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Mar112009
23:36 (Vu 2597 fois)

Fais du bien à Bertrand…

Absolument fabuleux ! La morgue patronale en pleine lumière ! Naïfs qui faites mine de ne pas comprendre ce que les “gauchistes” reprochent aux patrons dans une société capitaliste, libérale et mondialisée, jetez vos œillères et ouvrez vos mirettes !

Je ne parle même pas de la suppression de 500 emplois par Total, juste après avoir annoncé 14 milliards d’euros de bénéfice en 2008… Ça fait 28 millions d’euros par licencié !

Non, ce soir c’est un syndicaliste CFTC de l’usine Continental de Clairoix (Oise), qui, à moitié vociférant, à moitié pleurant, hurle à la trahison : il y a trois ans, il avait dû accepter sous la contrainte le chantage de la direction d’augmenter le temps de travail (de 37h30 à 40h00) sous peine de délocalisation, et pourtant il vient d’apprendre que l’usine va fermer en 2010 et que les 1120 salariés vont être purement et simplement licenciés. Virés comme des merdes.

Glissons rapidement sur ces candides de la CFTC (dont le dernier “C” signifie “Chrétien”, et donc “je tends l’autre joue”) et de la CFDT (avec des “syndicats pareils, les salariés étaient vachement bien représentés !)  qui ont cru aux boniments d’un patron voyou, et ont sans doute succombé aux charmes d’une augmentation de 92 euros en guise de vaseline. Alors même que la fermeture de l’usine était probablement déjà programmée, en attente du premier prétexte. Voilà ce qu’il advient quand on cède aux exigences de mafieux sans foi ni loi…

Luc Chatel, dont le premier boulot est de lécher en permanence les culs adipeux des patrons les plus vils, en s’assurant que leur degré d’humidité reste constant, fait mine de s’indigner. Lui aussi ose le mot  “trahison”. De quel droit ? Quel est donc ce gouvernement qui, après avoir fait la danse du scalp autour des “35 heures” pendant des années, les a finalement réduites en poussière, ouvrant ainsi la voie aux patrons à la lippe dégoulinante de cupididité ? Bouffon ! Tartuffe ! Minus !

J’ai vu un salarié en appeler à Sarkozy… Le pauvre… Il n’a qu’à demander aux métallos de Gandrange ce qu’ils pensent de Sarkozy comme sauveur des salariés humiliés par leur patron milliardaire… Ou à ceux de Vilvoorde ce qu’ils ont pensé des boniments martiaux de Jospin… Ça fait belle lurette que les politiciens, de droite comme de “gauche” ont abdiqué devant les exactions patronales, et déversé de l’argent public en pure perte (enfin, pas pour tout le monde…)

Ce n’est pas le premier marchand de pneus à prendre ses salariés pour des truffes jetables. On a vu récemment Michelin à Toul ou Goodyear à Amiens. Pas de surprise pour ceux qui me lisent : c’est bien la centième fois que je répète que l’industrie automobile française et plus largement occidentale est foutue. Les usines ferment les unes après la autres, et ça n’est pas près de s’arrêter. Constructeurs, équipementiers, sous-traitants, chacun son tour !

Alors au lieu d’exalter la munificence de ces patrons qui seraient les seuls êtres dignes d’intérêt sur terre, au lieu d’envoyer Luc Chatel émettre une plainte de 3 décibels devant laquelle Herr Continental aura bien du mal à se retenir de pouffer, mieux vaudrait prendre acte de la triste réalité : la filière automobile est foutue, et plutôt que de gaspiller des milliards d’euros pour des prunes comme pour la sidérurgie et continuer à espérer l’avènement d’une hypothétique génération de “voitures vertes” qui sauverait les bidons et “relancerait la croissance”, il faut urgemment lancer un plan massif de reconversion pour tous ses salariés, à base de réduction généralisée du temps de travail (4 jours pour commencer), de solidarité salariale (fourchette salaire minimum/salaire maximum resserrée), d’agriculture bio, d’énergies renouvelables, de transports en commun et de rénovation de logements.

Dans le cas contraire, on se bornera à attendre les nouvelles fermetures, les nouvelles charrettes, les nouvelles statistiques catastrophiques du chômage… Et on en viendra tout de même tôt ou tard à la solution sus-énoncée…

Puissent ces fâcheux événements ouvrir les yeux des électeurs et ramener les gueux égarés dans leur maison naturelle : celle de la Gauche !

