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May92009
12:43 (Vu 5215 fois)

“Contre-Grenelle 2” du 2 mai 2009 à Lyon. Partie 2 : la Gauche et la décroissance.

Ceci est le deuxième volet du compte-rendu. Le premier était .

Et si on parlait  un peu de politique ?

En préambule, pourquoi donc limiter le champ de ce billet à la Gauche ? Cela relève pourtant de l’évidence ! La décroissance pour la droite, c’est à la fois la danse classique pour Thierry Roland, et le sionime pour Dieudonné : ils sont totalement incompétents sur un sujet qui est même l’exact contraire de tout ce en quoi ils croient depuis leur naissance : no way, comme disent les anglo-saxons… J’englobe naturellement dans la droite le Modem, même si certains de ses membres estiment être de grands écolos, aucun d’entre eux n’ayant à ma connaissance jamais remis en question le dogme de la croissance, alpha et oméga de notre économie et de notre vie. Dans ces conditions, parler d’écologie relève du gag et de la tartufferie, l’un n’empêchant d’ailleurs pas l’autre.

Et le P”S”, me direz-vous ? Dans le même sac ! En rentrant sur Metz, j’ai écouté un petit moment “Le grand jury RTL-Le Figaro-LCI”. Ce pauvre Etienne Mougeotte, totalement vermoulu par des décennies de prosternation devant les riches et les puissants, et la voix éteinte et nasillarde à force de hurler ses encouragements aux libéraux ou bien de huer les fonctionnaires, les syndicats, les feignasses et les zassistés de tout poil, à tel point qu’on dirait Donald Duck, demandait à Fabius de résumer sa théorie économique du moment. Je résume le résumé : “Il faut de la croissance verte pour relancer la croissance (sic et authentique), et il faut reverdir la dette”. Fabius a changé d’idées à plusieurs reprises. Il a nationalisé, puis privatisé. Il a voté pour le traité de Maastricht, avant de prendre la posture de l’opposant farouche au TCE. Il voyait des éléphants roses, il voit désormais du vert partout. Mais qu’importe, un sujet sur lequel il n’a jamais varié, c’est son adoration fanatique pour la “croissance”. Et en cela il n’est pas très original au P”S”.

Il y avait pourtant des membres du P”S” au Contre-Grenelle. Mais ils étaient venus sous la bannière “Utopia” , “courant” qui a réalisé 1.3% des voix au congrès de Reims. Suite à cette débâcle, une partie des membres, parmi lesquels son fondateur Franck Pupunat (qui était présent dans l’assistance) et Corinne Morel Darleux dont on reparlera, a d’ailleurs suivi Mélenchon au “Parti de Gauche”. C’est vous dire si le P”S” était bien représenté !

Dans le monde politique français, les idées de la décroissance ne peuvent donc être incarnées que par un parti de Gauche. Avec un grand “G”. Mais cela pose un problème. La plupart des partis de Gauche sont plus ou moins d’origine communiste, et avaient jusqu’ici comme seule préoccupation la protection des gentils ouvriers contre leurs méchants patrons. Sujet qui est d’ailleurs toujours de la plus brûlante actualité, de Continental à Molex en passant par Caterpillar, les exemples ne manquent pas.

Le problème, c’est que la traditionnelle “défense des travailleurs” est à tous les coups associée à une idéologie productiviste. Le patron de Continental vire les salariés ? Il faut lutter pour empêcher la fermeture de l’usine et obtenir que les ouvriers continuent à fabriquer des pneus, plus de pneus, toujours moins chers, et qu’ils soient en même temps payés plus, de telle sorte qu’ils puissent eux aussi acheter de gros 4x4 avec de gros pneus… C’est ce que clament depuis toujours la LCR devenue NPA, le PCF, LO et la plupart des syndicats…

Or la décroissance n’aime pas les bagnoles, et pronostique même la disparition de cette industrie. Comment alors concilier les deux ? Le social et l’environnemental ? C’est le défi qu’avaient à relever les orateurs qui étaient venus parler de politique.

Aucun représentant des Verts ou d’Europe Ecologie parmi eux. Il faut dire que Sophie Divry devait parler de Daniel Cohn-Bendit, et que cela aurait sans doute donné une assez juste définition du mot “hiatus”. J’y reviendrai dans une prochaine partie consacrée aux écotartuffes chers au journal “La décroissance”.

J’avais participé lors de la campagne présidentielle 2007, et à titre de curiosité,  à un meeting d’Arlette Laguiller : il était clair que l’écologie était vraiment le dernier de ses soucis, sans même parler de décroissance ! Pas de Lutte Ouvrière non plus donc.

Pas davantage de représentant du parti Communiste. Il y avait certes Maurice Charrier, ex (depuis une semaine) maire de Vaulx en Velin et toujours apparenté au PC. Mais il était là pour parler d’urbanisme, pas de la politique environnementale du PC (qui doit d’ailleurs être à peu près aussi fournie que la rubrique “érotisme” de Valeurs Actuelles…)

Le premier orateur fut Yannis Youlountas. Gabarit de rugbyman (ou de vigile chez Carrouf, comme on veut), mais il ne faut pas se tromper : il est en fait philosophe et poète. Et ça s’entend : quel talent d’écriture ! Difficile de résumer et de paraphraser son texte sans le dénaturer. Vous pouvez néanmoins le retrouver dans son intégralité dans le petit livre “non au capitalisme vert”, édité à l’occasion.

Yannis Youlountas semble désabusé.

Qui parle de la Gauche a souvent les yeux tristes”, commence-t-il en parodiant Aragon (qui lui parlait du bonheur…)

Qui croit encore que la gauche actuelle a pour vocation de changer la vie ?”. Changer la vie, c’était du Rimbaud… Mais quand on prétend “changer la vie”, il faut s’interroger sur ce qu’elle signifie pour chacun, sur ce qu’elle nécessite, ce dont elle dépend.
La gauche a déçu : “les oligarchies au pouvoir continuent à danser sur le Titanic républicain”. Gauche et droite sont foncièrement productivistes, dans leurs fondements idéologiques, dans leurs programmes, dans leurs exercices successifs du pouvoir. En effet Les exhortations à la croissance ne sont pas le seul fait du président Sarkozy et de ses têtes pensantes…

L’homme croit être tout et ne rien avoir, alors qu’il a tout et qu’il n’est rien”. Il faut donc en quelque sorte “changer d’auxiliaire”. Aujourd’hui, la plupart de nos concitoyens s’identifient à ce qu’ils ont, s’inquiètent de ce qu’ils n’ont pas (au hasard une Rolex quand la cinquantaine approche) et convoitent à longueur de journée ce qu’ils voudraient agréger à leur périmètre individuel ou familial.
Tous les hommes politiques ou presque (il souligne qu’un seul député sur 577, le vert Yves Cochet, soutient la décroissance) surveillent le tableau de bord de l’économie avec une attention redoublée sur le chiffre du PIB pour évaluer l’état des lieux.

La chaîne qui va de l’emploi à la consommation est forgée par la peur”. “Nous ne pourrons pas démonter le système productiviste sans démonter sa première forme d’asservissement : le travail. Mais la gauche depuis toujours associe l’homme à sa machine comme un chien à sa niche”.
Il y a près d’un siècle, à Cayenne, les fuyards du bagne avaient très peu de chances de survivre. Aujourd’hui, s’évader du monde du travail reste très risqué pour chacun. Mais si nous concevions tous ensemble -politiquement- cette évasion.”

Les mensonges officiels sont toujours à chercher dans les présupposés des formules”. Ainsi le “développement durable”, qui sous-entend la possibilité d’une croissance infinie, et qui était le leitmotiv de cette tartufferie qu’est le “Grenelle de l’Environnement”. Ce terme de Grenelle a été choisi (par un pourfendeur de 1968) pour rassurer. Pourquoi ne l’a-t-on pas appelé “Révolution écologique“ ?. Quoi qu’il en soit, cette manoeuvre a laissé la gauche sans voix.

La décroissance n’est pas dans la culture de la gauche.” “Le changement sera le fait de ceux qui le désirent, pas de ceux qui tentent de le freiner. C’est donc un nouveau mouvement politique qui reste à réinventer, sans tomber dans les erreurs du passé” . Il nous raconte son expérience avec José Bové, sa participation à la campagne présidentielle en 2007 (mais pas aux européennes de 2009 précise-t-il, provoquant les rires de l’assistance).
Il a découvert que bien loin de l’image qu’on s’employait à donner à l’électeur putatif, la communication de Bové était en fait réglée par des professionnels en costard-cravate, dirigés par un certain Denis Pingaud, qui avait certes été gauchiste dans sa jeunesse, mais travaillait désormais chez Euro-RSCG (Rolex-Séguéla-Courch-Gstaad ?). Il est depuis lors devenu directeur de l’institut sarkozyste de sondages Opinionway… Il avait même participé à la campagne de Jospin en 2002, c’est vous dire le niveau du gars !
Bon, le résultat catastrophique de 1.32% tient sûrement moins aux erreurs de communication qu’à la multiplication outrancière des candidats de Gauche, à laquelle Bové a contribué comme les autres, même si sa candidature se voulait au départ celle du rassemblement…

“Il n’y a rien à attendre des grandes machines productivistes que sont la gauche et la droite traditionnelles, ni des gourous tirés à quatre épingles qui en règlent les coulisses. Tout est à réinventer, et maintenant, pour que l’écologie politique s’impose, dans les années à venir, comme l’un des mouvements les plus importants et cruciaux de notre époque.”

