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Vous avez un Smartphone ? Un Iphone (beurk) ? Un Androïd ? J'ai mis en test une version adaptée du site. J'attends des commentaires...
May132008
23:40 (Vu 3579 fois)

Sole, sesso e mare…

[Avertissement : ce billet ne ressemble en rien à ceux que j’ai l’habitude d’écrire. On m’a demandé de raconter mes vacances de touriste de masse tartiné de crème solaire et bouffeur de kérosène. Je m’exécute d’autant plus de bonne grâce que j’ai été coupé du monde pendant une semaine, et que je ne sais strictement rien de ce qui s’est passé ici pendant cette période. Vous me croirez si vous voudrez, mais je n’ai même pas entendu une seule fois qui que ce soit prononcer le nom de Sarkozy, c’est vous dire à quel point j’étais isolé…
Désolé pour les afficionados, mais qu’ils se rassurent, le ton habituel va rapidement reprendre ses droits !
]

Pour ceux qui veulent un résumé de l’épisode précédent, il se trouve ici

Si j’ai choisi un titre volontairement racoleur, c’est bien évidemment pour faire remonter des statistiques en forte baisse depuis mon départ…

Je dois préciser que c’est la première fois de ma vie que je me rends dans un “hôtel club”, ces établissements dont le “Club Med” est l’étendard en France, et dont le film “Les Bronzés” a montré les travers, dont certains sont évidemment toujours d’actualité. Mais je les connaissais aussi par les nombreux témoignages de connaissances financièrement à l’aise qui les fréquentent assidûment. Pour ceux qui en ignoreraient le principe, c’est un endroit où l’on peut, moyennant un prix de départ généralement conséquent, bouffer et boire à volonté jusqu’à s’en faire péter la panse et rouler dans le caniveau, tout en disposant de nombreuses installations sportives. Tous les soirs un “spectacle” est censé divertir le chaland, avant que la boîte de nuit ne prenne la relève. J’ai trouvé sur Internet la video d’une de ces soirées tournée dans “mon” club, géré par l’équivalent italien du Club Med. Inutile de préciser que dans ces conditions j’ai souvent privilégié le baby-sitting culturel, qui consiste à bouquiner pendant que le marmot roupille !

Les bronzés en Sicile

Des excursions pour aller visiter la région sont également organisées tous les jours, moyennant de copieux suppléments de prix. Cerise sur le gâteau, des garderies peuvent s’occuper des enfants, laissant aux parents la possibilité de batifoler en toute liberté.

Voilà pour la théorie.

La première chose qui frappe en descendant de l’avion à Catane, c’est évidemment la météo. Soleil, ciel bleu, 25 degrés, et pas une goutte de pluie de la semaine. Proprement impensable en Lorraine, même si c’est le temps que nous avons depuis notre retour !

Pour le reste, on n’est pas trop dépaysé, on pourrait même se croire à Semécourt !

La deuxième chose, c’est la conduite sicilienne ! Même vu du bus, c’est proprement hallucinant ! Quand je repense à la peccadille qui m’a valu la perte de mon permis, je pense que le flic qui m’a flashé ferait une dépression nerveuse à la vue des acrobaties permanentes qui se pratiquent ici… Ma préférée, déjà vue au Portugal, mais considérablement plus dangereuse ici du fait du trafic considérablement plus intense, consiste à passer à 3 voire 4 de front sur une route à 2 voies, ceci nécessitant la coopération des plus lents qui se poussent au maximum sur le bas côté pour se laisser doubler. Et ce n’est pas une fois, deux fois, c’est en permanence. Et bien sûr en même temps ils téléphonent et fument…

Tiens, pour ne pas dérouter mes fidèles, un sujet d’actualité. Cela fait parait-il 140 ans qu’existe le projet de construire un pont qui relierait la Sicile à la Calabre, du côté de Messine, car la distance entre l’île et le continent n’est à cet endroit que d’à peine plus de 3km.
Après tout, en France, nos îles de Noirmoutier, Ré et Oléron ont eu leur pont !

