[Image empruntée à l’excellent site http://carfree.free.fr/ ]
Je cite Libé du jour : “Le baril de pétrole a dépassé aujourd’hui pour la première fois 130 dollars sur le marché new-yorkais, dopé par la crainte que l’offre ne puisse répondre à la demande, le sentiment que la production reste vulnérable, la réticence de l’Opep à augmenter son offre et la baisse du dollar. Une frénésie d’achats, qui s’est emparée à nouveau du marché hier, a poussé les cours jusqu’à 130,30 dollars à New York et 129,70 dollars à Londres ce matin.” (C’est même 133.74 au moment ou j’écris ce blabla)
Peut-être faudrait-il simplement remplacer le mot “réticence” par “incapacité”, et on ne serait pas très loin de la vérité…
Tout se déroule hélas comme prévu, le scénario est implacable. Il n’est même pas nécessaire que l’offre soit inférieure à la demande, il suffit de le craindre ! C’est le mécanisme du fonctionnement de la bourse par excellence !
Dans le même article, Rafael Ramirez, ministre du pétrole vénézuélien, fait mine de contredire : “La hausse du pétrole est due à la spéculation sur les marchés financiers et non à une offre insuffisante”. Peut-être, mais c’est exactement la même chose ! Il ne sert à rien de jouer sur les mots, tout le monde sait la pénurie imminente, ce qui va mécaniquement entraîner une hausse vertigineuse, durable et irréversible du prix du pétrole… Et que fait un spéculateur quand il est sûr que quelque chose va monter ? Ben il achète, évidemment, faisant donc mécaniquement monter les prix…
Des prévisions pour le futur ? “La banque Goldman Sachs avait ainsi pronostiqué début mai un baril à 200 dollars d’ici six mois à deux ans.”
Ils sont balèzes, chez Goldman Sachs ! Un peu comme le paysan qui voit le ciel devenir noir d’encre, le vent forcir et les éclairs zébrer le ciel de plus en plus près, et qui prend un air de prophète pour proclamer “Il va pleuvoir” !
Les “ânes à listes”, que ce soient ceux de Goldman Sachs, de toute autre banque d’affaire ou agence de notation, ne sont pas foutus de voir plus loin que le bout de leur nez, et n’ont jamais rien prévu d’autre que le passé. Ils n’ont par exemple pas vu venir l’explosion de la “bulle internet” en 2000, pas plus que la “crise des subprimes” en 2007 (même si GS prétend ne pas avoir perdu un centime dans cette sombre affaire…). Si je pense qu’ils ont raison, ce n’est donc pas que j’accorde le moindre crédit à leur prévision parce qu’ils s’appellent Goldman Sachs, mais simplement parce que n’importe quel gamin de 5 ans pourrait faire cette même prévision !
Sauf que tout phénomène soumis à la spéculation est par essence chaotique, et il se peut fort bien qu’à un moment de la hausse, le marché soit pris de vertige et que le soufflé retombe… Enfin provisoirement… Peut-être le cours retombera-t-il de 300 à 200 dollars le baril… Avant de reprendre sa hausse infernale, sans limite.
Eh oui, messieurs et dames, en ce qui me concerne, ça fait déjà plus d’un an que je vous bassine à intervalle régulier avec ça :
Ici …
Là…
Encore et toujours là …
Et pourtant, les réactions à chaque fois qu’un multiple de 10 dollars est franchi témoignent d’une certaine consternation de l’opinion qui semble découvrir la lune, et continue d’espérer qu’il ne s’agit que d’une “crise” passagère.
A l’opposé, je ne sais pas si vous avez vu hier soir le film d’Arte sur le réchauffement climatique, où l’on évoque une bande de dégénérés avides qui se frottent les mains parce que la fonte de la calotte glaciaire arctique provoquée par la surconsommation d’énergie fossile va leur permettre… d’exploiter des gisements de pétrole et de gaz inaccessibles jusqu’alors ! A se demander s’ils sont génétiquement cons, où si c’est le libéralisme économique poussé à son paroxysme qui anéantit les quelques neurones dont ils sont pourvus…
Au fait, vous avez vu un changement dans le comportement des marchands de bagnoles ? Ben non, à part repeindre en vert (“greenwashing” ) leurs tas de boue sans changer le moins du monde leur technologie, ils continuent à faire comme si de rien n’était et envahir tous les magazines comme ils le font depuis des années.
Avez-vous vu un gouvernement courageux prendre des mesures d’urgence pour préparer des alternatives à l’automobile ? Moi non plus !
On prend les paris ? A quand la prochaine grève des pêcheurs ? A quand le blocage total de la circulation par les routiers ? A partir de quel prix du pétrole les ventes de bagnoles vont-elles chuter de moitié ?


