A noter sur votre agenda

  • Pas d'événement.

Catégories

Version Smartphone en test

Vous avez un Smartphone ? Un Iphone (beurk) ? Un Androïd ? J'ai mis en test une version adaptée du site. J'attends des commentaires...
Apr132008
23:54 (Vu 1552 fois)

Impressions sur la conférence de Gérard Filoche à Pont à Mousson

Avant de commencer, je précise qu’il ne s’agit pas d’un “compte-rendu” où je me contenterais de retranscrire tout ce qui a été dit à la virgule près. Il s’agit plutôt d’impressions, dans lesquelles mes pensées se mêlent souvent aux propos de Gérard Filoche. J’espère que ce mélange n’est pas préjudiciable à la compréhension. N’étant par ailleurs tenu à aucune objectivité, je n’essaierai pas de dissimuler l’admiration que j’ai pour Gérard Filoche, qui se bat depuis des années avec passion pour les droits des salariés, et ce dans une indifférence quasi générale.
Etant enfin parfaitement conscient de ne pas être infaillible, je vous remercie par avance de me signaler toute boulette, contresens, ou oubli regrettable que j’aurais pu commettre….

J’ai donc traversé vendredi soir la frontière de la “France de l’intérieur” pour me rendre à Pont-à-Mousson, petite ville des bords de Moselle, à mi-chemin entre Nancy et Metz, connue pour sa belle abbaye des Prémontrés, mais surtout pour les plaques d’égouts fabriquées par l’aciérie locale, et qui ornent la France entière.

Devenue “Saint Gobain”, cette usine est le premier employeur de la ville (3000 personnes) qui garde donc une tradition ouvrière bien vivante.

La soirée était organisée par la section de Pont à Mousson de la Ligue des Droits de l’Homme , que je profite pour remerciéropassage. Le petit amphi de la maison des sociétés était bien rempli, et je pense qu’il devait y avoir une centaine de personnes. Il y avait des membres des LDH de Metz, Nancy et Gérardmer. Terrain totalement inconnu pour moi.

Au risque de me répéter (cf soirées pesticides la semaine dernière), 100 personnes c’est pas mal, mais ils étaient où les autres ? Surtout si on additionne les populations de Metz et de Nancy ! Et si on considère l’envergure de l’invité…
D’autant que la salle était, comme d’habitude remplie de convaincus, plutôt de gauche, et avec bien peu de jeunes.

Gérard Filoche fut membre du Conseil National du Parti Socialiste, dont il fut l’un des dirigeants, après 25 ans de LCR. Il anime le site “Démocratie et Socialisme” , que je ne peux que vous encourager à ajouter à vos flux RSS favoris !

Il faut bien reconnaître que lui et ses idées sont totalement marginaux au P”S” ! Il suffit de mettre en parallèle ses propos avec ceux de Marie-Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn ou Manuel Vals pour ressentir l’étendue du grand écart ! Néanmoins, il excuse les turpitudes de ses petits camarades prétendument “socialistes” par cette maxime “Avec la gauche, vous n’avez pas ce que vous voulez, mais avec la droite, vous aurez tout ce que vous ne voulez pas !”. Ma foi fort pertinent, hélas…

Du coup il n’est pas très connu du grand public, car ses idées sont totalement impensables au 20 heures de TF1, par exemple !
Néanmoins, la veille de la conférence, il a pu s’exprimer une heure dans l’émission de France Inter “Humeur Vagabonde”
J’ai téléchargé l’émission, l’ai convertie au format MP3, et je l’ai placée sur mon serveur (attention, plus de 50 MegaOctets !) , où je vous encourage à la télécharger et à la diffuser. Je ne suis pas spécialiste en droits d’auteurs, mais je pense faire oeuvre de salubrité publique en agissant ainsi !

La soirée a été présentée par Anne-Marie Delzor, présidente de la LDH de Pont à Mousson qui rappelle le contexte de la venue de Gérard Filoche, la dégradation systématique des droits des salariés, et particulièrement cette “réforme” du code du travail qui s’annonce catastrophique.

Le premier intervenant a été Yvon Tondon , ancien maire de Pont à Mousson, qui fut également député. Socialiste de l’époque où les socialistes étaient vraiment socialistes! A 86 ans, après avoir évoqué ses combats à Pont à Mousson, il a gardé une vision parfaitement lucide de la tendance actuelle de la casse sociale, de la guerre contre le monde ouvrier. Et la situation ne fait qu’empirer.
Yvon Tondon termine en constatant et déplorant le silence qui entoure ces destructions.

Sacha Tognolli, président du syndicat étudiant UNEF à Nancy, aurait également dû s’exprimer, mais il est arrivé en retard, et devant la loquacité de l’intervenant principal, n’a finalement pas eu le temps de le faire.