Sauf qu’à cet endroit, comme la présence de l’Etna le rappelle, le risque sismique est très important, tout comme le vent et les courants… Et ce n’est que sous Berlusconi que le projet est devenu concret : il a été décidé la construction d’un pont suspendu, chiffré à la coquette somme de 4.6 milliards d’euros, financés sur fonds publics italiens et européens. Il comprendrait une autoroute pour les bagnoles, et des voies de chemin de fer.

Les arguments de Berlusconi sont la création de 40000 emplois dans une Italie du Sud (Mezzogiorno) affectée d’un chômage endémique et le développement massif du tourisme.

Oui, sauf que lorsqu’on voit l’état des routes siciliennes, on se demande bien comment elles pourraient absorber un surplus de trafic. Pour les trains, c’est encore pire, les chemins de fer siciliens en sont encore au moyen âge…
Et bien sûr, en Italie comme ailleurs, la raréfaction du pétrole et l’augmentation de prix concomitante fait que le tout-bagnole appartient désormais au passé.

Les principaux opposants à ce projet démentiel sont bien sûr les écolos, qui hurlent de voir défigurer un site grandiose, ainsi que des conséquences prévisibles de ce déferlement de touristes. Voir justement les exemples de Ré et Noirmoutier…

Ils sont également soutenus par de nombreux siciliens, qui craignent non sans raison de perdre leur singularité.

Plus comique si on peut dire, la célébrissime mafia sicilienne, tout comme son homologue la “N’Drangheta” calabraise se frottent les mains à la perspective de pouvoir racketter les différentes entreprises impliquées dans la construction du pont…

On peut dire du mal de la “pseudo-gauche”, mais quand ce mollasson de Prodi est arrivé au pouvoir, il a au moins fait passer le projet à la trappe, ce qui était une sage décision. Sauf que les gouvernements sont éphémères, et que depuis peu, Berlusconi is back, et que la Sicile retient son souffle…

La troisième chose qui frappe, c’est l’absence totale d’ordre apparent. C’est le bordel partout. Tout en de travers, en chantier, les jardins sont envahis par les broussailles… Les siciliens sont propriétaires de leur habitation à environ 75% (c’est moins de 60 en France) et la construisent souvent eux-mêmes. Le permis de construire s’obtient souvent quand la maison est terminée… Ils montent un étage, un plafond, et hop, ça suffit pour habiter. Le reste se terminera quand il y aura de l’argent. Les entreprises de ravalement doivent toutes être en faillite tant les façades sont cradingues…

Les abords des routes sont un immonde dépotoir, où l’on trouve sacs en plastique, emballages, canettes, bouteilles d’eau, paquets de clopes et une myriade d’autres déchets, résultat d’un déversement en continu depuis les vitres des bagnoles… Regardez le bas de la photo des panneaux…

Mais à côté de ça, ce n’est que nature luxuriante et vergers bien cachés dans les broussailles. Les arbres sont chargés d’oranges, de citrons, de figues… On y trouver aussi des pistaches et des amandes qui entrent dans la composition de glaces et gâteaux… Miam !

J’ai atterri à Catane, sur la côte est, et mon hôtel était situé près de Syracuse, donnant directement sur la mer. Vu mon état de piéton, je ne me suis déplacé qu’en bus, dans la seule région comprise entre Syracuse et Taormine. Ce que j’ai vu n’est donc pas forcément représentatif de ce qui se passe de l’autre côté de la Sicile, vers Palerme par exemple. Et SuperNonotte n’étant pas volontaire pour aller tester la conduite sicilienne (ce que je comprends fort bien !) nous sommes donc restés plutôt sédentaires.