La matinée commençait bien. Mais glissons sur les autres interventions, moins “politiques” (j’y reviendrai dans la suite), pour passer directement à l’après-midi.


Laure Pascarel est porte-parole du mouvement Utopia , et sauf erreur de ma part, toujours membre du Parti “Socialiste”. Comme dans un autre genre Gérard Filoche. J’ignore s’ils se sentent à l’aise dans leurs réunions avec DSK ou Manuel Valls…
Elle commence par rappeler que la décroissance n’est pas seulement une nécessité physique. Sur ce blog, j’ai souvent utilisé un discours du style “de toute façon la décroissance est inévitable en raison de la raréfaction des ressources et indispensable pour préserver l’environnement et la biodiversité”. Ce qui est vrai. Indéniable, même.
Mais chez Utopia, on voit les choses différemment, et on met en avant un discours que l’on retrouve souvent aussi dans le journal “La Décroissance” : même si la planète possédait des ressources infinies, même si nous n’avions pas de problème de réchauffement climatique ou de biodiversité, même si on pouvait produire tout ce qu’on voulait sans polluer, serait-il souhaitable de vouer sa vie à la production/consommation toujours plus importante de biens matériels ? Le travail serait-il le seul moyen d’être reconnu, protégé, et d’avoir accès à un lien social ? La réponse est comprise dans la question : non évidemment !
Quel sens donner à notre société, indépendamment de la notion de “croissance” ? Quelle place pour l’Homme ? Quel système politique ? Telles sont les (légitimes) préoccupations d’Utopia, qui peuvent pourtant sembler essentielles, mais qui sont totalement ignorées par les partis politiques dominants pour lesquels la question est tranchée depuis longtemps : c’est travail et consommation, ou consommation et travail, comme on veut.

“Nous devons, avant même de nous attaquer à la crise écologique, nous poser la question du sens. Dans quelle société voulons-nous vivre ? L’écologie politique va bien au delà de la sauvegarde de la planète. Et pour cela il nous faut mener une bataille culturelle et politique. En effet la crise écologique n’est pas une crise à côté des autres. Elle est la résultante d’un système qui sévit depuis de plus de deux siècles, et qui porte un nom : le capitalisme, avec son bras armé, le productivisme”.

Le capitalisme vert, la croissance verte, c’est toujours et encore du capitalisme.”

Elle cite ensuite André Gorz, qui a d’ailleurs signé l’avant-propos du manifeste d’Utopia, et qui écrivait en septembre 2007, peu avant sa mort …
Aussi longtemps  que nous  restons prisonniers  de l’imaginaire salarial et marchand, l’anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques et les luttes sociales contre les politiques du capital resteront des luttes défensives qui, dans le meilleur des cas, pourront freiner un temps mais non pas empêcher la détérioration des conditions de vie. La restructuration écologique ne peut qu’aggraver la crise du système.

Elle s’acharne ensuite contre le capitalisme, et notamment ce “capitalisme vert” qui tendrait à faire croire qu’à côté du “méchant capitalisme”, il y aurait un “bon capitalisme”. C’est un piège : “le capitalisme veut se faire passer pour un outil technique de régulation des échanges qui n’agirait que dans la sphère économique. Mais le capitalisme, c’est un système global, politique, social, économique qui régit la totalité des sphères de notre vie.”

Le capital a un objectif unique, c’est la rentabilité du capital investi”. C’est bon de le rappeler, et j’écris souvent ici que le seul (et j’insiste sur le mot “seul”) but d’une société privée dans le système capitaliste, c’est la création de richesse pour les actionnaires. La création d’emplois, le bien-être des salariés, tout ça n’est qu’une blague. Le salarié est un fardeau hélas obligatoire pour créer de la richesse, et à la première occasion, on s’en débarrasse, que ce soit en le remplaçant par une machine ou par un autre salarié moins payé, fût-il à l’autre bout de la planète. Tout autre discours (notamment du MEDEF ou des politiques) est nul et non avenu.

Le capitalisme est englobant par nature pour l’individu, pour la société. Il nous impose un certain rapport au monde, il transforme les besoins en désirs, il pose aussi l’échelle économique et sociale comme la hiérarchie naturelle des rapports humains : un système de compétition. Quelle autonomie de pensée peut avoir aujourd’hui un citoyen parmi la déferlante de publicité et avec une information qui est plus proche du marketing et du pouvoir que proche d’une analyse réelle ?
Nous devons combattre trois aliénations fondamentales que porte ce système :
- L’aliénation à la croissance
- L’aliénation à la consommation
- L’aliénation à la centralité de la valeur travail.

Au sujet de la “croissance”, elle reprend un discours déjà entendu ailleurs (chez Hervé Kempf notamment) : il faut arrêter d’avoir le PIB pour boussole politique, et à partir de là, des secteurs croîtront, des secteurs décroîtront, et la résultante on s’en fiche. La “croissance verte” n’est qu’un droit à polluer plus longtemps.
Je suis d’accord avec ça, au “détail” près que si, comme c’est plus que probable, les secteurs du pétrole, de l’automobile, de l’aéronautique et du tourisme se cassent la figure, je vois mal quels autres secteurs pourraient les remplacer et faire en sorte que le PIB ne chute pas très fortement. Quoi qu’il en soit, la conséquence est la nécessaire adaptation de la société à cette nouvelle donne.

La consommation : ce ne sont pas les besoins fondamentaux, qui doivent être garantis à tous. Il s’agit de la société du consumérisme, de l’éphémère, du superficiel. Une société où j’existe parce que je consomme”.
Il faut se poser la question du sens, du rapport à l’objet, du rapport au lien, et du rapport à l’essentiel.”

L’aliénation à la centralité de la valeur travail :c’est généralement dans les milieux de gauche qu’on a le plus de mal à se faire comprendre. On nous dit tas de feignants, il y a des chômeurs, et le social…. Elle nous empêche d’imaginer un nouveau rapport au temps, d’imaginer un nouvel accès aux droits, un nouvel accès universel aux soins, au revenu universel” (voir plus loin !)

Il ne suffit pas de dénoncer, de critiquer, il faut aussi proposer : une société fraternelle, une société du lien plus qu’une société du bien. Bref une société où l’on vit bien ensemble.

Laure Pascarel cite enfin la philosophe Dominique Meda , qui a participé à la création d’Utopia :
Un développement collectif et durable s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie et de la mise à disposition pour tous des ressources matérielles et immatérielles nécessaires pour permettre à chacun de vivre pleinement son humanité et sa citoyenneté active. La répartition des biens, des revenus, l’accroissement du niveau d’éducation et de la santé de l’ensemble de la population, la capacité à maîtriser la violence, l’accès à la qualité des services publics, La vitalité de la vie sociale et démocratique, le degré d’égalité entre hommes et femmes, le respect de l’environnement, la maîtrise par les individus de leur temps, la qualité de vie, l’accès à la culture, la sécurité économique… sont autant d’indicateurs qui permettent de mesurer la véritable richesse d’un pays et qui devraient se substituer à ce fameux PIB.”
Voilà qui me paraît une bonne base pour calculer un “nouvel indice alternatif” !

Elle souhaite “un alterdéveloppement qui fixe des limites à la sphère marchande”, et conclut ainsi : “Nous ne voulons pas améliorer ce monde, nous voulons un autre monde.

Denis Vicherat est aussi membre d’Utopia. Les organisateurs commençant à donner des signes d’impatience et d’inquiétude pour le bon déroulement du planning, il  a dû limiter son intervention au “Revenu d’existence” ou “Allocation universelle”. Vaste sujet par ailleurs. À Utopia on pense que cette question est au coeur de la transformation économique, sociale, économique et culturelle de leur projet de société.

“”Il s’agit de répondre à une exigence de justice sociale, de se dégager de l’aliénation de la valeur travail, et répondre aux besoins fondamentaux. C’est une mensualité, égale pour tous, versée de la naissance à la mort, due à chacun en temps qu’héritier légitime de la richesse accumulée par les générations antérieures. Elle est donc individuelle, inconditionnelle, inaliénable” (et en particulier non liée au fait de travailler ou non) ” et cumulable avec tout autre revenu. Elle crée un lien de solidarité indispensable entre tous les membres du corps social, et implique la dissociation entre travail et revenu, ce qui est beaucoup plus dur culturellement à faire passer…
En effet, il n’y a qu’à voir le message sarkozyste dominant, sa vénération du travail, issue d’une longue tradition judéo-chrétienne. C’était déjà le message que me distillait feu ma grand-mère quand j’étais gamin, quand elle me disait “l’oisiveté est la mère de tous les vices”. Je suis à peu près persuadé que ce message de “revenu d’existence” est totalement inaudible voire scandaleux pour 95% des citoyens, et qu’il déboucherait sur une bronca poujado-sarko-lepéniste, avec ses refrains connus sur les feignasses, les zassistés et les zétrangers, par opposition aux courageux patrons qui travaillent beaucoup et aux valeureux-zouvriers-qui-se-lèvent-tôt.

L’idée est pourtant séduisante, j’en ai déjà vaguement parlé sur ce blog, et elle figure au programme de personnalités aussi différentes qu’Yves Cochet ou… Christine Boutin. Par souci de sérieux, je m’en tiendrai si vous le voulez bien aux calculs d’Yves Cochet !
Elle n’est pas nouvelle, mais elle est récemment revenue à la mode sous l’impulsion de théoriciens comme André Gorz (déjà moult fois cité) ou Jean Zin .

