C’est la légitime question que je me suis posée en apprenant que nos grands amis de Poweo venaient de s’incruster chez Carrefour, dans un accord selon lequel Carrefour vendrait à ses pousseurs de caddies de l’électricité et du gaz revendus par Poweo, qui elle-même l’achète à EDF ou à GDF (désormais Suez). Vous suivez ?
Comment les acteurs du libéralisme peuvent-ils nous faire avaler de telles aberrantes âneries ?
Poweo, que de récentes rumeurs donnaient à vendre, et qui malgré une hausse de 59% de son chiffre d’affaires en 2008 perd toujours du pognon, cherche à tout prix à harponner de nouveaux pigeons clients qui augmentent la valorisation boursière de l’entreprise. Ils pensent qu’à cet effet les galeries commerciales de Carrouf sont un bon emplacement de racolage pour leur douteux commerce…
Je suis de plus en plus convaincu que les hypermarchés ne sont pas seulement l’un des maillons d’une chaîne nuisible : ils en sont le noeud, la pierre angulaire. Détruisons ces temples de la con-sommation, et nous changerons le monde. Et quand je dis “détruisons”, c’est bien sûr une image : nous sommes pacifistes, et nous avons en outre tous besoin de manger ! Mais nous pourrions remplacer ces hydres capitalistes et leurs centrales d’achat toutes puissantes (et domiciliées en Suisse), qui exploitent leurs salariés, pressurent leurs fournisseurs et assomment leurs clients; par ce qu’elles ont détruit, c’est à dire des commerces de proximité, marchés et foires qui pourraient faire revivre jusqu’au petit village.
Au lieu de ça, ces mastodontes ont transformé le pays en suite de “zones commerciales” hideuses, inhumaines, tristes à mourir, et bourrées de pub, auxquelles on ne peut accéder qu’en bagnole, et qui, sous leurs enseignes criardes revendent désormais principalement de la bouffe industrielle et des babioles superfétatoires fabriquées en Chine.
Et voilà que Carrefour, qui vend déjà des voyages, des “services financiers”, des billets de spectacle, de la musique et des films à télécharger, des abonnements téléphoniques (en parasitant déjà le réseau de l’ex-opérateur public et historique Orange) prétend désormais nous vendre de “l’énergie”, comme s’il s’agissait d’une boîte de petits pois ! En attendant sans doute de nous vendre père et mère, la peau de l’ours, ou la planète Mars si on les laisse faire.
Ces profiteurs prospèrent grâce à la déréglementation prônée par les traités européens, créant une longue chaîne parasitaire entre le producteur et le consommateur.
Dans cette chaîne, les deux seuls maillons utiles sont justement le producteur et le consommateur. Mais le producteur est méprisé, son travail rabaissé, il est mis en concurrence avec la planète entière. Le consommateur quant à lui se fait tondre, et achète hors de prix de la merde venue d’on se sait où et traitée on ne sait comment. Producteurs et consommateurs ne servent en fait qu’à faire vivre plusieurs strates d’intermédiaires, ces chancres prétentieux, un remake de “la mouche du coche” dans laquelle la mouche vendrait une licence au cocher et rançonnerait les voyageurs. On en a de beaux exemples bien didactiques avec les fruits et légumes ou la bidoche, dont les prix à la production sont au plus bas, alors que les prix de vente chez Carrefour et ses potes sont au plus haut.
Mais revenons à nos parasites de l’électricité. “Carrefour Electricité Eco Planète by POWEO”: que ça s’appelle. “100% d’électricité verte certifiée au même prix que les tarifs réglementés avec les deux premiers mois d’abonnement offerts“…
Carrefour ne recule devant aucun moyen, même et surtout les plus vils, pour se faire passer pour un bienfaiteur de l’humanité ! Ils promettent au pigeon qui ferait l’erreur de leur accorder de l’importance de lui vendre de l’électricité “verte, 100% renouvelable”. Ben voyons ! Quelle hypocrisie ! Les éoliennes représentent à peine plus de 1% de la production d’électricité en France, et dans les énergies renouvelables, seule l’hydraulique en produit une quantité non négligeable (moins de 10% tout de même et son développement est limité).