Première mauvaise surprise en arrivant, la quasi totalité de nos covacanciers sont français ! Du coup aucune chance de perfectionner son italien ! Pire, les deux tiers d’entre eux sont des retraités ! Et vu le prix du séjour, certainement pas de ces “petits retraités” dont les politiciens font semblant de se préoccuper, qui tentent de survivre avec quelques centaines d’euros par mois et pour lesquels la moindre hausse du prix du lait ou de la baguette est un drame national… Non, ceux là étaient plutôt du genre à l’aise. Pas forcément méchants à première vue, mais sarkozystes assurément… Et ce qui m’a le plus impressionné, c’est qu’ils voyagent tout le temps ! Ils sont allés partout et sont capable de faire de stupéfiantes comparaisons entre ce buffet, celui d’Egypte, celui de la Guadeloupe, celui de la République Dominicaine ou de la Croatie ! Et en plus, ils auront pour la plupart la chance de mourir avant la pénurie de kérosène, y’a pas de justice !
Ces vieux roublards prennent d’assaut les bus pour faire toutes les excursions, et cela m’a valu de ne pas pouvoir aller à Agrigente, tout était complet dans la première heure ! Une erreur de débutant que je ne renouvellerai pas !

Agrigente est pourtant un site exceptionnel qui rassemble des temples grecs, et même défiguré par des milliers de touristes de plus de 65 ans, cela devait valoir le détour. (Puisque je n’y suis pas allé, cette photo n’est évidemment pas de moi, contrairement à toutes les autres !)

La présence massive de personnes âgées transforme évidemment l’ambiance de ce genre de club, et en atténue forcément le caractère débridé… Je repense à ce pauvre animateur, musicien talentueux et clown exceptionnel, obligé de chanter au moins 20 fois par jour “Marina Marina Marina, ti voglio il più presto sposar…” devant un parterre de mamies en délire… Dur métier…

Pendant que d’autres de ses collègues, chargés de disciplines plus “jeunes” comme le sport, attiraient les minettes comme des aimants. Je ne sais pas s’ils avaient une balance comme Lhermitte dans “Les bronzés”, mais il est clair qu’à la fin de la saison il y en a quelques tonnes qui sont passées dans leur plumard… J’ai discuté avec certains d’entre eux, ils sont principalement étudiants, sincèrement sympathiques, et forcément plutôt contents de leur sort, même s’ils se font bien chier quand ils sont obligés de maintenir leur activité pour 2 retraités…

Les 2 pôles principaux du club, ce sont le restaurant et la piscine. Le restaurant parce que les repas sont servis dans des plages horaires fixes et plutôt étroites, et qu’ils rythment donc la journée. Avec ces satanés gamins qui mettent des heures à se préparer, nous étions obligés de nous lever avant 8 heures du matin pour avoir une chance de profiter du petit déj…

Le buffet, parlons-en ! Immense, puisque conçu pour restaurer plus de 800 personnes… Contrairement à ce qui se passe dans certains pays et dans certains clubs où la bouffe arrive directement de France par avion, ici au moins la nourriture était principalement locale. Pendant une semaine je me suis gavé de légumes divers et fort variés, ainsi que de poissons que nous n’avons plus guère l’habitude de voir dans nos contrées. En effet lorsque nous mangeons du poisson, c’est soit sous forme de “carré avec les yeux dans les coins” et recouvert de panure à l’huile de palme hydrogénée, soit au mieux sous forme de filets, qui cachent la laideur des poissons qui en sont à l’origine. En Sicile j’ai donc mangé de vrais poissons, comme dans ma jeunesse bretonne, c’est à dire avec une tête, une queue et des arêtes. Espadon, daurade, merlan, et même du mérou ! Qui comme chacun sait a la peau très fragile à tel point qu’il faut faire très attention quand on y passe la tondeuse… (Que ceux qui n’ont pas compris la vanne demandent l’explication à Google…)
Les entrées se comptaient par dizaines, notamment à base de délicieuses tomates, à se demander pourquoi nous pauvres français devons subir les insipides que l’on trouve par tonnes dans tous les mauvais hypermarchés, en provenance des serres d’Almeria…
Malgré cette profusion, j’ai entendu de nombreuses personnes, notamment âgées, se plaindre que c’était tous les jours la même chose… L”explication est simple, certains d’entre eux prennent une louche dans chaque plat, et se retrouvent après avoir fait le tour du buffet avec une montagne de nourriture dans leur assiette, dont il ne viendront évidemment jamais à bout, et qui évidemment est la même tous les jours… D’autant que les mêmes remettent ça au dessert en y entassant une part de chacun des abominables gâteaux bas de gamme bourrés de crème de sucre et de colorants.
Quant aux légumes, ils avaient un succès relatif, et pour cause : conversation surprise entre 2 serveurs : “les français ne mangent que des frites !”