Il ne s’agit pas de corriger les effets du néolibéralisme, ou de secourir les plus démunis mais bien de remettre en cause fondamentalement la logique capitaliste et de chercher un autre mode d’organisation sociale. L’échec du système actuel montre que c’est la seule solution.

Il faut aller vers “une société du travail choisi plutôt que du travail subi”. Combien en effet de personnes sont obligées d’accepter un travail décérébrant et mal payé simplement pour pouvoir vivre décemment, alors qu’ils pourraient être bien plus utiles à la société par un talent non monnayable ?

Et on le finance comment, tout ça ? Actuellement, les dépenses sociales sont de 600 milliards d’euros par an. Même si Utopia n’a pas arrêté de chiffres définitifs,  Denis Vicherat évoque les chiffres de 750 euros par mois pour les adultes et 350 pour les enfants. Yves Cochet parlait respectivement de 650 et 150 euros par mois. Cochet chiffre la mesure à 384 milliards d’euros par an, Denis Vicherat en est plutôt vers les 500 milliards.

Que dire sinon que ce sont des fortunes colossales, et qu’il faudra être très prudent avant de les lâcher dans des débats politiques avec des capitalistes grandes gueules comme Jean-François Copé, Xavier Bertrand ou Frédéric Lefebvre sous peine de se faire ridiculiser à tout jamais. Yves Cochet hasarde un début de plan de financement, mais il faudrait nettement approfondir la question. Après tout, les capitalistes paient des millions de comptables, d’analystes financiers, d’avocats et de fiscalistes pour “optimiser” la fortune des riches, on pourrait plus utilement employer les meilleurs d’entre eux pour déterminer tous les moyens nécessaires au financement de ce système !

Il ne faut pas confondre le “revenu d’existence” et des mesures sociales comme le RMI, qui est déjà incapable de fournir une existence décente à ses bénéficiaires,et seulement à partir de 25 ans.  Il ne remet rien en cause du capitalisme et de ses aberrations. Il ne remet notamment pas en cause la sacralisation du travail, puisqu’il pousse le RMiste a y revenir en le culpabilisant

Denis Vicherat termine en précisant qu’on peut trouver tous les développements et précisions nécessaires à propos des sujets abordés dans le manifeste d’Utopia , en vente dans toutes les bonnes crèmeries.

Un peu de lyrisme, beaucoup d’Utopie, mais aucun angélisme vis à vis du capitalisme, fût-il vert : j’adhère totalement.

Philippe Corcuff se présente comme “membre du Nouveau Parti Anticapitaliste et sociologue”. Il a eu un itinéraire un peu tortueux, puisqu’après avoir été “socialiste”, puis chevènementiste, il passe chez les Verts, avant d’atterrir en 1999 à la LCR devenue depuis peu le NPA.

Son discours est très structuré, ses mots sont soigneusement choisis, mais il faut bien le dire parfois un peu abscons.
La trame de son propos est de souhaiter la convergence entre “l’anticapitalisme”, spécialité historique des partis de Gauche, et “l’antiproductivisme”, cheval de bataille des mouvements qui se réclament de la décroissance.
Il constate que cette convergence ne pas pas de soi, mais souhaite y contribuer, tout en avouant que les “objecteurs de croissance sont caricaturés, diabolisés de manière fort injuste y compris dans la gauche radicale”,
Il fustige les Verts qu’il connaît bien et leur “institutionalisation dans la politique professionnelle dominante”, leur ralliement à une version verte du social libéralisme porté par le P”S” sous la bannière de Daniel Cohn Bendit”. Ce renoncement des Verts oblige donc les anticapitalistes à entamer des discussions avec d’autres partisans de l’écologie politique, et c’est la principale raison de sa présence à ce Contre-Grenelle.

Il retrace rapidement l’histoire de la Gauche, le culte de “la production pour la production”. Il cite Karl Marx et son ambivalence. D’un côté fasciné par le productivisme, Marx écrit néanmoins “La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du processus de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur.” Hum. Cela me semble un peu trop sorti de son contexte, et les préoccupations écologiques de Marx ne sont assurément pas ce qui a été retenu de sa pensée, bien au contraire ! C’est un peu comme ces fidèles, qui tirent de leurs livres saints un verset pour justifier tout et n’importe quoi, pour leur faire dire tout et son contraire !

Il note tout de même que Marx, comme les “philosophes des Lumières” a été aveuglé par la Raison, la Science et la Lumière, perdant de vue toute autre considération. Philippe Corcuff propose d’enlever les majuscules de ces trois mots, et d’en faire “des lumières tamisées” !

Prêchant pour sa paroisse du NPA, il souligne que dans son acte de fondation, il est question d’”écosocialisme”. Il souligne que le NPA a confié une de ses têtes de liste aux européennes (dans la région Sud-Est) à un écosocialiste convaincu, l’altermondialiste Raoul Marc Jennar, qui fut l’un des meilleurs pédagogues du Non de gauche lors du référendum de 2005. Un bon point assurément.

Le corollaire de cet effort des anticapitalistes pour intégrer l’antiproductivisme, c’est tout simplement que les antiproductivistes doivent devenir anticapitalistes. Je ne voudrais pas contredire Philippe Corcuff mais il me semble que la majorité des antiproductivistes sont déjà anticapitalistes !

Il cite à l’appui de sa démonstration le livre d’Hervé Kempf “Pour sauver la planète, sortez du capitalisme”, dont j’ai déjà parlé , et dont il souligne quelques faiblesses ou ambiguïtés (Kempf répond , et le dialogue est intéressant ! )

Il fait ensuite une critique sévère, mais plus classique, du “social-libéralisme” des Verts et du P”S”

Il souligne que l’antiproductivisme ne doit pas rester “au niveau individuel et local”, sinon il n’aurait aucune influence et pourrait même cohabiter avec le capitalisme le plus dur. C’est un peu l’image que j’ai déjà évoquée sur ce blog : à quoi bon amener son enfant à l’école à pied sous la pluie, si les trente autres parents de la classe viennent en 4x4 en se foutant de vous ?

Selon Philippe Corcuff,  qui cite cette fois Cornelius Castoriadis et André Gorz qui ont déjà théorisé la chose, les anticapitalistes ne doivent plus seulement prendre en compte “la contradiction capital/travail”, mais aussi la “contradiction capital/nature”.

Oh joie ! Il déclare ensuite qu’”il faut ouvrir un débat critique, nuancé, qui ne prétende pas donner des leçons avec les objecteurs de croissance.” Une façon d’admettre que cela n’a pas toujours été le cas dans le passé. Poursuivant sa contrition, il en rajoute une louche avec une métaphore sur l’instituteur, républicain ou léniniste, qui dit “je viens vous apporter ma vérité”.

Il rappelle un principes fondateur du NPA : “l’urgence écologique implique de rejeter l’idée d’une expansion illimitée et dévastatrice de la domination de l’humanité sur la planète et par conséquent de toute forme de la décroissance des ressources non renouvelables En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance des ressources non renouvelables et la remise en cause des secteurs d’activité énergétivores inutiles, polluants et dangereux, en particulier le nucléaire
Difficile, même pour un “antiproductiviste” de ne pas être en accord avec ça !


J’ai une impression étrange au sujet du “Parti de Gauche”. J’ai d’abord lu, lors de sa création, une intervention de Corinne Morel Darleux sur son site web : emballé le SuperNo ! C’est ce qui m’a poussé à assister au meeting du “Front de Gauche” à Metz… Une mésaventure que j’ai narrée dans un récent billet. Pour ceux qui ne prendront pas la peine de lire ce billet, en fait de Front de Gauche, je suis tombé dans un meeting “à l’ancienne” du parti communiste, au cours duquel l’écologie n’a même pas été évoquée en 3 heures de discours !
Depuis j’ai lu une étrange interview de Jean-Luc Mélenchon dans “La Décroissance”, sur le mode “Je ne suis pas décroissant, mais…”. On se sait toujours pas si c’est un canular , tant le passé “productiviste” de Mélenchon est notoire…

Corinne Morel Darleux  précise qu’elle s’exprime “au titre de secrétaire générale du Parti de Gauche, chargée du combat écologique, mais aussi en tant que militante écologique et altermondialiste”. Fort bien.
Elle insiste sur le rassemblement indispensable autour de l’écologie, dans un contexte d’élection européenne, et sur le risque que justement l’écologie passe au second plan du fait de la “crise”.

Elle discrédite l’idée de “croissance durable” ou du “capitalisme vert”, qui ne sont “qu’illusions et mensonges

Elle  affirme que pour lutter contre la pauvreté, et amener tous les revenus de la Terre au niveau de 3 dollars par jour nécessiterait 15 planètes ! (c’est surréaliste quand on sait que des avocats parisiens facturent parfois plus de 1000 euros de l’heure !). Autrement dit la planète sera inhabitable avant que la pauvreté ne soit éradiquée par la “croissance”… D’où le besoin d’un changement radical de société et des modes de production/consommation.

Le capitalisme vert, c’est surtout rester dans le schéma croissance/production/consommation. C’est l’alliance illusoire du capitalisme et de l’écologie, si bien illustrée par le “Grenelle”, suivi du “plan de relance”, de la “prime à la casse”, de la construction de nouvelles autoroutes, du marché du carbone, primes aux multinationales… Polluer moins pour polluer plus longtemps, et faire de l’écologie un business comme un autre.

Autre faux-nez de l’écologie : l’environnementalisme, qui consiste à prendre quelques mesures pour l’environnement, sans remettre en question quoi que ce soit d’autre. C’est ce que j’ai appelé “huloteries” sur ce blog.