Casseurs de pub
La Décroissance
LPO
Le Grand Soir
Marianne 2
RESF
Siné hebdo
Vendredi
Ma galerie de photos
PhotoCool
Le ciel devient noir d’encre, le vent forcir et les éclairs zébrent le ciel de plus en plus près.
Dans la série des signes précurseurs, il y a aussi les hirondelles qui volent bas, le bourdonnement des “abeilles”, les oiseaux qui se taisent.
C’est pas pour prendre mon air de prophète, mais moi je te dis qu’il va pleuvoir.
Et pas qu’un peu…
Ça va être du sévère, du comme on a rarement vu.
Heureusement, pendant ce temps, Lagarde jubile pour 0.2%, Delanoe oxymore a fond la gomme et “L’album de Carla Bruni sortira le 21 juillet” (le Figaro d’aujourd’hui, déjà 59 commentaires à cette heure).
Moi je vais essayer de trouver un parapluie.
On peut considérer que foutre la pagaïe est la seule technique qui reste quand on est nul, que ça se sait, qu’on a plus d’autre argument : les famines actuelles relèvent-elles de l’inconscience et l’incurie passée (FMI, etc) ? Ne sont-elles pas plutôt un calcul délibéré ?
Dans l’occident riche, la ressource princeps, c’est l’énergie. Mutatis mutandis, comme dit l’autre, même principe : le système est absurde ? on gère: Il existe un seuil d’écroulement au dessus duquel on peut reprendre la main : ex l’Amérique de 1940 dont l’économie tournait à plein tube après la grande recession. Pour les US, la guerre, qui se fait normalement ailleurs, oeuf course, est une manne. Pour l’instant celle d’Irak n’a pas encore rapporté ce qu’on attend d’elle. Faut donc continuer.
Ils continueront, avec la certitude que c’est un bon plan, mais en fourguant jusqu’à plus soif la doctrine qu’il n’y a pas le choix…
De son côté, Monsanto n’a plus qu’a annoncer partout ses soluces-miracles à base d’OGM dûment brevetés, se faire passer pour un sauveur dans des pays exténués, mais faut d’abord attendre un désespoir un peu plus massif, et ce sera (je pense que c’est leur idée)
quasi-facile de passer pour des sauveurs.
Idem pour les US eux-mêmes s’il parviennent à voler le pétrole qui reste en Irak, et en Iran, il peuvent espérer un rebond de leur économie, ou au moins le faire miroiter pour entretenir la servilité des gogos, comme, par exemple notre NPN (nabot pervers national)
Scénar d’autant plus plausible si le réchauffement climatique + le peak-oil autorisent la rentabilisation d’éventuelles recherches polaires, d’ici là, il leur faut tenir, sur des reserves qui elles deviennent vraiment minables, planétairement en terme de crédibilité, de modèle donneur de leçon, de super puissance, etc.
Bref, il y’a en effet un bordel énorme en marche, mais c’est aussi là qu’il y aura dans le système de vraies fragilités; Il sera peut-être possible de faire basculer le système pendant son saut périlleux, mais nous aurons interêt à avoir les yeux ouverts et le sens de l’à propos plus aiguisé celui que nous n’avons pas eu en laissant monter au podium la clique qui nous claque en ce moment. Ce n’est pas le moment de cesser de s’entr’instruire, nous autres, viendra le moment où ce qui nous paraît si dispersé dans nos luttes (gauches , alter, etc etc) convergera vers une cristallisation et pourra peut-être alors tenir la dragée haute aux nihilistes puants actuellement en place …
C’est bizarre, mais j’ai l’impression que la perspective d’avoir à lutter
peut devenir à elle-seule “anti-dépressive” pour le populo, pour peu que la colère dépasse la consternation. Pourvu qu’on sache y mettre
de la joie, de l’humanité retrouvée, plutôt que les habituelles vengeances des révolutionaires desepérés …
Oups ….
Bon, un dodo semble s’imposer, là, j’y fonce …
Faites des rêves vrais
Comme le dit Yves Cochet, notre civilisation est en train de changer. Comme toute crise, elle peut déboucher sur le mailleur comme sur le pire.
Le meilleur serait un retour à la sobriété et donc à une civilisation peu consommatrice d’énergie et de matières premières. En s’orientant rapidement vers 100% d’énergies renouvelables.