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26 commentaires à Fais du bien à Bertrand…

  • Superno a tout compris : réduction généralisée du temps de travail (4 jours pour commencer), de solidarité salariale (fourchette salaire minimum/salaire maximum resserrée), d’agriculture bio, d’énergies renouvelables, de transports en commun et de rénovation de logements…

    Concernant le deuxième point (resserrement salaire minimum/maximum), je soumets à votre réflexion le constat suivant. Il y a quelque temps, pour des motifs professionnels, j’ai dû me plonger dans un vieux Code fiscal (belge, version 1978).

    Le taux de l’impôt sur le revenu des personnes physiques était le suivant :
    - 6259 euros pour les 18592 premiers euros (33 %)
    - 47,5 % de 18592 € à 24789 €
    - 52,5 % de 24789 € à 37184 €
    - 57,5 % de 37184 € à 49578 €
    - 63 % de 49578 € à 74368 €
    - 69 % de 74368 € à 99157 €
    - 72 % au-delà

    Aujourd’hui, le taux est le suivant :
    - 25 % de 0 à 5705 €
    - 30 % de 5705 à 8120 €
    - 40 % de 8120 à 13530 €
    - 45 % de 13530 à 24800 €
    - 50 % au-delà

    Question : Monsieur M. (ancien directeur de banque franco-belge) gagne 2.000.000 d’euros par an. En supposant (ce qui est évidemment une simplification, puisqu’il bénéficie d’avantages non-taxés grâce à un tax planning rigoureux des consultants externes) qu’il paie l’impôt sur la totalité de ce montant, calculez la somme totale en 1978 et en 2008.

    Réponse approximative
    - 1978 : 72 % de 1.9 mio d’euros : 1.368 mio
    - 2008 : 0.95 mio

    différence : 418.000 euros

    Moralité : dans tout débat sur le salaire maximum, il faut impérativement faire intervenir la fiscalité. Et là, le combat doit être double :

    - combattre la circulation de l’argent liquide, qui permet le noir et donc de se soustraire à l’impôt (par exemple en rendant obligatoire les mouvements électroniques de fonds, quitte à nationaliser les sociétés de paiement électronique)

    - militer sans relâche pour une augmentation des tranches d’imposition des revenus les plus élevés (personnellement, mais je suis sans doute un indécrottable coco, un taux marginal de 95 % à partir de 250.000 euros de revenus ne me paraît ni honteux, ni scandaleux).

  • l'ours

    Lire de toute urgence le livre de Marie Louis DUBOIN: “Mais où va l’argent?” et consulter: http://economiedistributive.free.fr/
    voilà la direction à prendre.

  • Je suis peut-être hors sujet, mais vous connaissez ce truc là:
    http://sites.google.com/site/firefoxkarcherextension/

    :-)

  • Fab

    Si je suis grosso modo, plutôt d’accord avec le propos, je suis surpris par la conclusion !!
    Depuis quand la gauche détient la solution ??
    Tout comme la droite ou même l’extrême gauche, ils ne conçoivent leur salut que dans une croissance délirante à perte de vue, sans jamais remettre en cause les fondements du capitalisme, mais en ajustant un peu les modalités d’application.

  • @concombre
    Belle démonstration.

    @L’ours
    Sans avoir le temps pour l’instant de lire en détail, j’ai l’impression que cette théorie ressemble fort à ce que nous essayons d’imaginer sur ce blog ! Merci pour le lien, j’y reviendrai assurément !

    @Marc (et à Chalonnais qui m’a envoyé la même chose en privé)
    Z’êtes malades ? Vous voulez que mon blog soit tout blanc (déjà qu’il est tout noir !)
    Mais sinon c’est une super idée :lol:

    @Fab
    Attention, il y a une astuce : j’ai écrit Gauche avec un grand “G” ! Ce que j’entends pas là, c’est un parti plus ou moins utopique qui mettrait en oeuvre les valeurs de Gauche telles qu’elles devraient être (et ne sont hélas pas), avec deux composantes désormais inséparables : la composante sociale, et la composante écologique. Je n’inclus évidemment pas là-dedans le parti “socialiste”, ni les partis de gauche plus radicale qui sont archi productivistes, même si certains semblent vouloir se soigner…

  • J’ai écouté J.L.Mélenchon ce midi et il préconisait une fourchette de salaires allant de 0 à 20,ce qui parait raisonnable,mème de 0 à 10:Ex:Salaire minimum 1500euros,salaire maximum15000euros/mois,mais il faut pas réver,à part une révolution,les plus riches garderont leur argent et leurs privilèges!On pourrait peut- ètre aussi instaurer un plafond et un minimum de ressources par ménage.Quant à partager le travail,il faudra bien y arriver,déjà des gens de droite reconnaissent que si on s’en “sort” mieux que nos voisins européens,c’est gràce aux 35h!

