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Jul292009
22:57 (Vu 4014 fois)

La fable de la non-privatisation de La Poste

[Dessin de circonstance emprunté au PCF]

Il était une fois un grand Domaine, séparé en deux :

- La première partie était une grande prairie nommée “Secteur Public”, dans laquelle des gens ordinaires faisaient ce qu’ils pouvaient pour rendre service à d’autres gens ordinaires.
- La seconde partie était une jungle, une espèce de champ de bataille appelé “Secteur Privé”. Une poignée d’oligarques cupides y exploitaient de nombreux esclaves, les encourageaient à se battre entre eux. En outre, ils pouvaient les virer quand ils le voulaient, si les affaires marchaient un peu moins bien, ou s’ils trouvaient d’autres esclaves moins chers ou moins exigeants, fussent-ils à l’autre bout du domaine.

Entre les deux secteurs, les gérants du Domaine avaient construit un épais mur infranchissable. Il fallait bien protéger le “Secteur Public”, ses fonctionnaires et ses usagers, de la cupidité et du délire du “Secteur Privé”.

Mais les gérants changent, et sont de plus en plus corrompus par le pognon du “Secteur Privé”, dont ils fréquentent désormais sans vergogne les dirigeants pleins aux as.

Un jour, une des gérantes, finement surnommée “La Garde”, qui avait fait l’essentiel de sa carrière dans le “Secteur Privé”, et en avait retiré une solide fortune et surtout une mentalité qui aurait dû être incompatible avec la gestion du Domaine, vint trouver les habitants du Secteur Public dans le quartier de “La Poste”.

Elle leur proposa de faire un trou dans le mur et d’y mettre une porte. Des raisons de sécurité, décidées “plus haut”. There Is No Alternative. Mais attention, leur dit-elle, “il n’est évidemment pas question de l’ouvrir, cette porte. D’ailleurs la clé, c’est moi qui “La Garde”. Ayez confianccccccccccccccccccccce...”

Dis M’Dame La Garde, tu te foutrais pas un peu de notre gueule ? Tes semblables ont déjà fait des portes dans les secteurs des PTT, de la Caisse d’Epargne ou d’EDF-GDF, maintenant du “Pôle-Emploi” et bientôt de la SNCF. Les voyous du privé s’y sont engouffrés, ont totalement perverti le fonctionnement de ces Services Publics, ont pressuré leurs salariés, matraqué leurs clients, dégradé le service, et introduit des tonnes de pubs pour que les petits concurrents puissent faire entendre leurs vaines calembredaines.
De toute façon l’ex-Service Public Monopolistique garde forcément sa position dominante, mais au lieu de la mettre au service du Public, elle ne cherche qu’à dégager à tout prix des profits pour ses actionnaires.

Et tu n’as même pas un minimum de décence, puisque tu nous fais ce sale coup en plein été, de surcroît au moment où la “crise” a mis en pleine lumière l’hérésie du “Secteur Privé” qui s’écroule totalement avant d’aller sans vergogne crier famine auprès du Secteur Public, le temps de se refaire avant de recommencer les mêmes saloperies ?

Mais non, je vous assure : “On maintient précisément le service universel de La Poste”… “On maintient tous les points de contact de La Poste”… “le courrier délivré tous les jours six jours sur sept”…”le tarif du timbre poste”…”le statut du personnel”…”On assure ce fonctionnement-là en garantissant que c’est La Poste qui fournira ce service universel pendant les quinze prochaines années. On n’est pas en train de liquider”

Ah ouais ? Alors pourquoi tu nous changes le statut, hein ? Pour que La Poste puisse “aller conquérir de nouveaux marchés“®, au Turkistan ou à Tombouctou ? Même à l’heure d’Internet, elle ferait mieux de s’occuper de distribuer le courrier plus vite qu’il y a 50 ans, d’arrêter de transformer les guichetiers en marchands de camelote, et de cesser d’encourager au nom du rendement les facteurs à jeter des formulaires de recommandé dans les boîtes aux lettres sans même daigner sonner aux portes !

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46 commentaires à La fable de la non-privatisation de La Poste

  • Elle se fout de notre gueule, certes.

    Mais elle arrive en bout de parcours. Le ver est dans le fruit depuis la transformation de la poste en EPIC (c’était auparavant une administration de l’Etat) en 1991 et surtout depuis les directives de libéralisation du courrier que le gouvernement Jospin a laissé passer et celle votées par le PSE avec la droite en juillet 2007 pour la libéralisation intégrale du courrier. Y compris le courrier de moins de 20 grammes, ce que même les Ricains n’ont jamais osé faire.

  • Anarchoide

    Quand j’étais gosse, chaque jour on avait droit à deux tournées du facteur. Toujours le même facteur. Il connaissait le quartier comme sa poche et appelait chacun par son nom. Il se déplaçait à Mobylette, portait un uniforme. Ses deux grosses sacoches en cuir regorgeaient de lettres, paquets, mandats, journaux, recommandés.

    Aujourd’hui le facteur change de tête chaque jour qui se lève. Elle, il se déplace sur une espèce de vélo orthopédique ou à cyclo ou en Kangoo ou encore à pinces au guidon d’une sacoche à roulettes. Le courrier s’étant fichtrement raréfié depuis l’apparition des mails, fax, SMS et le retour de l’analphabétisme de masse, un baise-en-ville suffirait amplement.
    Elle, il demande son chemin au passant comme n’importe quel touriste équipé d’un GPS. Elle, il ne connaît plus personne et il arrive qu’elle, il distribue le courrier en mode aléatoire (pratique quand on fuit les recommandés comme la guigne).

    Naguère, quand tu avais besoin d’aller à la Poste, il fallait, comme pour la Sécu, la CAF ou les Impôts, te munir de vivres et d’un bon bouquin. C’était une épreuve de patience et d’endurance à la fois. D’interminables queues serpentaient devant les guichets équipés d’hygiaphones invitant à hausser le ton, dans des locaux vétustes datant de l’autre guerre, sinistrement éclairés au néon et gorgés de mouches à viande. Les crises de nerfs n’étaient pas rares, les plus courageux établissaient des campements de fortune. Ta matinée y passait, ou ton aprème. Tu sortais de là fourbu, scié, à cran, après t’être engueulé comme à chaque fois avec la rombière de service, toujours la même avec ses verrues depuis tes premiers émois de puceau, flanquée des deux clampins qu’elle paraissait mener à la baguette façon maîtresse BDSM, l’un à lunettes-hublots, l’autre au cheveu rare et collé, tandis que le receveur roupillait paisiblement dans son bureau.

    A présent, nous avons des bureaux de poste ultra-modernes où on attend encore pas mal, mais où parvenu au guichet, on a l’impression d’être là pour négocier une réservation sur le prochain vol en partance pour Ibiza. On se dit qu’à la prochaine étape, des hôtesses sexy nous proposeront des rafraîchissements, un massage, une collation, une manucure pour tromper l’attente.

    Les temps changent. La Poste avec. Pas comme on voudrait, c’est vrai, mais il était temps. Car elle a mis un temps fou, la Poste, à s’apercevoir que la demande de l’usager, au service de qui elle est supposée travailler, est des plus simples : un échange de courrier, important ou non, dans les temps. Et ne pas être privé de service à chaque grève du tri déclenchée au moindre prétexte. Que si grève il devait y avoir, ce devait être dans son intérêt à lui, usager. Normal de la part d’un service public. Eh bien non. L’usager de la Poste s’est trop souvent retrouvé les bras ballants devant sa boîte aux lettres vide alors qu’il attendait son mandat, sa carte de situation à renvoyer rapidos aux ASSEDIC, un papier important, une lettre attendue. Comme l’usager de la SNCF s’est trop souvent retrouvé au bord du quai à se demander comment il allait gagner son boulot, rentrer chez lui. Tout ça parce que telle obscure corporation avait décidé d’arrêter le travail pour le maintien d’une prime ou suite à une sanction.
    Il n’en fallait pas plus pour que certains politicards invoquent la prise d’otages. Et ce discours, il a pris.
    Les syndicats ont joué avec le feu pendant des années. Tout ce qu’ont réussi nos services publics aujourd’hui en voie de privatisation, conformément aux directives européennes, c’est à se fiche à dos ces usagers dont ils auraient pu faire leurs alliés.

    C’est à ça aussi qu’il faut réfléchir, quoiqu’il soit un peu trop tard pour le faire.

    • nadine

      Oui, il est bien trop tard pour y réfléchir, c’est foutu, l’affaire est dans le sac. La dégringolade du service public est annoncé depuis longtemps et les causes en sont multiples et complexes et il est bien évident qu’avec ce gouvernement l’enterrement sera de première classe.
      Je suis retraitée de la fonction publique hospitalière - la moins mal aimée des fonctions publiques - et il m’arrive d’en pleurer quand je vois où en est la santé publique actuellement. Qui lui a fait ça ? tout le monde. L’état en premier - et celui de gauche en priorité, et ça me coûte de le dire - qui a voulu diriger les hôpitaux comme on dirige une entreprise privée. Ensuite les dirigeants des hôpitaux, aux ordres de l’état - les directeurs sont notés par le ministère de référence, ça aide, leur carrière en dépend - les cadres (j’en faisais partie) qui appliquent la politique d’établissement (et oui, c’est comme ça que ça s’appelle) et gobent un peu trop facilement tout ce qui vient d’en haut - quand on est fonctionnaire, on applique la politique ou on va voir ailleurs ce qui se passe, le statut est des plus explicite. Le personnel qui a oublié les devoirs qui lui incombent et ne sait plus ce que service public veut dire, ce qui est “presque normal” puisqu’on le “manage” comme dans le privé et qu’on lui rabâche qu’il doit être productif. Les usagés qui pensent n’avoir que des droits et aucun devoir et qui, de toutes façons, détestent les fonctionnaires. Et enfin, n’oublions pas les syndicats plus préoccupés de faire embaucher le petit dernier que de défendre leur outil de travail. Bien sûr, je généralise et bien sûr c’est encore plus compliqué que ça mais quand même… Quand j’ai débuté ma carrière en 1972 - il y avait encore du fric et on embauchait à tour de bras - les infirmières passaient du temps auprès des malades, les écoutaient, chantaient avec les mamies opérées du col du fémur, rassuraient les familles ou compatissaient à leur peine et puis petit à petit on leurs a dit que ce n’était pas leur rôle, qu’elles étaient là pour faire leurs soins vite et, si possible bien, et qu’elles ne devaient plus perdre de temps avec ces fadaises. Et le paradoxe c’est qu’il y a aujourd’hui, plus qu’hier, bien plus de gens à rassurer, à écouter, plus de mamies à dorloter, plus de familles à aider, plus de malades à éduquer et plus assez d’infirmières pour faire face à tout ça.
      Je parle de la fonction publique hospitalière parce que je la connais mais il en est de même des autres. Ma belle-fille a travaillé un temps à la CAF où un cadre lui a dit, lors de son évaluation, qu’elle n’était pas là pour écouter et conseiller les familles mais pour faire avancer les dossiers. Voilà, tout est dit. Maintenant elle est infirmière (avec un bac +4 et 3 ans d’étude IDE) et elle essaie d’écouter les patients, vite fait, en leurs faisant leur injection sans trainer parce qu’il y a le malade de la chambre à côté qui n’est pas bien et dont il faut s’occuper aussi parce que la collègue est malade et pas remplacée, bien entendu.
      N’oubliez pas que Sarkosy a été élu en grande partie car il avait promis de virer le plus possible de fonctionnaires. Je suis persuadée que beaucoup ont voté pour lui rien que pour ça. Peut-être que si la gauche en son temps avait un peu “dégraissé les mammouths” les choses n’en seraient pas là.
      Je vous assure que si je n’avais pas des enfants et des petits-enfants je m’en foutrais de tout ça en laissant les gens se dépêtrer de ce qu’ils ont voulu et choisi.

      • Anarchoide

        Bonjour à toi, Nadine.

        Ma compagne a pris il y a deux ans sa retraite d’aide-soignante, et à la lecture de ton post elle ne peut qu’abonder dans ton sens. Ma belle-soeur exerce encore, en tant qu’aide-soignante elle aussi, dans le même établissement mais dans un autre service.

        S’ajoutent, à leurs dires, à ce que tu énumères Nadine, les nominations par piston de cadres et chefs de service incompétents, le pantouflage de certains médecins surpayés à assister à des pléthores de réunions, les économies réalisées sur les “chevilles ouvrières” que sont les ASH (agents de service) dont on sait les conséquences en termes d’hygiène. Le recours, pour les remplacer, à la sous-traitance au travers des ASI et au sous-emploi par l’embauche de CES qu’il faut former et sur qui on ne peut pas compter…

        Il faut distinguer là deux aspects propres à toutes les administrations, à tous les services publics : le terrain de saccage du fameux Mammouth et les résultantes de la peste néolibérale à la sauce européenne.

        Les pistonnés, le pantouflage, la réunionnite galopante, les privilèges dévolus à certains selon des dispositions injustes et anachroniques, les lenteurs, la dilution des responsabilités au sein d’une pyramide de petits chefs, sous-chefs, chefs-adjoints, gens de bureaucratie et moins souvent de terrain, le rapport antagoniste à l’usager : c’est la graisse du Mammouth.