Mauvaise surprise, le “mini club” vanté sur les prospectus n’a fonctionné que 2 jours, faute d’enfants. Nous avons donc dû nous occuper des nôtres.

Nos chambres étant éloignées du centre du village, nous avons pu dormir paisiblement, malgré quelques cauchemars en ce qui me concerne….

Il y avait tout de même une télé dans chaque chambre. Aussitôt allumée, aussitôt éteinte.

Pour être honnête, la chaîne enfants “Rai Gulp” nous a grandement aidé dans notre travail de baby sitter. J’ai également découvert en écoutant les conversation des retraités qu’il y avait aussi TF1 et France 2… Quelles belles vacances : entre français, commander une glace ou un apéro en français, et regarder la télé française… La Sicile comme à la maison.

Le complexe hôtelier est réellement réussi. Parfaitement intégrés dans une pinède, on ne distingue quasiment pas les bâtiments, tant ils se fondent végétation. Le parc compte de nombreux palmiers, cactus, et abrite des animaux divers, oiseaux et lézards.

Précision pour les photographes qui me lisent, afin de ne pas désespérer SuperNonotte, je n’avais que mon boitier débarrassé de son grip et avec le seul petit objectif Zeiss 16-80. Dans ces conditions, difficile de pratiquer mon activité favorite, la traque aux oiseaux… Quant à ma deuxième spécialité, la photo volée de jeunes femmes (connues sous le nom de “supernonettes”) à 80mm c’est la paire de claques quasi garantie ! Bon, allez, j’anticipe la demande générale, et je vous en mets une, juste pour la beauté du sport !

Quant à la piscine, elle remplace la “plage” puisque la côte est ici, comme la majorité du littoral sicilien, rocheux et inhospitalier. Ceci est d’ailleurs un heureux frein au tourisme de masse…
Avec 2 gamins, c’est sans doute l’endroit où j’ai passé le plus de temps. Théoriquement à les surveiller, mais en fait plus occupé à lire le bouquin de Gérard Filoche sur mai 68 (et surtout sur son itinéraire éclectique de militant de gauche), un bon sujet pour un prochain billet. J’ai réussi à lire la moitié des 500 pages de petits caractères !
Au bord de cette piscine se déroulent tout au long de la journée quelques unes des passionnantes activités du club, comme les cours de danse ou l’aquagym. Les vieilles étant en excursion, ce sont les jeunes qui s’y collent, hypnotisées par les abdos du prof, et elles-mêmes sous le regard lubrique des mecs…