  • Maderic

    Même l’astuce ne passe pas Superno, la gauche reste incarnée par le parti dit socialiste, et à tout prendre NS est plus respectable parce qu’il est dans sa logique (de merde d’accord mais c’est la sienne) que tous les “de gauche” qui désespèrent le peuple. La première des difficulté sera donc de mettre un nom sur ce que nous voulons construire pour demain.
    Pour le reste complètement d’accord avec toi, ça fait peur cette révolution mais j’ai adopté la citation d’un philosophe qui disait:”ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne les faisons pas, c’est parce que nous n’essayons pas qu’elles nous paraissent difficiles” (de mémoire mais l’esprit y est)

  • molex31340

    Chatel a même dit aujourd’hui qu’il fallait regarder les 3000 emplois que continental compte créer en 2009…
    C’est plus humidifier la rondelle la, c’est beaucoup plus avancé que ça !

  • delphy

    Deux remarques:
    - Les salariés qui ont dû accepter une augmentation des horaires sans augmentation des salaires contre promesses-bidons de non délocalisation, on en trouve partout. Et ceci c’est, en général, fait avec l’appui bienveillant des médias. il faut se rappeler les reportages “patriotiques” de France-Intox sur ces salariés “responsables” qui acceptent de travailler plus sans (être payés plus) contreparties. Alors pourquoi pas une petite louche sur nos amis les “journalistes”?
    - Pour le reste la décroissance, oui. Les ressources sont évidemment limitées. Mais ton article ne laisse aucune part à l’avenir, à la recherche! J’ai déjà essayé de faire passer que je ne croyais pas un seul instant en la voiture verte (ou électrique) dont les médias nous rabâchent les oreilles. Faut-il pour autant baisser les bras dans tous les domaines et attendre que nos amis américains nous apportent des “solutions” qu’ils auront réussi à mettre au point. Attention je ne pense pas un seul instant que la recherche résoudra les problèmes de changement climatique, je pense simplement qu’au point où nous en sommes un gouvernement responsable devrait mettre le paquet sur l’éducation et la recherche. Je pense aussi que lorsque le dernier baril de pétrole sera là, … ben on sera peut-être pas si copain que ça avec les américains! Bref je trouve ton dernier paragraphe nettement en retrait de ce qu’il faudrait faire!

  • @Delphy: Il n’y aura jamais de “dernier baril de pétrole”, mais des ressources toujours plus difficile à extraire (comprendre énergivore), en quantité toujours plus faible, et à un prix (financier et humain) toujours plus grand.
    Aujourd’hui, le pétrole est tellement bon marché qu’on le brûle ! Techniquement, un moteur à explosion peut tourner au Single Malt 12 ans (moyennant quelques modifs), mais le liquide est bien trop précieux pour ça. Quand le cuivre vaudra le prix de l’or, plus personne ne songera à l’utiliser pour les gouttières…

  • delphy

    Jide, on est d’accord. “Mon dernier baril de pétrole” était une façon de parler. Et ce qui est vrai pour le cuivre l’est pour beaucoup d’autres choses, l’uranium par exemple.

  • Oui, sauf qu’on fait pas de gouttières en uranium :-)

  • Vince

    Delphy :

    (…) les médias nous rabâchent les oreilles.

    Tu fais dans le milkshake ?
    Soit ils rabâchent, soit ils nous rebattent les oreilles.
    —————————————————————————-
    Sans transition : on m’a envoyé le lien vers ce clip que je trouve très sympathique du groupe L’Homme parle. Le morceau est intitulé La Crise. Je tente de mettre un lien direct, on va voir si le filtre apprécie le html… Sinon allez voir sur leur page ou sur Speculand.