        Elle ne se décline pas, cette graisse-là, dans les bas salaires de l’employé de base. L’ASH est resté le parent pauvre du secteur hospitalier, le cadre infirmier bénéficiant pour sa part d’un logement de fonction et d’un surcroît de primes qui aurait dû plus logiquement échoir à l’ASH et à l’ouvrier, selon des critères de pénibilité.
        Que dire ensuite des salaires accordés à ces toubibs qui ne sont là que pour les réunions, et qui le reste du temps exercent en cabinet ?

        Il est clair que les services publics sont entrés dans un processus de déliquescence bien avant l’apparition du fléau néolibéral, et que cet état de déliquescence, dont les fonctionnaires eux-mêmes sont comptables, n’a fait que favoriser l’ouverture des “portes entre public et privé”, dont parle SuperNo dans cet article.

        Perso je ne m’exprime ici qu’en temps qu’usager. Ce que je décris du fonctionnement de la Poste (certes de façon un peu caricaturale), est je le crois à l’image du constat qu’en ferait n’importe quel observateur un brin objectif.

        On peut dire de la Poste, comme d’ailleurs de la SNCF (les phénomènes sont assez voisins), qu’ils se sont laissés enliser dans une espèce d’anachronisme pathologique où la notion même de service public devient secondaire. Cela tient à la fois à une organisation du travail qui n’a pas évolué depuis les années cinquante et à la pression exercée par certains syndicats qui s’attachent davantage à faire dans le clientélisme qu’à oeuvrer au maintien d’un service public réellement au service du public.

        Un agent CGT des services du Tri est sanctionné pour être allé pisser ? C’est tout un département qui est privé de courrier. Dont le chômeur qui envoie des CV tous azimuts. Dont le RMIste qui attend une déclaration de situation à renvoyer dans les temps sous peine de se voir couper les vivres. Dont le particulier dans la dèche qui a besoin pour pouvoir bouffer du mandat qu’un parent lui a envoyé. Dont le consommateur lambda qui attend son colis, et qui la fois suivante cochera sur son bon de commande la case d’une boîte d’acheminement du privé.

        Un exalté crache à la gueule d’un contrôleur SNCF affilié à SUD ? Et vlan, on arrête les trains. Le petit employé du public comme du privé qui a besoin du train pour se rendre à son travail et en revenir va devoir prendre sa bagnole ou à défaut, le bus, ce qui va lui pourrir sa journée, l’empêcher d’arriver à l’heure à la crèche récupérer son gosse, le faire rentrer très tard après une journée où elle, lui n’aura pas chômé.

        C’est le principe puéril de la punition générale. A côté de ça la CGT, FO, SUD et consorts ne se soucient guère du sort des précaires recrutés pour être jetés ensuite. Quant aux besoins de l’usager, les syndicats s’en foutent éperdument. Solidarité bien ordonnée commence par les adhérents. Autour, on enrage.

        C’est à se demander pourquoi le fonctionnaire est à ce point apprécié de l’usager. Quand celui-ci est obligé de bloquer une demi-journée pour faire une carte grise parce que les bureaux ferment à seize heures et le samedi. Quand tu dois aller retirer un colis au bureau de poste et que tu le trouves fermé entre midi et deux et dès seize heures. Quand tu as déménagé depuis deux ans et que les services fiscaux continuent à t’écrire à ton ancienne adresse. Quand à chaque fois qu’il y a un cafouillage on te réplique que c’est la faute à l’ordinateur, dont on sait qu’il se contente de faire ce qu’on lui dit de faire. Quand une administration telle que la CAF accepte avec la bénédiction de ses syndicats de devenir une police politique sarkozienne affectée au flicage des pauvres ; dont les antennes emploient plus de vigiles du privé que de techniciens en charge de recevoir l’usager et de traiter les dossiers ; mais qui se foutent en grève au moindre pourcentage rogné sur une prime.

        Elle est où la notion de service public, là-dedans ?

  • Tes semblables ont déjà fait des portes dans les secteurs des PTT, de la Caisse d’Epargne ou d’EDF-GDF, maintenant du “Pôle-Emploi” et bientôt de la SNCF

    et bientôt l’AFP ?
    Lettre à Frédéric Mitterrand sur le sort de l’AFP (SNJ-CGT)

  • CornesdAuroch

    Ha !
    Du coup je vais replacer un commentaire que j’avais mis ici il y a quelque temps, car cette situation me semble toujours aussi dingue. Je ne peux pas comprendre qu’on puisse continuer à prôner la dérégulation, puisque ca ne marche pas !!!

    “Ouais, la concurrence c’est bien. PAs d’échappatoire, se poser la question est faire preuve d’un activisme coupable.

    Quand j’étais jeune, dans ma bonne ville natale, il y avait un gros centre de recherche des PTT. Plus de 2000 emplois. Et juste en face un gros centre de recherche et de fabrication d’Alcatel, fournisseur n°1, plusieurs milliers d’emplois aussi. Et la SAGEM, et la SAT, et Philips etc…

    Et à cette époque la PTT était riche, Alcatel et les autres étaient riches. Et les gens qui y travaillaient étaient riches.
    Heureusement il n’en va plus de même aujourd’hui. Alcatel est ruiné, SAGEM vivote, Philips a revendu son antenne, et Orange cherche à tout prix à fermer son site de recherche (ça rapporte rien la recherche !), et à licencier autant qu’ils peuvent de toute façon.
    On est passé d’une insoutenable position où le monopole créait de la richesse partout (y compris dans les sociétés privées), à une situation concurentielle où plus personne n’a d’argent. Enfin si, l’argent est bien quelque part, mais pas dans la poche des gens en tout cas. Pas de 99,9% des gens je veux dire.”

    Et ce en se rappelant qu’entre-temps le marché des telecom a explosé avec le portable, donc aucune raison que qui que ce soit chez les fournisseurs en soit appauvri…

    • NaOH

      @CornesdAuroch

      “Je ne peux pas comprendre qu’on puisse continuer à prôner la dérégulation, puisque ca ne marche pas !!!”

      Mais si, ça marche… pour ceux qui en sont les bénéficiaires, c’est-à-dire quelques grands groupes privés (pour ceux-là, “ça marche” signifie seulement “ça fait du bénéfice”…)

      • Anarchoide

        Pas certain qu’il y ait beaucoup de bénef à retirer d’une boîte appelée à distribuer de moins en moins de courrier et accessoirement à gérer les petits sous de fauchés pas partis pour devenir prospères. La Banque postale (ou Poste bancale pour les intimes) a dans le public, y compris auprès de ceux qui y ont un compte, une image à peine moins sexy que celle, devenue d’Epinal, de la postière revêche à verrues à aigrettes. En clair, on est à la Banque postale parce qu’on est obligé d’avoir une banque, pas par choix.

        Sinon, c’est vrai ce que dit CornesdAuroch à propos de la dérégulation. Cela ne marche pas. On a vu ce qu’a donné la dérégulation du Rail au Royaume-Uni sous Thatcher. On voit ce qu’a donné la dénationalisation de Renault : des bagnoles parmi tant d’autres, conçues et fabriquées à l’arrache quoique vendues très cher, et que l’on est toujours incapable de fourguer aux Nord-Américains comme aux Asiatiques.

        Par définition, un monopole d’Etat n’est pas soumis aux règles de la concurrence, d’où sa stabilité mais aussi, conséquence négative, un certain relâchement devenant habitude au détriment du service rendu. C’est cela qui a contribué à pourrir l’image des entreprises et des services publics auprès des usagers que nous sommes. Cela et le coût pour l’usager de trop nombreux privilèges accordés à certains.

        Quand on nous dit que l’ouverture à la concurrence fait baisser les prix, c’est faux sur toute la ligne, on a pu le vérifier avec l’ouverture du marché de l’eau et on le vérifiera à nouveau avec l’ouverture de ceux du gaz et de l’électricité. Déjà, la concurrence on n’y a pas accès, nous autres usagers, dans la mesure où les marchés sont alloués par les baronnies politiques locales sans droit de regard des édiles.

        • Je ne partage pas ton avis concernant la Banque Postale. On (je) ne demande à une banque d’être sexy, mais efficace, sérieuse, et bon marché.

          Je n’ai pas choisi la Banque Postale plutôt qu’une autre, à présent je fais le choix d’y rester.

          Côté efficacité, j’ai toujours trouvé à la BP le conseil que je cherchais, au moment où je le cherchais. Mon conseiller financier m’a mis en garde, avant le déclenchement de la récente crise financière, de sorte que j’ai pû à temps sécuriser mes placements à risque.

          Côté sérieux, je t’invite à dresser la liste des banques dont le bilan est plombé par les produits toxiques et autres “petites” pertes annexes (style affaire Kerviel). Quand j’entends les dirigeants de ces mêmes banques soutenir mordicus que tout cela n’aura pas d’incidence pour leurs clients, je souris.

          Côté bon marché, je n’ai pas l’impression (pourvu que ça dure) d’être la proie de loups avides, prêts à saisir la moindre occasion pour me prélever des frais indus, et autres agios … Au petit jeu du comparatif des frais bancaires, la BP peut s’aligner sans rougir.

          Mais bon, tout le monde n’attend pas la même chose de sa banque…

        • Anarchoide

          Mon problème c’est d’être obligé d’avoir une banque, point barre.

          Puisque j’y suis obligé, autant que ce soit la Banque postale, même si je la trouve saumâtre d’avoir à leur laisser de la thune à chaque fois qu’ils prélèvent le montant de mon loyer pour le transmettre au compte de mon proprio qui n’est pas à la Banque postale.

          A quel titre me piquent-ils cette somme pour une opération qui se fait automatiquement ?

          Normal pour une banque, puisque l’escroquerie fait partie du deal, ces individus faisant métier de plumer le client.

          Mais là, il s’agit d’un service public déguisé en banque, ou le contraire.

          Je n’ai pas beaucoup de blé, pas de placements ni à risques ni sécurisés, on me prend du fric pour une manip automatique et je ne vois pas le rapport avec un service public.

  • Bonjour, j’ai visité votre blog et j’ai trouvé que vous publier de bon article en général, cela vous diriez-il de mettre un lien entre nos 2 blogs?
    MON BLOG: http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/
    J’attends votre réponse !!! et bonne continuation !!!

  • Teje

    @ anarchoide:
    Je suis vraiment surpris du ton que prennent tes commentaires.

    Pourrais-tu m’éclairer, si tu étais postier et qu’un de tes collègues reçoit une sanction injustifié, n’irais-tu pas le défendre?
    De même pour un collègue contrôleur agressé car la sureté dans les trains laisse à désirer?
    Tu laisserais vraiment la situation en l’état sans broncher?

    Pour les horaires d’ouverture des administrations ainsi que le temps d’attente aux guichets, sais-tu que certains font grève justement pour améliorer cela?
    Certains cheminots, par exemple, perdent de l’argent (ils ne sont pas payés pendant les grèves) pour réclamer des postes supplémentaires afin d’ouvrir plus de guichet par exemple.
    Que tu critiques la gestion de ces boites est légitime, et je pense (je suis même certain) que certains employés font de même devant leur direction.
    Mais que tu t’en prennes à la guichetière qui n’a rien demandé et qui préférerait certainement qu’on lui donne les moyens d’exercer correctement son métier, je trouve ça malhonnête.
    Tu es comme la plupart des français qui se trompe de cible en tapant sur le clampin alors qu’il faudrait s’en prendre aux directions de ces établissement et justement soutenir les actions des employés lorsqu’ils demandent à pouvoir exercer leur mission de service publique dans les meilleures conditions.

    • Anarchoide

      Tu ne comprends pas Teje…

      L’usager de la Poste, de la SNCF, c’est le quidam, OK ? Il attend son courrier, et ce courrier peut être très très important pour lui ; il attend son train pour aller travailler, peut-être pour se rendre au chevet d’un parent malade.

      Il n’a pas, à mon sens, à payer de la privation d’un service dit public pour des problèmes qui devraient se régler en interne, qui dans les faits ne le concernent absolument pas, ou plutôt, qui ne commencent à le concerner qu’à partir du moment où à cause de ça il est privé du service auquel il a droit.

      Ce n’est pas à l’usager de s’inquiéter du fonctionnement d’une administration ou d’un service public. Quand bien même il se pencherait sur la question, il verrait très vite que cela met en jeu une impressionnante pyramide hiérarchique dont procède une dilution des responsabilités et ou chaque partie prenante prétendra avoir raison alors que son voisin dira qu’il a tort.

