
Julien Coupat, jeune anar intello, abusivement accusé de terrorisme, devrait être relâché demain après 195 jours d’embastillement dans les geôles sarkozystes. Un terrible aveu d’échec pour Sarkozy, Allliot-Marie, et toute la clique sécuritaire qui veut fliquer la France, y compris dans les ordinateurs et les écoles.

Il y sera remplacé par Jean Tibéri, vieux politicard d’une espèce qu’on souhaiterait révolue, dont on apprend aujourd’hui qu’il est enfin condamné à 10 mois de prison pour trucage éhonté des élections dans le 5ème arrondissement de Paris, invention de faux électeurs domiciliés à de fausses adresses… Ceci corrobore les informations divulguées avec force détails et depuis des lustres notamment par le Canard Enchaîné. Tout le monde était au courant, sauf la justice… Et sauf les électeurs de Tibéri, vrais ou faux, qui ont continué à l’élire y compris aux législatives de 2007 et aux municipales de 2008. Si certains en doutaient, c’est vraiment pas malin, un électeur de l’UMP.
Y aurait-il une justice, finalement ?
Ah, pardon, on me souffle dans mon oreillette que finalement il n’y va pas, Tibéri, en prison. Indigne de son standing, vraisemblablement. Le terrorisme électoral ne fait pas peur. 10 mois, mais avec sursis. Et 10000 euros d’amende, une goutte d’eau dans une caisse noire. Et il fait appel, suspensif. Il pourra ensuite se pourvoir en cassation. Il gardera son mandat, son pognon et sa morgue pendant des années encore.
“Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir”










6 mois en prison pour un dossier
vide .
On trouve des commentaires (à pleurer )
dans le monde hier , et ce soir dans le figaro
(
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/05/27/01011-20090527FILWWW00563-julien-coupat-
libere-demain.php ),qui démontre encore une fois
à quel point la propagande fonctionne . Je
conseille à chacun de lire l’article de Julien
Coupat (lien en haut ,à droite de cette page ):
je l’ai trouvé brillant et lucide .Lui ,
enfermé , donne de l’espoir à ceux qui sont
dehors (nous ) .
Je pense beaucoup aussi à Jean -Marc Rouillan ,
enfermé ..encore …et encore après avoir
largement
fait sa peine (http://www.lexpress.fr/actualite
/politique/action-directe-rouillan-parle-et-
pourrait-se-voir-prive-de-sa-semi-liberte_579389.
html ).
Merde, j’ai eu un début d’érection quand j’ ai lu Tibéri en taule.
Puis, débandade quand j’ ai lu avec sursis.
Aarggh! A présent, je ressent bien plus que du dégoût.
Vraiment, la logique et la morale sont inversées.
Les truands font la une des medias en toute impunité, et ceux qui n’ont rien à y faire sont en taule.
(les non croyants dont le Taulier peuvent sauter cette phrase)
Il parait que les prophéties de La Salette en faisaient un signe de la fin des temps (pas du monde). Elle dit d’après ma grand mère que les bandits seront à la une des journaux et les justes en prison…
Les banksters et nos dirigeants courent toujours…
Une honte (euphémisme)
Un tel monde ne peut durer. Il ne dure que par habitude.
Tibéri est un produit AOC du suffrage universel…
@crevette: oui mais si ça continue, ça va pas durer
(Au passage, je suis maintenant personnellement en conflit avec P. Val: Son bouquin porte le titre de mon blog, et il me pourri les recherches google. Argh !!!).
@anarchoïd
Pitié ! Tibéri est un produit AOC d’un système maffieux, et non du suffrage universel. Même si tu es persuadé du contraire, il reste quand même un certain nombre de politiques qui font correctement et le plus honnêtement leur job. Sinon, pour ton nouveau pays, celui ou tu veux aller vu que tu veux absolument te tirer de France, ce pays horrible ou on a droit de vote, je te conseille la Corée du Nord. Là bas, les hommes politiques ne sont pas élus, donc ils sont sans aucun doute totalement honnêtes. Ca tourne à la caricature, ton message, sur ce coup.
@jide
Pourquoi ne pas lui faire un procès, lui le grand copain de Carla, Minicolas et Olivennes !
Au titre de la foutue loi Hadopi !
Et des droits d’auteur (rappel: l’UMP condamnée pour avoir utiliser sans autorisation une musique de d’jeuns pour un de ses meetings)
@RiGeL : Hé l’ami, ce mec-là n’a pas été élu que par des pensionnaires du Père-Lachaise, que je sache ? Et à plusieurs reprises, avec ça ! Je t’accorde que Tibéri est aussi un sous-produit du système Pasqua, système initié par le gaullisme triomphant, qui a contribué aussi au massacre de millions d’Algériens, y compris sur notre territoire, et à la “réhabilitation” du collaborateur Papon (je radote, mais ce sont des choses qui me sont restées en travers de la gorge). Mais bon. Pour en revenir à Tibéri, les braves gens devraient savoir à quoi s’en tenir avec pareille gouape. Or, à chaque élection, il repasse.