On veut nous faire croire que l’écologie pourrait être apolitique et s’affranchir du clivage gauche-droite. Nous devons dénoncer avec force cette manipulation qui vise à préserver ce système.” Lecteurs du Modem, cette pique à la pertinence aigüe était pour vous !

La solution de Corinne Morel Darleux, et du Parti de Gauche ? “Un changement d’approche radical et systémique, une rupture qui dépasse le capitalisme, et prend en compte les enjeux sociaux et écologiques “. Vous l’aurez deviné, c’est l’écologie politique, une approche qui englobe :

- Lutte contre toutes les formes de domination
- Prise en compte de la diversité des activités humaines
- Fin de la consommation matérielle comme seule source d’épanouissement
- Nouveaux indicateurs à la place du PIB
- Revenu maximal
- Place du travail dans la société
- Éducation populaire
- Socialisation de l’économie
- D’autres rapports Nord-Sud

L’écologie politique doit être “de Gauche, Sociale et Solidaire”.

La question n’est pas de savoir si on commence par le social ou l’écologie, car les deux urgences ont les mêmes causes et appellent les mêmes réponses.

Il faut “planifier d’urgence la transition écologique de manière volontariste en organisant la diminution, l’arrêt et la reconversion des secteurs socialement inutiles et polluants, en développant à l’inverse les secteurs utiles.

Sinon, c’est le risque de dérives totalitaires, et nous ne sortirons jamais de “ce système, qui nous pousse à consommer toujours plus, qui évalue l’intérêt de chaque activité humaine en terme de profit, au mépris de l’intérêt général et de l’épanouissement individuel. Ce système vorace qui transforme tout en marchandises : les individus, le temps, l’eau, l’alimentation, l’éducation et maintenant la terre elle-même”.

Elle parle de l’achat gratuit de la moitié des terres agricoles de Madagascar par Daewoo et ajoute qu’”avec la débâcle financière, la terre agricole devient pour les spéculateurs un actif stratégique.

Le capitalisme organise d’un même mouvement l’exploitation des individus et celle des écosystèmes. C’est en quelque sorte la double peine du capitalisme.”

Qui va mettre en œuvre ces réformes, cette lutte contre les capitalistes ? Pas la droite, pas le P”S”, pas les Verts, gagnés par le libéralisme et un traité européen libéral et donc antiécologique par essence (elle développe manifestement ce sujet pour discréditer “Europe Ecologie”)

“Être écologiste, appeler au dépassement du capitalisme, et changer d’Europe, c’est simplement une question de cohérence politique.”

Le Parti de Gauche réclame la réorientation de l’agriculture productiviste et libérale de l’Europe vers l’agriculture paysanne, sans OGM.

Une Europe écologique, sociale, écologique et solidaire, c’est l’arrêt immédiat de la privatisation des services publics”, exactement l’inverse de la voie royale ouverte au privé par la “Directive énergie”. Elle prône la création d’un “pôle public européen de l’énergie, seul à même de garantir l’accès de tous à l’énergie tout en planifiant la transition vers d’autres modes de production et de consommation

Elle souhaite enfin la création d’un bouclier douanier pour lutter contre le dumping social et prendre en compte l’impératif écologique. Un partenariat avec les pays du Sud doit rompre avec la politique libérale de l’OMC.

Allez, la conclusion, in extenso : “La crise généralisée du capitalisme nous donne à la fois l’obligation et l’opportunité de réaliser une véritable mutation. Et la gauche, toute la gauche, se trouve aujourd’hui face à une responsabilité historique, celle de se saisir de cette urgence et d’avancer ensemble vers un véritable projet de gauche alternatif au capitalisme et au productivisme. Alors saisissons-nous des résistances qui s’organisent pour dénoncer la logique perverse du capitalisme et sa vision d’un individu consommateur et docile soumis aux impératifs du productivisme. Même les libéraux aujourd’hui appellent l’État à la rescousse pour sauver leurs capitaux et parlent maintenant de nationalisations. Profitons-en pour mener la bataille culturelle et idéologique face à la droite du travailler plus pour consommer plus. Expliquons encore et encore que la catastrophe écologique et la crise sociale sont les deux facettes d’un seul et même système et que la planète n’est pas un terrain de jeu pour les plus riches. A nous de proposer d’autres choix de société, de porter une vision alternative qui remette l’intérêt général au premier plan. Qui permette de satisfaire les besoins fondamentaux de chacun en préservant les écosystèmes. Qui permette en un mot de vivre bien”.

Ouch ! Je ne crois pas avoir un mot à changer, c’est à peu près exactement ce que j’écris par bribes sur ce blog, et c’est l’état exact de ma pensée du moment. Je suis sur le cul.

Quelle est l’influence réelle de Corinne Morel Darleux au sein du Parti de Gauche ? Ne sert-elle pas de faire-valoir ? D‘“hameçon à écolos perdus” ? Pourquoi n’est-elle qu’en troisième position sur la liste Sud-Ouest aux européennes, et donc, si je compte bien, parfaitement inéligible ? Est-ce juste pour faire joli et verdir la photo ? Est-ce un choix personnel ? L’importance de l’armada du Parti de Gauche à cette conférence est-elle significative de l’intérêt du parti pour l’écologie et la décroissance, ou n’est-elle qu’un élément de la communication agressive de ce parti à l’approche des européennes, qui se traduit aussi par des affiches un peu partout ? En effet, à peiné né, le Parti de Gauche doit assurer sa survie ! Comment Corinne Morel-Darleux vit-elle la cohabitation avec des apparatchiks communistes qui se foutent de l’écologie comme de leur première “internationale” et ne voient dans le Parti de Gauche qu’une occasion inespérée de survivre et se refaire une virginité politique ?

On peut d’ailleurs se poser les mêmes questions au sujet de Philippe Corcuff ! Est-il réellement influent au NPA, et ses idées sont-elles représentatives de celles du parti ? J’ai quelques doutes…

Et pourtant… Une fois intégrée dans tous les esprits l’absolue nécessité de faire se rejoindre les combattants du capitalisme et les combattants du productivisme, jonction qui devrait être facilitée par la prise de conscience que l’ennemi est dans les deux cas le même : le capitalisme.

Une fois la jonction opérée, il ne devrait pas être compliqué de se mettre d’accord sur un socle minimal de mesures “écosocialistes”, dont on peut tenter une liste :

-Engagement ferme dans la voie de la décroissance et des économies d’énergie drastiques, permettant une sortie du nucléaire en quelques décennies.
-Engagement ferme en direction d’une nouvelle forme de société axée sur l’Homme et non plus sur l’économie, par la création d’un indicateur de référence alternatif au PIB.
-Reconversion des secteurs nuisibles au deux premiers principes (typiquement l’automobile et la publicité) vers des secteurs utiles (énergies renouvelables, secteur social…) .
-Relocalisation de l’économie, promotion de l’agriculture paysanne.
-Fin de l’aliénation à la “valeur travail” par la mise en place d’un revenu garanti et d’un revenu maximum.
-Gratuité des transports publics, de l’éducation, des communications, de la culture…
-Extension de cette politique en Europe et dans le monde entier
-Reprise des rapports Nord-Sud sur une base de solidarité et de coopération, et non plus d’exploitation, de pillage, de corruption, de mépris et de colonialisme.

Il est néanmoins évident que ces discours ont été ciselés sur mesure pour cette journée, à tel point qu’un auditeur peu attentif pourrait se demander pourquoi l’ensemble des intervenants n’est pas déjà dans le même parti. Comme vous l’avez lu, je pourrais indifféremment prendre ma carte au NPA, au PG ou à Utopia sur la base de ces discours. En fait il reste certainement entre eux des différences qui ne sont sans doute pas des peccadilles, et tout en étant idéalistes, ils n’en sont pas moins humains, et probablement mus par une ambition qui les verra s’affronter un jour…

Ah, si, un “détail” (au sens lepenien du terme) tout de même : l’espace d’une journée , nous avons entendu des politiciens intelligents et qui utilisent leurs neurones pour réfléchir à un monde plus vivable pour l’ensemble des habitants de la planète, en dehors du carcan idéologique du capitalisme et du libéralisme. Mais d’un point de vue électoral ou médiatique, ces politiciens ne représentent pas grand chose; voire même quasiment rien…

Imaginez qu’à la place de Paul Ariès vous ayez Nicolas Sarkozy, à la place de Yannis Youlountas, Xavier Bertrand, à la place de Laure Pascarel, Rachida Dati, à la place de Denis Vicherat, Luc Chatel, à la place de Philippe Corcuff, Frédéric Lefebvre, et à la place de Corinne Morel Darleux, Christine Lagarde… Bienvenue, vous êtes de retour dans le monde réel, dans lequel les politiciens font tout pour préserver et amplifier les privilèges de l’oligarchie sans oublier les leurs, au détriment des citoyens ordinaires qui les élisent pourtant de préférence à ceux qui voudraient briser leurs chaînes ou s’abstiennent en croyant les mépriser…

Le problème reste inchangé : même si l’idée de décroissance fait lentement son chemin, elle est toujours parfaitement invendable à des citoyens drogués par le travail, la pub et la con-sommation… Le chemin sera encore long…

[À suivre …]

39 comments to “Contre-Grenelle 2” du 2 mai 2009 à Lyon. Partie 2 : la Gauche et la décroissance.