Puis Gérard Filoche s’est élancé pour plus de 2 heures de conférence. C’est un exercice routinier pour lui, car il sillonne en permanence la France pour tenir des conférences telles que celles-ci à un rythme hallucinant, souvent tous les jours. Excellent orateur, il parle sans notes, et impressionne par la connaissance parfaite de son sujet. Il cite sans hésitation des faits, des anecdotes, des dates, des noms, explique les choses clairement et en profondeur, très impressionnant !

 

Pas de langue de bois ni de tergiversation. Gérard Filoche est inspecteur du travail. Il fréquente au quotidien les entreprises, et se trouve en première ligne pour voir les “vraies”relations entre patrons et salariés. Bien éloignées du conte de fées et des boniments officiels (“Les intérêts des patrons et des salariés sont les mêmes “, ” il vaut mieux laisser le salarié négocier avec l’employeur, au lieu de toujours vouloir faire des lois… ” etc…”. Curieusement, cela rejoint exactement ce que j’ai ressenti lorsque j’étais délégué du personnel dans une PME française… D’ailleurs, je me souviens bien du mélange de terreur et d’exaspération qui passait dans le regard de mon patron de l’époque quand je prononçais les mots “inspecteur du travail” !

 

Il commence en rappelant le cas de Cathy, caissière au Carrefour de Port de Bouc, virée pour avoir volé un peu de fromage et de viande alors qu’elle n’avait plus d’argent. Et virée sans rien ! Ni retraite chapeau, ni stock options, ni golden parachute… Pas comme Denis Gautier-Sauvagnac, qui régnait sur une caisse noire évaluée à 600 millions d’euros, et en a été remercié en touchant à son départ 1.5 million d’euros.

De la même manière, on peut s’étonner que ce soit au moment ou les entreprises du CAC 40 déclarent plus de 100 milliards d’euros de profits que l’on annonce la suppression de la carte famille nombreuse de la SNCF…

Gérard Filoche rappelle que le droit du travail a plus de 160 ans. Un médecin, le docteur Villermé, voyant que ses patients se tuaient littéralement à la tâche, avait rendu son verdict : ” Il faut travailler moins ! “. Et depuis cette époque, toute l’histoire du droit du travail est allé dans un seul sens : la réduction du temps de travail, synonyme de progrès durement acquis.

Car bien sûr tout n’a pas été simple. Il y eu des avancée et des reculs. Les inspecteurs du travail ont été créés en 1892. En 1920, la durée du travail était de 10h par jour. Et le 20ème siècle a été émaillé de luttes sociales qui ont conduit à des avancées : on peut citer le Front Populaire en 1936, le programme du conseil National de la Résistance en 1945, mai 68, mai 1981…
C’est durant toute cette période que le code du travail s’est peu à peu construit, ” de sueur et de sang “.

Le premier recul grave date selon Gérard Filoche de 1994 avec les attaques de Sa Suffisance Balladur sur les retraites et le “Smic Jeune” notamment. (Il n’a pas cité l’autorisation de l’interim et du CDD (1979), qui, sous des objectifs de départs louables, ont depuis été totalement dévoyés, et servent aujourd’hui à la précarisation systématique des jeunes, des femmes et des vieux…

Après une embellie sous Jospin qui a finalement abouti aux fameuses “35 heures”, c’est la bérézina depuis 2002 et le retour de la droite, et bien sûr encore plus depuis l’avènement de Sarkozy (dont Filoche ne prononce jamais le nom, il dit “Bling Bling”, “Rolex”ou “Ray Ban” et curieusement tout le monde comprend !)

Villepin notamment a fait très fort, avec les mémorables CNE et CPE, mais aussi en avançant l’âge de l’apprentissage à 14 ans, et en autorisant pour eux le travail de nuit… Le tout pour à peine plus de 300 euros par mois… Histoire de donner de bonnes habitudes aux jeunes…

Contrairement à l’affirmation officielle, le code du travail n’est pas obsolète, et toute velléité de le “réformer “cache en fait un objectif de destruction. Un exemple : un article prévoit l’obligation pour les entreprises d’une certaine taille de mettre à disposition une ” salle d’allaitement “pour les femmes et leur bébé. Pffff, archaïque, dit le patronat ! Sauf que supprimer cet article revient ipso facto à supprimer ce qu’il y a derrière, à savoir l’obligation de payer une heure de repos par jour aux femmes concernées…

Il est important que chacun comprenne que le code du travail est la seule protection du salarié face à son employeur. Et il y a désormais 16 millions de salariés en France, soit plus de 9 actif sur 10. Il concerne donc presque tout le monde !

Pourtant, du fait qu’il ait la réputation d’être compliqué et aride, peu de personnes le connaissent, il est très peu enseigné, et on n’en parle jamais à la télé…

Gérard Filoche explique qu’en fait il n’est pas si compliqué qu’on le dit, qu’aux prud’hommes ce sont quasiment toujours les 10 mêmes articles qui sont utilisés, et principalement ceux qui ont trait à la rupture du contrat de travail. En fait il y a beaucoup d’articles qui traitent des spécificités de chaque métier.