Vois-tu, RiGeL, ma méfiance à l’endroit du suffrage universel tient à ce que je suis natif de Nice, où j’ai grandi sous le règne des Médecin. Nice où j’ai vu défiler les magouilles liées au grand banditisme (dont combien se sont soldées par des meurtres et des disparitions jamais élucidées), magouilles où Jacques Médecin et sa clique (dont l’actuel maire Estrosi) trempaient jusqu’aux gencives. Nice où, lorsque Jacques Médecin s’est exilé en Uruguay pour se refaire une virginité dans le négoce de tee-shirts (la justice bourgeoise s’étant enfin intéressée à ses agissements), la populace faisait dire des messes dans les églises baroques de la vieille ville pour obtenir son retour. Nice où Médecin serait réélu à la quasi unanimité s’il venait à ressusciter. Nice où la vieille garde du médecinisme est toujours aux affaires, qui à la mairie qui au Conseil général des Alpes-Maritimes (dont le portrait de famille évoque un conclave de la Camorra), ramassis de caciques hors d’âge, avocats marrons, toubibs véreux, hommes d’affaires louches, promoteurs corrompus, francs-maçons dévoyés, vieux flics désavoués, chacun se traînant des flopées de casseroles dont certaines entachées de sang. Bref! le genre d’individus qui serait en train d’attendre la mort dans une geôle humide, ailleurs que dans une république bananière comme la nôtre.
Si cette pègre a pu accumuler mandats et portefeuilles depuis des lustres, et se garantir par là un train de vie opulent et une impunité sans faille, il a bien fallu en amont que des pékins se laissent séduire par ce qu’ils avaient à leur vendre, non ?
Je le redis, je ne suis pas contre le suffrage universel en soi. Je constate seulement qu’il est un système qui nous a menés au désastre. S’il nous a menés au désastre, c’est qu’il est à revoir. Et c’est à ceux qui y sont attachés de faire en sorte que ce système retrouve la crédibilité qu’il a perdue. Tu es pour le droit de vote RiGeL ? Tu as envie qu’il redevienne une véritable expression démocratique ? Alors fais en sorte que cette expression ne se borne pas à des dates ponctuelles, que son exercice aille au-delà du bulletin, que l’électeur conserve un droit de regard sur les agissements de qui il élit, et qu’il commence par peser sur la représentation qu’il a élue pour qu’une réforme de fond du système politique soit entreprise, réforme proposant l’instauration du mandat unique, du référendum de mi-mandat pour chaque portefeuille, de l’initiation de referenda d’initiative populaire sur les questions majeures touchant à l’intérêt public, de la création d’un tribunal populaire placé sous l’autorité d’un collège juridictionnel supra-national destiné à juger les affaires où sont mêlés des politicards.
Que l’on soit attaché au droit de vote, je peux le comprendre. Mais ce droit n’est rien, ne vaut rien, ne vaudra rien tant qu’on n’aura pas touché au système politique ultra-pourri dont ce droit garantit, qu’on le veuille ou non, la légitimité.
ouah ! Anarchoïde !
j’adooooore ta prose.
C’est fait ! !
http://www.boursorama.com/pratique/actu/detail_actu_politique.phtml?num=b1ba8dbdbf562e4d72b12c2b21fc935d
Question de principe : Quand un élu est condamné pour ce type d'agissement, c'est que la justice reconnaît qu'il a été injustement payé par l'état pendant ces années.
En plus des 10 000 euros d'amende, Tiberi est-il censé rembourser tous les traitements reçus, de maire comme de député ? Je suppose connaître la réponse, mais bon…
Anarchoïde , j'adore également ton commentaire, et je me pose exactement cette question depuis des années : comment le peuple peut-il réélire ces gens ?
Si tu es de Nice, sais-tu nous dire quel intérêt les gens (de base) avaient (et auraient encore) à voter pour quelqu'un qui les volait à ce point ? Quel était l'avantage pour eux ? Je ne PEUX pas comprendre.;.
Excellente analyse d’Anarchoïd, à la laquelle je souscris totalement, comme de coutume. Ce n’est pas vraiment de gaieté de cœur, tant ce qu’elle induit est au fond désespérant.
Des propos clairvoyants que ne renierait probablement pas Julien Coupat, dont les imbéciles qui l’ont emprisonné ont fait involontairement, sinon un héros, au moins le symbole, éclairé et brillant, de l’oppression bétasse sur l’intelligence.
