A noter sur votre agenda

  • Pas d'événement.

Catégories

Version Smartphone en test

Vous avez un Smartphone ? Un Iphone (beurk) ? Un Androïd ? J'ai mis en test une version adaptée du site. J'attends des commentaires...

Le “congélateur à actifs pourris” des banksters allemands

Certes les boursicoteurs s’en remettent à nouveau plein les fouilles en ce moment, puisque la bourse, et notamment les valeurs bancaires, ont amorcé une forte remontée depuis début mars. Ainsi un gros malin qui aurait acheté des actions Dexia il y a 2 mois, aurait multiplié sa mise par 4, pendant que vous travaillez…

Le corollaire, c’est que la spéculation repart de partout. Le pétrole, qui était tombé sous les 40 dollars le baril, est désormais proche des 60. Le gasoil a amorcé sa remontée. Bonne nouvelle pour les salariés qui quant à eux n’en sont qu’au début des “plans sociaux” et du chômage partiel.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : la “crise financière” n’est pas finie. Le problème le plus grave subsiste : la plupart des banques ont dans leurs coffres des “actifs pourris”, pour des sommes qui dépassent l’entendement. On a parlé de 31 milliards d’euros pour la seule Natixis.

En Allemagne, c’est pire. La dernière estimation publiée en avril (et contestée ) fait état d’un total de 816 milliards d’euros dont 268 milliards pour la seule “Hypo Real Estate”. Ce sont vraiment des débutants chez Natixis. Et que dire de General Motors, qui n’a perdu “que” 22 milliards en 2008…

Un calcul simple montre que les banksters teutons ont tout simplement réussi l’exploit de volatiliser 10 000 euros par habitant !

Pour ceux qui n’auraient pas suivi les épisodes précédents, je réexplique brièvement : un “actif pourri”, c’est un “produit financier”, généralement un “titre”, une “reconnaissance de dette” issue de la pantalonnade des subprimes, que des banques ont achetée en espérant naturellement gagner beaucoup d’argent. Or, loin d’avoir pris de la valeur, ces titres sont aujourd’hui invendables. En bon français, ça ne vaut plus rien. Et, puisqu’on est en Allemagne : eine grosse Scheiße.

Mais les banksters refusent de reconnaître qu’ils ont perdu des milliards, et veulent surtout que ces “actifs pourris” continuent à être pris en compte à leur valeur théorique. Comme une banque a le droit de prêter environ 12 fois ce qu’elle possède, plus elle possède et plus elle peut prêter. Il y a donc une grande différence entre reconnaître que les actifs pourris ne valent plus rien, et faire semblant de croire qu’ils vaudront un jour quelque chose.

La situation ne peut pas durer bien longtemps. Au fur et à mesure que le temps passe, il va bien falloir reconnaître l’étendue des dégâts. Quand quelqu’un ne respire plus, au bout d’un certain temps il faut bien reconnaître qu’il est mort !

Mais pour un bankster, c’est pourtant beaucoup trop simpliste, comme raisonnement. Et surtout, ça n’arrange pas du tout ses affaires. Alors il cherche des combines de bankster, avec deux buts :
- Repousser l’échéance
- Refiler le mistigri à quelqu’un d’autre, de préférence l’État…

Mesdames et Messieurs, vous connaissiez déjà les merveilles de l’ingénierie allemande : ses voitures, son électroménager. Voici donc la dernière invention: “le congélateur à actifs pourris” ! Je parlais de cadavres tout à l’heure : la comparaison est tout à fait pertinente. Une société aux États-Unis offre (moyennant force brouzoufs naturellement) de congeler des cadavres “en attendant que la science permette de les ressusciter”.

Pour les banksters, c’est la même chose : c’est un “congélateur virtuel”, géré par l’État, et d’une taille respectable (200 milliards d’euros), dans lequel il va entreposer ses “actifs pourris”. Il en sera donc débarrassé. Il va recevoir un papier attestant qu’il possède effectivement ces milliards, et il va donc pouvoir continuer à prêter de l’argent avec. En échange, il devra simplement acquitter un modique loyer. La durée de la manip pourra aller jusqu’à 20 ans !!!