Je ne ne vois pas comment Carrefour pourrait tenir sa promesse ! Il est bien évident que le pigeon l’abonné, dont l’installation EDF actuelle ne subira aucune modification, sera branché au réseau “normal”, et consommera statistiquement de l’électricité à 80% d’origine nucléaire, comme les copains !
L’escroquerie apparaît un peu plus bas, en petits caractères :
“Pour chaque MWh consommé, POWEO s’engage à acheter 25% ou 100% d’électricité verte sous la forme de certificats verts. Opération attestée par Observ’Er, (institut d’émission français au sein du système de certification européen des énergies renouvelables RECS – Renewable Energy Certificate System).”
Comment fonctionnent ces certificats ? Exemple : EDF produit 700GWh par an à l’aide du barrage de Serre-Ponçon (on pourrait discuter ce fait, car EDF utilise les capacités inutilisées des centrales nucléaires (la nuit par exemple) pour actionner des pompes électriques qui “remontent” l’eau en amont des barrages. Sans ce stratagème, la production purement hydraulique serait moins importante…). EDF voit son “certificat RECS” crédité de 700GWh.
Là-dessus arrive Poweo, qui achète mettons 100GWh d’électricité à EDF. Il s’agit bien évidemment d’électricité de provenance mélangée, et donc statistiquement à 80% nucléaire.
Mais comme Poweo achète le certificat de 100GWh correspondant, il en devient propriétaire et peut donc proclamer qu’il revend de “l’électricité verte”. Vous saisissez la nuance ? C’est à peu près aussi réaliste que si vous alliez chez Carrefour, que vous repériez un lot de 3 paquets de gâteaux dont un gratuit, que vous en extrayiez le paquet censément gratuit, et que vous refusiez de le donner à la caissière en arguant de sa gratuité. Le vigile vous ferait rapidement comprendre ce qu’il pense du procédé !
Le client sera-t-il assez con pour croire que Poweo/Carrefour va construire exprès pour lui une éolienne sur laquelle il va brancher son appartement ou sa maison, tout en en concevant une grande fierté dont il fera part à ses collègues de travail devant la machine à café ? C’est manifestement le pari de Poweo et de Carrefour. La spéculation sur la connerie semble avoir de l’avenir…
Carrefour souhaite ainsi se donner à peu de frais une “image écolo”, alors qu’il s’agit d’un parrain de la con-sommation, d’un monstre de la pollution (matérielle et mentale), qui avec ses 15000 magasins (dont 1200 hypermarchés), répand le consumérisme dans 30 pays, générant au passage un chiffre d’affaires supérieur à 80 milliards d’euros, ce qui en fait le numéro deux mondial de ce domaine derrière l’américain Wal-Mart.
Quant à Poweo, ils sont surtout connus, outre pour leurs méthodes de vente par ruse quand ils se font passer pour des agents EDF auprès de petits vieux, pour leurs projets de centrale à gaz voire au charbon (un projet récemment et heureusement abandonné!), énergies fossiles en voie de disparition (surtout le gaz) dont la combustion émet du CO2 par millions de tonnes, contribuant ainsi de manière majeure au réchauffement climatique qui est sans doute le problème principal pour la survie de l’humanité. Comme écolos, ils repasseront.
Mais la question principale demeure celle-ci : qu’est-ce que ces deux incroyables parasites sont venus foutre dans le business de l’énergie ? N’est-ce pas là une nouvelle preuve par A+B de l’ineptie du système libéral ?










@superno :
et
et qu’est-ce qu’ils sont venus foutre dans le domaine de l’alimentaire ? (juste pour dire que ton image est une drôle d’image… j’en connais qui ont démonté des fast-foods pour moins que ça
)
Metz et Forbach : vie commune.