      Ma compagne a travaillé vingt-cinq ans dans un hôpital. A un moment donné, on a voulu affecter aux agents de service des tâches qui n’étaient pas prévues par leurs statuts. Les agents de service se sont défendus bec et ongles et ont obtenu gain de cause sans que les patients aient été privés de soins.
      Imaginons que les agents de service aient cessé le travail et que le service aie dû être fermé pour d’évidentes questions sanitaires. Les patients auraient été dispatchés dans des hôpitaux distants où leurs parents, parfois âgés, souvent modestes, n’auraient peut-être pas pu aller les visiter.
      Au fait, quelle était l’origine du problème ? La nomination par piston d’une cadre qui avait envie de faire du zèle histoire de gagner rapidement du galon et de se ménager une issue vers les hautes sphères de la direction de l’hôpital.
      Comment veux-tu, Teje, que le patient et sa famille aient la moindre notion de ce qui était en train de se tramer dans ce service ? Tu pouvais leur expliquais que la cadre en question était une bonne copine de la médecin-chef, que celle-ci avait fait ce qu’il fallait pour la placer et qu’en guise de monnaie d’échange, la cadre nouvellement nommée projetait de prendre des mesures allant dans le sens d’une meilleure rentabilité du personnel de maintenance…
      Ben les patients, mon pote, ils t’auraient répondu ce que tu imagines.

      L’usager SNCF privé de RER, l’usager de la Poste qui attend un courrier à renvoyer dans les temps ou qui a poireauté vingt minutes devant un guichet pour tomber sur quelqu’un de désagréable et qui se montre désagréable pour des raisons qu’il n’a pas à connaître, il est aux prises avec ses problèmes existentiels à lui, il n’a que faire des problèmes de la guichetière, qu’ils s’expliquent par une mauvaise gestion du personnel ou par une digestion laborieuse.

      Tu me poses la question de savoir ce que je ferais si j’étais postier ou roulant SNCF au cas où un collègue serait injustement sanctionné ou agressé… Je te renvoie très logiquement à l’un de mes posts précédents où je dis que je m’exprime ici en tant qu’usager.
      Je ne suis ni postier ni roulant SNCF. Si je le devenais par l’opération d’un sortilège, je me souviendrais que l’instant d’avant j’étais un usager et qu’il m’est arrivé d’être privé de courrier et de train pour des motifs qui m’étaient parfaitement étrangers, et c’est cela qui à mes yeux est non seulement injuste mais de nature à mettre en péril le droit de grève. Car il arrivera un moment où les usagers en auront tellement ras-le-bol d’être pris pour des billes qu’un politicard avisé trouvera à capter ce ressentiment et à le traduire en un texte de loi qui, cette fois-ci, lèsera tout le monde.

  • Si c’était vraiment un conte, il serait pour le moins improbable, voire totalement irréaliste.
    Malheureusement, il semble qu’ils fassent vraiment des portes partout… :-|

  • touchatout

    Tu ne comprends pas bien, camarade Teje…

    Quand on commence par te mettre un « OK? » au début de la démonstration et qu’à l’évidence on n’attend pas de réponse, ça veut dire : « tu dois être d’accord, et surtout la fermer ».

    Pour moi, ça commence mal. Ça sent la mauvaise foi.
    Ce qu’Anarchoïde est en train de te dire -et ne la ramène pas, s’il te plaît-, c’est que l’usager n’a pas besoin de savoir comment il est malmené quand il se trouve de l’autre côté du guichet.
    Que le service est dû à l’usager, dussent les fonctionnaires en crever.
    Que les grévistes prennent les usagers en otage.
    Que la responsabilité de l’État employeur n’est nullement engagée.
    Que puisque le statut des fonctionnaires est fauteur de grèves, il faut se débarrasser des fonctionnaires et se débarrasser du statut de ceux des fonctionnaires qu’on ne peut pas encore éliminer.
    Que puisque l’usager n’a aucun droit de regard sur le fonctionnement et qu’il n’a qu’à la fermer, le service public peut, et même doit, être abandonné au privé, OK?

    je me souviendrais que
    je me souviens de (intransitif)…, je me rappelle que (transitif diect)

    lèsera tout le monde.
    Règle (simple) : le futur se construit avec l’infinitif. Léser, lésera.
    Autre règle (aussi simple), en prime : le conditionnel se construit avec le futur : léserait.

    C’était la minute pédante. Saluton.

    • Anarchoide

      Eh Touchatout…

      D’une, tu es libre de prétendre me faire dire ce que je ne dis pas. Deux, tu peux de même prendre la liberté de répondre à la place de Teje, ça ne mange pas de pain, ça occupe ton samedi et ça n’engage que toi. Trois, on m’attaque, je me défends. Quatre, je ne suis pas sûr que la mauvaise foi soit de mon côté.

      Le service est dû à l’usager : Ben oui, c’est la moindre des choses lorsqu’il s’agit de service public… dussent les fonctionnaires en crever ? Cite-moi des chiffres. Combien de morts à ce jour ?
      Que les grévistes prennent les usagers en otages : Disons que les syndicats vendus et jaunâtres (prêts à toutes les compromissions dès qu’ils franchissent la porte d’un ministère) qui organisent lesdites grèves s’emploient à saccager le droit de grève au service d’intérêts qui échappent à l’usager, et qui trop souvent relèvent d’une “solidarité à deux vitesses”, et c’est ça qui, moi, me hérisse. Mais je ne demande qu’à changer d’avis. J’attends de voir lesdits syndicats se remuer le fion en faveur des mi-temps imposés (contrats pourris qui existent tout de même depuis vingt ans), des retraités de misère et des futures victimes du RSA. Mais bon, c’est vrai que ceux-là ne sont pas de bons clients. Ils n’adhèrent pas et on ne la leur fait plus. De même que j’attends de voir nos amis fonctionnaires défiler dans la rue en faveur des millions de mal barrés que la bureaucratie franco-française a fabriqués à tour de bras bien avant l’irruption du contre-modèle néolibéral.
      Que la responsabilité de l’Etat employeur n’est nullement engagée : Elle l’est. Alors pourquoi est-ce l’usager qui essuie les plâtres ? Et pas les préfets, les hauts-fonctionnaires, la députaille et consorts ? Ben voyons ! C’est plus facile de bloquer un train que de murer le portail d’un ministère. Les agriculteurs ne prennent pas tant de gants.
      Que puisque le statut des fonctionnaires est fauteur de grèves, il faut se débarrasser des fonctionnaires et se débarrasser du statut de ceux des fonctionnaires qu’on ne peut pas encore éliminer : C’est toi qui traduis mon propos, sauf qu’on ne parle manifestement pas la même langue. S’il y a une réforme du service public à faire, c’est dans le sens d’un allègement de ce que j’appelle la “pyramide hiérarchique”. J’entends par là, développer la base de la pyramide de sorte à alléger l’ensemble en le rendant vraiment efficace au seul service du public, et non des petits avantages d’une colique de planqués en tailleur-costard-cravate comme c’est le cas actuellement et depuis des lustres.
      Les budgets sont dilapidés dans l’entretien d’une foultitude de bureaucrates surpayés, surprimés à ne rien produire d’autre que de la réunion, des rapports, de la paperasse. L’usager, ce dont il a besoin, c’est d’un service public qui fonctionne presto, qui fonctionne tout court. De plus d’agents de surface, de plus d’infirmiers et d’équipes soignantes, de plus de personnels de terrain, de plus d’agents en charge du traitement des dossiers, de plus de trains, de plus de disponibilité. Or c’est loin d’être le cas, et ça ne remonte pas non plus à l’apparition de la peste libérale ce dysfonctionnement chronique. Tu comprends, quand un agent dépend d’un chef de bureau qui lui-même dépend d’un sous-chef de secteur qui lui-même reçoit ses ordres d’un vice-sous-chef de pôle rattaché à telle ou telle instance elle-même aux ordres d’un secrétariat d’Etat qui dépend lui-même des prérogatives d’un ministère, et que toute décision importante ne peut être prise que par une commission de dix guignols qui se réunit trois ou quatre fois par an, eh bien on ne peut pas espérer beaucoup d’efficacité d’un tel système.
      Que puisque l’usager n’a aucun droit de regard sur le fonctionnement et qu’il n’a qu’à la fermer, le service public peut, et même doit, être abandonné au privé, OK?
      C’est toi qui voit, mon pote. Je dirais que puisque l’usager n’a aucun droit de regard sur le fonctionnement et qu’il n’a qu’à la fermer, il ne faut pas espérer de sa part une solidarité qui va toujours dans le même sens.

      Tu gères tes clichés, j’expose mon point de vue, c’est la règle du jeu.

      • touchatout

        Anarchoïde,

        quoi que tu en dises après que je t’ai titillé, tes propos n’ont rien d’« objectif ». Tu dégoises des reproches aux services publics à la façon de TF1 (un certain style en plus, je te le laisse). Ces reproches ne sont rien de plus que ceux qui servent de prétextes aux ultra-libéraux pour détruire les services publics, un amalgame de questions de fond et d’anecdotes.

        La question n’est pas de savoir à cause de qui tu as touché ton RMI avec deux jours de retard. La question est de savoir à qui profitent les privatisations. Est-ce la faute de ta rombière s’il y a huit guichets et que deux seulement sont ouverts ? Crois-tu que ça aille mieux dans le privé, quand tu vois cinq gugusses derrière le comptoir, et un seul qui sert les clients, chez tel grossiste en matériel électrique ou dans tel magasin de pièces et outillage automobiles ? Quel que soit l’état dans lequel on a mis les services publics, ce n’est pas en les détruisant qu’on va les réparer.

        La question de la Banque Postale est bien plus grave. L’État, par les gouvernements successifs de gauche comme de droite, a abandonné au privé toutes ses prérogatives relatives à l’argent. L’argent est un outil mis à la disposition de la société pour permettre le fonctionnement de l’économie. J’avais, comme un certain nombre de gens et d’entreprises, mon compte courant, carte bleue etc. au Trésor Public. C’était la solution rationnelle : utiliser les locaux de la Perception et les services des fonctionnaires que je paie de toutes façons par mes impôts pour les services bancaires (un bordereau de remise de traites pour 93 centimes (de franc) à l’époque, la carte bleue à cent francs), plutôt que d’engraisser un bankster (trente-cinq francs la traite, la carte bleue à deux cent cinquante francs) et financer malgré moi la remise à neuf de locaux somptuaires tous les cinq ans, en plus des dividendes des actionnaires.

        Tous les comptes particuliers du Trésor ont été fermés en 2001, ceux du personnel des Impôts compris. J’ai intenté un recours au Tribunal Administratif, puis en Conseil d’État. Sur le conseil d’un agent des Impôts, j’ai pris contact avec leurs syndicats pour qu’ils m’aident dans ces recours. Le Conseil d’État m’a envoyé aux pelotes, les syndicats ne m’ont même pas répondu.

        Il restait la Poste. Sa privatisation est la suite de cette démolition de l’État par lui-même. Ne nous fais pas braire avec la queue au guichet, s’il te plaît, laisse ça à Jean-Pierre Pernaut et à Sarkozy.

        • Anarchoide

          J’ai comme l’impression que, par des sentiers détournés, nous arrivons à la même clairière. Pas plus que toi je n’apprécie les banksters, comme toi (semble-t-il) je m’interroge quant à l’utilité des syndicats dans le maintien du service public (quel jeu jouent-ils et au service de qui ?), et si tu relis bien mes différents posts, ce n’est pas contre les fonctionnaires en général que j’ai les boules. Encore que certains à qui j’ai eu affaire étaient de véritables peaux de hareng, et ce qui est grave c’est ce ces gens-là étaient employés par des organismes relevant du social et que leur conduite tenait à la fois du sadisme et du harcèlement. Je n’en dis pas plus, je vais encore me faire accuser de collusion avec l’ennemi.

          C’est contre le modèle bureaucratique à la française que j’en ai. Contre cette machine à formater, à étiqueter, à tracer, à cloisonner, à contraindre, à sérier, à brimer les individus, de la Maternité à la morgue. Cette usine à “destins sociaux”, pour paraphraser Bourdieu. Ce qu’Onfray qualifie de “Léviathan”.

          Bien sûr que mes petites caricatures méchantes des postiers, de la SNCF et des pratiques tordues de leurs syndicats de mes deux peuvent renvoyer aux chroniques auxquelles tu te réfères. Je n’ai pas la télé, je ne la regarde plus depuis des années mais il m’est arrivé de me trouver sur un quai de gare un matin de grève. Tu ne rencontres pas beaucoup d’ultralibéraux sur un quai de gare de trains de banlieue au petit matin, Touchatout. Mais des prolos, des jeunots à capuche, des petits employés, des “ménagères de moins et plus de 50 ans”. Le genre crevé dès qu’il se lève. Et bon, les trains étaient en grève et les insultes fusaient. Encore une histoire de contrôleur esquinté. Solidarité envers un seul individu. Des milliers d’autres lésés. Désolé mais j’ai pensé ça, comme les autres, et je ne regarde pas TF1.

          Il y a quelques mois, dans une petite ville pas très loin de chez moi, un RMIste s’est retrouvé en taule pour avoir vidé un seau de merde sur la tête de l’employée de la CAF qui lui avait annoncé que cet organisme allait lui couper les vivres pour telle ou telle raison. Le mec a attendu la nana à la sortie, son seau à la main, et il lui a repeint le portrait. Les syndicats ont déclenché une grève de solidarité. En faveur de l’employée. Pas du pauvre type qui, se voyant déjà à la rue à tendre la main au chaland, a eu une réaction que je peux comprendre. Parce que j’aurais fait de même. Je m’y serais certes pris différemment.