… et ce sont curieusement souvent les mêmes qui trouvaient le Traité sur la Constitution Européenne simple qui trouvent le code du travail compliqué !

Gérard Filoche, toujours avide d’expliquer ces choses au plus grand nombre, avait trouvé un producteur pour monter une émission quotidienne d’une minute sur le modèle de ” La minute du bricolage, ou du jardinage “, destinée à être diffusée à une heure de grande écoute : “la minute de vos droits au travail”… Le croiriez-vous ? Aucune chaîne n’en a voulu !

Les patrons non plus ne connaissent pas le code du travail. Ou plutôt ne veulent pas le connaître. Combien de fois les inspecteurs du travail entendent-ils ” Je n’ai pas le droit de faire ça ? Je ne savais pas, je ne connais pas le code du travail… Et si vous m’emmerdez je ferme la boite, ou alors c’est mon concurrent qui va avoir le marché… “

Les inspecteurs du travail ne sont que 427 en France. C’est scandaleusement insuffisant. Et pourtant, ils constatent 1 million d’infractions par an ! S’ils étaient le double, il est fort probable qu’ils en constateraient 2 millions ! Mais on n’en prend pas le chemin.

Car l’époque est à la glorification des entrepreneurs, du marché, des profits, du libéralisme… Au mépris des règlements et des ” charges “…

Le terme de “charges” et sa connotation méprisante sont l’archétype de la propagande libérale. Il faut expliquer aux salariés que les “charges” s’appellent en fait des “cotisations”, et qu’elles sont une composante du salaire ! Elles seront restituées selon les besoins de chacun, lorsqu’il est malade, lorsqu’il est au chômage, ou simplement quand il part à la retraite. Diminuer ces “charges”, c’est donc diminuer les salaires. Et accessoirement le salarié devra en plus payer plus d’impôts pour compenser le manque à gagner, ou alors donner de l’argent à la société privée qui remplacera l’administration supprimée.

Comme beaucoup d’autres, Filoche écoute Jean-Marc Sylvestre répéter ses sempiternelles antiennes libérales tous les matins à 7h20 sur France Inter, ce qui conduit à l’énerver pour la journée…

Il faut se battre sur le vocabulaire ! Il ne faut pas laisser dire qu’il est normal qu’un patron gagne des millions d’euros car il fait vivre 50000 personnes ! Car en réalité, c’est exactement l’inverse : ce sont ces 50000 personnes qui font vivre grassement le patron et ses actionnaires !

Variante : “C’est le patron qui donne du travail aux salariés !”. Non, le patron ne donne pas le travail; c’est le salarié qui travaille, nuance… Un patron ne donne rien !

Autre ânerie souvent entendue : “c’est le client qui dirige !”

Mais venons-en à l’histoire récente du “nouveau code du travail”, qui devrait entrer en vigueur le 1er mai 2008. L’actualité est donc brûlante. Mais en avez-vous entendu parler à la télé ? Non, bien sûr. C’est sans doute moins intéressant que l’affaire Fourniret ou la piraterie maritime…

C’est encore Villepin qui est à l’origine de cette ignominie, par l’intermédiaire de son ministre de la casse du travail Gérard Larcher. Reprenant les recommandation du funeste “rapport de Virville”datant de 2004, il a mis en oeuvre en février 2005 une “commission de recodification du code du travail”, avec le leitmotiv martelé en permanence : cette “recodification”se fera “à droit constant”. Comme on va le voir, il s’agit là d’une vaste bouffonnerie.

Cette commission était composée de membres éminents, parmi lesquels !
- Jean Denis Combrexelle, “Directeur Général du travail”et à ce titre supérieur hiérarchique de Gérard Filoche, avec lequel il entretient des relations conflictuelles. C’est un grand copain de Denis Gautier Sauvagnac…
- Jacques Barthélémy, dirigeant du cabinet d’avocats du même nom, et dont un illustre client est le… MEDEF
- Christophe Radé, universitaire, auteur de cette phrase tout à fait révélatrice : “il faudra des mois voire des années pour qu’il révèle tous ses secrets”
Il y avait bien sûr des représentants des 5 syndicats dits “représentatifs”(CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC), mais ils ont été méprisés, baladés, tenus à l’écart, et n’ont au final servi que de faire-valoir. La CGT notamment a rapidement dénoncé l’escroquerie de cette “recodification”

Le projet a finalement été bouclé, mais un “petit contretemps” allait retarder sa sortie : c’était en plein pendant la lamentable affaire du CPE, où Villepin, après une résistance obstinée, avait dû s’avouer vaincu sous la pression de la rue, ce qui avait d’ailleurs donné lieu à une mascarade historique lorsque, pour sauver la face, la loi avait été “promulguée, mais non appliquée”. Villepin n’avait donc pas tenté le diable en en remettant une couche avec ce nouveau code du travail.

