A noter sur votre agenda

  • Pas d'événement.

Catégories

Version Smartphone en test

Vous avez un Smartphone ? Un Iphone (beurk) ? Un Androïd ? J'ai mis en test une version adaptée du site. J'attends des commentaires...
Feb132008
12:39 (Vu 797 fois)

Le Grenelle a du plomb dans l'aile !

Au lendemain du “Grenelle de l’environnement”, les réactions pouvaient globalement se diviser en deux catégories : d’un côté les enthousiastes optimistes naïfs, et de l’autre les cassandre dubitatifs réalistes (rayez les mentions inutiles) .

Il faut bien reconnaître que les premiers étaient, et de loin, les plus nombreux. Ce n’est pas pour autant qu’ils ont eu raison.

Rappelez-vous la conclusion en grande pompe (pointure 36) de Sarkozy, lyrique devant un Al Gore pâmé ! Quelle bouffonnerie !

Car une fois le décor démonté, le ton a nettement changé. Malgré les serments la main sur le coeur, et notamment l’annonce du gel des projets autoroutiers, l’autoroute Langon-Pau a été confirmée. Et peu après, le tronçon Angers-Vierzon inauguré.

Et que dire de l’infâme rapport du non moins infâme Attali, qui vient de se rappeler à notre bon souvenir en contraignant les taxis à bloquer les villes pour sauver leur peau ?

Une bonne nouvelle néanmoins s’agissant des OGM : il a certes fallu une grève de la faim bien médiatisée, “à la José Bové”, mais la France a fait jouer la “clause de sauvegarde” concernant le maïs OGM Monsanto MON810.

Un partout, la balle au centre ?

Ah non, car en l’espace de quelque jours, le lobby de l’agroalimentaire et celui des transports viennent de planter 2 buts qui montrent indéniablement qui est le maître sur le terrain.

Commençons par la sombre affaire du futur aéroport de Notre Dame des Landes , dans la banlieue de Nantes. La manière dont elle se déroule est un magnifique outil pédagogique pour comprendre pourquoi, malgré les proclamations médiatiques, l’environnement est toujours la dernière roue du carrosse dès lors qu’il s’agit d’influer sur la politique et l’économie.

Bref rappel : Notre Dame des Landes est un “vieux” projet des années 70, qui a connu des phases alternées d’activité et de somnolence. Depuis un certain temps, c’est devenu le joujou de 2 personnages emblématiques : l’hyper-populaire François Fillon, qui fut président du conseil régional des Pays de Loire, et surtout Jean-Marc Ayrault, maire inamovible de Nantes, et président d’un groupe parlementaire qui s’autoproclame “socialiste”.

Il y a déjà un aéroport à Nantes, situé sur la commune de Château Bougon. Ses détracteurs lui reprochent essentiellement 2 choses :
1) Sa situation géographique entraîne de nombreux survols de l’agglomération nantaise, ce qui provoque des nuisances sonores pour 40000 personnes et fait planer un danger permanent en cas de chute d’un avion en zone urbaine.
2) Sa capacité de trafic est limitée à 3 millions de passagers par an.

Il est fort probable d’ailleurs que le premier inconvénient ne soit qu’un prétexte, une espèce de vaseline pour mieux vendre le nouveau projet. D’autant que la zone prévue pour le nouvel aéroport a commencé à s’urbaniser sérieusement, et que le problème de nuisances ne sera que déplacé… Je parie d’ailleurs que monsieur Ayrault n’habite pas dans la zone concernée, et se fout complètement des désagréments subis par les habitants. Bref.

Car la vraie justification du projet, c’est bien d’augmenter le trafic aérien. Ainsi que d’assurer la gloriole des notables qui en ont fait leur chose et, qui, pour ne pas avoir à se dédire, doivent le défendre jusqu’au ridicule quels que soient les arguments des opposants.

