“Qu’est-ce qui motive les politiciens ?”. Question récurrente. Il n’y a pas si longtemps, je répondais : avant même l’argent, le pouvoir et les femmes.
L’actualité récente montre qu’en fait, ça dépend. Et comme de surcroit la troisième proposition n’est pas exclusive des deux premières, il y a des cas où l’argent rentre clairement en ligne de compte.
J’ai déjà dû dire ici à quel pont j’abhorre Jean-François Copé. Une véritable synthèse de ce que les électeurs peuvent détester chez un politicien : faussement jovial, faussement simple, menteur, faux-derche, hypocrite, calculateur, intrigant, médiocre, poseur…
Toutes ces “qualités” l’ont naturellement mené au poste de porte-parole de différents gouvernements de Chirac, dans lequel il pouvait pleinement exercer son talent de défenseur des pires âneries, et tenter de faire avaler les plus grosses couleuvres aux imprudents qui perdaient leur temps à l’écouter.
Or on découvre maintenant de nouvelles qualités à ce bon Jean-François : par exemple la cupidité et le mépris de ses électeurs ! Cetes, pour le mépris, on savait déjà, depuis qu’il s’était laissé allé à traiter de jeunes militants socialistes de “cloportes”.
Copé vient de se faire embaucher en tant que “collaborateur” par le cabinet d’affaires parisien “Gide Loyrette et Nouel”. Dans le jargon des avocats, “collaborateur”, c’est le sous-fifre, qui ne touche pas de dividendes, par opposition à “l’associé”.
J’ignorais que Copé fût avocat. A part faire de la politique et raconter n’importe quoi à la radio, il a travaillé dans des banques, avant d’être vaguement prof d’économie. Mais il semble qu’il y ait des passerelles et des équivalences, et qu’avec son passé Copé remplissait les conditions. Soit. Il a donc prêté serment cette année, et s’est dégoté ce petit boulot.
Sauf que… Copé n’est certes plus ministre, puisque Sarkozy a un point commun avec moi : il n’aime pas Copé ! Mais bon, il est tout de même député et maire de Meaux, ville de 50000 habitants! Un bête informaticien (pour simplement prendre un exemple que je connais) trouve déjà largement de quoi occuper son temps normal de travail. Un avocat en droit des affaires travaille couramment 15 heures par jour, voire 24 en période de “closing”. La mairie de Meaux peut-elle se contenter d’un maire virtuel ?
En tant que député, Copé gagne environ 6800 euros brut par mois. Sans compter les avantages évidemment. Le salaire d’un honnête homme, un peu supérieur toutefois aux 4000 euros nets mensuels que Copé considère être un salaire de français moyen. S’y ajoute celui du maire d’une commune de 20000 à 50000 habitants : 3200 euros environ. Ca fait déjà 10000. De quoi vivre décemment !
Copé travaillera le vendredi et le samedi pour son nouveau job. Tant mieux si l’assemblée nationale ou ses administrés n’ont pas besoin de lui ces jours là ! En tant que “collaborateur”, il touchera un salaire. De combien ? Top secret, bien évidemment. Mais les avocats des cabinets d’affaires n’ont pas pour coutume de se moucher avec leur manche (qu’ils portent pourtant ample), surtout à Paris, et j’ai dans l’idée que ses revenus vont se trouver augmentés dans des proportions non négligeables !
Mais ça encore, ce n’est rien. Copé a été recruté, non pas sur ses talents ou compétences d’avocat (il est débutant), mais bien pour son carnet d’adresses ou ses relations, acquis en sa qualité de ministre du budget! Quand on sait que son nouvel employeur était tout simplement le défenseur de l’Etat Français lors de la lamentable fusion GDF-Suez, il est légitime de se poser des questions : “se foutrait-il de notre gueule ? Même si ce n’est pas illégal, n’est-ce pas scandaleux ? Voire indécent ?” Les réponses sont contenues dans les questions!