    [Edit : je confirme : il n’aime pas le lecteur exportable de Dailymotion !]
    L’Homme parle - La Crise

  • @Delphy: oui, http://fr.wikipedia.org/wiki/Leap/Europe2020
    La notoriété de ce think tank semble discuté, ce qui ne veut pas dire que ce sont des charlots (ce qui ne veut pas dire le contraire non plus).
    @Superno: Les commentaires du billet d’aujourd’hui sont fermés ? J’avais plein de truc à dire sur les ours…

  • montanico

    Vous êtes tous des petits bourgeois! Et ce consensus mou entre vous ne témoigne pas d’une grande ouverture d’esprit. Vos solutions sont bidons, maintes fois râbacher par des intégristes écologiques. Et pendant ce temps-là si on applique vos théories les ouvriers peuvent creuver la gueule ouverte. Mais vous vivez tellement loin d’eux que vous pouvez vous permettre ce mépris. Allez c’est pas grave des gens comme vous j’en rencontre souvent. L’autre fois des gamins de 18 ans, parents profs, études universitaires en philosophie qui me râbachaient leur couplets sur un trotskysme à la besancenot version écologique. Et toujours ce même mépris pour les ouvriers…ils ne comprenaient pas que l’on puisse travailler comme des esclaves ces fils de bourg…

    La seule idée quui vaille c’est comment on met fin au chômage. Globalement par des politiques protectionnistes ( oh le gros mot!) qui doivent permettre la relocalisation de toutes les industries à fortes capacités de main d’oeuvre. Il faut bien sûr investir massivement dans la recherche. Et écologiquement parlant, je vous signale que si tout était produit en France, ou en Europe de l’ouest, ce serait cela être responsables (voire la taxe carbone).Pour finir, l’économie de la décroissance est un concept bancal. A mon avis, on deviendra écologiquement responsables si on s’enrichit. Car quand on est pauvre, les problèmes écologiques sont secondaires. A bonne entendeur salut!

    • Vince

      Bonjour Montanico.
      Alors, reprenons dans l’ordre :

      1) Je comprends votre hargne si vous êtes ouvrier (comme je pense le comprendre dans votre propos) ; ne nous la faites pas payer, nous n’y sommes pour rien si votre secteur d’activité bat de l’aile (c’est un euphémisme) ;

      2) Peut-être sommes nous tous des petits bourgeois, ça ne change pas grand chose au problème : l’industrie automobile, les filières de la plasturgie et tous leurs sous-traitants sont dans la merde et ne vont pas en sortir avant longtemps. Nous n’y pouvons rien, les ouvriers n’y peuvent rien, les patrons de ces boîtes, leurs actionnaires et autres fonds de pension n’y peuvent rien, les politiciens véreux ou pas n’y peuvent rien non plus. C’est fini, c’est tout, il va falloir intégrer cette dure réalité.

      3) Nos solutions (je m’associe ici à SuperNo) ne sont sûrement pas plus bidons que celles des Sarkozy, Obama et consorts qui nous flouent renflouent lesdites entreprises qui se cassent la gueule à grand renfort de milliards publics. Il faut repenser la civilisation. Celle-ci, reposant sur le pétrole bon marché a vécu. Si nous sommes des intégristes écologistes parce que nous disons des vérités qui dérangent, alors nous assumons. Et dans ce cas là nous sommes aussi des intégristes sociaux et humanistes. “Intégristes humanistes”, ça sonne plutôt marrant, non ?

      4) Il n’est pas question pour nous que les ouvriers crèvent la gueule ouverte. Nous sommes sincèrement navrés de ce qui se passe, mais comme dit plus haut, nous n’y pouvons rien. Une solution viable (sans doute en existe-t-il d’autres) serait de payer (employeurs actuels ? pouvoirs publics ?) des formations de reconversion dans des domaines humainement et socialement utiles (paysannerie, artisanat, domaine social, aide à la personne………. y a du potentiel !).

      5) Qu’en sais-tu que nous vivons loin des ouvriers ? M. Molex31340 est demandé au crachoir ! ;)

      6) J’avoue ne pas bien comprendre non plus qu’on puisse travailler comme un esclave. Enfin, qu’on le puisse, si, mais qu’on aime ça, ça m’échappe ! Tant qu’on travaillera pour l’argent (NB : ce n’est pas une attaque personnelle, mais une critique de cette société malade !), nos activités ne seront pas émancipatrices, constructives, socialement et écologiquement (l’un ne va pas sans l’autre, j’insiste !) responsables. Travailler pour du fric permet de justifier qu’on fasse des choses destructrices et indignes (travail à la chaîne, supermarchés…). “Faut bien gagner sa vie, hein !”. J’appelle plutôt ça “Perdre sa vie à gagner du fric”. Le boulot-conso-dodo, je crache dessus.

