un écran plat et Monsieur NO n’en a peut-être pas. Mais a-t-elle, comme lui,reçu une éducation qui lui permette de se divertir autrement, en allant au théâtre par exemple, ou en animant des blogs sur des sujets de société ? Vouloir que Jeanne- Marie vive comme Monsieur No ( je cite Monsieur No à titre d’exemple bien entendu, bien que je ne le connaisse pas), c’est ne pas comprendre en quoi justement elle est démunie, y compris du sacro-saint bon gôut petit-bourgeois.Jeanne-Marie est une prolétaire: épargnons-lui la corvée d’éplucher les patates!
Très très chère Barbara,
la question n’est pas tant celle de l’épuisement des ressources naturelles, dis-tu.
Mais si, au contraire, la question essentielle est bien celle de l’épuisement des ressources naturelles, au sens large, telle qu’on la voit accélérée et mise en évidence par une production et une exploitation anarchiques, gouvernées par la seule loi du profit.
Dommage que ta Jeanne-Marie et la Zoubida du 9-3 se soient laissé enfiler des écrans plats, des téléphones portables remplacés tous les six mois pour chaque gniard, des consoles de jeu et de la purée en flocons. Elles vont souffrir, de toutes façons. D’autant plus si tu leur laisses croire qu’elles pourront un jour gaspiller comme les possédants.
Leur épargner la corvée d’éplucher les patates ? Pour qu’elles aient du temps de cerveau disponible et s’y laissent bourrer de la pub, pour qu’elles bouffent de la purée en flocons et autres saloperies industrielles toxiques et hors de prix ? Non.
Quant à nourrir la population de la terre avec la chimie et le pétrole… même la FAO convient dans ses rapports que l’agriculture « paysanne » est la seule susceptible de satisfaire les besoins dans quelques décennies.
Très très très cher Touchatout,
C’est la loi du profit qu’il faut abattre, désigner clairement les responsables de la gabegie actuelle, les démasquer publiquement ,les mettre hors d’état de nuire, comme fossoyeurs de la planète et de l’humanité et non diluer le problème en culpabilisant les populations, ce qui encore une fois,fera le jeu des possédants.
Il s’agit de lutter, non de se consacrer à la spiritualité!
Il s’agit aussi de défendre son bifteack , que l’on soit ou non végétarien, car par les temps qui courent,les pauvres sont plus pauvres, et loin de gaspiller comme les possédants. N”as-tu pas vu les queues devant ces magasins, dernier avatar d’un capitalisme cynique, qui vendent des produits périmés? Faut-il vraiment demander à ces gens de consommer…moins ou mieux? Mais avec quel argent?
On revient à la méconnaissance de la décroissance. Prôner un ascetisme universel ne peut être que le projet de quelques illuminés, pour la double raison que 1) ça ne prendra jamais et 2) le “retour” aux anciennes pratiques sera aussi coûteux, sinon plus, pour l’environnement et les ressources naturelles.
En revanche, poursuivre le progrès à 90°, cesser la “fuite en avant” des technologies servant à pallier les effets néfastes des précédentes technologies, évaluer chaque “progrès” avant de s’y jeter à corps perdu… voilà qui mérite réflexion, non ?
Prenons l’exemple du téléphone portable : en 15 ans, cette innovation technologique a colonisé les poches de la quasi-totalité des résidents européens, à l’exception des plus défavorisés (dans l’acception ultra-minoritaire du terme) et des plus réfractaires.
Pourtant, quelle avancée réelle, en termes de qualité de vie, cet appareil apporte-t-il ? les raisons qui nous faisaient moquer les premiers utilisateurs de ce gadget au début des années 90 sont-elles moins vraies aujourd’hui ? “devine d’où je t’appelle ?” (je m’en fous !) “chérie, je rentrerai un peu plus tard !” (j’ai bien vu, t’es pas là…)
Mais ce n’est pas tout ! la polémique sur la toxicité des ondes, du côté des antennes-relais et/ou des récepteurs individuels, ne cesse de ressurgir. Je ne trancherai pas sur sa justification, mais prenons le problème à l’envers : si le danger du téléphone cellulaire était subitement prouvé sans doute possible, notre société serait-elle capable de s’en passer ? la réponse est non, et pas seulement pour des raisons capitalistes. Certes, les multinationales qui se sont bâties sur cette économie mobile ne lâcheraient pas l’affaire - mais le consommateur, accroché à sa nouvelle dépendance (moi comme les autres, d’ailleurs), ne sera pas non plus disposé à l’abandonner !
