L’humanité n’a plus d’avenir

puits-gaz-de-shisteSans transition, laissons tomber les vallseries, les cambadelleries (“On n’a pas de croissance”, “il faut renégocier Maastricht”… Pauvre bouffon) et autres joyeusetés court-termistes et franco-françaises pour nous intéresser… à l’avenir de l’humanité. Pas le journal, hein, l’humanité. Nous, les humains. Et notre descendance.

Quelle étrange idée, me direz-vous ? Tu auras beaucoup plus de lecteurs si tu excites les pro et les anti-Dieudonné, ou si tu sors un scoop que personne n’avait encore osé publier, comme la marque de la brosse à dent de Madame Valls ou la cylindrée du scooter de Hollandréou. Tu seras “mainstream”, comme tes collègues plumitifs, qu’ils soient grassement rémunérés, ou besogneux bénévoles. Tu colleras à l’actu.

Ben oui, mais je préfère revendiquer le droit à la différence, et m’intéresser aux problèmes intéressants. Ceux qui concernent le petit avenir que j’ai encore sur terre, et accessoirement celui de ceux qui vont prendre la suite, auxquels je souhaite sincèrement bon courage et surtout bonne chance.

En théorie, préparer l’avenir, ce devrait être le boulot de ceux que nous élisons pour nous représenter, non ?

Force est de constater que non. Une fois élus, ils ne pensent qu’à jouir et abuser de ce pouvoir, en oubliant subitement leur rôle théorique. Etoffer leur palmarès féminin, alors que “dans la vraie vie”, s’ils étaient, je ne sais pas, moi, plombiers ou, soyons fous, informaticiens, ils auraient vraisemblablement plus de mal à attirer l’attention de jeunes saltimbanques au physique avantageux. Faire fructifier leur compte en banque et celui de leurs amis, au besoin dans les paradis fiscaux. Se faire cirer les pompes dans les palais nationaux. Et politiquement, faire de la comm, lancer des os aux “journalistes” qui les happent et les mâchouillent goulûment, passer leur temps à tenter de se justifier des conneries qu’ils font, ou alors dénigrer celles de leurs adversaires. Leur horizon intellectuel s’arrête aux élections municipales, voire européennes pour les visionnaires. Pour le reste, ben il faut baisser les dépenses publiques pour rembourser les banksters, il faut alléger les charges des zentreprises pour les rendres plus compétitives, et lutter contre la délinquance des zimmigrés et l’antisémitisme de Dieudonné. Et par dessus tout, relancer la croissance pour créer des zemplois. J’ai bon ?

Pour l’anecdote, on notera que certains politiciens s’autoproclament “écologistes”, qu’ils ont plein de bonnes idées pour l’avenir. Hélas, sitôt arrivés au pouvoir, en général en s’alliant avec ceux que je décrivais dans le paragraphe précédent, ils se comportent exactement comme eux. Ils distribuent des légions d’honneur aux copains, et acceptent sans moufter les aéroports inutiles, les EPR, et se taisent, ravalant leur honte, lorsque leurs alliés ne tiennent aucune de ses promesses de démantèlement des centrales nucléaires ou de vote des étrangers, sans même parler de l’invasion de mesures libérales qui ne font que rapprocher le statut de salarié de celui de l’esclave.

De toute façon, Hollandréou se fout totalement de l’écologie, la meilleure preuve c’est qu’il vient de nommer à la tête du ministère son ex, une bouffonne totale, dont le but est davantage de passer à la télé que de sauver la planète.

J’ai commencé à parler de Peak Oil dès les débuts de ce blog en 2007. J’en ai parlé, reparlé, un paquets de fois. Puis, élargissant le problème du “Peak Oil”, j’ai parlé du “Peak Everything” .

Globalement, plus personne ne parle de ça, ou alors dans l’anonymat. L’écologie est passée de mode, Hulot a été remisé au placard, et Duflot repeinte en gris pour ne pas déparer la ligne libérale qui fait désormais l’unanimité chez les politicards qui ont leur rond de serviette dans les médias.

C’est bien, alors, les problèmes ont disparu. Il suffirait donc de “relancer la croissance” et “augmenter la compétitivité des zentreprises” pour faire diminuer le chômage et augmenter le pouvoir d’achat qui va permettre de s’acheter toutes sortes de chinoiseries siglées et hors de prix, ce qui est assurément le but de toute vie.

Hélas, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Il ne suffit pas de ne plus parler du problème, et de parler de Dieudonné ou de Gayet à la place, pour qu’il disparaisse.

Le problème, il continue de progresser, de se rapprocher de nous, de bientôt nous envahir de telle sorte que plus personne ne pourra l’ignorer. Sauf les aveugles, bien entendu.

