J’ai déjà dit ici même que je pensais de la “journée sans achat”. Un peu comme l’extinction des lumières pendant 5 minutes. Un acte uniquement symbolique, sans aucune conséquence pratique : ce que l’on n’achèterait pas le samedi, on l’achèterait le dimanche le lundi…Et puis une journée sans achat contre 364 jours de gavage publicitaire outrancier et de consumérisme addictif et compulsif, ça ne fait pas le poids. Pas de quoi inquiéter les hypermarchés et les multinationales.
Sauf que… Le principal intérêt de cette journée n’est en fait pas de faire diminuer le volume global des achats, mais de tenter de faire prendre conscience à nos con-citoyens (nous inclus !) du caractère vain et mortifère de la con-sommation débridée, et du mécanisme de la croissance en général.
Exploitation des travailleurs, travail des enfants, gaspillage, pillage des ressources naturelles, réchauffement climatique, massacre des animaux, scandaleuse répartition des richesses, pollution, obésité, diabète, abus du crédit, abrutissement… Tels sont, pour n’en citer que quelques unes, les conséquences du “capitalisme consumériste”.
Je recopie ici le manifeste des “Casseurs de pub” , qui éditent également le journal “La Décroissance”, et qui sont les relais français de cette opération.
“À tous les tartufes qui vont nous dire : « Vous n’avez pas honte d’appeler à une Journée sans achat alors que le monde est en crise ? », nous rappelons que le plus sûr moyen d’aggraver la crise est de continuer dans la fuite en avant du consumérisme sans être capables de s’arrêter pour réfléchir.
La société de consommation est aveugle, il n’y a pas de croissance et de développement économique infinis possibles sur une planète dont les ressources sont limitées.
Nous extrayons aujourd’hui deux fois trop de ressources fossiles, et nous émettons dans l’atmosphère plus de deux fois plus de gaz carbonique que la planète ne peut en absorber. La biodiversité s’effondre.
C’est aujourd’hui que l’extraction du pétrole entre en déclin. La société de consommation engendre un pillage et l’injustice : 20 % de la population de la planète, les pays riches, consomment plus de 80 % des ressources planétaires.
Notre niveau de consommation a un coût : l’esclavage économique de populations entières.
La société de consommation est mortifère, elle réduit l’humain à n’être qu’un agent économique : producteur-consommateur.
Elle nie nos dimensions politique, culturelle, philosophique, poétique ou spirituelle qui sont l’essence même de notre humanité.
Nous devons nous libérer de cet obscurantisme qui consiste à croire en la toute-puissance de la technoscience et à nous défausser sur elle de nos responsabilités.
La science repose sur le doute et non sur la foi.
L’espoir est de réanimer notre conscience et de traduire nos idées au quotidien dans nos actions.
Renouons avec notre capacité d’autolimitation et de création, individuellement, avec la simplicité volontaire, et collectivement, grâce à la décroissance.”
C’est dans ce contexte que Vince, fidèle lecteur et militant motivé, jeune et plein d’énergie, tout juste rentré d’Allemagne, veut décliner à Metz cette “journée mondiale sans achat”, et a déjà commencé à constituer une “task Force” ad hoc…
Après réflexion, je trouve l’idée intéressante. Ce qui m’amuserait, ce serait de dialoguer, d’expliquer, d’argumenter. Non pas pour convaincre, car on n’anéantit pas si facilement une vie de propagande et de conditionnement, mais au moins pour tenter d’insinuer le doute dans les esprits, pour qu’ils soient plus réceptif aux messages futurs. Un peu comme Sarkozy le fait avec la retraite à 70 ans !
Ma principale crainte, c’est de paraître totalement décalé, de n’avoir pas le temps de développer nos arguments, et de passer pour des illuminés, des millénaristes. Un peu ce que Bourdieu avait dénoncé après sa fameuse émission avec Cavada et Schneidermann.