D’autre part, tu parles de la productivité et de la faim dans le monde. Nierais-tu le fait que la plupart des régions souffrant de famine (hors conflits militaires) sont victimes précisément de l’organisation productiviste, en général sous forme de monoculture intensive, qui a dynamité l’agriculture locale et de subsistance ? J’irai d’ailleurs plus loin : les producteurs subventionnés des volailles européennes, en cédant généreusement et à bas pris les morceaux les moins intéressants de leurs bêtes aux pays africains, entretiennent la dépendance et empêchent les producteurs locaux de subsister et de distribuer leur production.
Je remarque enfin que nous sommes également tombés dans le travers de la condescendance envers la fameuse ménagère du 93 : j’explique qu’elle est victime d’un système consumériste qui la pousse à désirer plus, et toi tu mé réponds que c’est ce qu’elle est ?
Est-ce que, lorsque les décroissants déclarent “la pub rend con”, les trotskystes répliquent “non, les gens sont comme ça ?”
Vous vous souvenez du tam-tam? c’etait bien pratique et bien suffisant…
Ps: Qu’est-ce que le mythe de la singularité?
La Singularité (avec la majuscule, c’est “une” singularité particulière) est la date du futur proche, généralement vue dans le courant de ce siècle ou du prochain, où le progrès humain subira une rupture de pente - sous forme, espérons-le, d’une brusque accélération. L’acception la plus courante est l’avènement de l’intelligence artificielle - au sens où les machines prendront le relais du développement de nouvelles machines, ce qui rendra toute évolution des technosciences au delà de ce point imprévisible. C’est une théorie chère a quelques informaticiens et autre auteurs de SF… C’est aussi la négation des limites physiques au progrès technologiques et de notre méconnaissance de la nature de l’intelligence.
barbara, tu dis :
“C’est la loi du profit qu’il faut abattre, désigner clairement les responsables de la gabegie actuelle, les démasquer publiquement ,les mettre hors d’état de nuire, comme fossoyeurs de la planète et de l’humanité… ”
Mais nous sommes bien d’accord et c’est ce qu’on nous nous efforçons de faire…
“les mettre hors d’état de nuire”… oui … par la non-violence, de préférence et il y a encore beaucoup, beaucoup de boulot.
Tu dis encore :
“… non diluer le problème en culpabilisant les populations, ce qui encore une fois,fera le jeu des possédants.”
Faire prendre conscience, faire ouvrir les yeux, informer, aider au déconditionnement, est-ce culpabiliser ?
@ Barbara qui n’a jamais rien lu sur la Décroissance et pense savoir de quoi il s’agit :
Si je te comprends bien, pour toi la Décroissance c’est faire l’inverse de la Croissance : faire baisser le PIB et imposer la frugalité à tous. Et tu fais une erreur monumentale.
Je t’invite à écouter les petites vidéos suivantes, à défaut de lire les ouvrages de leurs auteurs ce sont de bons résumés.
http://www.sinehebdo.eu/2009/12/25/serge-latouche/ (2 vidéos)
http://www.dailymotion.com/video/xamo6y_paul-aries-objecteurs-de-croissance_news
Et ta recherche de boucs émissaires (les patrons) est nuisible, c’est aux courants de pensées qu’il faut s’attaquer, en l’occurrence le néolibéralisme. Et il n’y a pas que les patrons qui en sont imbibés.
Je résume en général la Décroissance comme ceci :
La Décroissance c’est une réponse qui permet la convergence de 2 problèmes majeurs du capitalisme néo-libéral : la montée des inégalités, de la précarité et les problèmes écologiques.
Elle propose la sortie du modèle productiviste qui vise à produire pour engranger des profits et non pour répondre à une demande ou un besoin. Point à la ligne, le reste n’est que littérature ou interprétations personnelles.
Et ne confonds pas simplicité volontaire (choix individuel) et Décroissance politique.
Et ça me démangeait de poster ici quelques lignes que j’avais écrite en réponse à une personne pensant que la technologie est la seul alternative aux problèmes écologiques. C’est peut-être un peu brouillon et confus car il s’agit de copiés-collés de paragraphes que j’ai écrit dans plusieurs posts mais le fond est là :
La Croissance actuelle créé du chômage et de la précarité, c’est un fait, au nom du productivisme.