          Il faut dire que cette dame n’est pas précisément connue pour la qualité de son approche des publics qu’elle est payée pour recevoir, renseigner, aider à monter leurs dossiers. Par chez nous, chacun a en tête la petite liste noire des gratte-papier à qui il vaut mieux éviter d’avoir affaire, quelle que soit l’administration. Ici, le bouche à oreilles fonctionne à merveille.

          Services publics et sévices publics… Vivre sur le fil, comme c’est mon cas et celui de tellement d’autres, expose malheureusement au dégoût du Léviathan. Le bonheur c’est de tomber quelquefois sur des personnes qui, par leurs qualités d’écoute, de disponibilité et d’efficacité, réussissent à te faire oublier ce que d’autres t’auront fait endurer, quelquefois dans le même bureau-aquarium.

  • JeanNimes

    Eh bien ! Bravo à tous les commentateurs : ils font la démonstration impeccable que Sarkozy a raison de tout casser.
    Tous les clichés sont là, même “les verrues sur le pif des rombières”. Il ne manque, mais je n’ai pas tout lu, que les fonctionnaires feignasses.
    L’usager, lui aussi se comporte comme un consommateur irresponsable qui juge qu’il doit en avoir pour son argent, que si le service n’est pas bon c’est de la faute de la rombière ou du syndicat qui doit murer les portes du ministère pour se faire entendre (le cocktail Molotov ou le bazooka ne seraient-ils pas plus indiqués ? je n’ai pas beaucoup de purin ou de patates à déverser devant les préfectures.)

    Alors petite minute démocratique : quand un citoyen vote, il le fait aussi sur ce qu’il attend des services publics.

    Voter Sarkozy qui a annoncé qu’il allait terminer de casser les services publics, c’est clair, c’est qu’on ne veut plus des services publics.

    Voter pour le PS qui a privatisé les services publics et qui est d’accord au parlement européen avec le PPE pour donner la préférence au privé à but lucratif, c’est clairement ne plus vouloir de services publics.

    Voter pour Cohn-Bendit et ses Verts qui soutiennent une taxe carbone qui est un impôt indirect à la charge des ménages et qui sont d’accord pour que Barroso (ultralibéral) soit encore président de la Commission européenne, c’est très clairement avoir une conception de l’économie qui n’intègre pas le service public comme une nécessité pour partager les biens communs et mutualiser les ressources.

    Ces trois partis ont eu la majorité absolue aux élections européennes en France.

    Peut-être qu’il faudrait alors parler des citoyens irresponsables quand ils se plaignent de la qualité des services publics : ils n’auront bientôt plus que le choix entre les écoles Domopédia et Acodémia pour faire passer le bac à leurs enfants… et surtout ils n’auront plus besoin de se confronter à la racaille, ce sera trop cher pour elle (sauf les truands de haut-vol, mais eux ils sont toujours admis dans la bonne société, l’argent n’a pas d’odeur depuis longtemps.)

    • Anarchoide

      Salut à toi, Jean.

      L’usager, lui aussi se comporte comme un consommateur irresponsable qui juge qu’il doit en avoir pour son argent…

      On a peut-être seulement envie de trains qui arrivent à l’heure et de dossiers instruits en moins de quatre mois.

      On a peut-être envie aussi d’être un peu mieux traités par certains agents de l’Administration qui, excuse-moi, ne brillent pas par leurs qualités humaines.

      Ne mélangeons pas effet et cause. S’il semble qu’il y ait un tel dégoût du service public parmi l’opinion, je ne crois pas que cela s’explique par l’attrait qu’exerce éventuellement le privé. Je crois qu’on a le cul entre deux chaises, c’est le propre des crises sociétales et celle que nous vivons actuellement dans ce pays est bien plus profonde qu’on ne l’imagine. On déteste le public, c’est un fait, mais on se méfie du privé comme d’une guigne. En même temps, il semble que nous tenions à nos institutions. Est-ce à dire que nous détestons ceux qui sont en charge de les faire fonctionner ? C’est plutôt leur façon de les faire fonctionner qui pose problème. Ce n’est pas une affaire d’individus, c’est une question de structures compliquées, absurdes, sur le mode, si familier à notre pays, de l’usine à gaz. C’est en gros ce que j’essayais d’exprimer dans les posts qui précèdent.

      Après, pour ce qui est du bon vieux scrutin au suffrage universel, gardons-nous de lui accorder valeur de repère. Je doute fort qu’il y ait plus du tiers des électeurs français qui soient en capacité de comprendre précisément pour quoi ils votent. Si ce n’était le cas, nous ne serions pas en train de nous écharper autour de la politique menée par les chancres mous qui composent le pouvoir politique en place, non Jean. Nous en serions à deviser sur les modèles à expérimenter pour évoluer vers une société enfin débarrassée des antagonismes liés à l’argent et aux pouvoirs, et donc du productivisme. Une société centrée autour d’autres valeurs que celle, mille fois maudite, du travail et de ses asservissements afférents.

      Le suffrage universel ? Un marigot.
      La démocratie ? Au sortir d’une crise grave, elle représente l’espoir. Lorsqu’une nation est moribonde et que son unité n’est plus qu’un vain mot majuscule, lorsqu’un peuple se vautre dans l’imbécilité tandis que ses élites se goinfrent et se pavanent, la démocratie devient un péril.

      Si tu crois encore en cette vessie déguisée en lanterne qu’est le sacro-saint suffrage universel, Jean, ne perds pas de vue le poids énorme de l’abstention et des non-inscrits sur les listes électorales. Cela pourra peut-être t’aider à ne pas désespérer.

  • seb

    Sincèrement on peut “sauver” la Poste, et lui éviter la privatisation…Mais pour cela il faut qu’on mobilise les élus…Nationaux. Il est possible de réussir…A convaincre la “majorité” d’aller au marché le jour du vote…Et “l’opposition” de se “bouger le cul” sans parler des élus “non inscrits” et “libres” (oui, il y en a…Ils sont rares mais ils existent)

    Pour cela, j’ai préparé un petit argumentaire…Et une méthode “clé en main” pour chaque élu. Bien souvent, les élus se font avoir par “c’est une obligation européenne” il faut donc leur prouver qu’ils peuvent faire autre chose que d’approuver comme des bons toutous. Avec un bon argumentaire, courtois et sans animosité, on peut très bien créer des “petits soucis” dans la “majorité” et soudé “l’opposition” pour, à défaut d’empêcher le vote du texte, le pulvériser de l’intérieur.

    Argumentaire contre la privatisation de la Poste :

    Avant même de parler du changement de statut de la Poste…Il convient de répondre à la question : pourquoi (alors que nous voyons aujourd’hui la défaite de tout un système “jadis” érigé en modèle par M. Sarkozy) il faut ouvrir la concurrence postale ? En quoi est ce une nécessité ?

    Réponse de la Commission Européenne : “parce que les concurrents de la Poste estiment qu’elle bénéficie de privilèges, liés à son statut”.

    Bref, ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens qu’une telle décision a été prise, mais parce que quelques lobbies, soucieux de rendre tout marchand, et d’imposer par la même une vision ultra libérale, ont réussi à faire accroitre que servir les multinationales pouvait se confondre avec l’intérêt du pays, de l’UE, ou bien des “usagers”.

    Avant la crise, je peux admettre (encore) cette réflexion. Après tout, le “modèle” anglo saxon était plébiscité, et à entendre le locataire de l’Elysée, la France n’avait rien de bien, et devait prendre ex sur ses partenaires.

    Mais aujourd’hui ? Mise à part les raisons personnelles de quelques lobbyistes, pourquoi convient il d’ouvrir une quelconque concurrence ? Et de faire souffrir un service public, mis en oeuvre, la toute première fois, sous l’égide de Louis XI ?

    Vendre les bijoux de famille n’était pas dans le programme de l’UMP, de son candidat à la présidentielle, pas plus que dans celui des élus. Et l’engagement de Ministres irresponsables, signant en 2006, ne met pas le Parlement national en situation de sujétion. Les services publics sont encore (normalement) une compétence nationale, et non européenne. Le Parlement national ne saurait donc être engagé par des promesses ministérielles. (Sauf à tenir pour nulle la séparation des pouvoirs)

    Quel est le but de cette “modernisation” ?

    Satisfaire aux exigences de l’usager ? Non. Satisfaire aux exigences des lobbies qui peuplent Bruxelles et le Palais Bourbon ? Assurément. Bon…Ca fait déjà un motif d’inconstitutionnalité puisque la loi visant à privatiser sans le dire la Poste, n’a pas pour but de “défendre contre ce qui est nuisible à la Société”. Bonne chance au Gouvernement pour prouver le contraire !

    Les concurrents de la Poste critiquent son statut car il lui confère une insaisissabilité de ses biens et de ses comptes. Considérée, par principe, solvable et infaillible, la Poste bénéficie dès lors de notes excellentes de la part des agences de notation et donc de conditions privilégiées de la part des grands établissements internationaux. Ceux ci font effectivement confiance à la Poste…Puisque la Poste, c’est l’Etat. Et…Par ailleurs, comme la Poste c’est l’Etat, la plupart des Français ont un compte…A la Poste.

    Il n’en fallait pas plus pour allécher les lobbies. Et la Commission Européenne…Qui oubliant le traité de Rome (et le fameux article 90), n’a rien trouvé de mieux que de voir dans cet avantage conféré à la Poste, un privilége financier ! (A quand la privatisation de la Justice pour cause de privilége du même genre ?)

    Ce que reproche la Commission à la Poste, cela n’a rien à voir avec une quelconque volonté de modernisation de la Poste, favorable aux citoyens. En revanche, cela a tout à voir avec la jalousie de lobbies, qui exigeront la privatisation de la Poste, pour une seule, et simple raison : tant que Etat et Poste pourront être liés…La Poste aura cet avantage, que l’UE considère horrible, sur ses “concurrents” (si ce sont des “concurrents”, la Poste en donc une entreprise…Non un service public)

    “Moderniser” la Poste, revient donc à accepter, par l’entremise de l’UE - épouvantail préféré des politiques Français - qui est par ailleurs le porte parole des lobbies de toute sorte, la fin organisée de nos services publics.

    Le Gouvernement dit que “La Poste deviendra une société anonyme tout en demeurant une entreprise publique. En clair, le capital de La Poste sera entièrement détenu par l’Etat ou par des investisseurs publics”…Mais cela la Commission et les lobbies ne l’accepteront pas. Et pourquoi ? Parce que si l’Etat continue d’être le détenteur du capital de la Poste, celle ci restera considérée comme infaillible et solvable…L’UE n’aura, dès lors, d’autre choix que d’exiger que l’Etat ne conserve (au mieux) que 25% du Capital. (Quant aux promesses du Président..On se souvient de GDF !!!)

    De toute manière, l’UE dispose d’autres armes pour rendre la Poste “eurocompatible” (”moderniser” la Poste, c’est en faire une entreprise, et laisser payer aux Français le soin de payer les dettes sans profiter du capital) Comment ? Facile ! Via une dette “oubliée” par l’Etat. Celle des fonctionnaires de la Poste. Ou bien, pour le dire autrement, la dette résultant du non provisionnement des retraites des postiers.

    3) Vous avez dit “ouverture de la concurrence” ?

    La Poste ne va pas subir la concurrence en 2011. Dès à présent (et avant même son changement de situation : Poste, Banque Postale, en 2006) elle y est confrontée. Le “monopole” contre lequel la Commission prétend lutter est sans fondement.

    La moitié du courrier livré en France…Est déjà traitée par des entreprises de routages privées ! Elle n’est ensuite qu’acheminée par les services de la Poste !

    Les courriers rapides et à valeur ajoutée sont déjà entièrement ouverts à la concurrence !

    Autant dire qu’en matière de monopole…On fait mieux ! Surtout, la déréglementation est plus intense en Europe qu’aux USA ! L’US postal service dispose toujours du monopole légal de la distribution du courrier. Ce n’est plus le cas des opérateurs publics nationaux ! Le “modèle” choisi par l’UE (et nos Ministres, et nos députés européens) est celui de la concurrence totale, aveugle, sans discernement.

    Que propose, clairement, cette “directive” élaborée par les lobbies ? Une concurrence si totale que la Poste ne peut qu’en souffrir ! Car, on oublie une “petite chose” : les entreprises et les administrations sont les clientes privilégiées de la Poste. Pour une raison simple : elle représente 85% du courrier distribué en France. Que la Poste perde ces clientes…Et s’en est fini de la Poste !

    En conséquence, la Poste, qui ne peut de toute évidence, pas laisser ses clients les plus importants partir vers la concurrence, n’aura pas d’autre choix que d’épargner ailleurs. Et comment fait on des économies, quand on subi la concurrence de plein fouet, et que comble du comble, on se doit de pallier à l’insuffisance d’un Etat qui s’est vu incapable de provisionner des retraites dont il est pourtant le garant ?

