Tous les candidats déclarés à la présidence de la république, à l’exception de 3 d’entre eux, ont signé avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir le “pacte” de Nicolas Hulot
Et cela prouve essentiellement une chose : ce “pacte”, quelles que soient les belles idées qu’il véhicule, ne sert pas à grand chose.
A qui fera-t-on croire que ceux (ou les successeurs de ceux) qui dirigent le pays depuis des dizaines d’années avec pour seul but l’augmentation de la croissance, de la consommation et des transports seraient devenus ipso facto des écologistes respectueux de la planète ? “Je suis écolo, la preuve j’ai signé le pacte d’Hulot. Alors maintenant arrêtez de m’ennuyer avec vos questions et votez pour moi”.
Allons voir de plus près ce qu’en disent ceux qui ont refusé de faire allégeance à Saint Nicolas.
Arlette Laguiller d’abord : “J’ai dit à Nicolas Hulot que je ne le signerai pas, non pas que je ne sois pas consciente des problèmes de pollution et d’environnement mais parce que finalement on accuse tout le monde au même titre, les consommateurs, les travailleurs et les grandes entreprises capitalistes”, a-t-elle déclaré sur France 2. Faut arrêter le chichon Arlette, ton explication ne tient pas debout. Outre que la réponse est manifestement hors sujet, l’environnement est bien un domaine ou tant le salarié que la multinationale qui l’emploie doivent agir chacun à leur niveau.
Jean Marie Le Pen et Philippe de Villiers non plus n’ont pas signé. On se sait pas pourquoi. Et à vrai dire on s’en fout !
Beaucoup plus intéressant, le cas d’Olivier Besancenot. Il refuse de signer, mais au moins il argumente ! Je vous invite à lire son blog
Hulot n’a pas que des thuriféraires. Parmi ses détracteurs, les décroissants. Et là , ça latte dur
![]()
Je l’ai vu en conférence. Et j’avoue que j’ai bien aimé. Il connait son sujet, a bien compris les problèmes. Je crois qu’on peut balayer l’une des critiques qui lui sont faites concernant son usage de l’avion et de l’hélicoptère, ce ne sont là que broutilles, et accessoirement des moyens indispensables à la réalisation de ses émissions.
Par contre, je suis d’accord avec une autre critique, celle de ses “sponsors”.. Un peu comme si un défenseur de la cause des crocodiles se faisait sponsoriser par une chaîne de maroquiniers.
C’est une autre preuve qu’Hulot n’est sans doute qu’une marionnette, dont les fils sont manipulés par ces généreux donateurs. Si un jour il s’avisait de passer des généralités aux mesures pratiques, (ou simplement de dénoncer le comportement des sponsors du magazine Ushuaia) nul doute qu’une paire de ciseaux se hâterait de couper ces fils !
A mes yeux, Hulot a au moins un très grand mérite. Immensément connu et populaire, il lui suffit de dire des trucs que d’autres personnes (les “vrais écolos”) s’égosillent à dire depuis des décennies dans l’indifférence générale, pour que tout le monde y adhère sur le champ, ou du moins fassent semblant.
Sans des Hulot, tout le monde politique aurait continué à s’en foutre royalement. C’est beaucoup mais bien peu en même temps. Car il y a loin de la coupe aux lèvres et encore bien plus loin de la signature du “pacte” à la baisse effective du taux de CO2 dans l’atmosphère !
Quel politicien aura le courage doublé d’inconscience politique de dire “maintenant on arrête les conneries ! La bagnole, c’est fini ! L’avion, c’est fini ! Les paysans subventionnés, vous arrêtez avec vos rendements surnaturels et vos pesticides… etc etc”
Dans l’état actuel des choses, il n’a aucune chance d’être entendu. Et pourtant c’est dès maintenant qu’il faut prendre des mesures coercitives à l’égard du citoyen lambda, cher à cette chère Arlette.
Et pas seulement des “huloteries” du style “fermer le robinet lorsqu’on se lave les dents, utiliser des ampoules basse consommation, ne pas laisser la télé en veille…”, certes utiles mais qui ne résoudront pas le problème principal.