@Bou
Carrefour-Energie, ça vient de sortir. Le premier magasin Carrouf a si je ne m’abuse ouvert en 1960 : je les ai toujours connus, et c’est pour la plupart d’entre nous quelque chose d’établi. Ce billet rebondit sur une actualité !
Cela dit tu as entièrement raison, quoi qu’ils vendent, c’est une aberration…et c’est ce que je dis en proposant de les “détruire” !
J’avais pas eu de news depuis quelques temps, mais Poweo a abandonné son projet de centrale à “charbon propre” (sic) au Havre, début décembre 2008.
Mais ils maintiennent un projet de centrale à gaz au terminal méthanier d’Antifer, près du Havre toujours.
Voir ici le Powerpoint de Poweo sur cette centrale abandonnée:
http://www.dauphine.fr/cgemp/Manifestations/charbon31mai/michel_31mai.pdf
Ouais, la concurrence c’est bien. PAs d’échappatoire, se poser la question est faire preuve d’un activisme coupable.
Quand j’étais jeune, dans ma bonne ville natale, il y avait un gros centre de recherche des PTT. Plus de 2000 emplois. Et juste en face un gros centre de recherche et de fabrication d’Alcatel, fournisseur n°1, plusieurs milliers d’emplois aussi. Et la SAGEM, et la SAT, et Philips etc…
Et à cette époque la PTT était riche, Alcatel et les autres étaient riches. Et les gens qui y travaillaient étaient riches.
Heureusement il n’en va plus de même aujourd’hui. Alcatel est ruiné, SAGEM vivote, Philips a revendu son antenne, et Orange cherche à tout prix à fermer son site de recherche (ça rapporte rien la recherche !), et à licencier autant qu’ils peuvent de toute façon.
On est passé d’une insoutenable position où le monopole créait de la richesse partout (y compris dans les sociétés privées), à une situation concurentielle où plus personne n’a d’argent. Enfin si, l’argent est bien quelque part, mais pas dans la poche des gens en tout cas. Pas de 99,9% des gens je veux dire.
Excellente article! Merci pour la révélation d’une des innombrables supercheries de Poweo.
Quant à Carrefour Energie, rien que le nom c’est pitoyable.
Qu’ils commencent déjà à recouvrir le toit de leurs magasins par des capteurs solaires.
On verra ensuite comme on les nommera
Intéressant, ton article sur Carrefour et Poweo, (que j’ai d’abord lu dans Marianne…), mais une inquiétude me vient : quand on révèle ainsi au grand jour des “vérités qui dérangent” sur des entreprises archi friquées (et qui peuvent donc se payer de bons avocats), ne risque-t-on pas des ennuis avec la justice ? Jusqu’où peut-on aller trop loin tout en restant à l’abri de poursuites judiciaires ?…
Carrefour,Powéo et un petit paquet d’autres pleines de fric polluent la planète!Mais si les producteurs(locaux)arrivaient déjà à vendre leurs produits aux consommateurs(locaux egalement)sans passer par les intermédiaires qui se remplissent,et se sont toujours remplis,les poches,si les hypers marchés y perdraient,d’autres y gagneraient!Après tout,personne ne nous force à acheter des produits made in china!Quand j’étais jeune,on labourait,plantait (par ex)des pommes de terre,on les arrachait les triait,les mettait en sac et allions les vendre,avec notre tracteur,à un “grossiste” du pays qui nous les payait(c’est déjà loin)10 centimes(francs)le kg.Il les revendait ensuite à l’épicier du coin 30centimes(et ce dernier venait lui- mème les chercher!)et enfin le client de l’épicier venait lui “donner”40centimes pour son kg de patates!Celui qui s’en mettait plein les poches était celui qui en faisait le moins!On ne pratique plus pareil maintenant,mais c’est pire car c’est à une échelle mondiale!
EXCELLENT !