      7) Contre le chômage, y a des choses à dire - et à faire :
      - commencer par partager, notamment le boulot : allez, à partir de demain, tout le monde bosse 12h par semaine, y aura du boulot pour tous. Évidemment ça ne va pas tout seul : il faut un système de couverture sociale universelle, la même sécurité sociale pour tous, inconditionnellement.
      - limiter les salaires, en haut et en bas de l’échelle : fixer légalement un salaire minimum d’existence et un salaire maximum autorisé. Ce qui dépasse le maxi va dans les caisses communes, pour financer les biens publics/communs. On appelle ça, dans une véritable République démocratique, la redistribution.
      - sortir du capitalisme qui a besoin absolument du chômage, comme réserve de main d’œuvre et qui est totalement opposé à sa résorption.
      - par la relocalisation de l’économie, appelle ça protectionnisme si ça te chante. Tu le dis toi-même :

      “si tout était produit en France, ou en Europe de l’ouest, ce serait cela être responsables”

      . Pourquoi te mets tu en faux avec nous, alors que tu défends la même chose ?

      Et “pour finir” 8 ) Là, nos avis divergent passablement : certes, dans le système pourri actuel, quand t’es pauvre, tu penses d’abord à manger le moins cher possible. D’ailleurs beaucoup de pauvres réduisent particulièrement leur budget alimentaire pour pouvoir acquérir des biens de consommation de riches que la télé-qui-prépare-les-cerveaux-à-la-pub leur fait miroiter (téléphones portables, écrans plats, ipods, bagnoles qui roulent vite et autres conneries gadgets inutiles).

      Regarde les riches qui roulent en grosses bagnoles, voyagent souvent en avion, jouent au golf, etc… T’es vraiment sûr de leur responsabilité écologique ? Ah oui, bien sûr, il n’est pas question que le paysage derrière leur chalet dans les Alpes soit endommagé, parce que là ils deviennent écolo intégristes sur le coup !
      Il est urgent de tordre définitivement le cou à cette fausse idée, que manger bien (produits frais, locaux, produits écologiquement…) est plus cher que de manger de la merde : C’EST FAUX ET ARCHIFAUX ! Outre les coûts individuels, les coûts pour la collectivité ne doivent pas en être occultés. On payera tous les modifications climatiques dues en énorme partie au transport aérien et routier de marchandises ; la destruction des terres arables par l’agriculture de saccage intensif ultramécanisée et chimique menace notre survie : terres arables mortes = productions agricoles insuffisantes ! ; la dépollution des eaux de surface et souterraines coûtent très cher, et ce sont tes impôts qui la financent… etc etc etc. On pourrait développer longtemps.
      Et c’est la santé qui trinque, et celle des pauvres en premier ! Les pauvres sont plus concernés que quiconque par les problèmes environnementaux, puisqu’ils ont moins de moyens pour se soigner, CQFD !

      Allez, à bonne entendeur, reviens quand tu veux !

  • “A mon avis, on deviendra écologiquement responsables si on s’enrichit.”
    Tu as raison à titre individuel et à court terme.
    Mais quel sont les différences physiologiques entre un ouvrier et un bourgeois ?
    Aucune.
    Même incapacité à respirer sous l’eau, même sensibilité aux températures extrême, même intolérance aux métaux lourds …

  • Vince

    @ Montanico (et aux autres !)

    Pour approfondir et rebondir sur ce que je développais ci-dessus, allez donc jeter un œil attentif sur la Charte de la Havane (qui m’avait été signalée, si je ne m’abuse, par une fidèle lectrice de ce blogue), dont je vous livre un morceau de choix ici :

    Les objectifs du commerce international (art. 1 et 2). La charte établit des liens inédits entre commerce international d’une part, emploi et développement d’autre part.

    L’article 1 qui fixe les buts de celle-ci dit clairement qu’il s’agit « d’atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement ».

    L’article 2 précise que « la prévention du chômage et du sous-emploi est une condition nécessaire pour (…) le développement des échanges internationaux et par conséquent pour assurer le bien-être de tous les autres pays ».

    C’est l’exact contre-pied du discours néolibéral pour lequel le chômage est la « variable d’ajustement » de l’économie et qui nous assène que le développement du commerce international favorise la croissance donc l’emploi.

    Montanico, il me semble que nous nous retrouvons définitivement dans le même camp en lisant ce document, non ? Qu’en penses-tu ?