  • Toujours aussi attirée par le discours de Corinne
    Morel Darleux , je suis aussi perplexe que toi
    (Cf : meeting du front de gauche à Metz ) .
    (Pourtant j’aime bien Mélenchon,malgré ses contradictions .
    Mais un grand point pour lui : il était à Versailles
    le 4 février 2008 ,tu sais le jour où nos élus nous
    ont trahis)

    Quant à prendre une carte  : oui si c’est CE discours
    qui prime (çà n’est pas le cas ).

    Yannis Youlountas : je l’avais vu justement lors
    de la campagne de José Bové sur Zalea-TV
    As- tu pu discuter avec eux après ?

  • M\'ENFIN!

    J’aimerais beaucoup qu’il y ait un SuperNo en Belgique… Tu ne voudrais pas te faire cloner par les raéliens ?

    Plus les élections approchent, moins je sais pour qui je vais voter.

    Je n’entends aucun politicien belge parler de décroissance. Notre P”S” veut construire de nouvelles autoroutes et le parti Ecolo, pour lequel j’ai toujours voté depuis que j’ai l’age de voter, s’est carrément allié avec le MR (notre UMP à nous) pour être au gouvernement… Plus jamais je ne voterai pour eux. Mais il n’y a personne d’autre, c’est désespérant.

    La gauche française est un bordel total, mais au moins elle bouge et elle pense.

    Si quelqu’un a des informations à me communiquer, j’en serais reconnaissant.

  • Anarchoïde

    C’est l’intervention de Yannis Youlountas que je retiens. A propos de José Bové (et là, pour le coup, je tombe de haut) ce qu’il nous dit est révélateur, s’il en était besoin, des petites collusions internes et du chassé-croisé des éminences grises, dont la trajectoire pendulaire explique pourquoi, d’un côté comme de l’autre, les perdants sont toujours les mêmes. Nous. A part ça, je trouve que Yannis Youlountas exprime au mieux ce que l’on peut objectivement ressentir, pour peu qu’on y réfléchisse avec lucidité et recul, au regard de l’idée de décroissance. C’est moins un enjeu politique qu’une philosophie. Et c’est là que le bât blesse. Car comme le souligne Yannis Youlountas, nous n’avons rien, en la matière, mais alors vraiment rien à attendre des politicards quels qu’ils soient.

    La Gauche. Perso, il y a longtemps que je n’écoute même plus ce que ses pauv’mains nous mentent. La Gauche et ses éternels atermoiements. La Gauche et son antique logique d’appareil multipliée par tous les partis, sous-partis, courants, factions, bureaux, cellules et autres prés carrés de penseurs entretenus et autres syndico-pantouflards habiles à tenir des réunions et à organiser des assemblées générales, sans plus, pour leur public de moins en moins crédule, heureusement. Elle a beau changer de nom et d’emballage et ses orateurs de look, la Gauche, on en reste aux vains mots. Reviennent ponctuellement le vieux serpent de mer du revenu universel, ou garanti, ou maximum, les bavassages marxiens, le discours de clivage, le communisme à neu-neu qui n’avoue même plus ses origines tant elles sont lamentables, les extrêmes qui ne s’entendent pas entre elles pour d’obscures questions théoriques qui au fond en reviennent au même : tout ce qu’on veut c’est le pouvoir, même si on sait intimement (si on ne le sait pas c’est grave) que dans deux ou trois élections d’ici, on pourra sans taper dans la caisse inviter ses électeurs à boire un coup dans un estaminet de la superficie d’une cabine téléphonique, et pourquoi pas leur faire la promesse (déjà tenue) de l’imminente venue du grand choir…

    Moralité : je ne reprendrai pas de carte d’électeur de sitôt.

  • Chalonnais

    Donc, en résumé, TOUTES les listes qui se présentent à nos aimables suffrages le 7 juin sont à rejeter !
    Eh bien, voilà qui ne va pas faire avancer le chilimbilique !

  • Anarchoïde

    @ Chalonnais : TOUTES. Pour moi, du moins. Après, chacun fait ce qu’il veut selon son degré de crédulité.

    Le schéma que nous dénonçons (travail-production-argent-consommation-capitalisation-thésaurisation-compétition-chantage global) remonte quand même à la plus haute Antiquité. Ce schéma marchand a même progressivement gagné les sphères spiritualo-religieuses supposément détachées des contingences matérielles (business monacal bio, tee-shirts à l’effigie du Dalaï Lama, stages en ashram pour cadres-sups), le troc et le bénévolat associatif restant très marginaux et ponctuels, la récupe étant affaire d’individus doués pour le bricolage/bidouillage.

    Faire d’une philosophie le fondement d’une nouvelle société, ça prend du temps, et si ça doit concerner Monsieur et Madame Michu, il vaut mieux qu’à un moment donné les tenants de la philosophie réformatrice en question trouvent à convaincre Monsieur et Madame Michu de la validité de leurs thèses, et le faire d’une façon aussi explicite que concrète, sans quoi Monsieur et Madame Michu continueront à croire aux balivernes que veulent leur vendre les plus malins qu’eux.

    J’ajoute une remarque qui me semble avoir son importance, même si elle frise la métaphysique : certes la société productiviste n’a pas une once de sens, certes elle est nocive sur tous les plans, mais elle joue comme un palliatif efficace au vide existentiel et à l’ennui qui en résulte, ennui qui est particulièrement palpable dans nos provinces les dimanches où il fait moche.

    C’est en grande partie cette sensation de vide existentiel qui fait que tant de gens se ruent dans les grandes surfaces pour y acheter n’importe quoi, suraccumulent produits inutiles et gadgets jetables.

    Ajoutons que le but de tout individu, dans nos sociétés occidentales, est de “creuser son trou”, ce qui se traduit dans la novlangue crétino-libérale par “accéder à la classe moyenne”, au pouvoir d’achat de la “classe moyenne”, au pavillon avec jardinet et putain de haie de troènes pour famille “classe moyenne”, et à tout le faux luxe à crédit qui s’ensuit. L’échec dans cette entreprise se sanctionnant par l’indigne statut de locataire jetable, d’employé jetable, ou pire, d‘“assisté”.

    Ou alors…. ? Ou alors rien. Pas d’alternative valable à ce schéma pour le moment. Si ce n’est dans la théorie. Or, Monsieur et Madame Michu vous confieront volontiers qu’ils s’ennuient le samedi soir dans leur pavillon bordé de troènes quand ils ne sortent pas, et qu’il est hors de question de passer leurs dimanches à cultiver des patates bio dans leur jardinet pour sauver la planète pendant qu’il s’y déroule, ailleurs, des compétitions de Formule 1 et qu’elle est survolée par des jets et des chasseurs à réaction.

    PS : j’avais envie d’emmener ma compagne faire un tour en montgolfière. Je suis allé sur le site adéquat. Il m’en coûterait 398 € pour un petit tour au-dessus de la Durance.

    Comme disait un vieil ami curé : “il est long le chemin”…
    Pardon de cet aparté philosophique.

  • miha

    oh ! comme ça me dérange de lire que la décroissance ne peut pas être apolitique !
    même si j’admets les arguments avancés plausibles….

    pour moi, la décroissance doit être apolitique.
    je n’ai pas vraiment d’agurments, je le sens, c’est tout.
    comment dénoncer, changer un système si on adhère à son fonctionnement ?

    un énième parti politique ? des énièmes têtes de liste qui veulent être élues ?
    beurk…

    refaire le monde, oui - être les maîtres du monde, non
    et c’est ce que veut, peu ou prou, tout politicien.

  • miha

    alors, il faut dépasser les idées reçues, le formatage en ce qui concerne la \"valeur\" travail, le productivisme et pas ce qui concerne tout le système politicien ?

    ah ! je ne parviens à m'exprimer !
    pardon.

    non, non, non, ce n'est pas la bonne voie.
    la décroissance concerne tout le monde, c'est au-delà de tout ce fatras.
    la décroissance, c'est trop grave, trop sérieux, c'est de la politique, de la vraie, la noble politique.
    garder le langage des politiciens, c'est une erreur.
    \"gagner\" des élections, \"battre\" ses \"adversaires\", monter dans des sondages…. non, non, non…. c'est une erreur.
    la décroissance s'adresse à tous : les pauvres, les riches, ceux de droite, ceux de gauche…

    certains d'entre vous comprennent ce que j'essaie de dire ?
    quelqu'un pourrait l'exprimer mieux que moi ?

  • miha

    ah ! et puis :
    oui, changer d’auxiliaire !
    les décroissants ne sont pas bobo, ils ont bobo.

    bobo à l’humanité, bobo à la planète, bobo aux enfants qui meurent de faim, bobo aux exclus, bobo à toutes ces victimes de la croissance…

  • Anarchoïde

    @Miha : Ouais, je te suis. Tu fais la distinction entre la politique au sens étymologique de “gestion de la cité” et le politique, qui est la déviance du précédent, une discipline aux finalités vénales, se fondant sur telle ou telle idéologie pour nous vendre du mensonge et par ce biais, favoriser les intérêts d’acolytes.

    Ce que tu veux dire, en fait, Miha, c’est que l’idée de décroissance doit se passer d’idéologie, sans quoi elle restera une utopie comme une autre. C’est une philosophie résultant d’une prise de conscience. Comment transformer ça en matériau qui tienne la route, là est le problème. Il y a les conditionnements que tu pointes, mais il y a aussi l’insécurité sociale qui fait que, qu’on le veuille ou non, on est contraint de jouer le jeu.