Enfin…un héros, surtout pour ceux qui ont cherché à en savoir plus sur lui, parce que m’est avis qu’il bénéficiera d’une exposition médiatique epsilonesque à sa libération . Je l’imagine mal, allez savoir pourquoi, invité au 20 heures de TF1 pour commenter sa mésaventure : la teneur de son discours ne m’a pas l’air d’être tout à fait dans la ligne éditoriale de la rédaction du journal.
Il faut faire confiance à la clique sarkozyste pour l’en empêcher… Et pourtant… Ce serait la moindre des choses ! Reste à savoir s’il pourrait employer un ton un peu plus accessible aux spectateurs de TF1 que celui dont il a usé dans “Le Monde” !
Tiens, ça ressemble à une page scannée “inhouse”, ça. Voilà t’y pas que l’ami No est abonné à Libé
On vit vraiment une drôle d’époque…
Dans le Parisien : http://www.leparisien.fr/faits-divers/la-liberation-de-coupat-imminente-28-05-2009-529294.php
Sa sortie n’est pas une vériable sortie , il n’aura pas droit à des excuses et en plus il doit une caution …Le parquet de Paris ” a requis son placement sous un «strict contrôle judiciaire», a-t-on indiqué de source judiciaire. Il demande notamment que Julien Coupat ne puisse pas sortir d’Ile-de-France, qu’il «remette son passeport au greffe de la maison d’arrêt avant sa sortie» et qu’il n’entre pas en relation avec les huit autres mis en examen dans ce dossier. Il devra aussi «répondre à toutes les convocations du juge» et verser une caution dont le montant sera fixé par le juge d’instruction.”
@Plic
tsssssss ! Image trouvée sur internet et recadrée à mes besoins. Je n’ai pas de cheminée pour utiliser cet excellent combustible…
@Turandot
Combien la caution ? 1 Kerviel ?
Il y a encore des gens qui se demandent pourquoi le suffrage universel, ou la démocratie ne fonctionnent plus ?
Parce qu’il y a une condition essentielle implicite dans l’idée de liberté de choix sans laquelle elle n’a plus de sens, et que nous l’avons perdue.
Prenons un gars qui doit faire le choix de boire un verre parmi 4. Un de ces verres est rempli d’eau, un autre de vin, un autre de jus d’orange, le dernier de pisse. Le gars est totalement libre de son choix mais il a les yeux bandés et le nez bouché. Il ne peut donc se fier qu’à ses oreilles et tout un tas d’autres gars (les médias) le guide pour son choix en fonction de leur propre intérêt. La démocratie dans nos société c’est à peu prêt ça, à la différence prêt que dans notre cas les quatre verres sont remplis de pisse…
Selon que vous serez…,tout le monde connait la fable,mais il semble qu'elle soit de plus en plus en vigueur par les temps sarkozistes!A titre de \"tout petit\" dedommagement,je propose que dans un 1er temps les 10000 euros d'amende de Tibéri soient versés à J Coupat pour détention provisoire abusive!Il n'est malheureusement pas le seul à subir ce triste sort dans les géolles françaises!
@Miha et François : Vous me faites rougir…!
@CornesdAuroch : Je crois que les niçois de souche s’identifiaient à Jacques Médecin, en qui ils voyaient le symbole de leur ville, en même temps qu’un niçois à leur image, hâbleur, faux-derche, aimant la bonne chère, le tape-à-l’oeil et la magouille. Médecin pouvait frayer avec le Milieu, détourner des sommes pharamineuses d’argent public, enlaidir irrémédiablement ce qui était une charmante ville à l’italienne au motif d’en faire le pendant français de Los Angeles (où il passait la moitié de son temps sous le nom de Médicis), les niçois voyaient en lui l’enfant prodige. Ce phénomène était de l’ordre de l’idolâtrie. Il est vrai que l’homme était affable et très accessible. Comme on dit à Nice, “il savait y faire”, modulant son discours selon ses interlocuteurs, maniant le patois avec les vieux, s’adressant aux jeunes avec la gouaille du voyou, organisant à l’intention de la communauté Pied-Noir, très importante à Nice, des grand-messes à grand spectacle sur la place Massena, donnant la parole aux communautés maghrebine, gitane, et aux familles de taulards dans sa “radio libre associative”, qui à une certaine époque était plus écoutée que RMC et dont il rétribuait les animateurs bénévoles de sa poche (sous le prétexte que tout travail mérite salaire), dirigeant les meilleurs éléments vers des emplois sous contrat au Palais des Congrès. Tout ceci faisait que l’on passait sur ses petites et grosses magouilles, et surtout, cela occultait les agissements de ceux de sa clique qui étaient bien pires larrons, et qui eux sont toujours là et bien là.
J’ai quitté Nice il y a une quinzaine d’années à présent mais j’y ai toujours de la famille et des amis, et à leurs dires le culte médeciniste reste vivace. Sa manifestation la plus palpable est l’élection d’Estrosi, poulain attitré de Médecin, “celui que tout le monde attendait” depuis la faillite de l’exécutif Peyrat, sombre avocaillon sans charisme qui, surtout, n’était pas un enfant du pays.