Je vais donc commencer ce billet par la traduction d’un article paru dans le journal britannique “The Guardian”. Il ne s’agit pas d’un brûlot décroissant ou marxiste, mais d’un journal qualifié de “sérieux” et de “centre-gauche”. Ramené chez nous, ça veut dire “très à droite”, plus encore que Hollande, c’est dire. En tout cas pas le genre à contester trop violemment l’ordre établi.

Le contexte, c’est que le néo-Thatchérien Cameron, celui qui se moque de Hollande sous prétexte qu’il ne serait pas assez libéral, alors que ce dernier fait tout pour lui démontrer le contraire, a décidé de se lancer dans le gaz de schiste, pensant, le con, qu’il y va de l’avenir de “son” pays et surtout des dividendes de ses actionnaires. Comme on va le voir, c’est pas gagné…


[les puristes trouveront l’article original ICI  ]

Un ancien géologue de British Petroleum (BP) a prévenu que l’âge du pétrole bon marché est terminé depuis longtemps, entraînant un danger de « récession continue » et un risque accru de conflits et de famines.

Lors d’un cours sur les « risques géologiques » ce mois-ci dans le cadre du cours post-universitaire « Catastrophes naturelles pour les assureurs » à l’University College de Londres (UCL), le Dr Richard G. Miller, qui a travaillé pour BP à partir de 1985 avant de prendre sa retraite en 2008, a déclaré que les données officielles de l’agence internationale de l’énergie (AIE), de l’administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA), du Fonds Monétaire International (FMI) entre autres sources, montraient que le pétrole conventionnel avait très probablement connu son pic vers 2008.

Le Docteur Miller a critiqué la ligne officielle de l’industrie selon laquelle les réserves globales vont durer 53 ans au rythme de consommation actuel, pointant le fait que le « pic est le résultat d’un déclin de la production, pas du déclin des réserves ». Malgré de nouvelles découvertes et le recours croissant au pétrole et au gaz non conventionnel, 37 pays sont déjà dans l’après-pic, et la production globale de pétrole décline d’environ 4.1 % par an, soit 3.5 millions de barils/jour (b/j) par an :

« Nous avons besoin de produire l’équivalent d’une Arabie Saoudite en plus tous les 3 ou 4 ans pour maintenir et faire croître la production… Depuis 1986, les nouvelles découvertes ont été inférieures à la consommation. Nous sommes en train d’assécher nos réserves, même si ces réserves augmentent en apparence chaque année. Elles augmentent grâce à l’amélioration de la technologie dans les anciens champs, augmentant la quantité que nous pouvons récupérer – mais la production diminue néanmoins de 4.1 % par an.

Le Docteur Miller, qui entre 2000 et 2007 préparait pour BP les projections internes sur l’avenir de la production de pétrole, parle du phénomène comme du « problème du distributeur de billets » – « davantage d’argent, mais des retraits quotidiens toujours plafonnés ». En conséquence : « La production de pétrole liquide conventionnel a été stable depuis 2008. La croissance dans la production liquide depuis cette date est largement due aux gaz naturels liquides [NGL] éthane, propane, butane, pentane et pétrole issu des sables bitumineux.

Le Dr. Miller est le co-éditeur d’une édition spéciale du prestigieux journal « Transactions Philosophiques de la Royal Society A », de ce mois, sur l’avenir de la production pétrolière. Dans un article d’introduction co-écrit avec le Dr. Steve R. Sorre, co-directeur du Sussex Energy Group à l’univerté du Sussex à Brighton, ils affirment qu’au sein des experts de l’industrie pétrolière, « il y a un consensus croissant pour dire que l’ère du pétrole bon marché est terminée, et que nous entrons dans une phase nouvelle et très différente ». Ils s’associent aux conclusions conservatrices d’une précédente étude approfondie du centre britannique pour la recherche sur l’énergie (UKCERC), financé sur fonds publics :

« …un déclin soutenu de la production conventionnelle mondiale semble probable avant 2030, et il y a un risque significatif que cela commence avant 2020… Dans l’état actuel des connaissances, l’apport du pétrole de schiste ne semble pas de nature à modifier significativement cette conclusion, notamment parce que la base de la ressource apparaît comme relativement modeste ».