Ce n’est pas un problème spécifique à Nantes. C’est au contraire un problème généralisé chez les petits pontifes locaux en mal de reconnaissance, qui y voient l’occasion de se conférer l’importance qu’ils n’ont pas. On connaît bien ça en Lorraine, où on a pondu une gare TGV au milieu des champs, déconnectée du réseau des TER, et déconnectée aussi de l’aéroport pourtant distant de quelques km seulement. On parle maintenant de construire une deuxième gare, connectée avec le TER, à l’emplacement qui aurait dû être retenu dès le départ…
Pour la petite histoire, notre aéroport a lui aussi été construit au milieu des champs, à distance à peu près égale de Metz et de Nancy, pour ménager la susceptibilité des patriarches Rossinot et Rausch.
Quant à ce dernier, qui termine son 6ème mandat et envisage sans rire d’en obtenir un 7ème, il a engagé 60 millions d’euros (devis en hausse constante) pour construire la pharaonique annexe du Centre Pompidou, espérant ainsi, avec l’aide du TGV, drainer des millions de touristes en délire qui viendraient remplir les caisses des commerçants locaux. Des voies s’élèvent pour faire remarquer que 60 millions ça fait beaucoup, et que ça aurait sûrement pu être mieux employé, mais bon… C’est pas le sujet.

Revenons à Notre Dame des Landes. Il y a donc encore en 2008 des gens, des décideurs, qui ignorent tout du réchauffement climatique et de la pénurie énergétique à venir. Ces gros malins ont estimé que le trafic aérien passerait d’ici 2050 de 2 millions à … 9 millions de passagers. Juste pour mesurer le grand écart, rappelons que selon les scientifiques, il faudrait dans le même temps réduire les émissions de CO2 de 90%… Pour y parvenir, il est bien évident que la banalisation de l’avion est la meilleure solution !

Je passe sur les conséquences écologiques, le massacre d’un site rural, la construction d’accès routiers et ferroviaires… Vous en apprendrez plus sur le site de l’ACIPA .

Cerise sur le gâteau, ce projet pharaonique, en plus d’être écologiquement et philosophiquement scandaleux, risque de virer au cauchemar financier, tant son plan de financement est flou !

Et pourtant : ce dimanche, le décret “d’utilité publique” a été publié au Journal Officiel, et signé dans la foulée par… François Fillon premier ministre qui préfère s’asseoir sur les principes écologiques plutôt que de renier Fillon François, ex élu local. La recherche d’un bétonneur va commencer, le massacre doit débuter dès 2009 et les premiers avions débarquer en … 2015. Du moins si les compagnies aériennes n’ont pas toutes déposé le bilan d’ici là…

Quant à Jean Marc Ayrault, “socialiste” et donc en théorie plus sensible à ces questions environnementales qu’un froid libéral de l’UMP, il prouve s’il en était encore besoin qu’il n’y a rien, strictement rien à attendre de ces gens là.

Deuxième coup de Trafalgar, les OGM reviennent au galop. Car il n’y a pas que le MON810 ! Nos sénateurs viennent de pondre un projet de “loi définissant les conditions de coexistence sur le territoire entre cultures OGM, conventionnelles et biologiques”. Cette loi concerne donc les futurs OGM. Ah, parce que vous croyiez naïvement que les lobbies du secteur allaient se laisser abattre par un Grenelle et un médiatique paysan moustachu ? Que nenni !

La girouette couleuvrophage Borloo a tourné sa veste face à des sénateurs UMP revanchards, qui n’ont visiblement pas digéré le coup de la “clause de sauvegarde”  : “Il s’agit de prévoir l’avenir, en garantissant la liberté de chacun à produire avec ou sans OGM”, a-t-il déclaré aux sénateurs. Cette expression “avec ou sans OGM”, est l’objet de la guerre entre les écolos et les vendus de l’agrochimie. Il est pourtant clair que la seule terminologie acceptable est “SANS OGM”, mais toutes les occasions sont bonnes pour tenter de rajouter “Avec ou”, devant.

