Connaissez-vous Patrick Ollier ? Pas bien, je suppose. En fait, la principale source de sa petite notoriété, c’est d’être le compagnon de Michèle Alliot-Marie, ce qui lui a valu son surnom de Patrick Ollier-Marie, alias POM.
A vrai dire rien ne le distingue vraiment d’autres maires du 92, parachutés pour services rendus dans une zone électorale quasi imperdable du fait de la présence en nombre de petits bourgeois bien nantis : notable clientéliste, membre éminent du Rotary. Maire de Rueil Malmaison, député des Hauts de Seine, et accessoirement inféodé au nombreuses multinationales qui se sont établies sur ses terres.
Je l’ai découvert ce midi sur France Inter dans un registre moins local, et encore plus édifiant : propagandiste des semenciers d’OGM. De ces enfoirés qui ont transformé la loi en “l’amendant” de 2 mots, “Sans OGM” se transformant en “Avec ou sans OGM”, ce qui en inverse carrément l’esprit.
Non seulement il a défendu les amendement scélérats opérés par une bande de sénateurs de droite manipulés par les lobbies (FNSEA et semenciers), mais il s’est de surcroît livré à une charge à l’artillerie lourde sur José Bové et les faucheurs, qui seraient à l’entendre responsable de tous les maux de la terre.
Mais selon POM, les seuls lobbyistes, ce sont les faucheurs ! Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd ! Le fait que des députés et sénateurs, uniquement de droite et parmi les plus racornis, reprennent mot pour mot les arguments des semenciers, y compris ceux qui relèvent de la mauvaise foi la plus manifeste, est simplement un hasard…
Même François Grosdidier, l’impayable maire de Woippy et patron de l’UMP en Moselle (et à ce titre grand stratège du naufrage municipal messin ) s’est énervé pour dénoncer dans Libé « l’activisme forcené de la FNSEA »
“Il s’agit notamment de démarches individuelles faites auprès des députés ruraux, qui constituent la majorité des députés de la majorité, par les branches départementales de la FNSEA avec plus ou moins, disons, de véhémence. Certains de mes collègues, dont je tairai le nom, se sont entendus dire que leur permanence risquait d’être mise à sac. Le lobby semencier a remarquablement utilisé la base de la FNSEA pour ce travail; puis il a agi via la commission des Affaires économiques du Sénat et de l’Assemblée.”
“Mes collègues sont grandement intoxiqués. D’un côté, on leur affirme que les opposants au texte rejettent la recherche, les OGM-médicaments ou résistant aux conditiosn extrêmes. C’est totalement faux, bien sûr. Je pourrais même être favorable aux OGM dans l’alimentation animale si on arrivait à prouver leur innocuité ou le caractère réversible de leur utilisation. Or ce n’est pas le cas, comme on l’a vu avec le maïs Mon810.”
Grosdidier a donc manifestement un point commun avec moi : une haute idée de la compétence et du sens critique de ses collègues!
Jean Louis Borloo était très emmerdé d’avoir le cul entre deux chaises, et avouait qu’il préférait sa loi avant qu’elle ne passe entre les mains scélérates des sénateurs.
Lorsque le journaliste demande perfidement à Ollier si la tournure que prend cette loi ne serait pas un peu en contradiction avec ce qui avait été négocié au “Grenelle de l’environnement”, il ne voit pas du tout de quoi on lui parle…
Lorsque le même journaliste lui demande si c’est normal que la France ne compte de 2% de cultures bio, contre 16% en Autriche, Ollier se fait philosophe et explique sa vision de la vie. Je résume : en gros il faut développer le bio, car c’est bien. Mais il ne faut pas oublier que la population mondiale s’accroît très vite et va doubler à brève échéance. Et il va bien falloir la nourrir. Et là, seule la science et les OGM peuvent le permettre.
Personne n’a expliqué certaines choses à Ollier. D’abord, cette promesse de nourrir le monde, c’est une baliverne des semenciers, totalement démentie par les faits. Ensuite, quand une partie du monde bouffe trop, et l’autre pas assez, une meilleure répartition vaudrait tous les OGM du monde. Enfin, la croissance, qu’elle soit économique ou démographique, quand il n’y a plus rien pour la nourrir, c’est la pire chose au monde, et il vaut mieux l’arrêter volontairement avant qu’elle ne s’arrête de toute façon faute de carburant.
Mais Ollier ne voit pas le monde comme ça. Arrêter la croissance, ça dépasse son univers intellectuel. Lui, il sépare le monde en deux : d’un côté les riches, qui auront les moyens de bouffer du bio, et de l’autre côté les pauvres, qui devront se contenter de merde OGMisée. De toute façon ceux là sont justes destinés à travailler en Asie ou en Afrique, payés 3 cacahuètes pour fabriquer 7 jours sur 7 les marchandises qui seront achetées par les riches. Pas besoin d’être bien nourri pour ça, il suffit de les abrutir avec une télé.
Tiens, ça me rappelle un bouquin de Aldous Huxley…


Casseurs de pub
La Décroissance
LPO
Le Grand Soir
Marianne 2
RESF
Siné hebdo
Vendredi
Ma galerie de photos
PhotoCool
Courage, camarade !
Dacia en grève en Roumanie (le pays où les stylos sont les plus beaux !)
Nike en grève au Vietnam (si jolies les photos de la baie!)
La mondialisation a du bon, en effet.
POM ou un autre, ce n’est finalement pas très important; il y aura toujours un porte-costume pour prendre la place.
Comme d’habitude : suivez le pognon pour découvrir à qui profite le “crime”. Monsanto, DuPont, Syngenta et les moins connus Potash et Terra… Les actions de ces entreprises sont au plus haut (50% d’augmentation sur une année) et qui possède des actions ? (petit indice, ces nanophiles ont eu droit à des réductions d’impôt récemment…)
merci pour ce post.
Et dire qu’il y en a pour s’imaginer que les sénateurs ne servent à rien. Or, ces vieilles choses, entre deux siestes, ont leur utilité : anéantir les (pourtant très rares) vélléités d’aller contre l’ordre ultra-libéral des choses.
Saloperies.
Vélléités de nos édiles, faut-il le préciser.
Saloperies (encore).