Mais comme le dit Gérard Filoche, “ce sont des entêtés”. Et c’est Gérard Larcher qui rouvre le dossier avec ce pari “o va le faire avant la présidentielle”. Effectivement, le conseil des ministres du 7 mars relance la machine, et le 12 mars, 10 jours avant le premier tour, le Journal Officiel publie une ordonnance qui lance la procédure législative pour ce texte de 994 pages et 3652 articles (quasiment 2 fois plus qu’auparavant… C’est sans doute ce qu’on appelle une simplification) !

C’est après l’élection de Sarkoy, le 26 septembre, que les sénateurs, qui ont reçu les 994 pages la veille, ratifient le texte après 25 minutes de débat ! Je ne savais pas qu’ils avaient l’intellect aussi vif, nos sénateurs…

Partout le message officiel est proclamé : “C’est à droit constant !”.

Pourtant, le 3 décembre, une conférence de presse commune avec le P”S”, les Verts et le PCF alerte enfin la presse jusqu’ici complètement muette, et plus de 100 articles seront publiés sur le sujet.

Vu la couleur de l’Assemblée Nationale et le caractère particulièrement rebelle de nos “représentants”, l’adoption par l’assemblée nationale le 11 décembre n’est qu’une formalité; puis le texte est approuvé dans les mêmes termes au Sénat le 19, avec 25 présents !

Gérard Filoche, profitant de l’absence du titulaire de la rebruque “Rebonds”, réussit néanmoins à publier le 23 décembre une tribune dans Libé : “Massacre du code du travail dans le silence général”.
Reste le Conseil Constitutionnel. Mais avec 10 membres sur 11 qui sont de droite (dont les anciens présidents Giscard et Chirac (seul Pierre Joxe représente la gauche), le texte est ratifié.

Voilà pour le déroulement de la séquence de ce scandale, de cette parodie où la “démocratie”se fait dans le dos des gens, avec des mensonges comme le “droit constant”.

Gérard Filoche va ensuite donner un grand nombre d’exemples qui montrent comment, par des artifices de vocabulaire ou des astuces en apparence bénignes, ce code du travail a fondamentalement changé, avec le seul but de diminuer les droits des salariés.

Premier exemple, tout ce qui concerne la “Durée du travail”, qui se trouvait à la rubrique “Conditions de travail”, se retrouve désormais à la rubrique “Salaires”… Avant, la limitation de la durée du travail était le moyen de préserver la santé, la vie sociale, les loisirs et le repos du salarié. C’est ce qu’en 1910 on appelait “les 3x8”: 8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de repos.
Désormais, comme chacun sait, il faut “travailler plus pour gagner plus”, et travailler se fait au détriment de sa santé.

Autre exemple, les apprentis sont sortis du régime des salariés, et n’ont donc plus aucun des droits y afférent…

Le nouveau code est également éclaté en plusieurs codes par profession. Ces codes périphériques sont donc sortis du code du travail.

Mais le plus grave et le plus sournois, c’est le fait que 500 lois comportant des données chiffrées ont été transformées en décret. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais une loi est obligatoirement l’objet d’un débat parlementaire. Même avec les assemblées de godillots que nous avons actuellement, cela prend du temps, des amendements sont déposés par l’opposition, et c’est l’occasion d’alerter l’opinion publique, comme on le voit en ce moment pour les OGM.

Au contraire, un décret peut se modifier immédiatement et discrètement, sans aucun débat.

Illustration. Le code du travail comportait une loi définissant la charge maximale portable par un salarié : 25 kg. Désormais, c’est un décret, qui devrait au début comporter le même nombre : 25 kg. Mais si pour une raison ou pour une autre le gouvernement décide de passer cette charge maxi à 30 ou 50 kg, il n’a qu’à prendre un décret.

Pas convaincu ? Un autre exemple : actuellement, les entreprises de moins de 11 salariés n’ont pas de délégué du personnel. C’était une loi. Il y a 3.4 millions d’entreprises concernées en France. S’agissant d’une donnée chiffrée, hop, décret. Connaissant l’amour que le patronat porte aux délégués du personnel, il est fort probable qu’il fera pression pour augmenter le seuil. La CGPME a d’ailleurs déjà demandé de le passer à 25. Ce qui concernerait 5.8 millions d’entreprises. On sait désormais ce qu’il suffira de faire. Prendre un décret.

La même logique s’applique pour les comités d’entreprise, réservés aux entreprises de plus de 50 salariés. Le rapport ATTALI (que Filoche appelle ATTILA) préconise de passer le seuil à 100 salariés. Il suffira donc de le décréter.