Le mécanisme n’est certes pas nouveau, dans les milieux bancaires on appelle ça une “bad bank”. En France, on a bien connu le CDR, qui a été chargé d’écouler les guenilles du Crédit Lyonnais. Mais les sommes en jeu n’ont plus rien à voir. Le CDR avait coûté 16 milliards d’euros aux contribuables français. Avec le congélo teuton, on change d’ordre de grandeur… L’addition pour le contribuable et sa descendance sera terrible. Et les bansters ne diront même pas merci.

Je suis totalement éberlué par la grossièreté de la manip, et par la manière dont l’État allemand empile une fois de plus des milliards sur sa dette, en accédant une fois encore aux fantasmes les plus débiles de ses banksters qui non seulement refusent d’endosser la responsabilité de leurs conneries, mais font au contraire tout pour pouvoir les recommencer dans les meilleurs délais.

Pourquoi se gêneraient-ils après tout ? Le G20 n’a-t-il pas déjà entériné le mécanisme ?

Certains auraient-ils déjà oublié que les “subprimes” étaient avant tout une “crise du crédit” ? Des banksters qui prêtent jusqu’à l’outrance de l’argent qu’ils n’ont pas à des pigeons qui n’ont pas les moyens de rembourser ?

11 comments to Le “congélateur à actifs pourris” des banksters allemands

  • Chalonnais

    Pourquoi se gêner en effet !
    Mais gaffe quand même, quand il y a une panne de courant, ce qu’il y a dans le congél’ est fichu.
    Ca rappelle, évdiemment, le CDR, les structures dites ‘de défaisance’ (et un peu de CRDS, tant qu’on y est ?)
    Vivement que Minicolas fasse don de sa personne (comme le gâteux il y a 69 ans) à la planète pour Karchériser et nettoyer cette dalle de pourriture !
    Qui, quelle femme, quel homme politique (ou pas) aura suffisamment de ‘burnes’ pour expliquer tranquillement, mais fermement, aux françaises-français que le virtuel c’est amusant 5 minutes sur la Nintendo DS, mais que ce n’est pas ça qui donne à manger, à boire, un toit, des soins, et autres imbécilités à nos contemporains.
    Comme disait le papa d’Emmanuelle (que je suis, mais là il s’agit de la Béart) :
    “le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté !”
    http://www.frmusique.ru/texts/b/beart_guy/verite.htm

  • RiGeL

    Ca ne choque personne. Le citoyen lambda ne voit pas plus loin que la prochaine paye, alors que le système lui pête à la gueule dans 20 ans, ou même dans 5… Lui, il se fera juste licencier, mais ne verra probablement pas le rapport de cause à effet entre son licenciement, sa pauvreté, et ces magouilles hallucinantes et suicidaires.
    Alors vu que ça ne réagit pas du côté du peuple, que le peuple ne semble pas près de faire la révolution et de passer les dits banksters par les armes (au sens littéral)… ben ils seraient bien cons de s’en priver. tout ce qui sera pris ne sera plus à prendre, et plus il en aura été pris, plus ils auront les moyens de se protéger d’une éventuelle explosion.

    Malhonnêtes, soit, mais pas si cons.

  • richy

    ”. Comme une banque a le droit de prêter environ 12 fois ce qu’elle possède, plus elle possède et plus elle peut prêter.”
    banque peut preter sur la base de ce qui lui est CONFIE et non de ce qu’elle posséde en fonds propres,
    la force du systéme est que peu de monde y comprend grand chose, si vous vous y interressez vraiment c’est impressionnant, au final , je pense que le systéme financier actuel fera faillite c’est a dire qu’un beau matin ceux qui auront le jour x des produits financiers, des dollards voir des euros n’auront plus rien , en attendant ce jour qui sera surement les prémices a une révolution violente la seule solution connue est de maintenir le systéme en l’état et certains banquiers et politiciens doivent faire des priéres chaque jour (pas les nazes qui bricolent en bourse, j’entend ceux qui sont vraiment les décideurs du systéme et ont connaissance des arcanes de la finance)
    quand on entend les ennormités ennoncées par certains dirigeants politique(supposés en charge actuellement du pouvoir), on se rends compte que ces hommes ne sont pas en réalité au commandes , ils n’ont rien compris les décisions sont prises ailleurs que par no “élus”

  • Enjolras

    Tout le système financier actuel repose sur le principe suivant :

    Volume monétaire = dette totale (+ quelques billets et piécettes symboliques).