On voit par là à quoi cela peut tenir, une carrière politique, quand un système hérité du féodalisme permet à un individu, qu’il soit médiocre ou, moins souvent, brillant, de se représenter autant de fois qu’il le souhaite, toute sa vie si ses électeurs le suivent.
La question devrait se poser, surtout depuis le lamentable second mandat de Mitterrand et ceux, non moins pitoyables, de Jacques Chirac, d’un électorat critique, mobilisé dans le sens de ses intérêts et non de ceux de la classe politique, exigeant de la part de ses élus qu’ils mènent à bien, et dans la clarté, la mission qui leur a été impartie, un électorat attentif à ce que les institutions sensées structurer notre société ne soient pas dévoyées au profit de quelques-uns.
Force est de constater que cette question ne se pose pas. L’électorat reste une masse moutonnière passive, qui se contente de l’aumône qui lui est accordée ponctuellement par les pouvoirs sous la forme d’un bulletin de vote que j’estime, à tort, sacralisé.
Oublié Melik, Balkany, Carignon, Tapie,tous ces escrocs qui ont les faveurs de ceux qu'ils tondent ! Misère, que les peuples sont niais !
http://www.canalplus.fr/tous-les-programmes/les-emissions/pid2174-c-p-le-grand-journal.html?
spéciale dédicace à Anarchoïde
extrait d’un texte de Octave Mirbeau :
“Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?
………………..
Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ;
……………..
Mais les autres ?
Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?
À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ?… Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ?
Qu’est-ce qu’il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; ………
Et c’est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.
Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits.
Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.
Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ? Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces.
Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera.
Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.
Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.
Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.
…… Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera.
Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.
Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.
Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.”
@Miha : Je crois que je suis le type assis sur le seuil de sa porte à regarder, pipe au bec, défiler la France-qui-va-voter, dans ses atours des dimanches, comme d’autres allaient voir passer les cons.
“Le Français, c’est du bétail qui va à l’abattoir en flattant son bourreau” répétait un vieil ami anar qui ne jurait que par Ferré, Nietzsche, Léopardi, Schopenhauer, Cioran. C’était au temps où des fonctionnaires prétendaient me faire endosser le bleu du prolétaire. Je ne connaissais, en termes d’anarchie, que Miller et Calaferte. L’anar m’a donné ses livres, je les ai lus, je n’ai jamais endossé le bleu du prolétaire ni l’uniforme du biffin.
Et toi Miha, tu me donnes à découvrir Mirbeau, ce petit matin de printemps. Merci de ce texte magnifique, qui vaut pour le plus subtil des arabicas, le papotage des hirondelles faisant chorus à l’aria du merle de l’autre côté de ma croisée grand ouverte, comme une partition dédiée à cette verve.
La liberté ne se marchande pas.
Je t’embrasse, Miha.
Je doute qu’une plume aussi talentueuse pourrait a contrario nous vanter les mérites du suffrage universel, et les espoirs que l’humain peut légitimement fonder en lui, sans sombrer dans le ridicule;
Merci infiniment Miha, pour la découverte de ce texte magnifique et si juste. Et accessoirement, merci aussi Octave, qui de là où il est me permettra j’en suis sûr cette familiarité.
Des heures de reportages sur l’ “ultra gauche” dans les jours qui ont suivi l’arrestation de Coupat et ses amis. Le strict minimum hier soir pour annoncer sa “libération”.
Et ce matin, j’entends MAM dire un truc du genre “En tant que Ministre de l’Intérieur, vous ne me ferez pas m’avancer sur la culpabilité de Julien Coupat avant que la justice ne se soit prononcée”.
C’est marrant ça, je me demande si un certain Ministre de l’Intérieur qui officiait en 2003 ne s’était pas réjoui de l’arrestation de l’assassin d’un préfet corse. Assassin et coupable avant d’être jugé. Entendons-nous bien hein ! je ne dis pas que le berger était coupable ou pas. J’observe simplement que d’autres avant MAM ont pris des libertés avec la présomption d’innocence. Bah, elle n’a pas à s’en faire, elle s’en tirera comme les autres sans trop d’égratignures.
Oui, merci beaucoup pour ce texte, qui n’a probablement pas couté la vie à son auteur, bien que de toute évidence, il soit en désaccord total avec lesdits bourreaux. J’observe que lesdits bourreaux dans ce cas, sont vraiment mauvais en France, pour avoir laissé ce texte arriver dans les mains du public, et j’observe que n’importe quel mouton peut citer ce texte sans être passé par les armes dans la minute.
Mis à part ça, vous avez bien raison, la démocratie, la politique, le suffrage universel et toute ces conneries, c’est vraiment de la merde.