Belle clairvoyance et satisfait que les gens ouvrent enfin les yeux…
De formation économique (dans le sens pur du terme ne pas confondre avec la finance), ce cas m’amène à me demander pourquoi certains mécanismes économiques ne fonctionnent plus, en particulier ceux de la concurrence …
En effet, la GMS (5 acteurs de la grande distribution) en situation de monopole sur les prix, s’entend sur les prix, de tout évidence, pour dégager des profits exponentiels, incontrolables, sur des holdings installées dans des paradis fiscaux, tout en pressurant des fournisseurs qui n’ont d’autre choix pour continuer d’exister que de délocaliser en mettant des gens dans la misère en France.
Pourquoi n’y-a-t-il pas de nouveau concurrent sur tous les marchés d’une manière générale ?
Tout simplement parce que les moyens financiers sont durablement bloqués entre les mains de quelques banques et que tout le système du financement est entre les mains d’un monopole d’ETAT, OSEO ex ANVAR (EPIC), qui bloque toutes les innovations pouvant entamer les parts de marchés captives des multinationales.
OSEO vous connaissez ?
Cette crise économique correspond à une fin de cycle économique décrit par Kondratieff et expliquée par Schumpeter.
Il faut que nos politiques relisent d’urgence Schumpeter et ouvrent les yeux.
Il s’agit d’une destruction-créatrice qui devrait déboucher sur des innovations (respectueuses des générations futures), si tant est que les innovations puissent-être financées…
Or, force est de constater que le gouvernement, en s’entêtant à financer le secteur automobile, qui n’a pas voulu innover, préférant distribuer des dividendes à court terme plutôt que d’investir à moyen et long terme dans de réelles innovations, commet une grave erreur, à double titre puisque l’une de ces entreprises, Renault, a implantée sa holding dans un paradis fiscal, les Pays Bas …
Est-ce logique que l’argent des contribuables et entreprises françaises aille financer une entreprise qui a implantée sa holding dans un paradis fiscal pour échapper à l’impot qui est pourtant la source de l’aide qu’il perçoit ?
Par ailleurs, s’entêter à financer et à maintenir sous perfusion financière un système et un mode de production devenu obsolète ne risque-t-il pas de nous faire passer à coté des innovations qui sont nécessaires (retard technologique) faute de ressources financières leur permettant de se développer ?
Il existe une technostructure en France chargé de l’innovation, en situation de monopole, elle s’appelle OSEO (ex ANVAR)…
Mais que fait OSEO ?
OSEO, qui bénéficie d’un budget de 4,8 milliards d’euros (tout de même !), finance des entreprises telles que Valeo (clientélisme) ou des agences de voyage (Les Échos du 5 février 2009)…
Concernant Valeo, OSEO réalise une de ses plus belles innovations puisque, tout juste après avoir encaissé 61 millions d’euros d’OSEO le 18 juin 2008, Valeo a supprimé 1600 emplois en France, ce qui correspond à une aide d’OSEO de 38125 euros par emploi supprimé !…
Il est vrai que si Valeo avait autofinancé ses licenciements, ses distributions de dividendes auraient été amputées d’autant, alors que la crise a cet incomparable avantage de permettre toutes les justifications, même les plus indécentes, la preuve !
Hormis que le financement des agences de voyage peut permettre à OSEO de justifier d’agréables séjours dans d’exotiques paradis fiscaux (…), ou se situe l’innovation dans ce type de financement ?…
Dans le plus pur style des dictatures africaines, OSEO s’auto-satisfaisait de son “bilan” dans Le Moniteur (http://www.lemoniteur.fr/P_article.php?id_DAM=647555 ) …
Quel bilan ???
Le financement des agences de voyage ou celui de Valeo ?
Mais qu’en pense donc, un avis un peu plus impartial qu’OSEO jugeant ses résultats, la Cour des comptes par exemple et le Sénat ???…
Pour vous faire une idée, rendez-vous sur le site du Sénat (pourtant peu enclin à faire de l’esclandre) et sur l’enquête sénatoriale qui a concernée OSEO (ex ANVAR), intitulée “l’ANVAR (OSEO) une gestion à l’envers”, à l’adresse suivante :
http://www.senat.fr/rap/r06-220/r06-220.html
De qui se moque OSEO (ex ANVAR) ?