En fait, la dépendance croissante au pétrole de schiste aggrave le taux de déclin sur le long terme :

« Une dépendance plus grande aux ressources pétrolières de schiste produites par la fracturation hydraulique exacerbera toute accélération des taux mondiaux de déclin, puisque ces puits ne connaissent pas de plateau et déclinent extrêmement vite – par exemple environ 90 % ou plus dans les 5 premières années. »

Les sables bitumineux subiront le même sort, concluent-ils, notant que « les sables pétrolifères du Canada fourniront seulement 5 millions de b/j vers 2030, ce qui représente moins de 6 % des projections de l’AIE pour la production de tous les liquides vers cette date.

Malgré la projection prudente du peak oil mondial global « avant 2020 », ils mettent également l’accent sur la chose suivante :

« La production de pétrole brut a augmenté d’environ 1,5 % par an entre 1995 et 2005, mais a alors atteint un plateau avec davantage d’augmentation récente de la production sous forme de liquides, largement due au gaz naturel liquide, aux sables bitumineux et au pétrole de schiste. On s’attend à ce que ces tendances se poursuivent… La production de pétrole brut est largement concentrée dans un petit nombre de pays et dans un petit nombre de champs géants, 100 de ces champs fournissant la moitié de la production mondiale, 25 d’entre eux en produisant un quart, et un seul de ces champs (Ghawar en Arabie Saoudite) en produisant environ 7 %. La plupart de ces champs géants sont relativement anciens, beaucoup ont largement dépassé leur pic de production, la plupart des autres va probablement se mettre à décliner au cours de la prochaine décennie ou peu s’en faut, et on s’attend à ce que peu de nouveaux champs géants soient découverts. »

« Le pic final sera décidé par le prix – combien pouvons-nous nous permettre de payer ? », m’a dit le Docteur Miller dans une interview à propos de ce travail. « Si nous pouvons nous permettre de payer 150 dollars le baril, nous pourrions certainement produire plus moyennant une période de transition de quelques années pour les nouveaux développements, mais cela briserait à nouveau les économies. »

Miller explique que quoi qu’il en soit, le peak oil est arrivé alors que les conditions sont telles qu’en dépit de la volatilité, les prix ne pourront jamais revenir à leurs niveaux d’avant 2004.

« Le prix du pétrole a continuellement grimpé depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui, en partant de 30 dollars. Il y a eu un grand pic à 150 dollars suivi d’un effondrement en 2008/2009, mais il est depuis remonté à 110 dollars et y est resté. L’augmentation du prix a permis beaucoup de nouvelles explorations et de développement, mais ces nouveaux champs n’ont en réalité guère augmenté la production, en raison du déclin des champs plus anciens. Ceci est compatible avec l’idée selon laquelle nous sommes plus ou moins arrivés aujourd’hui au pic. Cette récession, c’est à cela que ressemble le pic ».

Bien qu’il rejette l’idée selon laquelle le pétrole et le gaz de schiste pourraient empêcher un pic et le long déclin de la production globale de pétrole qui s’ensuivrait, Miller reconnaît qu’il y a encore un peu de marge qui pourrait apporter des dividendes conséquents, quoique temporaires, à la croissance économique américaine – même si c’est seulement un phénomène « à relativement court terme ».

« Nous sommes dans une cage de rats de laboratoires qui ont mangé tous les corn flakes et qui ont découvert qu’on peut aussi manger le papier d’emballage. Oui, on peut, mais… Le pétrole de schiste peut atteindre 5 voire 6 millions de barils/jours aux Etats-Unis, ce qui aidera énormément l’économie américaine, tout comme le gaz de schiste. Néanmoins, les ressources du schiste ne sont pas appropriées pour les pays plus densément peuplés, comme le Royaume Uni, car l’industrialisation de la campagne affecte bien plus de monde (avec bien moins d’accès à des espaces naturels alternatifs), et les bénéfices économiques sont répartis plus chichement entre plus de personnes. La production de pétrole de schiste aux Etats-Unis atteindra probablement son pic avant 2020. Il n’y aura absolument pas de production suffisante de pétrole de schiste pour remplacer les 9 millions de barils importés chaque jour. »

A leur tour, en prolongeant la récession économique globale, les prix du pétrole élevés peuvent réduire la demande. Puis un pic de la demande peut maintenir un plateau plus long de production pétrolière ondulante.

« Nous sommes probablement au Peak Oil aujourd’hui, ou du moins dans ses contreforts. La production pourrait pourtant encore augmenter un peu dans les prochaines années, mais pas assez pour tirer les prix vers le bas ; à la place, une récession continue dans la plus grande partie du monde peut conserver la demande à peu près stable pendant des années au prix de 110$/baril que nous avons actuellement. Mais on ne pourra pas faire croître la production d’environ 1,5 % par an aux prix d’aujourd’hui.