Copé est avant tout un politicien, qui se sert donc du privé pour arrondir ses fins de mois, pourtant pas très anguleuses, comme on l’a vu…
Mais il y a une variante : par exemple Thierry Breton, ex ministre des finances nullissime. Lui n’est pas un politicien, même s’il a erré dans divers cabinets ministériels dans sa jeunesse. Avant d’être ministre, il a surtout été PDG de Thomson, puis de France Telecom.
Son retour au gouvernement a donc plutôt entraîné une grosse perte de salaire. Un peu comme pour sa successeuse Christine Lagarde actuellement. Mais la perte n’est qu’apparente… Le poste de ministre des finances est un formidable tremplin pour homme d’affaires avide et avisé ! On y remplit son carnet d’adresses, on accède aux dossiers des entreprises comme des riches particuliers…
Suivez mon regard… Breton, enseignait déjà l’économie à Harvard. Au passage, l’intitulé de son cours est : “Leadership, corporate accountability and governance in a global environment”. Ceux qui comme moi ont eu la chance de travailler dans une des sectes des ex Big Five sont certainement pliés en 2 sous leur chaise en lisant ce jargon si typique de ces encravatés qui se la pètent avec leur pipeau rosbif mondialisé.
Non content d’être prof à Harvard, Breton s’est récemment fait embaucher à temps très partiel (une demi-journée par semaine !) par le cabinet d’avocats (décidément!) “Rothschild & Cie”… Spécialité de la boîte : fusions/acquisitions et banque privée ! Tiens, on retrouve les grosses boîtes, et les riches particuliers (impensable d’ouvrir un compte dans une banque privée si on n’amène pas au moins quelques millions d’euros)! Nauséabond mélange des genres, encore une fois…
Je suppose que la moyenne des salaires pratiqués par l’officine, même à temps partiel, est un peu supérieure à celle d’un “équipier polyvalent” chez MacDo, et même à celle d’un député-maire français ! Pour le politicien type Breton/Lagarde, il semble que le passage en politique soit donc un simple investissement !
Copé et Breton ont néanmoins un point commun : un sens de la déontologie et de la pudeur qui se limite au strict minimum, et qui s’efface bien vite devant l’appât du gain !










Le pantouflage est une pratique dont les politiciens de droite n’ont pas l’exclusivité…
Mais ils sont beaucoup mieux introduits dans le Medef.
Un “expert” un “technicien de haut niveau” catalogué à gauche arriveras à se recaser.
Beaucoup plus difficile pour un politicien de gauche que pour un député de droite, qui comme tu le dis si bien, met son ses relations et son carnet d’adresses au service de son employeur.
L’employeur voit l’avantage : la possibilté de passer des marchés juteux.
De droite comme de gauche, et à tous les niveaux, la “corruption” est le fléau majeur contre lequel on ferait bien de s’inspirer du Danemark. Il y a quelque chose de pourri au royaume de France!
Ben oui.
Pourquoi se gêner ?
Dans notre beau pays
- où des journalistes font des articles élogieux sur le tele docu films dont ils ont été conseillers, et ne sont jamais sanctionné
- où le président peut raconter n’imorte quelle salade sans être ni interrompu, ni contredit sans parler de se faire entarter de ridicule,
- où des ministrs peuvent pantoufler contre les lois existantes dans les entreprises dont ils devaient controler l’activité en tant que ministre
- etc. etc.
Mais ce sont de bons professionnels nous serinent-on en guise de pietre défense. Des “professionnelles”, oui!
Un mini scandale chassera l’autre.
Et passez muscade.
En fait, il faudrait bien expliquer aux gens ce qu’est une rémunération différée et u renvoi d’ascenseur.
Et d’accord sur le jargon “imbitoyable” des decideurs ouineurs sous influence des cabinets d’audit internationaux (cf aussi les thèmes des séminaires de formation des IIR, EFE, ICBI, et autres spécialistes du genre)
Arf!
Zgur