D’autres me répondront, très en colère, qu’ils n’y arrivent plus, et qu’ils n’achètent que l’indispensable. Le pire, c’est qu’ils ont sans doute raison…
Quoi qu’il en soit, oyez oyez braves gens, messins, mosellans, lorrains… Si vous pensez pouvoir être utiles à l’organisation de cette journée, laissez un petit mot avec vos coordonnées sur le lien “Me contacter”, je les transmettrai à Edvige Vince qui vous rajoutera à sa mailing list.
A tous, je conseille le visionnage de cette vidéo, avec les paroles pleines de bon sens de Serge Latouche, l’un des théoriciens de la décroissance.



Casseurs de pub
La Décroissance
LPO
Le Grand Soir
Marianne 2
RESF
Siné hebdo
Vendredi
Ma galerie de photos
PhotoCool
Promis cette année, je la fais…
L’année dernière, je crois j’avais pas oublié…
Bon, je te laisse faut que j’aille faire mes courses
J’ai promis à Vince de mettre un lien chez moi des Casseurs de pub , Je vais utiliser ton article pour çà .
Je préviendrai tous mes contacts mails ,comme tous les ans.
Et ,j’ai prévenu Vince que j’étais partante (fonction de mon emploi du temps ).
J’ai toujours trouvé cette opération fragile. Le nombre de gens qui ne sont pas au courant ou s’en foutent est énorme.
Le pire, c’est que pour un samedi, moi il m’est totalement impossible de ne pas faire d’achats, c’est le seul jour où j’ai le temps de le faire.
Et je ne me vois pas ne pas acheter l’indispensable pour ma toute petite fille d’à peine 1 an. Au pire j’achète rien pour moi et ma femme, et encore, un frigo vide ça va vite nous gonfler…
Enfin, l’initiative est intéressante. Dommage que ça soit moins relayé que les soldes…
C’est le genre de journée qui fait tirailler ma conscience dans tous les sens, d’autant que je cède de mon point de vue encore bien rapidement à des achats qu’on pourrait qualifier parfois de compulsifs …. un lecteur MP3 par ici une paire de pompes tendance par là … Heureusement la crise du pouvoir d’achat est là
Enfin pour me rassurer je n’ai pas encore cédé à l’écran plat ni au netbook ou à la dernière console hi-tec. Enfin mon ordinateur à bientôt 4 ans ce qui m’était impensable d’imaginer il y a encore … 4 ans
(il fallait qu’il soit toujours plus puissant)
C’est donc loin d’être parfait que je vais participer à cette journée
Un grand merci SuperNo !
@ GeoTrouvetout
Il ne s’agit évidemment pas, comme le dit fort justement le taulier, de ne pas acheter ce jour-là pour ne pas acheter ce jour-là, sans plus d’arrière-pensées. A fortiori des produits alimentaires ! (de base, bio et d’origine locale…
P) Il s’agit d’une prise de conscience. De faire prendre conscience - ou d’essayer. Pour ça, il faut en effet faire du bruit et faire ouvrir les yeux aux troupeaux de mougeons® du samedi après-midi que leur comportement a des conséquences et qu’il y a autre chose que la consommation compulsive.
Donc nous sommes bien d’accord sur ce point : cette opération n’aura aucun retentissement si on ne lui en donne pas ! Faisons du BRUIT et soyons VISIBLES !!!!
J’attends de vos nouvelles,
Bien amicalement
Edvige
@ Zigzornif
Arrêter la consommation compulsive est sans doute plus dur que d’arrêter la clope. Les effets individuels en sont assurément moins évidents - exception faite du cancer du porte-monnaie, peut-être ?
Je t’attends de pied ferme !
@ tous les intéressés (de Metz et alentours !)
c’est bientôt le 29 ! Il faudrait que nous nous réunissions avant (cette semaine serait le mieux) pour organiser les actions. Dites-moi vite (via le lien de SuperNo) vos disponibilités. Et faites tourner l’usine à idées !