    Ce que je pense c’est qu’on ne pourra pas envisager de sensibiliser le plus grand nombre à l’intérêt vital de l’idée de décroissance sans être venu à bout de cette insécurité sociale dont les conditions ont été mises en place et savamment planifiées de sorte à ce que cette insécurité devienne l’objet d’un chantage à la “marche ou crève”. En clair, tant que planera sur chacun l’épée de Damoclès de la chute ou de l’absence de revenu, et au-delà de “la mise à la rue”, qui est une mise à mort sociale, tant que planera cette menace il ne sera pas pensable de chercher à éveiller les gens à l’objectif de décroissance.

    Ce qui sous-entend que malheureusement, il va falloir encore quelque temps en passer par le politique. Mais ce n’est pas en mettant la pression avec des revendications de “pouvoir d’achat” qu’on va y arriver. La solution, Miha, je ne la détiens pas plus que toi, pas plus que personne ici, sans doute.

  • jameswest

    Très bon compte rendu comme d’hab. Perso, je ne sais pas pour qui je vais voter, j’hésite, je voulais m’abstenir et finalement non, ce serait faire le jeu du petit nain, mais je ne suis pas naïf, mon vote ne servira à rien comme ce fût le cas lorsque j’ai dit non au traité et que le nain nous l’a refourgué avec l’aide des “socialo” .J’avoue que je commence à en avoir marre de voter là où on me dit de faire et je commence depuis quelques temps déjà, à considérer que tout cela n’est qu’une mascarade. Sinon SuperNo c’est pas bien de se moquer des reste du cancer de Papymougeotte, on attaque pas les malades, c’est vilain.

  • miha

    merci, Anarchoïde, de me “traduire”.

    pour ce qui concerne cela :
    Ce que je pense c’est qu’on ne pourra pas envisager de sensibiliser le plus grand nombre à l’intérêt vital de l’idée de décroissance sans être venu à bout de cette insécurité sociale….”
    on peut y arriver en insistant sur le fait que l’insécurité sociale est le résultat de la croissance, justement, car c’est une évidence que personne, ou si peu de personnes, ne perçoit, pourtant.

    sans décroissance, pas d’avenir, il faut le comprendre et le faire comprendre avant qu’il ne soit trop tard.
    c’est vital, c’est tout.
    ce n’est pas une question de politique politicienne.

  • Zuluck

    @Anarchoïde
    “l’indigne statut de locataire jetable”
    “En clair, tant que planera sur chacun l’épée de Damoclès de la chute ou de l’absence de revenu, et au-delà de “la mise à la rue”, qui est une mise à mort sociale, tant que planera cette menace il ne sera pas pensable de chercher à éveiller les gens à l’objectif de décroissance.”

    Je pense que c’est bien cela, que c’est cette peur, davantage qu’une véritable adhésion aux valeurs de la société de consommation, qui a fait marcher droit tout le monde depuis quelques années, qui a créé notamment cette rage d’être propriétaire le plus tôt possible et à tout prix, “puisqu’on aura pas du boulot toute notre vie, puisqu’il n’y aura pas de retraite pour les actifs d’aujourd’hui,…”

    Maintenant que la bulle immobilière a explosé, que la crise financière commence seulement, et que tant de gens déjà ont perdu leur boulot et leurs ressources, on risque d’arriver très vite au point où une large partie de la population se retrouvera au-delà de cette peur, n’ayant plus rien à perdre.
    il n’y a qu’à voir ces futurs-ex-employés de Continental, qui disaient aux CRS “allez-y, tapez-nous dessus, on n’en plus rien à foutre”.
    Démunis, deviendront-ils décroissants, ou trouveront-ils d’autres solutions ?

  • J’ai appris hier soir que le chanoine de Latran
    vient demain à Nancy Les habitants du quartier de
    l’Hôpital Central ont interdiction de sortir de
    chez eux de 8h30 à 13H30 :
    http://www.npanancycomitemanufacture.com/

  • Freddi

    Merci encore SuperNo de ce CR n°2.

    Rien à ajouter aux différents commentaires si ce n'est que la la décroissance doit se vivre au quotidien. Pas nécessairement comme de nouveaux ascètes mais par des choix de ne pas acheter ceci ou cela au gré des pulsions que notre environnement économique nous y pousse.

    C'est un vrai plaisir de retrouver a minima cette liberté tout en l'intégrant dans une vision globale sur le société.

    Autant être acteur dans ce changement inéluctable plutôt quee de le subir

    • touchatout

      C’est un vrai plaisir de retrouver a minima cette liberté tout en l’intégrant dans une vision globale sur le société.

      Désolé Freddi, mais tu as été contaminé par la cuistrerie ambiante.

      Si tu veux dire « au moins », écris « au moins ». Si tu veux dire « au minimum », écris « au minimum ».

      A minima est une abréviation de a minima poena, extraite du jargon judiciaire, variété sui generis du jargon juridique.

      L’expression semble avoir été mise à la mode par quelque journaleux inculte qui veut faire genre, comme le fait Notre Princident, avec des expressions latines (qu’il les comprenne ou pas).

      Ne te laisse pas impressionner.

      Sinon, intégrer une liberté dans une vision, chapeau !
      La prochaine fois, on essayera la dérivée. ;-)

      C’était la minute pédante, il fallait que ça tombe sur quelqu’un.

  • véro

    Miha :

    en insistant sur le fait que l’insécurité sociale est le résultat de la croissance, justement, car c’est une évidence que personne, ou si peu de personnes, ne perçoit, pourtant. Sans décroissance, pas d’avenir, il faut le comprendre et le faire comprendre avant qu’il ne soit trop tard. C’est vital, c’est tout.Ce n’est pas une question de politique politicienne.

    Il est évident que la terre est plate, que le soleil tourne autour de la terre, que les femmes n’ont pas d’âme, de même que les animaux, il est évident qu’on ne peut pas faire autrement, que dieu existe, contrairement à la société qui elle, n’existe pas (cette chère Margaret !) , que les vieux ne devraient pas voter et que mon voisin est un crétin (liste non exhaustive). L’évidence n’a jamais été un argument … Va voir ce dessin, sous le lien : il est évident que les deux carrés ne sont pas de la même couleur :

    http://web.mit.edu/persci/people/adelson/checkershadow_illusion.html

    Normalement, je devais envoyer ce lien sur le billet des paradis fiscaux, mais j’ai pas eu le temps . J’en profite pour le replacer ! Niark

  • RiGeL

    Un seul mot : Merci

    C’est intéressant d’avoir des compte rendus de réunions aussi fournis, lorsqu’on n’a pas la possibilité d’y participer.

  • RiGeL

    @anarchoïd.

    Bien que je comprenne parfaitement ton désintérêt, voire ton dégout de la classe politique, il me semble que refuser de s’exprimer n’est pas la bonne solution.
    En effet, en refusant de voter, tu ne fais rien d’autre que laisser la place à ceux que tu combats.
    Pourquoi, à la place, ne pas faire toi même de la politique ? Même si la tâche risque fort d’être plutôt ingrate, et que tu risques de te faire traiter de tous les noms d’oiseaux par beaucoup, il me semble que tu aurais plus de chances de faire progresser les idées que tu défends qu’en te taisant comme tu le fais. En plus, t’aurais peut-être quelques électeurs, au final, ne serait-ce que sur ce blog.

  • NoviceNo

    Pour parler de décroissance énergétique : une info qui va réveiller les origines costarmoricaines de SuperNo.

  • chtilucru

    Le MODEM-CAP21 de service s’étant senti piqué, il se permet quelques remarques:
    -1- Comme rappelé dans cet article, aussi bien les “gentils coco” que les “méchants capitalistes” sont des productivistes acharnés. Donc le productivisme est encore une valeur partagée par la très grande majorité des politiciens de gauche comme de droite.
    -2- La révolution écologique qui seule peut nous sauver doit donc faire appel à des politiciens qui ont pris conscience des enjeux et des limites de notre planète, peu importe leur origine (qu’ils aient été productivistes de gauche ou de droite)
    -3- Ces politiciens doivent être suffisamment habiles pour ne pas choquer les electeurs avec un discours trop radical de décroissants s’ils veulent avoir une chance de se faire élire.

    Il faut donc arrêter de nous étriper dans des disputes stériles gauche-droite et dans du sectarisme qui conduit au rejet de l’autre sous pretexte qu’il n’a pas toujours été du même bord que soi !

    Je suis Conseiller Municipal et dans mon village, celui dont je suis le plus prôche et à qui je donne procuration pour mes votes en cas d’absence est proche du NPA. D’ailleurs il me donne lui même procuration en cas d’absence!
    Nous sommes les 2 seuls conseillers municipaux à avour compris l’urgence de la décroisance et celà transcende les partis d’origine.

    Ce qui compte c’est notre avenir à tous et si nous sommes d’accord sur le constat et les objectifs alors nous devrions pouvoir travailler ensemble pour révolutionner notre société.