Le pire serait une fuite en avant qui nous conduirait un peu plus vite encore au chaos:
- explosion du nucléaire (plus exactement de la production d’energie nucléaire),
- exploitation du pétrole partout où on en trouve y compris dans des “sanctuaires” tels que le pole Nord, y compris lorsque ce pétrole nécessite une énergie considérable pour être extrait (sables bitumineux voire pire: schistes bitumineux),
- utilisation massive du charbon, non seulement pour se chauffer et produire de l’electricité, mais aussi pour produire des carburants liquides (voir ce qui se faisait sous le régime Nazi et en Afrique du sud),
- développement anarchique des agro carburants.
Le scénario du meilleur impliquerait quelques sacrifices immédiats et l’acceptation du changement rapide de notre mode de vie.
Le scénario du pire quant à lui ferait croire que l’on peut “continuer” comme si de rien n’était. Mais en fait on continuerait à accélérer pour aller droit dans le mur.
Je ne suis pas sûr que nos gouvernements ni même beaucoup de citoyens soient prêts pour le scénario du meilleur.
Une amie qui habite à Dubaï (où elle bosse dans le praiyeuvaite banquinngue) m’affirmait, hier soir, que les pays producteurs de pétrole ont accumulé plus de bénéfices dans les 2 dernières années que dans les 20 précédentes. Eux ne se posent visiblement plus la question du Peak depuis longtemps
@Frenchfrog: des bénéfices en US$ ?
Blague a part, ils doivent se la poser, la question du peak oil: leur richesse dépend d’une ressource présente en quantité finie.
Il est probable que ces pays deviennent encore plus riches, s’ils savent gérer leurs stock de façon intelligente. Le refus (ou l’impossibilité) de l’OPEP d’ouvrir les vannes plus grand me laisse croire que oui.
Dans tous les fins de cycles les choses en tendances à s’affoler. Avec le pétrole, nous arrivons une fin de cycle majeure.
Jusqu’à présent des nouvelles ressources avaient tendances à remplacer des plus anciennes (le charbon remplaçant l’hydraulique et la sueur, le pétrole prenant la place du charbon), il y a avait une période de casse (sociale, sociétale et environnementale cf. le HS qui suit) mais comme il y avait un remplaçant les choses se stabilisaient. [HS]
Remarque thermodynamique, la nouvelle source est toujours plus concentrée que l’ancienne.[/HS] Mais là, maintenant, quid de la ressource qui remplaçante ? Et oui, il n’y en a pas ! Mais alors comment produire plus ? Quoi faire pour satisfaire les “lois” économiques ? Faudrait-il changer de modèle de fonctionnement ? Comment ça, ce n’est pas au programme du dernier MBA de l’ENA ?
Comme d’habitude, le futur va être intéressant…
Dans le Monde courant : http://lnk.nu/lemonde.fr/ksy.html et ce n’est pas des écolo-altermondialistes qui parlent.
Le “Grand Soir “se pointe à toute vitesse et nos dirigeants font semblant de n’y rien voir…
On vend des 4x4 “écologiques” pour rouler dans des “forêts de réverbères” (pub WV)et çà marche puisque la vente de 4x4 est en pleine encore croissance.
La seule solution alternative valable pour l’automobile est la méthanisation a condition de diminuer radicalement le besoin d’usage de la voiture, comme dans les années 1950.
Toute “l’Economie” basée sur la concurence (production et distribution) est bâtie sur le gaspillage des ressources énergétiques notamment du pétrole.
Le désastre social va être brutal quand il s’agira de la fermeture des usines qui travaillent pour l’automobile, constructeurs et équipementiers.
Le Peuple dort… pour le moment…. Le réveil sera brutal!
@chompitiarve
J’espère que tu n’as pas de flingue chargé à portée de main… Mais je suis d’accord avec toi, la révolte est un bon palliatif à la déprime
@chtilucru
Et comme dirait Toine, ça va rendre le futur encore plus intéressant
Il est clair que c’est le scénario du pire qui va s’imposer, faute de réaction
je crois que les petroliers nous ont tous pris en “otages”, ils se sont arrangés pour que la voiture soient indispensable et puis ils nous ont laissés le choix entre “essence ” et “gas-oil”.
Ils leurs reste quelque années pour se remplir les “fouilles”…….et si tout se passe bien la calote glaciere aura fondu et ils pourront continuer !!!
cette absence de vision du futur de ceux qui nous gouvernent est sidérante
ou alors nous, le peuple, sommes absents de leurs projections: tout au moins ceux qui ne sont aptes ni à produire ni à consommer: les vieux, les malades, les pauvres, les chômeurs…etc
@jide “Blague a part, ils doivent se la poser, la question du peak oil: leur richesse dépend d’une ressource présente en quantité finie”.
C’est précisément ça l’idée. S’ils engrangent les bénefs et se diversifient à grande vitesse, c’est précisément parce qu’ils savent parfaitement que le peak est déjà là.