  • molex31340

    Je crois que montanico se trompe de camp et surtout de personnes…

    En effet, je crois qu’il ne faut pas confondre les produits soit-disant bio que l’on vend effectivement à prix d’or aujourd’hui dans les centres commerciaux (ou autre magasin que l’on trouve généralement dans les quartiers bourgeois des centre ville.) avec une réelle production respectueuse de l’être humain et de la nature qui n’a pas de raisons valable d’être plus cher que ce que l’on vous vend aujourd’hui (par ailleurs, l’alimentaire atteint aujourd’hui des sommets de prix. Je ne parlerais même pas comment sont produites ces denrées que nous consommons, ni des conditions humaines en terme de travail, ni de qualité de produit…)
    Le marché du dit “bio” aujourd’hui est en grande partie contrôlé, ou du moins distribué par la finance, et notamment ceux que l’on trouve dans cette grande distribution. Et effectivement, la finance cible aujourd’hui le bourgeois qui a les moyens de payer pour s’acheter une conscience “écolo”.

    Mais l’écologie n’est pas la préoccupation de la finance , c’est juste que cette finance a trouvé là le moyen de faire de l’argent facile, encore plus de profit tout en s’achetant une image (fausse quand on regarde dans les détails…).
    Un exemple pour l’automobile : la marque de luxe de Toyota, LEXUS… La supercherie est de taille. En effet, une de mes connaissances travaille chez Lexus et admet qu’il est honteux de vendre des bagnoles dites “verte” alors que ces dernières font 400CV, que le prix est exorbitant, que la futilité des gadgets présents atteignent des sommets (24 enceintes dans le dernier modèle…), et que de toutes façons, la majorité des Lexus qui se vendent sont des énormes 4X4, certes hybride, mais qui coute la bagatelle de 100 000 Euros et consomment en moyenne 20 litres/100Km (sans compter que ces voitures sont produites au Japon, et qu’il faut les faire venir chez nous…) Bref, ce marché a été crée pour le bourgeois qui s’achète là une conscience en refourgant son énorme BMW X5 contre une Lexus hybride !

    Mais le concept idéologique d’écologie et politique n’est pas celui ci qui est abordé dans ce blog (ou alors, je suis complètement à l’ouest..).
    J’invite donc montanico à lire plus en détails les billets de se blog, ainsi que les liens divers qu’y s’y trouve.

    Ensuite, je suis effectivement un ouvrier de chez Molex (Haute-Garonne) qui subit exactement la même injustice que les salariés de chez Continental (dont vous devez peut-être faire parti ?). Et je comprend donc tout à fait la problématique puisque le plan social chez Molex est en cours depuis le 23 octobre dernier… Et je peut vous assurer, pour être impliqué dans ce PSE, que le dialogue avec les politiques actuels est agaçant au plus haut point tant la connivence de ces derniers avec la finance mondiale est flagrante. Leur inaction face à ce ravage industriel, et ce depuis une 20ene d’années (si ce n’est plus), ne laisse place à aucun doute concernant le camp que nos politiques ont choisis !

    Le gros mot “protectionnisme”, Sarkozy et ses amis s’en foutent royalement et n’en veulent pas. Ce qui les intéresse, c’est de faire de l’argent facile avec le sacrosaint CAC 40 (ou autres), les ouvriers et les pauvres en général n’existent pas pour eux, ou plutôt n’ont pas de réel intérêt, sauf en cas d’élection (Sarkozy ne serait pas président si il n’avait pas récolté une grande partie des voix des pauvres…pouvoir d’achat, travailler plus, et toute ces conneries en sont l’illustration). Ils savent pertinemment qu’en produisant ailleurs, les profits n’en sont que plus conséquents automatiquement. A partir de ce constat, tant que notre monde fonctionnera sur le système économique actuel (et ce n’est visiblement pas prêt de changer), on ne pourra pas lutter contre ses injustices.

    J’avoue que je ne suis pas non plus un “écolo” dans l’âme, mais je reste malgré tout très inquiet sur la situation environnementale de notre planète. Surtout quand on regarde les dégradations que la finance mondiale inflige à notre planète depuis ces dernières années…

    Il serait complètement inconscient aujourd’hui de ne pas profiter de la crise économique actuelle et du bordel ambiant pour ne pas commencer à réfléchir à autre chose, ce qui est, si j’ai bien tout compris, le sujet des billets de ce blog.

    Les concepts abordés dans ce blog sont loin d’être dénués de sens et ne sont en aucun cas des concepts d’intégristes écologiques, mais bien une vision politique et économique en accord avec le respect de l’environnement.
    J’ai dans ma famille des personnes qui sont elles des intégristes écologiques, et effectivement bourgeoise. Leur raisonnement ne tiens effectivement pas debout, ou du moins s’adresse aux bobos de la région parisienne.

    Que tout le monde soit riche, ça serait possible si les privilégiés d’aujourd’hui acceptaient d’être moins gourmand.