Gérard Filoche cite le cas de la “lingère de Chamonix” qui a obtenu 250 000 euros de dommages et intérêts, après avoir été exploitée toute sa vie durant par un restaurateur sans scrupules, avant d’être au final virée comme une merde. Un salarié peut actuellement réclamer un arriéré d’heures supplémentaires sur 5 ans. Les employeurs, sans crainte du ridicule, prétendent que cela les “insécurise”! Mais 5 ans… c’est un chiffre, donc décret! Evidemment, ce chiffre 5 risque fort de diminuer discrètement dans les années à venir…

Encore une variante : les glissements de vocabulaire. Le code du travail actuel cite explicitement le terme “conseil des prud’hommes”pour désigner l’autorité responsable de trancher les conflits du travail. Dans le nouveau code, le terme est remplacé par “autorité judiciaire”. Quand on sait que le MEDEF ne cache pas sa volonté de supprimer les prud’hommes, qui sont dans des proportions non négligeables favorables aux salariés, il est à craindre qu’on leur retire ainsi à l’avenir bon nombre de leurs attributions, et que de nombreux cas soient jugés par des tribunaux ordinaires, qui sont complètement engorgés, et qui n’auront pas de salariés en tant que juges.

De la même manière, “Inspecteur du travail”est remplacé par “autorité administrative”. On sait bien sûr que le MEDEF a une dent contre ces empêcheurs de tourner en rond, pourtant en nombre notoirement très insuffisant, et voudrait bien les supprimer (On se souvient que le 2 septembre 2004, Sylvie Trémouille, 40 ans, et Daniel Buffière, 47 ans, tous deux inspecteurs du travail été tués par un agriculteur alors qu’ils effectuaient un contrôle sur son exploitation pour vérifier s’il n’employait pas de clandestins.. Gérard Filoche lui-même a été lui-même traîné en justice par un patron qui l’accusait de “chantage”, alors qu’il voulait simplement lui dresser un procès-verbal, parce qu’il harcelait une de ses salariées de retour de congé de maternité. Filoche a ainsi passé 5 heures dans le bureau d’un juge d’instruction le 9 mars dernier et a été menacé de mise en examen, affaire logiquement classée sans suite).

Si donc l’inspecteur du travail devait être remplacé par une autre “autorité administrative”, comme sa direction départementale, il y a fort à parier que les critères acceptés par exemple pour accorder des heures supplémentaires au delà des 48 heures hebdomadaires seraient plus laxistes…

L’expression “L’employeur est tenu d’informer le salarié”est remplacée par “L’employeur informe”. Il paraît que c’est la même chose. Il ne me semble pourtant pas nécessaire d’avoir fait 10 ans d’étude de lettres pour comprendre que l’obligation qui figurait dans l’ancien code est considérablement moins péremptoire dans le nouveau !

D’autant que dans le nouveau code, une liste de “devoirs du salarié”à été ajoutée en regard de la liste existante des “devoirs de l’employeur”. Normal, direz-vous…

Sauf que… Actuellement si un inspecteur du travail débarque sur un chantier et y trouve un salarié qui n’a pas son casque ou ses pompes de sécu, il va voir l’employeur… Qui lui répond quasi immuablement “Ah, il n’a encore pas mis son casque ! Pourtant je n’arrête pas de lui répéter de le mettre ! Et c’est bien l’employeur qui sera sanctionné, c’est l’esprit de la loi actuelle.
Dans la nouvelle loi, l’employeur, qui n’est plus “tenu d’informer”, mais “informe”simplement, aura beau jeu de dire au juge que le salarié n’a pas respecté ses nouveau “devoirs”, et c’est le salarié qui risque donc fort d’être sanctionné. Quoi qu’on puisse en penser, il faut bien reconnaître que l’esprit de la loi est complètement transformé !

Par ces quelques exemples, on voit donc que le principe du “droit constant”est une véritable escroquerie intellectuelle et qu’il s’agit en fait d’une véritable régression hypocritement déguisée.

Après cet exposé fort didactique, la conclusion de Gérard Filoche est un réquisitoire contre la politique du gouvernement et du patronat (c’est la même)

Un groupe d’intégristes néo-libéraux s’emploie sans relâche à casser toutes les protections des salariés. Dans le but de mieux les exploiter. (Ca, c’est pas vraiment un scoop ! On se souvient de madame Lagarde, à peine descendue de son avion en provenance de son cabinet d’avocats américain, qui déclarait qu’il fallait supprimer le code du travail. Elle s’était fait méchamment engueuler par Villepin. Non pas qu’il ne fût pas d’accord avec elle, mais simplement qu’il ne fallait pas le dire.)

Ils sont bien aidés en cela par les syndicats, car parmi les 5 considérés comme “représentatifs”, il s’en trouve toujours au moins 3 pour voter les lois scélérates. Or s’ils sont bien 3 sur 5, en nombre d’adhérents on est sans doute bien loin du compte… La CGC et la CFTC, qui font partie des béni-oui-oui quasi systématiques sont de petits syndicats… C’est le même problème que celui du vote par tête/ vote par ordre de la révolution française !