Tout ce que je vois, moi, c’est que vous crachez allègrement sur un système dont vous faites partie, dont vous profitez, et que vous ne faites rien, à part aboyer, pour le rendre meilleur. Malgré tout le respect que je vous dois, je trouve que ça manque singulièrement de constructivité.
Mais ce n’est que l’humble avis d’un mouton/esclave… qui s’en soucie.
RiGel, mouton ou pas, nous sommes esclaves, d’une manière ou d’une autre.
et ne pas vouloir être “mouton” n’empêche pas de se soucier de ce qui se passe, tu sais.
s’abstenir ou voter ? aucune décison n’est bonne et, en plus, elle est difficile à prendre (enfin, pour moi).
quelle autre troisième solution ?
si je la connaissais…
Anarchoïde : ça me fait plaisir de t’avoir fait plaisir.
mon environnement sonore :
autoroute, voie ferrée, un voisin qui bricole chez lui en perçant comme un malade, un autre qui passe l’aspirateur, quelqu’un dehors qui tond son gazon…
soupir..
90 % des activités humaines sont bruyantes..
re-soupir..
@RiGeL : La merde, elle n’est pas dans la démocratie, la politique, le suffrage universel, mais dans ce que les uns et les autres en ont fait, en ont laissé faire. Je ne crache pas sur le système dont je ne profite pas des masses, rassure-toi. J’essaie juste de poser un regard critique sur ce système, déplorant de me sentir bien seul à poser ce regard-là.
Quant à traduire ce regard dans les faits, faire oeuvre constructive, hé bien j’ai des idées (que j’ai exposées ici à maintes reprises), mais comme je te l’ai déjà dit, je n’ai ni l’étoffe d’un orateur ni la mégalo d’un leader. Par ailleurs, je me vois mal défendre ces idées au sein d’une quelconque formation politique, d’abord parce qu’elles échappent, ces idées, aux clivages traditionnels par quoi on a l’habitude de se définir aujourd’hui lorsqu’on se pique de faire de la politique. L’instinct de classification, le réflexe d’étiquetage, legs d’un culte ancestral rendu à la paperasse, et dont je tiens qu’elle est la tare majeure de notre société, sont à ce point inscrits dans l’inconscient collectif franco-français que je n’aurais pas une traître chance d’être ne serait-ce qu’admis dans aucune des formations politiques existantes. Quelle que soit la formation où j’irais me présenter, on m’éconduirait bien vite au motif que les idées que j’ai envie de défendre sont à ranger dans le camp adverse. A gauche on me classerait de droite et vice-versa. Quant aux extrêmes…! Car ces idées sont du genre radical qu’on n’apprécie pas plus à gauche qu’à droite, et encore moins dans leurs extrêmes respectifs. La frilosité de la culture française, en politique et dans d’autres domaines, est si proverbiale que l’évoquer tombe dans le lieu commun.
Alors je me borne à venir débattre ici avec vous. Parce que quand bien même je réussirais à réunir deux ou trois individus autour de ces idées, eh bien nous serions seuls parmi des dizaines, des centaines, des milliers d’autres individus acharnés à s’accrocher à ce qu’ils croient être leurs certitudes.
Tu évolues sans doute, RiGeL, dans un milieu où on a l’habitude de réfléchir, où on se cultive, où on lit des essais, où on a appris à élaborer un sens critique, un recul. J’évolue dans un monde semi-rural famé de braves gens qui ne lisent que “La Provence”, “L’Equipe” et des manuels de cuisine ; dont les préoccupations se bornent à la pétanque, au match de la semaine, à la préparation des vacances, au jardinage, à l’entretien du 4X4 (dans sa version utilitaire), aux études des petits, à la voiture qu’il va falloir changer, au permis de construire qu’il va falloir demander pour ajouter une aile à la maison, et à la prochaine merde élaborée par des connards, à Bruxelles, qui n’ont strictement aucun rapport de terrain à la ruralité. Les politiques sont ici assimilés à des petits malins ou des profiteurs. Le droit de vote ? On s’en sert si on n’a rien d’autre à faire ce jour-là, et pour des enjeux autrement plus importants que cette Europe ici détestée car entendue comme la cause du déclin de nos conditions de vie. Ce que je crois aussi, car, j’ai oublié de le préciser, je suis farouchement anti-européen - ce qui ne fait pas de moi un nationaliste, pas pour un pécos. Tu vois que ce n’est pas si facile.