Si le bilan d’OSEO est si bon, pourquoi OSEO ne fait-elle pas preuve de plus de transparence dans ses choix et dans ses décisions d’octroi d’aides et de labellisation ?
Au lieu de donner une « fourchette » (…), si large qu’elle ne veut rien dire, pourquoi OSEO ne nous donne-t-il pas un tableau sur 4 colonnes reprenant les informations suivantes beaucoup plus intéressantes :
- 1ère colonne : date d’octroi
- 2ème colonne : nom de l’entreprise
- 3ème colonne : montant octroyé
- 4ème colonne : bref descriptif du projet d’innovation soutenu
Ne serait-ce pas plus simple, plus transparent et plus efficace mais, peut-être, plus … dangereux pour OSEO ?
Le problème c’est que vouloir “administrer” l’innovation, c’est déjà en soi une erreur grave, mais en plus vouloir l’administrer par des technocrates et des hauts fonctionnaires, c’est-à-dire des gens qui, hormis de prendre l’ascenseur (…), n’ont jamais pris le moindre risque, ni créé, ni entrepris en France, ne conduis que dans une impasse, une accumulation d’erreurs et des gabegies sans fin pour ne pas dire plus, quant on pense à Valeo et aux agences de voyages…
Le monopole du financement de l’innovation d’OSEO bloque toutes les innovations dans l’unique but de maintenir captif les marchés des multinationales dirigées par leurs camarades de promotion de l’ENA.
Les conséquences pour la France se traduisent par une accumulation de retards technologiques, une compétitivité en berne, une balance du commerce extérieur en constant déficit, un endettement qui explose pour combler les déficits et qui génère une fiscalité à croissance, quasi exponentielle, pour rembourser l’endettement, entrainant une accélération des délocalisations, qui elles-mêmes vont nourrir ce cercle vicieux en supprimant des recettes fiscales et accélérer cette spirale infernale qui nous conduit rapidement vers le chaos.
Il est donc URGENT de rompre ce cercle vicieux du sous développement incarné par OSEO et son monopole sur le financement et la labellisation de l’innovation, dans lequel énarques et hauts fonctionnaires nous ont plongés depuis 1969, pour enfin libérer les innovateurs et créateurs français et d’autres modes de financements, directement par les entreprises, les business angels, le K risque ou le K d’amorçage, ou le love capital (amis famille).
Pour vous rendre compte à quel point cela est URGENT, il suffit d’imaginer les emplois que nous aurions pu avoir si M. Gernelle, le français qui a inventé le micro-ordinateur en France en 1973 c’est à dire 4 ans avant les américains, avait pu développer son innovation ici ou, encore pire, si M. Pouzin, autre français, inventeur de l’internet dés 1968, n’avait pas été obligé de s’expatrier aux USA pour innover avec son protocole TCPIP, alors qu’il était bloqué en France par l’ANVAR (ancien nom d’OSEO) et ses complices qui protégeaient le minitel de France Télécom…
Nous aurions aujourd’hui quelques “petites” entreprises qui s’appelleraient Microsoft, Google entre autres…
Au fait, vous en avez toujours un minitel vous ?
Et bien c’est la même chose qui va arriver avec le secteur automobile et beaucoup d’autres !…
D’ici 1 à 2 ans, c’est Obama aux USA qui va venir nous proposer les innovations que les USA vont réaliser (le ministre de l’énergie est un scientifique, prix Nobel et pas un énarque …), innovations qui feront plonger en peu plus profondément notre balance du commerce extérieur et notre déficit…
Nous accumulons depuis 1969 date de création d’OSEO (ex-ANVAR) un déficit d’innovation chronique qui s’accumule et qui entraine des retards technologiques à tous les niveaux pour les résultats catastrophiques de notre économie.
@emachede
Je serais leur responsable de comm, c’est ce que je ferais ! Hélas, cela serait loin de résoudre tous les problèmes posés par ces monstres.