Car Hulot, c’est “l’écologie soutenable”, celle qui ne coûte pas grand chose ni au citoyen, ni au politique. Les buts libéraux de Nicolas Sarkozy ne seront pas remis en cause par le fait de fermer le robinet en se lavant les dents, pas plus qu’en énonçant des grands principes sans application à court terme. C’est du même acabit que les incantations “il faut s’attaquer en priorité au chômage” de nos dirigeants divers (mais pas très variés) depuis plus de 30 ans !
Le ministre de l’écologie n’a toujours été qu’un alibi, pourquoi en serait-il autrement dans le futur, dès lors que ce serait forcément un empêcheur de tourner en rond ? On ne veut pas d’un “Azouz Begag du développement durable” !
![]()
Concrètement, une des mesures proposés par des spécialistes dont le sérieux est inattaquable (Jean Marc Jancovici par exemple) réside dans la taxation de tous les moyens de transport afin que son prix reflète la réalité de son empreinte écologique.
Actuellement (exemple réel) un producteur de jambon dans la région de Saint-Etienne a tout intérêt (financièrement parlant) à délocaliser son usine de découpe et de conditionnement.
Il licencie ses employés français naguère chargés de cette noble besogne, met ses jambons entiers dans un camion pour la Pologne où d’autres ouvriers guère moins qualifiés mais beaucoup moins bien payés
s’acquittent de la tâche. Les jambons une fois conditionnés sont remis dans le camion et ramenés en France où ils seront vendus (et vraisemblablement estampillés “made in France” d’ailleurs).
Je crois que le coût de l’aller retour en camion est de l’ordre de 1000 euros. Une goutte de pétrole dans un océan de profit. Et une aberration totale (ou Total, comme on veut).
Si le coût du transport était 10 fois plus élevé, les découpeurs de jambon français retrouveraient du travail, les polonais découperaient du jambon polonais (et les boufferaient!), que le camion ne rejetterait plus de CO2 et n’encombrerait plus les routes. Le routier et son patron seraient contraints de trouver du boulot dans une autre branche. L’agriculture bio à visée locale me semble à cet égard être un bon secteur plein d’avenir…
Cet exemple pourrait être multiplié à l’infini. Combien de sociétés qui fabriquaient naguère des biens industriels ne sont plus aujourd’hui que des opérateurs de logistique et d’import-export, qui se contentent d’acheter à vil prix de la camelote fabriquée en Chine (par des néo-esclaves payés 10 ou 20 cents de l’heure) et à la revendre plus cher ici ? Les transporteurs se frottent les mains, et la planète fait la gueule.
Comme on ne peut pas multiplier du jour au lendemain par 10 le prix de l’énergie ou du transport, il faudra procéder progressivement, mais en commençant rapidement, et en cherchant des appuis internationaux car le problème est par définition mondial.
Alors Hulot, t’es gentil, mais deviens un peu plus méchant (comme tu peux l’être dans tes conférences), lâche ces sponsors qui te discréditent, et demande à tes nouveaux amis Nicolas, Ségolène et autres signataires bêlants ce qu’ils comptent faire concrètement pour diviser par 4 nos émissions de CO2 et prévenir l’envolée prochaine des prix du pétrole préalable à sa disparition.
Ah, au fait, Nicolas Hulot va annoncer la semaine prochaine, dans un suspens insupportable orchestré par TF1, sa décision de se présenter ou non. Un peu comme le révérend père Delors il y a quelque temps. Je vous fiche mon billet que sa décision sera la même… Mais suite à cette pantalonnade, Delors a quasiment disparu de la situation. Hulot, quant à lui, n’a pas fini d’être sous les feux de l’actualité !










En raison d’un problème de php, les commentaires ne fonctionnaient pas.
Ceci est apparemment réparé !
“Ah, au fait, Nicolas Hulot va annoncer la semaine prochaine, dans un suspens insupportable orchestré par TF1, sa décision de se présenter ou non. Un peu comme le révérend père Delors il y a quelque temps. Je vous fiche mon billet que sa décision sera la même…”
Qu’est ce que j’avais pas dit !