Les préoccupations de ces braves gens, disais-je, qui ont entre seize ans et quatre-vingts dix ans, qu’on ne pourrait classer ni dans le prolétariat ni dans les classes moyennes, que personne ne vient jamais sonder ni interroger, ne sont sans doute pas très différentes des préoccupations des braves gens en Lorraine, en Bretagne, en Picardie, en Aquitaine ou en Haute-Savoie. La politique, ils ne s’y retrouvent plus. Certains ont été communistes jusqu’aux premières trahisons de l’Union de la Gauche, d’autres sont de droite par habitude, d’autres se disent ceci ou cela mais pas au-delà du comptoir du zinc. Il y a quelques FN qui n’ont pas l’étoffe de fachos spectaculaires, et qui en guise d’idéologie, colportent celle du pastaga sans eau. L’extrême-gauche, ils n’y comprennent rien. Moi non plus. L’écologie, pour eux, c’est d’abord l’explosion de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, et le tri sélectif qu’à cause de ça, ils ne pratiquent plus.
Voilà le monde des braves gens. Des petites gens. Des moutons dont certains sont noirs. On ne la leur fait plus. Pendant la pube ils vont pisser et la propag électorale, ils la prennent pour de la pube.
Que veux-tu que j’aille convertir ces braves gens à mes petites idées avancées ? Moi qu’ils considèrent comme une merde parce que je ne suis pas propriétaire. Ou qui les indiffère… radicalement.
un monde semi-rural famé de braves gens kézaco ?
Puisque tu es connecté et que c’est public, va donc voir combien les bouseux de ton patelin palpent de subventions de l’Europe. Ça te fera un sujet de conversation au zinc…
Tu leur rappelleras qu’en 2012, n i ni, c’est fini.
@Touchatout : Semi-rural ça veut dire que dans mon coin, on donne plutôt dans le “tourisme vert” (même filouterie rhétotique que le “capitalisme vert”) que dans l’agriculture intensive. La terre est plutôt aride, les chèvres et les ânes sont là pour désherber à l’oeil, les vaches les plus proches sont à une trentaine de kilomètres et les plans de lavande, un peu plus bas, noyés dans les genêts de parcelles en friche. C’est un bled de chez bled qui s’était dépeuplé, et dont les baraques en ruines ont été rachetées pour presque rien par des belges, des hollandais, des gens d’Aix et de Marseille, pour en faire des résidences secondaires ou des gîtes ruraux prétentiards. Le seul tracteur qu’on peut trouver à dix kilomètres à la ronde est une épave de Massey-Fergusson recyclée en jardinière…! Ici c’est une population de prolos de chez prolo, qui dégueulent leur taf et ne rêvent que de se faire un loto pour s’acheter une Merco. Le reste ? Des retraités, des petits commerçants, des jeunes qui remontent le week-end des collèges et lycées où ils sont internes, plus quelques proprios héréditaires, jamais rien foutu de leur vie à part picoler, s’entre-cocufier et se présenter sur les listes municipales.
Le zinc, je n’y ai foutu les pieds qu’une fois. Trop bruyant, trop de cons, les mêmes lieux communs que partout, les mêmes tiercés toujours perdants. Pas mon truc. En plus c’est dans le village à côté et je suis à pinces.
la “populace” qui soutenait Medecin, ils étaient combien ? parce que vous faites de mauvaises analyses des élections (pas suffisamment fines et documentées) vous en arrivez à penser que la “populace” est idiote… ce qui justifie de maintenir au pouvoir, en refusant de vraies élections, un mec en Algérie, sous prétexte qu’autrement ce serait des “extrêmistes” musulmans qui prendraient le pouvoir - très légalement ?
Ce que vous oubliez, c’est que la populace, elle est souvent désespérée, est souvent au prise avec des fonctionnaires qui font fonctionner sans états d’âme bien caractérisés, état de droite comme état de “gauche”… Mais surtout, comment la “populace” peut se sentir représentée par ces gens “de gauche” ? gens qui contribuent à ce que la réussite scolaire soit statistiquement essentiellement héréditaire…comme le sont les postes à la SNCF et à EDF, et qui en arrivent à mépriser le peuple pour mieux justifier leurs privilèges qu’ils perçoivent comme des “dus”. (comme, exemple au hasard, des places prioritaires dans les HLM…)
@Vieilledame : La populace qui soutenait Médecin était hélas bien plus nombreuse qu’on ne le pense. J’ai écrit que le phénomène outrepassait la logique.
Par ailleurs, je partage complètement ton point de vue quant au désespoir que trahissent certains comportements, comme celui décrit plus haut… ainsi que sur la façon particulière de “fonctionner” qu’ont certains fonctionnaires, plus précisément ceux qui tiennent des guichets ou tannent le skaï d’un siège de bureau. Sont-ils employés par le système ou s’identifient-ils au système, dans tout ce qu’il a d’absurde et d’arbitraire - et que tu décris si bien ? J’ai des correspondants enseignants, j’en ai de nombreux et depuis longtemps, et même si globalement ils sont favorables à la “carte scolaire” (que je considère comme un efficace système de ghettoïsation), ils sont les premiers à dire que l’égalité des chances au niveau de l’enseignement équivaut à zéro. Quant aux places bien chauffées dans les administrations, et aux apparts prioritaires dans les HLM, là aussi nous sommes sur la même longueur d’ondes, Vieilledame, et rassure-toi, ce n’est pas qu’une spécialité de gauche. La région niçoise, dont il était question plus haut, et qui est pour le moins historiquement ancrée dans l’ultra-droite, cultive ce genre de pratiques à tous les niveaux.