Si vous avez bien lu l’épisode précédent, une des motivations du séjour était la présence de l’Etna, l’un des rares volcans européens encore en activité, même s’il était en sommeil depuis septembre dernier… A la question pleine d’espoir de ma fille “Dis papa, est-ce qu’on verra le volcan en éruption”, j’étais bien obligé de répondre que l’espoir était minime. Et le sort cruel a voulu qu’il se réveille le 10 mai, lendemain de notre retour en France…
L’Etna est vraiment le truc le plus remarquable du coin, tant il influe sur tous le reste. Les siciliens en sont fiers, et lui vouent même une admiration sans borne, au point d’en perdre toute objectivité quand ils en parlent. A les écouter, ce serait un bon géant, absolument pas dangereux. Discours surréaliste quand on sait le nombre de villes qu’il a anéanties lors des derniers millénaires… Le pompon en 1669, lorsqu’une faille s’est ouverte à très basse altitude (700m), juste au dessus de la ville de Catane qui s’est trouvée très rapidement détruite par la lave et les incendies. 60 000 morts quand même… Il est vrai que depuis quelques dizaines d’années, notamment sous l’impulsion d’Haroun Tazieff, ce volcan fait l’objet d’études et de surveillance permanente, et que plusieurs centaines de scientifiques y travaillent. Ceci coûte d’ailleurs une fortune à l’Etat italien, même si les retombées touristiques compensent forcément.

Ayant cette fois réussi à devancer quelques vieux d’une courte tête, je suis donc parti avec ma fille à la découverte de l’Etna. Hélas des nuages menaçants ont rendu l’escapade peu photogénique, et n’étant pas équipé pour affronter le froid (proche de 0°) du sommet, nous nous sommes arrêtés à 2000 mètres. Mais la montée vaut le coup d’oeil, les millions de tonnes de lave séchée, témoins des coulées précédentes, sont vraiment impressionnantes. Ces dernières décennies, la gare d’arrivée du téléphérique (car l’Etna abrite aussi une station de ski !) a été détruite plusieurs fois, sans même parler de la route d’accès, régulièrement submergée.

Tiens, il y a bientôt des élections locales, j’ai relevé quelques affiches de berlusconistes, une chose est sûre : je ne leur prêterai pas mon peigne !

Autre balade, à Taormine. espèce de Saint Trop’ sicilien, bâti sur un promontoire de lave au pied de l’Etna. Avant d’y arriver, on longe la côte par la station balnéaire de Giardini-Naxos, une baie magnifique, des plages de sable fin, on comprend que les riches aiment s’y retrouver.

Outre son théâtre gréco-romain et ses panoramas somptueux, on trouve surtout dans cette ville une longue rue truffée de boutiques de luxe, dans lesquelles des pouffes friquées ou des touristes stupides viennent claquer leur pognon (et garnir l’escarcelle pourtant déjà débordante de Bernard Arnault ou autres profiteurs du même style) pour acheter fringues, sac à main ou lunettes de soleil laides et ridicules, mais ornées dusigle D&G le plus gros possible.

Dans ces conditions, difficile de trouver des endroits non pollués par ce tourisme à pognon, même si la beauté de la végétation, des paysages, et des églises baroques est indéniable.

On y arrive un peu en allant chercher dans les ruelles qui grimpent vers les parties hautes de la ville… C’est là qu’on rencontre une autre coutume de cette partie de la Sicile, qui consiste à placarder des avis mortuaires sur les murs des maisons…
Imaginez un peu qu’on exporte ces coutumes pittoresques en France… Les années de canicule, il faudrait agrandir les murs…

J’ai aussi fait par hasard la connaissance du photographe allemand Wilhelm von Gloeden, en découvrant des cartes postales de jeunes hommes complètement à poil exposées juste à côté de la caisse d’une boutique de souvenirs à laquelle j’allais payer quelques cartes postales. La caissière était d’ailleurs une vieille nonna auprès de laquelle ces photos tranchaient singulièrement. J’avoue être resté un peu abasourdi, tant notre société montre complaisamment des femmes nues à tout propos, mais cache vertueusement les zigounettes, sans doute moins vendeuses. D’ailleurs mon inclination naturelle irrésistible ne s’en plaint pas… Toujours est-il que j’ai ainsi appris que ce monsieur passait ici son temps à photographier de jeunes paysans siciliens dans le plus simple appareil, en leur faisant prendre des poses non pas pornographiques mais de statues antiques. Et que cela fait désormais partie du folklore de Taormine…