@Patrice Tounet
Oui, c’est un risque. Mais d’une part j’essaie de ne pas écrire de choses fausses : Poweo, c’est une résistance mise en série sur un fil électrique ! Ca ne sert à rien ! Carrouf, c’est une deuxième résistance montée en série avec la première. Ca détourne de l’énergie, ça handicape le producteur, ça handicape le consommateur. Et puis Le procédé est à double tranchant : leur image est capitale pour eux, ils dépensent beaucoup d’argent pour la valoriser, la mienne n’a aucun intérêt : ils ont donc beaucoup plus à perdre que moi dans une guerre de communication sur Internet ! C’est certainement ce qui fait qu’on ne m’a pas cherché de noises jusqu’ici. Mais ça arrivera fatalement un jour…
Chomsky dit que les multinationales sont les structures les plus antidémocratiques qui soient, et il a parfaitement raison. Les “gens” critiquent Sarkozy, le gouvernement : ils ont mille fois raison ! Mais il faut voir le système qu’il y a au dessus !
@hs47
Merci, je ne connaissais pas ce rapport sur OSEO. Un sujet intéressant pour un prochain billet !
… et un coucou aux lecteurs de Marianne2 qui ne connaissaient pas ce blog !
@Super No (HyperNo, bientôt ?)
Tu aurais pu en rajouter une ‘tite couche sur l’absence de mesures dans la bulle ‘plan de relance’ concernant les économies d’énergie.
Les pauvres locataires d’HLM mal foutus vont continuer à payer un max de chauffage (et donc de nucléaire ou de pétrole!) alors qu’il aurait été pertinent de lancer un maximum de chantiers dans ce domaine pour donner du travail à des chômistes, après les avoir formés, et améliorer notre indépendance vis à vis des énergies fossiles !
Top facile, me diras-tu, et pas assz ‘Croissant’, probablement!
Excellentissime, aussi bien l’article lui-même (que j’ai d’abord lu sur Marianne2.fr) que les commentaires apportés sur le blog ! Bravo !
Depuis la “déréglementation” (j’ai du mal avec ce mot) du marché de l’énergie on voit tout et n’importe quoi : des peluches en cadeau pour la souscription d’un contrat chez l’un, de l’électricité plus verte que verte chez l’autre, on te présente une innovation que ça peut être vachement bien d’avoir le gaz et l’électricité sur une seule et même facture.. en oubliant de te dire que ça existait déjà dans les années 90 du temps ou on parlait d’EDF-GDF.
Maintenant : souscrire un contrat entre les choux et les poireaux avec sans doute des facilités si vous avez la carte du magasin.
Avant ce n’était pas mieux non plus hein ! (même pire maintenant)
On a inventé un tas de services payants qu’il fallait absolument placer … on a même organisé des concours internes a celui qui en place le plus avec un joli diplôme à la fin pour le gagnant et la chance d’être en photo sur la revue mensuelle u centre (wouah)
services payants qui n’engagent pas spécialement la responsabilité des entreprises qui les distribuent exemple lu dans les conditions de vente d’un des service de diagnostique ici :
Bien sur le service est payant
@ Touchatout
Pigivore !
@ hs47
Ton intervention est intéressante dans le fond et je compte sur SuperNo pour approfondir la question. J’ai toutefois plusieurs remarques :
- nous répéter douze fois qu’OSEO est le nouveau nom de l’ANVAR ou que l’ANVAR est l’ancien de l’actuel OSEO, c’est lourd. Craignais-tu qu’on ne comprenne pas la première fois ? J’en conviens, je chipote sur du détail. Mais quand même.
- ce que ces gens ont manigancé grâce à leur(s) influence(s) et/ou leurs accointances pour servir leurs intérêts (pécuniaires) personnels et immédiats ou ceux de leurs petits camarades est à n’en point douter particulièrement vil, malhonnête, minable, digne de la pire opprobre et condamnable. Soit.