La dépendance fondamentale de la croissance économique mondiale à la fourniture de pétrole bon marché suggère qu’alors que nous progressons dans l’âge du pétrole et du gaz bon marché, sans faire les efforts qui s’imposent pour diminuer les impacts et la transition vers un nouveau système énergétique, le monde s’expose à un avenir de turbulences économiques et géopolitiques.

« Aux Etats-Unis, des prix du pétrole élevés sont corrélés avec les récessions, même si toutes les récessions ne sont pas corrélées avec des prix du pétrole élevés. Cela ne prouve pas qu’il y ait un lien de cause à effet mais il est hautement probable que lorsque les Etats-Unis paient plus de 4 % de leur PIB pour le pétrole ou plus de 10 % de leur PIB pour l’énergie primaire, l’économie décline alors que l’argent est aspiré dans l’achat de carburant plutôt que dans d’autres biens et services. Une pénurie de pétrole affectera l’économie toute entière. Je m’attends à ce qu’il y ait plus de famines, plus de sécheresses, plus de guerres pour les ressources et une inflation durable dans le coût énergétique de toutes les matières premières »

Selon une autre étude parue dans l’édition spéciale du journal Royal Society par le professeur David J. Murphy de l’University du Nord de l’Illinois, expert dans le rôle de l’énergie dans la croissance économique, le retour sur investissement dans l’énergie (EROI) pour la production globale de pétrole et de gaz – la quantité d’énergie produite comparée à la quantité d’énergie investie pour obtenir, livrer et utiliser cette énergie – est d’environ 15 et a tendance à diminuer. Aux États-Unis, le EROI de la production de pétrole et du gaz est de 11, en diminution ; et s’agissant des pétroles et biocarburants non-conventionnels, c’est largement moins de 10. Le problème, c’est que plus le EROI diminue, plus le prix de l’énergie augmente. Murphy conclut donc :

« …le prix minimum du pétrole nécessaire pour augmenter la production à court-terme se situe à des niveaux comparables à ceux qui ont provoqué des récessions économiques dans le passé. J’en conclus donc que, puisque le EROI du baril moyen de pétrole diminue, la croissance économique à long terme deviendra plus difficile à atteindre et à un coût financier, énergétique et environnemental croissant.

Le EROI actuel aux États-Unis, dit Miller, est tout simplement « insuffisant pour supporter l’infrastructure américaine, même si les États-Unis étaient autosuffisants, sans augmenter la production à un niveau encore supérieur à la production actuelle ».

Dans leur introduction à leur série d’articles pour le journal de la Royal Society, Miller et Sorrell notent que « la plupart des auteurs » de l’édition spéciale « reconnaissent que les ressources pétrolières conventionnelles » sont à un stade avancé de déplétion et que les carburants liquides vont devenir plus chers et de plus en plus rares.

Ils en appellent à une « réponse coordonnée » à ce défi pour en limiter l’impact, et notamment à des « changements drastiques dans les systèmes de transports mondiaux ». Alors que des « solutions au ‘peak oil’ respectueuses du climat sont disponibles », préviennent-ils, elles ne seront ni « simples » ni « rapides », et impliquent un modèle de développement économique qui accepte des niveaux de consommation et de mobilité plus bas ».

Lors de l’entretien que j’ai eu avec lui, Richard Miller était particulièrement critique vis-à-vis de la politique du gouvernement britannique, notamment l’abandon de projets de grande envergure de fermes éoliennes, la réduction des tarifs de rachat des énergies renouvelables, et le soutien au gaz de schiste. « Le gouvernement fera tout pour favoriser un rebond économique à court terme », mais cela liera plus étroitement la Grande Bretagne à un avenir basé sur le pétrole, et nous le paierons cher.


Voilà, voilà…

Je résume. Après 100 ans d’exploitation forcenée des ressources pétrolières (en fait 150, mais comme en 1862, la production mondiale fut de 3 millions de barils, soit 10 000 fois moins qu’aujourd’hui, mieux vaut avancer de 50 ans) qui ont mis des centaines de millions d’années à se former, nous avons dépensé et gaspillé plus de la moitié de la dotation, et à ce rythme, il n’y en aura plus dans 50 ans, et même bien avant, puisqu’on ne pourra jamais tout pomper.

Un politicien qui verrait plus loin que le bout de son nez aurait commencé à arrêter les frais et cherché des solutions depuis longtemps, mais hélas, comme les fourmis de 18 mètres avec un casque de scooter sur la tête, un politicien visionnaire, ça n’existe pas.