    On peut également constater aujourd’hui avec cet exemple simpliste (c’est pour imager) :

    La planète compte 6,7 milliards d’habitants. Si on prend seulement les 700 milliards de dollars américains qui ont été versés pour renflouer les banques américaines, et qu’on les divisent par les 6,7 milliards de personnes qui vivent sur terre, cela équivaudrait à 104 millions de dollars par habitants…
    Si nous prenons le cas de la France et les 26 milliards € investis par notre gouvernement avec l’argent des contribuables.
    26 milliards pour 60 millions d’habitants
    Cela représente la somme de 433,33 millions d’euros par habitants.

    Bref, nous serons d’accord sur le fait qu’il y a un problème quelque part…

    • Vince

      Je me permets de rectifier :

      Molex31340 :

      (Sarkozy ne serait pas président si il n’avait pas récolté une grande partie des voix des pauvres…pouvoir d’achat, travailler plus, et toute ces conneries en sont l’illustration l’illusion !)

  • montanico

    J’ai lu attentivement vos remarques et la charte de la Havane que je ne connaissais pas. En effet cela rentre complètement dans l’idée que je me fais du commerce international et des rapports de coopération entre nations.C’est très bon et finalement mal connu par la quasi-totalité des peuples, et certainement de nos dirigeants…
    Pour le reste, mon intervention était plus un billet d’humeur contre certains ici et sur le site de marianne qui en affichant leur mépris cachent leur penchant ultra-libéraux libre-échangistes de gauche ( c’est pour moi encore pire que les libéraux de droite). Les commentaires du genre” c’est bien fait pour leur gueule” ou “il faut faire tout produire à l’étranger, ça coutera moins cher car ces français sont des bons à rien” ça me fiche un cafard pas possible.
    NE JMAIS OUBLIER QUE DERRIERE CES MULTINATIONALES, CES PATRONS, TRAVAILENT DES OUVRIERS, qui quoi qu’on en dise font bien leur boulot, souvent mal payé. Quand vous achetés un produit il y a des hommes qu’ils soient français, tchèques ou chinois d’ailleurs.
    Cet état d’esprit, qui bien sûr je l’espère n’est pas majoritaire en France explique une partie du problème. Nos parents ou nos grands-parents savaient pourquoi il fallait plutôt acheter renault, peugeot, michelin, moulinex, seb j’en passe et bien d’autres: car c’était français, ce qui voulait dire des millions de travailleurs français qui travaillaient. Et ils en étaient fières… De nos jours, quand on dit français, c’est ringard, certains ont honte, typiquenent des libéraux pure souche, j’en connais un paquet, bizarrement nombreux chez les moins de 30 ans. Les jeunes sont soit trotskistes, soit libéraux. Entre les 2 c’est le désert intellectuel.
    Personnellement, moi et certains de mes amis avons l’intuition que LE PROTECTIONNISME ( dont la dose doit être définis en fonction de nos besoins vitaux) est une des solutions d’avenir. J’aimerai qu’elle puisse s’organiser au nieau européen (on peut toujours rêver), qu’il n’y ait plus ces dogmatismes ultra-libéraux à la commission de Bruxelles, en Allemagne et bien sûr en France.

    Le protectionnisme pourrait s’organiser au niveau douanier, mais pas seulement.
    J’appellerai cela un néo-protectionnisme où l’on pourrait envisager des protections sociales, fiscales, monéaires, salariales et surtout environnementales ( c’est là en faite où je vous rejoinds). Cette dernière me semble la plus réaliste à très court-terme, car les allemands sont extrêmement tentés par ce genre de mesures qui pourraient englober une super taxe carbone qui prendrai en compte l’ensemble de la pollution dégagée par la création et surtout le déplacement de tout produit( le problème étant que les allemands sont totalement liés aux Chinois dans cette affaire qui leur permet de conserver une balance comerciale ultra-créditrice au prix d’efforts collossaux, d’astuces protectionnistes et surtout aux dépends de la France). Je ne vous raconte pas les conséquences sur la mondialisation libre-échangiste! Il faudrait aussi créer un commerce équitable à la française, le promouvoir, l’encourager, faire un appel à tous les citoyens que nous sommes pour orienter nos dépenses différemment.
    L’hypocrisie de la mondialisation libre-échangiste, notamment à Bruxelles, c’est de faire croire que le protectionnisme douanier est honteux et dangereux alors que le système néo-libéral accepte d’autres formes de distorsion au sein du marché commun: on appelle cela du dumping (social, fiscal et monétaire). Ce sont des formes de protectionnismes inversés tout à fait tolérés, faute d’accords au niveau de l’union et c’est logique! Comment faire accepter cela à la Tchéquie, à la Pologne ou à la Slovénie… J’ai d’ailleurs appris que récemment la Pologne et la République Tchèque avaient dévalué leurs monnaies de 30%! Et personne n’a rien dit. Quand on fait le plan de sauvetage des banques, à nouveau on viole les règles de l’Europe, quand on ne respecte pas les critères de Mäastich, et c’est le cas de la plupart des pays de la zone euro, Bruxelles commence mollement à réagir. L’Europe est morte, vive l’Europe!