La Décroissance ne propose pas de sortir de l’économie de marché, qui est un mécanisme économique naturel, mais du capitalisme. Ce dernier étant un système économique s’appuyant sur une économie de marché. Le communisme est effectivement une alternative à l’économie de marché, mais impose un gouvernement totalitaire, ne laisse pas de place au développement individuel et est tout autant une catastrophe que le néolibéralisme.
La simplicité volontaire, et qui correspond à la déclinaison individuelle de la Décroissance est à laisser au jugement de chacun. Il n’appartient pas à l’état de fixer le “bon” niveau de vie, mais de fixer les règles donnant un certain élan à la société. Aujourd’hui, c’est l’orgie de publicité et d’incitations à la surconsommation auxquelles on assiste. En changeant de paradigme de société on inverserait la tendance. Point.
L’écologie c’est pour permettre à l’Homme de bien vivre, de mieux vivre qu’aujourd’hui et partant de là c’est un mélange de politique, de social et de technique. La réduction de la consommation, le développement des EnR et la réorganisation de l’activité économique de la société en sont les moyens.
Il n’y a pas d’idée de “pénitence” et de souffrance qui serait selon toi proposée par la Décroissance alors qu’ils proposent exactement le contraire : vivre mieux.
Tu as du lire ou discuter avec des deep ecologists ou autres illuminés du retour à la bougie façon Francis Lalanne ou Antoine Weichter ou encore les néo-cathos identitaires décroissants. C’est qu’il y en a un paquet de groupuscules et de personnes qui se réclament de la Décroissance! La plupart n’ont d’ailleurs pas compris de quoi il s’agit et pensent qu’il faut faire l’inverse de la Croissance : faire baisser le PIB.
Personnellement, je travaille dans les éco-technologies, je suis bien conscient de leur potentiel mais aussi de leurs limites, et je lis régulièrement le journal La Décroissance dans lequel je retrouve les idées politiques qui m’animent (dont le refus de l’éco-fascisme et la diminution des inégalités) et trouve les alternatives parfaitement crédibles, démocratiques et accessibles, tout en étant un brin provocateur (c’est un journal satirique). Le numéro de Décembre/Janvier propose d’ailleurs un programme de sortie de crise en 10 points assez intéressant bien qu’incomplet.
@Tassin
Je ne peux qu’abonder avec ton dernier paragraphe.
De très bonnes idées à creuser dans le journal “La Décroissance”, d’autres plus farfelues ou inexploitables dans l’état parce que reposant sur des postulats parfois … erronés. Personnellement, je le lis plus ou moins régulièremet depuis 2002, année où je pris connaissance de son existence. Ce qui m’amuse le plus c’est que le concept de décroissance était tabou et le simple fait de l’évoquer provoquait l’ironie, la morgue voire les soupçons d’appartenance à je ne sais quelle secte baba-ecolo-anarcho-gaucho-coco-revolutionnaire-qui-en-fout-pas-une-avec-les-allocs-que-nous-les-contribuables-on-travaille …
Désormais, il ne se passe pas une journée où je n’entende ce terme à la radio! ca sent la récup à plein nez! Et de “tabou” voire arriéré, ce mot est passé à “mode” et bientôt deviendra “fashion” pour ceux qui seront “up to date”. J’attends de pouvoir constater les premiers symptômes d’une décroissance récupérée par les publicistes (le comble pour ce concept!) sur les beaux vêtements des beaux bobos des beaux quartiers de notre belle capitale de la ville de Paris!
Je pense que les auteurs (Cheynet est un ancien publicitaire) et Ariès sont assez intelligents et trouveront une combine pour s’éloigner de cette récupération. Ils se démerdent bien pour s’éloigner de l’anti-capitalisme de Hulot et de la Décroissance prônée par YAB…
Tassin,
En effet, le concept de ” décroissance” sera sans doute récupéré par les publicistes et surtout les trusts alimentaires ou énergétiques qui les emploient. Il n’y a aucune illusion à se faire: la ” souplesse” et la faculté d’adaptation du capitalisme est infinie…
Reste à ne pas se tromper d’ennemis , à admettre que l’on puisse avoir des ennemis: les patrons ne sont pas , à mes yeux, des” boucs émissaires”: ils sont les émissaires de l’iniquité, du chaos du monde, qu’on les affuble ou non d’une épithète d’ordre animal!
CE sont eux qui perpétuent la conversion de la marchandise en fétiche, eux qui continuent à voler le sur-produit du travail!
Je t’invite à lire le LivreI du Capital, qui déploient toutes ces analyses encore valables aujourd’hui!
Dans l’amour universel qui prélude aux grandes révolutions,
Barbara