Au contraire, le politicien, plus il voit que ça s’épuise, plus il veut pomper. Or on a bien compris que plus on pompe, plus ça s’épuise vite. C’est alors que des margoulins, irresponsables et cupides, lui expliquent qu’il suffit de creuser le sous-sol, d’y injecter de l’eau sous pression avec force acides et produits chimiques bien dégueu, bref de massacrer irrémédiablement notre environnement, nos nappes phréatiques… pour faire repartir la croissance pour une bonne centaine d’années. Minimum.

Cameron, dont le pays est deux fois plus petit que la France pour une population similaire, a donc décidé de creuser des puits un peu partout, de massacrer le peu de campagne verdoyante dont il dispose et faire sillonner ses routes par des myriades de camions, pour espérer sortir du sous-sol qu’il aura définitivement dégueulassé, non pas 100 ans de production, mais plutôt… 10. C’est consternant de bêtise et de saloperie, j’espère que lui et ses semblables seront jugés pour crime contre l’humanité.

Pourtant le schéma est clair. Le pic de pétrole traditionnel est déjà dépassé, depuis 2008, et la production n’augmente plus. Après une phase de plateau qui ne durera pas longtemps, la production va décliner irrémédiablement, et il faudra dépenser de plus en plus d’énergie et d’argent, creuser de plus en plus profond, pour ramener le plus possible de ce qui reste.

Mais le pétrole de schiste est arrivé, d’abord aux États-Unis, et c’est la fête capitaliste qui reprend. Enfin, restons modestes, cela permet aux États-Unis d’être provisoirement un peu moins dépendants du pétrole extérieur. Sauf que cela éloigne toute notion d’écologie, de baisse de la consommation, sans même parler de décroissance.

Le réveil sera terrible. Car comme le dit l’article, le robinet du pétrole de schiste se fermera déjà dans quelques années, bien plus brutalement que celui du pétrole conventionnel. Et en même temps. Et comme on partira d’un niveau plus élevé, plus dure sera la chute. De toute évidence, l’économie n’y survivra pas, et on verra l’armée américaine saisir n’importe quel prétexte pour aller chercher du pétrole supplémentaire, chez ces terroristes iraniens ou vénézueliens, pourquoi pas.

Cette politique de l’autruche, ce décalage entre une réalité qui devrait être connue de tous, et en tout cas de ceux qui nous dirigent, et le comportement totalement aberrant, stupide et criminel qu’on nous encourage à adopter, le présentant comme le modèle de la réussite sociale (posséder plusieurs villas climatisées avec piscine surchauffée, avec plusieurs bagnoles, 4x4 ou SUV, une télé d’1m50 dans chaque pièce, une tablette numérique et un smartphone par personne (que l’on change tous les 6 moins sous peine d’être ringard) et partir à la moindre occasion à l’autre bout du monde, “faire du shopping” en hiver, et se faire rôtir le cul en été. Cette traque médiatique quotidienne du pouième de point de croissance, cette injonction à consommer coûte que coûte, ces épouvantables centres commerciaux qui continuent malgré la mouise à pousser partout, financés par de la monnaie de singe, en des endroits où l’on ferait assurément mieux de planter des tomates, des courgettes ou des fraises, plutôt que de les faire venir d’Espagne.

Tiens, rien qu’à Metz, deux nouveaux invraisemblables furoncles (ici et ), vont voir le jour. C’est dément et incompréhensible.

L’humanité est en train de crever, il n’y a plus de pétrole, l’économie capitaliste va s’écrouler, les abeilles disparaissent, la calotte polaire fond, dans moins de 100 ans il fera 5 degrés de plus et la planète sera invivable.

Les 67 milliardaires les plus riches possèdent autant que la moitié de l’humanité.  Il y a quelques mois, une autre étude parlait de 85 milliardaires. On voit l’évolution. Ce sera bientôt 20, puis 10 et pourquoi pas un seul ?

Et pendant ce temps-là…

… on ne fait rien… au contraire.

Nos dirigeants aveugles, stupides et/ou corrompus, les mêmes qui nous ont refourgué les traités européens à l’insu de notre plein gré, s’apprêtent à adopter dans l’opacité la plus totale le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) qui non seulement nous amènera le poulet à l’eau de javel, le veau aux hormones, les gaz de schiste, mais permettra surtout à ces multinationales qui déciment les abeilles, qui salopent le sous-sol, qui réchauffent la planète, de prendre officiellement le pouvoir, empêchant toute réaction des Etats.

Et les mêmes tentent de nous persuader que l’urgence est de “relancer la croissance”, baisser les “charges”, les prestations sociales, les impôts des multinationales et des milliardaires, privatiser à tout va, “booster la compétitivité” en supprimant le SMIC et la réglementation, en officialisant les “petits boulots”…

Je vais vomir et je reviens.