    Voilà une partie de mes réflexions, qui sont tout à fait en adéquation avec vos idées écologiques mais qui n’oublient pas que nos civilisations, nos démocraties doivent d’abord partir de l’homme pour aller vers la nature, d’où mon insistance acharnée à penser à notre production nationale car la formation, les services et les métiers de demain ne suffiront pas à faire travailler tous les français. Nous avons impérativement besoin de ces industries à forte mains d’oeuvre, car penser le contraire c’est promouvoir les doctrines ultra-libérales anglo-saxonnes qui viennent d’exploser en plein vol.

    • Vince

      Montanico :

      (…) le site de marianne qui en affichant leur mépris cachent leur penchant ultra-libéraux libre-échangistes de gauche (…)

      Arrête-moi si je me trompe, mais Marianne est plus Moudem que gauchiste… donc effectivement ultra-libéral libre-échangiste.

      (…) billet d’humeur contre certains ici (…) Les commentaires du genre (…) “il faut faire tout produire à l’étranger, ça coutera moins cher car ces français sont des bons à rien” (…)

      Alors là, je te demande bien où tu as lu ça sur ce blog !?! Pour pas mal connaître la maison, je puis t’assurer que ce n’est pas dans les propos du taulier ou des habitués que tu auras entendu de telles inepties.

      Les jeunes sont soit trotskistes, soit libéraux. Entre les 2 c’est le désert intellectuel.

      Allons donc ! Merci pour le touareg de 25 ans que je suis. Je ne suis pas plus trotskiste que libéral, et j’ai la prétention d’avoir un niveau de réflexion politique qui dépasse, ne fût-ce que de quelques centimètres, le niveau du reg.

      Je te saurais gré de faire preuve d’un peu d’honnêteté intellectuelle. Si un grand nombre a, certes, la conscience politique frisant la moquette, merci de ne pas en faire une généralité.

      (…) penser à notre production nationale car la formation, les services et les métiers de demain ne suffiront pas à faire travailler tous les français. Nous avons impérativement besoin de ces industries à forte mains d’œuvre, car penser le contraire c’est promouvoir les doctrines ultra-libérales anglo-saxonnes qui viennent d’exploser en plein vol.

      Donc, si te t’entends bien, promouvoir une agriculture paysanne à taille humaine (= plusieurs millions de petites fermes au lieu de quelques milliers d’exploitations agricoles industrielles) nécessitant une main d’œuvre nombreuse, faible utilisatrice de machinisme et de produits chimiques (ceci impliquant cela), c’est “promouvoir les doctrines ultra-libérales anglo-saxonnes”. Pince-moi je rêve. Prends garde à ne pas tout mélanger et ne pas trop simplifier nos propos.

      Ceci étant dit, il me semble que nous sommes bien dans le même camp et partageons essentiellement des aspirations socio-économiques similaires. Ne lâchons rien !

  • @Molex31340 : Vérifie tes chiffres, ya comme qui dirait quelques (6) zeros en trop…

  • montanico

    à Vince
    Je ne parlais pas des journalistes de Marianne, pour lesquels j’ai beaucoup de respect, mais des commentaires d’internautes sur l’article de superno sur le forum de Marianne. Car je te signale que le début de l’article est disponible sur leur site…
    Concernant le reste, je préfererai que tu avances plus précisément tes idées, plutôt que de critiquer les miennes. Tu as le droit mais mouille- toi un peu plus.

    Enfin je me rends compte qu’il n’est pas toujours aisé de faire passer certaines idées, surtout si tu déformes mes propos. Par exemple quand je dis que les investissements dans les métiers futurs et dans la formation ne suffiront pas à faire travailler tout le monde, tu me réponds que tu es pour la création de millions de petites fermes. Mais je n’ai jamais dis le contraire! Ce que je disais n’a rien à voir avec cela.
    PS: Marianne n’est pas MODEM. C’est Jean-François Kahn qui l’est. Chez Marianne des gens de tous bords sont acceptés.

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