Les dernières “réformes”sont tout simplement ahurissantes : le CDD de mission (36 mois maximum, 18 assurés et le reste en option) est un redoutable instrument de précarisation ! Si le salarié travaille vite et bien, il sera viré au bout de 18 mois car il a fini sa mission, dans le cas contraire il sera viré également pour incompétence !

Un autre projet consiste à limiter les indemnités de licenciement à 9 mois de salaire, alors qu’elles sont actuellement à 0.2 mois par année d’ancienneté. Aucune pudeur le les entrave, les mêmes qui se votent de monstrueux “golden parachutes”!

De même, comment qualifier l’allongement de la période d’essai, dont j’avais déjà parlé ici .

Gérard Filoche rappelle que le jour de l’annonce de la réforme dite des “35 heures”, Jean Gandois, s’estimant trahi, avait claqué la porte du CNPF, et avait déclaré que ses successeurs devraient être des “tueurs”. Les tueurs, ce furent l’impayable baron Ernest-Antoine Seillière, et cette montagne de mépris qu’est son acolyte Denis Kessler.

Rappelons-nous que c’est ce dernier qui, après avoir été gauchiste dans sa jeunesse, est devenu le plus réac des patrons, une vraie caricature, et déclarait “Je suis toujours pour la lutte des classes, j’ai simplement changé de camp”.

Car même si le concept de “lutte des classes” est considéré par les médias dominants comme ringard et renvoyant à des temps révolus, Gérard Filoche pense, (et je suis entièrement d’accord avec lui) qu’il est au contraire toujours autant d’actualité…

La nouvelle patronnes des patrons, Laurence Parisot, a certes l’air moins ringarde que son prédécesseur Seillière. Mais il ne faut pas s’y tromper, ses objectifs et sa détermination sont strictement les mêmes. C’est elle qui est à l’origine des mesures antisociales du gouvernement Sarkozy. L’affaire Gautier-Sauvagnac est à cet égard comique. Même si madame Parisot a fait mine de se désolidariser des méthodes scandaleuses de son numéro 2, selon Filoche “il n’y a pas l’épaisseur d’un valise de billet entre les deux !”

Ses déclarations tonitruantes sur le travail, qui comme la vie, la santé ou l’amour devrait être précaire, sont réactionnaires au dernier degré, et relèvent tout simplement de la barbarie.

Nous avons face à nous un rouleau compresseur qui ne lâche rien. Qui démonte pièce par pièce les droits des salariés. Et dans le silence des médias. Il faut lutter contre TF1, faire savoir ce qui se passe, et faire circuler l’info  !

Notre bataille, c’est de résister à ça”, conclut-il.

 

Viennent ensuite les questions dans le public.

Je retiens celle qui permet à Gérard Filoche d’affirmer qu’en France les syndicats, même s’ils sont l’objet du mépris des médias et des politiciens de droite, ne sont pas si faibles qu’on veut bien le dire. Ils arrivent encore à faire descendre des millions de personnes dans la rue. Un syndicaliste suédois était admiratif : en Suède 80% des salariés sont syndiqués. Et pourtant un dirigeant syndical suédois lui confiait son admiration, car même avec ses troupes pléthoriques, il n’arrive pas à faire descendre les gens dans la rue !

Autre opinion intéressante sur Mai 68 : on parle surtout des étudiants, et on invite à la télé pour en parler tous les gauchistes mondains qui sont souvent devenus des libéraux bon teint (Serge July, Daniel Cohn-Bendit, et ce guignol de Kouchner (“Un tiers-mondiste, deux tiers mondain”…)). Mais ce qui a fait que Mai 68 a eu ce retentissement, ce ne sont pas les étudiants, mais bel et bien les salariés ! Ils se sont mis en grève totale, et ce sont eux qui ont bloqué le pays, provoquant un choc d’une ampleur encore inégalée aujourd’hui en France. D’ailleurs en Allemagne il y a également eu des mouvements étudiants. Mais les salariés n’ont pas suivi, et le mouvement n’a pas eu grand retentissement.

L’intervention que j’ai préférée a été celle d’une charmante jeune femme (et je jure que son côté charmant n’a pas altéré mon jugement, son intervention était réellement bien sentie), qui lui a demandé s’il n’était pas découragé de voir que toute volonté de mobiliser ses concitoyens se heurtait pas inévitablement à l’individualisme et à la division. Elle semblait bien pessimiste, cette demoiselle, et je la comprends d’autant mieux que cela m’arrive également.
Gérard Filoche lui, ne partage pas cet avis. Il est résolument optimiste. Comme François Léotard, il pense que “ça va mal finir”, et que les conditions sont réunis pour produire un nouveau “Mai 68” d’ampleur encore supérieure.
Pour lui, la capacité des salariés à encaisser a des limites qui sont proches d’être atteintes. L’exemple des caissières de Carrouf qui font 16 jours de grève et inédit et révélateur.