A+
on pourrait pas faire “sauf les légumes, les oeufs, le lait, l’huile ” ? (le marché à Lodève est le samedi !) et les producteurs bio qui viennent vendre là ne mérite pas ça ? non ? enfin, moi je m’en fiche, je n’ai plus les moyens d’acheter chez eux depuis que les bobos anglais ont envahi le territoire…
@ vieilledame
J’irai aussi acheter mes légumes bio au marché samedi, et je m’en félicite, chère madame !
)
Relisez bien ce que j’ai dit à GeoTrouvetout ci-dessus. Et relisez bien l’analyse pertinente de SuperNo.
Et soyez des nôtres le 29 novembre pour dire NON ! au consumérisme de masse, aveugle et (auto)destructeur.
Pour Geo Trouvetout : ton petit mot a le mérite de mettre en évidence, que même pour un seul jour, c’est déjà difficile et que ça demande un effort … (accros que nous sommes) mais pour le frigo vide, c’est pas mortel, tu sais, il y a des tas de gens qui ont ça tous les jours …
Le temps que j’écrive, vince a déjà donné les mêmes arguments que moi, tant pis, je poste quand même :
Un moyen de contourner l’obstacle, c’est de n’acheter que le nécessaire, local, bio et chez le petit épicier qui a besoin de soutien … et on ne va pas appeler à boycotter le week-end « Artisans du monde » quand même …
@Superno : je ne sais pas « écrire court », donc pour ne pas encombrer ici, j’ai mis la suite sur mon blogue …Merci pour l’article à ma place encore une fois … je vais compléter , ça fera de l’info et du temps de gâââgné !
hé ! je suis des vôtres !!!
à fond les manettes !!!!
Pour vérifier qu’il n’était pas question de boycotter les produits bio de première nécessité, j’ai écouté-regardé la vidéo : je constate que malgré mes protestations, l’obésité est toujours le symbole favori des décroissants…
l’obésité est une maladie, au même titre que l’anorexie (qui suscite elle, toute la pitié du monde, car elle sévit principalement dans la caste supérieure).
Ce n’est pas parce que le capitalisme est handicapé du cerveau que vous allez le représenter sous la forme d’une victime de la trisomie ? alors, foutez la paix aux obèses qui sont nombreux dans la caste des pauvres - un des facteurs étant l’angoisse de manquer…le pauvre se vit souvent comme un SDF en sursis.
Il parait à leur décharge, qu’il y a eu un article intelligent sur le sujet dans la presse décroissante, que je n’ai pas les moyens de m’acheter. Ca m’énerve, car je pense décroissance depuis plus de trente ans (j’ai vécu 6 ans sans électricité…et j’ai été salariée agricole dans le bio…etc…) parce que je lisais Dumont…etc…
@ Vieilledame
Je pense que l’obésité, l’anorexie ou la boulimie sont des maladies (nous sommes bien d’accord sur ce point) provoquées par le système capitalisto-industriello-publicitaire. Il est aisé de constater que, souvent (il y a toujours des exceptions), les personnes obèses, pauvres (que vous citez) ou pas, passent beaucoup de temps devant la télévision, et gobent donc à longueur de journée des pub qui incitent à acheter et bouffer Caca Colé ou McDoof en les faisant passer pour bon marché et de bonne qualité nutritionnelle et gustative. De même, l’anorexie découle (corrigez-moi si je me fourvoie le doigt dans l’œil) de frustrations d’origine, souvent aussi, publicitaire et idéologique (modes, etc…).
Je vous livre ce que publiait La Décroissance (courrier des lecteurs) en 2006 :
“Anorexie, boulimie et publicité
“J’ai longtemps été membre du GEFAB, une association d’aide aux anorexiques et aux boulimiques. Au cours de ces années, j’ai acquis la conviction du lien entre le développement inquiétant des troubles du comportement alimentaire et les “valeurs” véhiculées par la société de consommation : frustration chronique, absence de sens, concurrence entre les gens au détriment de la solidarité… Il est facile de voir dans le comportement boulimique, qui alterne ingurgitation sans plaisir et rejets de toutes sortes, parfois jusqu’à la mort, une métaphore de notre société.