C’est quoi son boulot, à Anarchoïde ? marchand de barbiturique, ou détaillant en corde de chanvre ?
Mefiez-vous, parce que ce genre de constats (tous pourris, le peuple est désespéré, le pays - le monde - est foutu ..) ça donne envie de profiter un max, comme le type qui saute de la tour eiffel et qui, à mi-course, se dit “jusqu’ici, tout va bien”…
pourquoi Sylvaner? On ne se définit que par son métier?
@Sylvaner : Si je travaillais, je ferais clown. C’est un truc qui m’a toujours branché, faire se détendre les zygomatiques. Et quelque part, ce que j’écris ici ou ailleurs, c’est une incitation à l’hédonisme. Tu l’as parfaitement pigé, Sylvaner. Tout est dans la sous-jacence, le second degré. Non, je ne vends pas de barbituriques ni de cordes de chanvre, ni même de chanvre indien. Dans la vie, je-ne-fais-rien. Enfin, un peu de musique de temps en temps, et allègre avec ça, ni du métal ni de l’indus, trop sinistres, encore moins de la variétoche, trop cynique. Non ! De la soul et de la lounge bien sensuelles. Et à travers mes comms destroys, j’essaie de nous dire à tous : Prenons notre pied, bordel, et ne faisons que ça, nous sommes sur terre pour ça, et s’il y a tant de désespoir chez les gens, c’est qu’ils ne sont plus foutus de s’extraire de leur névrose.
Ton pseudo évoque les joies de la table, auxquelles je m’adonne quotidiennement (ma compagne est un parfait cordon bleu). A ta santé, je lève mon verre, Sylvaner.
@Volubulle : Salut à toi, ma belle. Aujourd’hui, nous sommes montés à 2500 mètres observer la timide sortie des premières marmottes. La cafetière est-elle réparée (private joke) ?
Personnellement, je ne l'entends pas comme "tous pourris" mais seulement comme un appel à la lucidité de tas de gens bien intentionnés et qui se croient de gauche mais qui n'ont jamais levé le petit doigt pour créer des écoles de politique, former vraiment autour d'eux - mais le peuvent-ils s'ils n'ont pas pris conscience de leur appartenance, et de ce qu'ils veulent vraiment défendre, s'ils n'obligent pas, par exemple, les associations qu'ils subventionnent à être totalement transparentes dans leur gestion et dans leur démocratie interne ? Il m'est arrivée d'être morte de honte devant des jeunes qui commençaient tout juste à s'investir dans une MJC (c'est vieux cette histoire), lorsque des communistes (qui n'avaient jamais rien fait pour ladite MJC) se sont lancés dans une OPA qui n'avait pour but que de contrarier le Maire, qui venait de sortir du PC…
Je me suis fais récemment engueuler par une militante communiste qui fait partie de la municipalité (une autre), parce qu'elle ne s'était pas aperçu que depuis qu'elle avait pris le pouvoir, les tarifs pour les pauvres n'avaient pas changé, ni à la bibliothèque, ni pour la piscine, ni pour les cours de musique (dont j'ai cru comprendre que ceux-là, ça n'était pas la peine…????). Je serais prête à parier qu'elle est fonctionnaire… mais c'est vrai, je n'en suis pas sûre…
Non, non, c'est pas tous pourris, mais c'est "danger !" danger de déraper en se désespérant sur le niveau politique du "bas peuple"… et en finissant par justifier des injustices de classe renforcées par des injustices "d'origine", et des injustices de castes.
par exemple, il ne suffit pas de réclamer "plus de postes dans l'éducation nationale" mais surtout de nouvelles formations pour des enseignants qui sont encore pour la plupart incapables d'utiliser l'informatique…(plus de 20 ans après !) et d'avoir une pédagogie adaptée à leur public, et non une pédagogie qui marcherait "si les parents faisaient leur travail" (vous l'avez entendue aussi celle-là ?) et qui finissent par aller voir "la journée de la jupe" sans se rendre compte (aller voir le site "les mots sont importants" qui sont absolument parfait sur le sujet)…
un vrai enseignant, ça doit être un militant…ou ça n'est pas la peine…ça ne doit en tout cas pas être un bon élève qui essaie de reproduire le milieu dans lequel il s'est épanoui…et c'est malheureusement ce que l'on sélectionne à tour de bras…
Désolée de partir dans mes délires habituels à propos de monsieur Coupat, contre la détention duquel je me suis élevée, que je trouve très sympathique, mais que j’invite à ne pas oublier que sans implantation populaire ne reposant pas sur la manipulation(ouais, ouais, je sais ça c’est du boulot - relisez J. London) il aura du mal à faire avancer le schmibeullibeulik…
Coucou Anarchoïde, tu es une idole pour moi! J’adore quand on dit je-ne-fais-rien avec autant de recul et de plaisir. Avez vous vu les marmottes? Ma cafetière va très bien, c’est le four micro-onde qui n’a pas survécu, paix à son âme, heureusement il était vieux et a eu une belle et longue vie.