[EDIT J’ai corrigé la phrase suivante, (en italique) dans laquelle je faisais dire par erreur à Gérard Filoche l’inverse de ce qu’il a dit et pense réellement. Néanmoins, même si je comprends bien ce qu’il veut dire je garde mon gros doute à titre personnel sur la capacité des politiques à agir sur l’économie. Mais de toute façon, sans volonté, la capacité ne sert à rien !]

Enfin, il pense que ce n’est pas l’économie qui dirige la politique, mais bien l’inverse (là, j’avoue que j’ai un gros doute). D’ailleurs, l’argument de dire “tout ça c’est la faute à la mondialisation” ne résiste pas à l’exemple de l’hôtellerie-restauration.
Alors que c’est un secteur qui n’est pas soumis à la concurrence des pays à bas salaire, et impossible à délocaliser, c’est là qu’il y a les plus bas salaires, les plus gros horaires, et le plus d’infractions à la législation du travail.

La séance de dédicaces qui a suivi la conférence a été âprement disputée. Tous les livres se sont arrachés comme des petits pains ! Celui sur Mai 68 que je convoitais ayant prématurément subi une rupture de stock, je suis finalement reparti avec le livre qui sert de support à cette conférence. Un petit souvenir pour ma collection !

10 comments to Impressions sur la conférence de Gérard Filoche à Pont à Mousson

  • jameswest

    Très bon résumé de cette conférence, c’est vrai que d’entendre Sylvestre le cumulard tous les matins sur une radio de “service public”, c’est à vomir, je pense depuis quelques années déjà que cela va mal se terminer et je crois qu’on est au bord du bord du précipice, ils sont entrés en guerre ouverte contre le peuple, gauche et droite confondus, quand on est en guerre on utilise les mêmes armes que ses adversaires, il faudra utiliser les mêmes donc. Encore quelques réformes iniques (Bachelot et ses lunettes par exemple), et le peuple se soulèvera à la moindre étincelle et comme Gérard Filoche, je crois que l’ampleur sera bien supérieure à mai 68.

  • daniel_57

    consternant, dommage, je regrette vivement d’avoir loupé ça (cette conférence).
    Quand au droit du travail, je suis “deçus” de voir le manque de réactivité de l’opposition, des travailleurs eux même.
    Je travaille dans une entreprise de plus de 50 employés, pendant des decennies pas de CE pas de delegué syndical ….
    On met en place en CE, et un an apres la direction met en place “son” syndicat (cgc pour le nommer), avec donc des collegues travail, qui eux meme étaient contre les agissements autiritaires de la direction, mais qui maintenant obeissent tels des chiens bien dressés!.
    Quand a ce “liberalisme” destructeur il faut crier haut et fort qu’il ne marche pas, la preuve la casse social ‘(la regression!) qu’il fait et ce dans le monde entier !!!
    Quand a voir le peuple se soulever…..

  • underdog

    Il a raison le père Filoche d’être optimiste: le peuple a tellement besoin d’unité qu’il est souvent prêt à plonger dans la première cause un peu relayée:
    on s’en fout que le PSG soit reléguable, et pourtant à force de l’entendre dire sur France info, on se surprend à avoir une sorte de tendresse pour ce pauvre club de la capitale qui ne passera plus à la télé pendant au moins un an…
    Un soulèvement du peuple n’est jamais vraiment spontané, il faut au moins que l’info circule et touche les gens pour qu’ils se sentent portés par une unité naissante. C’est la reconquête médiatique qui amorcera cela. Elle passe par les blogs, par le planB, mais aussi par ces papiers qui petit à petit transpercent la rédaction en chef, furtivement par la main d’un stagiaire ou d’un journaliste aux fins de mois difficiles.
    Surtout, le soulèvement populaire, c’est comme une éruption volcanique, personne ne le pressent sauf les animaux, et tout explose d’un coup d’un seul. Après, on se demande toujours comment c’était avant.
    Voilà, voilà, c’était ma contribution à un optimisme naissant.
    Vous avais-je dit que j’ai du chien en moi?

  • “Au risque de me répéter (cf soirées pesticides la semaine dernière), 100 personnes c’est pas mal, mais ils étaient où les autres ?”
    Jétais là :
    http://www.superno.com/blog/?p=299
    J’aime vraiment ce grand Monsieur et vous remercie beaucoup pour ces impressions.J’aurais aimé être des vôtres.