    Et bien on tranche dans les secteurs les moins à valeur ajoutée. En tête de liste ? Les bureaux de poste ! Particulièrement ceux situés en “province” !!!! (85% des élus nationaux ont un mandat local)

    Un ex de ce qui nous attend ? Nos bons amis Suédois ! En Suéde, la “concurrence postale” a été ouverte dès les années 90 (sur le modèle “européen”). Au final ? En 15 ans, une diminution des bureaux de poste de 2000 à 500. Dans le même temps, le nombre de “franchisés”passait de 100 à 4000.

    Si le nombre de “points de contact” a été augmenté, en revanche, la confidentalité de certaines transactions a été plus que mise à mal ! Il y a certains services qu’on n’aime pas forcément demander à son pompiste ! Surtout qu’il y a eu un effet collatéral. Les commerçants remplissant la fonction “postale” ont aussi pu se renseigner sur la solvabilité de leurs clientèles…Et dès lors ont refusé de travailler pour lesdites personnes, en se fiant à leur compte bancaire ! Personnellement, je ne tiens pas à ce que mon pompiste sache combien je gagne.

    Si Posten AB conserve 92% de part de marché, les effectifs ont, eux, fondu…Comme les bureaux de poste. Et sur les employés de la Poste Suédoise, les trois quarts travaillent en temps partiel…Ne pourrions nous donc pas trouver des solutions plus intelligentes que fermer ces bureaux de poste, en faisant profiter d’autres services du maillage territorial ?

    4) L’Etat et les services publics

    Les maisons de services publics ? Au point mort (l’Etat s’en préoccupe assurément !)

    La loi de 2005 ? Elle s’inspire grandement du “modèle” suédois, et anglais (points de contacts dans les supermarchés : vive la confidentialité des opérations !) et assortie en plus à cela une couverture minimale du territoire (heureusement, l’Etat est très attaché aux services publics ! Ca se voit !)

    Le décret de 2007 ? Il ressemble à la pub de SFR. 99% du territoire occupé. Sauf que SFR ne précise pas qu’il s’agit du territoire…Urbain. Dans les “coins paumés” personne ne connait SFR…Pas plus que la Poste. (Il faut, au minimum, au simple citoyen accomplir 10 km en voiture : le Gouvernement sait que la population française vieillit ? Il veut augmenter le nombre de morts de seniors sur la route ?)

    Si l’on voulait une dernière preuve de l’attachement de l’Etat aux services publics, il suffit de voir quelle est sa participation. Or…Force est de constater que ce sont les collectivités territoriales qui tentent de sauver les bureaux de poste…Nullement l’Etat (Parlement, Gouvernement, Présidence) A tel point que certains maires sont élus, essentiellement, sur une seule promesse : garder la poste au village.

    Bien sur, on pourrait imaginer des bureaux de poste pouvant servir de relais pour d’autres services nationaux, qui seraient utiles, tant pour les questions sociales que de sécurité. Mais il faudrait une (vraie) implication de l’Etat (en acte, pas seulement en paroles) mais visiblement ce n’est pas son souci. Seulement celui de la Poste et des élus locaux.

    Il est sincèrement dommage que les élus locaux (qui sont aussi, pour beaucoup, des parlementaires : à quoi çà sert le cumul des mandats si les élus ne sont pas capables d’en tirer profit ?) ne s’engagent pas dans le combat (en acte et non pas uniquement en paroles) pour garder les bureaux de poste. Car si une boulangère ou un pompiste peut, au mieux, aider la Poste, via la distribution de colis, ou la vente de timbres…Les personnes qui se servent du livret A comme d’un porte monnaie n’y trouveront sans doute pas leur compte (combien de Français, déjà, dispose d’un livret A ? Ha…La moitié ? Plus ?)

    Quant aux “usagers” ? L’Etat s’en soucie comme d’une guigne ! Car si la Poste doit se “moderniser” ce n’est pas en supprimant des bureaux de poste, ou en devenant euro compatible, mais en étant digne de la mission de services publics qui lui est attachée.

    Un ex ? La loi de 2005 a privé l’ARCEP de toute possibilité d’arbitrage ! Si l’ARCEP doit évaluer la qualité des services rendus par la Poste, elle n’a pas la possibilité d’apprécier la façon dont la Poste exerce “ses missions d’aménagements du territoire”. Bref, assure sa présence sur tout le territoire.

    L’ARCEP ne peut pas non plus (merci les parlementaires) faire la lumière sur les coûts des différents types de “points de contact” et les services qu’ils rendent, ni contribuer aux choix auxquels les élus locaux seront confrontés, et encore moins aider ces derniers à avoir un argumentaire face à l’Etat. (Qui semble oublier l’égalité devant la loi des citoyens)

    Idem, l’ARCEP pourrait faire de petites enquêtes, pour démêler le vrai du faux sur le “coup de sonnette” du facteur. En règle général, le facteur doit sonner. Et si on lui répond, il doit monter le colis du destinataire. Or…Les usagers constatent que le facteur ne sonne pas, ce qui oblige l’usager à se rendre au bureau de poste (s’il y en a un) pour récupérer son colis. Je rappelle que la livraison du colis est censée se faire par la Poste…Et que l’usager n’est pas censé, lui, aller chercher son colis, s’il était présent chez lui, lorsque le facteur est passé…Sans sonner.

    Le maintien du timbre à prix unique ? Cela ne durera pas longtemps. Juste le temps de mettre à plat la Poste. Nos partenaires sont hostiles à cette égalité tarifaire sur un territoire donné. Pourquoi croit on que dans l’espace européen, il soit plus cher d’envoyer une lettre en Irlande qu’en Italie ?

    Tant que l’égalité tarifaire et la péréquation tarifaire ne sont pas inscrites dans la directive - je rappelle : le Parlement peut amender une directive. Ses collègues ne se gènent pas pour le faire - je tiens cela pour nul.

    5) Pas de privatisation ?

    Que les choses soient claires : l’UE n’impose pas la privatisation de quoi que ce soit. Elle ne demande “que” la dérégulation la plus complète, avec les sourires magnifiques, de l’Etat, qui s’empresse de lui complaire.

    Les “privatisations” sont le fait de décisions nationales, et d’aucune autre. Un ex ? La privatisation des autoroutes.

    Contrairement à d’autres pays (Allemagne, Angleterre) la France a fait le choix, dans les années 60, de faire payer ses autoroutes. Cela avait du sens : d’une part, la France était (et reste) le pays le plus touristique au monde (et un impôt touristique, un) et d’autre part, en concédant à des sociétés de gestion les autoroutes, l’Etat pouvait améliorer le reseau routier, tout en utilisant l’argent public pour financer des grands travaux.

    Or…Depuis les années 2000, la gestion du reseau routier est bien moins onéreuse qu’au moment des années 60. L’Etat, en toute logique, aurait donc pu espérer recevoir, en tant qu’actionnaire public, entre 20 et 30 milliards d’euros de dividendes jusqu’à la fin des concessions, date à laquelle les autoroutes lui reviennent (en principe) de plein droit.

    Mais voilà. L’Etat est à la recherche d’argent. Comme jadis la Monarchie. Et a dès lors besoin d’argent couramment. C’est pourquoi, en 2002, M. Jospin ouvrit le capital des sociétés de gestion…49% du “marché” des autoroutes donc ! En 2004, rebelotte avec M. Raffarin. Et pour finir, M. De Villepin, qui ceda le reste du capital d’ASF !

    Soucieux du court terme, mais pas du long, l’Etat a même laissé aux sociétés d’autoroute privée le droit de fixer le montant des péages…Comme jadis les “fermiers généraux” pouvaient le faire, au nom du roi. (Et dans une imitation parfaite de la Monarchie, l’Etat n’a rien trouvé de mieux que de ne pas affecter les sommes obtenues par la privatisation de nos autoroutes, au remboursement de la dette, ou au financement des retraites…Louis XIV aussi préférait financer des châteaux plutôt que rembourser les dettes du pays.)

    Depuis 1986, l’Etat ne fait que çà : privatiser nos services publics…Pour trouver de l’argent frais, qu’il gaspille au passage, n’importe comment. Parce que l’Etat n”a pas de vision du long terme, mais seulement de l’instant.

    Mais en 2000, l’Etat a inauguré une nouvelle “tendance” : il ne fait pas que vendre nos bijoux de famille, il cède ses “droits”. Les sociétés d’autoroute ne sont pas bien différentes des fermiers généraux de jadis.

    Car…Qu’a fait l’Etat, sinon vendre le droit de percevoir les péages à des sociétés privées ? A quand la mise aux enchères du droit de percevoir la TVA ? L’IR ? Ou bien la taxe professionnelle ?

    Qui peut croire que contre quelques argents, la privatisation de la Poste n’aura pas lieu ? Que conscient qu’il est dans l’incapacité de respecter ses devoirs sociaux (en tant qu’employeur) vis à vis des fonctionnaires de la Poste, l’Etat ne s’empressera pas de donner, corps et biens, un édifice financé et aimé des Français ?

    Quant à “graver” dans la loi certaines sécurités pour les agents de la Poste…Je pense qu’on peut faire confiance à l’actuelle majorité. Chacun a pu voir à quel point le référendum obligatoire sur l’adhésion de la Turquie a été “gravé” dans la Constitution. Il a suffit d’une révision constitutionnelle pour l’effacer ! Au mépris des engagements parlementaires…Je rappelle, au passage, que la “majorité” est censée être contre l’adhésion de la Turquie à l’UE. Ce qui ne l’empêche pas, à l’évidence, de voter chaque année les budgets de pré adhésion (sic !), d’avoir nos diplomates en Turquie pour négocier cette adhésion (sic !)

    D’ailleurs, l’actuelle majorité nous montre son double jeu. Elle nous dit que la Poste va devoir être confrontés au développement en Europe d’opérateurs puissants et animés d’ambitions internationales.

    Or…Ces opérateurs existent déjà ! Et comme on l’a dit plus tôt, son statut actuel n’est, en aucun cas génant…Sauf pour lesdits concurrents justements, qui s’avèrent être des lobbystes consciencieux.

    Car pour garantir qu’il n’y ait pas de privatisation, il n’y a qu’un seul moyen : la Constitution.

    Le neuvième alinéa du préambule de 1946 - qui fait partie du corpus constitutionnel de la France, faut il le rappeler - aurait dû nous préserver de privatisations injustifiées. Or…Il n’en a rien été. Pourquoi ? Parce que le Parlement s’est empressé d’enlever toutes les contraintes juridiques, au mépris des droits pourtant reconnus par ce préambule ! Ou bien par la Déclaration de 1789 (droit à la propriété : le Peuple est propriétaire de services publics, par ex)

    Logiquement, si une entreprise est déjà publique, elle doit a fortiori le rester, si elle présente des caractères de “service public national”. C’est donc, en théorie, une limite aux privatisations.

    Mais en pratique ? Il suffit de retirer lesdites caractéristiques via une loi. Et parce qu’une législature ne peut engager une autre législature (sauf en ce qui concerne les traités) il est impossible de “graver” quoi que ce soit dans la loi ou la Loi.

    Une seule exception ? Les services publics constitutionnels. Problème ? Personne ne s’est jamais donné la peine, sans aller jusqu’à restreindre ceux ci, de définir ce qu’on entendait par “services publics constitutionnels”. Par conséquent…Demain, rien n’empêche un Gouvernement, assisté d’une majorité parlementaire compréhensive, de voter la privatisation de la Justice, des Affaires Etrangères, de la Police…Ou de la Poste. Pas plus qu’il n’est interdit de privatiser l’Enseignement, la Santé, les Retraites, etc.

    On ne le rappelera jamais assez : la France est un état de droit. Il n’y a pas de vide juridique. TOUT CE QUI N’EST PAS INTERDIT PAR LA LOI, EST AUTORISE. (Dixit la Déclaration de 1789…On le rappelle non révisable, heureusement)

    Pour les aéroports, idem. La loi ne prévoit pas, expressement, leur privatisation. Mais c’est en “bonne” voie. Gaz, électricité, eau, tout ce qui faisait la gloire des Etats s’en va vers le marché total.

    De leur coté, plus malins, les USA se gardent du “modèle” européen. Si les Européens ne veulent plus rien maîtriser, libres à eux…Pendant ce temps là, les USA veillent, eux, à leur indépendance alimentaire, énergétique, etc. Mais bon…Quand on fait aveuglément confiance au marché pour tout réguler…On obtient une hausse de 23% sur le prix de son péage ! Ca a du bon…La concurrence ?

    Systématiquement, l’Etat explique que ces privatisations sont “nécessaires”, et quelles vont contribuer à rembourser notre dette, et à tenir ses engagements sur les retraites. Au final ? Croissance exponentielle de la dette (7,5% du PIB !!! Et le Président qui veut un emprunt national ! Il est fou ?) et 10 milliards sur 82 utilisés pour rembourser la dette…

    Un projet de loi ne peut rien contre l’inertie des “gouvernants” et contre des directives qui combattent nos services publics (même si elles ne demandent pas leur privatisation)

    Nous avons un Etat qui se bat autant pour les services publics, que le Parlement ne le fait pour être considéré par l’Exécutif.