La guide de cette excursion était d’origine belge, et a parsemé son discours, par ailleurs intéressant… d’histoires de Toto ! Pour la plus grande hilarité des retraités ! Elle nous a aussi gratifié d’une autre pitrerie, un arrêt dans une boutique, où, “pour nous récompenser d’être un bon groupe”, un vieux commerçant sicilien nous a “offert l’apéro”… Avant de nous déballer ses articles, vin aux amandes, nougat sicilien, ou “limoncello”… Tous les vieux sont repartis avec un sac rempli… Je suppose que le guide reçoit sa petite enveloppe… Je connaissais vaguement ce genre de pratiques, mais ç’est la première fois que je l’observe “en vrai”…

Allez, quelques autres images, glanées au cours de ce séjour

Terminons cet exposé fastidieux par une réflexion sur le tourisme de masse. Loin de moi l’idée de dire “c’est bien” ou “c’est beurk”. En fait les choses sont plus compliquées que ça. Evidemment que ces masses de chair plus ou moins flétrie qui cultivent leur cancer de la peau tout en encombrant les plus belles plages du monde, et font généralement surgir juste devant un amoncellement débridé de monstrueux immeubles abritant des cages à lapin hors de prix, sont une des abominations de l’ère moderne.

Mais en même temps, l’avion pas cher (enfin, à la portée de la frange relativement aisée de la population occidentale) a permis a des fanas de voyages d’assouvir leur passion en parcourant le monde à prix abordable, de rencontrer des gens, des lieux et des cultures complètement différents. Et c’est bien là l’essentiel d’un voyage.

Autant dire que mes vacances ne s’inscrivaient pas précisément dans ce cadre…

La hausse du pétrole va bientôt mettre tout le monde dans le même sac. Fini le 747 pour la polynésie, fini les interrogations existentielles : “Bon qu’est-ce que je fais ce week-end ? M’occuper de mon jardin ou alors du shopping à New York ?
Retour au train pour la Grande Motte ou Saint Jean de Monts… Seuls les vrais riches, les profiteurs du bouclier fiscal, pourront encore se payer l’avion, et ils seront même débarrassés de la populasse qui perturbait la quiétude de leur séjour.

Doit-on le déplorer ou s’en réjouir ? De toute façon, il n’y aura plus le choix.

4 comments to Sole, sesso e mare…

  • E lecteur

    Super bien mieux que le guide du Routard, le compte-rendu ‘éclairé’ de SuperNo !
    Je n’ai rien lu (ou mal lu?) sur les trafics divers (cigarettes et ‘réplicas’ vendus à la sauvette).
    SuperNo n’aurait pas craqué sur une quasi-vraie Rolex pour la prochaine fête des SuperNonottes ?

  • J’ai juste vu quelques vendeurs à la sauvette d’origine manifestement africaine avec des répliques de lunettes de soleil dans les rues de Taormine. Rien à voir avec Vintimille, par exemple !

    Cela dit, vu le peu que je suis sorti “en liberté”, je n’ai pas vu grand chose :roll:

  • Deux réflexions capilotractées:
    -le train n’existait pas au Moyen Age.
    -quand au mérou… pauvre animal…

    :-)

  • et oui, tous les villages de vacances se ressemblent
    pour motif d’enfants disparates (une à moi et une à fabio - à nous deux nous en avons cinq) nous avons fait un séjour dans un club med…buffet géant, animation, une fille dans le groupe d’ados, l’autre à l’école de cirque, elles ont été ravies toutes les deux et nous, nous avons fait de la voile, du tennis et observé la faune.

    par contre, bien sûr, et j’en suis très triste voyager va devenir difficile
    il y encore beaucoup de pays où j’ai envie d’aller
    mais plus triste encore sera le sort de tous ceux, émigrés, qui ne pourront plus retourner dans leurs pays, dans leurs familles
    alors que les nantis tournoieront au dessus de leurs têtes, pour rien, pour des caprices..

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