Néanmoins, la course à la technologie dont tu sembles plaider la cause ne servirait pas un autre système que l’actuel.
La technologie pour la technologie est sans avenir. Produire des voitures “vertes” pour que plus de voitures soient en circulation quelques années de plus, est un non-sens.
Aurions-nous eu notre Silicon Valley que ça n’en eût guère changé la donne, ni même foncièrement la face du monde : elle aurait été en France et pas en Californie, et alors ? Nous aurions les multimilliardaires que nous envions tant aux Etats-Unis, mais l’écart entre riches et pauvres n’en eût pas été restreint pour autant je le crains.
Baser notre réflexion sur une société idéale - comprendre juste et équitable - exclusivement en termes économiques (balance du commerce extérieure, innovation, investissement, multinationale, croissance, PIB…) ne nous fera pas avancer et sortir de ce système moribond - en tout cas pas par le haut.
Je m’explique : imaginez un cocaïnomane désireux de se sevrer et de se sortir de cette impasse qui tôt ou tard lui coûtera la vie, qui, pour atteindre son objectif, consomme chaque jour de la poudre plus pure que le jour précédent et en en augmentant la quantité, tout en lorgnant la coke plus blanche que blanche que s’envoie son voisin, qu’il crève d’envie de goûter.
L’exemple est peut-être caricatural, mais il m’apparaît que le miroir aux alouettes du technoscientisme qui nous donne l’illusion que la science et la technologie nous sortirons de la panade où nous nous embourbons l’est tout autant : nous courons chaque jour un peu plus et un peu plus vite vers cette Technologie-qui-nous-sauvera tout en déplorant que “les Autres” - ces salauds ! - en ont déjà plus que nous et de la meilleure.
Avant que l’on me taxe de vouloir revenir aux cavernes vêtu de peaux de bêtes en m’éclairant au suif de mammouth ou au suint de rhinocéros laineux - non, non ! j’insiste, il n’en est rien -, j’ajouterai que je ne rejette pas en bloc toute technologie, de même que j’affirme haut et fort que toute technologie n’est pas bonne de facto, du simple fait qu’elle est technologie.
Je ne crois en aucun dieu, ça n’est pas pour croire en la science ou en un divin progrès technique. Science et technique sont et doivent rester des moyens servant une fin claire et nette : celle du progrès humain, celle du mieux vivre pour l’Humanité dans son ensemble, pas pour une infime frange privilégiée.
Comment est-il encore possible au XXIè siècle, malgré la masse d’innovations innovantes qui innovent du siècle précédant, on nous somme de travailler toujours plus ? Les robots et autres machines-outils font tout ou partie du boulot à notre place, pourquoi donc encore se faire chier à aller trimer ?!
Pourquoi pas des usines autogérées, en France, de biens matériels (c’est une lapalissade, mais il est parfois utile de répéter les choses évidentes ; certains croient encore qu’il y a une économie virtuelle) - pourquoi pas, disais-je, des usines autogérées, en France, de biens matériels à l’utilité sociale avérée (des vélos, des ciseaux, des casseroles, des chaudières à bois, des tournevis cruciformes, des chemises en chanvre et des draps en lin cultivés sous nos latitudes, du matériel agricole…) nécessitant peu de main d’œuvre, où les salariés ne travailleraient donc que quelques heures par semaine (12 ou 15, par exemple). Les ouvriers se relaieraient, permettant ainsi à plus de gens d’accéder à un emploi, et à un emploi non nuisible à la société. L’usine serait fermée la nuit et en fin de semaine ainsi que les jours fériés. En parallèle, les activités socio-culturelles se développeraient : cinémas de quartiers, théâtres, musique, bibliothèques, activités sportives, arts, cafés-repaires, jardins collectifs, solidarité active (aide aux personnes âgées, handicapées, aux enfants en difficulté, aux familles défavorisées s’il en subsiste…), engagement dans la vie de la cité, débats publics où tout citoyen aurait son mot à dire quant aux choix collectifs de société…
Les idées ne manquent pas ! Sortons de la société de l’économie. L’économie est un outil, comme un logiciel (libre svp !) de compta est un outil : c’est utile, pas un projet de vie.