    Le Parlement détient énormément de pouvoirs (via la Déclaration de 1789) mais il ne les utilise pas. Ce n’est pas l’Exécutif qui est puissant, en France, c’est le Parlement qui refuse d’utiliser ses pouvoirs. Ce n’est pas la même chose.

    Là, on est dans la même logique. L’Etat, pour des raisons y ou y, estime que notre “modèle” français est “has been”. Et non content de faire une analyse de la crise, et de ses conséquences, poursuit droit dans le mur. Sous couverts de “Bruxelles” mais convaincu (apparemment) que son rôle est de pallier les soucis du présent, et non de prévenir l’avenir.

    Bien. Après l’argumentaire, la solution clé en main…Pour torpiller la loi sans le dire.

    1) Expliquer ce que je viens de dire précédemment. Que d’une part la directive européenne ne nous oblige pas à privatiser la Poste, mais à ouvrir la concurrence (ce qui est déjà le cas) Que d’autre part, la privatisation de la Poste serait nuisible pour la Société, et que, conformément à la Déclaration de 1789 (quand je dis que c’est l’amie du Parlement (et des citoyens) il faut me croire !) LA LOI N’A LE DROIT DE DEFENDRE QUE (CONTRE) CE QUI EST NUISIBLE A LA SOCIETE. Autrement dit, si LE GOUVERNEMENT NE PEUT PAS PROUVER LE CARACTERE NUISIBLE DU STATUT ACTUEL DE LA POSTE POUR LA SOCIETE…LE PARLEMENT N’A, TOUT SIMPLEMENT PAS, LE DROIT DE LEGIFERER. Chose à retenir : à partir de septembre 2009, arrive sur la table du Parlement l’article visant à donner aux citoyens la possibilité d’un recours au Conseil Constitutionnel. A défaut du PS, il restera donc un recours pour mettre fin à cette idée stupide du Gouvernement.

    2) Le Gouvernement assure qu’il ne veut pas la privatisation de la Poste. Dès lors, sachant que seul le neuvième alinéa du préambule de 1946 est apte à garantir cela…IL EST NECESSAIRE QUE LES ELUS DEMANDENT (un refus signifiant que le Gouvernement joue un double jeu) :

    –Qu’au préalable, les services publics constitutionnels soient définis et que le service postal, via la Poste, soit parmis eux.

    –Qu’une révision de la Constitution soit nécessaire lorsque des services publics non constitutionnels modifient leur statut, de sorte qu’ils en perdent, par la même leurs “caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait.” (Comme çà les “majorités” peuvent changer d’avis…Mais il est plus dur de changer le statut d’une entreprise publique, dans le but de la privatiser, car il faut obtenir une majorité des 3/5ème…Ou une approbation par 50,1% des Français, via un référendum, pour modifier la Constitution…Et la marge de “l’opposition” est d’autant plus forte que cet obstacle constitutionnel imposera une consultation de ses élus pour l’agréément de la loi organique ou ordinaire pour opérer ce changement de statut)

    –Que les services publics constitutionnels français, tels qu’ils sont définis (voir plus haut) par la Constitution, et les services publics non constitutionnels, sont la propriété non de l’Etat français, mais du Peuple français. Que dès lors, si les citoyens estiment que les privatisations qui n’ont pas fait l’objet d’un contrôle du Conseil Constitutionnel sont susceptibles d’un recours des citoyens.

    3) Rassembler, dès à présent, les signatures de 184 députés et sénateurs : le groupe PS à l’Assemblée compte 186 élus à lui seul. Et dans le même temps, obtenir le soutien des citoyens (je ne sais plus le pourcentage demandé) Comme çà, en cas de privatisation forcée…On n’aura qu’à attendre, un an et un jour…Et là, une proposition de loi donnant lieu à un référendum.

  • miha

    Seb, il faut écrire tout ça aux élus… hop ! lettre ouverte via les journaux… hop ! fissa !

    Sarko se vante que la France résiste mieux à la crise que les autres pays grâce à son modèle social… modèle qu’on démolit à grande vitesse devant nos yeux… éducation nationale, hôpital public, sécurité sociale, système de retraites, etc….tout ça piétiné en dépit du bon sens, au nom du saint pèze, du saint fric et de la sainte économie.

    oui, Anarchoïde, certains fonctionnaires ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis (bien aidés par ces sal—- de syndicats), mais les usagers se sont aussi bien laissés manipuler pour détester ces nantis et fainéants de fonctionnaires.

    Tu vas dans une banque, par exemple, il y a de l’attente, il y a du monde… personne ne s’impatiente.
    tu vas un bureau de poste, il y a de l’attente, il y a du monde… ça soupire, ça rouspète, ça piétine, ça regarde sa montre, etc…

    il y a souvent du parti pris.
    je l’ai constaté plus d’une fois.

    • Anarchoide

      @Miha :

      Je ne raisonne pas selon une logique binaire. Pour moi il n’y a pas d’un côté les Bons (les services relevant de l’Etat) et en face les Mauvais (ceux dévolus au privé).

      Le seul ennemi public c’est l’oppression, qu’elle soit de droite ou de gauche, qu’elle sévisse derrière les murs d’une prison, par le truchement de formulaires inquisiteurs, ou du fait de l’asservissement obligé des uns aux dogmes défini par d’autres.

      Essayons de comprendre pourquoi les gosses des banlieues s’en prennent si souvent “à des symboles de l’Etat”, ou à ce qu’ils tiennent pour tels. Vont-ils fracasser les vitrines des banques ? Foutre le feu aux McDO ? Cela a dû arriver, mais le plus souvent ce sont les écoles, les pompiers, les flics qui font les frais de leur révolte.

      Essayons de comprendre pourquoi les personnes exclues de notre Société, RMIstes et handicapés, chômeurs de longue durée, nourrissent une telle rancoeur à l’égard des services publics ?

      Et si le fameux modèle social français n’était pas si parfait qu’il y paraît ? Est-il vraiment égalitaire ? Offre-t-il à tout un chacun sa chance de se réaliser ? Si oui, pourquoi a-t-on l’impression que la question de l’emploi des jeunes est restée en l’état depuis qu’elle se pose, à savoir une bonne quarantaine d’années ? Pourquoi a-t-on l’impression que les politiques d’intégration des jeunes issus de l’immigration ont lamentablement échoué ? Pourquoi naître avec un handicap en France est-il la promesse d’une vie de misère et d’exclusion, quand ce n’est pas d’esclavage ? Pourquoi les personnes handicapées sont-elles, en France, interdites de fait de mener une vie de couple, sous peine de voir leur allocation recalculée au prorata du revenu de leur conjoint ? La “carte scolaire” n’est-elle pas, sous ses dehors égalitaires, une subtile machine à fabriquer des “destins sociaux” ? Pourquoi cette misère entretenue des années durant sans espoir d’en sortir, pour toutes celles et tous ceux qui n’arrivent pas, ou plus, à croire en la validité du modèle social français ?

      L’oppression se tient aussi dans l’autre camp, celui que d’aucuns sur ce forum ont un peu trop tendance à assimiler aux “Gentils”.

  • Ardennais Remonté !

    Mais qu’est-que vous écrivez bien et long, mais long… Je n’ai même pas tout lu. Je travaille à la SNCF est suis syndiqué. J’avais très très envie de répondre à @Nadine et @Anarchoïde (pourquoi Anar ? Alors !).Seulement je ne suis pas aussi bon que vous tous en matière de prose et je n’ai pas que ça à faire. Et @JeanNîmes l’a très bien fait fait pour moi. Je partage totalement son point de vue. Vous mettez tout et nous tous dans le même sac…Vous généralisez comme savent si bien le faire Sarkozy et sa mafia. Et de plus, ce qui est grave, c’est que vous profitez de l’absence du Taulier pour vous servir de son blog afin de vider votre fiel. Je vais lui en faire la réflexion lorsqu’il rentrera et je lui proposerai une grève générale.

    Allez dormir un peu et foutez donc la paix à ceux qui courent la nuit pour dépanner afin que les trains arrivent à l’heure. Et qui le font avec la pleine conscience qu’il y a des passagers à l’intérieur, en assurant leur sécurité. En sont-ils conscients seulement ? Certainement non lorsqu’ils rouspètent après nous !. Il en va de même des postiers, des infirmières,etc.. Et de l’ensemble de ce qui reste du service public. Vous ne viendrez pas pleurer quand tout cela aura disparu et qu’il vous faudra payer plus cher pour un service de moindre qualité.

    Des exemples ont déjà été cités ci-dessus : l’eau, les chemins de fer anglais,etc… Inutile que j’y revienne. Sachez que la sécurité est notre priorité et qu’elle risque d’en prendre un coup à l’avenir. Vous connaissez tous bien l’affaire Coupat et les incidents caténaires renommés ” sabotages “. Pourquoi croyez-vous que ces événements ont été attribués à l‘“ultra-gauche” ? Pour “la mettre sur la touche”, mais surtout détourner l’attention des vraies raisons de ces pépins, soyez-en certains ! Nous avons la recommandation de ne pas trop parler de tout ce qui se passe chez nous et il y a un “nouveau service” qui se charge spécialement des relations avec les médias. Touchatout, tu pourras corriger s’il y a des fautes STP!

    Bien le bonsoir messieurs, un dépannage m’attend justement et j’en ai certainement jusqu’au milieu de la nuit. Nous ne couvrons actuellement, seuls, qu’un secteur de l’ordre du département, l’année prochaine ce sera toute la région. Nul doute que les passagers râleront encore plus alors. Plus de pépins, plus de trajet, plus de temps d’intervention, et plus de fatigue…Les grèves servent aussi et souvent à conserver nos moyens et en réclamer de meilleurs. Mais maintenant, à cause de réflexions comme les vôtres, ce sera peine perdue. Tout le monde y perdra. Nous les premiers, mais vous tous ensuite. Mina, tu vas encore devoir m’attendre. Je t’embrasse bien fort!

    • sam

      Il y a un film de Ken Loach sur la privatisation du chemin de fer britannique qui illustre très bien ces derniers propos.

      Je suis un inconditionnel défenseur du service public, parce que cela va dans notre intéret. Santé et Hopitaux, énergie, poste, éducation, transports et aussi l’économie sont fondamentalement importants pour une démocratie et des citoyens qui souhaitent avoir une indépendance et gérer eux-même leur société, leurs problèmes…

      Le débat va au-dela du minable quart d’heure d’attente au guichet ou de l’attente du RMI sur deux jours. Certes c’est gênant voir très génant si cela arrive, je ne dit pas le contraire.
      Mais il ne faut pas oublier ce que l’on doit au collectif, à la solidarité, au dit secteur “d’intérêt général” ou “public”.
      Sous prétexte de disfonctionnement qu’il faut en effet résoudre, de cout numéraire (parce que le libéral ne sait qu’évaluer en terme de chiffres) et de jalousies bien mesquines (je dis à tous les connards qui me balancent leurs clichés sur mes belles vacances scolaires : ben tu fais des études, tu passes le concours, tu enseignes 5 ans et après on en reparle.. bizarrement, y’a déja moins de monde. Ce qui ne les empeche pas de continuer à penser la même merde remarquez…), on réforme le service public en le détruisant : fin de l’égalité d’accès au soin, à l’éducation, au déplacement, fin d’une retraite méritée, fin du RMI pour bientot? [bah oui, ca coute cher et en plus y’a du retard au guichet, faut réformer!!]

      Certains pleurent déja aujourd’hui, plus demain… quand ils comprendront qu’il y a/aura désormais deux types d’écoles, deux types de services de santé… Cela dans le meilleur des cas. Ou un seul type de services payants qui fait que certains n’y auront pas accès. Ici dans le pire des cas.

      Bientôt une réforme de la justice sous prétexte de certains disfonctionnements ou la défense se fera alors en fonction du porte-monnaie et de l’influence, à moins que… à moins que.. cela n’existe déja?

  • La suppression du service public est en très bonne voie puisque le statut des fonctionnaires vient de prendre une bonne claque :

    http://turandot.over-blog.net/article-34192577.html

    Quand tout sera définitivement privatisé (et donc chaque service payant) ,c’est le ” droit de l’usager ” qui va prendre sa grosse claque ,parce que son intérêt ne pèsera pas grand chose face aux intérêts des actionnaires .

    J’aimerais que certaines choses préconisées par Seb puissent se faire ,mais les directives européennes priment sur le droit national (et de toute façon 53% des français ont choisi un président qui a imposé un traité refusé par 55% des mêmes français en 2005 .) Et là était ce pour le bien de la population ? Hum ! Rappelons nous que comme par hasard, sur les 4 premiers aux dernières présidentielles (sur 12 complètement oubliés …) 3 étaient pour le traité + un , Le Pen …traité ,qui , je rappelle , ne reconnait pas le service public .. Cherchez l’erreur ..