    Si vous doutez encore de la révolution culturelle qui est en train de se faire au sein du Modem, alors lisez le tout nouveau livre de Corinne Lepage: “Vivre autrement”
    Son quatrième de couverture est je le pense suffisamment explicite:
    ” La crise économique et financière est une chance historique unique de changer notre système et de répondre simultanément à toutes les crises : énergétique, écologique, alimentaire, démocratique.
    Nous sommes à la croisée des chemins. Des forces extrêmement puissantes s’exercent pour que nous retournions au système antérieur avec un modèle de production et de consommation qui non seulement ne résoudrait rien mais ne ferait qu’accroître les crises présentes et à venir.
    Nous pouvons également changer de monde. C’est ce que propose ce livre.
    Les technologies, l’évolution des mentalités, l’évolution dans la représentation de ce qui nous parait souhaitable et désirable, le permettent. A nous d’accepter de penser et de décider autrement.
    Il nous faut imaginer le fonctionnement d’une économie réellement soutenable, sobre et reposant sur une création de ” mieux-être ” et non de ” plus-avoir “, dans laquelle la finance retrouve sa fonction originaire de financement de l’économie réelle, et qui repose sur la réduction des besoins en matières premières et énergies non renouvelables et sur un usage économe du sol. Le travail, la ville, l’alimentation, la mobilité, la connaissance trouvent de nouveaux modèles.
    Notre génération a la chance historique de pouvoir changer le monde. Le voudra-t-elle ?

  • miha

    oh ! Chtilucru ! ça me serre le coeur de voir tant de confiance mal placée.
    Le MoDem n’est pas mieux qu’un autre parti.
    “la politique autrement”…. et mon oeil !!!

    Quant à François Bayrou…. il ne mérite absolument pas qu’on lui soit fidèle.

    @RiGel : faire de la politique, c’est intégrer un système bon à jeter, donc le cautionner.
    Idem en allant voter

  • Anarchoïde

    @RiGeL : Faire de la politique, mouâââ ? J’y penserai en me rasant un matin où je déciderai de me raser, promis !

    @ Miha : Combien on en a vus, des oiseux qui crachaient sur la politique et les politicards et le pouvoir et le fric à longueur de brûlots, de sketches, de films, d’éditos ou de chansons, pour mieux chercher à se faire élire un peu plus loin par leur public et ses petits-neveux ou pire, traîner là où faut et y faire ce qu’il faut pour s’allier les bonnes crasses… grâces du pouvoir en place, quel que soit le degré de putréfaction dudit pouvoir ? Je ne cite pas de noms. Vous les avez tous en tête. Si votre mémoire vous fait défaut, regardez bien leurs lèvres, quand leurs belles trognes d’apôtres défilent dans les media : elles sont comme amidonnées.

    @Chtilucru : Siouplaît, m’sieur le Conseiller Municipal, quand tu nous parles de décroissance, au lieu de citer Corinne Lepage, au lieu de puiser tes références chez des gens et chez un parti politique dont tu sais que nombre d’entre nous leur accordent autant de crédit qu’à une promesse d’impresario, si TU nous disais ce que tu en penses TOI, dans TA langue à TOI, et de quelle façon TU la mets en pratique, l’idée de décroissance, au niveau des responsabilités qui TE sont confiées ?

    Je ne sais plus qui a dit “On ne bâtit jamais que sur des ruines”, et peu importe. Si on a quelque chose à bâtir, tous tant que nous sommes sur ce forum et autour, ce n’est pas avec les briques pourries et le mortier mal coulé qui précisément nous a précipités vers la ruine, tu saisis ? Alors c’est TON raisonnement à TOI que j’ai envie de connaître, pas celui de Corinne Lepage, pas celui tiré de la manoeuvre de captation du MODEM (faut qu’il fasse gaffe çui là, la loi Hadopi aura vite fait de lui couper le sifflet).

    @Freddi : tu l’as dit mon pote, ça commence par là. Pour fréquenter assidument les déchetteries, je peux dire que j’y vois, dans les bennes, bien des jolis gadgets que les grandes surfaces te fourguaient à prix balaises le Noël d’avant. Et que je récupère quand j’en ai besoin ou quand je sais que ça peut faire le bonheur de quelqu’un que je connais. Récupe, occase, petites annonces, le choix de vivre dans une belle région rurale où les loyers et la vie courante sont du genre low-cost et où les fonctionnaires ne sont pas trop chiants, pas de télé, pas de téléphone portable, pas de bagnole, pas l’ombre d’un crédit à la conso, le pain dur recyclé en pudding (les miettes c’est pour les piafs), les bouquins chez les bouquinistes et aux vide-greniers… etc. Moyennant quoi tu réalises déjà de fichues économies qui te permettent à l’occasion de voir du pays. Mon rêve ? L’autarcie. Subvenir à ses propres besoins alimentaire et énergétiques, cela pourrait être un objectif de pionnier de la décroissance, pas vrai ?

  • Jean

    Je viens de recevoir mon premier tract du P”S” pour la campagne de européenne.
    Il s’agit de battre Sarkozy et Barroso. Tous contre les libéraux…
    On leur avait pourtant dit en 2005 que pour le référendum sur le TCE c’était NON!Qu’ont-ils fait de ce NON majoritaire au Congrès l’année dernière? Ont-ils oubliés?
    J’ai comme l’impression qu’ils de foutent de nous aux P”S”?

  • RiGeL

    @miha

    faire de la politique, c’est intégrer un système bon à jeter, donc le cautionner

    Quelle bonne excuse pour ne rien tenter !
    La politique, c’est comme le reste, elle est ce que les gens en font. Si il y avait un peu moins de sarkos et un peu plus de d’anarchoïdes en politique, alors la politique ne serait peut-être pas ce qu’elle est. Mais c’est vrai qu’actuellement, un anarchoide en politique ferait figure d’extraterrestre.

    @anarchoïde

    Faire de la politique, mouâââ ? J’y penserai en me rasant un matin où je déciderai de me raser, promis !

    “lol” (désolé pour les puristes) Et sur ce blog, tu fais quoi selon toi ? le faire en réel ne serait pas forcément si différent… Sauf bien sur que tu toucheras probablement plus de monde… Et qu’il faudra te coltiner les explications aux réfractaires qui n’existent pas ici (j’ai pas dit que c’était facile de faire de la politique).
    Dur, donc, probablement, mais utile, ne serait-ce que pour tenter de changer ce système, que tu sembles haïr (à juste titre, d’ailleurs).

  • Anarchoïde

    @RiGeL : Sur ce blog, je prends part à une conversation amicale en différé. Cela ne me coûte que ce que je paie à SFR pour avoir une connexion wèbe en zone non dégroupée, soit 39,90 € mensuels que j’ai déjà du mal à payer. Je circule à pinces, je n’ai même pas de téléphone portable ni de télé, j’habite en zone rurale, à part ma compagne, qui nous supporte moi et mes extravagances depuis quinze ans, je ne vois pratiquement personne - ce dont je ne me plains pas, n’étant guère sociable. Les seules relations que j’aie sont des correspondants lointains, aussi raides que moi ou à peine moins. Franchement, pour se lancer en politique, c’est pas un peu mince ?

  • RiGeL

    Pour être élu député ou président si ! Mais on peut faire de la politique sans espérer être élu, juste pour forcer les gens à se poser des questions.

  • chtilucru

    @Miha et Anarchoïde
    C’est toujours plus facile de critiquer que d’agir.
    Il est temps maintenant de faire changer les choses et donc de s’engager en politique à tous les niveaux, y compris comme simple conseiller municipal de base dans un petit village comme moi.
    Il est possible de faire des choses concrêtes comme de donner la priorité à la sobriété energétique via l’isolation des bâtiments et à l’utilisation de produits locaux et écolo.
    Il est trés dommage qu’avec vos bonnes idées, vous passez votre temps à vous plaindre dans votre coin et à rejeter ceux qui n’ont pas toujours eu la même couleur politique que vous.
    La SEULE SOLUTION C’EST QUE TOUTES LES PERSONNES QUI SONT CONSCIENTES DE L’URGENCE DE CHANGER LA SOCIETE POUR UNE SOCIETE PLUS SOBRE ET RESPECTUEUSE DES INDIVIDUS ET DE L’ENVIRONNEMENT S’UNISSENT ET S’ENGAGENT EN POLITIQUE AUPRES DE PARTIS ELIGIBLES.
    SINON LE CHAOS ECOLOGIQUE OU REVOLUTIONNAIRE SERA POUR DEMAIN ET NOUS VIVRONS DANS UN REGIME TOTALITARISTE.

  • Enjolras

    @chtilucru

    De quel chaos révolutionnaire parles-tu ?

    Révolution est-il un mot tant connoté qu’il faille irrémédiablement en avoir peur ?

    Le catéchisme capitaliste a bien fonctionné…

    Quelle est la manière la plus juste et la plus souhaitable de nous libérer de la dictature actionnariale ?

    Le réformisme dans le cadre de Lisbonne ? Le réformise radical qui casse Lisbonne ? La reprise du pouvoir (et des medias) par le peuple ? Par la force ? Par les mots ? Par une marche pacifiste et symbolique ?

    J’avoue que je n’en sais rien. Toujours est-il que le viol démocratique que les élites européennes nous inflige depuis trop longtemps est devenu inadmissible.

    Donc, à ce titre, je considère comme inadmissible que les media et ses petits soldats classent dans l’opposition des partis (P”S” et Modem pour ne pas les nommer) qui ont voté de la même manière que la droite dure 97% des textes soumis au vote du Parlement Européen.

    De même, classer Val à gauche est une injure à l’intelligence.

  • RiGeL

    @enjolras

    De même, classer Val à gauche est une injure à l’intelligence.