@Vieilledame : J’ai connu ça aussi, des “camarades militants” phagocytant une MJC et se partageant, outre les planques afférentes, les HLM de fonction “bien habitées” avec vue sur la mer, où sur les parkings tu voyais moult grosses cylindrées et camping-cars rutilants, et pas trop de Mobylettes ruinées. Peut-être parle-t-on d’ailleurs de la même MJC, implantée en bordure d’une ville moyenne sur les hauteurs de la côte dite d’Azur…
Tiens, une anecdote. Un jour que j’allais proposer une pièce au théâtre municipal relevant à l’époque de ladite MJC, la nana qui m’a reçu (le genre de bonne fille épaisse et moche coiffée comme un homme, incapable de prendre soin de sa personne, tel qu’on en voit derrière les guichets de la Sécu, et qui serait tout à fait foutu s’il n’existait plus de services dits publics) m’a tanné en me demandant “mon historique ANPE”. Je demandais à voir un responsable, un régisseur, mais elle faisait obstruction et me demandait “mon historique ANPE”. Je me suis tiré non sans féliciter la dame de la qualité de son accueil et du charme plein de suavité émanant d’elle. Je me suis dit qu’il était inutile de chercher à piger le fond du truc. Logique de fonctionnaire, sans doute… Ah, les fonctionnaires de la culture, il y aurait tant à en (mé)dire !
Enseignants/militants, mal formés… Selon ce que je retire des témoignages de mes correspondants enseignants, ils subissent plutôt des programmes non adaptés auxquels ils ont un mal fou à intéresser leurs ouailles, assortis de contraintes grandissantes, en termes de déplacements d'un établissement à un autre, d’un type d’enseignement (collège, lycée) à un autre (université), contraintes liées à la volonté de compression des personnels.
Sur les programmes, je ne suis pas allé très longtemps au collège, mais je me souviens de profs “de la vieille école” que leur mission tenait à coeur, même s’ils étaient conscients de nous enseigner des choses qui ne nous seraient d’aucune utilité - et ça, ils ne nous le cachaient pas, irrités qu’ils étaient à l’encontre de ceux qui avaient la charge de définir lesdits programmes.
A titre d’exemples, je me rappelle, en Sixième, d’une série de cours portant sur l’Enlèvement des Sabines, sujet qui avait exacerbé nos sensibilités prépubères… Alors qu’entre la Sixième et la Quatrième (où la Conseillère d’Orientation a arrêté ma scolarité d’autor, non parce que j’étais un cancre -loin de là- mais parce que je n’entendais rien à la discipline -logique de fonctionnaire, là encore), il ne fut jamais question ni des Templiers ni de Louis XI, ni de l’Inquisition ni de Bonaparte, ni de l’ère industrielle ni de la Résistance. Que dire aussi de ces leçons de géographie chiantissimes portant sur la culture du mil et du sorgho au Sénégal, alors qu’on ne nous enseigna rien, mais alors rien du tout sur la colonisation, le Rideau de Fer ou les tenants et les aboutissants de la Guerre d’Algérie ?
Il semble, aux dires de mes correspondants, que les programmes soient toujours aussi adaptés aux réalités courantes, et que les bases de savoir nécessaires à l’appréhension d’un semblant de culture soient tout autant occultées.
Voir l’incapacité d’un si grand nombre de nos compatriotes à manier au moins une langue étrangère…
@Volubulle : Deux marmottes aperçues à proximité d'un lac aux eaux glaciales. Une idole, diable ! Vu la gueule de bédouin retraité que se paie l’ignoble Jauni, je vais faire gaffe !
@ Anarchoïde : Oui c’est vrai, idole, c’était exagéré. N’aie pas peur… Et de toutes façons, il ne faut pas toucher aux idoles, la dorure reste sur les doigts. J’échange par fan!
Alain Duhamel a taillé un costard à Julien Coupat dans Libé aujourd’hui. Vous y apprendrez entre autre que le gars est en pleine crise d’adolescence (Coupat, pas Duhamel). On peut ne pas prôner exactement les mêmes solutions aux crises que celles que propose(rait) la “bande de Tarnac”, mais on a quand même le droit de partager leurs constats, non ? Est-on pour autant un adolescent attardé ?