    D’ailleurs est ce que ce gouvernement , qui est normalement au service de la population ,ainsi que tous ces élus ( tous payés par les contribuables donc faisant partie du service public …), fait tout ce qu’il peut pour ne pas être nuisible au peuple français (voir toutes les lois scélérates de ces dernières années et celles concernant le public , en particuliers )

    voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_public

  • L’antispam ne veut pas de mon commentaire …tant pis !

  • Ardennais Calmé!

    Merci @Touchatout, ça présente mieux ainsi ! Et les tous les autres “accusés” là, où êtes-vous ? Venez à la rescousse !

  • Teje

    @archahoid, je te réponds, mais ca risque d’être un peu long

    Tu me poses la question de savoir ce que je ferais si j’étais postier ou roulant SNCF au cas où un collègue serait injustement sanctionné ou agressé… Je te renvoie très logiquement à l’un de mes posts précédents où je dis que je m’exprime ici en tant qu’usager.

    Tu n’as pas répondu à ma question, mais à la vue de ta réponse, je suppose que tu ne ferais pas grève si un de tes collègues étaient agressé ou pour demander de travailler dans de meilleure condition et (quoi que tu en dises ou en pense) rendre un meilleur service à l’usager.

    Que les grévistes prennent les usagers en otages : Disons que les syndicats vendus et jaunâtres

    Un peu de contradiction dans tes propos, tu dis les syndicats jaunes et compromis d’un côté et de l’autre tu ne veux pas de grévistes parce que cela gène??? une grève qui ne gène pas n’apporte rien, on a qu’à faire comme au japon, travailler avec un brassard noir!!!
    Les syndicats, c’est comme les partis politiques, ils sont le reflet de ceux qui s’investissent, mais de nos jours, la plupart des gens préfère critiquer plutôt que d’agir, c’est bien plus facile.
    De plus, tu utilises la prose des journaleux et politiques sur lesquels tu craches souvent
    en parlant d’otage là où il n’y en n’a pas.

    De même que j’attends de voir nos amis fonctionnaires défiler dans la rue en faveur des millions de mal barrés.

    Pourquoi toujours les fonctionnaires dans la rue puisque tu ne veux pas qu’ils fassent grève?
    As-tu vu les mal-barrés dans la rue pour sauvegarder des emplois de fonctionnaire qu’ils pourraient occuper (eux ou leur descendant)?

    Je dirais que puisque l’usager n’a aucun droit de regard sur le fonctionnement et qu’il n’a qu’à la fermer, il ne faut pas espérer de sa part une solidarité qui va toujours dans le même sens.

    Voir ma question au dessus (par exemple, j’ai fait 8 jours de grève contre le CPE qui aurait encore augmenter la précarisation, mais qui ne me concernait pas directement, et toi? qu’à tu fais???

    Tu gères tes clichés, j’expose mon point de vue, c’est la règle du jeu.

    Comble de la mauvaise foi, Qui parle d’otage? Où sont les clichés de fonctionnaires fainéants?

    Tu râles parce que ton RMI a deux jours de retard? Que diras tu lorsque tu n’auras plus de RMI?
    Tu passes ton temps à critiquer, mais que fais-tu pour changer les choses? Tu ne votes pas (les politiques tous des pourris), tu ne dois pas manifester (pas avec les syndicats tous pourris), à t’écouter, tu ne ferais pas grève si tu le pouvais (pour ne pas prendre en otage les gentils esclaves de notre société)…
    Bref, beaucoup de paroles mais peu d’acte…C’est dommage, ce sont les actes qui peuvent mettre un terme ou tout du moins freiner ce que tu critiques.

    @ ardenais, salut collègue…

    • Anarchoide

      Heu, Teje, je crois que tu déformes un peu mon propos. Si tu prends la peine de me relire da (je sais, c’est chiant mais je ne sais pas faire court !) et que tu ferais bien de me relire.

      Ce n’est pas moi qui parle d’otages

    • Anarchoide

      Excusez la fausse manoeuvre, tutti !

      Je reprends à l’intention de Teje.

      Si tu prends la peine de me relire dans le texte et non en diagonale, tu constateras que ce n’est pas moi qui parle d’otages. J’évoquais ce cliché répandu par les politiques à propos des grèves pour un oui ou pour un non (c’est du moins ainsi, navré, qu’elles sont ressenties sur le terrain):

      Il n’en fallait pas plus pour que certains politicards invoquent la prise d’otages. Et ce discours, il a pris.

      Ensuite, c’est Touchatout qui nourrit de ce cliché sa salve vengeresse dont j’étais supposé faire les frais :

      Que les grévistes prennent les usagers en otage […]

      … à quoi je réplique :

      Disons que les syndicats vendus et jaunâtres […]qui organisent lesdites grèves s’emploient à saccager le droit de grève au service d’intérêts qui échappent à l’usager, et qui trop souvent relèvent d’une “solidarité à deux vitesses” […]

      A quoi, toi tu réponds :

      une grève qui ne gène pas n’apporte rien, on a qu’à faire comme au japon, travailler avec un brassard noir.

      Quand les pompiers font grève, ils accrochent des banderoles sur leurs véhicules, chacun est au courant de leurs revendications et celles-ci sont soutenues par le public. Les pompiers sont un corps unanimement respecté et admiré. Tu n’entends personne les traiter de “feignasses”, de “nantis”, de “planqués” ou de “preneurs d’otages”. Pourtant ce sont des fonctionnaires. J’en dirais autant des urgentistes et des personnels des Eaux et Forêts ou de la Protection civile. Pourquoi ?

      L’efficacité de leur travail doit y être pour quelque chose, à mon humble avis.

      Certaines corporations du service public ne donnent pas cette impression d’efficacité. Je ne dis pas que c’est vrai, je dis c’est au niveau du ressenti de l’usager. Je ne dis pas que c’est la faute des gens qui y travaillent, je pense que c’est une question d’organisation.

      Cela dit, puisque selon toi une grève doit gêner, ce serait peut-être utile pour les services publics, disons de “décloisonner” la grève. Et je reviens sur ce que j’exprimais plus haut :

      De même que j’attends de voir nos amis fonctionnaires défiler dans la rue en faveur des millions de mal barrés […]

      Pourquoi “nos amis fonctionnaires” ? Parce que les mal barrés en question, leur autorité tutélaire c’est tout de même le service public, à savoir le CCAS, la Sécu, la CAF, Pôle-Emploi, la CDAPH, la MSA… Tu dis avoir manifesté contre le CPE, c’est très bien. Mais combien de fois les CGT-CFDT-FO et consorts se sont-elles jointes aux manifestations en faveur des droits des handicapés organisés par le collectif “Ni Pauvre ni soumis” ? Dont les revendications portent sur une allocation permettant une existence décente et surtout, surtout, la cessation de la prise en compte du revenu du foyer dans le calcul de cette allocation, disposition qui accule les personnes handicapées à l’obligation de vivre seules ? N’est-ce pas là une cause où syndicats et partis politiques de gauche pourraient s’investir ?…

      Manifestement pas. Nous avons été quelques-uns à leur adresser des mails l’an passé pour les convier aux manifs de ce collectif, ainsi qu’à M.-G. Buffet, O. Besancenot, A. Laguiller… Pas l’ombre d’une réponse. Absents de cette lutte, les “partenaires sociaux” et les “représentants” du Peuple de Gauche.

      Perso, je suis allé manifester à Digne-les-Bains, au printemps, par deux fois, au bras de ma compagne. AVEC les fonctionnaires, les étudiants et les retraités. Pas avec les syndicats. Je commence à avoir du carat, Teje, et je te jure que quand tu as connu la CGT de Séguy et que tu vois la CGT de Thibault, quand tu te souviens de Roger Polletti et que tu vois ce qu’est devenu FO… Sans parler de la CFDT et de son cursus tragi-comique… no more comment.

      Ensuite, tu dis :

      As-tu vu les mal-barrés dans la rue pour sauvegarder des emplois de fonctionnaire qu’ils pourraient occuper (eux ou leur descendant)?

      Peut-être pas dans la rue mais aux côtés des fonctionnaires, oui. Je pense au Collectif RTO qui défend les allocataires des intrusions de la CAF dans leur vie privée, qui dénonce les dangers du RSA et la pression exercée sur les fonctionnaires desdites CAF. Une action assez controversée dans la mesure où beaucoup pensent qu’on ne peut pas à la fois lutter contre une oppression et se placer du côté de ceux qui sont payés pour exercer cette oppression. Ce Collectif existe depuis un certain nombre d’années dans la région parisienne, je crois qu’il est chapeauté par le trop discret collectif “AC !”, qui dépend plus ou moins de la CGT… qui gagnerait à davantage défendre les populations mises en marge et en danger à la fois par les “mesurettes” à caractère social prises par les pouvoirs en place depuis une vingtaine d’années. Mais bon…

      On poursuit l’explication de texte :

      Tu n’as pas répondu à ma question, mais à la vue de ta réponse, je suppose que tu ne ferais pas grève si un de tes collègues étaient agressé ou pour demander de travailler dans de meilleure condition et (quoi que tu en dises ou en pense) rendre un meilleur service à l’usager.

      C’est le “quoique tu en dises ou en penses” qui me gène, dans ton propos. Il démontre bien l’aveuglement du syndicaliste aux conséquences “sur le terrain” d’un mouvement de grève. Et par la même aux conséquences dans l’opinion des mouvements de grève à répétitions frappant un service sensé répondre à des besoins quotidiens.

      Voir ce qu’il s’est passé à Marseille au début de cette année. Grèves à répétitions à la Régie des Transports Marseillais (RTM). Grèves-surprise des conducteurs de métro. Marseille n’est une ville orientée à droite qu’au niveau de sa mairie, détenue depuis des décennies par le même clown pathétique faute d’alternative crédible à gauche. Le taux de chômage à Marseille est colossal, c’est sans doute la seule ville de France où subsistent de véritables favelas, la misère y est prégnante, la délinquance en résultant fait de ses rues des zones à haut risque et de certains de ses quartiers des zones de non-droit. En résumé, Marseille ce n’est pas le 9-2.

      Qui prend les transports en commun à Marseille ? Pas les banksters locaux, pas les commerçants et les retraités aisés qui rééliront Gaudin jusqu’à ce que mort s’ensuive, pas les lèche-bottes crasse moyenne du socialo Guérini. Comme partout ailleurs, on utilise à Marseille les transports urbains quand on ne peut pas faire autrement, parce qu’on en a besoin pour se déplacer. C’est dire si les mouvements de grève auxquels je fais allusion étaient particulièrement appréciés des usagers de la RTM.

      Ce que moi, je fais pour “changer les choses”, Teje ?
      Je n’ai pas cette prétention. Si je l’avais, ce n’est sûrement pas par l’adhésion à un parti politique bidon ou à un syndicat jauni que je penserais y parvenir. A mon petit niveau de vieil habitué des paperasses, j’aide des ressortissants étrangers maîtrisant mal notre langue à remplir leurs formulaires et à monter leurs dossiers. Jusqu’à hier je faisais ça deux après-midi par semaine, sur une table de bar, vu que j’habitais à quelque distance de la ville. Je me suis rapproché de ma compagne et à présent je peux me consacrer à plein temps à cette tâche, que je remplissais déjà il y a vingt ans à Nice où j’habitais, puis à Cannes où j’ai en outre collaboré durant quelques années à la mise en page, à la correction, à la rédaction et à l’illustration d’un mensuel vendu dans la rue par des SDF. Disons que je fais dans le service public free lance, Teje.

  • Teje

    Pour continuer le débat…

    Quand les pompiers font grève, ils accrochent des banderoles sur leurs véhicules, chacun est au courant de leurs revendications et celles-ci sont soutenues par le public.

    Quel est le résultat de ces banderoles? Es-tu assez naïf pour croire qu’un employeur ou une direction lâcherait quelquechose sans qu’un rapport de force en faveur de ceux qui revendiquent ne ce soit instauré?
    Pourquoi les directions mettent-elles en général 4 ou 5 jours avant de débuter les négociations si ce n’est pour voir jusqu’où sont prêt à aller les grévistes?

    Les pompiers sont un corps unanimement respecté et admiré. Tu n’entends personne les traiter de “feignasses”, de “nantis”, de “planqués” ou de “preneurs d’otages”. Pourtant ce sont des fonctionnaires. J’en dirais autant des urgentistes et des personnels des Eaux et Forêts ou de la Protection civile. Pourquoi ?

    Peut-être parce qu’ils sont réquisitionner et donc qu’ils ont un pouvoir de blocage limité lorsqu’ils se mettent en grève. D’ailleurs tu n’as qu’à voir les conditions de travail des urgentistes pour te rendre compte que leurs revendications ne sont pas prêtes d’aboutir car justement, lorsqu’ils font grève cela ne gène que très peu le service…
    Quant à l’efficacité des hôpitaux publics… Ils leur enlèvent tous les moyens pour travailler correctement. Quand tu veux tuer ton chien, tu dis qu’il a la rage…

    Cela dit, puisque selon toi une grève doit gêner, ce serait peut-être utile pour les services publics, disons de “décloisonner” la grève

    Une grève doit gêner l’employeur, sinon il n’accédera jamais à tes revendications. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un réalité.
    Quant à décloisonner la grève, je suis entièrement d’accord avec toi. Le problème c’est de trouver des revendications communes qui seraient susceptibles de mobiliser les foules et là…

    Mais combien de fois les CGT-CFDT-FO et consorts se sont-elles jointes aux manifestations en faveur des droits des handicapés organisés par le collectif “Ni Pauvre ni soumis” ?