    Et si ça n’était qu’à l’inttelligence…

    Quelle est la manière la plus juste et la plus souhaitable de nous libérer de la dictature actionnariale ?

    pour s’en libérer, je ne sais pas, mais j’ai une petite idée qui pourrait déjà mettre un drôle de bordel dans la fourmilière, qui m’est venue en écoutant une émission de Mermet. Un actionnaire, quel qu’il soit, a le droit d’assister à l’assemblée générale de la société dont il détient une/des action(s). Oui, même une seule ! c’est là que c’est drôle. Si 10000, ou même seulement 1000 ou 2000 personnes achètent seulement une action d’une entreprise cotée en bourse, et que ces 1000 ou 2000 personnes se pointent à l’AG de la société avec l’intention de manifester leur mécontentement, à votre avis, ça donne quoi ? Ca remettrait certainement pas le capitalisme en cause, mais ça, répété sur toutes les AG des sociétés du CAC 40, je crois que ce serait plutôt drôle. En fait, le plus drôle, c’est que ça resterait totalement légal. Après tout, le capitalisme nous pourrit légalement la vie, il serait assez juste que les citoyens lambda pourissent légalement la vie du capitalisme.

    @chtilucru

    C’est toujours plus facile de critiquer que d’agir.

    Ca c’est sur, mais pour prendre la défense (enadmettant qu’ils en aient besoin, ce dont je ne suis pas vraiment sur) de miha et anarchoïde, quelque part, ils agissent, même faiblement, en intervenant ici, et plutôt intelligemment. Bon, personnellement, je trouve que leur “clairvoyance” pourrait être encore plus utile en s’adressant à un public plus large, mais après tout, c’est leur choix.

    @Anarchoide

    En fait, je crois que le fait même que tu n’aies aucune envie de faire de la politique est la raison même pour laquelle je pense que tu devrais en faire. On sait que le pouvoir est une drogue dure pour laquelle certains de (la plupart de(tous les)) hommes politiques sont prêts à tuer (j’exagère ? Pas tant que ça). Quelqu’un qui n’a aucune envie, ni aucun besoin de pouvoir me semble de ce fait parfaitement à même d’assumer le dit pouvoir sans s’y accrocher à tout prix, et aura donc peut-être le recul nécessaire pour avoir une vision à plus long terme que les élections suivantes.
    Je pense que ça ferait pas de mal, des politiques avec une vision de la société à long terme.

    … Mais tout ceci n’engage que moi.

  • “Après tout, le capitalisme nous pourrit
    légalement
    la vie” : je n’en suis pas si sûre .
    Le hold-up actuel est il si légal .

    D’accord avec Enjolras :rien à ajouter au commentaire
    précédent .A propos de Val ,je crois bien que c’est fait pour France Inter (http://www.lesechos.fr/depeches/medias/afp_00147144-philippe-val-quitte-charlie-hebdo-et-rejoint-jean-luc-hees-a-radio-france.htm) AU SECOURS !

    Et chapeau Mr Anarchoïde pour votre style et cette façon de secouer les esprits .

  • Anarchoïde

    @ Turandot : MERCI.

    @ Chtilucru : Franchement je ne me vois pas aller draguer les “partis politiques éligibles”, fût-ce dans mon bled de chez bled. Non. Franchement pas. C’est comme si tu me conseillais de devenir moine, supporter de foot, bouddhiste ou membre du fan-club de Johnny Hallyday, tu vois ? Je sens qu’il y a comme une fâcheuse incompatibilité. Quant à devenir conseiller municipal, il faudrait déjà que je sois implanté quelque part depuis un certain temps. Or il se trouve que je déménage souvent, et que dans les villages comme partout ailleurs on ne prête qu’aux riches. Dans tous les bleds où je suis passé, on devient difficilement conseiller municipal quand on n’est ni du coin ni propriétaire, et en ville ce n’est pas mieux. La féodalité a encore cours dans notre vieux pays. C’est pour quoi le “chaos révolutionnaire” dont tu sembles avoir peur lui serait des plus salutaires… pour autant qu’il ne s’arrête pas en route, comme ce fut le cas en 68.

    Passons.

    @ RiGeL : Je te l’ai dit, on n’embrasse pas une carrière politique à l’aube du demi-siècle quand on est une sorte de nomade isolationniste comme mézigue, sans travail depuis des lustres, et sans l’ombre d’une thune. Ne te fie pas à ce que j’aime écrire et sache le faire sans trop de mal pour en déduire que j’ai la carrure d’un leader. Si c’était le cas, ami, j’aurais réussi dans ce que j’ai pu entreprendre par le passé, en matière de création notamment. Or j’ai échoué. Pourquoi ai-je échoué ? Parce que justement je n’ai pas les reins assez solides pour faire mon chemin dans ce monde-là. Je suis un créatif, sans doute, mais je n’ai rien d’un vendeur, je ne suis pas à l’aise du tout en public, je n’ai aucune aisance sociale, aucun goût pour la sociabilité. La seule chose dont je suis à peu près certain, c’est que si par un improbable miracle je détenais un jour une once de pouvoir, vu les idées que j’ai j’aurais tout intérêt à me planquer le lendemain, sous peine de me faire lyncher par 90 % de la population.

    Bon, siouplaît, on arrête de parler de ma petite personne, il y a des sujets plus passionnants, OK ?

  • Allez Anarchoïde! Raconte nous encore des histoires! Je ne te connais pas mais j’étais sûre que tu étais comme ça, timide?, un peu asocial, créatif, ça m’etonne pas non plus, je te vois bien dans ton champ de lavande à peindre tranquille, une brindille dans la bouche, au soleil du midi, sans horaire, sans contrainte, sans obligation, sans maison et sans sous! hihi, je me doute bien de ton étonnement face à ce déchainement de commentateurs qui veulent faire de toi un homme public!

  • RiGeL

    Ok, fin de la discussion “anarchoïd au pouvoir”. C’est raté, il prendra pas sa carte de l’UMP cette année pour se présenter en 2012.

    Aie ! Pas sur la tête !

  • pat

    salut super no je viens juste de trouver ton blog et je suis un peu comme toi avec la decroissance croyant mais non pratiquant. et en cemoment je traverse une grave crise existentiel car je suis commercial et evidement on me demande toujours plus ce qui est en cotradiction avec mes “croyances” mais que faire .
    Marié et pere de deux petits garçons je me vois mal leur dire j’arrete de travailler et on va eleve des chevre et vivre heureux tout les 4 (pardon pour le clicher)loin de ce monde qui devient fou. J’ ented deja mon fils me demander si il pourrat tjrs regarder mikey et inspecteur gadget sur gully.

    Existe t il un metier qui permette de faire vivre une famille raisonablement et qui soit en accord avec mes reflexion.
    Par exemple tu fait quoi toi comme job

  • miha

    oui, il doit bien exister des métiers qui permettent de vivre, de s’épanouir, en accord avec ses valeurs humaines… de moins en moins dans cette société essentiellement tournée vers le fric.
    avec un RME, revenu minimum d’existence on aurait le choix.
    revenu d’existence,hein… pas seulement survie.

  • Salut,
    Je découvre ce blog, je me sens en accord avec tes analyses, mais je fais une petite remarque. Tu expliques souvent que tu ne comprends pas pourquoi des personnes dont tu partages les discours sont dans des partis qui ne leur ressemblent pas.
    A propos de Laure Pascarel, dont tu apprécies le discours :
    \"toujours membre du Parti “Socialiste”. Comme dans un autre genre Gérard Filoche. J’ignore s’ils se sentent à l’aise dans leurs réunions avec DSK ou Manuel Valls…\"
    Idem pour Corinne Morel Darleux, dont tu te demandes ce qu'elle fait au PG dont le fonds politique est productiviste.
    Mais on ne s'engage pas en politique uniquement pour se retrouver avec des gens qui disent la même chose que nous. Pour promouvoir un changement radical de société, il est possible de se regrouper dans de petits mouvements dont l'audience est très limitée, mais avec lesquels notre proximité idéologique est importante. Il est également possible de promouvoir un tel projet au sein de grosses structures politiques, comme le PS, le PG, les Verts. L'intérêt, c'est de sensibiliser des gens qui ne sont pas proches de nous, mais qui ont une audience importante.
    Je ne sais pas quel engagement est le plus efficace, mais on peut faire l'effort de comprendre le point de vue et la démarche de Laure Pascarel ou de Corinne Morel Darleux.

  • @Pat
    Moi aussi je suis commercial dans l’informatique ! Mais je travaille dans une petite structure, dans le monde des logiciels libres, et personne ne me demande d’être un rapace, un winner ou je ne sais quelle autre foutaise… D’ailleurs la seule fois où je me suis retrouvé dans une des sectes des ex “big five”, ça s’est très très mal passé :roll:
    Mais Miha a raison, le RME est un bon début de solution à ce genre de problème…

    @François
    Bonjour et merci de votre visite
    Il ne s’agit pas de condamner, mais de poser des questions légitimes. Celle du parti encore faussement appelé “socialiste” en est une de taille. Et le départ de gens aussi éminents que Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou Corinne Morel Darleux avec force commentaires acerbes est bien la preuve que la question n’est pas si idiote que ça… Mais j’imagine fort bien que lorsqu’on a des idées aussi minoritaires, la situation n’est pas facile, et qu’il y a aussi des avantages à rester dans une grosse structure.

    Ensuite il y a la question pour l’électeur. Si je vote P”S”, puis-je sincèrement croire que ce sont les idées de Laure Pascarel qui vont s’appliquer ? Si je vote PG ou NPA, je vote pour qui ? Pour Corinne Morel Darleux (qui n’est pas en position éligible), pour Philippe Corcuff (qui à ma connaissance n’est pas candidat) ou pour des communistes productivites ? Il faut alors regarder la personnalité de la tête de liste de sa région…

    Bon, il faut que je trouve encore du temps pour parler des autres intervenants…

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