  • Soazig

    L’optimisme se construit dans l’action. Pourquoi se lamenter du manque d’action des syndicats si on n’y est pas pour pousser (fortement) à la roue de l’explication propagandiste et gagner ; si on n’est pas dans les partis politiques (de gauche bien sûr) pour faire bouger les directions qui ne sont pas pour l’indispensable unité de riposte et l’imposer. Sans exclure aucun syndicat, ni parti de gauche. Peu importe qui fait, l’important c’est que ce soit fait.
    Je vais faire ma vieille combattante mais avant Mai 68 c’était encore plus verrouillé. Nous n’étions dans aucune direction syndicale ou alors localement. Encore moins influents dans des partis ayant une quelconque audience médiatique. Des ultra-gauches, verbeux, sapés prolo improbables et sales, brouillaient nos apparitions. Tout le monde nous tapait dessus. C’était pas gagné. Idéologiquement nous étions des scandales incarnés. Nous avions une obsession : clarifier nos mots d’ordre. Aller à l’essentiel. Alors une suggestion : arrêtons de reprendre la plainte sur le pouvoir d’achat. Ce n’est pas en notre pouvoir d’y faire quelque chose. Ce qui est à notre portée c’est que le compte n’y est pas : AUGMENTEZ LES SALAIRES ET LES PENSIONS ! Et si Sarkozy réplique, comme il l’a déjà dit, que ce n’est pas de sa compétence, rappelez que les accords de Grenelle ont mis en présence le patronat et les syndicats SOUS la direction du gouvernement.
    Super blog que je vais recommander à mes copines. Merci

  • @underdog
    Bienvenue par Minou ! (C’était facile) :oops:

    @turandot
    Oui, j’ai eu votre mot d’excuses, ça ira pour cette fois, mais n’y revenez pas trop souvent :lol:

    @Soazig
    Si j’ai bien compris, vous êtes Madame Filoche ? Et d’origine bretonne de surcroît ? Ca fait au moins 2 bonnes raisons de vous transmettre mes hommages et de vous souhaiter la bienvenue !
    Pour ce qui est de l’explication propagandiste, je fais ce que je peux avec ce blog !
    Quant à m’inscrire dans un parti, j’y songe, mais je doute qu’il s’agisse du parti socialiste, qui prend une bien vilaine direction depuis un certain temps :roll:
    Et merci de m’amener vos copines, plus on est de fous et de folles, plus on rit !

  • Basile Morton

    Sympa de reprendre les conf de l’ami Filoche (Mati, arrête le cassoulet et les choucroutes, tu prends un peu de poids)
    Je me demande de plus en plus ce qu’il fout au PS (même à sa gauche) il rejoindra sûrement la Gauche Radicale si elle se met en place. A condition d’éviter les dérives sectaires comme la LCR à la fin des années soxante-dix
    Je suis comme Soazig, vieux soixante huitard surtout pas attardé et je bosse pour retrouver la grande bouffée d’intelligence qui nous souleva cette année-là. Mais vraiment, je n’ai plus aucune illusion sur les directions du PS et du PC. Ce ne sont que des “installés” qui ne veulent surtout pas d’un soulèvement populaire. Ils y auraient trop à perdre. Alors, bon sang, quittez les ces vieux oripeaux de la collaboration de classe.

  • Zuluck

    Superno, merci pour ce compte-rendu vraiment complet
    J’ai raté le début de la conférence, mais pour ce que j’ai entendu ton compte-rendu est 100% fidèle à l’esprit et à la lettre du discours du conférencier, et tout aussi clairement exprimé.

    Attention à tous : si vous voulez voir le site web de Gérard Filoche, n’allez pas sur le site qui porte son nom, c’est celui d’un “Gérard Filoche” député UMP du Poitou, tout fier de ses “plus de 20.000 visiteurs”.

  • Remifasol

    J’étais également à cette conférence. Merci pour ce compte rendu. Heureusement qu’il est “optimiste” pour la suite des évènements. Comment nos élus ont-ils pu être ainsi dupés ? Existe-t-il d’autres textes de loi dans la même veine ..? POURQUOI CE S I L E N C E  ? A quoi servent les médias ?

  • David

    Non mais de toute façon, personne ne bougera…

    Rien qu’a pont à mousson, la population concerne 50% de malgrébin. Les malgrébins ne s’intégrent pas au restant de la population! il augmente les chiffres de l’insécurité et générent du racisme dans la population… D’un autre coté, on fait passer les jeunes pour des voyoux potentiels, les chômeurs pour des glandeurs, des rmistes pour des parasites, les travailleurs français qui travaillent pas assez! faut remettre la france au travail!!!!

    D’un autre coté, on a interdit de boire, de fumer… Essayez de parler politique dans un café maintenant, vous allez etre reçu! Les gens ont peur des gens, ils ont la haine de l’autre! Car tous citoyens, en entendant les propos que je vous ai cité au dessus, ne se sent pas concerner directement, mais ils ne se privent pas de se décharger sur l’autre… C’est une magnifique stratégie de manipulation psycologique et de contrôle de masse qui a été mis en place… Et pour faire bouger le cul du français, il faudrait probablement 10 ans de média à faire l’inverse pour que le français se ralie et bougent leur cul…

    La FRANCE, oubliez, elle est morte…

You must be logged in to post a comment.