    Autrement dit, la dette des pauvres c’est l’avoir des riches.

    Si aujourd’hui, on décidait de supprimer la dette, on supprimerait tous les riches.

    Et le clochard du coin pourrait racheter tout le quartier avec 5 euros.

  • Jean

    Le dernier ouvrage de Patrick Artus et Paule Virard « Est-il trop tard pour sauver l’Amérique ? », lu par Malakine…
    http://www.marianne2.fr/L-Amerique-du-No-we-can-t_a179631.html

  • erca57

    Il est clair que le monde de la (magouille) finance est protégé par l’inaccessibilité de ses mécanismes à la compréhension du péquin moyen, et même moyen-plus. Dans ces conditions, je ne vois pas comment empêcher les banksters d’aller jusqu’au bout de leur logique, ou de leur gloutonnerie (greed), d’autant plus qu’ils ne risquent pas grand’ chose personnellement lors du crash final, vu le matelas d’actifs non volatils qu’ils se sont mis de côté pour les mauvais jours.
    Il en va de même pour l’épuisement des ressources par une croissance infinie. Le consommateur-junkie ne peut pas envisager de se réfréner au seul motif que son addiction le mène à sa perte. En état de manque, on ne raisonne plus. L’issue est donc fatale et inéluctable.
    Et après la catastrophe, les banksters et leurs sbires reviendront de leur exil doré pour redresser la situation.

  • Nelly

    Et finalement ce sont toujours les mèmes qui trinquent mais ne boivent pas! On nous avait pourtant promis de “moraliser” ce systhème pourri, mais c’est le changer totalement qu’il faudrait envisager!

  • Sven

    Coucou, un reportage pour les pekins moyens et moyens plus : http://video.google.com/videoplay?docid=-515319560256183936
    Un peu longuet et en anglais mais très instructif

  • Si le congélo est un Bosch, c’est un travail de pro!

    Que faire à part gueuler sur des blogs et des forums? Ils détiennent tous les pouvoirs économiques et politiques.
    Il ne reste que nos petits yeux pour pleurer…

  • Anarchoïde

    Il est clair que le monde de la (magouille) finance est protégé par l’inaccessibilité de ses mécanismes à la compréhension du péquin moyen, et même moyen-plus.

    Je comparerais ça aux pratiques de l’Eglise au Moyen Age. Au “fidèle” était servie une salade allégorique simpliste (exotérique), où la menace des enfers était omniprésente, enjoignant le fidèle à se maintenir dans le “droit chemin” et à “craindre” Dieu. Les dignitaires de l’Eglise avaient, quant à eux, accès aux petits et grands secrets temporels et intemporels (ésotériques, non dans le sens occulte donné aujourd’hui à ce mot, mais dans le sens de secret, d’opacité), propres à leur garantir par le chantage (moteur de tous les pouvoirs) et la promesse (booster de tous les pouvoirs) la mainmise sur tout ce qui constituait un système féodal… qui à mon sens s’est perpétué jusqu’à nous en s’adaptant aux formes en vigueur dans les époques successives.

  • touchatout

    @ Anarchoïde

    Rien à ajouter. Précision : on appelle la salade allégorique simpliste (exotérique) vulgate ou doxa.

    À usage général (donc pour Véro aussi) et pour hausser la qualité des commentaires au niveau de celle du blog :
    pour écrire Église et Moyen-Âge avec les accents si ta machine n’est pas en Linux (et on se demande bien pourquoi !), tape sans les espaces :
    & E acute ;
    & A circ ;
    & A grave ;

    La prochaine fois, je vous parlerai du raton-laveur (Pierre Desproges).

Leave a Reply