Encore plus fort et plus méprisant, loin de l’amnistie demandée par les “faucheurs volontaires”, nos amis de l’UMP ont créé un “délit de fauchage” spécifique : “Le fait de dégrader un champ d’OGM expérimentaux est sanctionné d’une peine allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende” !

Le projet de loi va maintenant passer début avril devant l’assemblée nationale. Les députés UMP (les autres comptent pour du beurre) seront-ils moins scandaleusement réacs et bornés que les sénateurs ? A suivre…

La Sarkozie, c’est bien sûr l’étalage indécent et permanent d’une vie privée de milliardaire. Ce sont des pauvres vieux qui voient leur retraite bouffée par la hausse du prix du pain et les franchises médicales pendant que les rentiers comptent leurs millions d’euros supplémentaires.

Mais ce n’est pas que ça. C’est aussi et surtout de la tartufferie, des coups de pute, des mensonges et du foutage de gueule permanents. Et l’environnement est l’exemple le plus emblématique !

9 comments to Le Grenelle a du plomb dans l’aile !

  • Jean

    Un bel exemple de gaspillage d’argent public lié à l’époque au contournement de la loi sur la délocalisation de la délivrance des “cartes grises” vers le département de la Marne.
    Le tas de pognon détourné a permis la construction de l’ubuesque aéroport fantôme de Chalons-Vatry!
    Pour ce qui est du CO2 des avions, nous serons sauvés prochainement par le nouveu moteur AIRBUS au GPL. Il parait qu’il se passe de kérosène (de pétrole)? Ce qui n’a pas été dit c’est que GPL veut dire Gaz de Pétrole Liquide!
    Comme quoi , le foutage de gueule continue!

  • @Jean
    Je crois qu’il y a gourance, comme expliqué là :
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=35796

    J’y ai même mis mon grain de sel dans les commentaires ;-)

  • Jean

    Ok pour la gourance.
    Dont acte comme dirait notre palmidède préféré.

  • Très bon article. Bravo. Tout est dit.
    Eh bien, oui, nous allons de mascarade en pascarade!
    Les Grenelle, les rapports attali, les plans banlieues: de la poudre aux yeux et de l’argent dilapidé pour en arriver exactement où ils veulent et où ils ont dit qu’ils iraient si on savait lire entre les lignes, à savoir, la destruction du pays.
    C’est atterrant.

  • Le “Grenelle” de l’environnement n’est qu’une grosse baudruche au milieu d’un champ de clous. Pfffuiiiittt !

    Autre exemple plus ancien, Marie Noelle Lienemann racontait dans un de ses livres qu’elle avait retrouvé dans les cartons/projets d’une DDTE de la région parisienne et du ministére de l’équipement un projet routier pharaonique officiellement abandonné depuis des années et rayé de tous les plans Etat/région etc. Mais non! Les énarques du ministère maintenaient en cachette le projet dans leurs cartons au cas où une opportunité de le ressortir pourrait se présenter.

    Edifiant.

    Zgur

  • A propos du “retour” des OGM, c’est la conséquence directe de la décision de la Commission Européeenne et du Conseil des Ministres, qui avait adopté cette clause malgré le désaccord du Parlement Européen en juin dernier.

    J’avais fait un billet là-dessus à ce moment là :
    http://souk-fares.blogspot.com/2007/06/biogm-on-va-se-rgaler.html

    Ce “revirement” sur les OGM est la simple traduction en droit national de la décision qui a été prise en juin dernier.

  • Bon article.
    Les élus ne sont jamais responsable à long terme de leurs décisions. Un mandat de 6 ans, qu’est par rapport au futur échec d’un aéroport ?
    :-)

  • toine

    Le problème ne vient pas de la droite ou de la gauche, la problématique environnementale n’est toujours pas entré dans la tête des élus de tout bord. Plus que les élus, la prise de conscience nécessaire à un changement de politique/comportement intégrant la réalité environnementale n’est toujours pas entrée dans la cervelle de la population générale. Les politicards ne changeront pas d’un iota leur façon de faire tant que la pression populaire ne sera pas assez forte.

You must be logged in to post a comment.