je consulte regulierement ton site SN.Tes analyses sont pertinentes et je partage ta vision du monde .J’ai lu le livre de Naomi Klein “La strategie du choc”;un seul commentaire:effrayant…!Je n’appartiens à aucun parti ni syndicat,je ne crois pas qu’ils puissent faire bouger les choses dans ce pays sinon prêcher pour leur paroisse.Je repondrais malgré tout à l’appel du 19 Mars.Seul un soulèvement populaire spontané peut effrayer ces chantres du liberalisme,encore faut-il le dire…?que le mouvement ne soit pas rècuperé et ne s’effronde comme un soufflé.
Doit-on attendre d’être encore plus dans la merde pour reagir?
j’ai mis un de tes articles sur mon blog, si tu n’est pas d’accord, dis moi le et je l’enlève de suite
En réponse à HS47. Ce n’est pas l’Anvar qui a reçu 4 milliards dans le plan de relance mais OSEO financement (BDPME) pour faciliter le travail des banques. Ce budget ne concerne donc pas l’innovation. Ensuite, en ce qui concerne VALEO, c’est de la faute de l’Agence de l’innovation industrielle qui a avait été créé par Chirac et Beffa ; ils ont voulu aider les grands groupe dans leurs innovations. Qu’est ce qu’on y peut ??? Ensuite, le blocage des nouveaux entrants serait peut être (il faut vérifier) du ressort du ministère de l’industrie qui est la tutelle d’OSEO…. Et oui, c’est plutôt du côté des ministères qu’il faut aller creuser et non pas du côté d’une simple agence d’exécution. Les pôles de compétitivité (non géré par OSEO depuis 2005) ont été créés aussi pour aider les grands groupes : en obligeant les PME à travailler avec de grands comptes (surveillance). Et le crédit d’impôt recherche réformé depuis 2008 profite surtout là aussi aux grands groupes (montant des dépenses déclarées, déplafonnement, etc). La faute à qui messieurs ? Je pense que vous avez choisi ceux qui vous gouvernent en toute connaissance de cause (enfin je l’espère). Soyez plus perspicaces la prochaine fois dans vos attaques.
Foutaise toutes ces discussions sur oséo. Ce “HS47” (plus haut) passe son temps à écrire des âneries sur cet organisme et sur d’autres. Le rapport de la cour des comptes est un coup monté car l’ex-anvar (agence régionalisée) a fait de très nombreux envieux et gênait certains financiers incapables de financer l’innovation et de prendre les risques qu’ils auraient dû prendre. Enfin Anvar et Oséo ne sont pas concernés par les erreurs de choix politiques des années 60 et 70 et relatifs à Internet.
@bruno
Merci pour le pauvre M. Seguin, qui ne peut se défendre contre vos bassesses, l’auteur du rapport sur la Cour des Comptes, un des rares hommes politiques honnête ainsi trainé dans la boue, honteux !
Ceux qui veulent se faire une opinion peuvent lire le rapport en ligne sur le site du Sénat à cette adresse : http://www.senat.fr/rap/r06-220/r06-220.html
Vous pourrez apprendre comment on fait “disparaitre” 40 millions d’euros entrer autres petits voyages et séminaires agréables en Corse ou voitures de fonctions pour toute la famille sur le compte de nos impôts à tous…
Si OSEO est aussi “propre” pourquoi ne diffuse-t-til pas en ligne ses comptes et, surtout, le détail des sommes acordées apr entreprise, date avec l’objet du financement ???…
Pourquoi tant d’opacité dans l’attribution d’argent public ?
Bonjour,
j’ai pas encore lu ce billet mais le titre rappelle à mon souvenir une connerie:
- connaissez vous le bliliblili?
- c’est une des plus petites bestioles au monde.
…
- elle s’accroche aux couilles des morpions
… Désolé … ne nous dérangez pas, je connais la sortie