    Tu critiques encore les syndicats, mais à mon avis tu te trompes encore de cible, il est déjà très dur de mobiliser les gens sur des problèmes qui les concernent directement, alors pour les mobiliser sur les problèmes de leurs voisins…
    On a les syndicats qu’on mérite (idem pour le gouvernement)…

    Je commence à avoir du carat, Teje, et je te jure que quand tu as connu la CGT de Séguy et que tu vois la CGT de Thibault, quand tu te souviens de Roger Polletti et que tu vois ce qu’est devenu FO…

    Aux époques que tu cites, le taux de syndicalisation était de 40%, il est aujourd’hui inférieur à 8%. Même si, je te l’accorde, les stratégies des grandes centrales syndicales ont put jouer un rôle dans cette chute, l’éclatement du salariat, la précarisation, et l’individualisme en sont les principaux responsables.
    voir ce livre :http://www.liens-socio.org/article.php3?id_article=5936
    ou l’auteur “met ainsi en évidence le rôle majeur des militants de base dans la transformation des partis et des pratiques militantes.”

    On continue :

    Il démontre bien l’aveuglement du syndicaliste aux conséquences “sur le terrain” d’un mouvement de grève. Et par la même aux conséquences dans l’opinion des mouvements de grève à répétitions frappant un service sensé répondre à des besoins quotidiens.

    Est-ce que l’usager se pose la question et tente de comprendre les raisons qui poussent le personnel à perdre une partie de son salaire (qui n’est pour la plupart pas très élevé).
    La con,séquence dans l’opinion sera forcément mauvaise vu que les média s’emparent de ces faits d’actualité pour faire passer les idées du gouvernement. La solution : distribuer des tracts et discuter avec les usagers, mais certainement pas arrêter de lutter avec les seuls moyens en notre possession,: la grève.

    • Anarchoide

      Quant à décloisonner la grève, je suis entièrement d’accord avec toi. Le problème c’est de trouver des revendications communes qui seraient susceptibles de mobiliser les foules et là…

      Là, malheureusement, Teje, je ne te suis que trop. En effet, appeler à la grève et à la manif en faveur du “pouvoir d’achat”, ça parle davantage aux foules actuelles, gangrénées par la connerie du tout-tout-de-suite et de l’imagerie glamour, que revendiquer un plafonnement des salaires patronaux, une taxation des dividendes des actionnaires, une interdiction des licenciements et des délocalisations, un blocage des loyers locatifs, l’abrogation du bouclier fiscal ou l’exemption des taxes locales pour les hôpitaux…
      On pourrait appeler ça de la “revendic’ Audimat”. Le pouvoir d’achat ça parle au coeur des masses, dont on a compris qu’il se situe désormais dans son portefeuille. Ainsi on reste à la surface des choses, on ne remet surtout pas en cause le système en soi, même si ce système c’est l’oppression. Pire : le succès de cette “supplique populaire pour plus de miettes” apporte implicitement de l’eau au moulin de l’oppression.

      La solution : distribuer des tracts et discuter avec les usagers, mais certainement pas arrêter de lutter avec les seuls moyens en notre possession,: la grève.

      La solution, j’ajouterais : jouer franc-jeu. De la part des syndicalistes de base, s’entend. Comment voulez-vous être crédibles quand sur le terrain vous tenez un discours que les leaders que vous réélisez vont s’empresser de démentir sitôt qu’ils endosseront un costard-cravate pour répondre à l’invitation du ministère ?

      Pourquoi crois-tu, Teje, qu’à l’époque de Séguy le taux de syndicalisation était si élevé ? Compare le bilan de Séguy avec celui de Thibault. Les faits parlent d’eux-mêmes. Alors pourquoi continuer à cautionner un tel bouffon ? En quoi est-il représentatif du mouvement syndical que tu défends ? Pourquoi continuer d’adhérer à un syndicat collabo tel que la CFDT ?

      Par ailleurs, le syndicalisme ne s’est jamais vraiment intéressé au sort des précaires. Quid de leur action lorsque sont apparus les contrats pourris (les mi-temps subis et jetables que je dénonçais plus haut) dans les années 80 ? Quid de leur action au vu des dégâts en termes de conditions de travail et de rupture du lien social, engendrés par lesdits contrats pourris ? Néant.

      Quid enfin de la vieille revendication de la gauche politique et syndicale en faveur d’un SMIC décent ?
      Je le répète souvent sur ce forum, car je considère cela comme une impardonnable trahison, et peut-être aussi comme la source même de la prise de distance des milieux populaires à l’endroit de la Gauche et du syndicalisme.
      Rappelons que l’Union de la Gauche (Dont la CGT et la CFDT d’Edmond Maire étaient parties prenantes) nous promettait dans les années 70 un SMIC porté à 10.000 F. Promesse jamais honorée par les gouvernements socialo-communistes qui se sont succédés par la suite. Et voilà que lors des dernières Présidentielles, Ségolène Royal nous ressortait cette vieille lune. Un SMIC à 1500 € ! Personne n’y a cru, évidemment.

      Je ne trouve pas surprenant, finalement, que le syndicalisme français se soit focalisé depuis les grèves de 1995 sur les seules revendications de la Fonction publique - là où règne encore un relatif esprit de corps. Naguère, le syndicalisme tenait lieu de ciment entre les corporations. Il savait mobiliser autour, comme tu dis, Teje, de revendications communes à l’ajusteur, au maçon, à la serveuse, à l’infirmière et à l’employé de bureau. Un SMIC qui ne soit pas minimaliste, par exemple…! Lorsque la précarisation a fait irruption dans le privé comme dans le public, en somme lorsque l’employé est devenu une denrée jetable et que du fait des mi-temps subis, le SMIC est devenu une légende urbaine, au lieu de chercher à tuer le phénomène dans l’oeuf et de s’engager à le faire dans la radicalité, nos syndicalistes ont commencé à jouer à ce jeu pipé de la “concertation”, “genre on se met autour d’une table et on en discute”, auquel excellait une Nicole Notat, dont sont passés maîtres les Thibault, Chérèque et consorts. On y a peut-être gagné les 35 heures (avancée certes imparfaite) mais on a perdu tout le reste.

      Et le syndicalisme, sa crédibilité.

  • nadine

    @ anarchoide
    Je peux comprendre ton point de vue quant à la gêne occasionnée par les grèves à la SNCF en particulier mais aussi à l’éducation nationale. Je comprends que quelqu’un qui gagne péniblement sa vie et qui, en plus, est obligée d’effectuer des déplacements pour aller bosser, en ait ras le bol de galérer surtout quand il a fallu qu’il se dépatouille pour faire garder le petit dernier dont l’instit. fait grève aussi. Mais essaie seulement d’imaginer ce que serait le droit du travail actuellement si les fonctionnaires n’avaient pas fait grève ou n’étaient pas descendu dans la rue pour le défendre bec et ongles. Parce que ce que défendent les fonctionnaires profite aussi au privé et si le privé avait compris ça il n’aurait pas vu l’âge de la retraite reculer inexorablement, trop content qu’il était que ces fainéants de fonctionnaires partent enfin plus tard à la retraite. Et oui, sauf que bientôt tout le monde partira à 65 ans voire 70 et tout le monde aura gagné le pompon.
    Le gouvernement a bien compris que la guéguerre entre public et privé ne pouvait que servir ses projets et il l’exploite au maximum.
    Pour les agents hospitaliers le problème est différent puisque le personnel est (et a toujours été) réquisitionné en cas de grève (comme les pompiers). D’autre part les hôpitaux ont un fonctionnement différent des autres fonctions publiques. Ils sont autonomes au niveau organisation et le personnel est géré en interne. Le budget aussi est géré en interne. Il est débattu et voté en interne et les salaires font partie de ce budget. Seul le directeur général est noté par le ministère. Tout ça pour dire qu’il est possible, pour le personnel, de s’opposer ou de défendre un projet tel que celui que tu citais.
    Au lieu de tirer à vue sur les fonctionnaires les usagers feraient bien de comprendre que leur intérêt est d’avoir une fonction publique efficiente. Mais pour cela, je te le concède, il faut remettre de l’ordre dans la maison…mais pas la faire brûler.

    @ touchatout
    Est-il si mal vu sur ce blog de faire des fautes d’orthographe ? Je comprends que l’on n’accepte pas le langage SMS ou équivalent mais il me semble qu’en agissant ainsi on ferme la porte à des personnes qui auraient des choses intéressantes à dire, peut-être plus intéressantes que certains agrégés en lettres.

    @ à ardennais
    Où as-tu vu que je généralise tout ?
    Pour avancer et progresser il faut savoir aussi faire son auto-critique.

    • Anarchoide

      […] il faut remettre de l’ordre dans la maison… mais pas la faire brûler.

      Tu résumes parfaitement ce que j’essaie d’exprimer depuis le début (infoutu que je suis de faire bref).

      Grand merci à toi, Nadine.

  • touchatout

    @ Nadine

    Tu devrais venir plus souvent ;-) J’ai déjà répondu.

    Tu peux constater que le « taulier » se soucie beaucoup de la forme de ses billets. Je crois comme lui que c’est une politesse élémentaire.
    On peut supposer que les lecteurs du blog apprécient et apprécient les commentaires bien écrits.

    On a le droit de faire des fautes d’orthographe. Mais on n’a pas le droit de s’en foutre manifestement. Quand on se prévaut de la qualité de chercheur, docteur ou ingénieur, c’est une impolitesse grave. Si on est parvenu à une de ces situations hautement respectables sans avoir appris l’orthographe, on peut s’estimer heureux parce qu’il y a peu, on ne pouvait pas être postier ou mécanicien au Chemin de Fer sans une orthographe correcte.
    Du haut de ces positions élevées, on dispose en principe de personnel qualifié pour se faire relire et éviter de faire honte à la corporation. Alors quand en plus les arguments ne sont que d’autorité, qu’ils reposent seulement sur la qualité –vérifiée ou supposée– de l’auteur, j’entarte.

  • Enjolras

    @ touchatout

    Des chercheurs qui disposeraient de personnel pour se faire relire !?

    C’est une blague ?

    Tu oublies que la nouvelle ploutocratie est celle du monde de la haute finance.

    La recherche fondamentale est mise en lambeaux. Retour sur investissement à 3 jours trop faible.

    • touchatout

      Des chercheurs qui disposeraient de personnel pour se faire relire !?
      C’est une blague ?

      Vu ce que nous coûte la recherche, je trouve ;-) qu’ils devraient !

      Parle-nous plutôt de la voiture toute électrique de Renault-Nissan et du lithium.

      • Enjolras

        Que cherches-tu touchatout ? Dénigrer et verser dans le cliché TF1-Europe 1 ? Ca serait presque amusant si ce n’était pas triste et idiot.

        De mémoire le financement hexagonal de la recherche fondamentale place la France au 13eme rang des pays de l’OCDE. Et en terme de publication/impact, la France est 4eme ou 5eme. Au passage, vive la compétition internationale ! A bas la coopération ! Arf ! ;-)

        Je ne connais pas grand chose aux batteries et aux procédés industriels. Néanmoins, j’ai lu que les réserves mondiales de Lithium seraient épuisées en 2020 si 100% des bagnoles passaient aujourd’hui à une source d’énergie du type batteries Li-ion. Solutions : décroître, tout en continuant à améliorer les rendements des batteries, tester de nouveaux matériaux (le silicium est peut-être une alternative prometteuse) et ne pas fermer la porte au H2 (que l’on pourrait produire par photodissociation).

        • touchatout

          Dénigrer et verser dans le cliché TF1-Europe 1 ?

          Eh, oh ! C’est pour rire. C’est par dérision que je reproduis le cliché TF1-Europe 1-RTL et tutti quanti.

          Toi aussi, je crois : Au passage, vive la compétition internationale ! A bas la coopération !

  • Xavier Humbleton

    Très intéressant! Merci!

    Cependant, peut-on même parler de service public? Et la privatisation réduit-elle vraiment le nombre de points de vente? Cette analyse tend dire le contraire;

    http://www.unmondelibre.org/Poncins_services_publics_100809

  • Marie Barak

    Bonjour de Berlin: la poste allemande va supprimer sous peu tous ses services postaux et les refiler à des commerçants… Déjà elle s’appelle banque postale, ce ne sera plus qu’une banque, plus rien à voir avec la poste…
    J’ai une amie en Suède. Selon elle, depuis la privatisation, non seulement les services postaux privés fonctionnent mal mais quand il y a un souci, on n’a plus d’interlocuteur…
    J’ai fait la même expérience en 2006 en France chez Télécom, juste avant que ça devienne Orange, et avec ce qui fut EDF-GDF. Plus d’interlocuteur proche, et pas de réponse aux courriers…
    Et vive la privatisation!
    Marie

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