L’anorexie quant à elle incarne le dégraissage cher aux entreprises, cette course à la rentabilité qui, à force d’oublier l’humain, prive la société de l’essentiel. Ces idées me semblaient largement partagées au sein de l’association. C’est pourquoi j’ai été choquée en janvier dernier d’apprendre que le GEFAB allait être sponsorisé par la marque Dove, et plus que choquée encore de constater que tout le monde dans l’association accueillait cela comme une bonne nouvelle. (…) La marque a prévu de soutenir deux associations. Le partenariat prévu inclut un soutien financier et un programme scolaire avec l’aide de l’Education nationale ! Voilà le fin mot de l’histoire : Dove va utiliser ces deux assoces pour montrer patte blanche et investir le monde de l’école. (…) Je suis écœurée. J’ai pour ma part démissionné, en expliquant pourquoi ce partenariat me semblait contre nature.”
Nathalie Duflos, Dole
(La Décroissance, Le journal de la joie de vivre n°32, juin 2006, p.2)Bien amicalement.
@Vince
J’ai gros bourdon, déchirée du dedans, faut pas faire ci faut pas faire ça, quand t’achète un truc tu risque ta vertu, ou tu as un pass pour le nouveau monde ,mais des fois tu sais pas, tu as la trouille peut –être que t’as cru bien faire et qu’en réalité c’est pas bien !!! aie aie , et puis le crime c’est surtout de pouvoir acheter , si tu as les sous c’est que tu est le salop parce qu’il y en a qui ont pas du tout les sous et que c’est tous les jours la journée sans achats mais parfois il prennent quant même des choses pas bien, pas bio, bébête, ou pire encore et ils sont contents ils faut leur dire , c’est pas bien …
Le bien, le mal, la révélation, la culpabilité et des prêcheurs : la décroissance une religion ?
D’ailleurs : La Décroissance, Le journal de la joie de vivre : cela ne vous rappelle rien …
Je le lis ce journal , je partage bien des idées mais la méthode j’en peux plus !
@ Zana
Pardon de ne te répondre que maintenant, je n’ai plus visité la page depuis un moment.
Alors pour te répondre NON ! NON !! et trois fois NON !!!!! La décroissance n’est pas une religion ! Je me méfis beaucoup des religions de tout genre. Et la décroissance n’est pas non plus une idéologie - au contraire de la Sainte Croissance dont tout un chacun, élu, journaleux…, nous rebat les oreilles à longueur… d’ondes qui, elle, tient franchement de l’idéologie. Sarkozy “croit” en la Croissance ! Amen !
La décroissance est et se doit de rester un moyen pour éviter le pire - la “crise” en devenir. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements.
Pour illustrer ce propos, j’aime à reprendre l’image du train qui fonce à toute vapeur vers un mur ou un gouffre. La solution qu’on nous propose (impose ?) actuellement consiste à enfourner encore plus de charbon dans la motrice (travailler plus, consommer plus, emprunter plus, produire plus, plus vite, plus loin…). La décroissance au contraire suggère qu’on arrête le train pour revenir un petit bout de chemin en arrière jusqu’au prochain aiguillage pour changer de direction.
Et pour ce faire, je n’apprécie pas plus que toi la culpabilisation, à laquelle je préfère de loin la responsabilisation. La JSA est un pavé dans la mare, histoire de secouer nos contemporains, je le souhaite sans prétention de notre part, de réveiller les consciences, de faire prendre conscience des conséquences de nos actes.
Je crains beaucoup que fort peu de nos concitoyens voient le lien intime qui existe entre les crises écologiques, financière, économique, sociales, énergétique, alimentaire qui nous touchent en ce moment et/ou nous toucherons encore bien plus grièvement très prochainement…
J’espère vous avoir éclairé sur la teneur de nos revendications.
Amicalement
Vince de Metz (en ce qui concerne la Journée sans achat (JSA) à Metz, vous pouvez me joindre à l’adresse : jsa[POINT]metz[A]gmail[POINT]com)